La semaine passa rapidement, Marco s'était habitué à l'appartement de Levi et l'avait même aidé à faire le ménage. Lorsque Levi travaillait au bureau, Marco restait seul mais il trouvait toujours de quoi s'occuper. C'était nouveau pour Levi, cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas autant attaché à une personne. Il considérait Marco comme son petit frère et voulait absolument l'aider. Ils étaient pareils, ils pouvaient parler philosophie et de sujets absurdes sans jamais s'ennuyer. Et dès demain, Marco quitterait le domicile de Levi mais ils savaient tous les deux que cela ne changerait rien à leur relation. Ils étaient liés.

« Bon Hanji, il est 18h00 et j'ai dit à Marco que je rentrerai rapidement. Faut que j'y aille.

- Pas de problème, de toute façon, on avait terminé. Alors demain c'est le grand jour ? Hanji esquissa un large sourire.

- Ouaip, je me débarrasse enfin de ce sale gosse !

- C'est fou comment tu n'es pas crédible ! Hanji rigola doucement. Je suis heureuse de te voir comme ça, vous vous entendez à merveille !

- Tu rigoles j'espère ? Il passe ses journées à se plaindre et à dégueulasser mon appart' !

- Tiens ça me rappelle quelqu'un !

- Tu m'énerves sale binoclarde. Bon faut vraiment que je parte, je dois passer prendre Marco et on file chez lui prendre ses affaires.

- Je vois, tu m'appelles quand vous avez terminé. Hanji adressa un grand sourire couvert de gentillesse à Levi.

- Tu as vraiment une tête de conne.

- Mais ! Pourquoi tant de haine ? Hanji se décomposa sur place.

- Aller, je te dis à plus tard la folle ! ».

18h12

Sur ces mots, Levi quitta le bureau et rentra en vitesse chez lui. Marco était une nouvelle fois devant la télévision, regardant une émission remplit d'abrutis.

« Tu devrais avoir honte de regarder ces conneries. La voix de Levi était pleine de désespoir.

- Ah Levi ! Viens voir comment ces gens sont cons ! Marco tapota la place à côté de lui, invitant Levi à prendre place.

- Non merci, je ne souhaite pas m'abrutir devant de telles sottises.

- Rho, vous n'êtes pas drôle Monsieur Ackerman !

- Je t'emmerde. Levi s'éloigna de Marco et alla dans sa cuisine, il se prépara une infusion et tourna la tête en direction du jeune. Tu veux boire quelque chose ?

- Nan c'est bon, j'ai pris un café tout à l'heure. Marco se reconcentra sur son programme.

- Dans ce cas, éteint moi cette merde et va te préparer, on part chez toi. A l'entente de ces mots, Marco se figea. Il ne voulait en aucun cas revoir le visage de son père.

- Je ne peux pas… Sa voix était basse, comme un murmure.

- On en a déjà parlé Marco, il ne fera rien, je serais à côté. S'il tente quoi que ce soit, je lui explose la gueule, ça te va ? Marco pouffa devant les propos de Levi.

- Si ça peut te soulager ». Répondit Marco tout en se levant.

Il éteignit le téléviseur et quitta le salon pour se préparer. Levi se retrouva seul dans la pièce, sirotant doucement sa boisson chaude. Elle avait vraiment le don de l'apaiser, de le rendre plus serein. Au bout d'une dizaine de minutes, Marco réapparut totalement changé, Levi lui avait prêté des vêtements, il était certes plus petit que lui mais certains de ses vêtements étaient bien trop grands. Ils quittèrent ensemble l'immeuble et ils se dirigèrent vers la demeure de Marco qui se situait dans le centre du quartier Sud-Est.

18h32

18h51

Levi se laissa guider par Marco, il ne connaissait en aucun cas les environs. Ils arrivèrent dans une ruelle regroupant de vieilles bâtisses, Levi roulait doucement lorsque Marco lui indiquât du menton une maison. Il s'arrêta et détailla le foyer. Il était mal entretenu, sale, gris, avec une allée remplie de mauvaises herbes. Rien n'était chaleureux. Levi se gara et descendit de la voiture, suivit par Marco. Il se tenait debout, observant avec colère cette habitation qui avait été sienne. Aujourd'hui était la dernière fois qu'il y mettrait les pieds, plus jamais il ne retournera ici. Marco s'adossa à la voiture, Levi contourna son véhicule et le rejoignit, prenant la même position que lui. La lumière orangée de cette fin de journée donnait une teinte sublime aux deux jeunes.

« J'ai peur… La voix de Marco était tremblante, revoir cette porte lui rappelait de mauvais souvenirs.

- C'est la dernière étape, après, tu seras enfin tranquille jusqu'à la fin de tes jours.

- Je sais… Mais c'est toujours bizarre de revoir ces lieux… Levi ébouriffa tendrement les cheveux de Marco.

- Tout va bien se passer, on en a pas pour longtemps. Levi se redressa faisant face à Marco. Aller vient, Levi lui tendit la main.

- Je…Je préfère y aller seul… Je ne veux pas que tu voies mon père dans cet état.

- On s'en fiche de ça, je viens t'aider.

- Vraiment Levi, j'insiste. Marco était clair, il voulait faire cela seul.

- Au moindre problème, je débarque ok ?

- Ouais t'inquiète ».

Marco adressa un sourire de remerciement à Levi. Il décolla son dos de la voiture et se dirigea vers l'entrée, la brise de l'été venant l'enrouler dans un réconfort invisible. Il posa sa main sur la clenche et la porte s'ouvrit dans un râle désagréable. Il se retourna vers Levi et celui-ci lui adressa un sourire. Encouragé par Levi, Marco pénétra dans la demeure.

Tout était silencieux et froid. Marco ne sentit aucune présence humaine et il soupira de soulagement. Ce connard n'était pas là. Il accéda à l'escaliers et monta les marches calmement avant d'atteindre le débarras qui lui servait de chambre. Il referma la porte derrière lui, saisissant un grand sac, il commença à retirer tous les vêtements présents dans son armoire. Il récupéra ses livres et les quelques souvenirs présents dans sa vie. Lorsque toutes ses affaires fut rangeaient, il quitta sans remords la pièce et descendit de l'étage. Arrivé en bas, il se figea, reconnaissant l'odeur qui envahissait son nez. Ce mélange de vieux tabac et d'alcool. Il posa son bagage à l'entrée et se déplaça dans le salon. C'est alors qu'il vit son père, une bouteille de rhum à la main. Depuis quand avait-il troqué ses bières contre du rhum ? Enfouis dans son fauteuil, l'homme remonta ses yeux vers son fils.

« C'est maintenant que tu rentres ? Sa voix divaguée, elle était contrôlée par l'alcool.

- Je pars définitivement de la maison. Marco employa un ton glacial. Il ne supportait plus la vue de cette personne.

- Ce n'est pas trop tôt. Il se redressa péniblement.

- Avant de partir, je voudrais juste te dire à quel point je te déteste. Tu es un monstre, une personne immonde, tu n'es composé que de cruauté. Tu ne mérites même pas de vivre. Marco cracha ces mots et il se sentit tellement bien. Il pouvait enfin vider son sac.

- Tu te prends pour qui sale petite merde de me parler comme ça ? L'homme tenta de se lever. Au bout de quelques secondes de lutte, il se retrouva sur ses deux jambes, vacillant de temps à autre.

- Regarde-toi, tu fais tellement pitié. Tu ne tiens même plus droit. T'es tellement pathétique ! Marco sentit son cœur battre fort contre sa poitrine, toute la rage qu'il avait gardée pendant plusieurs années pouvait enfin exploser. Tu sais quoi ?! Ça fait des années que je rêve de me barrer mais je restais, dans l'espoir de te voir changer. Mais tu n'as jamais rien fait de tel, tu as toujours été égoïste, tu ne penses qu'à toi ! Je suis ton fils bordel !

- Je ne t'ai jamais désiré. Tu as été la pire erreur de ma vie. Son père essaya de marcher, titubant misérablement.

- Alors pourquoi m'as-tu créé ?! Si tu étais incapable de m'assumer, pourquoi m'as-tu engendré ?! Sa voix s'éleva dans la pièce.

- Ferme là petit con.

- Alors c'est ça ? Même quand je te dévoile ce que je ressens tu fuis ? Tu ne veux pas voir la réalité en face ? Regarde-toi, tu es seul et alcoolique. Je m'en vais définitivement, tu n'auras plus personne à tes côtés. Marco sentit une boule se former dans sa gorge, son père s'approcha doucement de lui, regardant son fils dans les yeux. Marco vit toute la haine de son paternel dans son regard.

- J'ai tellement espéré ton départ. Dégage maintenant, te voir m'insupporte.

- Pourquoi tu me déteste autant ? La voix de Marco redevint calme. J'ai juste besoin de comprendre. Marco ne voulait pas quitter cette maison sans avoir d'explication.

- Il n'y a pas de raison, tu n'es rien pour moi, rien qu'une gêne. Même ta mort m'importe peu. Marco sentit son sang pulser dans son corps.

- PUTAIN DE MERDE MAIS TU REALISES CE QUE TU ES EN TRAIN DE DIRE ?! TU VEUX MA MORT !? MAIS JE SUIS TON FILS PUTAIN ! N'AS-TU NE SERAIS-CE QU'UN PEU D'HUMANITE EN TOI ?! TU N'AS RIEN D'UN HUMAIN, TU N'ES QU'UN DECHET !

Marco ne sentait plus sa gorge, tout son corps tremblait, il ne se contrôlait plus. Cette rancœur qu'il gardait depuis des lustres avait besoin de sortir, il hurlait contre son père, contre cet homme qui avait détruit sa vie. Laissant ce vase remplit de dégoût déborder. Sa voix, effrayée devant la folie de son père, envahissait la pièce.

Pendant ce temps, Levi était dehors, fumant tranquillement sa cigarette, le temps lui paraissait long. '' Il est parti depuis longtemps quand même… '', il tira une nouvelle bouffée lorsqu'une voix masculine résonna à ses oreilles. C'était des hurlements, ceux de Marco. Levi jeta sa clope et se précipita dans la misérable maison.

- Tu me casses les couilles. Le ton de son père devint aussi froid que la mort. Marco supprima la distance qui les séparait et attrapa le plus âgé par le col, collant son front violement au sien.

- JE TE DETESTE ! JE N'AI JAMAIS AUTANT DETESTE QUELQU'UN DE MA VIE, TU AURAIS MIEUX FAIT DE CREVER ! La voix de Marco s'arrêta, il sentit une chose inconnue appuyer contre sa poitrine.

- Celui qui mériterait de mourir entre nous deux c'est bien toi Marco. Celui-ci baissa la tête vers la provenance de cette sensation. Il reconnut le canon d'une arme à feu, plaquée contre lui et tenue entre les mains de son père. Depuis quand possédait-il ce flingue ? A quel moment l'a-t-il sorti ? Allait-il mourir comme ça ?

- Alors c'est ça ? Tu vas me tuer ? La voix de Marco resta calme. Pourquoi tu me fais ça ? J'ai pourtant essayé de te rendre fière de moi, j'ai tout fait pour attirer ton attention, pour essayer d'avoir une relation normale avec toi… Mais tu n'as jamais rien fait, tu n'as fait que me plonger dans cette vie de merde, tu m'as détruit. Pendant des années j'ai cherché la source du problème, avant je pensais que c'était moi, que j'étais le pire fils du monde puis j'ai compris, au fil du temps que c'était toi. Le seul responsable, c'était bien toi. Tout est de ta faute. Marco lança un regard méprisant sur son père.

- Ferme ta gueule et disparaît comme ta salope de mère.

L'homme plaça son doigt sur la gâchette, Marco sentit qu'il n'y avait plus d'issu possible, que tout était terminé. Au même moment Levi pénétra dans la demeure. Les cris avaient cessés. Marco tourna son visage vers Levi, les larmes aux yeux.

- Levi… Il murmura simplement son nom. Levi se précipita sur l'homme armé.

- MARCO !

BAM

Les oreilles de Levi se mirent à siffler, il sentit un liquide chaud s'étaler sur son visage. Il vit Marco chuter au sol, tombant dans un bruit sourd.

- Marco ! MARCO ! Les tympans de Levi le faisaient souffrir, rendant la scène irréaliste.

Il s'agenouilla à terre, prenant dans ses bras le jeune adolescent. Un trou béant se trouvant dans son thorax, Marco s'étouffa, crachant du sang. La douleur était insupportable, comme si un monstre venait de lui arracher le cœur avec ses longues griffes acérées.

- Marco, Marco je t'en supplie résiste, je vais appeler une ambulance, on va te sauver, tu… Tu vas vivre hein ? Accroche-toi. Levi perdit toute sa raison, il essayait de garder Marco en vie, de lui parler, de le rassurer et de se rassurer.

- A-arrête de faire… Le mec paniqué, ça te v-va pas, t'as plutôt l'air… D'un con. Marco laissa un sourire traverser son visage.

- Marco… Evite de parler, tu vas perdre des forces inutilement. Levi ne savait plus quoi faire, il vit ses mains couvertes de sang. Plus la blessure de Marco saignait plus Levi comprit la situation. Marco sentit son corps pulser, il avait mal, tellement mal. Il trouva cependant la force de s'adresser une dernière fois à Levi.

- Levi, promets… Moi… Promets-moi que tu g-garderas espoir… Reste en vie… Même si… Même si je pars, reste… C-continue ta vie… Vis pour moi… S'il te plaît… Tu sais, enf-fin de compte, je l'aurais pas trouvé… Ma lueur… M-mais toi… Je veux que tu l'as trouve… T-tu l'as trouvera un… Un jour… J'en suis sûr… Et ce jour-là… P-promets-moi d'être heureux… Sa voix faiblissait de seconde en seconde.

- Ne dis pas ce genre de chose, on se croirait dans une vieille comédie dramatique ! Tu ne vas pas mourir, tu vas t'en sortir ! Tu vas voir, on va te soigner ! Levi ne pouvait pas se résigner à perdre ce jeune, pourtant, il le connaissait depuis une semaine mais en si peu de temps, il s'était attaché à lui, comme un frère.

- Arrête… S'il te plaît arrête… C-c'est terminé pour moi… Je le sens… Il n'y a plus rien à faire… J'ai tellement froid Levi… J'ai mal… Gah, Marco cracha une nouvelle fois une dose de sang. La vie ne voulait pas de… Moi… Mais c'est p-pas grave. J'ai réussi à retrouver un p-peu de Bonheur g-grâce à toi… Alors… Je veux juste que tu me promettes de vivre…

- Je te le promets… Levi resserra son étreinte sur le corps du plus jeune.

- Merci pour tout Levi…

Marco adressa un dernier sourire à Levi. Son corps se contracta et il lâcha prise doucement… Son pouls diminuant de seconde en seconde jusqu'à disparaître. Marco ferma les yeux, une larme coula le long de sa joue. Levi sentit ces muscles se détendre, montrant que Marco était en train de partir. Il plaça sa main près de son nez, plus aucun souffle de vie. Il caressa doucement sa chevelure noire. Il posa son front contre celui de Marco.

- Marco… Ne m'abandonne pas dans ce monde… Je t'en supplie… Répond moi… La gorge de Levi se noua, il ne sentait plus son cœur.

- Tu es pitoyable.

Une voix sombre derrière Levi retentit dans toute la pièce, faisant sortir Levi de son cauchemar. Il sentit son sang se glacer. Il reposa délicatement Marco et se releva. Il fit face à l'homme qui venait d'abattre son propre fils. Levi sentit la haine et le dégoût envahir son être. Une folie psychologique s'installa dans sa tête, le séparant du monde des vivants, il perdit la raison et s'approcha pas à pas de l'assassin.

- Il n'avait pas le droit de vivre. Répliqua l'homme alcoolique.

- Tu n'as pas le droit de vivre.

- Tu ne me connais pas.

- Je sais qui tu es, et je sais que tu es immonde, un démon, un déchet organique. Levi avança vers lui, la tête baissée.

- Marco n'était qu'une erreur de la nature.

- Marco était humain et il le restera toujours. Le regard de Levi devint noir.

- C'était une merde !

- TU ES UNE MERDE ! Levi releva son visage, il était obscur, sans lumière, sans couleur, juste sombre.

- Regarde ton visage ! Tu n'es pas humain !

- Maintenant, je m'en tape d'être un humain ou non. Je veux juste détruire l'origine du problème.

Levi s'approcha rapidement de l'homme, le bousculant au sol, il passa ses jambes de part et d'autre de son torse et se plaça au-dessus de lui. Surplombant l'homme de sa folie.

- Alors quoi ? Tu vas me tuer ? Mais dans ce cas, tu deviendras comme moi, un assassin !

- Tu n'es pas la première personne que je tue. Il y en a eu avant toi, et il y en aura après toi.

Levi glissa ses mains ensanglantées dans la nuque du fou. Cette sensation, celle de sentir sous ses doigts la vie d'un homme. Celle de savoir qu'en un instant, on pouvait mettre fin à une existence. Levi resserra petit à petit ses membres autour de ce cou.

- La strangulation ? Une mort horrible pour la personne d'en dessous. Le vieux laissa un sourire traverser son visage.

- Tu ne mérites que ça.

- Vas-y, tue-moi ! Deviens un monstre !

- LA FERME !

- AHAHA !

L'homme explosa de rire, c'était un ricanement diabolique, il était possédé par l'alcool. Levi craqua et appuya de toutes ses forces sur la gorge du plus ancien. Sa respiration devint compliquée, il poussa des gémissements d'étouffements, tentant de se débattre, Levi sentit tous ses muscles se contracter, empêchant l'autre de bouger. Sa voix diminuant rapidement. Levi accentua son action et poussa un cri de rage qui traversa toute la maison. Il cessa de se débattre, poussant un dernier gémissement, un filet de salive coulant hors de sa bouche.

Il ne respirait plus depuis déjà quelques minutes, mais Levi ne cessa de maintenir sa jugulaire. Ses mains lui faisaient mal mais la douleur ne le dérangeait pas. Lorsqu'il récupéra ses esprits, il se trouva au-dessous d'un vieil homme, sans éclat de vie dans les yeux. Levi s'éloigna d'un bon, reculant de plusieurs mètres. Son cœur battait si fort et ses membres étaient tétanisés. Il releva ses mains devant ses yeux et vit qu'elles étaient rougeoyantes. Il retrouva la raison.

MARCO ! Il se releva en vitesse et glissa sur une mare de sang, tombant lamentablement au sol, près de Marco. Il ne pouvait pas y croire, rien de tout cela n'était réel.

20h01

20h43

La maison était redevenue calme, comme si rien ne c'était vraiment passé.

''Je suis en plein cauchemar, je vais me réveiller''

Levi était assis, seul dans la demeure, le regard vide. Il était comme ça depuis un moment, il n'avait pas bougé, toujours aux côtés du corps de Marco. Lorsqu'il sentit son téléphone vibrer dans sa poche. Il sortit l'appareil et vit le nom d'Erwin affichait. Il décrocha.

« Ah Levi, désolé de te déranger à cette heure mais j'aurai besoin du rapport que je t'ai demandé de rédiger pour demain, il est très important, le procureur en a besoin. Levi ne répondit rien, il était ailleurs. Levi ? Tu m'entends ?

- Marco… Levi chuchota son nom.

- Levi ? Réponds-moi. La voix d'Erwin de base calme et posé devint inquiète.

- Je l'ai tué. J'ai tué cet homme…

- Quoi ? Levi qu'est-ce que tu racontes ?

- Ce n'est pas un rêve… J'ai beau me pincer au sang, je ne me réveil pas. Tu sais, je me suis même arraché la peau, mais je suis encore là… Erwin… C'est la réalité… Levi sentit son fluide sanguin couler le long de son bras.

- Levi, où es-tu ? Erwin n'avait jamais entendu Levi parlait de cette façon, comme s'il venait de renoncer à sa propre vie.

- Chez Marco… Tu sais Erwin… Il… Il est mort. Devant moi, je n'ai rien pu faire.

- Donne-moi l'adresse ! J'arrive tout de suite ! Erwin savait que Levi ne mentait pas, il venait vraiment de tuer quelqu'un.

- 56 rue des bataillons… Sud-Est de Trost… Levi était dépourvue de sentiment. Le temps c'était arrêté pour lui.

- Ne bouge surtout pas !

- Erwin… J'ai toujours étais un monstre ». Levi raccrocha laissant Erwin au bout du fil.

Quelques minutes plus tard, Erwin débarqua, retrouvant Levi au sol, recouvert de sang. Il vit deux corps étalés face contre terre, plus aucun signe de vie émanait d'eux. Erwin comprit rapidement la scène, Levi n'était plus capable de parler, il était sous le choc.

« Levi ? Erwin s'approcha doucement de Levi. Celui-ci releva péniblement la tête, laissant ses yeux accrocher ceux d'Erwin. Il n'y avait plus rien dedans, plus aucune lueur, rien.

- Erwin… Sa voix était faible.

- Levi, lève toi, tu ne peux pas rester ici… Erwin ne savait pas vraiment comment faire.

Levi regarda autour de lui et ne vit qu'une seule couleur, ce rouge vif était partout. Il posa ses mains au sol et se souleva, Erwin tenta de l'aider mais il vit que Levi n'avait pas besoin d'aide. Il se retrouva en face de lui.

- On devrait partir. Levi avança doucement vers la porte d'entrée, lorsqu'il sentit son bras être retenu.

- Levi… On devrait rester ici quelques minutes de plus… Tu ne peux pas sortir comme ça… Erwin n'avait jamais vu Levi dans cet état. Il connaissait le passé de Levi, il savait qu'il ne supportait pas la mort de son entourage, Levi n'était pas une mauvaise personne.

- J'ai recommencé Erwin. La voix du ténébreux brisa le silence de la pièce. Enfaite, je n'ai pas du tout changé, je reste l'incapable qui se contente de tuer. Je ne suis rien d'autre qu'un monstre.

- C'est faux Levi ! Et tu le sais, tu n'es pas un incapable, ce n'est pas de ta faute. Rien n'est de ta faute.

- Si seulement je l'avais suivi… Levi baissa la tête.

- Tu n'y es pour rien, le seul fautif ici c'est cet homme.

- Que j'ai tué. Il redevint sombre. Erwin devait changer de sujet, passer à autre chose.

- Je vais appeler Hanji, elle pourra nous aider. Levi ne répondit pas. En attendant… Tu devrais aller te nettoyer les mains, puis le visage… Erwin savait qu'il ne devait pas brusquer Levi, il était en état de choc, il ne résonnait plus de façon correcte.

Levi s'éloigna d'Erwin, errant dans les couloirs à la recherche d'une salle d'eau. Il trouva rapidement la pièce et alluma la lumière. Il se retrouva en face d'un miroir. Une traînée de sang était visible sur sa joue droite. Il alluma le robinet, fixant l'eau couler sur ses mains devenir rouge. Son tee-shirt aussi était tâché. Il passa sa tête sous le jet, laissant le liquide se répendre sur sa tête. Il éteignit la pression et releva son crâne. Il resta de longues minutes devant son reflet, regardant son visage, aucunes réflexions ne lui traversa l'esprit. Il ne sentait plus rien, pas même les gouttes qui tombaient de ses cheveux encore humides. Levi ne réalisait toujours pas ce qui venait de se passer. Malgré ces images qui se répétaient en boucle dans sa tête, il ne pouvait y croire. Cette sensation de perdre quelque chose d'important, cette douleur qui s'installe dans le creux de notre gorge, qui vient envahir notre cœur, qui le rend lourd et vide. Non, il ne voulait pas revivre ça. Et pourtant, au plus profond de lui, il commençait à ressentir ce mal. Levi ferma violement les yeux, voulant oublier ce cauchemar. Mais il aperçut un homme, allongé au sol, ses yeux fixant Levi, dépourvues de vie. Il écarquilla les yeux, c'était une réalité désagréable, il venait de tuer quelqu'un. Qui est-ce ? Ah oui, c'était ce monstre, cet homme inhumain qui venait de tuer son propre fils. Son fils ? Marco ? Levi sentit tout son corps trembler. ''Non, non, NON ! '' Levi explosa son poing sur le miroir en face de lui, créant un impact qui brisa toute la surface. Sa main lui faisait mal, atrocement mal, son sang coula le long de ses doigts, chutant sur le meuble blanc de la salle de bain. Ce mal lui fit prendre conscience qu'il n'était pas en train de rêver, laissant en lui un nouveau vide. Il ne ressentait plus rien, tous sentiments avaient quittés son être. Il entendit une voix féminine, il reconnut celle d'Hanji, elle était déjà là ? Erwin a dû la prévenir, ce n'est pas grave, Hanji est une bonne personne, elle ne va rien dire. ''Je devrais sortir, je devrais juste… Quitter ces lieux''. Levi sortit lentement de la pièce, traversant une nouvelle fois ce couloir sombre.

« Putain mais on est dans la merde Erwin, Levi a grave déconné !

- Calme toi Hanji, Levi est complètement sous le choc, je suis sûr qu'il n'est pas conscient de ce qu'il a fait.

- J'imagine bien… Tu m'as déjà expliqué le fonctionnement de Levi… Je suis venue ici pour l'aider…

- Il ne faut parler de ça à personne, Levi nous fait confiance. On ne peut pas le lâcher, même s'il vient de commettre un meurtre, nous devons rester là pour lui. Tu sais comment il va finir si nous l'abandonnons, nous devons le soutenir. J'ai déjà réfléchit à une façon de le sortir de là. C'est pour ça aussi que je t'ai appelé. Tu as de l'expérience dans le domaine médical je me trompe ?

- Effectivement, Hanji comprit rapidement les intentions d'Erwin. Attend, tu vas me demander de modifier les causes de décès ?

- Oui. Erwin employa un ton sérieux et déterminé. C'est à nous d'agir. Alors j'ai besoin de savoir si tu es prête à risquer ta place pour sauver Levi ? Erwin plongea son regard dans celui d'Hanji.

- Levi est notre ami, malgré son caractère je suis sûr qu'il m'aiderait si jamais j'avais un problème, alors oui, je suis prête à tout.

- Nous sommes d'accord. Maintenant, il faut trouver une solution pour les deux corps.

- Tu as déjà pensé à un plan non ?

- Exact. Je m'occupe du rapport, on ne change pas l'histoire, Marco à était tué par son père qui était alcoolique. Une dispute familiale qui tourne mal. Levi n'apparaîtra nulle part sur le dossier. On changera la cause du décès du paternel, une mauvaise chute de sa part. Je compte sur toi pour camoufler les marques de strangulation. On garde cette histoire pour nous.

- Ça va être compliqué de changer les marques laissées par Levi… On pourrait faire croire que le père s'est suicidé, avec la pendaison, les traces autour de son cou ne seront plus un problème.

- Tu as raison, je te laisse faire le rapport de décès alors. Je te fais confiance.

Sur ces mots, Levi réapparut dans le salon, Hanji découvrit avec horreur le visage de Levi. Il était livide, la chevelure en pagaille, les vêtements couverts de sang et un regard sans sentiments. Elle s'approcha de lui, voulant le prendre dans ses bras. Elle stoppa son élan quand elle vit la main blessée de Levi.

- Levi… Hanji releva doucement le membre de son ami, remarquant quelques bouts de miroir plantés dans sa chair.

- Vous avez appelé la police ? La voix de Levi était vide, sans intonation, rien.

- Non et nous n'allons pas le faire. Erwin s'approcha de ses deux collègues.

- Vous devriez le faire, je viens de tuer deux hommes.

- Marco n'est pas mort par ta faute Levi ! Hanji resserra son emprise.

- Je n'ai rien pu faire pour lui, c'est comme si je l'avais tué. Je devrais juste terminer en taule comme la merde que je suis. Levi remonta sa tête et fixa Erwin. D'ailleurs, pourquoi le jour où tu m'as vu, tu as voulu m'aider ? J'étais déjà une merde à l'époque, tu aurais dû me laisser crever. Sans moi, rien de tout ça ne se serait passé.

- Ne dis pas ça Levi, rien n'est de ta faute ! Hanji affichait un visage triste et compatissant.

- Hanji et moi avons mis en place un plan pour te sortir de là, tu n'iras pas en prison et tu pourras reprendre ta vie.

- Reprendre ma vie ? Laisse-moi rire. Je refuse que vous risquiez votre carrière pour moi. J'ai déconné et je vais en assumer les conséquences.

- Nous ne te demandons pas ton avis. Nous avons pris une décision, que cela te plaise ou non.

- Pourquoi vous faites ça ? Levi ne comprenait pas pourquoi ces deux là voulaient le sauver.

- Tu es notre ami Levi, je serais prête à tout pour toi. Je ne peux pas te laisser tomber… Hanji était remplie de peine.

- Je ne vous comprends pas.

- Tu n'as pas besoins de nous comprendre, nous avons nos raisons. Erwin resta calme.

- Levi… Qu'est-ce que tu as fait à ta main … ? Hanji tenta de soigner son ami lorsqu'il se dégagea de son emprise.

- C'est rien. La voix de Levi n'exprimait plus rien. Je vais rentrer maintenant, je n'ai plus rien à faire ici. Levi contourna Hanji et s'approcha de la porte d'entrée.

- Tu n'es pas en état de conduire Levi, tu viens de vivre un choc, laisse-nous t'aider. Le ton d'Erwin se voulait rassurant envers son collègue.

- Erwin à raison, je peux te ramener.

- C'est bon, je peux rentrer moi-même, je vais bien. J'ai juste besoin d'être seul. Levi sortit dehors mais il fut stoppé par son amie.

- Ecoute Levi…

- S'il te plaît Hanji, laissez-moi seul. Hanji sentit tout le malheur de Levi traverser ses paroles, elle décida de le lâcher, au fond, elle le connaissait. Le forcer à rester avec eux était loin d'être la meilleure solution.

- Je viendrai te voir quand on aura … Réglé tout ça…

- Fait comme tu veux. »

Levi monta dans sa voiture et alluma le contact. Hanji lui adressa un dernier sourire puis il partit en direction de son appartement.

Erwin et Hanji réussirent à faire passer le meurtre commit par Levi comme étant un accident. Marco avait été tué par son père qui était sous l'emprise d'alcool. Le plus âgé, reprenant connaissance, découvrit le corps inerte de son fils, c'est alors qu'il décida de se pendre. La mort était sa seule porte pour effacer sa culpabilité. Rien ni personne ne découvrit que Levi était venu dans cette maison. Il n'était pas en danger. Cependant, Levi n'était plus le même. Restant seul dans son appartement, à ruminer les dernières paroles du vieux. Il était un monstre, depuis le premier jour. Hanji venait régulièrement lui rendre visite, essayant de lui redonner le sourire, mais il était devenu encore plus froid qu'avant. Il avait perdu une nouvelle fois l'espoir. Tout était redevenu monotone, sans but, il était en train de devenir comme tout le monde. Il ne souriait plus, ne rigolait plus, il soufflait en permanence, se plaignant de tout. Les jours passèrent, et il retourna au bureau, le seul endroit qui lui permettait de faire quelque chose. Mais encore là-bas, il entendait des histoires sur la mort de jeunes junkies. Levi se contentait de vivre, en attendant de voir ce que demain lui préparait, mais au fond de lui, il savait qu'il n'y avait plus rien de beau dans ce monde, que la vie était cruelle et injuste. Oui, Levi avait totalement perdu espoir.

*fin flashback*


Et c'est sur cette fin que l'histoire de Marco s'achève. Ce chapitre m'aura donné du fil à retordre, c'est le plus long que j'ai écrit et ça demande beaucoup de travail ! Mais je suis fière du résultat et j'espère qu'il vous plaît. Pour revenir sur ce passage, la mort de Marco provoque en Levi un nouveau traumatisme qui explique son air blasé et son manque de foi pour la vie. Pour lui, il n'y a rien de beau dans ce monde, mais peut-être que cette vision va changer !

Pour la suite de l'histoire, je vous préviens avec regret qu'il n'y aura pas de chapitre la semaine prochaine, je suis plongée dans les révisions et je n'ai pas le temps d'écrire. Déjà cette semaine, j'ai eu du mal à finaliser ce chapitre. Mais je vous rassure, c'est à titre exceptionnel, dès que j'aurais terminé mes épreuves blanches, je reviens en force avec de nouveaux chapitres toutes les semaines !

Merci à tous de suivre cette Fanfiction et n'hésitez pas à laisser des reviews ^^ A bientôt !