Chapitre 11 : Bagarre
Le lundi arriva très vite. Je dus reprendre ma routine de l'école. Pour être honnête, je n'avais aucune envie d'y aller, à cause des cours bien sûr mais par-dessus tout à cause de Matt. Une partie de moi voulait le voir, l'embrasser, sentir son odeur, ses bras autour de moi et depuis mes griffures, sa protection mais l'autre partie de moi voulait lui foutre des claques et le blesser. Et pour ne rien arranger il y avait de l'orage ce matin, il faisait lourd malgré la pluie. Je me mis en débardeur noir et veste avec un jean noir déchiré comme à mon habitude. Je dus mettre une écharpe pour qu'on ne voit pas le haut de mes griffures qui s'étendaient jusqu'à mon cou. Une fois prête et après avoir pris mon petit-déjeuner je sortis et pris le chemin qui amenait au lycée. Je faisais partie des rares lycéens qui n'avaient pas de voiture. Miranda m'avait promis que dès qu'elle aura l'argent pour me payer les leçons, elle m'achèterait une voiture.
Une fois arrivée, j'allai vers Sacha, Enzo (qui se tenaient la main), Jade, Nils et Lucas. Je fis la bise à tout le monde ignorant les gestes de Nils sur ma taille mimant de m'enlacer. Je le repoussais gentiment mais il ne voulait pas lâcher prise de sitôt me dis-je. Il croyait en ses chances apparemment. Il aura du pain sur la planche pour qu'il me plaise. Sacha voyait bien que j'étais mal à l'aise et envoyai Nils cherchait son portable dans sa voiture. Elle me chuchota à l'oreille : "Tu sors toujours avec Matt ?" Je lui répondis par un regard qui en disait long sur l'histoire. En parlant du loup-garou, je vis Matt qui me regardait et me fit signe d'aller le voir. J'hésitais mais mon désir prit le dessus et j'allai vers lui un peu sur la réserve comme même. Je pris soin de vérifier si une partie de mon épaule gauche où mon cou étaient découverts. Rassurée, je marchais avec plus de conviction. Une fois vers lui, je pris soin de garder un mètre de distance entre nous. Matt était intelligent et il comprit très vite.
"Tu me fais toujours la tête ? me demanda-t-il perplexe.
- À ton avis", lui répondis-je.
Il s'avança vers moi mais je reculais au même moment en lui murmurant méchamment de ne pas me toucher. Il passa sa main dans ses cheveux noirs qui étaient trempés par la pluie qui continuait de tomber. Je lui accordais un dernier regard puis parti rejoindre Sacha et Enzo en le laissant planter là, tout seul. Je savais que je l'avais profondément blessé mais je ne voulais pu le revoir de la journée. Sacha me regarda bizarrement mais elle n'eut pas le temps de me poser des questions car la sonnerie avait retenti. En première heure j'avais philosophie, matière que j'adorais car elle m'avait appris énormément de chose et puis je dois dire qu'avec le prof qu'on avait on ne pouvait qu'être intéressé par cette matière. Il était blond avec des yeux verts à croquer. Quoiqu'il beau, je ne comprenais rien la plupart du temps et j'avais des notes catastrophiques les trois quarts du temps. J'entrai dans la salle et m'assis au dernier rang à côté de la fenêtre comme à mon habitude. Le prof arriva cinq minutes après nous. Cours du jour : "Expliquer ce que vous inspire cette phrase de Didier Erasme : la philosophie est une méditation de la mort." Mr Lefeve, son nom, s'assit sur une chaise et continua sa lecture du moment : Journal de Stefan Tome 6, en nous ignorant. D'après lui, Vampire Diaries était assez philosophique. Ça faisait peur. La plupart des élèves regardés leurs feuilles en se demandant ce qu'il fallait faire, d'autres dormaient et d'autres envoyaient des SMS. Je dois dire que je ne savais pas du tout quoi mettre sur ma feuille moi-même. Une éternité passa me sembla-t-il sans que je puisse écrire une simple phrase sur ma feuille. Soudain mon téléphone vibra deux fois de suite, je le sortis discrètement et regardai qui m'avait envoyée deux messages. Nils et Matt. Je soupirais discrètement. Je regardais déjà le message de Matt : "Je regrette tout ce que je t'ai dit. Ton sourire me manque ainsi que tes lèvres. Je t'attendrais jusqu'à que tu reviennes... À Jamais. Si tu veux juste me voir quelques minutes rends toi à midi à l'arbre." Mon désir pour lui refit surface mais je le combattais pour éviter de lui tomber trop facilement dans les bras, il me devait des explications et je voulais put qu'il me considère comme une enfant. Je savais de quel arbre il parlait, celui de nos premières paroles, celui de notre premier baiser. Je lis ensuite le message de Nils :"Pourrais-je te voir à onze heures et demie s'il te plaît ? Je voudrais te demander quelque chose... Je serais devant les toilettes des garçons du deuxième bâtiment." Je soupirais, je ne savais pas comment lui faire comprendre que je voulais qu'il arrête de penser qu'un "nous" soit possible, car j'étais sûr que c'était le but de son message. Il fallait que Nils comprenne que je n'avais pas les mêmes sentiments que lui. Mon coeur était à Matt. Aïe ! J'avais reconnu moi-même cette vérité. Mais c'était vrai, j'étais attirée vers Matt comme un aimant, je ne voyais plus que lui, il était mien et je me battrais pour lui sans aucun doute. Cette drôle de sensation était sûrement dû à notre imprégnation. Après mes deux heures de philosophie, j'irais le voir pour mettre les choses au clair puis ensuite j'irais voir Matt. D'ailleurs en pensant à la fin de philosophie, je me rendis compte qu'il restait que dix minutes et ma feuille restait éternellement blanche. Je ne mis qu'une seule phrase pour faire comme si j'avais vraiment travaillé : "Une méditation de mort est le suicide alors, si la philosophie est une médiation de la mort il serait temps de supprimer cette matière pour faire baisser le taux de suicide des adolescents dans notre monde." La sonnerie sonna dès que j'eux finis ma phrase. J'en étais fière.
Je me levai et allai remettre ma feuille au professeur, toujours autant attiré par son livre. Je sortis puis partis à la recherche de Nils. Je me rendis à l'endroit qu'il m'avait indiqué et attendit qu'il vienne. Je m'assis sur un banc à côté puis relit le message de Matt. Une fois, deux fois, trois fois. Je ne pouvais pas empêcher mes sourires.
"Salut, lança Nils qui était arrivé.
- Salut, lui renvoyais-je. J'ai été surprise par ton message, rajoutais-je.
- Je m'en doute, dit-il. Je voudrais te dire quelque chose sans que tu m'interrompes d'accord ?
- Bien sûr, répondis-je.
- Voilà, depuis deux mois, je ressens quelque chose pour toi, tu es belle, étrange bref tout ce qui me plaît chez une fille. Je sais que tu es sortie avec Matt mais je vous ai bien vu tout à l'heure. Tu n'étais plus avec. Donc je voudrais que tu sortes avec moi. Tu es d'accord ? Je suis sûr que tu as des sentiments pour moi. Voilà, j'ai fini.
- Tu te trompes lourdement, je suis venue car je savais déjà que tu voulais sortir avec moi et...
- Alors c'est oui ? m'interrompit-il.
- Non ! Je suis venue te voir pour que tu arrêtes tes fantasmes qui ne servent à rien. Mon coeur est à Matt depuis le début.
- Mais il t'a quitté !
- Non... C'est compliqué, on s'est juste un peu disputé mais mon coeur lui appartiendra toujours et tu ne pourras jamais changer cela. Je ne partage pas tes sentiments.
- C'est faux, murmura-t-il.
- Pense ce que tu veux, c'est vrai, je ne t'aime pas."
Il se leva furieux, et tapa violemment sa main contre le mur à quelques centimètres de mon visage. J'en eut le souffle couper. Il me regardait méchamment. Il n'y avait que de la rage dans ses yeux noirs. Il leva son autre main et la fit également taper contre le mur avec autant de haine de l'autre côté de mon visage. Je me retrouvais prisonnière. Je commençai à avoir peur, je ne l'avais jamais vu comme cela avant. Il fit glisser ses mains le long de mon cou. Je fermais les yeux ne sachant ce qu'il allait faire. Soudain je ne sentis plus des doigts le long de mon cou mais le cri de Sacha qui me prit par le bras pour me lever. Je ré-ouvris les yeux et vis Matt plaquait Nils contre le mur. Je ne compris pas sur le coup avant que je réalise ce qui se passait, Matt était venu pour me protéger alors que je l'avais blessé lui et son ego. Matt lui murmura des paroles menaçantes. Ce que je ne vis pas par contre c'est que Nils se débattait. Avec le reste de force qui lui restait, il se retourna et foutu un coup de poing en pleine figure à Matt. Du sang commença à tomber sur le carrelage du lycée. Matt s'énerva et cassa un miroir avec son poing qui saignait à présent, lui comme Nils se prirent des débris sur le visage et sur les bras.
"Matt !" criais-je.
J'accourus et me plaçai entre lui et Nils.
"Arrêtez ça tout de suite ! continuais-je. Nils tu t'en vas tout de suite sinon c'est moi qui t'en mets une !
- Je voudrais bien voir ça," s'exclama-t-il.
Cette parole fut de trop, je lui mis une claque, sa joue avait pris une teinte rouge pivoine. Il regarda autour de lui et partit entourer de Lucas et d'autres garçons de seconde. Je me tournai vers Matt qui pissait le sang et qui avait un oeil au beurre noir avec quelques égratignures. J'aperçus soudain la foule qu'avait attroupée la bagarre.
"Il n'y a rien à voir !" criais-je.
Ils partirent, je lançai un regard de remerciement à Sacha qui me sourit et partit également. Il ne restait plus que moi et Matt. Je lui pris la main et l'emmenai dans les toilettes des garçons pour que je puisse nettoyer ses plaies. Je m'assis sur le rebord du lavabo, pris du papier et le trempai dans l'eau. Matt me regardait en silence sans comprendre. Je ne lui expliquai pas, ce moment de silence me plaisait. Je commençais par ses mains qui étaient coupées. Je les nettoyais puis prit mon écharpe pour improviser un bandage. Je m'attaquais à son visage qui saignait beaucoup. Le poing qu'il avait reçu lui était arrivé en plein dans le nez et les débris du miroir l'avaient coupé au niveau de l'oeil. Je commençais à essayer de stopper le sang mais plus facile à dire qu'à faire. Le sang coulait abondamment. Je pris un bout de papier et le trempai dans l'eau glacée puis l'appliqua sur son nez. Matt m'arrêta de la main et émit un faible gémissement de douleur. Je m'excusais du regard. Il ne lâcha pas ma main pour autant. De mon autre main, je remis le bout de papier correctement sur son nez. Matt me la prit vivement.
"Arrête s'il te plaît, murmura-t-il.
- Il faut que je désinsfecte.
- Ça fais mal, continua-t-il.
- Je sais, je suis désolée, lui lançais-je.
- Tu ne dois pas l'être, j'ai cru que ce débile allait t'en mettre une, je suis arrivé à temps on dirait.
- Merci.
- De rien, me dit-il. J'ai été ton super héros aujourd'hui on dirait, je peux avoir une petite récompense ?" rajouta-t-il en souriant.
Je souris, je savais de quoi il voulait parler. Je me penchais vers sa tête et effleurai ses lèvres chaudes à plusieurs reprises avant de l'embrasser franchement. Ce moment était magique et le temps sembla s'arrêter. Il déposa sa langue sur ma lèvre inférieur et j'ouvris la bouche. Je pu gouter à son haleine qui me manquait tant depuis quelques jours. Des larmes que j'avais retenues à cause de son absence coulèrent le long de mes joues qui s'enflammaient par ce baiser.
"Je t'aime", murmura-t-il entre deux baisers.
Je ne lui répondis pas, désirant juste l'embrasser. Sans interrompre notre baiser, il me prit dans ses bras et je dus de ce fait, serrer mes jambes autour de sa taille. Mais il me remit sur mes pieds et me plaqua contre le mur. Par on ne sait quel miracle, son nez avait arrêté de saigner. Ses mains se promenèrent sur mes épaules en une douce caresse. Il enleva ma veste et caressa mon dos, ramenant mes longs cheveux bruns sur mon épaule droite. Il s'arrêta net. Il fit glisser ses doigts sur mes griffures. Il regarda sur les miroirs qu'ils y avaient au-dessus des éviers. Je ne m'attendais pas à sa réaction.
"C'est quoi ça ?
- Juste des griffures, lui répondis-je.
- Comment tu t'es fait ça ? s'écria-t-il.
- Je sais pas !" m'écriais-je à mon tour.
Il m'enleva mon débardeur, je me laissai faire pour éviter une de ses réactions. Ses yeux devinrent à moitié fous. Il traça le chemin de mes griffures, de mon cou jusqu'au bas du dos.
"Tu les as depuis quand ? reprit-il plus doucement quoique son souffle était saccadé.
- Je m'en suis aperçue le lendemain quand je suis partie de chez toi, lui répondis-je. J'ai dû me faire ça dans la forêt.
- Rentre chez toi tout de suite. Je viendrais te chercher demain matin pour t'amener chez moi pour éclaircir tout ça.
- Matt qui m'a fait ça ?
- Les Harpies, c'est leur marque..., murmura-t-il.
- Pourquoi m'ont-elles fait ça ? dis-je affolé.
- Je ne sais pas, on verra ça demain, rentre vite et si tu entends un oiseau poussant un cri bizarre coure le plus vite possible", conclut-il.
Il prit mon visage entre ses mains et m'embrassa. Nous sortîmes et je partis en direction de la maison. Quand j'arrivai, sans incident, je commençai le repas du soir pour me changer les idées mais je n'y arrivais pas. Je ne connaissais pas beaucoup de choses sur les Harpies mais le peu que je savais pouvaient me faire trembler et maintenant, savoir que j'ai leur marque sur le dos me dégoutait et m'affolait. Pourquoi m'avait-elle fait ça ? Je n'étais qu'une pauvre humaine sans défense après tout. Quand j'eus fini de préparer le repas, un gratin dauphinois, j'en pris un morceau et le mangeai en vitesse. Je laissai le reste dans le micro-ondes et indiquai à Miranda où il était sur un bout de papier pour quand elle rentrera de son boulot de rédactrice en chef d'un magazine reconnu qui lui tenait vraiment à coeur. Je me rendis dans ma salle de bain et pris ma douche pendant une demi-heure, l'eau chaude me permit de me calmer un peu. Une fois prête à me coucher, je m'enveloppais dans mes draps. Maintenant, j'avais peur de m'endormir, peur de faire des cauchemars, de voir apparaître des Harpies venues me tuer ou je ne sais encore.
Pourtant ma nuit fut sans rêves.
