Seattle, été 1976.

Le lycée accueillait l'été en arborant les couleurs bordeaux et or de son équipe de football. Le capitaine Swan, le poing levé remontait le moral de son équipe. Ils perdaient, minable se jurait-il. Une bande d'empaffé qui ne sert à rien !

Heureusement qu'il était là lui, le seul qui vaut le coup dans cette équipe de bras cassés. Il faisait extrêmement chaud et tout le monde transpirait à grosse goutte, les yeux embués par celle-ci. Aucun ne contesta les indications vindicatives de Charlie. Tout le monde connaissait son tempérament explosif, on ne lui répondait pas, on attendait qu'il se taise ou mieux, qu'il se barre.

Le match se termina et il tonna de rage. Le maboule Swan s'était réveillé et le tonneau d'eau ne résista pas à son coup de pied, il s'écrasa sur le banc de touche et se déversa. Le coach essaya de le calmer, gueulant plus fort que lui, mais il lui envoya une droite en plein sur le nez.

- Tu dégages Swan ! t'es viré de l'équipe et tu peux te foutre au cul ta recommandation pour la bourse sportive !

Ca ne parlait plus dans les gradins ni sur le terrain, la réaction de Charlie ne se fit pas attendre, il se rua sur le coach et lui cassa la figure comme il savait si bien le faire.

C'était le dernier match de l'année, les diplômes avaient déjà été distribués, il ne pouvait pas revenir sur sa promesse de recommandation, il n'avait pas le droit.

Quand le coach ne se releva plus et agonisait par terre, il fit demi-tour et partit au galop jusqu'aux frontières de la ville.

Ses parents vivaient dans le quartier le plus démuni, jonché d'ordures et des gars les plus louches. Un « ptit coin de paradis » où il avait appris à vivre. Une vie de bagarre aussi bien domestique que dehors, il s'était forgé à coup de raclé et c'est ainsi qu'il résolvait les problèmes. On ne vient pas à bout d'un malabar 1m95 avec des câlins.

Il ne s'était pas arrêté de courir, jusqu'à atteindre le numéro 412, une baraque délabrée avec un toit et une façade qui tombaient en ruine, un trou dans le mur permettait même de rentrer par l'arrière cours. Il l'entendit gueuler et un frisson glaça sa colonne.

Il surgit sur le perron cabossé, une bouteille de gnôle à la main.

- T'es qu'un putain d'incapable.

Il évita vivement la bouteille, son père le prit comme une attaque. Il vint le chercher et le ramena dans la maison en lui tirant les cheveux, il finit à genou dans l'entrée.

- Tout le monde se fout de ma gueule parce que mon bon à rien de fils ne sait même pas jouer au football.

Il lui envoya un coup de pied dans les côtes et il l'encaissa sans broncher. Sa mère était assise à même le sol, le nez rougit par le sang et des pleurs qui n'en finissaient plus.

- Arrête de chialer ! C'est de ta faute ! Tu lui as donné tes gènes de feignasse !

Il mit deux baffes à lui faire tourner la tête à 360°

- Aller Chiale comme ta mère ! T'es qu'une loque.

Barney Swan somma à sa femme de lui servir une bière et de fermer un peu sa gueule. Impossible qu'il ne parle sans crier, jurer, la gentillesse était bannie ici.

Les menaces pleuvaient, les femmes étaient revenues au temps de caverne et c'était le lot quotidien d'un bon nombre de famille dans le coin.

Charlie détestait son père, mais il lui avait inculqué des valeurs qu'il jugeait essentielles pour survivre dans ce monde.

Sa mère s'exécuta rapidement, puis, elle retourna en cuisine, la seule place qu'elle méritait et elle « soigna » du mieux qu'elle put son fils.

Fils qui ne lui donnait guère plus de considération que son mari, qui lui fendait le cœur à chaque fois qu'il la giflait pour un diner froid, des chaussettes mal pliées, ses vexations sur son poids.

Elle ne pouvait croire que le beau bébé qu'elle avait mis au monde pouvait autant la haïr. Elle se souvenait des nuits entières qu'elle passait prés de son berceau sur une chaise en bois rigide, le protégeant de son alcoolique de père. Elle était alors son monde et il lui donnait beaucoup d'affection. Le bébé avait grandis, bien trop vite, bien trop durement. Barney en avait fait sa saleté de réplique.

Il l'avait formaté avec toutes ces conneries de domination masculine, d'éducation par la raclée, de l'obéissance, du respect. Les femmes n'étaient que des esclaves et il fallait qu'il le comprenne. Charlie avait compris, un peu trop bien même.

Les rares filles qu'ils avaient amenées ici, n'étaient jamais restées plus que quelques jours. Une fille que l'on forçait à refaire un lit ou nettoyer le linge de son petit ami après un jour de relation, prenait vite ses jambes à son cou.

Elle les comprenait et les enviait beaucoup. Quand elle avait rencontré Barney à ses 15 ans, il l'avait mise enceinte après leur première nuit. Une nuit d 'horreur où il l'avait mordu à différents endroits pour la marquer comme sienne. Elle était sa femme et personne à part lui ne la voudrait. Selon lui, elle n'était pas franchement belle, ses grosses cuisses feraient fuir les hommes, lui avait bon cœur, il lui offrait un foyer pour leur enfant, si tant est qu'elle ferme sa gueule et lui obéisse.

Jenna Fischer, l'avait cru sans y croire. Elle n'avait plus que cette alternative, elle n'irait pas au secondaire, étant enceinte. Et sa mère l'avait déjà élevé seule quand son père avait pris la fuite à l'annonce de sa grossesse. Elle savait qu'on ne vivait pas bien sans père.

Elle avait donc accepté et un samedi, il s'était pointé chez elles pour l'emmener. Ils attendraient ses 16 ans pour le mariage et sa mère s'en offusqua. Ce rustre de Barney n'emmènerait jamais sa fille. Il la frappa et força Jenna à monter dans la voiture.

- Dis Adieu à ta mère Jen, ria-t-il en mettant le contact.

Maggie Fischer s'effondra sur sa pelouse pleurant sa fille qu'elle ne reverrait jamais.

Jen haïssait l'homme qu'elle épousa quelques mois plus tard, mais elle n'avait plus que lui en ce monde. Il l'avait arraché à sa famille, ses amis, la coupant volontairement du monde en l'éloignant de millier de kilomètres de sa ville d'origine. Il choisit Seattle, le cauchemar commença, des viols quotidiens, parfois même, il la forçait à satisfaire ses « amis », elle ne vivait que pour et par lui.

Quand elle tomba enceinte de Charlie, il se calma le temps de la grossesse, il insistait pour lui signifier qu'elle devenait aussi grosse qu'une vache, que pour la sauter faudrait vraiment être bourré. Elle crut qu'il ne la frapperait plus, elle avait tort. A peine revenu de la maternité qu'elle prit ses rafales en plein visage.

Son sale gamin n'arrêtait pas de pleurer et ça l'empêchait de cuver. Elle perdit le poids de sa grossesse en deux semaines, il ne la nourrissait plus, l'enfermait dans la cave avec le bébé pour ne plus les entendre. Elle voulut fuir, mais Tobby, le vétéran du vietnam, ami proche de Barney la retrouva errante. Il la ramena chez elle et l'enfer des violences sexuelles reprit.

L'environnement n'était pas sain pour Charlie, il entra dans le monde de son père sans plus de lucidité.

Lors de l'été 1976, Charlie rencontra Renée Scott. Une petite blonde décolorée et beaucoup trop maquillé. C'était ce qui l'attira le plus quand il la vit. Elle portait des jeans moulant avec des hauts échancrés. Il s'était d'abord renseigné sur elle. Le parc Roosevelt était fréquenté par tous les jeunes de Seattle, qu'importe le lycée qu'ils fréquentaient ou la classe sociale. Elle venait d'un petit quartier bourgeois, élève dans un lycée privé ultra conservateur, elle faisait partie de différente association caritative et son père, passait un peu pour un génie. Il était inventeur, un truc du genre à ce qu'il comprit, on parlait de brevet à son sujet, mais pour Charlie, un brevet c'était un papier pour la natation ou ce genre de truc.

Elle le captivait littéralement, sa bande d'amie, toutes aussi riches qu'elle, formaient une élite intouchable. Elle n'en n'était que plus tentante. Il s'approcha peu à peu de leur cercle dans l'herbe.

Elles riaient de la maladresse des garçons, de leurs bêtises et il se retint d'aller la corriger pour son manque de respect. Mais Charlie était loin d'être con. Il n'était pas comme son père qui réfléchissait avec l'alcool. Il savait que pour attirer ce genre de gibier, ça ne servait à rien de faire rouler les muscles. Elle cherchait le frisson, le gars pas fréquentable que papa réprouverait. Mais pas non plus un salaud qui lui inculquera le respect que son père ne lui avait pas appris.

Il s'installait contre un arbre, avec son perfecto en cuir qu'il avait volé à Phillips dans son quartier. Il ne fumait pas, c'était pour les lopettes comme Barney le disait. Un jour elle vint le saluer. Il se sentit triompher, il joua au gars sensible à l'apparence de loubard.

Elle tomba dans le panneau très facilement. Il se contenait au mieux à écouter ses conneries de féminisme et lui promettant une belle vie. Elle n'écartait pas facilement les cuisses et ça commençait à l'ennuyer sévère.

Elle aimait le rejoindre en pleine nuit, derrière un chêne de son immense jardin. Ils se plotaient gentiment, même si Charlie devenait de plus en plus insistant et que Renée s'inquiétait de ses accès de brutalité.

Elle n'oubliait pas la fois où elle avait renversé accidentellement son verre de coca sur son jean et qu'il lui avait mis une baffe à lui décrocher la tête. Il lui avait dis que c'était une maladie et qu'il se soignait. Elle se promit d'être compréhensive, après tout, il était si charmant et attendrissant avec ces manières d'homme peu recommandable.

Les cinq premiers mois de leur relation Charlie s'était contenu au mieux. Cette fille, il la sentait bien et il ne voulait pas la voir fuir.

Renée abandonnait peu à peu ses passions, les associations dans lesquelles, elle était bénévole. Ses parents la voyaient de moins en moins. Le soir où son père fit sa première attaque cardiaque, elle était si vulnérable qu'il put en profiter. Elle lui donna ce qu'elle estimait le plus. Un cadeau qu'il lui arracha dans la douleur et un pseudo romantisme feint.

Son père mourrait petit à petit, elle n'était pas présente à ses côtés et s'en voulait beaucoup, cependant charlie devenait collant, possessif. Le jour de l'enterrement, il la demanda en mariage. Il avait tout planifié, un de ces amis étudiant en droit, qu'elle n'avait vu qu'une seule fois, lui avait trouvé un poste d'adjoint dans le petit commissariat de forks. Sa vie se dessinait brutalement sans qu'elle n'ait part à la discussion.

La lune de miel fut un long calvaire qu'elle passa principalement au lit. A subir les envies lubriques de Charlie, son penchant pour l'alcool et son projet de formatage. En deux mois, il l'avait brisé, l'étincelle qui allumait son regard auparavant avait disparu. Elle n'était plus l'innocente jeune fille de bonne famille, mais la bonne tout court de son mari.

Il voulait ardemment un enfant et elle essayait de préserver un être innocent du diable en personne. Elle ne pouvait lutter contre la nature. Elle tomba enceinte trois fois avant de mener à terme la grossesse.

Le premier, elle le perdit après 3 petits mois, un coup de pied dans le ventre et l'hémorragie avait débuté. Le deuxième tint à 6 mois et le troisième à 7, à chaque fois, les poings de Charlie avaient été meurtriers pour sa progéniture.

Il n'y avait pas d'échographie durant sa quatrième grossesse et ils découvrirent à la naissance que c'était une petite fille. Renée était aussi effrayée que comblée. Charlie n'en voulait pas, une fille n'était pas une descendance, une bouche supplémentaire à nourrir tout au plus.

Pourtant, Renée comprit que si elle faisait exactement ce qu'il attendait d'elle, en encaissant ses coups sans bronchait, Bella ne risquait rien.

Pendant leurs sorties en public, il était un semblant de père aimant, qui cajolait sa fille. La pauvre petite n'y comprenait rien, à la maison, il était intouchable et colérique, et dehors, ils jouaient au ballon tous les deux.

Renée lui expliquait souvent qu'il ne fallait pas qu'elle mette en colère son père, ce qu'elle comprit très tôt. Ses fessées étaient très douloureuses et elle ne reproduisait jamais deux fois les mêmes bêtises.

Renée préparait sa fuite depuis la naissance d'Isabella. Des économies de bout de chandelle qui lui permettrait de prendre un bus et de fuir ce monstre le plus loin possible. Il avait l'œil à tout. Les dépenses étaient calculées aux centimes prés et elle avait plutôt intérêt d'avoir une bonne excuse s'il manquait de l'argent.

Chaque jours, elle ajoutait dans son journal, qui lui servait aussi de livre de compte et de tirelire, les centimes emmagasinés par ci par là. Un oubli dans un caniveau, sur le parking du supermarché,… elle récupérait tout, Isabella cherchait aussi avec elle, prenant le tout comme un jeu enfantin.

Elle promit à sa mère de ne pas le répéter à son père, pour ne pas le mettre en colère. La vie à la maison était régentée par un mari sadique et sournois. Il avait éduqué Bella à son service, au respect, à l'obéissance. Le tout sans jamais éveillé le moindre soupçon. Pour ses instituteurs, Bella était une fille timide, sage et intelligente. Elle apprenait très vite, Charlie disait à qui veut l'entendre qu'elle était sa fierté, que sa famille était un modèle…

Renée aurait pu lui vomir au visage à chaque fois qu'elle l'entendait dire ça. Il ne frappait pas Bella pour la punir, sauf quand elle dépassait ses bornes… et quand il devait corriger sa femme, il emmenait Bella à l'étage en lui précisant qu'il devait avoir une discussion avec sa mère.

Elle étouffait ses cris dans son torchon à cuisine. Encaissant ses poings et priant intérieurement à un avenir meilleur pour sa fille et elle. La somme fut longue a obtenir, le bus jusque New York était hors de prix, mais elle y arriva.

Charlie partit au travail et elle habilla Isabella pour l'école, comme prévu.

Elle n'avait aucune confiance en ses voisins. Quand Charlie reviendrait et ne les verrait pas à la maison, il se renseignerait auprès d'eux. Elle ne devait éveiller aucun soupçon. Elles prirent le chemin de l'école, bifurquant à une trentaine de mètre pour rejoindre la gare centrale.

Elle intimait à Bella de marcher doucement, sans regarder qui que ce soit.

Elles n'arrivèrent jamais à New York.


Chapitre différent, ayant sa part d'importance pour la suite de l'histoire. J'imagine que vous auriez préféré une chapitre sur Edward et Bella, vu le rêve de celui-ci... Au prochain chapitre les ami(e)s, au prochain... ;)

En tout cas, MERCI, c'est énorme d'avoir vos ressentis, de pouvoir lire ce qui vous a plu ou déplu, les émotions qui vous ont parcourus, c'est un merveilleux cadeau que vous me faites en m'écrivant!

Petites réponses à vos mots:

Gintonique:"Par contre ok Bella n'a que 15 ans mais on est le total melo là, elle pourrait apprendre à réfléchir franchement xo " Elle pourrait réfléchir, mais il faudrait sortir d'un quotidien étouffant et frustrant... Bella va sur ses 18 ans, j'ai du me tromper dans l'histoire si j'ai écris 15.

Hera 09: "j'aurai bien aimé savoir ce qu'il ce serai passé si Carlisle n'avait pas reçu d'appèl vu qu'il est medecin il a du reconnaitre certain signe

et bien Edward fait des rève vraiment vraiment tres chaud

le probleme c'est que maintenant il va vouloir s'ecarté d'elle non?"

S'il n'avait pas eu d'appel... il aurait sans doute pousser l'interrogatoire plus loin, mais l'histoire aurait été grandement modifiée et raccourcie... S'écarter d'elle...? Réponse au prochain chapitre ;)

Princess CC:"Au lieu de fantasmer , il devrait ouvrir un peu plus les yeux, face au comportement de son élève et à ses problèmes."

C'est exact, pour lui, les problèmes de Bella ne sont que des malêtres d'adolescentes...

Tari12:"ouh ! Mais il est chaud bouillant cet Edward ! (ouais, de tout ce chapitre, j'ai retenu que le lemon ^^" ;) :D :D

Capie17:"Pauvre Bella, elle a vraiment le cerveau retourné, mais personne ne voit les bleus ou les blessures ?" Charlie est flic ( malade mental, mais flic quand même), il sait quoi dire, faire ou montrer pour que les personnes croient ce qu'il veut. Bella a apprit très jeune à cacher soigneusement les coups et il sélectionne les parties à frapper... Quand les coups sont visibles, il a toujours une bonne histoire pour endormir les soupçons...

Asuna93 (merci d'avoir partagé tes ressentis à haque chapitres ;) ): "M. Cullen n'a pas à s'en faire de toute façon Bella sera bientôt majeur

et même si son père la garde en tant que prisonnière/esclave/défouloir,"

Bientôt majeur, oui, elle pourrait partir, aller à la fac, trouver un job, sortir avec ses amis, trouver un mec bien, passer son permis, voyager dans un autre état, si elle le veut et le peut... Elle est loin d'arriver à prendre ce genre de décisions...

J'espère que ce chapitre vous a "plu"... tout du moins intéressé. Sujet délicat, je ne cherche pas à vous tirer les larmes, mais j'expose un passé familiale "imaginaire", qui n'explique pas tout, ne pardonne rien, mais qui relativise et met en relation certains comportements dans les événements actuels de la fiction.

A moi d'attendre vos messages à présent :) Partie la plus plaisante :) :) ou pas :s