11.

- J'ai peur…

- Tu es à bord, nous sommes tous là.

- J'ai peur…

Machinar ramena très tendrement le drap sur le corps du garçonnet qu'était redevenu Alérian.

- Tu es en bonne santé, commandant ! Tu es juste… très jeune !

- J'ai la tête qui tourne, je ne comprends pas… J'ai encore mes souvenirs, mais je suis dans un si petit corps !

- « Encore des souvenirs » ? glissa Albator. Moi, je n'avais que ceux que m'avaient laissés les Mélangdociens, pour être moi…

- … ett pour me tromper… Et j'ai vraiment la tête qui tourne, Machinar !

- Tu es affolé, ton cœur bat la chamade, ton corps est soumis à des vibrations insensées ! Je ne peux que constater que l'enfant que tu es se porte bien. Mais je ne peux rien pour l'adulte piégé en toi !

- Mais que s'est-il passé ! ? rugit Warius en hologro-conférence.

- Alérian est un enfant…

- Oui, j'ai constaté, grinça le petit garçon en sautant de la table d'examen des Urgences du Starlight. En tombant sur les cristaux j'ai dû tout dérégler…

- Et le dieu Sepbek a dû ne rien y comprendre à la structure phsysico-sunaturelle d'Alie, poursuivit Warius. Ce qui explique que bien qu'il soit revenu à ses neuf ans il a toujours sa balafre et sa mèche blanche ! Mais pour tout le reste, je ne comprends rien !

- Comme d'hab., amiral de mes deux ! jeta Alérian. Tu envoies les gens au casse-pipe et puis tu t'en bats les couilles !

- Alie, tu es irrespectueux et injuste…

Warius passa la langue sur ses lèvres.

- Est-ce que Albator, au moins… ?

- Je suis là, assura le grand Pirate balafré. Alie s'est sacrifié pour moi ! Et cela ne me ramène pas mon fils…

- Et toi, Albator de quoi te souviens-tu ? poursuivit Warius.

- Krobam m'a emmené à une pièce qu'il estimait indispensable aux négociations. Il y a eu une telle lumière. Je me souviens juste de n'avoir plus été moi-même, jusqu'à ce que tu me ramènes, Alie !

- Et moi, je ne me souviens de rien…

Alérian eut un grand sourire.

- J'ai très faim ! J'ai envie de glace et de pizza ! Ensuite j'ai très le désir de jouer !

- Alie…

- J'ai neuf ans, je retrouve mon enfance ! se réjouit le garçonnet.

- Alie, tu es un officier de la Flotte de Warius !

- Oui, je sais. J'ai cette vague réminiscence en moi. Mais je ne sais pas à quoi cela peut correspondre…

- Tes mots, tu as encore ta conscience d'adulte, Alérian !

- Zunia pourrait l'aider ! jeta Warius depuis son QG. Faites-la sortir !

Albator flatta les épaules de son très jeune fils.

- Alie ?

Alérian effleura son pendentif.

- Zunia ?

L'ombre d'un Dragon se projeta dans la salle de soins du Starlight, mais juste celle d'une Dragonne jeune née !

Zunia jappa avant que, affolée par les grands adultes, elle n'aille se dissimuler sous la table la plus proche !

Albator, Warius, et Machinar soupirèrent, comprenant.

- Le rayon de ce dieu Sepbek a rajeuni Alérian et Zunia. Aucun des deux ne peut nous aider…

Albator saisit son fils par les épaules.

- Alérian, tu commandes ce Destroyer, assume tes responsabilités, agis !

- Tu me fais mal… Tu me fais peur…

Et Alérian fondit en larmes.

- Je veux Pluchy !

- Qui ?

- Mon nounours !


Alérian endormi, souriant dans ses rêves de petit garçon, Albator se pencha sur lui, glissant une peluche entre ses bras.

- J'ai été le chercher dans le coffre à jouets de ta chambre ! Voilà le nounours de ta tendre enfance. Je ne pensais pas que trimbaler ce coffre à souvenirs d'un bout à l'autre de la mer d'étoiles pourrait un jour autant te réconforter !

Alérian se saisit du nounours, béat dans son sommeil.

- Pluchy !

Le nounours brun et or entre les bras, Alérian s'apaisa, quiet, les rêves paisibles.

Albator caressa le front de son fils si jeune !

- Dors, Alie, mais il va te falloir te reprendre pour tous nous sauver ! Compris ?

Alérian roucoula dans ses rêves.