Bonjour à tous chers lecteurs et lectrices, juste un petit mot en passant avant d'aller jouer les piliers de bar, euh qu'est-ce que je dis, avant d'aller passer une petite journée au soleil en terrasse à boire du cafe latte, mmh^^

Merci beaucoup pour vos reviews, surtout toi Tema24 (fatiguée ?) et promis Namionepiece je vais essayer d'arrêter de me plaindre de mes chapitres (remarquez j'ai encore plus galéré à refaire mon profil qu'à écrire ce chapitre, c'est grave).

Concernant l'histoire, ça y est, on est au dernier chapitre (en trois parties) donc samedi prochain ce sera la fin de cette fic ! Pourvu que ça ne vous déçoive pas… pardon pardon j'arrête, pensée positive, pensée positive. Mais il est long cet avant-propos en fait !

Allez Bonne lecture (et ne m'engueulez pas trop fort svp) !

Ps : vous noterez l'incroyable originalité de ce titre de chapitre^^

Chapitre 7 : La fin (partie 1)

Les rayons du soleil qui passaient par la fenêtre tombèrent sur la jeune femme endormie. Elle se tourna pour leur échapper et roula sur le côté. Sortant lentement du sommeil, elle entrouvrit légèrement les yeux et soupira. Si elle pouvait rester toute la journée dans son lit, tout serait tellement plus simple.

Les derniers évènements lui revinrent en mémoire et achevèrent de la réveiller complètement. Repassant sur le dos, elle regarda le plafond. Cette fille savait, c'était sûr maintenant. Elle ne savait pas comment c'était possible, mais ça n'avait pas d'importance. Ca ne changeait rien. Elle entendit la porte de sa chambre s'entrouvrir et quelqu'un avança lentement jusqu'à son lit. Elle soupira à nouveau, sachant ce qui allait suivre.

- Sarahina, dit Léo d'une voix essoufflée, en se penchant vers elle. Tu ne te lèves pas ?

La jeune femme s'étira longuement en sortant de la maison, et elle dut mettre une main devant ses yeux pour se protéger du soleil radieux. Elle avait pris le temps de s'habiller d'une robe en peau et avait attaché ses cheveux châtains. Elle était très différente des autres femmes de son peuple, sa peau et ses cheveux clairs contrastaient avec la peau foncée et les cheveux bruns des autres. Mais c'était surtout son caractère qui la mettait à part. Alors que les autres femmes se satisfaisaient d'être les femmes et les mères des hommes de ce peuple, ça n'était pas son cas. Rester au village à préparer le repas, à coudre, à faire toutes ces tâches nécessaires mais ennuyeuses, très peu pour elle.

Sarahina avait toujours voulu être un guerrier. Elle s'était entraînée, avait appris le maniement et la fabrication des armes, en secret, et elle était devenue forte et redoutable. Elle se savait d'ailleurs capable de rivaliser avec certains hommes de sa tribu. Quand ils étaient enfants Teiki et elle étaient inséparables et il lui avait appris à se battre. A cette époque, il se fichait bien qu'elle soit une fille ou un garçon. Ca avait changé depuis quelques années et maintenant il voulait l'obliger à respecter sa place de femme, comme les autres hommes. Mais elle était plus têtue qu'eux, prête à affronter leurs punitions quand elle désobéissait.

Devenir un guerrier pour se battre contre les pirates voilà ce qu'elle avait toujours voulu. Les pirates… Elle les détestait, elle les haïssait même. Ils étaient un véritable fléau. Elle secoua la tête en traversant le village, tentant d'ignorer la petite voix en elle qui lui disait que certains méritaient de vivre.

- Sarahina.

La jeune femme s'arrêta en faisant la grimace et se retourna lentement. Son grand-père s'avançait en boitillant vers elle. Elle le regarda alors qu'il se dépêchait de la rejoindre. Les cernes sous ses yeux étaient profondes et noires, son teint était très pâle et il était très maigre, il n'avait plus que la peau sur les os. Il respirait bruyamment, avec un long sifflement qui montrait quel effort c'était pour lui.

Léo était malade, très malade même, et depuis longtemps. Il était aux portes de la mort. Mais le regard que sa petite-fille posait sur lui n'était pas attristé ou compatissant, mais dur et blasé. Elle le voyait mourir, tous les soirs, depuis tellement longtemps. Depuis quand d'ailleurs ? Elle ne savait même plus.

- Tu sais ce qui se passe ? demanda-t-il d'une voix sifflante.

Evidemment qu'elle savait. Elle avait envie de hurler.

- Les pirates qui sont arrivés hier soir, ils sont toujours là. Ils vont sûrement débarquer. Teiki et les autres guerriers se préparent, ils vont aller à leur rencontre et les envoyer en Enfer.

Pas cette fois, pensa-t-elle en serrant les poings. Voyant qu'elle ne réagissait pas, Léo commença à s'inquiéter.

- Ca va ma chérie ? Tu te sens bien ?

- Mais oui, évidemment, répondit-elle d'un ton sec.

- Ah… Euh, ne les suis pas cette fois, d'accord ? Tu sais que Teiki ne supporte pas quand tu fais ça. Ou alors, ajouta-t-il avec un sourire, ne te fais pas repérer.

D'habitude cette phrase lui arrachait un sourire. Elle se précipitait à la suite des guerriers dans la forêt, sans qu'ils la repèrent, elle savait se rendre presqu'invisible dans les bois. Mais aujourd'hui, le programme allait changer.

Marchant rapidement dans la forêt qu'elle connaissait par cœur, Sarahina laissait libre cours à ses pensées et, surtout, à ses souvenirs. Elle se rappelait parfaitement comment tout ça avait commencé, son dernier jour de bonheur et de liberté.

Elle traversait le village, tenant un panier rempli de fruits à bout de bras, répondant aux salutations de tous avec le sourire et un regard pétillant de vie et de malice. Elle vivait avec cette tribu depuis quinze ans, et elle n'avait gardé aucun souvenir de sa vie d'avant. Et d'ailleurs, ça ne lui avait pas vraiment manqué, elle ne s'était jamais posé beaucoup de questions. Elle était arrivée sur cette île avec son grand-père à deux ans et les gens les avaient recueillis, sauvés, soignés. Pour elle, ils étaient son peuple, sa famille, elle n'avait pas besoin d'autre chose pour être heureuse.

Ce jour là elle cherchait son grand-père qui semblait avoir disparu du village, personne ne l'avait vu de la journée. C'était inquiétant. Elle avait remarqué depuis quelques temps qu'il se fatiguait plus vite, qu'il devenait faible et qu'il avait du mal à respirer. Et cette maigreur, ces cernes inquiétants sous ses yeux jadis rieurs et maintenant complètement éteints. Tout le monde sentait qu'il était malade, mais elle ne voyait rien, ou plutôt elle ne voulait rien voir. Elle l'avait toujours connu, c'était son grand-père, le seul lien qui lui restait avec cette histoire qu'elle ignorait.

Finalement, en désespoir de cause, elle avait décidé de revenir chez eux et de l'y attendre. Mais alors qu'elle s'apprêtait à pousser la porte, elle avait entendu des voix venant de l'intérieur de la maison. Elle avait reconnu immédiatement celle, essoufflée, de son grand-père, et l'autre… C'était Havai'i, la guérisseuse de leur tribu. En temps normal, elle serait entrée en riant et se serait jetée au cou de la vieille femme qu'elle aimait tellement. Mais quelque chose dans le ton de leurs voix l'en empêcha. Et Havai'i lâcha le mot… « Mourir ».

- Est-ce que tu es sûre ? demanda Léo avant d'être pris d'une quinte de toux.

- Les esprits sont formels, ils ne mentent jamais. C'est ce soir que tu vas mourir.

- Si tôt, gémit le vieil homme en se prenant la tête dans les mains. N'y a-t-il rien que tu puisses faire ?

- J'ai déjà fait tout ce que j'ai pu, répliqua Havai'i d'un ton dur, et bien plus que ce que j'aurais dû. J'ai prolongé ta vie mais c'était une erreur, chaque être qui naît dans ce monde doit mourir un jour, rien ne sert de lutter, c'est le cycle de la vie que chacun doit respecter, et toi aussi. Si je l'ai fait, ajouta-t-elle d'un air accusateur, c'est parce que tu avais besoin de temps pour parler à Sarahina. L'as-tu fait ?

Léo ne répondit pas tout de suite et la jeune femme, toujours à l'écoute, fronça les sourcils.

- Je-J'ai essayé Havai'i je te le jure, mais je n'ai pas pu. Elle les hait tellement…

- C'est normal, elle sait qu'ils sont responsables de la mort de ses parents.

- Mais alors, que va-t-elle penser de moi ? Pour elle je suis un homme bien, que va-t-elle penser quand elle saura que je ne vaux pas mieux que ces brutes qu'elle déteste ?

- Tu aurais dû y penser plu tôt et tout lui avouer depuis bien longtemps, répliqua sèchement la vieille femme.

- On ne peut pas dire que tu sois d'un grand réconfort, fit aigrement remarquer Léo.

- Il est trop tard pour ça, moi je pense à Sarahina. Elle l'apprendra tôt ou tard, reprit-elle d'un ton un peu radouci. Tu ne crois pas que c'est à toi de lui dire tout ça ? Tu veux qu'elle ait l'impression de te perdre deux fois ? Une à ta mort, et l'autre quand elle apprendra que tu n'es pas son grand-père ?

La jeune femme fit un pas en arrière, horrifiée par ce qu'elle venait d'entendre. Elle était si troublée qu'elle ne sentit pas la présence de Teiki dans son dos et elle sursauta quand il posa une main sur son épaule.

- C'est mal d'écouter aux portes, commença-t-il d'une voix dure avant de voir l'expression de son amie. Sarahina ? demanda-t-il, inquiet. Ca ne va pas ?

La jeune femme ne répondit pas mais repoussa sa main et s'éloigna en courant, les larmes coulant sur ses joues.

Sarahina sortit de la forêt et arriva au pied du volcan. Elle soupira. Ca faisait longtemps qu'elle n'était plus revenue ici. Au début, les premières journées, elle y avait passé beaucoup de temps, essayant en vain d'inverser le processus. Sans succès évidemment. Ensuite elle avait abandonné, apprenant à se satisfaire de la situation. Si on pouvait être satisfait de vivre toujours les mêmes choses, de revoir toujours les mêmes gens, de refaire toujours les mêmes choses…

Elle avait d'abord refusé cette situation, refusé d'y croire. Mais elle s'était rapidement rendue à l'évidence. Après, elle avait tenté de résoudre cette situation, mais en vain. Alors, finalement, elle avait accepté… Il n'y avait rien à faire. Elle avait apprivoisé ce quotidien insupportable, cette routine, cette répétition.

Elle avait au début décidé d'en profiter pour faire tout ce qu'elle s'était toujours interdit, allant de plus en plus loin. Elle avait même tenté de mourir. Mais ça aussi ça lui était interdit. Elle n'avait plus aucune liberté, elle était prisonnière de ce phénomène qu'elle avait elle-même créé. Et finalement, même braver les interdits était devenu lassant.

Elle avait alors connu une phase de profonde dépression, restant couchée dans son lit, laissant les minutes et les heures passer. Tout le monde s'inquiétait quand elle faisait ça, et elle ne pouvait pas leur expliquer. Et surtout elle ne le voulait pas. Quelqu'un aurait peut-être trouvé une solution…

Elle pénétra dans la caverne et commença à traverser le volcan jusqu'à la grande salle où était entreposé le trésor. Son trésor. Ses poings se serrèrent comme toujours quand elle y repensait.

- Viens Sarahina, dit Léo en lui tendant la main.

- Qu'est-ce qu'on fait là ?

- Tu vas voir.

Levant la torche qu'il tenait à la main, Léo s'en servit pour en allumer une autre qui éclaira un peu la caverne dans laquelle il l'avait emmenée. Il fit le tour de la salle et alluma d'autres torches, permettant à Sarahina de voir où elle était.

Elle eut le souffle coupé. La caverne était petite et s'ouvrait à flanc de montagne. Elle s'approcha de l'ouverture pratiquée dans la paroi et jeta un œil, voyant que la caverne s'ouvrait sur la forêt. Mais ça n'était pas ça qui l'avait surprise. Au milieu de la pièce il y avait un tas d'or et de pierres précieuses comme elle n'en avait jamais vu. Elle approcha et s'agenouilla devant, prenant une poignée de pièces et les laissant couler entre ses doigts.

- Tu ne demandes pas ce que c'est que tout ça ? demanda Léo, nerveux.

- On dirait un trésor de pirate, répondit la jeune femme.

- Oh… Euh… Oui, je pense qu'on peut dire ça…

Le vieil homme avait enfin pris sa décision. L'annonce de sa mort imminente ne lui laissait plus le choix, il devait avouer la vérité à Sarahina et c'est pour cette raison qu'il l'avait emmenée ici. Mais maintenant il avait peur, il cherchait ses mots et l'attitude franchement hostile de sa petite-fille ne l'aidait pas.

Celle-ci s'était relevée et se dirigeait vers un coffre, mis délibérément à l'écart du trésor. Elle le prit et l'ouvrit, découvrant une étrange pierre blanche, banale, pas très belle.

- Qu'est-ce que c'est que ce truc ? demanda-t-elle à Léo.

- Ah ça… C'est l'un des plus grands trésors du monde, répondit-il alors qu'elle sortait la pierre du coffre. Mais c'est surtout un objet maudit.

- Ca ?

- Oui, cet objet a un grand pouvoir d'après ce qu'on dit, le gouvernement paierait très cher pour l'avoir. On dit qu'il exauce les souhaits.

- Je ne vois pas en quoi c'est une malédiction, au contraire, fit remarquer Sarahina.

- Et bien il semblerait que les personnes qui la possèdent connaissent un destin tragique. Je ne peux pas t'en dire plus, des scientifiques ont été chargés de l'étudier mais…

- Eux aussi ont connu un destin tragique ?

Léo grimaça et soupira en se passant une main sur le visage. Il se sentait fatigué, non, exténué. Il s'assit sur un rocher et lui lança un regard malheureux.

- Les deux scientifiques qui étudiaient cette pierre le faisaient pour le compte du gouvernement. Ils étaient chargés de la ramener à Marie-Joa quand leur navire a été attaqué par des pirates. Les soldats les ont défendus mais ils n'étaient pas assez forts.

Sarahina s'était relevée et le regard qu'elle posait sur lui était dur. Mais maintenant qu'il était lancé, le vieil homme ne pouvait plus s'arrêter de parler.

- Les soldats ont été massacrés par les pirates, et le couple de scientifiques a été amené sur le pont pour expliquer au capitaine comment utiliser la pierre. Mais ils ont refusé de parler et le capitaine les a… exécutés. Le couple avait une petite fille… L'un des pirates qui avaient participé à l'attaque l'a vue mais elle l'a regardée avec ses grands yeux pleins de larmes et il a senti quelque chose fondre en lui… Alors il l'a cachée. Les pirates ont mis la pierre dans un coffre et lui ont demandé de le mettre avec leur trésor. Mais le pirate avait d'autres projets. Il a emmené la fillette avec lui et l'a mise avec le coffre et un sac rempli d'or et de pierres précieuses dans une barque. Et il a laissé un cadeau d'adieu à ses anciens compagnons. Ils se sont éloignés alors que le navire pirate explosait. Mais il n'avait pas prévu qu'ils allaient dériver dans le Triangle Florian. Ils ont failli mourir de faim et de soif jusqu'à ce que…

- Jusqu'à ce qu'ils atterrissent sur une île perdue, presqu'introuvable, sur laquelle ils ont été accueillis. Le vieil homme a raconté qu'il était le grand-père de la fillette et qu'ils avaient été attaqués par des pirates. Il a caché son trésor dans une caverne et il a prétendu détester les pirates à partir de ce jour, continua Sarahina en serrant les poings.

- Quelque chose comme ça. Quand as-tu compris ?

La jeune femme lui lança un regard méprisant et chargé de colère avant de lui tourner le dos. Elle serrait tellement les poings qu'elle se blessa avec la pierre qu'elle tenait toujours et son sang commença à recouvrir l'étrange objet.

- Je t'ai entendu parler avec Havai'i ce matin.

- Oh… Alors tu sais que je suis…

Il fut interrompu par une violente quinte de toux qui le plia en deux. Quand il se releva, un filet de sang coulait sur son menton et sa respiration était sifflante et laborieuse.

- Que tu es malade ? dit Sarahina avec un regard dénué de toute compassion.

- Que je vais mourir, la corrigea le vieil homme avant de s'interrompre quelques instants. Tu m'en veux beaucoup ? demanda-t-il finalement.

- De quoi ? D'être responsable de la mort de mes parents, de m'avoir menti toute ma vie comme tu as menti à Havai'i et aux autres ? De m'avoir caché que tu étais malade ? De m'avoir caché que tu n'étais qu'un vulgaire pirate ?

Son ton montait de plus en plus et elle se retrouva à hurler sur son grand-père qui était de plus en plus pâle.

- Evidemment que je t'en veux, cracha-t-elle, prête à frapper le vieil homme mais se retenant à grand-peine. Qu'est-ce que ça te ferait si toute ta vie n'était qu'un vaste mensonge ?

- Ma chérie…

- Ne m'appelle pas comme ça, gronda-t-elle.

- Sarahina, je t'en prie… Ne dis pas ça. Je t'ai aimé comme si tu étais vraiment ma petite-fille, et si je ne t'ai rien dit, c'est parce que j'avais peur. Tu semblais tellement heureuse, je ne voulais pas tout gâcher.

- C'est réussi.

- Est-ce que tu pourras me pardonner ?

La jeune femme le regarda. Il avait l'air tellement triste et pathétique, c'en était déchirant. Mais la colère qu'elle ressentait était telle qu'elle refusait de lui accorder le pardon.

Sarahina entra dans la caverne et prit la pierre dans la main. Elle l'avait sortie de son coffre et le plaçait désormais sur un trépied, près de l'ouverture à flanc de montagne. Elle ne savait pas pourquoi elle faisait ça, mais elle avait l'impression que cette pierre, qui était à la fois un cadeau du ciel et la pire des malédictions, méritait un traitement particulier.

Après les révélations de son grand-père les choses étaient allées très vite. Ils s'étaient disputés, violemment. Elle voulait lui faire payer ses révélations et ses mensonges, et surtout elle regrettait amèrement qu'il lui ait parlé, lui enlevant ses certitudes, son innocence. Elle avait hurlé sur lui, lui disant des choses terribles, qu'elle ne l'aimait plus, qu'elle le haïssait même et qu'elle regrettait amèrement d'avoir un jour croisé sa route, elle aurait préféré qu'il meure comme devaient mourir tous les pirates de son espèce.

Il avait tout encaissé sans broncher de plus en plus pâle et essoufflé, une main posée sur sa poitrine. Et alors qu'elle lui hurlait dessus, soudainement, sa main s'était crispée et son visage avait perdu le peu de couleurs qui lui restaient. Il avait tenté de se lever sans succès et il était retombé lourdement sur le sol, secoué de spasmes douloureux. Sarahina avait vu avec horreur le vieil homme chercher son souffle, pleurer de douleur en se tenant la poitrine. Elle était restée debout à le regarder se tordre de douleur, l'écoutant l'appeler en pleurant…

Elle était comme figée, elle le regardait mourir sans pouvoir rien faire ou dire, partagée entre l'envie de le prendre dans ses bras et de le rassurer, et celle de l'insulter et de le laisser mourir seul. Finalement, alors qu'il semblait sur le point de rendre son dernier souffle, elle s'était précipitée vers lui et s'était agenouillée. Se rendant compte qu'elle tenait toujours cette pierre dans la main, elle l'avait lancée, toujours couverte de son sang, et elle avait pris Léo par les épaules en sanglotant.

- Grand-père ! criait-elle en le secouant sans ménagement. Ne meurs pas ! Tu n'as pas le droit de mourir maintenant, c'est trop facile ! Tu ne t'en tireras pas comme ça ! Tu vas vivre et je vais te faire payer tout ça !

Mais il était trop tard, il était déjà mort. Et c'était à ce moment que la pierre avait commencé à briller, doucement d'abord puis de plus en plus fort. Un éclair lumineux l'avait éblouie et quand elle avait rouvert les yeux elle était dans son lit et la journée avait recommencée.

Sarahina soupira et s'assit sur un rocher, se préparant à une longue attente. Elle savait que Nami allait venir. Cette pirate était la première à comprendre ce qui se passait, même si elle ne savait pas pourquoi. Mais après ce qui s'était passé la veille, elle était sûre qu'elle viendrait. Alors elle allait l'attendre de pied ferme.