X-Factor
Note de l'auteur : Bon, le temps est venu pour moi de vous faire part du problème principal de cette série d'OS, j'ai nommé : la chronologie. En bref, j'ai commencé à écrire les OS complètement dans le désordre, en faisant intervenir des personnages de tous les films et de toutes les époques, mais j'ai vite réalisé que ça risquait d'être un peu brouillon. Ça n'aurait pas été génial niveau cohérence donc il a fallu que je les organise.
Parmi mes plus gros faux-raccords, il y avait Charles et Erik. C'est un couple que je shipe À MORT, mais en même temps, j'avais écrit des OS dans lesquels ils étaient ensemble et d'autres dans lesquels Erik n'était pas là, comme dans les premiers films où il fait ses actions commando avec sa bande de méchants. Du coup, il fallait bien que j'explique pourquoi parfois il était là et pourquoi parfois il était absent. À contre coeur, j'ai donc dû écrire la séparation de deux personnages que j'adore, ce qui était horriblement difficile, ce qui a fait que j'ai repoussé ça jusqu'au dernier moment. Conclusion : j'ai mis le point final à ce chapitre hier. Tranquille. XD
Remerciements : Merci à fidjet et à Gentiane94, qui ont gentiment accepté de me relire même si cet OS n'était vraiment pas très gai, et qui m'ont permis d'en faire quelque chose de plus cohérent. Merci et coeur sur vous.
Sur ce, je vous souhaite malgré tout une bonne lecture ! ^^
Chapitre 11 : Raisons et sentiments
Habituellement, lorsque Charles recevait un futur élève, il était toujours fasciné d'en apprendre plus sur ses capacités et il n'avait qu'une seule hâte, pouvoir explorer plus en profondeur les possibilités offertes par sa mutation. Habituellement, il pouvait parler pendant des heures d'un entretien qui souvent n'avait duré que quelques minutes, que ce soit à Raven, à Hank, ou même à Erik qui généralement ne finissait par écouter que d'une oreille. Habituellement, il prévoyait déjà tout ce qu'il allait être possible de faire une fois que le jeune mutant serait à l'Institut alors même que celui-ci venait à peine de se présenter.
Mais ce jour là, pour la première fois de sa vie, Charles trouva qu'une mutation tombait mal. Il aurait voulu plus que tout repousser son rendez-vous de l'après-midi, mais la famille qui l'avait pris était venue de l'autre côté des États-Unis pour le voir et il se voyait mal leur fermer la porte au nez. Il tenta de faire bonne figure face à Lucy Hall, jeune mutante de dix ans, et à ses parents, mais il dut se forcer plusieurs fois à prendre de grandes inspirations pour cacher son état de détresse.
Vaine tentative face à une enfant qui était capable de lire dans les cœurs comme dans un livre ouvert et de percevoir les émotions et les sentiments les plus profonds de ceux qui l'entouraient. Quand Lucy s'était levée pour lui prendre la main en lui disant droit dans les yeux que ce n'était pas grave et qu'elle était sûre que tout irait bientôt mieux, Charles ne parvint pas à se contenir davantage et il éclata en sanglots.
Cela faisait plusieurs semaines que la situation était compliquée au manoir Xavier. Près de deux mois plus tôt, un mutant au pouvoir de destruction presque sans limite avait décidé subitement de s'en prendre au reste du monde, humains et mutants confondus. Il ne se rattachait à aucune communauté, n'avait émis aucune revendication et semblait simplement prendre plaisir à semer le chaos partout où il passait. Dépassé par les évènements, le gouvernement américain avait tout tenté pour mettre fin à la progression du mutant, mais celui-ci s'avéra extrêmement difficile à attraper. Heureusement, grâce à l'intervention de Charles qui parvint à le localiser avec Cerebro et qui envoya aussitôt les X-Men sur place, il finit par être appréhendé relativement rapidement. Mais à quel prix.
Des centaines de morts, des quartiers presque entièrement rayés de la carte. En quelques jours, un seul homme avait réussi à déconstruire le rêve d'entente entre mutants et humains que beaucoup désiraient. Après ce désastre, les plus radicaux des anti-mutants ne tardèrent pas à monter au créneau et à demander que des mesures d'encadrement beaucoup plus strictes soient appliquées à la communauté mutante. De plus, l'assassinat récent du président Kennedy, dans des circonstances extrêmement troublantes, n'avait fait qu'apporter de l'eau au moulin de ceux qui auraient souhaité plus que tout voir les mutants disparaître. Les semaines qui suivirent furent très difficiles, on assista à des phénomènes d'exclusion violents, on effectua perquisition sur perquisition chez tous ceux qui étaient soupçonnés d'être un mutant ou d'en abriter un.
Impuissant, Charles avait tenté de prendre contact avec les membres du gouvernement, avait multiplié les apparitions publiques pour pour prouver qu'il était tout à fait possible de vivre en bonne intelligence les uns avec les autres, mais rien n'y fit. Irrémédiablement, certains mutants voulurent se venger des injures faites à leurs camarades et à la répression s'ajoutèrent les ripostes. Un cercle vicieux s'était engagé et désormais, il semblait utopique de vouloir l'arrêter. Tout au plus pouvaient-ils espérer le ralentir en limitant les affrontements, mais même cela semblait difficile. Les agissements d'un seul fou avaient donné des idées et du courage à des dizaines d'autres qui hésiteraient désormais moins à suivre son exemple.
Les choses auraient pu en rester là au manoir, car Charles avait depuis longtemps usé de son influence télépathique pour que les environs ne questionnent pas trop l'existence de cette étrange école privée, de sorte que celle-ci et ses habitants ne craignaient a priori pas grand chose du monde extérieur. Mais c'était sans compter un de ses résidents les plus éminents. Erik.
Charles avait senti arriver le moment où son amant lui dirait qu'il avait eu raison, que les humains n'étaient pas près à faire la part des choses, qu'ils n'accepteraient jamais totalement les mutants, qu'ils ne s'arrêteraient devant rien pour les exterminer. Mais ce discours n'était pas venu tout de suite. Erik s'était contenté d'aider à arrêter le mutant fou, puis il avait offert son aide pour les reconstructions, manipuler le métal pouvant s'avérer bien utile dans ces circonstances. Quand les mesures de répression avaient commencé, il avait tout fait pour éviter le sujet et avait continué à enseigner aux élèves du manoir sans rien changer à ses habitudes. Charles avait presque fini par croire qu'Erik avait abandonné une partie des idées qui avaient été les siennes, qu'il resterait avec lui, à l'Institut, que le temps de la rage et de la vengeance était terminé. Mais il avait eu tort.
Et la veille de son rendez-vous avec la famille Hall, alors qu'Erik s'était fait relativement discret toute la journée, le télépathe avait retrouvé son amant dans leur chambre, deux valises près du lit. Avec une forme de résignation incrédule, il avait balayé du regard la table de chevet qui se trouvait du côté droit du lit, qui avait toujours été impeccablement rangée mais qui désormais n'arborait qu'une lampe. La penderie, dont les portes étaient encore ouvertes, abritait trop de cintres vides, et la bibliothèque qui se trouvait à côté de la fenêtre présentait des trous douteux dans ses rayonnages. Erik, stoïque, n'avait rien dit, laissant Charles réaliser de lui-même quelle était sa décision. Celui-ci avait de nouveau porté le regard sur son amant et sur les bagages qu'il avait à ses pieds.
« Deux valises, souffla le télépathe en tentant de lutter contre la boule qui s'était installée dans sa gorge. Tu as passé dix ans ici et tu n'emportes que deux valises.
- J'ai toujours voyagé léger, l'héritage de mes années de traque sans doute, répondit Erik avec précaution.
- Et tu allais partir comme ça ? s'emporta le télépathe. Du jour au lendemain ? Comme un voleur dans ta propre maison ? Est-ce que tu compte faire comme la dernière fois et en entraîner d'autres dans ton sillage ? demanda-t-il avec amertume.
- Je ferai une annonce ce soir au dîner, expliqua calmement l'autre. Je partirai demain matin avec ceux qui voudront me suivre.
- Il n'en est pas question ! tonna Charles en serrant les poings. Je ne te laisserai pas entraîner des enfants dans ton sillage destructeur ! Pas cette fois, conclut-il faiblement après un petit silence.
- Ce n'est pas à toi d'en décider, rétorqua Magneto en croisant les bras. Si Mystique ou n'importe quel autre veut venir avec moi tu ne peux pas les en empêcher. Ils ont le droit de savoir ce qui se passe, ils ont le droit de se battre pour que nous puissions sortir au grand jour, comme les êtres supérieurs que nous sommes. »
Charles ne répondit rien mais fixa son amant avec un regard où se bousculaient des émotions contradictoires. Il secoua lentement la tête avec un air désabusé avant de faire quelques pas nerveux dans la pièce en se passant une main dans les cheveux.
« Tu devais bien te douter que ça arriverait Charles, reprit Erik en se rapprochant de lui. Je t'avais dit que les humains finiraient par prendre des mesures contre nous et qu'il nous faudrait prendre les armes pour nous défendre, je ne peux pas rester ici sans rien faire.
- Sans rien faire ? répéta le télépathe avec un rire sans joie. Ça ne te suffit pas d'enseigner et de servir de modèle à des enfants qui prendront demain notre place dans la lutte pour l'égalité ? Ça ne te suffit pas d'intervenir en sauveur quand tu en as la possibilité, avec une équipe qui te respecte autant qu'elle t'admire ? Que vas-tu accomplir au dehors qui ne conforte pas les humains dans leur crainte et leur haine des mutants ?
- Nous avons déjà eu cette discussion il y a longtemps et mon avis n'a pas changé depuis, gronda l'autre en fronçant les sourcils. En ce moment même, nous sommes à l'aube d'une guerre qui nous prendra par surprise et nous sera peut-être fatale si nous ne prenons pas les devants. Tu as bien vu ce qu'il s'est passé ces dernières semaines, ajouta-t-il avec un ample mouvement du bras, le seul moyen d'y mettre un terme est de montrer à ceux qui nous attaquent que nous sommes plus forts qu'eux et qu'ils feraient mieux de ne pas nous menacer.
- Oh mon ami, souffla Charles avec un sourire triste, c'est là que tu as tort. »
Erik se raidit instinctivement au surnom qu'il n'avait pas entendu être prononcé sur ce ton depuis des années. Il y eut un moment de silence puis le télépathe reprit, désabusé :
« Comment ai-je pu être aussi naïf... Tu m'avais prévenu que ça finirait comme ça et pourtant regarde-moi, dit-il en écartant les bras dans un geste fatidique. Je suis censé incarner la force et la stabilité pour des centaines de gens alors que je ne me suis jamais senti aussi impuissant. Je donnerais n'importe quoi pour que tu ne repartes pas dans une base à l'autre bout du pays. Je donnerais n'importe quoi pour que tu restes avec moi, finit-il la voix étranglée.
- Charles, commença Erik la gorge nouée, tout ça ne change rien, nos opinions ont toujours différé mais ça fait partie de ce que nous sommes, ça n'influe en rien sur les sentiments que nous nous portons...
- Et pourtant tu pars ! cria Charles comme à bout de forces. Tu pars et tu m'abandonnes, une deuxième fois ! Et tu ne laisses rien derrière toi, demain il n'y aura aucune trace des dix ans qui viennent de s'écouler, ce sera comme après Cuba, en pire sans doute.
- Je ne peux pas rester ici, tenta de se justifier le manipulateur de métal. Si je le faisais je mettrais en danger tout ce que tu as passé tant de temps à construire, tout ce que nous avons mis tant de temps à construire.
- Épargne-moi tes prétextes s'il te plaît, murmura le télépathe. C'est l'occasion que tu attendais depuis des années et ça ne sert à rien de prétendre le contraire.
- Ne te fais pas plus obtus que tu ne l'es ! s'emporta Erik pour la première fois depuis le début de leur échange. Ce n'est pas parce que je n'ai pas envie de transformer l'Institut en base militaire que je pars de gaieté de cœur ! Je ne me suis jamais autant senti chez moi qu'ici et tu le sais très bien.
- Alors pourquoi ne restes-tu pas ? plaida Charles qui en temps normal aurait déjà reconnu que la cause était perdue. Le manoir sert déjà de quartier général aux X-Men, pourquoi ne pourrait-il pas te servir à toi ?
- Parce que je ne compte pas mener uniquement des opérations de sauvetage, répondit le manipulateur de métal avec un sourire sombre. Tu n'approuveras pas mon plan d'action et je ne te demande pas de le faire. Je comprends et je respecte ta vision des choses, et toi la mienne, mais elles sont trop opposées pour que nous puissions travailler efficacement de concert. C'est la seule chose qui me retient de te demander de partir avec moi comme il y a dix ans, ça et la certitude que tu ne seras jamais aussi utile que dans cette école. Mais je ne cesserai jamais de te vouloir à mes côtés, quand bien même nous ne ferions que nous battre. »
Et ça avait été tout. Le télépathe n'avait pas su quoi répondre et il avait détourné la tête en essayant de ne pas penser à ce qu'il considérait comme un immense gâchis. Le dîner s'était déroulé dans une atmosphère tendue, les élèves s'observant à la dérobée pour tenter de savoir ceux qui ne seraient plus là le lendemain. Charles et Erik ne passèrent pas la soirée dans la salle commune, comme c'était leur habitude, mais remontèrent directement dans leur chambre, pour profiter le plus longtemps possible de la présence de l'autre.
Furent échangés morsures, coups et mots de rancœur, mais surtout baisers, promesses, mots d'amour et de tendresse, qui ne s'éteignirent que tard dans la nuit. Et alors que l'aube commençait à poindre, Charles s'était surpris à penser qu'il serait tellement simple de modifier ne serait-ce qu'un détail dans la tête de l'homme qui dormait encore à ses côtés. Un seul détail et il resterait avec lui pour toujours, sans même savoir qu'il avait eu à un moment l'envie absurde de le quitter. Mais le télépathe s'était mordu les lèvres jusqu'au sang d'avoir pensé à cette idée et quelques heures plus tard, il avait regardé son amant partir, arborant le casque honni qui avait auparavant été conservé comme une relique.
Et maintenant, il pleurait toutes les larmes de son corps dans les bras d'une petite fille de dix ans qui lui passait une main dans les cheveux en lui disant que tout s'arrangerait, comme tout s'arrange toujours.
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Lucy avait toujours été très douée pour percevoir ce que ressentaient les autres. Tristesse, joie, peur, honte, amour, tendresse, elle percevait tout ce qui relevait du domaine de l'émotionnel et on pouvait difficilement lui cacher quoi que ce soit. Fille unique, elle avait grandi dans une maison où elle était adorée et où tout était fait pour qu'elle soit la plus heureuse possible. Si bien qu'à l'âge de dix ans, elle n'avait eu de contact avec le malheur que très rarement et jamais bien longtemps. Aussi, lorsqu'elle se retrouva face au professeur Xavier, elle ne sut pas trop quoi dire. Il exsudait une tristesse profonde par tous les pores de sa peau, une tristesse qu'elle n'avait jamais rencontrée, pas même chez ses parents quand ils se disputaient ou chez son meilleur ami quand il avait une mauvaise note en récitation.
L'homme tentait de faire bonne figure et ses parents ne semblaient pas voir qu'il allait mal, mais elle pouvait sentir clairement qu'il se retenait de trembler et de pleurer et qu'il se forçait à respirer profondément. Au bout d'un moment, sentant qu'elle allait elle-même fondre en larmes si ça continuait comme ça, Lucy se leva et, l'interrompant au milieu d'une phrase, lui prit gentiment la main pour lui dire que ce n'était pas grave et que tout irait bientôt mieux. C'était toujours ce que faisait sa maman quand elle était tombée ou qu'elle avait eu une mauvaise note et Lucy était toujours moins triste après. Mais contrairement à ce à quoi elle s'attendait, le professeur ne lui fit pas un sourire pour la remercier mais éclata en sanglots incontrôlables. Elle interrogea ses parents du regard mais ceux-ci ne savaient pas plus qu'elle quoi faire. Ils finirent par se lever pour aller chercher un autre habitant du manoir qui saurait leur expliquer la situation, et l'enfant resta seule dans le bureau avec l'homme le plus triste qu'elle avait jamais rencontré.
Lentement, elle se mit à côté du professeur et lui passa timidement une main dans les cheveux, comme faisait son père pour la rassurer quand elle avait fait un cauchemar. Et elle répéta doucement que tout allait s'arranger, parce qu'elle savait que tout s'arrangeait toujours et que la tristesse ne durait jamais bien longtemps. En tout cas, c'était toujours ce qu'on lui avait dit et jusqu'à présent on ne lui avait jamais prouvé le contraire.
Quelques instants plus tard, le grand homme couvert de fourrure bleue entra dans le bureau avec ses parents et il s'approcha du professeur avec qui il échangea quelques mots à voix basse. Retournant auprès de sa mère Lucy écouta distraitement ce qui se disait par la suite. Apparemment quelqu'un que monsieur Xavier aimait beaucoup était parti dans la matinée et il ne savait pas quand il le reverrait et c'était pour ça qu'il était triste. Elle trouva que ça correspondait bien aux vagues d'amour et de chagrin qu'elle percevait de lui alors elle ne chercha pas à en comprendre davantage, scrutant du regard ses parents pour savoir quelle serait leur décision la concernant. Malgré le rendez-vous plus qu'étrange qui avait été le leur, les Hall décidèrent finalement que l'Institut conviendrait tout de même parfaitement à leur fille et ils l'inscrivirent dans l'établissement.
Ainsi commença la scolarité de la jeune Lucy Hall au manoir Xavier. En raison de son attitude lors du rendez-vous et de la similitude de leurs mutations, Charles s'attacha très rapidement à l'enfant, avec qui il passait beaucoup de temps pour l'aider à contrôler ses capacités. Au fil des années, elle apprit ainsi à percevoir plus finement les différentes émotions qui émanaient des gens qui l'entouraient. Et il apparut de surcroît qu'elle était bien plus à même à comprendre leur personnalité que le télépathe. En effet, si une personne pouvait se protéger de la télépathie en s'entraînant, en vidant son esprit ou même en possédant un objet qui pouvait en annuler les effets, il était virtuellement impossible de dissimuler son état affectif à Lucy.
Ceci était dû au fait que contrairement à une idée répandue, les émotions n'étaient pas pure fiction du cerveau. Car si celles-ci étaient effectivement raffinées au niveau intellectuel, elles étaient avant tout des emballements du cœur, dont l'origine ne pouvait être clairement définie mais qui produisaient des sécrétions discrètes voire des phéromones que Lucy était capable de lire. Ainsi, tout comme la lumière était à la fois onde et corpuscule, les émotions étaient à la fois pensées et particules et il était très difficile de se prémunir des deux à la fois, ce qui garantissait à la mutante de pouvoir déchiffrer les sentiments de son interlocuteur de manière infaillible.
Par ailleurs, désormais adolescente et dotée du surnom d'Aesto, verbe latin signifiant le bouillonnement des passions, Lucy réalisa qu'elle pouvait non seulement lire les émotions mais également les écrire. Si elle se concentrait suffisamment, elle arrivait ainsi à transmettre ce qu'elle ressentait de manière un peu amoindrie. Si elle était folle de joie, tous ceux qui l'entouraient se retrouvaient inexplicablement euphoriques et à l'inverse, si elle était triste ou en colère, une vague de morosité ou une tension diffuse semblaient prendre place alentour. Mais cela arrivait rarement et la plupart du temps, c'était sa bonne humeur et son optimisme à toute épreuve qui la caractérisaient et qui donnaient envie de passer du temps avec elle. Ou qui donnaient envie à ses camarades de se confier à elle quand elle avait comprit que quelque chose n'allait pas.
Et si au cours de sa scolarité, le professeur Xavier connut des périodes d'amertume et d'accablement, il ne retomba jamais dans l'état qui avait été le sien à son arrivée à l'école. Si Lucy devait avancer une hypothèse, elle aurait suggéré que c'était sans doute dû aux visites régulières, quoique discrètes, d'une personne qu'elle n'avait vue que quelques fois et dont la présence tournait presque exclusivement autour du télépathe. L'homme en question était formé d'un étrange mélange de colère et de tendresse, d'amour et de rage mêlés d'une pointe de passion qu'elle n'avait à dix ans pas su définir, mais qui la firent bientôt rougir de gêne. En tout cas, le Professeur semblait bien plus heureux et plus serein après ces visites et au fond, c'était tout ce qui comptait pour elle.
Et voilà ! Merci d'avoir lu, j'espère que cette fin un peu optimiste vous aura plu. ^^ Et pour tous ceux qui déploreraient le départ d'Erik, sachez qu'il reviendra vers la fin, mais je ne vous en dis pas plus. ;-)
N'hésitez pas à laisser un petit message et à demain !
