Salut tout le monde !
Me revoilà avec un dixième chapitre qui, j'espère, vous plaira !
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Pour répondre à Catherine Broke, Noah est en sixième année, comme eux tous, elle est Gryffondor et partage donc une partie des cours de Remus, Sirius, James, Peter et Lily.
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Je tiens aussi à prévenir que ce chapitre recèle une part de violence. Il y en a un qui n'est pas content et il va le montrer...
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Je vous remercie encore de me lire et de me laisser des reviews, c'est vraiment très gentil et ça donne envie de continuer à écrire. ^^
Merci donc à : mel3003, lumibd, xxShimyxx, Iliria, Catherine Broke, un lecteur impacient et Ellea Rose Midnight.
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Bonne lecture et laissez-moi vos impressions !
Chapitre X
Sirius
Ce matin-là – le samedi du match de Quidditch Gryffondor-Serpentard – tandis que les autres descendaient à la Grande Salle, Lily et moi petit-déjeunèrent à l'infirmerie avec Remus, qui se reposait. Par solidarité envers lui par rapport à ce que Sirius lui avait fait subir nous refusâmes d'aller voir le match.
Lily argua qu'elle n'était pas fan de Quidditch et que "devoir supporter la vue de Potter cherchant encore à attirer l'attention" lui déplaisait fortement – "ça me donne envie de vomir" furent ses paroles exactes – et moi, je n'eus pas besoin de parler pour qu'il comprenne que je ne bougerais pas d'un poil.
Quant à Noah, n'étant pas impliquée, nous ne lui avions rien expliqué et elle partit pour le stade sans comprendre pourquoi nous ne venions pas mais sans pour autant poser de question. Je la soupçonnais de ne pas nous interroger pour ne pas avoir à l'être, elle nous cachait quelque chose, je le savais, mais au final, je ne me voyais pas mener une investigation sur son compte. James et Sirius s'en chargeraient sans doute bien assez tôt.
Remus dormait quand une Noah et un James dégoulinants entrèrent dans l'infirmerie. Manifestement, il avait plu.
-Il va bien ? demanda James avant même que la porte sois refermée alors que Noah s'approchait avec une mine inquiète.
-Ça pourrait aller mieux, soupirai-je.
Il était midi et des plats apparurent sur la table en face du lit de Remus.
-Patmol ? appela James, qui venait de tourner le regard vers la porte, cherchant manifestement quelque chose… ou quelqu'un. Patmol ! Sirius ! Sirius Black ! Viens-là !
Il fronça les sourcils, manifestement prit d'une intense colère.
-SIRIUS BLACK ! VIENS ICI TOUT DE SUITE OU JE TE TRAÎNE PAR LA PEAU DES BURNES ! s'égosilla t-il en se dirigeant à grands pas rageurs vers la porte, effrayant Noah qui ne comprenait pas.
Il ouvrit la porte à la volée et attrapa l'imbécile par le col de sa cape.
-Viens… ici… grogna t-il en l'entraînant de force vers nous. Tu me saoules à la fin ! T'es lourd Si…
Ce dernier lui enfonça son poing dans les côtes et reparti en grommelant.
James se releva, une main sur sa peau endolorie et envoya un regard plus noir que les abysses à son compagnon qui ouvrait déjà la porte de l'infirmerie. Sans crier gare, il courut vers lui, le plaqua au sol comme un rugbyman, ils se battirent un long moment en se traitant de tous les noms et puis, chacun ressortant plus amoché que l'autre, James attrapa Sirius par les cheveux et le traîna à moitié vers nous.
-Même s'il faut que je te traine dans toute la forêt interdite par ta sale tignasse, je te jure que tu vas faire ce que je te dis ! ragea t-il.
Il balança Sirius contre le lit de Remus et s'accroupi, baguette à la main.
-Maintenant, tu t'agenouilles correctement et tu lui demandes pardon.
Sirius renifla bruyamment et tourna la tête vers le mur, dédaigneux.
James lui attrapa les cheveux et lui frappa le front contre la ferraille du lit assez fort pour lui faire voir des étoiles et réitéra son ordre.
-Excuses-toi !
-Non.
Il le frappa de nouveau contre le lit, lui ouvrant l'arcade.
(-C'est toujours comme ça ? me demanda Noah, effrayée tandis que je niais d'un hochement de tête.
-C'est particulier, lui soufflai-je.)
-Excuses-toi !
-Non.
-EXCUSES-TOI ! hurla t-il en lui envoyant un coup de pied dans le ventre. TU ME SAOULES, SIRIUS ! SI T'ETAIS PAS AUSSI CON ET SI TU TRAINAIS PAS TA CONNERIE COMME UN ETENDARD ÇA NE SERAIT JAMAIS ARRIVE ! ASSUMES, MERDE ! C'EST TOI QUI AS TOUT FAIT FOIRER, ALORS PRENDS TES RESPONSABILITES AU LIEU DE T'EN PRENDRE A REMUS ! JE TE SIGNALE QUE CE QUI S'EST PASSE ENTRE EUX, C'EST PRIVE ! ET SI TU TE TRAINAIS PAS COMME UN PUTAIN DE MOLLUSQUE TETRAPLEGIQUE, RIEN NE SERAIT ARRIVE ! ALORS TU T'EXCUSES TOUT DE SUITE OU JE TE JURE QUE TU VAS REGRETTER D'ETRE NE !
Il lui attrapa de nouveau les cheveux et allait recommencer à lui frapper la tête contre les barreaux du lit quand Sirius marmonna quelque chose d'inintelligible.
-Quoi ? grogna James en lui tirant la tête en arrière.
-Pardon, souffla Sirius.
-Plus fort.
-Pardon.
-Plus fort !
-Pardon ! Pardon, je m'excuse ! C'est bon là ? s'écria Sirius.
-Non, souffla Remus, qu'on croyait tous endormi.
Il se releva dans son lit, attrapa Sirius par le col et lui envoya un coup de poing qui le fit voler à travers la pièce.
-Là, c'est bon, marmonna Remus. Mais, si tu t'es excusé auprès de moi, il me semble qu'il manque une partie de ton repentir.
Sirius cracha du sang, Remus se leva, vacilla l'espace d'une seconde et s'avança d'un pas sûr vers le rejeton Black.
-Sirius ? l'appela t-il doucement.
Ce dernier releva la tête. Et le poing de Remus le cueillit au creux du ventre, le faisant voler vers le plafond.
-Ça c'était pour Lee, gronda Remus.
Je me rendis compte qu'il avait les yeux entièrement dorés et me précipitai vers lui. Le loup avait prit le dessus.
-Remus ! l'appelai-je en lui attrapant le bras.
Il baissa son regard d'or sur moi et j'y plantai le mien.
-Remus ! C'est moi, Lee !
Il grogna en détournant le regard.
-Remus ! Non, regardes-moi ! C'est moi, c'est Lee ! Je sais que tu es là, Remus ! Reviens ! Tu peux le faire, Remus, tu peux combattre ton loup ! Tu peux gagner, Remus ! Fais un effort, défends-toi ! Je sais que tu es là, près de la surface ! Remus ! Remus ! Reviens, Remus !
Il me regarda un long moment alors que je l'exhortai à revenir à lui, à combattre l'instinct qui avait prit le dessus sur lui.
-Reviens-moi, Remus, soufflai-je, à bout d'argument.
Il grogna et puis, d'un coup, alors que la lune au fond de ses yeux fondait soudain, il s'effondra.
Mme Pomfresh arriva à ce moment-là – elle était parti voir Dumbledore.
-Par Merlin ! Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ici ? s'écria t-elle, effarée.
Une fois que James et elle eurent remit Remus dans son lit, elle les soigna tous en grommelant des imprécations et des avertissements.
Une fois qu'elle fut partie Remus ouvrit un œil.
-Il me semble que tu ne t'es toujours pas excusé envers Lee, dit-il à Sirius.
Celui-ci, assit au bord du lit à la droite de Remus regardait le sol, la tête dans les mains. Il fit glisser sa tête et la releva, fixant ses yeux dans ceux de Remus.
-Comment tu veux que je m'excuse de ça ? C'est impossible.
-Tu veux savoir, Black, intervins-je, la seule chose qui me défoulerait, là, ça serait de te mettre une baffe retentissante. Alors on va faire un deal, je te mets cette baffe qui me démange vraiment et je considère qu'avec ce que James et Remus t'ont mit, on est quitte, O.K ?
Il me lança un regard mal assuré.
-Je ne suis pas sûr que ça soit équivalent.
-Ça ne l'est pas, assurément, mais on va dire que si. Et pas d'objection sinon je te jure que je te colle une raclée dont tu te souviendras toute ta vie. Et tu risquerais de perdre bien plus dans la bataille que ce que tu imagines, le prévins-je en lorgnant sans équivoque son pantalon.
Il me regarda un moment et puis soupira.
-Vas-y. C'est pas équitable mais si ça te conviens…
-On va dire que oui, fis-je en me levant.
Je m'avançai vers lui et lui envoyai une baffe à lui décrocher la mâchoire.
Je ne fus pas vraiment soulager mais, tenant ma promesse, je lançai une blague à Remus ("Oh ! Jolie trace ! Je suis fière de moi ! Et toi ? Tu la trouve comment ?"), qui se mit à rire, comprenant que c'était fini pour moi. Je blaguai avec James ("Bah ! Alors le Cornu ? T'en dis quoi de cette trace, toi ? Elle est bien rouge et en plus on voit parfaitement les cinq doigts !"), qui consenti à se détendre un peu et puis, reléguant les récents évènements dans un coin de ma tête, envoyai une pique moqueuse à Sirius ("Non, vraiment, cette marque te vas à ravir ! Je suis sûre que tous les mecs des filles que t'as sauté la trouveront à leur goût ! Et les filles devraient trouver ça très chou, c'est tout rouge et ça a une forme assez abstraite pour leur demi-cerveau !"). Il me regarda un moment, interloqué, et sembla finalement comprendre que, si je n'oubliai pas et restai profondément blessée par ses paroles, je ne comptais pas laisser une quelconque horreur gâché ce que j'avais réussi à construire, à désamorcer, tout juste un mois plus tôt.
Durant les deux semaines qui suivirent, Sirius fit tout pour se faire pardonner. Il fut d'une douceur et d'une gentillesse que je ne lui connaissais pas et prévenant comme jamais. Il se démena comme un diable pour satisfaire le moindre de mes désirs et s'il me venait l'idée de murmurer que j'avais un peu faim, un quart d'heure plus tard, je me retrouvais avec un foisonnement de plats en tous genre ramenés en hâte des cuisines. J'en fis profiter tout le monde, petite vengeance, et puis je finis par lui dire que c'était terminé, qu'il n'avait plus besoin de se plier en quatre pour moi. Je m'étais assez vengée comme ça. Il acquiesça mais n'en continua pas moins à chercher par tous les moyens à satisfaire tous mes caprices en l'air.
Et puis, la veille du match contre Poufsouffle, j'étais tendue comme un string – et m'était de ce fait, encore engueulée avec mes frères, leur rappelant que j'aimerais qu'il m'oublie un peu - et, alors qu'on revenait de cours, il me prit à part, dans une salle de classe vide.
-Si tu veux parler je suis là, me souffla t-il simplement, son regard gris fiché dans le mien, plein de douceur. Presque de tendresse.
-Ça va, lui souris-je, comprenant qu'il parlait de la dispute avec mes frères qui s'était déroulée exactement 21 jours plus tôt et de celle qui m'avait opposé à eux le matin-même.
Manifestement, c'était le seul – en dehors de Remus – qui avait remarqué que ça me travaillait.
Il me scruta d'un regard perçant un long moment et, aussi peu convaincu que moi par mes propres paroles, pourtant dites avec assurance, fini par baisser les yeux au sol en mettant les mains dans ses poches comme il le faisait souvent quand il était nerveux, mal à l'aise ou frustré.
-Ça tiens quand même, dit-il. Aujourd'hui, demain, dans une semaine, un mois, dix ans. Je serais toujours là.
Une boule se noua dans ma gorge, mon cœur se serra tout en faisant un incroyable double looping dans ma poitrine, des larmes me montèrent aux yeux mais j'avais l'habitude et ne laissai rien paraître.
-Ça va, répétai-je d'une voix douce, apaisante. Je vais bien. Mes frères vont me faire la gueule pendant un moment mais c'est tout. Ça va me faire des vacances, souris-je. Mais dis-moi, tu es bien protecteur d'un coup, lançai-je pour changer de sujet.
Il me regarda un long moment encore, sombre et puis, grave, il me souffla :
-J'ai toujours été protecteur avec toi, tu le voyais pas, c'est tout. Tu t'es toujours concentrée sur mes bêtises pour ne pas voir, tu as ris pour ne pas entendre, tu as joué pour ne pas sentir mais ça a toujours été. Depuis le premier jour. Avant la boutade le soir sur le quai, avant l'éclat de rire qui a attiré ton regard. Avant même l'embarquement.
-Tu vas me dire que tu m'as repérée sur le quai de la gare de Londres avec la foule incroyable qu'il y avait ? plaisantai-je pour cacher le trouble qui m'avait envahit, plus fort à chacun de ses mots.
Il ne dit rien, ses yeux de nouveau fichés dans les miens.
Mon cœur battait à grand coups dans ma poitrine et je priai Merlin et tous les dieux que je connaissais et même ceux que je ne connaissais pas pour qu'il ne l'entende pas.
-Allez ! souris-je. Soit pas si sérieux, tu t'angoisse pour rien, je vais très bien.
Je tendis la main vers la poignée de la porte, m'attendant à ce qu'il me retienne mais il me laissa faire, se contentant de me regarder. J'en fus si soulagé que je poussai un soupir en dehors de mon esprit.
-Bon, fis-je pour ne rien lui laissé sous-entendre de ce soupir, on va rejoindre les autres ? Ils vont finir par s'inquiéter, tous. T'imagine s'ils se mettent à penser qu'on se bécote dans un coin ? Je vais en entendre parler pendant des mois !
-On a qu'à vraiment se bécoter, entendis-je derrière moi.
Oh ! Par Merlin, oui !
Mais je me retournais et le trouvais l'œil malicieux, un sourire charmeur aux lèvres.
Il recommençait à jouer ! Finit le moment de sérieux intense. Merci Merlin !
-Dans tes rêves, Black, dans tes rêves, souris-je en faisant tourner la poignée.
Il posa sa main sur la mienne et me fit un sourire ravageur.
-Tu es sûre de ta décision ? Tu vas le regretter, Yahnn, j'embrasse très bien.
-Vantard, soufflai-je en souriant, mon cœur sautant dans ma poitrine comme s'il voulait en sortir définitivement.
Je lui aurais bien dis oui mais je ne voulais pas que mon premier baiser – avec lui s'entend – se passe dans une vieille salle de classe vide, comme il avait embrassé toutes les autres. Je voulais être spéciale pour lui et cette salle ne correspondait pas vraiment à ma vision du mot spécial.
Il me sortit son plus beau sourire en coin et fini de tourner la poignée, sa main toujours sur la mienne. Il ouvrit la porte et m'ébouriffa les cheveux en sortant.
-Allez ! Si tu vas si bien que ça, tu devrais pouvoir me battre à la course ! Rendez-vous devant la tour des Gryffondors pour voir !
Et il partit en courant.
Je souris et le suivis en marchant. J'étais de toute façon trop fatiguée pour y arriver, alors autant ne pas me fatiguer plus à essayer.
Malgré ce qu'il m'avait dit deux semaines plus tôt, malgré le mal que ça avait pu me faire, l'amour que j'avais pour lui était resté bien ancré en moi. Qui qu'il arrive, ce sentiment ne semblait pas vouloir me quitter et à vrai dire, je ne m'en plaignais pas. Je voulais moi aussi, comme tout le monde, éprouver ce sentiment de semi-extase qu'était l'amour et puis, de toute façon, les sentiments ne se contrôlent pas. Mon cœur était à Sirius et rien ne pourrait changer ça.
Quand j'arrivai enfin à la tour des Gryffondors, ils m'attendaient tous, y compris Abby et Zack, assis dans les fauteuils rouge et or de la salle commune.
Je senti tout de suite la tension qui régnait dans la pièce et détendit l'atmosphère d'une boutade – essayant de me détendre par la même occasion. Et si James avait du mal à ne pas montrer son inquiétude envers moi, Abby, Lily, Noah, Zack et Sirius me suivirent tout de suite. Remus intervint très vite dans une pseudo-dispute qui m'opposait à Sirius et je fini par le pousser sur James en mimant de prendre Sirius au cou pour l'étrangler.
James, qui avait fini par se prendre au jeu, exigea des représailles contre Remus et ils partirent tous deux en bataille d'oreillers. Un coussin atterri sur Zack qui prit part au combat et y entraîna Abby. Abby fini par s'en prendre à Lily sous un faux prétexte et celle-ci se prit au jeu aussi. Ils étaient tous en train de batailler sévère avec leurs coussins en riant aux éclats.
De mon côté, je mimai toujours d'étrangler Sirius, il se laissa tomber à genoux avec une superbe grimace d'agonie et m'attrapa d'un seul coup par les cuisses, me jeta sur son épaule et se dirigea vers un canapé. Je me débattis de toute mes forces et réussi à le déséquilibré, le faisant tombé tête la première sur ledit canapé. Réussissant à me libérer j'attrapai un oreiller et commençai à m'acharner sur lui en riant. Après quelques instant de fausses soumission à mes coups il attrapa le coussin au vol et fit mine de m'étouffer avec, une main derrière ma tête et l'autre presser sur mon nez et ma bouche. En voulant me dégager je le poussai et tombai avec lui du canapé.
Il me fit rouler sur le côté et se retrouva sur moi. Toute trace de sourire avait disparu de son visage. Il me regardait avec un incroyable sérieux et je vis danser dans ses yeux une flamme étrange. Son visage était à quelques millimètres du mien et je sentais son souffle chaud contre ma bouche. Je ne savais pas comment réagir et mon réflexe fut de sourire.
-Bah alors, Black, on…
Je n'eus pas le temps de finir. Ses lèvres venaient d'effleurer les miennes et la douceur du contact m'avait figée sur place.
Le regard fiché dans le mien, il approcha encore ses lèvres des miennes et réitéra cette incroyable caresse.
Mon cœur comprit avant mon cerveau et il se mit à battre à tout rompre. Je priai pour qu'il ne le sente pas mais c'était peine perdue. Son torse écrasait ma poitrine, impossible qu'il ne l'ait pas senti. Il baissa les yeux sur ma bouche et approcha de nouveau la sienne. La caresse fut à peine moins furtive et je senti se réveiller en moi des sensations que je ne connaissais que bien peu. J'eus envie de m'y abandonné mais, ses yeux revenants se planter dans les miens, je me souvins soudain qu'on était sur un vulgaire tapis et que les autres nous entouraient et pouvaient nous voir à tout moment et je le repoussai. Il s'écarta et me regarda avec un sérieux qui me mit mal à l'aise et puis un oreiller me tomba sur la tête et, trouvant là la meilleur des diversions, je le lui lançai.
-Ça, c'est pour m'avoir empêchée de respirer, Black ! lâchai-je en souriant.
J'allai attraper un nouveau coussin quand sa main se referma sur la mienne. Il me plaqua contre lui et se baissa sur moi, le regard redevenu mutin.
-J'avais pourtant l'impression d'aider significativement à ta ventilation, répartit-il. D'ailleurs, tu ne veux pas me remontrer ce piercing qui orne si bien ta langue ? De loin, je l'ai très mal vu.
-Rêve, Black, fis-je avec un sourire arrogant. Je ne montre pas mes bijoux à n'importe quel animal qui passe.
Il sourit et me poussa sur le canapé. Je tombai à la renverse et senti un oreiller percuter ma tête.
Il recommençait à jouer. Merci Merlin ! J'avais une folle envie de l'embrasser mais son sérieux me mettait toujours mal à l'aise. Ses revirements de comportement m'embrouillaient quant à la véritable nature de notre relation et la seule défense que j'avais trouvé, c'était l'attaque.
Alors que je lui rendais son coussin, j'en reçu un dans le dos et me retournai pour attaquer le premier que je verrai. Remus. Il eut beau lever les mains en signe de rémission en croisant mon regard, rien n'y fit. Mon oreiller le percuta en pleine tête et il se jeta sur moi comme un sauvage. Sirius et lui se mirent tous les deux contre moi et on commença un combat enragé. En riant aux éclats.
Finalement nous bataillâmes sévère durant un long moment et ce ne fut que quand les autres descendirent des dortoirs pour aller dîner que nous nous arrêtâmes.
Les cheveux en bataille, les habits dans tous les sens – les lunettes de travers pour James –, nous laissâmes tomber les coussins et nous miment à rire. Même Lily, qui pourtant n'était pas du genre à faire une bataille d'oreillers avec les Maraudeurs, avait activement participé à celle-ci et riait avec nous.
Nous descendîmes dîner avec tout le monde.
Je croisais souvent le regard sérieux et scrutateur de Sirius mais ne laissait rien paraître.
Et puis, en revenant de la tour Gryffondor, où j'étais restée pour la soirée, avec Abby et Zack, je croisai mes frères. Ils passèrent sans m'accorder un regard et je sentis mon masque se décomposer.
Non ! J'avais si bien tenu jusque là ! Pourquoi d'un coup, tout me faisait plus d'effet ? Pourquoi d'un coup leur manque de réaction était comme un coup de poignard ? D'habitude j'aurais passé mon chemin sans faire plus attention que ça, mais ce soir-là, j'en fus incapable. Mes jambes s'arrêtèrent de bouger et j'eus beau leur demander de recommencer à marcher, elles ne voulurent rien entendre.
Zack et Abby finirent par voir que je ne les suivais plus et leurs regards inquiets me donnèrent un coup au cœur. Sans savoir si j'avais réellement réussi à recomposer mon masque de bonhommie, je les rattrapai et m'engouffrai dans mon dortoir.
Mes rideaux fermés, je luttai, en boule sur mon lit, contre la douleur et le désespoir. Est-ce que j'avais perdu mes frères ? Je leur avais demandé de m'oublier mais je ne le voulais pas vraiment, je voulais juste qu'ils ne me parlent pas de ce piercing qui les mettait tant en colère. Est-ce que j'y avais été trop fort avec eux ? Est-ce que j'aurai dus me taire et continuer à laisser couler ?
Les questions se bousculaient dans ma tête, toujours plus pesantes et plus douloureuses.
Je ne sais pas combien de temps je suis restée comme ça, à me torturer sur mon lit. Tout ce dont je me souviens c'est que je me suis levée et que l'instant d'après je courais dans les couloirs.
Je courais comme une dératée, sans rien voir autour. Inconsciemment, mes pas me menèrent à la tour Gryffondor. La porte du portrait était ouverte et Sirius se trouvait dans l'entrebâillement, le visage sombre, inquiet. Je me suis jetée dans ses bras et me suis mise à pleurer toutes les larmes de mon corps.
Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé ensuite. Tout ce dont je me souviens c'est d'un long silence et puis de sa voix, grave et apaisante, qui me murmurait avec toute la douceur du monde des mots de réconfort à l'oreille. Je me souviens de son corps chaud et rassurant contre le mien et de son doux balancement. De ses bras autour de moi, forts et réconfortants, et du sentiment incroyable de sécurité qu'ils me procuraient. Je me souviens de la douleur et du chagrin qui disparaissaient doucement sous ses mots et du bien-être qui s'immisçait en moi au fur et à mesure que ses bras se resserraient autour de mon corps convulsé par les larmes et que sa main caressait ma joue.
Et voilà ! Ce chapitre se termine !
Qu'en avez-vous pensé ? Laissez-moi une trace de votre passage, la Boite à Reviews est toute à vous, cliquez sur le petit bouton vert !
Prochain chapitre : XI. Match et baptême.
A bientôt !
