Bloody Game

Rating : M

Pairing : HP/DM; RW/LL

Disclaimer : Rien est à moi.

ENJOY !


Interlude 3 : Ron et Luna : cette étrangeté.

1er juin 1998,
Cimetière près de Hogwarts.

Ron regarda d'un œil vide les inscriptions sur cette horrible tombe blanche, encore et encore… Peu importe combien de temps il passait à pleurer, supplier, hurler, tout saccager, le résultat restait le même… là immuable, inaltérable et gravé dans la pierre… Ils étaient morts… tous.

Il serra les dents et les poings afin de maintenir sa colère à un niveau respectable, son regard ne se détournant jamais de la pierre. La pluie tombait fortement autour et sur lui, l'éclaboussant parfois de boue, mais il n'en avait cure, continuant à rester fermement assis sur le sol humide et boueux, n'ayant pas bougé d'un pouce depuis le départ d'Hermione.

Son regard se voila légèrement, en repensant à cette rupture, mais il savait que cela avait été la meilleure décision à prendre, même s'il avait dû se faire violence pour ne pas se retourner et supplier Hermione d'oublier tout ce qu'il venait de dire et qu'il avait besoin d'elle.

Ron se crispa en entendant des bruits de pas se rapprocher de lui, c'était une démarche irrégulière et assez légère. La personne s'arrêta à quelques mètres de lui et Ron fronça les sourcils en reconnaissant Luna Lovegood.

« Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda-t-il, d'une voix dure et grave.

« Cette tombe. » répondit-elle, d'une voix fluette et rêveuse, tout en désignant une pierre tombale non loin de celle de la famille de Ron « C'est celle de mon père. »

Le rouquin se figea, ne sachant pas réellement quoi dire dans cette situation. Bien sûr il savait qu'il aurait dû s'excuser pour son manque de tact, mais elle n'avait pas l'air si blessée que ça et puis il ne se sentait vraiment pas d'humeur à faire des excuses.

Ron se concentra sur la tombe blanche, préférant ne pas se laisser distraire par les actions étranges de Luna, celle-ci après avoir déposé une unique fleur difforme sur la tombe de son père, semblait parcourir quelques mètres de long en large, s'arrêter pendant un certain temps puis recommencer…

« Je peux savoir ce que tu fais ? » s'irrita Ron, en serrant les poings, n'avait-elle donc aucun respect pour les morts ?

« Je cherche les Cornaks Ronflu. » répondit-elle, en s'arrêtant juste à côté de lui, « Il paraît qu'il y en a beaucoup dans les cimetières, c'est vrai ? »

« Comment veux-tu que je le sache ? » répondit Ron, en retour d'un ton crispé, signe qu'il retenait sa colère. « C'est toi la folle ici ! »

Ron vit une légère lueur traverser rapidement les yeux de la blonde, mais l'instant d'après ses yeux étaient toujours aussi rêveurs que d'habitude comme si peu importe ce que Ron disait cela ne la touchait pas.

« Tu dois ressentir beaucoup d'influence des pixies. » rétorqua-t-elle, d'une voix douce, que Ron ne parvint presque pas à entendre à cause de la pluie, « Tu es amer et a l'esprit embrouillé. Je peux t'en débarrasser si tu veux.»

Ron l'ignora royalement. Pourquoi, ou plutôt comment pouvait-elle agir de cette façon, comme si rien ne s'était produit, comme si rien ne l'affectait, alors que son père venait de mourir ? Etait-elle si insensible que ça ?

Devant l'absence de bruit, Ron lui jeta un regard à la dérobé et manqua de sursauter en se rendant compte qu'elle l'observait intensément, à travers le torrent de pluie qui continuait à tomber sur eux.

« Quoi ? » s'irrita-t-il.

« Tu ne m'a pas répondu. » dit-elle, d'une voix neutre, « Tu veux que je t'en débarrasse ? Des pixies. »

« Non. » grommela Ron, d'un ton sec, « Je me fiche d'être sous l'influence de pixie, ronflack cornu ou quoi que ce soit ! »

« Tu ne peux pas être sous l'influence de Ronflack… parce que – » corrigea Luna.

« Peu importe. » la coupa le rouquin dont la voix était remplie de colère difficilement retenue.

« Tu n'es vraiment pas sympa. » commenta alors la plus jeune, d'une voix presque boudeuse.

Ce fut la goutte de trop.

Dans un excès de colère, Ron attrapa une poignée de boue et la lança sans préambule sur la blonde, celle-ci ne réagissait pas se contentant de fixer le Gryffindor avec une touche de surprise, tandis que la boue coulait de ses cheveux blonds jusqu'à son visage, se mélangeant avec la pluie torrentielle.

« Tu crois que j'ai envie d'être sympa, maintenant ? » explosa Ron, « Alors que je ne pourrais plus jamais revoir mes parents, ma famille ? Est-ce que tu sais ce que ça fait de devoir aller dans ce foutu hôpital pour une reconnaissance de corps ? De voir les cadavres sans vie et froids de ceux qui étaient autrefois si chaleureux avec toi ? D'espérer à chaque lit que tu passais de ne pas les voir eux ? »

« Je sais… » dit-elle d'une voix rêveuse, comme si cela ne l'atteignait pas, ce qui avait le don d'irriter encore plus le rouquin, « Mon père est mort aussi dans l'attaque… Il habitait juste à côté et ils se sont trompés de maison. »

« Alors comment par Merlin peux-tu rester si détachée ? Comment peux-tu souiller son esprit et sa mémoire en faisant comme si cela n'avait pas eu lieu ? Comment peux-tu paraître aussi naturelle et normale quand ton monde vient de s'écrouler ? Te fiches-tu donc tant que ça de la mort de ton père ? Es-tu donc si insensible que ça ? »

Ce ne fut qu'à ce moment là qu'il se rendit compte qu'elle avait les yeux rouges et que son expression avait l'air blessée et peinée. Il détourna le regard, un air coupable sur le visage.

« J'aime mon père. » souffla-t-elle, « Mais il m'a dit de continuer ma vie si jamais il lui arrivait quelque chose… »

« Et toi tu te contentes de lui obéir comme ça ? » répliqua méchamment Ron.

« Parce que… si jamais je ne faisais que penser à lui, je me mettrais à pleurer. » se justifia la plus jeune d'une voix enfantine, « Et je n'aime pas pleurer, c'est trop douloureux. »

« Alors tu préfères t'enfermer dans ta bulle… » commenta dédaigneusement le rouquin.

« Et c'est mal ? » rétorqua Luna.

Ron fut pris au dépourvu devant cette question. Etait-ce mal ? Ne faisait-elle pas que se protéger après tout ? Rester seule dans son coin, parler de propos étranges que seule elle peut comprendre, inventer son propre monde où la douleur, les pertes, les morts et la guerre n'existeraient pas. Se rattacher à ce monde tel une bouée en plein naufrage afin de ne pas sombrer dans le désespoir de la réalité, n'était-ce pas un moyen comme un autre pour espérer s'en sortir ?

Le rouquin détourna alors encore une fois le regard, d'un air coupable. Il n'avait pas le droit de lui faire la morale alors que lui était dans une situation similaire, au fond il savait qu'il était en colère parce que justement elle était dans la même situation et qu'elle s'en sortait mieux que lui.

« Non, ce n'est pas mal. » répondit-il en retour, d'un ton neutre, son regard se focalisant à nouveau sur la tombe blanche.

Il eut alors un sourire amer, il savait que même s'il essayait il n'arriverait pas à faire comme si tout allait bien, pas quand il pouvait voir noir sur blanc la tombe en face de lui, pas quand il écoutait tous les jours les rapports des autres, lui rappelant combien la guerre était cruelle et le nombre de pertes qu'il y avait déjà, pas quand les regards vides de ses parents semblaient le hanter dès qu'il fermait les yeux.

« Et est-ce que tu te sens mieux en fuyant la réalité ? » demanda-t-il, bien qu'il connaissait la réponse.

Elle hocha la tête, « Mais la réalité finit toujours pas refaire surface. » décréta-t-elle, en touchant la partie de son visage qui était couverte de boue, « Toujours… Et ça en n'est que plus douloureux. »

Ron baissa la tête tout en continuant de regarder la pierre tombale, tandis que Luna se contentait de rester debout à côté de lui.

Ils ne prononcèrent aucun autre mot, se laissant écraser par les torrents de pluie qui s'abattaient sur eux, tel le rappel de cette cruelle réalité.

##

4 juin 1998,
Cimetière, près de Hogwarts.

« Pourquoi viens-tu tous les jours si jamais tu veux faire comme si tout allait bien ? » interrogea Ron.

Luna inclina légèrement la tête, « Je cherche des Ronflacks Cornus et des Pixies Lunaires, et comme la tombe de papa est à côté j'en profite pour lui apporter une fleur noyée dans les larmes de guillette, il paraît que cela amène le calme et la sérénité. »

« Des larmes de quoi ? Non laisse tomber je ne veux pas savoir. » s'exaspéra le rouquin, tandis que la plus jeune ouvrait déjà la bouche pour se lancer dans une explication illogique et certainement totalement incompréhensible dont elle avait le secret.

« Au en parlant de Pixies Lunaires… » dit-elle soudainement, en fouillant dans son énorme sac, dont Ron ne voulait même pas survoler le contenu des yeux. « J'ai fait ça pour toi. »

« Une dent ? » interrogea Ron, d'un ton sceptique en inspectant la chose que venait de lui tendre la plus jeune.

« C'est un fragment d'une corne de Trixis. » corrigea-t-elle, d'un ton patient.

« Ou une dent de gnome. » rétorqua le rouquin.

« C'est un fragment d'une corne de Trixis ! » répéta la plus jeune d'un air butée, « Il paraît que ça attire la chance et éloigne les mauvaises influences notamment celles des Pixies Lunaires. »

Ron se crispa inconsciemment en se rappelant de sa conversation avec la blonde trois jours plus tôt, il avait vraiment été dure avec elle et sans aucune raison qui plus est.

« Luna… » dit-il, en jouant avec la dent, «…je suis désolé pour – euh – enfin tu sais… pour l'autre jour. » balbutia-t-il, se maudissant intérieurement pour son manque flagrant d'éloquence.

Luna eut un léger sourire et montra la dent du doigt, « C'était juste à cause des Pixies de toute façon… »

Ron se mordit la lèvre, ne sachant pas exactement quoi dire dans ce genre de situation, il évita le regard de la blonde regardant partout ailleurs sauf vers son visage.

« Ah… » dit-il, « Tu as mis ton haut à l'envers tu sais… » lui fit-il remarquer.

Il rougit soudainement, en détournant le regard « Idiote, ne l'enlève pas ici ! »

« Je dois bien l'enlever pour le mettre à l'endroit, non ? » rétorqua-t-elle sur le ton de l'évidence.

« Et si quelqu'un te voyait ? » marmonnait le plus vieux.

« Il n'y rien à voir c'est plat… »

Ron soupira, son regard toujours tourné vers le côté, elle était vraiment bizarre cette fille ! Ses yeux se dirigèrent alors naturellement vers cette tombe qu'il connaissait maintenant par cœur à force de l'observer et il sentit son cœur se serrer.

Pourquoi se sentait-il coupable ? D'où venait ce sentiment ?

« C'est bon j'ai fini. » fit savoir Luna, d'un ton distrait, tandis que Ron lui jeta un regard à la dérobée.

« Tu as de l'herbe dans les cheveux. » constata-t-il, d'un ton exaspéré, en lui ébouriffant les cheveux pour lui retirer l'herbe « Comment tu as réussi à faire ça ? »

Elle leva les yeux vers lui et lui fit une légère moue. La main du rouquin était toujours entremêlé à ses cheveux et de là où il était il parvenait à presque à sentir sa chaleur corporel, son odeur…

Boum…Boum… Boum…

Ron écarquilla les yeux de surprise, c'était quoi ça ? Pourquoi son cœur se mettait-il à battre si vite ?

« Je ne sais pas. » répondit-elle. « Je suppose que c'est parce que je suis assez maladroite…Hier par exemple j'ai failli me cogner contre mur parce que j'étais distraite… »

« Fais attention où tu vas, quand tu marches, aussi ! » la sermonna Ron, d'un air exaspéré, retirant doucement sa main.

Boum…Boum…Boum…

Ce n'était pas ce qu'il croyait, n'est-ce pas ? Ce n'était absolument pas possible !

##

« Ron… » appela une voix familière.

Celui-ci battit des paupières, regardant autour de lui d'un air perdu. « Où suis-je ? » souffla-t-il.

« Ron… » appela encore une fois la voix.

Ron écarquilla alors les yeux de surprise en reconnaissant la personne qui se trouvait devant lui.

« Maman ? »

« Fils indigne. » cracha-t-elle alors, son visage n'ayant rien de l'expression chaleureuse et bienveillante qu'il lui connaissait. « Comme oses-tu… Comment oses-tu batifoler avec cette… cette fille alors que nous venons de mourir depuis seulement trois semaines ? »

« Mais , je – »

« Traître. » susurra alors la figure de son père, « Au lieu de penser à nous tu préfères rester avec Luna et t'amuser… Tu nous as déjà oubliés. »

« Non ! » s'écria Ron, d'un ton désespéré, « Je viens vous voir tous les jours et je… je ne fais que penser à vous tout le temps ! Je vous le jure. »

« Menteur. » souffla Percy, d'un ton mauvais, « Même quand tu es devant notre tombe il suffit que cette Luna arrive pour que toutes tes pensées soient dirigées vers elle. »

« Il est amoureux. » chantonna Charlie, d'un ton grave, « Alors il nous a oublié. »

« C'est faux ! » cria Ron, d'un air démuni, « C'est faux… je – je ne… »

« Tu ne l'aimes pas ? » ironisa Bill, « Bon dieu, Ron, ne te voile pas la face, tu es amoureux… Tu te rappelles comment ton cœur battait rapidement quand elle était près de toi ? Tu étais tellement obnubilé par elle que tu ne nous as regardé que quelques fois ! »

« Mais dis donc… » murmura alors Fred, d'un ton moqueur, « Tu crois qu'il a pensé à Hermione ? »

« Oui, c'est vrai ça… » poursuivit George, « Pauvre Hermione… Tu viens à peine de rompre avec elle et tu tombes déjà amoureux de quelqu'un d'autre… que c'est cruel. »

« Arrêtez… » supplia Ron, en se bouchant les oreilles.

« Quoi ? ça te fais mal de voir la réalité en face ? » cracha Ginny, « Et que penses-tu de notre douleur à nous, quand nous sommes morts ? C'était dix fois plus douloureux. »

« Arrêtez ! » répéta Ron.

« Fils indigne ! » « Insensible ! » « Traître ! »

« ARRETEZ ! »

Ron se réveilla en sursaut, des sueurs froides lui coulant sur la joue et la respiration haletante, tandis que les mots de sa famille résonnaient encore dans sa tête. Se massant doucement le front, il se relaissa tomber sur le lit, fixant le plafond d'un œil vide. Il n'arrivait pas à retrouver le sommeil, en resongeant à son rêve.

Quand soudainement un bruit se fit entendre de l'autre côté de la porte, le faisant sursauter. Les sens en alerte, il bondit hors de son lit et pointant sa baguette vers la porte, il l'ouvrit. Puis haussant un sourcil sceptique en voyant une forme allongée par terre.

« Luna ? » dit-il, d'un ton neutre, ne sachant pas réellement comme réagir. « Qu'est-ce que tu fais ? »

« J'ai trébuché. » répondit-elle, en se relevant et se massant la joue.

Ron poussa alors un soupir exaspéré, « Tu devrais faire plus attention… et puis évite de trébucher sur –» il inspecta le couloir, « - sur quoi ? »

« Des gnomes invisibles. » précisa-t-elle, « C'est pour ça que je suis allée par ici, je les cherchais et il paraît qu'ils sont très efficaces pour le manque de sommeil. »

Ron la fixa intensément, ne sachant pas si elle se moquait de lui ou était sérieuse.

« Et tu arrives à voir des gnomes invisibles, toi ? » demanda-t-il, d'un ton perplexe.

« Bah non, puisqu'ils sont invisibles. » répondit-elle sur le ton de l'évidence.

« Et comment tu espères les attraper si tu les vois pas ? » interrogea le rouquin en baillant.

« Par un coup de chance. »

Ron étudia l'expression de son visage, elle avait l'air tellement sérieuse qu'il ne douta pas de sa sincérité, poussant un soupir exaspéré, il secoua la tête d'un air las.

« Tu ferais mieux de retourner te coucher, tu trouveras plus vite le sommeil que ces gnomes invisibles. »

Elle eut une légère moue boudeuse et hocha doucement la tête. Quand finalement Ron, se rappela d'un détail.

« Tu as dit que tu avais un manque de sommeil ? »

Elle hocha la tête, « On ne peut pas contrôler ses rêves, ni ses cauchemars. » expliqua-t-elle, d'un ton triste. « J'espérais ne pas en avoir, mais il faut croire que c'est inévitable. »

« J'espère que ça partira alors. » souffla Ron.

Luna approuva d'un mouvement de tête, « Bon et bien à demain alors… »

Ron serra les poings tandis qu'il la regardait s'éloigner dans le couloir, finalement avant qu'il n'ait pu y réfléchir, il l'a rappela.

« T-tu veux dormir, ici ? » proposa-t-il, en se grattant la nuque d'un air gêné, « Enfin, je veux dire… Peut-être que si tu as quelqu'un à côté de toi les cauchemars s'en iront… »

« Peut-être oui. » approuva Luna, en faisant demi-tour.

Boum…Boum….Boum…

Ron se décala pour la laisser passer et referma la porte avant de s'adosser dessus, d'un air perturbé. Il ne faisait rien de mal, n'est-ce pas ? Il avait le droit de continuer sa vie, malgré ce qui s'était produit, n'est-ce pas ?

« Je vais dormir sur le sol… » dit-il en prenant un coussin.

« Tu peux rester sur le lit, ça ne me dérange pas. » décréta-t-elle, en s'allongeant sur le côté droit.

Boum…Boum…Boum…

Ron s'allongea, mais faisait en sorte d'être le plus possible sur le côté gauche, tournant le dos à la blonde.

« Dis-moi, les gnomes invisibles existent vraiment ou c'était juste une excuse pour traîner près de ma chambre ? » demanda-t-il, d'un ton qu'il espérait détaché.

« Ils existent. » certifia Luna.

« Comment tu peux savoir ça, s'ils sont invisibles ? »

« Je le sais, c'est tout. » asséna la plus jeune, d'un ton buté, qui fit soupirer Ron.

Elle était vraiment bizarre, cette fille !

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13 Juin 1998,
Hogwarts.

« Tiens, tiens… » susurra une voix aiguë, « Je croyais avoir tué tous les Weasley pourtant. »

« Lestrange. » cracha Ron, d'un ton furieux.

Il ne prêtait plus attention aux autres combats, qui se déroulaient autour de lui. Tout ce qui comptait était qu'il puisse se venger et tout de suite.

Sautant sur le côté pour éviter un sort mortel, il mit toute son âme dans le combat, démenant comme un forcené pour engendrer des dommages à cette garce sans cœur. Cependant il se retrouva vite essoufflé et ne parvint pas à tenir la cadence, il se retrouva au sol la respiration haletante et sentait que sa dernière heure était arrivée quand Bellatrix Lestrange pointa sa baguette dans sa direction d'un air mauvais, quand soudainement un cri retentit, attirant l'attention de la sorcière.

« Maître… » souffla-t-elle, d'un ton paniquée, obnubilée par ce qui se passait entre Voldemort, Harry et Draco.

Elle fila alors immédiatement vers eux, semblant complètement avoir oublié la présence de Ron.

Celui-ci se releva tant bien que mal et tentait de la faire revenir, mais bien vite il fut assailli par Crabbe et Goyle et n'eut nul autre choix que de les combattre.

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Quelques heures plus tard,
Infirmerie, Hogwarts.

Ron était allongé, comme beaucoup d'autre, sur un des lits de l'infirmerie. Il arborait une mine sombre et frustré. Il n'avait pas réussi à tuer Bellatrix Lestrange. Et pire encore, il aurait pu se faire tuer, mais n'avait survécu que grâce à une immense chance. C'était frustrant, et cela blessait directement son orgueil.

Oh bien sûr, il avait donné le meilleur de lui contre Crabbe et Goyle, transmettant toute sa rage et haine dans ses sorts et actions, et avait réussi à finalement les tuer, bien que non sans dommages.

Il grimaça tandis que les brûlures dues aux sorts de flammes de Crabbe se firent ressentir. Les potions que lui avaient données Hermione n'avaient pas encore fait effet.

« J'ai appris que tu avais failli te faire tuer. » chuchota alors Luna, qui vint s'assoir sur l'une des chaises près du lit de Ron.

« Ouais. » approuva ce dernier d'un air sombre, « Mais j'ai survécu. J'ai eu de la chance… C'est sûrement grâce à ta dent. »

Luna fit une moue boudeuse, « C'est un fragment de corne de Trixis ! » rectifia-t-elle.

« Si tu le dis. » rétorqua-t-il, d'un ton plus amusé.

Ce qui fut une erreur stratégique de sa part, car Luna, vexée, se mit alors à citer toutes les propriétés de la corne qu'elle connaissait.

Ron l'écoutait babiller, d'un air amusé, en inclinant légèrement la tête. Décidément elle ne changerait jamais, cette fille, toujours aussi étrange.

Quand il leva les yeux, il croisa le regard d'Hermione et sentit un élan de culpabilité l'assaillir. Mais il fut vite soulagement en avisant le sourire tendre qu'elle lui lançait. C'était une acceptation implicite, n'est-ce pas ?

##

28 Décembre 2001, 03 : 55,
Square Grimault.

« HARRY ! » cria Ron, en fonçant dans la chambre à coucher du brun, espérant intérieurement que celui-ci n'était ni nu, ni en pleine action avec le blond.

« Quoi ? » grogna en retour l'interpellé, d'un ton ensommeillé, en sortant la tête de sa couette« Tu as vu l'heure qu'il est ! »

« Je vais me marier ! » clama Ron, ignorant la remarque de son meilleur ami.

« Merveilleux, Weasley. » commenta Draco, d'un ton grognon, « Maintenant tu as intérêt à te casser d'ici, sauf si tu veux que ta future femme devienne veuve ! »

« Non mais vous n'avez pas compris… » dit le roux, « Je me marie, maintenant ! »

« Hein ? » furent la réponse simultanée des deux autres.

« Luna a dit que c'était parce que ça avait un rapport avec la floraison des Mirellio ou quelque chose comme ça et qu'il fallait absolument qu'on se marie avant le levée du soleil. » expliqua Ron, d'un ton précipité, « Et je t'ai choisi comme témoin et Malfoy doit aussi t'accompagner, alors BOUGE Z! »

Pour toute réponse il se reçut un coussin en pleine figure.

« Je vous préviens si vous n'êtes pas debout dans moins de cinq minutes, je vous jette un sort. »

« Rappelle-moi, pourquoi je ne peux pas le tuer déjà ? » interrogea Draco, de mauvaise humeur.

« Tu irais en prison, et ça serait chiant d'entamer la procédure pour te faire sortir. C'est un Auror, donc ça serait doublement plus chiant. Si tu le fais mal ça risque de tâcher le tapis… Et… Ah oui, aussi parce que c'est mon meilleur ami. » récita Harry, dans un grognement inaudible ou presque. « Enfin ça c'était avant qu'il ne vienne me réveiller à quatre heures du mat, pour annoncer qu'il allait se marier dans moins de deux heures ! »

Ron leva les yeux au ciel et leur mis la pression pour qu'ils préparent le plus vite possible.

Vous vous en doutez… Ce fut le mariage le plus atypique et étrange du siècle.

10 Mars 2005, 2 : 33
Square Grimault.

« JE VAIS DEVENIR PAPA ! » cria Ron, d'un ton joyeux.

« LA FERME ! » furent la réponses simultanées de Draco et Harry.

« Je te jure, Potter… » siffla Draco, d'un ton mauvais, « Que s'il refait à chaque fois le même coup, pour chaque putain d'enfant qui fera partie de la tribu Weasley, je le tue ! »

FIN DE L'INTERLUDE.


Au prochain chapitre " Dénouement" vous saurez enfin (normalement) la vraie identité de Léo :p

Voilà, merci d'avoir lu et / ou reviewer !

See ya !