Salut tout le monde ! Je suis encore une fois désolée du retard... Mais au moins, ce chapitre est plus long que d'habitude ! Pour les fans de Dorea, on va beaucoup entendre parler de cette jeune sorcière dans ce chapitre ! Merci pour vos reviews Miss Homme enceinte 2 et MarlyMcKinnon ! Elles me font toujours autant plaisir ! Sur ce, je vous laisse lire...
Disclaimer : Ces petites sorcières de la famille Black sont la création de J. K. Rowling.
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Chapitre 11, L'Egypte
Quelques jours plus tard,
Du pont de La Concorde, le bateau à destination de l'Égypte, Dorea pouvait enfin voir la terre africaine.
Le départ du port de Brighton s'était fait dans un silence morbide. Ses parents n'avaient pas échangé trois mots, et Dorea avait préféré se faire aussi petite que possible. Le premier voyage qu'elle faisait avec ses parents ! Son premier voyage tout simplement aussi… Son Oncle Arcturus et sa Tante Melania étaient souvent partis avec leurs enfants, eux. Lucretia lui avait raconté tant de choses sur Paris et Moscou ! Bien qu'elle en avait été effrayé à cause de ce qu'elle avait appelé les coudefeu Moldus, elle avait aimé voyager.
-Maman ! s'exclama-t-elle en apercevant le port d'Alexandrie. Maman regarde ! On voit la terre !
-Un peu de tenue Dorea, la rappela Cygnus.
-Oui, Père. Veuillez m'excuser Père, mais nous arrivons ! reprit-elle plus qu'enthousiaste.
Violetta sourit de bonheur en voyant celui de sa fille. Dorea ne parlait plus que de ce voyage depuis que Cygnus le lui avait annoncé. Sa fille avait trouvé un livre sur les pyramides dans la Bibliothèque, et l'avait dévoré le reste de la journée. Dorea avait résumé son ouvrage à Violetta, lui mentionnant des sorts pour se défendre de tous les pièges effrayants qui se trouvait dans ce pays. Ses yeux n'avaient cessé de briller tout au long de son discours.
Violetta s'approcha de sa fille, appuyée contre le bastingage.
-Alors, tu es contente? lui demanda-t-elle.
-Oh Maman, tu ne puis savoir à quel point ma joie est immense ! s'exclama la jeune femme.
Car oui, maintenant, Violetta se rendait compte que sa petite Dorea était devenue une jeune femme, une belle sorcière pleine de vie. Sa fille adorée reporta son regard sur l'horizon laissant Violetta tout à loisir pour détailler son profil.
Ce nez fin, un brin un peu long, ses boucles noires rebondissantes et bien souples, ses yeux gris anthracite et son teint de porcelaine. Sa taille était menue, au contraire d'elle-même et elle faisait bien une tête de plus que sa mère.
C'était une magnifique sorcière que lui avait offert Arcturus : un fruit d'amour ne pouvait qu'être beau.
-Maman, viens vite ! Je ne veux pas perdre une minute ! Tant de belles choses sont à découvrir !
-Doucement Dorea, la coupa Cygnus, il nous faut d'abord saluer mon ami, Djoser Dahak, et son fils Donkor. Ensuite, je suis persuadée que Donkor te fera visiter tout ce que tu désireras.
Dorea hocha vigoureusement la tête, sous l'oeil noir de sa mère.
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Les Dahak habitaient une superbe maison typiquement Egyptienne. Avec une terrasse sur le toit et des palmiers autour, Dorea croyait rêver. Mais il faisait si chaud ! Bien qu'elle se soit lancé un sortilège de rafraîchissement, ses boucles noires collaient à son front, et sa robe sombre attirait trop le soleil. Elle s'éventa à l'aide de sa main, puis la passa sur son front moite.
-Nous voici arrivés mes amis ! s'exclama Mr Dahak avec un grand sourire.
C'était un sorcier à la longue barbe blanche. Il devait avoir un peu près le même âge que Cygnus. Habillé d'un bleu azur, il portait un turban pourpre brodé de fils d'or. L'âge lui avait apporté un ventre proéminent et un dos voûté qu'il devait soutenir par une canne.
-Ah Djoser, que je suis heureux de te voir ! s'exclama Cygnus en tapant amicalement le dos de son ami.
-Pas autant que moi ! lui répliqua Djoser.
Il éclatèrent tous les deux de rire.
-Donkor ! appela Mr Dahak. Viens donc saluer Cygnus et sa famille !
Un jeune homme plus proche de la trentaine que de la vingtaine sortit à grandes enjambée de la maison. Contrairement à son père, lui portait du vert émeraude et un turban noir.
-Cygnus m'avait dit que votre fils avait la vingtaine, commenta Violetta, comprenant que Cygnus ne lui avait pas dit la vérité.
Djoser Dahak explosa de rire et tapa à son tour dans le dos de son ami.
-Donkor vient d'avoir 28 ans ! Cygnus à tendance à rajeunir les gens !
Puis il explosa une nouvelle fois de rire. Tout ce bruit donnait mal à la tête à Violetta, et en jetant un coup d'oeil à sa fille, la sorcière comprit que Dorea en avait assez aussi. Mais quels amis a donc Cygnus, pensa-t-elle sarcastique.
-Bonjourrr Mr Cygnus, dit sombrement Djoser. Mesdames, salua-t-il Violetta et Dorea d'un hochement de tête.
Il ajouta quelques mots en arabe à l'attention de son père qui hocha la tête avec une exclamation de joie.
-Nous venons de manger, joignez-vous à nous pour le thé !
-Ce délicieux thé que tu produis? Merlin, nous ne pouvons refuser !
Dorea soupira. Elle qui souhaitait découvrir les merveilles de cet antique pays, il lui faudrait attendre quelques heures encore.
-Donkor ! s'exclama Mr Dahak. Porte donc la malle de Miss Black !
Djoser fit en sourire en coin à Dorea en la lui prenant des mains. La jeune sorcière trouva cependant ce sourire plus sinistre qu'autre chose. Le temps qu'il fut devant elle, elle choisit qu'elle ne l'aimerait pas. Ses yeux trop sombres, cernés et trop enfoncé dans leurs orbites lui donnaient l'impression d'avoir affaire à un cadavre. Il mesurait, à quelques pouces près, la même taille qu'elle et avait un corps sec sans forme ni muscle. Or avec son amie Silvestra Selwyn, Dorea avait pris l'habitude d'observer sans gène les joueurs de Quidditch de sa maison. Lorsqu'elle en avait vaguement parler à sa mère, la pauvre Violetta en avait eu le souffle coupé tant elle était choquée des mots de sa fille. Son amie Sylvestra n'avait jamais remis les pieds à la maison. La Dorea de Poudlard, en avait fréquenté un dans le courant de sa cinquième année, pensa-t-elle avec un sourire en coin en suivant les Dahak. Puis un plis de frustration barra son front lorsqu'elle pensa aux derniers mots qu'il lui avait dit avant qu'elle ne lui envoie un sortilège de Chauve-souris. Il avait osait la traiter de petite fille capricieuse et hautaine, n'importe quoi !
Les sols des pièces de la maison était habillée de tapis plus somptueux les uns les autres. Afin de ne pas les abîmer ou les salir, les Dahak ôtaient toujours leurs sandales. Comme son père fit de même avec ses chaussures, sa mère et elle les imitèrent.
La jeune sorcière se retrouva donc en collants fins dans la bâtisse des amis de son père, de quoi la mettre horriblement mal à l'aise.
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Violetta haussa un sourcil sceptique. Se mettre pieds nus dans la pièce à vivre… hum… pourquoi pas. Mr Djoser Dahak s'assit sur le tapis.
-Viens à côté de moi, mon ami ! pria-t-il Cygnus en tapotant à sa droite. Et vous, Mrs Violetta, mettez vous de l'autre côté ! Mon épouse arrivera d'un instant à l'autre avec le thé. Donkor installe donc Miss Black !
-Père, soupira son fils semblant s'ennuyer mortellement, je vous avais prévenu que je ne pouvais rester…
-Ne me parles pas de cette pyramide dont tu as trouvé l'entrée la semaine dernière avec tes collègues… le coupa son père.
Donkor plissa les yeux puis ajouta quelques mots en arabe, visiblement contrarié.
-Hors de question ! s'énerva Mr Dahak.
-Je ne peux laisser mes collègues seuls ! Répliqua Donkor en anglais.
-Miss Dorea s'ennuiera si tu y va ! s'agaça-t-il, les yeux noirs.
-Je peux peut-être l'accompagner ? risqua Dorea, voulant à tout prix éviter une dispute, il y en avait déjà bien assez au 12, Square Grimmaurd.
-Dans une pyramide ? S'exclaffa le fils Dahak. Je veux bien croire Mr Cygnus que tu brilles en Arts Noirs, mais…
S'il y avait bien une chose qui pouvait contrarier fortement Dorea, c'était que l'on mette en doute ses talents de duelliste.
-Je te défie en duel ! s'exclama-t-elle hors d'elle. Si je gagne, je t'accompagne, si je perds, pars y sans moi.
Elle détourna la tête de façon hautaine, et renifla avec arrogance. Sale prétentieux ! Il en prendrait de la graine par l'explosive Alberta Toothill !
Donkor éclata de rire, attisant plus encore la colère de Dorea.
-Mon métier est de désensorceler, ou du moins, de rendre praticables les pyramides, briseur de sorts comme on dit chez vous. Jamais tu ne me battras.
Bien que sur de lui, il sortit sa baguette de la manche de son vêtement. Violetta regarda affolée sa fille se lever et sortir à son tour sa baguette. Les deux sorciers se placèrent au centre de la pièce dos à dos et commencèrent à s'éloigner l'un de l'autre. Violetta tourna les yeux vers Cygnus en attente d'une dissuasion de sa part mais il semblait plutôt attendre impatiemment la suite, les yeux brillants.
La mère de la duelliste retint une exclamation angoissée. Elle savait que sa fille était brillante mais tout de même… Elle avait peur pour elle. C'était normal, non ? Elle était sa mère.
Violetta porta toute son attention aux gestes de sa fille. Le visage impassible, le jeune sorcière salua son adversaire et leva sa baguette, plus rapide que l'éclair. Avant que Donkor, qui devait être sûr de sa victoire, n'ai pu ouvrir la bouche elle avait déjà lancé un simple sort de désarmement qu'il contra in extremis d'un sortilège Informulé. Il contre-attaqua tout de suite. Une lumière orange fila vers Dorea. Violetta porta ses mains à sa bouche alors que sa fille s'était juste décalée d'un pas de côté.
La duelliste fit un moulinet du poignet droit et un vent violent sortit de sa baguette, faisant perdre l'équilibre à l'Égyptien, surpris. Lequel fronça les sourcils en sa direction et se releva lentement puis défroissa sa tenue.
Donkor leva brutalement sa baguette et envoya un sort en arabe. Violetta n'en saisit pas le sens, elle distingua seulement une espèce de fumée noire. La fumée sortait de la baguette et se dirigeait droit vers le visage de Dorea. Sa fille ne sourcilla pas, elle fut même plus amusée qu'autre chose. Levant gracieusement sa baguette, elle ferma les yeux et inspira cette fumée qui paraissait extrêmement malfaisante à pleins poumons. Puis elle pointa sa bouche de sa baguette et souffla un grand coup.
Des flammes aussi violentes que celles d'un dragon sortirent de sa bouche et Donkor n'eut d'autres pensées que de se jeter à terre. Malheureusement pour lui, les flammes descendirent elles aussi vers le sol lui arrachant un cri de douleur. Les quatre parents crièrent à leur tour en voyant le martyr dont semblait souffrir Donkor.
Puis les flammes disparurent, aspirées par la baguette de Dorea, qui regardait le vaincu impérieusement.
-Brillant… souffla Cygnus.
Djoser attrapa son fils par l'épaule et le fixa dans les yeux. Toute trace de sourire ou de joie avait déserté son visage, et il le regardait plus avec mépris qu'avec pitié.
Donkor le fixa de la même manière puis se détacha brusquement de la prise de son père.
-J'emmène Miss Black à notre dernière pyramide trouvée. Voyez-vous une objection Mr Cygnus ? Demanda-t-il finalement.
-Aucune, souffla-t-il en fixant toujours sa fille avec admiration.
Violetta poussa un cri indigné, mais Dorea s'approcha d'elle et la prit rapidement dans ses bras avant de courir après Donkor qui venait de sortir.
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-Eh ! Mais attendez-moi Mr Dahak ! s'exclama Dorea en courant après le sorcier Egyptien, les lacets de ses bottines noires défaits.
Le sorcier s'arrêta sans se retourner. Elle put accourir à lui et se baisser pour nouer ses chaussures. A peine avait-elle fait la dernière boucle, qu'il repartait déjà sur le chemin de terre battue.
Dorea aurait aimé pouvoir discuter avec lui, mais après le duel qu'elle venait de remporter, elle pensait que c'était à lui d'entamer la conversation.
Le trajet jusqu'à la sortie du village se fit donc dans un silence glacial.
Enfin, après un point d'eau et de nombreux palmiers, il ne resta plus que du sable à perte de vue.
-Si nous marchions jusque là-bas, il nous faudrait au moins trois jours et trois nuits, dit-il enfin. Supportez-vous le transplanage d'escorte, Miss Black ?
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il n'y avait eu nulle trace de moquerie dans sa voix.
-Oui, sans problème, répondit-elle distinctement.
Elle lui tendit la main un grand sourire au visage provoqué par l'impatience.
Donkor Dahak regarda étrangement cette main, selon Dorea, et finit par lui saisir le poignet.
-Mais prenez ma main ! s'exclama-t-elle, ne voulant pas être désartibulée.
-Ce n'est pas décent ! répliqua Djoser Dahak en ouvrant de grands yeux.
-Enfin Mr Dahak, soupira Dorea. J'ai dix-huit ans et vous dix de plus ! Je ne suis pas une adolescente en chaleur !
Dorea se mordit les lèvres devant ce qu'elle venait de dire. Elle n'était pas avec Sylvestra à Poudlard, où toute bonne manière pouvait être oubliée. Sa mère avait raison sur ce point, il fallait vraiment qu'elle fasse plus attention à ce qu'elle disait lorsqu'elle était avec des gens qu'elle connaissait à peine.
-Veuillez m'excuser, bredouilla-t-elle.
Mais Donkor Dahak ne disait rien se contentant de la regarder étrangement. Il fit glisser sa main dans la sienne et sans la lâcher des yeux, transplana.
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Ce que Dorea vit en premier, ce fut le désert, à perte de vue. Elle ouvrit de grands yeux, pensant que Donkor Dahak s'était trompé, mais il était devant elle et ne l'avait toujours pas lâchée des yeux. Elle secoua sa main, qu'il tenait toujours. La lâchant comme s'il s'était brûlé, il se détourna d'elle et s'accroupit. Une bourrasque de vent souleva une vague de sable, laissant apparaître trois roches. Donkor, sans un mot pour elle, sortit sa baguette et marmonna quelque chose. La pierre du milieu s'enfonça, révélant un escalier qui s'enfonçait dans le sol. L'Égyptien posa le pied sur la première marche et se tourna enfin vers elle.
-Restez bien derrière moi. Nous avons briser les maléfices et malédictions brisables, mais il y en a qui se réactivent tous seuls.
-Bien Mr Dahak, répondit Dorea en hochant la tête.
Dorea s'enfonça à sa suite dans les ténèbres des pyramides.
A peine cinq marches furent-elle descendues, que la pierre se referma et que le noir complet envahit l'étroit escalier.
Dorea sortit sa baguette et invoqua un Lumos. Donkor le fit en même temps.
Il descendirent en silence deux autres marches jusqu'à ce que Donkor Dahak ne stoppe Dorea. Il s'agenouilla et tourna la tête vers la sorcière.
-Mes amis ont tenté de m'avoir. Voyez-vous ce hiéroglyphe gravé sur la pierre ? Si vous marchez dessus, la dalle tombera et jamais plus on ne vous verra. Regardez.
Il lança un puissant Aguamenti dessus, et la pierre se fissura avant de s'abîmer dans le néant. Il ne resta plus qu'un trou béant dans le sol.
Dorea hocha la tête, gentiment impressionnée qu'il prenne le temps de lui expliquer ces pièges. Surtout après sa défaite au duel qui ne lui avait apporté que la fureur de son père.
Donkor Dahak poursuivit sa route en sautant par dessus le trou.
Il marchèrent encore un peu jusqu'à ce qu'un bruit étrange ne parvienne aux oreilles de Dorea.
-Arrêtez ! dirent-ils en même temps.
Le sorcier esquissa un espèce de sourire en sa direction.
-Ce sont… commença-t-il.
-... des flèches, termina-t-elle.
Les sourcils de l'Égyptien se froncèrent et Dorea consentit à lui donner une explication.
-J'ai lu un livre avant de partir. Les flèches se déclenchent en un bruit d'une clé tournant dans une serrure.
-Vraiment ? Et comment les immobiliser ? demanda-t-il, toujours immobile.
-C'est un sort très complexe et minutieux qui, raté, en enverrait en continu. Il vaut mieux les laisser sortir et les arrêter d'un sort de destruction si l'on est pas sûr de le réussir. Mais comme vous êtes briseur de sorts…
Il hocha la tête, essayant de camoufler une certaine admiration.
Il agita sa baguette plusieurs fois, dans plusieurs sens en marmonnant et le même son de serrure retentit. La voie libre, ils s'engagèrent sur le restant des marches de l'escalier de pierre.
Lorsqu'ils posèrent enfin le pied sur un sol, un détail frappa Dorea.
-Je n'ai vu de pyramide en haut.
Donkor Dahak rit franchement.
-Vous en avez-mis du temps Miss Black !
Comme il ne répondait pas à sa question, Dorea insista.
-Où est-elle cette pyramide ?
-Il n'y a pas de pyramide, cassa-t-il en se retournant vers elle.
Ses yeux étaient noirs, et Dorea recula d'un pas.
-Ne soyez pas effrayée, je ne vous ferai pas de mal. Je dois retrouver des amis ici. Ils devraient arrivée d'ici un quart d'heure, continua-t-il en se détournant.
-Mais… bredouilla-t-elle.
-J'ai donné cette excuse à mon père pour ne pas qu'il me demande où j'allais, répondit-il avant qu'elle ne pose sa question. Il ne veut plus que je vois mes amis.
Dorea était effrayée. Trop de questions et d'inattendu se profilaient à l'horizon.
-Pourq… commença-t-elle.
-Il ne les trouve pas assez prestigieux. L'un d'eux vient de la famille Azus. Son père est de Sang-Mêlé.
Dorea ne retint pas une grimace de dégoût mais ne commenta pas.
-... qui a même été marié à une Moldue, morte à la naissance de sa grande sœur. C'est un expert en sortilège. Un autre est aussi riche que le Sahara en eau. Mon père abhorre le sien. Le dernier est une dernière. Personne ne sait d'où elle vient. On raconte que sa mère l'a eu hors mariage et qu'elle dût l'abandonner. Mais c'est aussi faux qu'un chameaux est un dromadaire. Elle a fini par découvrir que sa mère avait du l'abandonner parce que son père était violent et qu'il ne lui restait que quelques jours à vivre. Un silence pesant passa alors qu'il vérifiait une couloir exiguë.
-Comment s'appellent-ils ? demanda finalement Dorea.
Donkor Dahak plissa les yeux après avoir tourné la tête vers elle. Il la jaugea du regard.
-Ramsès Azus, Thabit Tabaizen et Linda Du Nil.
-Du Nil ? s'interrogea Dorea.
-C'est là que sa mère l'a laissée, c'est donc ainsi que nous l'appelons.
Dorea accepta l'idée tout en suivant le sorcier. Merlin, dans quoi s'était-elle fourrée ?
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Mrs Dahak n'avait aucune conversation et Violetta ne pouvait que penser à sa fille entre les mains de ce Donkor. Il est vrai qu'elle l'avait battu à plate couture, et qu'elle pourrait donc le refaire. Mais elle n'était pas rassurée pour autant.
-Cygus et moi nous rendons à une… réunion. Nous serons de retour dans la soirée pour le repas, s'exclama Mr Dahak en se levant.
-Fabuleux le thé Anippe, salua Cygnus en suivant son ami.
Violetta se tourna vers Mrs Dahak et soupira.
Qu'allaient-elles bien pouvoir faire?
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-Nous mettons ces pièges nous-mêmes, ce sont de petits test, de petits jeux entre nous, expliqua Donkor Dahak à Dorea. Ramsès est le plus doué, il trouve toujours de nouveaux sorts !
Il rit franchement. Son rire ne ressemblait en rien à celui de son père. Il était bien plus chaleureux.
Dans la petite pièce sombre où ils avaient fini, Donkor acceptait enfin de lui parler un peu. Il avait rapidement débarrassé la grande table poussiéreuse et allumé les torches accrochées aux murs.
-C'est fascinant tous ces pièges que vous savez faire en Egypte, souffla Dorea.
-Oh ne vous imaginez pas des choses, Miss Black ! Ce sont des enchantements antiques que nous avons installés ici. Tous les sorciers Egyptiens ne savent pas le faire.
-C'est tout de même impressionnant ! insista Dorea.
Il y eut un bruit d'éboulement, et trois sorciers sortirent du mur en face d'elle.
Le premier, petit et vêtu de rouge, tenait sa baguette devant lui diffusant une douce lumière. Il entra en ricanant et Donkor Dahak se précipita en lui faisant l'accolade. Puis entra une sorcière, qui était sans aucun doute Linda. Ses cheveux était coiffés en une longue tresse posée sur son épaule, et le violet qu'elle portait se mariait admirablement bien à sa peau mate et ses cheveux noirs. Elle salua son ami d'un signe de main en mâchant. Une espèce de bulle rose sortit de sa bouche avant qu'elle ne l'y remette la faisant exploser bruyamment.
Le dernier était bien trop grand pour le plafond bas de cette salle souterraine. Tout de blanc vêtu, ses yeux brillaient autant que les multiples bijoux en or qu'il portait dans cette semi-obscurité.
-Les amis, commença Donkor Dahak, voici Dorea Black, une… amie anglaise.
Dorea cligna les yeux, elle était seulement la fille d'un ami de son père ! Il lui fit un petit sourire qui lui en donna un aussi. Puis il se tourna vers elle et la désigna de sa main gauche.
-Miss Black, voici Linda Du Nil, en rouge c'est Thabit Tabaizen, et enfin en bleu le grand Ramsès Azus !
Le dit Ramsès ne l'avait pas quittée des yeux. Il détaillait chaque parcelle de son visage.
-Black… murmura-t-il finalement. Mon parrain porte ce nom.
-Vraiment? s'étonna joyeusement Dorea. C'est une belle coïncidence !
-Mes parents connaissent sûrement les vôtres alors ! Il faudrait…
Il réfléchit quelques instants.
-Il faudrait que vous veniez une soirée avec eux! C'est bientôt l'anniversaire de mariage des miens, ce sera une belle surprise !
Dorea acquiesça avec enthousiasme à cette proposition et le remercia vivement.
Le petit sorcier rouge traînait une grosse boîte en bois. Il la souleva difficilement puis la posa sur la table. Soufflant dessus pour enlever le sable et la poussière qui s'y étaient déposés, Thabit Tabaizen sortit sa baguette de sa manche.
-Regardez les amis ce que j'ai trouvé chez Iza et Noun ! C'est infesté de magie ancienne… personne n'a jamais pu l'ouvrir, elles me l'ont laissé pour une brindille de balais volant !
Les trois amis de Thabit Tabaizen se penchèrent sur la boîte, leurs baguettes allumées afin de déchiffrer chaque indice inscrit dessus.
Donkor se retourna rapidement vers elle et lui fit signe d'approcher. Elle se glissa timidement à côté de lui, et observa avec les autres, attendant la suite.
Il y avait des hiéroglyphes par dizaines, mais aussi des chiffres romains. La moitié de la boîte était encore peinte de couleurs chaudes.
Les lettres romaines représentaient non seulement des nombres mais aussi des mots.
-Pourquoi le latin et l'Égyptien ancien y sont mêlés? demanda finalement Linda.
Comme c'était la question que tous les sorciers se posaient, personne ne lui répondit.
-Tu l'as acheté chez Iza et Noun dis-tu Thabit ? demanda Donkor Dahak.
-Exact. C'est notamment ce mélange qui m'a intrigué.
-Et si c'était un trésor de famille. Tu sais, un objet de pharaon qu'on a voulu protéger ?
-Impossible, répliqua Ramsès Azus. Tous ces objets sont encore en possession de ma famille.
Dorea fronça les sourcils.
-De ta famille? osa-t-elle demander.
-Ma Grand-mère Paternelle est la dernière à porter le titre de Pharaon. Bien qu'il s'agisse surtout d'un titre honorifique à l'heure actuel. On a d'ailleurs jaser lorsqu'elle a épousé un Moldu ! s'amusa-t-il. Certains ont même voulu la priver de son titre. Abolissant ainsi la plus vielle tradition Egyptienne : ma famille dirige l'école de Sorcellerie Maghrébine !
Dorea hocha la tête admirative.
-Vous habitez à l'école donc ?
-Oh non Miss Black. Mes parents ne pourraient vivre avec ma Grand-mère, elle est trop… intransigeante je crois que l'on dit en anglais, avoua-t-il en riant.
Dorea répondit d'un sourire poli lorsque Linda s'exclama :
-Peut-être est-ce un sorcier d'origine latine par l'un de ses parents et égyptienne par l'autre justement !
Les yeux de la sorcière s'étaient illuminés de curiosité.
-Ce serait tout à fait possible ! Puis elle date du huitième siècle, d'après les différentes dates gravées, c'est à ce siècle que les populations magiques ont commençaient à se mélanger! confirma Thabit Tabaizen.
-Et il avait si peu confiance en l'une des deux nations sorcières qui ne purent jamais vraiment s'entendre, qu'il protégea son trésor des deux nations. Brillant Linda ! s'exclama Donkor Dahak. Retournons la pour voir le dessous !
Thabit Tabaizen empoigna presque religieusement la boîte et la retourna délicatement.
-Salazar ! s'exclama Dorea.
Les quatre sorciers levèrent chacun leur visage vers elle, et l'embarras la gagna rapidement, si bien qu'elle porta ses mains à sa bouche.
-Qu'est-ce, Salazar ? finit par demander Linda.
-C'est un grand sorcier britannique du Moyen-âge Linda, voyons ! s'exclama Ramsès Azus. Mais pourquoi nous parlez - vous de lui?
-C'est… c'est incroyable, murmura seulement Dorea en approchant sa propre baguette du socle de la boîte, sans tenir compte des autres sorciers.
On l'entendit marmonner quelques mots, puis elle releva la tête vers Donkor Dahak.
-C'est du gaélique ! Ma mère sait le parler un peu et elle m'en a appris quelques mots lorsque j'étais plus jeune ! J'ai appris le reste dans les livres ! C'est extraordinaire ! Cette boîte à peut-être fait le tour de l'Europe il y a des centaines d'années !
Linda contourna la table et se posta à côté d'elle en moins de deux secondes.
-Nous aurions mis tant de temps à la découvrir, parce que nous aurions réussi, cela ça de soit, ajouta-t-elle avec un clin d'œil. Alors que disent ces mots ?
-Il est écrit, reprit Dorea, "La où tu es, mon cœur sera. Maeva" Et la deuxième ligne : "Puisse l'avenir être bon avec l'étranger devenu druide." Ce sorcier s'est très certainement formé en Irlande auprès de la Reine Maeva ! Les dates concordent ! C'est incroyable !
Chacun s'émerveilla devant cette boîte en bois ancestrale. Que pouvait-elle bien contenir?
En regardant les côtés de la boîte, on put aisément se rendre compte de la présence de mots en celtes et même en runes, mais aussi en d'autres langues inconnues aux sorciers présents.
Linda Du Nil sortit un rouleau de parchemin et commença à écrire toutes les traductions qu'ils purent faire et les autres phrases qu'ils resteraient à traduire à l'aide de livres.
Il y avait tant de gravures que ceci leur prit toute l'après-midi. Mais comme le soleil ne passait pas dans ce souterrain, c'est une espèce de bracelet qui indiqua l'heure avancée à Linda.
-Ptolémée me tuera! s'exclama la sorcière Egyptienne.
-Linda, soupira Ramsès Azus, je t'ai demandé cent fois de n'a pas jurer avec le nom d'un de mes ancêtre.
-Désolé mon ami, mais les sept heures sont passées!
Donkor Dahak ouvrit de grands yeux et jura en arabe alors qu'il s'éloignait de la table.
-Votre père me tuera ! s'exclama-t-il à l'attention de Dorea.
-Ne vous inquiétez pas tant, dit-elle en riant. A nous deux, nous le mettrons hors combat !
Donkor fronça les sourcils.
-Lever sa baguette sur son père… murmura-t-il.
Dorea leva les yeux au plafond.
-C'était une plaisanterie. Même si nous en serions capable, finit-elle avec un clin d'oeil.
-Vous pourriez le mettre hors combat toute seule, marmonna-t-il.
Linda Du Nil rit de bon cœur.
-Toi, tu fais des compliments ?
-Elle m'a vaincu il y a quelques heures, avoua-t-il en haussant les épaules.
Ramsès Azus siffla d'étonnement.
-Voilà pourquoi tu as accepté de l'emmener ici… Je savais que nous le saurions avant de partir !
Thabit Tabaizen s'en mêla. Il dit à Dorea :
-"Pour gagner le respect de Donkor Dahak à vie, vainc le lors de votre premier duel." Je n'ai pas réussi malheureusement, mais allez savoir pourquoi, il m'a accepté ! conclut-il en riant.
-Enfin Thabit, nous étions ensemble à l'école, nous étions encore jeunes ! soupira Donkor Dahak, bien qu'amusé. Venez Miss Black, nous y allons, dit-il en lui faisant signe de le suivre.
-Miss Black ! s'exclama au dernier moment Ramsès Azus, je vous ferai parvenir une lettre avec l'adresse de mes parents. Venez y a l'heure indiquée avec les vôtres !
-Entendu Mr Azus !
Et elle s'engouffra à la suite de Donkor Dahak.
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Quelques jours plus tard,
La fin de leur vacances en Egypte approchait à grands pas. Donkor Dahak lui avait montré des merveilles sorcières et Dorea avait bon espoir de pouvoir un jour le considérer comme un bon ami.
Son père semblait content, sa mère beaucoup moins. Dorea ne comprenait pas pourquoi.
Tout ceci lui était égal à cette heure-ci : elle venait de recevoir la lettre de Ramsès Azus.
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Violetta sentait la colère augmenter au fur et à mesure du séjour. Heureusement qu'il s'agissait du dernier jour, elle n'en aurait pas tenu un de plus !
Sa fille arriva pour le petit déjeuné, un sourire éblouissant aux lèvres. Violetta plissa les yeux, que cela signifiait-il?
-Dorea? demanda-t-elle suspicieusement. Que me caches-tu ?
-Une surprise Maman ! J'ai peut-être trouvé des connaissances à toi et Père pas loin d'ici! Nous sommes invités pour le thé cette après-midi !
Violetta haussa un sourcil sceptique. Elle ne connaissait personne en Egypte. Et elle doutait d'apprécier les amis de son conjoint. Mais sa fille semblait si heureuse de cette trouvaille qu'elle ne put la contredire.
-As-tu averti ton père ? demanda-t-elle à la place.
-J'y vais de ce pas !
Mais quelle après-midi passerait-elle donc…
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Quelques heures plus tard, Dorea, accompagnée de sa famille et de Donkor, remontait les rues d'Alexandrie. Enfin, ils passèrent côté sorcier grâce à une petite statue activée par Donkor Dahak.
Dans le Quartier Pyramidal, on se serait cru à cette époque antique où la romanisation n'était pas encore achevée. Il y avait de tout ! Des maison égyptienne comme des Domus et des Insulae romaines.
Les échoppes diverses et variées vendaient des fleurs à des sarcophages de style antique. Ce n'était rien comparé à tous les bijoux, bracelets et colliers d'or, boucles d'oreilles serties de turquoise et de cornaline orange qui y étaient par centaines.
-Nous pourrions penser être en Egypte antique, n'est-ce pas? souffla Donkor Dahak à Dorea. Il y a plusieurs types de familles ici. Il y a celles qui ont gardé cette mode égyptienne, jusque dans leurs maisons, puis il y a celles qui ont quelque peu abandonné ces traditions. Ramsès s'habille chaque jour ainsi, vous avez du le voir Miss Black, alors que mon père ne le fait que les week-end et pendant les grandes occasions. C'est dommage je trouve. C'est notre identité, il doit l'oublier.
-Vous ne le faites pas non plus, commenta la jeune sorcière.
-Mon père n'y verrait qu'un signe de provocation, répliqua-t-il en s'éloignant d'elle.
Ils continuèrent leur chemin à travers la foule pour enfin arriver dans une allée moins fréquentée.
-Faites lire l'adresse à vos parents, ils pourront voir la maison après.
Dorea tendit la lettre à ses parents, alors que Donkor Dahak poursuivait :
-La mère de Ramsès est assez spéciale. Elle est adorable mais… enfin, vous verrez, conclut-il en s'éloignant.
-Vous ne restez pas? s'étonna Dorea en sonnant la cloche.
-Ce n'est pas moi que Ramsès a invité, se contenta de répondre Donkor Dahak.
-Mais…
Dorea fut coupée par la porte qui venait de s'ouvrir en grand sur Ramsès Azus.
-Bien le bonjour ! s'exclama-t-il avec un grand sourire.
Sa robe de sorcier blanche et ses nombreux bijoux lui donnait un air de Pharaon antique authentique.
-Donkor ! s'exclama-t-il en voyant son ami. Tu es venu accompagner ton amie et ses parents ! C'est parfait, tu restes n'est-ce pas ?
Donkor Dahak s'apprêtait à contredire son ami, mais celui-ci ne lui en laissa pas le temps.
-Ce n'est pas une question mon ami !
Une sorcière, un peu plus jeune que Ramsès arriva derrière lui.
-Ramsès, mais fais les donc entrer! soupira-t-elle en levant les yeux au ciel.
Elle ouvrit plus largement la porte et les salua d'un hochement de tête.
-Je suis Cléopâtre Azus, sa petite sœur.
Donkor entra, suivit de Dorea et ses parents.
Une jeune femme de l'âge de Dorea descendaient quatre à quatre les escaliers lorsque Cléopâtre les mena dans la pièce principale après qu'ils eurent ôter leurs chaussures. Tradition sorcière Egyptienne sans doute.
-Bérénice je t'en pris ne cours pas dans les escaliers ! Si Mère et Père te voyaient ! s'exclama Cléopâtre.
-Ma sœur Cléopâtre, je suis ravie de te voir, répliqua-t-elle en lui tirant la langue.
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Violetta ne put étouffer une exclamation offusquée qui attira l'attention de la jeune Bérénice. La jeune sorcière rougit jusqu'aux oreilles et marmonna quelques excuses.
-Veuillez m'excuser… je suis Bérénice Azus. Asseyez-vous, je m'en vais quérir le thé, bredouilla-t-elle.
Et elle fila rapidement vers une ouverture dans le mur du fond.
Cléopatre s'assit en tailleur sur le tapis du sol, imitée par Ramsès puis Violetta et sa famille. La sorcière regardait partout autour d'elle. Les murs étaient peint de fresques aux personnages égyptiens et les quelques meubles qui se trouvaient là étaient satinés sans doute par le soleil qui entrait de chaque petite ouverture sur l'extérieur.
-Vous habitez à Londres n'est-ce pas ? demanda poliment Cléopatre.
-Tout à fait, répondit Cygnus d'une voix grave.
Violetta le trouvait fébrile, et étrangement calme à la fois. Il ne cessait de jeter des coups d'œil à la porte d'entrée tout en restant si maître de lui que cela en devenait suspect.
-A Londres même, dans la maison familiale, compléta-t-il.
-Voilà une peu mince affaire alors, souffla Ramsès Azus. Je ne me verrai pas habiter avec ma Grand-mère.
-Ma mère est morte, il y a près de sept années maintenant, avoua-t-il un sourire triste au visage, qu'il ne gardait que pour les apparences.
-Oh nous ne le savions pas, s'excusa Cléopâtre.
-Vous ne le pouviez. Dorea m'a dit que vous connaissiez un sorcier portant le nom de Black ? dit finalement Cygnus.
-Tout à fait ! s'exclama joyeusement Ramsès, ses bracelets en or cliquetant entre eux. C'est mon parrain, un très cher ami à ma mère depuis de nombreuses années !
-Et comment s'appelle votre mère? demanda Violetta, un peu curieuse.
-Elle s'appelle…
Il fut coupé par la porte d'entrée qui s'ouvrait à la volée sous des éclats de rire.
-Oh ce doit être elle! reprit Cléopâtre en bondissant sur ses pieds.
Un grand sorcier aux cheveux aussi sombres que ceux de la jeune fille et ressemblant trait pour trait à Ramsès passa le seuil de la porte. Ses traits aristocratiques étaient complétés par un sourire éclatant et ses yeux sombres n'inspiraient que confiance, bien qu'il fut âgé d'au moins soixante-dix ans.
Il aperçut Cygnus qui s'était levé, et interrogea Ramsès du regard. Le garçon, qui ne pouvait être que son fils, lui répondit quelques mots en arabe, alors qu'une sorcière légèrement plus jeune que lui entrait un grand sourire aux lèvres.
Le temps parut se suspendre pour quiconque se trouva dans cette pièce à cet instant.
Les traits bien que marqués mais encore vifs de la vieille sorcière se figèrent et lentement son sourire s'affaissa pour ne former plus qu'une expression de terreur. Elle recula précipitamment, se retrouvant acculée contre la porte qu'elle venait de claquer derrière elle. Sa respiration se faisait lourde, et alors qu'on aurait pu penser qu'elle s'évanouissait, une flamme de rage s'alluma dans ses prunelles pâles. Aussi rapidement qu'on eu pu le remarquer, elle dégaina sa baguette et la pointa sur Cygnus Black, qui se contentait de la regarder, un sourire méprisant au visage.
D'une voix tremblante mais forte, elle s'adressa à lui, sans tenir compte des tremblements de ses mains. Sa baguette vibrait au bout, et de petites étincelles en sortaient déjà :
-Qu'est-ce que tu fais ici ?
-Tiffany ! Je te retrouve enfin !
Violetta sentit une chape de plomb tomber dans son estomac.
-Bérénice, murmura Tiffany, emmène Dorea dehors.
Violetta vit sa fille froncer les sourcils. Comment cette femme pouvait-elle connaître son prénom ? devait-elle se demander. Mais tout se mettait en place dans le cerveau de Violetta, beaucoup trop rapidement et simplement à son goût par ailleurs.
-Sors Dorea, se contenta de répéter Violetta. Miss Cléopâtre, accompagnez les. S'il vous plaît, ajouta-t-elle alors que l'égyptienne était sur le point de répliquer.
Dorea haussa les épaules et suivit les deux jeunes filles à l'extérieur de la maison.
Un silence tendu prit place alors que le vieil homme avait rejoint Tiffany, sa baguette brandie devant lui. Violetta sembla vouloir se fondre dans le mur, et Ramsès Azus ne savait plus où de mettre.
-Cygnus Black, finit par cracher Tiffany.
-Tiffany Travers, souffla Cygnus, enfouissant ses mains dans les poches de sa robe.
Il la contemplait avec des yeux à la fois avides, et dégoûtés. Cela semblait plus fort que lui, il ne pouvait choisir l'émotion à exprimer.
-Veuillez sortir de chez moi, Mr Black, souffla glacial Mr Azus.
-Laissez moi parler à mon ancienne… amie, finit Cygnus avec un sourire en coin quant au mot employé.
Tiffany poussa un cri d'horreur et lança un maléfice, mais Cygnus, plus rapide que l'éclair, dégaina sa baguette et bloqua le sortilège sans un mot. Son visage n'était plus si doux, mais il n'était pas figé par la colère non plus. Les yeux plissés, on aurait dit qu'il cherchait d'où venait cette nouvelle personnalité à la jeune femme qui l'avait quitté.
-Je veux que tu sortes de chez moi, Black ! cria-t-elle.
Violetta sursauta à l'entente de cette voix pleine de mépris. Elle avait un moment oublié combien son mari était méprisable.
-Tu ne peux pas me demander ça Tiffany, son prénom dit avec une fascination malsaine. Je cherche à te voir depuis tant d'années ! J'ai parcouru toute l'Égypte pour te retrouver ! Jamais je n'ai pu entrer où tu vivais. Et aujourd'hui, alors que mon rêve se réalise grâce à ma Dorea, tu voudrais que je te quitte ? Non, non, non… cela ne se peut ! Cette petite nous a réuni ! C'est un véritable don de la Magie ! Son prénom ne lui a jamais si bien sied qu'aujourd'hui !
Tiffany cria de nouveau. Mais ce n'était plus un cri d'horreur. Elle avait marmonner de l'Égyptien antique. Les pierres se délogèrent du mur du fond, tombant en morceaux sur le sol couvert de tapis, dévoilant des momies enrubannées.
-Un mot de plus Black, et je lance ces momies sur toi ! s'écria Tiffany.
Le visage strié de larmes, elle avait la respiration lourde.
-Ce ne sont que des Inferii, Tiffany. Je sais combattre bien pire, lâcha Cygnus si simplement en levant les yeux au ciel, qu'un sourire amusé se dessina sur ses lèvres.
-Mère, commença Ramsès, que se passe-t-il?
-Il se passe, mon fils que… commença Mr Azus.
-Messieurs, laissez moi régler mon affaire, les interrompit Cygnus, une moue contrariée passant sur son visage.
Violetta, les yeux hagards, regardait tour à tour les sorciers qui parlaient. Elle ne savait absolument pas comment finirait cette journée.
-Ne coupe pas la parole à mon mari, Black ! s'écria Tiffany. Si tu ne sors pas de chez moi, tous tes maléfices noirs n'y feront rien contre les malédictions antiques qui me chatouillent la langue.
-Tiffany… soupira dramatiquement Cygnus. Cesse donc de crier ! Nos retrouvailles ne doivent point nous laisser de tels souvenirs !
Quelque chose sembla se briser à l'intérieur de Tiffany. Ses yeux pâles devinrent aussi sombre que la nuit, ses mains arrêtèrent de trembler d'un seul coup. Elle inspira une grande bouffée d'air et déclama d'une voix ténébreuse :
-Par ta mort… toute la douleur... que tu as donné... te sera rendue…
Une fumée grisâtre sortit de sa bouche et fut inspirée par la peau de Cygnus. Lequel fronça les sourcils, puis un sourire en coin arqua ses lèvres fines.
-Très peu de personnes si braves que toi savent réaliser de telles malédictions, Tiffany. Je t'en conjure, profite donc du mo…
-Tu es maudit Black, et cette malédiction, si tu n'y crois pas dès à présent, te poursuivra toi et les tiens, le coupa hargneusement Mr Azus.
-Qu'est-ce que tu raconte Ramsès ? souffla Tiffany horrifiée.
-Sa femme et ses enfants, peut-être même ses petits enfants sont maintenant maudits. C'est le risque de ces malédictions antiques, on ne sait jamais tout à fait leur portée.
"Maintenant Mr Black, sortez de mon pays, et que jamais plus vos pieds ne foulent la terre de mes ancêtres. Une venue en Egypte vous mènerait directement pour un camp de travail en pleins milieux du Sahara pour le reste de votre misérable existence.
-Père ! s'exclama Ramsès, scandalisé. Quels propos tenez-vous donc !
-Ce genre d'homme ne mérite pas d'être un sorcier, cracha le vieux Azus.
-Mais enfin qu'a-t-il donc bien pu faire?...
-Il… commença Tiffany en criant. Il... il m'a… il m'a souillée... termina-t-elle dans un souffle.
Ramsès Azus recula d'un pas, sous le choc. La bouche ouverte, il ne semblait pas assimiler ce qu'il venait d'entendre.
Tiffany se précipita vers lui et posa ses mains sur ses joues, tenant le visage de son fils en coupe.
-Mais toi Ramsès Sésénébibi tu es né ! Sésénébibi : celui qui a rendu mon cœur sain ! Tu m'as guérie ! continua-t-elle presque hystérique. Tu m'as soignée, as annihilé tout souvenir de ces affreuses actions ! De cet affreux… a… a… ab… abus !
Ramsès n'avait pas retenu plus longtemps ses larmes, et s'empressa d'enlacer sa mère, les yeux dans le vague.
Violetta sortit de son effarement, et se dirigea vers la porte d'entrée.
-Que fais-tu, Violetta ? siffla Cygnus.
-Je rentre faire ma malle pour quitter ces terres égyptiennes, souffla-t-elle simplement.
-C'est cela, oui, va t'en loin d'ici !
-Non Cygnus. Tu n'as pas compris, poursuivit-elle.
Elle puisa tout le courage qu'elle avait pour finir sa phrase.
-Tu viens avec moi dire au revoir aux Dahak.
Cygnus leva sa baguette en sifflant et fendit l'air avec. Un flash rouge fila jusque Violetta. La sorcière le vit lui ouvrir la joue, mais au dernier moment, on para le maléfice, seule une goutte de sang perla sur sa pommette. Clignant des yeux, elle vit la baguette de Tiffany levée devant elle. Des larmes dévalèrent les joues de la plus jeune des deux sorcière.
-Je suis désolée, chuchota Violetta. Elle se détourna de ce regard perçant qui savait reconnaître l'horreur cachée sous des couches d'apparences. Attrapant le poignet de Cygnus, Violetta transplana chez les Dahak, sans tenir compte de Donkor Dahak qui venait d'assister à la scène.
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-Je ne comprends toujours pas pourquoi nous partons ce soir au lieu de demain soir Maman ! s'exclama une nouvelle fois Dorea.
-Ne pose pas de question Dorea, trancha Violetta Black.
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-Au revoir, salua Donkor Dahak.
Dorea lui rendit son salut. Elle était sur le point de se détourner, lorsque Donkor Dahak posa sa main sur son épaule. Peu habituée à ce qu'il se permette de la toucher, Dorea se figea. Il la regardait avec un regard triste. Il semblait vouloir dire quelque chose mais les mots ne pouvaient comme pas franchir sa bouche.
-Dans d'autres circonstances... commença-t-il avant d'être coupé par la voix de Mrs Violetta Black.
-Dorea le bateau va partir !
-J'arrive Maman ! répliqua la jeune sorcière.
-Écrivez moi, chuchota Donkor à toute vitesse.
Dorea cligna des paupières avant de lever les yeux au ciel.
-Bien sûr Mr Dahak...
-Donkor, mon prénom est Donkor, Dorea, souffla-t-il.
Il se pencha pour poser ses lèvres sur sa joue si brièvement que Dorea cru avoir rêvé. Il s'éloignait déjà d'elle en lui faisant un signe de main pour lui dire au revoir. Elle se retourna pour embarquer sur le bateau et le temps qu'elle se retourne, Donkor avait disparu.
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Un avis ? ^^
