Je vois que la météo de Fang a marqué certaines personnes. Personnellement, je ne me plaindrais pas de la voir au 20heures pour me dire le temps qu'il va faire! :p

Shion-chan: Tant de violence! Ton ordinateur n'y est pour rien dans cette histoire. Moi non plus d'ailleurs, je clame mon innocence au cas où tu voudrais te venger sur moi. Hahaha. Et oui, le record de Wolf's heart est menacé, pas pour me déplaire. Et en tout, la fiction possède 25 chapitres.

xReader: Mmmh, on a tendance à dire Onigirien, pour ma langue. Mais ceux qui ne connaisse pas ce nom, disent simplement que je parle chinois. xD Oh, une mauvaise note de français? Mon quotidien! Hahaha! Courage!

Op2line: Les flash-back peuvent paraître plus sombres, c'est parce qu'on s'est ce qui se passe après. Haha! Là est tout l'horreur de la chose.

Sowme: Pour tout t'avouer, je n'ai pas fait de recherche là-dessus. Je n'ai malheureusement pas non plus la science infuse. Je retiens facilement les informations que j'entends à la télévision ou vois sur internet. Sinon, j'ai une amie qui est très penchée sur le sujet et qui aime me poursuivre avec. Et à mon grand dam, quand elle a lu "Faut-il manger les animaux?" de Jonathan Safran Foer, je fus tellement harcelée que c'était comme si je l'avais lu. Hahaha!

Sixtine: Euh... Je suis désolée? :D On ne résiste pas à mon sourire angélique! Hahaha. Hé bien, tu en as fait de la lecture! Nos bottes secrètes! xD Mais attention, des intrus pourraient nous les voler!

Deklan: Ah non! Si je prends de l'avance, c'est pour pouvoir me prélasser sous... euh... la neige... Brrr ~ Bon ok, je m'y remets!

Amalia: Quand les gens ne connaissaient pas, ils ont tendance à trop s'en méfier. Les gens changent de trottoire quand je passe avec mon petit chien. D'ici que ma miniature fasse du mal à qui que ce soit... M'enfin bon, ça fait que mon petit pépère est chagriné à chaque fois tant il est sociable ^^" Côté météo, malheureusement, il ne fera pas 14°... On en est bien loin! xD

Oui, oui, je suis en train de vous tenir la jambe pour la simple et bonne raison que j'ai une petite annonce à faire. Depuis peu, avec la collaboration de deux autres auteures de FLight, nous avons décidé d'ouvrir un forum dédié aux fanfictions. Mais pour plus d'information, je vous inviterais d'aller jeter un petit coup d'œil sur mon profil. Et comme sur ce forum, nous promettons des avant-premières, je peux d'ores et déjà vous annoncer que le chapitre 11 de The Last of US s'y trouve déjà.
J'espère pouvoir vous y retrouver! Allez, je vous laisse tranquille, bonne lecture tout le monde!


10

« On se demande parfois si la vie a un sens... Et puis on rencontre des êtres qui donnent un sens à la vie »

Brassaï

- Opération Noé : départ demain à l'aurore.

Lightning ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel face au nom que Fang avait donné à sa mission. Comme toujours, elle ne se donna pas la peine de renvoyer une réponse. Elle n'avait rien à dire de toute manière. La maîtresse de Bahamut avait fait son choix et il lui appartenait entièrement. Même si la soldate trouvait cette initiative stupide et dangereuse. Cette femme allait quitter un terrain conquis pour des terres inconnues. Mais ce n'était pas son problème.
Les quelques rayons du soleil se dissipaient lentement derrière les hauts buildings de Nautilus. Le vent commençait à se lever, faisant virevolter divers déchets, les restes de la civilisation. Le froid venait à grands pas, rappelant à Lightning que l'automne se terminait et que l'hiver s'impatientait. Le premier hiver après cette fin du monde causée par une bactérie, par la cruauté des Hommes pour leur confort. L'arrivée de la neige allait certainement décimer le peu de survivants restant, pensa la blonde avec certitude. Peut-être que cette saison sonnera vraiment la perte de l'humanité.
Avec désinvolture, la soldate reprit sa route à travers la forêt de béton en évinçant cette idée de son esprit. Le décès des Hommes était réellement le cadet de ses soucis. Mieux encore, elle s'en réjouissait. Après tout, ils n'avaient eu que ce qu'ils méritaient. La Colère Divine ? Non, elle n'irait pas jusque-là, n'étant que peu croyante.

Aux aguets, la jeune femme se faufilait dans les ombres grandissantes de la cité. À ses oreilles tonnaient le soupir de ses pas légers et le chant de la brise. Ses muscles étaient un peu plus tendus qu'à l'accoutumée, certainement à cause de la température plus que fraîche. Même si elle portait un t-shirt sous sa veste militaire qui restait malgré tout peu épaisse. Ses yeux guettaient de tous les côtés, prêts à surprendre le moindre mouvement suspect autour d'elle.
Face à la nuit qui menaçait de tomber, la survivante se devait de trouver un refuge de fortune. Comme à chaque fois, Lightning reposait en des lieux différents. Elle n'avait pas le même besoin que Fang de loger à la même place. Peut-être était-ce ses instincts militaires qui l'en empêchaient, qui sait ? Toujours être en mouvement, l'une de ses règles de survie. La plus importante étant de ne jamais faire confiance à qui que ce soit. Dans ce monde mourant, on ne pouvait compter que sur soi.
Traversant la route, la soldate s'introduit dans une petite ruelle. Au passage, son regard s'attarda devant les vitrines marchandes de ce quartier touristique. La plupart des boutiques avaient été pillées, mais certaines façades avaient étrangement été épargnées. Des magasins de vêtements, de jouets, de chaussures... Il y en avait pour tous les goûts. Sur l'une des devantures, plusieurs articles se tenaient encore fièrement debout. Comme ce mannequin d'enfant d'un réalisme déstabilisant qui maintenait un ours en peluche dans ses bras, semblant sourire chaleureusement à ses parents invisibles.

.

Ouvrant le portail de la maison, Serah s'occupait joyeusement du jardin. Elle avait toujours eu la main verte et cela se voyait grâce aux splendides fleurs qu'elle nous offrait. Ayant entendu le grincement distinct du verrou, ma jeune sœur tourna son visage dans ma direction. Immédiatement, un magnifique sourire illumina son visage d'ange avant qu'elle ne s'élance vers moi pour m'accueillir.

.

Secouant la tête, Lightning tenta de faire abstraction aux divagations qui la submergeaient. En vain, elle essaya d'éloigner certaines images de son esprit. Des souvenirs qui aimaient revenir de temps à autre pour la torturer, lui rappeler sa lourde erreur. Mais lorsque le rire de Serah résonna dans son esprit, elle crut que ses entrailles vibraient littéralement à ce son. Les jambes flageolantes, la soldate perdit l'équilibre et tituba brutalement contre un mur.
Sa respiration devint difficile, comme si elle étouffait sous un sac. Les battements de son cœur se firent muets, cédant leur place aux éclats de rire joyeux de sa sœur. La bouche sèche, la blonde fut incapable de déglutir, tentant avec peine de rester debout. Heureusement pour elle, le froid de la façade en brique l'aidait à rester ancrée sur Terre alors que son esprit désirait s'envoler vers un lointain passé.
Comme dans un cauchemar, Lightning ressentit le besoin de hurler sa détresse, mais aucun son de ne sortait de sa gorge. Elle était muette et paralysée. Prisonnière par son passé et ses regrets...

Dans un élan d'énergie, la soldate se redressa brutalement avant de se mettre à courir frénétiquement, comme si s'éloigner de cet endroit allait repousser ses fantômes. À travers la ruelle, elle s'élançait comme si la pire des créatures était à ses trousses. Tout semblait fou autour d'elle, irréel. Elle n'avait même plus l'impression de sentir son corps, observant avec impuissance où celui-ci allait la mener.
Inconsciemment, sa main s'agrippa à une poignée métallique qu'elle ouvrit la seconde suivante. Sans se munir de sa prudence habituelle, Lightning pénétra à l'intérieur sans même savoir où elle mettait les pieds. Comme fuyant des poursuivants, elle claqua la porte derrière elle avant de s'y adosser, essoufflée. Lentement, elle y glissa le long avant de se retrouver assise sur le sol. Les rires s'étaient estompés.

.

- Je pense sincèrement que tu en fais toujours trop, gronda Serah en tentant de prendre un air sévère. On a besoin de toi ici, auprès de nous.

Ma cadette leva un regard triste dans ma direction, ce qui me fendit le cœur. Debout dans la cuisine, elle s'occupait du repas de ce soir. Même si celle-ci essayait de me réprimander, elle arrivait avec peine à restreindre son envie de rire. Assise à table, je contemplai ma jeune sœur d'une affection presque maternelle.
En mon absence, Serah continuait de grandir et de mûrir. Je ne pouvais que constater avec soulagement à quel point elle devenait une femme. Une splendide femme qui plus est ! Responsable et raisonnable. Je n'avais réellement aucun souci à me faire pour notre mère, car je savais que ma sœur gérait parfaitement la situation. Même si, intérieurement, je culpabilisai tout de même de lui avoir confié cette lourde tâche à elle seule.

- En guise de punition, tu vas devoir regarder un film romantique avec moi, ce soir, ajouta ma tyrannique cadette avec mesquinerie.

Face à l'horreur qui devait s'exprimer sur mon visage outré, elle éclata de rire. Mon cœur s'embauma de cette douce chaleur. Elle savait parfaitement que je ne pouvais rien lui refuser. Quelle chipie !

.

Cette fois-ci, Lightning n'arrivait plus à apporter correctement de l'oxygène à ses poumons. Comme si elle faisait une crise d'asthme, son souffle était frénétique. Si rapide que c'en était douloureux pour elle. Ses yeux lui brûlaient péniblement, mais aucune larme ne venait soulager sa souffrance. Il fallait qu'elle réagisse, elle le savait.
Dans son esprit, sa faible raison tentait d'affronter la folie dans un combat inégal. Il fallait qu'elle se reprenne et qu'elle analyse son environnement. Elle devait s'assurer qu'elle était en sécurité. Et pourtant, ses jambes ne répondirent pas à ses appels, tout comme sa respiration qui continuait d'accélérer la cadence, encore et encore.

Les mains tremblantes, Lightning les glissa le long de son corps, cherchant désespérément sa sacoche. Sa boîte à musique. C'était la seule chose qui pouvait encore la sauver de cette frénésie. Mais dans son état, ses doigts étaient bien plus que maladroits. Elle n'arrivait même pas à ouvrir son petit sac pour atteindre l'objet qui pouvait la calmer.
La sueur perla sur son front alors qu'elle sentait l'angoisse resserrer son entrave autour de sa gorge. Sa tête commençait à tourner et plus aucune pensée cohérente n'arrivait à se formuler. Regardant tout autour d'elle, elle se rendit compte que sa vision se troublait et se mouvait comme si elle se trouvait sur un navire. Dans sa confusion, elle ne réussit même pas à identifier son environnement.
Il fallait la boîte à musique ! Sinon, la blonde allait la voir, elle le savait. Elle risquait de visionner cette éternelle scène qui la hanterait toute sa vie. Elle devait...

.

Tout était blanc, comme si toute la pièce était drapée sous d'immenses draps d'une pureté immaculée. La forme des meubles était parfaitement reconnaissable sous cette cape de blancheur. Un silence pesant régnait dans les lieux, comme si l'univers entier était devenu muet. Même mes pas sur ce sol innocent n'émettaient aucun son, se pliant aux lois du mutisme.
Portant une robe blanche comme un ange, Serah était étendue sur son lit. Ses paupières étaient clauses et ses mains étaient croisées sur son ventre. On aurait cru Blanche-Neige qui attendait paisiblement son prince charmant. Mais au fin fond de mon cœur meurtri, je savais parfaitement qu'aucun baiser ne pourrait la ramener. Et pourtant, je ne pouvais m'empêcher d'espérer son retour. Futile espoir. Unique espoir.

Doucement, je m'avançai au pied du lit, le regard fixé sur ma cadette endormie. Le terrible besoin de lui avouer mes excuses et de quémander son pardon me tiraillait les entrailles, comme me rongeant de l'intérieur. Mais j'avais beau me débattre, aucun son ne sortait de ma bouche. Ma voix était incapable de percer le silence.
Lorsque je tentais de m'approcher de Serah, ma main se posa sur le drap immaculé. Mais je la retire immédiatement en sentant un liquide brûlant et visqueux sous ma peau. Une tache rouge sang était apparue à l'endroit que j'avais touché un peu plus tôt. Lentement, elle s'étalait sur le lit.

Prise d'effroi, je me reculai vivement d'un peu. En me retournant, je me rendis compte que mes traces de pas étaient de la couleur du sang. Et tout comme le reste, elles grandissaient et salissaient la pureté blanche des lieux. Levant les yeux vers le plafond, je vis couler cette liqueur de partout, inondant la pièce de son impureté. Paniquée, je voulus attraper ma sœur et fuir les lieux pour la mettre en sûreté.
Mais lorsque je me tournai dans sa direction, je me figeai subitement. Tout comme la pièce, sa robe était salie de deux tâches l'une se propageait au niveau de son cœur tandis que l'autre gagnait du terrain autour de son bas-ventre. En quelques secondes à peine, la tenue de Serah était devenue écarlate.

- Claire...

Je faillis sursauter face à la douce voix de ma cadette. Celle-ci avait brutalement ouvert les yeux. Dans un mouvement d'une lenteur effrayante, son regard croisa le mien, morne et sans lueur. Puis, d'un ton suppliant et douloureux, elle me demanda :

- Qui a fait ça ?

.

Redressant brutalement la tête en arrière, Lightning la cogna contre la porte métallique. Sa poitrine ne se mouvait plus sous le rythme de sa respiration. Son cœur n'émettait plus de battements. Et tous ses sens semblèrent s'être éteints. Durant une seconde qui parut être une éternité, la soldate avait cessé de vivre. Puis, elle s'écroula lourdement sur le côté comme une marionnette désarticulée dont on aurait coupé les fils.
La perte de conscience emporta la raison et la folie dans sa chute. Libéré de toute cette frénésie, le corps de la soldate se remit en fonction. Doucement, ses poumons s'emplirent à nouveau d'air alors que son cœur redémarra tranquillement son marathon pour la vie.

Qui a fait ça, Claire ?

Fronçant des sourcils, Lightning sentit des courbatures un peu partout. Elle ouvrit péniblement les yeux avant de se rendre compte qu'elle se trouvait dans une sombre et froide pièce. Immédiatement sur le qui-vive, elle se mit à analyser sa situation. Autour d'elle, aucun bruit ne se faisait entendre. Son nez l'avertit que l'endroit sentait le métal, l'huile et l'essence. La pénombre lui indiquait que le soleil avait quitté l'horizon depuis un moment.
Intérieurement, la soldate ne savait pas si elle devait remercier le ciel d'être saine et sauve. Se recroquevillant sur elle-même, elle prit quelques secondes pour remettre ses idées en place. Encore une fois, elle s'était laissée prendre par ses démons. Elle avait encore fait cette étrange vision où Serah se trouvait dans cette pièce immaculée de blanc et d'innocence. À cette pensée, la blonde ne put s'empêcher de serrer la petite clé pendue autour de son cou.
Puis, s'étant assez apitoyée sur son sort, la jeune femme se redressa brutalement malgré les protestations de ses muscles. Il faisait bien trop noir dans cet endroit pour qu'elle puisse distinguer quoi que ce soit. Habilement, elle glissa sa main vers une poche latérale avant de sortir une petite lampe torche. Le rayon de lumière perça l'obscurité, révélant petit à petit ce que recelaient les lieux.

Quelques voitures se trouvaient dans ce qui ressemblerait à un petit hangar. Certaines en parfait état, du moins, physiquement et d'autres en pièces détachées. Sur le côté des murs, des étagères s'étendaient le long avec divers outils. Sur l'une des façades, deux immenses portiques étaient fermés. Et dans un autre coin, une montagne de pneus s'élevait à mi-hauteur de la salle. Un garage, songea Lightning sans le moindre doute.
Dans un tel lieu, la jeune femme avait très peu de chance de trouver des vivres. Mais elle avait néanmoins un endroit où dormir pour la nuit. La banquette arrière d'une des voitures fera amplement l'affaire. Mais avant cela, elle devait sécuriser les lieux. Une chose qui allait être rapidement fait étant donné qu'il n'y avait que deux portes si l'on ne comptait pas les portiques.

De suite, Lightning alla trouver quelque chose qu'elle pourrait coincer sous la poignée de l'entrée où elle était arrivée. Puis, elle vérifia que les portails électriques étaient parfaitement verrouillés, découvrant au passage que l'électricité passait encore dans ce garage. Pourtant, elle n'alluma pas les lumières, se contentant de la lueur de sa torche.
Il ne restait donc plus qu'une seule porte. Lentement, la blonde s'approcha de celle-ci, sur ses gardes. Lorsqu'elle posa sa main sur la poignée, elle hésita un instant en se demandant ce qui pouvait bien l'attendre de l'autre côté. Quand elle tenta de tourner le loquet, elle se rendit compte que celui-ci était bloqué. Verrouillé de l'intérieur, concéda Lightning qui ne voulut pas forcer le passage. Logiquement, il ne devrait pas y avoir de sortie de l'autre côté.

.

Les minutes s'écoulèrent, les heures passèrent... Mais Lightning n'arrivait toujours pas à fermer l'œil. Cela pouvait parfaitement venir du fait que la banquette arrière d'une Mercedes n'était peut-être pas si confortable que cela. Peut-être avait-elle peur de refaire encore et encore ce même mauvais rêve. Elle n'en savait strictement rien. Le fait était qu'elle ne pouvait pas fermer les paupières en paix et trouver le sommeil.
Se redressant doucement, la blonde tourna la tête en direction de la porte verrouillée. Et si c'était cela qui l'empêchait de trouver le repos ? De ne pas savoir ce qui se trouvait de l'autre côté. Lightning n'était pas réellement d'une nature curieuse. Mais ses instincts de soldate ne pouvaient trouver d'apaisement sans avoir sécurisé tout le terrain. C'était certainement cela...
La rescapée s'extirpa silencieusement de la voiture avant d'allumer sa lampe qui commençait déjà à faiblir. De temps à autre, elle devait donner un léger coup pour faire revenir la lumière. La torche arrivait malheureusement en fin de vie. Et la blonde n'avait pas vraiment la tête à aller chercher des piles.

Une fois devant la porte, la soldate sut qu'elle n'avait pas d'autre choix que de l'enfoncer. Il n'y avait pas de serrures pour pouvoir crocheter le verrou. Et elle ne croyait pas réellement que faire passer une carte bancaire changerait quelque chose. De toute manière, elle n'en avait pas sur elle. Prenant une grande inspiration, elle se recula doucement avant d'enfoncer brutalement son talon contre la porte qui céda dans un grincement plaintif.
Une odeur nauséabonde de pourriture jaillit en même temps que la poussière. Rapidement, Lightning se masqua le nez du revers de la main tandis que l'autre tendait la torche vers l'intérieur. Malgré son dégoût, la jeune femme sut contrôler les haut-le-cœur qui la submergeaient par vague. Forçant la respiration de la bouche, elle s'avança d'un pas prudent vers la pièce voisine qui se révélait assez petite.

Lentement, le faisceau de lumière dévoila une petite bibliothèque. Une petite table avec une machine à café et un vieux canapé sur la droite. Sur la gauche, près des volets fermés, un bureau s'y trouvait avec... son propriétaire en décomposition. Assis sur son siège, l'individu avait la main sur le cœur. Il n'avait presque plus de chair sur la peau et ses orbites étaient déjà vides. Ce dernier avait néanmoins eu la chance de ne pas s'être fait dévorer par les vers. De par sa corpulence, la soldate devina que ce corps avait été un homme par le passé. Mais quelque chose de plus intéressant attira l'attention de cette dernière, une arme à feu. Alors qu'elle allait pénétrer dans la pièce, sa lampe décida de la trahir à cet instant.
Ravalant un juron, Lightning secoua la torche, mais celle-ci ne se remit pas en marche. Elle se retint toutefois de ne pas jeter l'appareil au sol. Finalement, elle n'eut pas d'autre choix que d'allumer la lumière de cette pièce. De toute manière, les volets étaient fermés et elle ferait vite. Elle récupérera l'arme, vérifiera son état et c'était tout. Sachant que c'était pour la bonne cause, la blonde se mit à chercher l'interrupteur près de l'entrée de la pièce.
Lorsque la salle fut illuminée, la soldate s'empressa d'atteindre le bureau. Elle attrapa le fusil à double canon qui y était déposé, et scruta le chargeur. Deux balles. Rien de bien étonnant, la chambre ne pouvait en emmagasiner plus pour ce type d'arme. Elle était d'ailleurs en assez bon état malgré la rouille qui commençait à la ronger. Le propriétaire possédait certainement d'autres cartouches la blonde devait perpétuer ses recherches.

Son regard se posa à nouveau sur l'homme assis dans son fauteuil. Quel étrange endroit pour mourir, songea Lightning qui fronça des sourcils, perplexe. Puis, reportant son attention sur cette main qui serrait la poitrine, elle eut une illumination. Cet homme n'avait pas contracté la maladie, du moins, ce n'en était pas la cause de sa mort. Ce malheureux – ou chanceux selon les points de vue – était décédé à cause d'un infarctus, très certainement.
Lightning ne se répugna guère de fouiller les poches du défunt. Après tout, il était mort et n'avait plus besoin de rien. En ces temps difficiles, il n'y avait pas de place pour la morale ou pour faire les mijaurées. Ne trouvant rien d'intéressant, elle se mit à ouvrir un à un les tiroirs du bureau. Des stylos, du ruban adhésif et même une petite bouteille de Wishky, mais rien de bien utile pour le moment. Finalement, le dernier étage recela le trésor que la survivante était venue trouver : une vingtaine de cartouches.

Satisfaite de sa trouvaille, la blonde se dit qu'elle en avait terminé. Tranquillement, elle se dirigea vers l'interrupteur pour éteindre la lumière, ne voulant pas tenter le Diable plus que cela. Passant devant la bibliothèque, Lightning scruta évasivement son contenu. Tout comme le major Barns, le propriétaire des lieux avait déposé quelques photographies sur les étagères. Elle découvrit que ce dernier était un vieil homme qui semblait adorer ses petits-enfants. Une autre image le représentait dans la force de sa jeunesse devant une vieille voiture des années 60. Puis, une dernière photo prise devant le garage où ce dernier posait avec divers collègues en tenu bleue. On aurait dit une famille.
Écarquillant les yeux, Lightning attrapa le cadre dans sa main afin de mieux scruter le moment immortalisé. Elle arqua un sourcil désabusé lorsqu'elle reconnut sans le moindre doute Fang. Accoudée sur l'épaule d'un compère, celle-ci arborait un sourire plus que rayonnant. Sur sa droite se tenait l'homme qui se trouvait sur la chaise de bureau. Le monde était petit... Trop petit au goût de la blonde. À croire que le destin s'acharnait à croiser leurs chemins.
Sans pouvoir se l'expliquer, la soldate n'arrivait pas à décrocher son regard du visage de la maîtresse de Bahamut. Rien que par cette photographie, on sentait une certaine chaleur émaner d'elle. La même chaleur que Serah, pensa Lightning en caressant l'image de Fang du bout de son index. Combien de fois le rire enthousiaste de cette femme lui avait-il rappelé celui de sa sœur ? Cette femme qui possédait le même éclat que sa cadette. Cette femme qui allait risquer stupidement sa vie pour pouvoir voyager. Quelle idiote...

D'une certaine manière, Lightning ressentait le désir de protéger cette dernière lumière dans ce monde. Mais, amèrement, elle avait peur d'échouer lamentablement comme dans le passé. Elle n'était nullement liée à Fang et ne devrait pas s'en soucier. Chacune devait suivre sa vie, sa propre voie. Mais quelle était la sienne ? La soldate ne faisait qu'errer dans les rues désertes de Nautilus en attendant de mourir d'épuisement.
Bizarrement, la jeune femme sentait le regard du vieil homme sur elle. Malgré ses orbites inoccupées, elle avait l'impression qu'il la toisait, la jugeait. Elle se faisait des idées, elle le savait. Et pourtant, elle ne put s'empêcher de rétorquer :

- Elle a déjà pris sa décision. Je ne peux plus rien pour elle.

Qui essayait-elle réellement de convaincre ?
Lightning avait beau se voiler la face, elle devait avouer que la présence de Fang avait quelque chose d'apaisant. Mais elle avait peur que le fait de se retrouver en sa compagnie réveille d'étranges sentiments en elle. Comme l'espoir... Elle ne devait pas en avoir. Depuis presque un an, la soldate n'avait fait que de se déplacer de lieu en lieu, sans vraiment trouver le repos. Il avait suffi d'une nuit en compagnie de la noiraude pour qu'elle s'endorme sur ses deux oreilles.

Levant la tête, la survivante dévisagea le cadavre du vieil homme comme si ce dernier allait lui révéler d'importantes réponses. Mais rien... Il se contentait de la dévisager comme un reproche. On aurait dit qu'il lui intimait de s'occuper de Fang. Peut-être que par le passé l'avait-il considéré comme sa propre fille. Peut-être, avant de mourir, cet homme avait connu le regret de ne pas avoir pu aider sa famille.
Lâchant un long soupir, Lightning avait néanmoins saisi une chose évidente : elle était devenue complètement sénile. Au point de croire qu'un mort tentait de lui faire parvenir un message. Elle allait vraiment devenir folle.

.

Dès le lever du jour, Fang était déjà en pleine activité. Il lui restait deux ou trois choses à déposer dans le pick-up. Elle avait bien pris soin de se préparer correctement, vérifiant d'avoir bien étouffé sa part féminine. Sa casquette sur la tête, elle avait opté pour une grande chemise et un large jean. La jeune femme devait néanmoins être certaine que ces vêtements ne nuiraient pas à sa liberté de mouvement.
Satisfaite, Fang se tourna vers Bahamut, les mains sur ses hanches :

- Je crois qu'on est prêt, mon pote !

Le rottweiler aboya pour donner sa confirmation. Constatant que le moral des troupes était en hausse, la noiraude fut ravie. Sans plus attendre, son compagnon et elle allèrent jusqu'au garage. Tout était enfin prêt. Il ne restait plus qu'à prendre la route et partir à l'aventure.
Cette idée excita la maîtresse de Bahamut, mais lorsqu'elle posa sa main sur le talkie-walkie, son sourire s'estompa. Les départs quémandaient toujours des adieux. Elle devra se faire à l'idée de ne plus jamais revoir la soldate. De ne plus pouvoir lui parler par le biais des communicateurs. À qui allait-elle offrir ses monologues météorologiques désormais ? Devrait-elle lui laisser un dernier message avant de partir ?

- Allez, Bahamut, déclara-t-elle en ouvrant la portière du côté passager.

Avec motivation, le chien bondit dans le véhicule et alla s'installer confortablement au centre de la banquette, près de la place du conducteur. Claquant la portière, Fang se dirigea ensuite vers le portail du garage. Un peu plus tôt, elle avait vérifié que le quartier était désert. Déverrouillant la grande porte métallique, elle la fit coulisser sans la moindre peine.
La lumière du jour vint lui éblouir les yeux alors que le vent froid de l'hiver vint la faire frissonner. Ayant déjà fait le deuil du refuge la nuit passée, la noiraude ne voulait pas trop s'attarder. Ne savait-on jamais si un groupe d'individus décidait de passer dans le coin. Et pourtant, Fang ne pouvait décrocher ses yeux de l'horizon, là où le soleil se levait. Elle se sentait mélancolique. Après tout, elle allait quitter sa ville natale.

Puis, faisant volte-face, Fang sursauta lorsqu'elle se rendit compte que quelqu'un se tenait à côté d'elle, contre le mur, les bras croisés. Son cœur manqua un battement quand elle reconnut la soldate. Celle-ci l'observait silencieusement, sans aucune expression sur le visage, la lanière d'un fusil pendant sur son épaule droite. Depuis combien de temps était-elle là à l'observer ?
La maîtresse de Bahamut fut à court de mots tant elle était stupéfaite. Lightning comprit qu'elle allait devoir prendre la parole. Haussant des épaules, elle déclara :

- À une seule condition... Tu changes le stupide nom de cette mission.