アトランテイスを征く者
Atlantis wo yuku mono
Conqueror of Atlantis
Chapitre 10 : Le repos du guerrier
Maison des Armstrong, Norfolk, Virginie, Etats Unis, dimanche 12 février 1928
La bâtisse s'élève dans la nuit, à peine éclairée par les faibles rayons de la lune. Malgré l'obscurité, ou peut-être à cause d'elle, la maison n'a rien d'accueillant ; elle ferait presque peur. Pourtant il ne fait aucun doute que c'est dans ce décor digne d'un roman fantastique qu'ils vont séjourner, au moins pour cette nuit : il n'y a rien d'autre dans un rayon de plusieurs kilomètres. Emiya frémit.
Alex Louis Armstrong, marin de son état, stoppe la vieille carriole d'un lointain voisin devant la porte. L'âne fatigué brait et s'ébroue. L'historienne est la première à mettre pied à terre, à peine la charrette immobilisée, elle s'en éloigne à grands pas en époussetant sa robe avant de revenir chercher ses deux valises en bougonnant, sous l'œil amusé de Roy Mustang.
-J'espère que le bateau sera plus présentable, maugrée-t-elle.
-A quoi vous vous attendez ? Ça ne sera pas un paquebot grand luxe, c'est un bateau de pêcheur, réplique doctement le guide.
Emiya émet un grognement de mépris et va attendre plus loin, ses valises à côté d'elle. Alphonse et Roy aident Riza, restée sur la charrette, à décharger le reste des bagages qu'ils vont tous deux poser près de la jeune brune boudeuse. Celle-ci se serait bien passé des clins d'œil moqueurs que lui envoie fréquemment Mustang, mais la seule compagnie correcte qu'elle puisse espérer est présentement toujours assise avec le marin, poursuivant avec lui une discussion qui dure depuis le départ de la gare. Quant à Edward, il fixe avec des yeux exorbités la petite blonde qui l'a pris en charge – Winnie, si elle se souvient bien.
Désespérant. Son beau voyage qui se transforme en périple sordide…
-Déridez-vous, Miss, lance Roy en posant un sac. Ce n'est qu'un petit contretemps…
Pour le coup, même son sourire charmeur l'exaspère. Elle détourne la tête, hautaine. Et lui rigole.
La charrette vidée, le guide va prendre sa fiancée par la taille pour la reposer à terre – aide dont elle aurait très bien pu se passer, songe Emiya. Puis il remonte sur la carriole, où Edward a déjà commencé à se lever, malgré les protestations de son garde-malade et de son frère.
-Ça va, je suis pas mort ! vocifère-t-il quand Roy fait mine de vouloir le soutenir.
-Nii-san ! le réprimande Alphonse.
Mais Edward se dégage vivement de la poigne du guide, une expression grincheuse sur le visage, et vacille. Il ignore les exclamations inquiètes de ceux qui l'entourent et avance de quelques pas. Il s'apprête à faire un bond jusqu'au sol lorsqu'un vertige le prend et qu'il bascule.
-Nii-san !
-Sir Elric !
Le corps inerte et incroyablement léger d'Edward tombe mollement dans les bras d'Armstrong, surgi au bon moment.
-Elric ! appelle Roy.
-Tout va bien, il est juste inconscient, assure Armstrong avec calme. Je vais le coucher. Winry, occupe-toi du reste.
-Oui, papy, répond-elle avec un salut militaire.
Le marin disparaît dans les ténèbres de sa maison, emportant Edward sous le regard perplexe des autres. Je ne vais pas le plaindre, pense Emiya, irritée. Il l'a bien cherché, après tout, non ? Elle saisit ses valises et suit la petite blonde à l'intérieur. L'obscurité y est encore plus forte qu'à l'extérieur et l'on entend quelques légers bruits de chocs avant que la lumière ne soit allumée, les éblouissant tous. Le décor qui se dévoile à eux n'a rien d'exceptionnel, sauf peut-être dans son invraisemblable désordre.
-Voilà, c'est chez nous ! clame la gamine avec un large sourire. C'est pas un palace mais on s'y sent bien.
-Ma chambre, grogne Emiya, espérant à la fois être entendue et ne pas l'être.
Elle n'y peut rien, si son humeur est massacrante, ce soir. Elle est épuisée, autant physiquement que moralement, et se sent sur le point d'imiter l'aîné des Elric et de rejoindre le pays des rêves sans plus attendre. Si tant est que son esprit fatigué décide malgré tout de rêver… Peu importe, tant qu'elle dort.
-Désolé de t'interrompre, petite, mais mon équipe tombe de fatigue…
Notre merveilleux guide Roy Mustang prend enfin ses responsabilités, se dit sarcastiquement l'historienne. Il était temps. Et moi, j'ai vraiment besoin de dormir…
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Gare de Norfolk, Virginie, Etats-Unis, nuit du dimanche 12 au lundi 13 février 1928
Partout dans le grand bâtiment, le silence règne. La nuit en est à cette heure étrange, entre crépuscule et aube, où le néant semble prendre possession de tout, et de rien à la fois. Dans cette atmosphère sombre et immobile, une patrouille de policiers armés monte la garde devant les portes d'une grande salle verrouillée. De l'intérieur, aucun son ne sort.
La pièce est pourtant loin d'être vide : une petite vingtaine de personnes s'y tasse, assise contre les murs, mains attachées dans le dos. Au centre, d'autres policiers les tiennent en respect. Ils ont pour ordre de faire feu au moindre geste suspect, et les prisonniers le savent.
Cela fait déjà plusieurs heures qu'ils sont là. Les voyageurs sont tous repartis depuis bien longtemps après les avoir escortés du train jusqu'à cette autre prison tout aussi provisoire. Il ne leur reste plus qu'à attendre. Quoi ? Sûrement de mauvaises nouvelles : personne ne viendra les sortir d'ici ; cela faisait partie du contrat. Et l'échec ne faisait pas partie de leurs prévisions.
D'autre part, monter une mutinerie s'avère difficile, pour deux raisons. Premièrement, leur disposition, bien que permettant le bouche à oreille et encerclant virtuellement leurs gardes, ne favorise pas les actions rapides. Deuxièmement, le seul homme qui aurait été capable d'y parvenir est détenu ailleurs, dans un état déplorable.
Certains d'entre eux se rappellent encore avec un frisson de l'entrevue qui s'est déroulée dans leur compartiment, entre leur chef et l'un des voyageurs, un grand brun enragé. Ils se souviennent surtout du regard de celui-ci : aussi noir qu'une nuit sans lune, mais où ils ont cru l'espace d'un très bref instant percevoir l'éclat vif d'une véritable flamme. Et de sa violence insensée, aussi.
Cela s'est passé peu après qu'ils aient tous été enfermés. En vérité, Becker a à peine eu le temps d'entrer dans sa cellule improvisée que l'homme s'est jeté sur lui, dans un état de fureur difficilement imaginable. Il a enchaîné coups et questions durant d'interminables minutes, avant d'être arrêté par une petite blonde à l'allure autoritaire. Il est finalement reparti sans la moindre réponse, hors de lui ; Becker était déjà bien amoché.
Et alors que l'air devient plus lourd, les esprits moins vifs, et que la torpeur semble gagner jusqu'au temps lui-même, à cet instant, quelque part, un homme s'échappe de la grande gare somnolente. Un rictus presque bestial étirant ses lèvres tuméfiées.
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Maison des Armstrong, Norfolk, Etats Unis, mardi 14 février 1928
Il a mal, c'est une certitude. Il a presque oublié ce que c'était, la douleur. Qu'a-t-il encore fait ? Sûrement une nouvelle bêtise qui lui aura valu une stupide blessure. Laquelle aurait pu facilement être évitée s'il s'était pour une fois tenu sagement dans son coin. Al lui fera encore un sermon à son réveil, et peut-être Winry aussi, à leur retour, si jamais Al la met au courant, ce qu'il ne manquera pas de faire. Quant au colonel, toujours si bien informé, il ne manquera pas de lui faire une remarque sarcastique sur son célèbre sang-froid. Il sourit.
Quelque chose de frais se pose sur son front ; une main.
-Maman, laisse-moi tranquille, je vais bien…
Maman ? Qu'est-ce qui lui prend ? Pourquoi pas « Papa, emmène-moi à la pêche », tant qu'il y est ? La main se retire – « Ah non, ça faisait du bien… » C'est là qu'il se rend compte qu'il a chaud. Comme si son corps lui-même dégageait de la chaleur. Il commence à s'agiter, soudain mal à l'aise.
-Monsieur, il va se réveiller.
Cette vois ! Il se redresse d'un bond, yeux écarquillés, pupilles dilatées, avant d'être pris d'un vertige. Deux bras le retiennent.
-Tu devrais rester allongé, Elric.
Roy Mustang. Encore et toujours lui. Mais Edward n'a ni l'énergie ni le courage de protester. Il est fatigué. Très fatigué. Il se laisse recoucher et se rendort aussitôt.
Ce n'est que plusieurs heures plus tard qu'il rouvre les yeux. La pièce est plongée dans une pénombre agréable à laquelle il s'habitue très vite. La douleur s'est légèrement calmée, et il a un peu moins chaud. Prenant conscience d'une présence près de lui, il tourne doucement la tête… et manque crier de stupeur.
-Winry… souffle-t-il.
Tout s'embrouille dans sa tête. Amestris, Amérique ? A-t-il rêvé ou raté quelque chose ? Puis il se souvient : le train, l'attaque, et le capitaine du Mist aussi, accompagné de Winry. Ce qui signifie qu'ils doivent être en mer. Non ? Non. La pièce n'a rien d'une cabine de bateau, encore moins s'il s'agit d'un bateau de pêche, et elle ne tangue pas. Ils sont donc encore à terre. Bien, très bien Ed. Lui-même, blessé, est veillé par Winry. Un peu comme autrefois. Parce que non, il ne s'agit pas de la même qu'autrefois. Réveille-toi, Ed.
Il ferme les yeux et se passe la main sur le visage. Rien ne se passe comme il l'aurait fallu, et il se sent peu à peu perdre le contrôle de sa vie. Qui aurait cru qu'accepter cette quête le forcerait ainsi à faire face à son passé ? Trop de visages autrefois connus ; cela en devient presque insupportable.
Il écarte sa main et l'observe longuement, l'esprit ailleurs. Avant de comprendre ce que l'absence de gant signifie. Affolé, il regarde son autre main. Le métal brille faiblement sous la pâle lueur de la bougie. Pas que la main. Le bras entier est dénudé. Et Winry – cette Winry – l'a vu. Qui d'autre ? Qui, encore ? Pourquoi Mustang n'a-t-il pas empêché ça ?
Son grondement n'échappe pas à la jeune fille qui se retourne d'un bloc et sourit.
-Ah ! Vous êtes réveillé, cette fois ? lance-t-elle.
Elle abandonne son occupation et grimpe à moitié sur le lit pour poser une main sur le front d'Edward.
-La température a encore baissé, déclare-t-elle. Vous avez mal quelque part ?
-Euh, non… Ça peut aller… bredouille-t-il.
Il regarde la jeune blonde aller fouiller dans une vieille boîte en bois avec l'impression subtile d'être sujet à d'étranges hallucinations. La vision de Winry habillée en matelot et raccommodant un grand filet de pêche dans une chambre aussi atypique et désordonnée a définitivement quelque chose de dérangeant. Même si pour l'instant le filet en question repose en tas sur le sol. Le problème est qu'il imagine trop bien la scène…
-Maintenant que vous êtes réveillé… commence la jeune fille.
Elle se retourne brusquement et fixe sur Edward un regard admiratif et plein d'espoir tout en brandissant une clé à molette.
-Je peux démonter votre bras ?
Le premier choc passé, Edward éclate littéralement de rire. Il reconnaît bien là Winry !
-Aïe aïe aïe !
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Maison des Armstrong, mardi 14 février 1928, soirée
Depuis qu'on lui a annoncé qu'Edward avait enfin repris connaissance, Catherine hésite à aller le voir. Quelque part, suite à leur dernière rencontre, elle craint qu'il ne la jette une nouvelle fois dehors. Il n'a pas voulu du journal, pas plus que de sa présence. Ce n'est pas un simple évanouissement qui va changer cela.
Alphonse et Roy Mustang se sont déjà rendus à son chevet, comme ils l'ont régulièrement fait depuis leur arrivée. Emiya n'ose pas le déranger, ne se sentant pas assez proche de lui pour pouvoir se le permettre. Quant à Riza, il faut croire qu'elle s'en moque. Ou peu s'en faut. Elle semble en tout cas être la moins inquiète de tous. Même leurs hôtes se sont relayés deux jours durant pour le veiller. Délicate attention.
Avant qu'elle n'ait le temps de comprendre, elle est déjà devant la porte, prête à frapper. Non, décidément, elle ne peut rester à l'écart. Quelque chose chez ce jeune homme la pousse à se rapprocher de lui, elle n'y peut rien. Elle veut le voir. Ils ne peuvent rester sur leur désaccord, ce serait trop bête. D'autant qu'ils vont encore devoir vivre ensemble durant une période indéterminée.
Elle toque.
-Sir Elric ? Puis-je…
-Non !
Catherine sursaute. C'était un cri tellement brusque ! Et il ne l'a pas même laissée finir. Ainsi… Elle baisse la tête. Il ne veut plus la voir, alors ? Il n'y avant donc réellement plus rien à sauver ? Comment lui en vouloir ? Ils ne sont… que des étrangers, et par sa faute, il a failli mourir. Par deux fois déjà il a risqué sa vie pour la sauver. Pour se rendre compte qu'elle a trahi leur confiance. Du moins, qu'elle leur a caché des informations importantes qu'ils étaient en droit de connaître.
Mais pourquoi chercher des raisons ? Il ne l'apprécie pas, c'est tout. Ce n'est pas la première fois qu'il agit si rudement avec elle. Chaque fois qu'elle se montre trop insistante, à dire vrai. Mais pas seulement. A croire que sa simple présence suffit à l'agacer. A bien y réfléchir, il agit de la même manière envers tous les membres de l'équipe, excepté son frère… S'il se montre plus brusque avec elle, c'est peut-être simplement parce qu'elle est trop obstinée pour le laisser tranquille.
C'est un homme solitaire, qui n'aime guère s'attacher ou accorder sa confiance, voilà tout. Son frère est probablement la seule personne qu'Edward accepte réellement. En fin de compte, cela correspond parfaitement au profil que leur détective a fait de lui.
-Oh, mademoiselle Everdean, vous êtes là.
Winry s'engage dans le couloir de l'étage, un empilement branlant de produits désinfectants et de bandes dans les bras. Inexplicablement gênée que la jeune fille la découvre là, Catherine s'éloigne de la porte.
-Euh, oui… hésite-t-elle, tout en cherchant une explication convaincante pour pouvoir s'éclipser rapidement. J'étais venue voir… Sir Elric, mais…
Non, aucune excuse correcte.
-Il est un peu susceptible, mais c'est rien, assura Winry en souriant. Une fois remis sur pieds ça ira mieux, vous verrez.
L'anglaise ne pense pas même à répondre. Cette discussion lui paraît insensée. Et pourtant…
Winry frappe un coup à la porte.
-Edward, j'entre, annonce-t-elle tout naturellement.
Elle ouvre sans attendre de réponse et s'engouffre dans la chambre. La porte s'est refermée avec un léger déclic. Mais rien. Pas un cri, pas une protestation. Edward l'a laissée entrer sans rien dire. Catherine n'y comprend plus rien. Elle n'a pas pu le voir et elle, cette fille qu'il n'a jamais vue de sa vie, il accepte sa visite ? Déroutée, blessée, la jeune noble fait demi-tour et sort dans le crépuscule.
Finalement, peut-être l'inimitié d'Edward Elric est-elle principalement dirigée contre elle.
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Chambre d'Edward Elric, même instant
-J'ai croisé mademoiselle Everdean dans le couloir, lance négligemment Winry en posant tout son attirail sur une table.
Assis sur son lit, l'ancien alchimiste d'acier contemple sa main grise, posée près de lui. Certains jours, comme celui-ci, il aimerait arracher ces greffes de métal, mais il sait combien l'idée même est absurde. Que ferait-il, ensuite ? Après s'être débarrassé du dernier cadeau de son amie d'enfance, et être redevenu un infirme ?
-J'ai cru comprendre que vous l'aviez envoyée balader, continue Winry.
Comment aurait-il pu faire autrement, dans cet état, alors que son bras était tellement visible ? Il ne pouvait pas la laisser voir ça. Il n'est pas encore prêt. Il ne le sera sans doute jamais.
-Vous devriez être plus gentil avec elle, elle s'inquiète…
-Je sais, coupe-t-il.
Qu'ont-ils tous à se mêler de sa vie et du comment il entretient ses relations avec les gens qui l'entourent ? Son frère, passe encore. Roy Mustang, c'est déjà trop. Et maintenant Winry ? Armstrong aussi, tant qu'ils y sont ! Sa vie sociale et sentimentale – puisque certains vont jusque-là – les intéresse-t-elle tant que cela ? Et pourquoi diable Catherine insiste-t-elle un peu plus chaque fois qu'il la repousse ? Par esprit de contradiction ?
-Arrêtez de le fixer comme s'il était responsable de tous vos malheurs, gronde Winry, poings sur les hanches.
-Il ne te dégoûte pas ?
-Encore cette question ? soupire Winry. Vous êtes têtu. Ce truc est une petite merveille. Si je tenais celui qui vous a fabriqué ça…
C'est toi, est-il tout près de répliquer. Mais il se retient et fait jouer les articulations huilées de ses doigts. Que le double de l'experte en automails accepte ces membres d'acier est une chose. Mais il n'y a qu'à voir la réaction qu'a eue le guide pour savoir que Winry est un cas isolé.
Et Catherine ne se contentera pas de voir ce bras sans exiger d'explication. Elle le fuira, que ce soit pour ses prothèses ou pour son histoire. Peut-être pour les deux à la fois. Autant qu'elle n'apprenne rien de tout cela.
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Quelque part en Virginie, Etats Unis, mi février 1928
Un campement de fortune dans la banlieue de Norfolk. Un grand feu autour duquel se rassemblent une poignée d'hommes guillerets et un cercle de tentes aux couleurs du désert. Sur plusieurs mètres à la ronde sont postées des sentinelles, dissimulées dans les buissons ou les replis de terrain.
Du mouvement à la frontière de l'espace qu'ils ont investi attire leur attention. Un homme. Qui s'avance légèrement courbé, et en boitant. Il n'a pas fait un pas dans la zone qu'il est encerclé les armes prêtes à tirer. L'intrus lève lentement les bras.
-Eh, doucement, les gars, c'est moi, lance-t-il.
L'une des sentinelles s'approche et éclaire le visage de l'homme avec une lampe.
-Bien, suivez-moi, dit-elle. Vous, retournez à vos postes, ordonne-t-elle aux autres.
Les deux hommes entrent dans le camp et se dirigent droit vers le feu. Là, se tient assis un individu au physique effroyable. Plus que sa taille et sa carrure hors normes, ce sont les nombreuses cicatrices qui marbrent son visage et son œil manquant qui terrifient. Il relève la tête vers le nouvel arrivant et se fend d'un sourire repoussant.
-Te voilà de retour au bercail, Becker, dit-il d'une voix rocailleuse. Tu m'as l'air bien amoché.
A côté de lui, un grand gringalet au visage à moitié caché sous un drôle de bonnet de cuir fixe Becker d'un œil moqueur. Mais il s'en fiche.
-J'espère pouvoir vous être encore utile, maître Afner, dit-il avec une petite révérence.
Note de l'auteur :
Eh bien voilà, comme promis, un chapitre 9 qui ma foi n'a guère plus d'intérêt que le précédent. Ou presque... On sent que les problèmes sont loin d'avoir disparu... mais on s'en doutait. Bon, pour la suite, je ne promets rien : les chapitres 11 et 12 me posent toujours autant de soucis, donc je ne suis pas sûre de pouvoir publier le prochain chapitre dans deux semaines, je risque d'avoir un retard d'une semaine, voire deux... Pardonnez-moi d'avance, je vais tâcher de profiter au mieux de mes vacances pour avancer tout ça.
A bientôt quand même,
DreamAngel7 / Angel of Seven Dreams
