On y retourne ! Tout d'abord merci à Dreamylove, Larosesurleau, Missdsp, Lisa1905, Grazie, et MissCC pour vos reviews qui me motivent, vous ne pouvez pas imaginer à quel point!

Gros bisous à ma Bambina pour avoir lu et corrigé.

Dreamylove : La réponse à ta 1ère question dès la 1ère phrase. Et merci pour tes reviews qui me font bien rire toute seule devant mon écran! Continue... Biz

Bon c'est pas encore gagné entre eux, pas dans ce chapitre, mais je ne vais vous promener pendant 50 chapitres donc...

Bonne lecture


Et Demetri monta dans la voiture. Quand la portière claqua, mon cœur s'effrita et je me laissai tomber sur les marches en bois. Je suivis du regard le véhicule jusqu'à ce qu'il disparaisse dans le virage et je me mis à pleurer doucement l'homme qui m'avait tant donné sans recevoir grand-chose en retour. Je restai longtemps ainsi jusqu'à ce que quelqu'un s'assoie à côté de moi.


Je tournai la tête et je vis Paul qui m'observait en fronçant les sourcils.

- Ça va ?

- Oui, oui... Répondis-je irritée qu'il me voie comme ça, et donc sur la défensive.

- Ton copain est parti ?

- Oui, il est rentré en Italie.

Je me levai, époussetai mes fesses et toisai le mec qui me rendait dingue. Il ne semblait pas convaincu par ma réponse, mais je passai outre.

- Que fais-tu là ? Demandai-je, un peu sèchement.

- Bella, tu recommences. Soupira-t-il.

- Pardon ! Mais ça ne répond pas à ma question. Repris-je plus gentiment.

Il me fit son sourire charmeur.

- J'ai ramené ton père. Sa voiture, enfin ta voiture, n'a pas voulu démarrer.

- Où est-il ?

- Au téléphone et il m'a demandé de m'occuper de toi. Ironique non ? Persifla-t-il.

- Si même mon père se met contre nous, on est foutu. Ricanai-je.

- On va faire comme s'il était à côté de nous, ça devrait nous tenir à distance, non ?

Je ris franchement cette fois et je lui proposai une boisson. Il accepta et me suivit docilement. Nous continuâmes à discuter.

- Mais dis donc, tu ne devrais pas être au boulot toi ?

- Je travaille cet après-midi.

- Mais alors pourquoi tu es parti aussi tôt, hier ?

- Parce que j'étais fatigué tout bêtement. On n'a pas mal de taf ces temps-ci. Se justifia-t-il et je fis semblant de le croire.

- Rien de grave j'espère. M'inquiétai-je tout de même.

- Non, des vols à la tire et des dégradations de magasins, mais on n'arrive pas à les coincer, ça m'énerve.

Mon père arpentait le salon, l'oreille collée à son portable, il me fit un petit signe de la main. Je me rendis compte que j'avais un peu faim, Paul me dit que ni lui, ni Charlie n'avait mangé. J'attrapai un plat que j'avais congelé 15 jours plus tôt. Pendant qu'il chauffait dans le micro-onde, Paul m'aida à dresser la table, nous étions aussi embarrassés l'un que l'autre et je surveillais tous mes gestes pour ne pas entrer en contact avec sa peau ou son corps. Quand je pris dans mes bras, le vase de roses rouges, je lui posai la question qui me brûlait les lèvres...

- Est ce que... tu sais qui m'a offert ces magnifiques fleurs ?

J'avais modifié ma question en parlant, je ne pouvais pas lui demander s'il m'avait offert ce bouquet, il n'avait aucune raison de le faire. Les roses étaient mes fleurs préférées, cela il ne le savait pas mais en plus la couleur rouge signifiait la passion et cela il ne l'éprouvait pas, enfin pas pour moi. Il les admira d'un regard insondable.

- Tu n'en as pas une petite idée ?

- Absolument aucune. Je sèche, et pourtant j'aimerais remercier son expéditeur. Elles sont vraiment magnifiques et puis j'adore leur parfum. Tu sais, ce sont mes fleurs préférées, et rouges en plus !

Mon enthousiasme l'amusa et il haussa légèrement les épaules en disant.

- Tu devrais mener l'enquête.

- Je compte bien trouver, fais moi confiance.

Il souriait toujours et Charlie entra.

- Hum, ça sent bon. Tu manges avec nous Paul ?

- Je l'ai déjà invité, papa.

Il grommela dans sa barbe un truc que je décodais comme "ne rien savoir aux rapports entre sa fille et un de ses agents", en se lavant les mains et nous passâmes à table. Ils parlaient de boulot et moi je les écoutais sans commenter. J'étais juste bien, Paul et moi étions parvenus à rester dans la même pièce sans nous engueuler, ni nous embrasser et j'espérais que ce jour serait le premier d'une longue liste. Je le contemplais, fascinée, tandis qu'il expliquait à Charlie comment il avait fait avouer l'ado qui libérait tous les animaux en cage de Forks. Il sentit mon regard sur lui et il me sourit, sans trace moqueuse ou méprisante. C'était un vrai sourire et le sang bouillonna dans mes veines.

Je me levai pour préparer le café et quand je me retournai pour débarrasser la table, Paul était juste derrière moi et je butai contre ses pectoraux. J'eus encore plus chaud, tous mes sens en alerte, cet homme représentait un danger pour mon rythme cardiaque. Il avait arrêté son geste et il me regardait, des assiettes dans une main et un saladier dans l'autre. Pour n'importe qui, il aurait eu l'air ridicule comme ça, les bras en l'air, mais moi, je le trouvais terriblement craquant. De toute façon, à mes yeux, il était sexy quelque soit sa tenue ou la situation. Il demanda d'une voix sourde.

- Où dois-je les poser ?

Je retombai sur terre et lui indiquai l'évier, où voulait-il les poser ? A moins qu'il ne parle de ses mains, et là j'avais plein d'idées à lui soumettre, mais je doutais qu'elles soient raisonnables pour nous et encore moins avec Charlie dans la pièce à côté. Il obtempéra sans un mot puis attrapa les verres et les couverts au moment où je saisissais une bouteille sur la table. Nos mains se frôlèrent et l'électricité présente dans l'air, envahit mon corps et me fit frissonner de la tête aux pieds. Je crispai mes doigts sur la bouteille en tremblant légèrement et murmurai.

- Va rejoindre Charlie, je vais terminer toute seule... Merci Paul. Ajoutai-je plus bas.

Il me jeta un regard impénétrable et sortit de la cuisine, je m'appuyai contre l'évier et inspirai profondément. Je fis la vaisselle rapidement et quand le café fut prêt, j'avais repris contenance et je leur apportai en souriant. Charlie suivait les infos à la télé, Paul était debout près de la fenêtre et regardait dehors, son visage était fermé, si différent de l'homme plein d'entrain qui racontait des anecdotes au cours du repas. Je posai la tasse devant lui, il but son café d'un trait sans me regarder.

- Je dois y aller. Merci beaucoup de m'avoir invité.

Sans se retourner, Charlie lui fit un signe de la main et moi, je restai là à le regarder s'enfuir, car je le ressentais comme ça, il me fuyait. La tension entre nous était trop forte et la seule chose à faire était de nous éloigner. Il me sourit.

- A bientôt, Bella. Ton repas était parfait, tu es vraiment très bonne… cuisinière. Rajouta-t-il vivement.

Et à ma grande surprise, je vis sa peau cuivrée s'enflammer, il rougissait ! Cela me rassura de savoir que je n'étais pas la seule à subir les effets de la tension entre nous. Et il disparut avant que j'eus le temps de réagir. Je montai dans ma chambre et je me jetai sur mon lit, le parfum de Demetri sur les draps, me surprit. En présence de Paul, j'avais complètement oublié que mon italien m'avait aussi quittée pour rentrer dans son pays. Je ricanai comme une démente, j'avais un effet terrible sur les hommes, je les faisais fuir. Bah, je les comprenais après tout, quand ils s'intéressaient trop à moi, ils finissaient en prison ou au cimetière. Je serrai l'oreiller dans mes bras et le sommeil eut raison de moi.

Mon GSM me réveilla, Leah semblait en pleine forme et sa voix me vrilla les tympans.

- Coucou tombeuse! Comment vas tu ? Rigola-t-elle.

Je grognai sans répondre et elle continua sans se préoccuper de ma mauvaise humeur.

- Tu dois tout me raconter ! Tu te souviens ! Paul, hier devant chez moi.

- Leah, t'es lourde !

- Pfff et toi, t'es pas drôle ! Allez raconte.

- Bon on s'est réconciliés, on a failli s'embrasser et on a décidé d'éviter les tête-à-tête. Et on ne se débrouille pas trop mal, puisqu'il a mangé chez moi aujourd'hui et que tout s'est bien déroulé parce qu'il y avait Charlie. Contente ?

- Dit comme ça, c'est aussi passionnant que ma liste de courses ! Bon alors, je vais à la pêche aux infos. Demetri est reparti c'est ça ?

- Oui mais comment tu sais ça ?

- Sam a entendu ce qu'il demandait à Quil. Alors, tu as dit à Paul que c'était fini entre ton italien et toi ?

- Non, ça ne s'est pas présenté. Écoute Leah, je trouve adorable que tu veuilles absolument me caser avec ton beau voisin, mais laisse moi gérer ça à ma façon, ok ?

Il y eut un blanc sur la ligne puis elle dit.

- Je ne suis pas certaine que ce soit la meilleure chose à faire, mais je vais regarder comment tu te débrouilles et promis je n'interviendrai pas... enfin pas tout de suite.

- Merci, ça me touche ! Ironisai-je.

- Mais de rien, ma chère, ça sert à ça les amis ! Oh, pour changer de sujet, t'aurais pas quelque chose à me raconter au sujet de ma mère ?

Je ne savais pas ce que Leah pensait de la séparation de nos parents et j'hésitai à lui raconter ma rencontre avec Sue.

- Pourquoi ? Elle t'a parlé de moi ? Éludai-je.

- Elle m'a demandé si je t'avais revue et ce que je pensais de toi. Billy lui a dit que tu étais de retour à Forks, c'est d'ailleurs pour cela, qu'elle et Tiffany, ne sont pas venues à la soirée en l'honneur de Jake. Mais là, je l'ai trouvée bizarre et fatiguée. Je me suis demandée si tu avais une idée de son problème.

- Ben en fait je l'ai rencontrée dans les rues de Forks et je crois que je l'ai un peu... engueulée...

J'appréhendais la réaction de Leah, après tout c'était sa mère et je me souvenais qu'elle avait eu du mal à accepter la relation en elle et Charlie.

- Comment ça tu l'as engueulée ? Dit mon amie d'une voix plus froide.

- Ben... je lui ai... enfin... à cause de mon père. Bredouillai-je en regrettant mes paroles contre Sue.

- Je ne comprends toujours pas, qu'est ce que ton père vient faire dans l'histoire ? Ils se sont séparés d'un commun accord, non ?

- Ah, c'est ça, la version officielle ? En fait, non, ta mère a jeté Charlie et il est très malheureux et j'ai l'impression qu'elle l'est tout autant, non ?

Leah ne répondit pas tout de suite, elle devait réfléchir à toute cette histoire.

- Swan, tu es nulle quand il s'agit de tes propres relations, mais je dois dire que sur ce coup, tu m'épates. Je dois avouer que j'ai rien vu, mais tu as raison. Ma mère est malheureuse depuis qu'ils se sont séparés, je croyais que c'était à cause de Jacob, mais ça n'explique pas tout. Mais pourquoi elle a quitté Charlie si elle l'aime encore ?

- Encore une histoire de quileute et de non-quileute !

- Merde ! Je trouve que ça à dire. Et ton père, qu'est ce qu'il en dit ?

- Il bosse comme un dingue et va à la pêche avec Billy. Sinon il se morfond dans sa solitude.

- On peut dire que ton père et toi, vous avez le truc pour avoir des relations compliquées ! Ricana-t-elle.

- Un truc de Swan sûrement ! Admis-je en riant aussi.

- Bon, puisque je n'ai pas le droit de m'occuper de toi et de mon beau voisin, je vais voir ce que je peux faire pour ma mère et Charlie.

- Leah, tu devrais changer de boulot et monter une agence matrimoniale ! Plaisantai-je.

- T'as raison ! Si j'arrive à caser le père et la fille Swan, je crois que je pourrai marier n'importe qui !

J'étais quand même étonnée quelle s'emballe comme ça, la séparation de Sue et Charlie aurait dû la soulager, elle n'avait accepté leur rapprochement qu'avec réticence.

- Tu as bien changé Leah. Et tu m'épates aussi ! Je me souviens de la fille qui ne voulait pas que je devienne sa sœur par alliance.

- J'ai grandi Bella et j'ai quitté la maison familiale. Ma mère est toute seule, Seth n'est jamais là et puis, pour le moment, mon frère est un abruti fini, donc c'est mieux comme ça.

- Ça ne s'arrange pas avec lui ?

- Si un peu, t'as vu hier, il fait des progrès, on va bien voir, en plus là, j'ai demandé à Quil de le sortir en boite. Comme ça, tout le monde est content, notre célibataire n'est plus tout seul et peut être qu'il arrivera à influencer Seth dans le bon sens. Notre petit Quil est un brave mec et je sais qu'il agira sans même s'en rendre compte, ce n'est pas un calculateur.

Je secouai la tête, Leah prenait à cœur la vie de ses amis et de sa famille, elle en devenait machiavélique, j'espérais qu'elle tiendrait sa promesse en ce qui me concernait, sinon j'avais du souci à me faire.

- Bon ma petite Bella, j'ai du taf sur la planche ! Je vais te laisser. On se voit vendredi prochain chez Kim et Jared ?

- Heu... je ne sais pas, je n'ai pas été invitée.

- Mais si, Kim compte sur toi. Bises, gamine ! Et n'oublie pas moi aussi, je compte sur toi...

Je soupirai très fort et elle l'entendit, elle éclata de rire. Puis je lui posai la question qui me taraudait.

- Est ce que Rachel est revenue à Forks ? Marmonnai-je.

- Tu vois que tu as besoin de moi ! Ricana-t-elle. Et bien, non, toujours pas et ça rend Billy très malheureux. Je sais que Paul passe beaucoup de temps avec lui, mais par contre, lui, il ne dit rien, comme d'hab.

- Merci Leah, je passerai voir Billy dans la semaine. Salut, bon courage avec ta mère.

Et je raccrochai en souriant, je ne savais pas si c'était parce qu'elle allait tout faire pour que nos parents se rapprochent ou parce que Rachel ne venait pas voir Paul. Mais j'étais triste pour Billy, c'était sa fille et elle devait lui manquer. Je me demandai aussi comment elle allait, je ne savais même pas si elle avait eu des séquelles de notre bagarre au club. Il fallait que je trouve des infos et je savais qui pouvait m'en donner.

- Salut Bella. Me dit Kate au bout du fil.

- Salut Kate. Alors tu as toujours la main leste ? Attaquai-je en rigolant.

- Hé, tu l'avais cherché ! En plus, ton copain mourait d'envie de le faire, mais il est trop bien élevé pour frapper une femme. Se défendit-elle.

- Je sais bien et tu as eu raison, sinon je me demande comment ça aurait fini. En fait je ne suis pas très fière de moi. Je l'ai bien provoquée.

- Heureuse que tu le reconnaisses. Emmett a même dit que tu pouvais être une belle garce. Je n'irai pas jusque là, mais je me demande d'où sort ta haine de Rachel Black.

- C'est compliqué. Dis-je sans vouloir m'étendre sur le sujet.

- Bella, ne me prends pas pour un lapin de trois semaines, je pense qu'il y a un mec là-dessous, mais je n'ose pas croire que ce soit Lahote...

Elle attendait un démenti ou une confirmation de ses déductions et je n'avais pas envie de parler de Paul avec elle, ni avec qui que ce soit. Je devais prendre du recul et voir ce qui se passerait.

- Bella, t'es toujours là ? Cria-t-elle soudain.

- Heu... oui, j'étais perdue dans mes pensées, désolée. Dis, tu as des nouvelles de Rachel ? J'aimerais savoir si je l'ai vraiment blessée et comme elle ne revient plus à la Push...

- Apparemment elle a le nez cassé, mais elle continue à passer tous les soirs au club avec son pansement sur le visage. Elle est même venue me parler, chose exceptionnelle, elle voulait savoir où tu habitais à Seattle et si tu venais souvent au club, mais je l'ai envoyée bouler. Je ne veux pas être responsable d'une autre bagarre.

- Merci Kate, je n'ai pas vraiment envie de me retrouver une nouvelle fois en face d'elle, je ne suis pas sure d'avoir le dessus.

- Bah, de toute façon, tu es rentrée à Forks, donc ça ne craint pas trop tant qu'elle reste à Seattle. Espérons que vous vous serez calmées quand elle reviendra à la réserve.

- Mouais, je crois qu'à ce moment-là, j'éviterai la Push. Au fait, je pense à un truc, je me demande si j'ai rêvé ou si j'ai bien vu James la consoler après notre petite altercation.

- Petite altercation ? Tu rigoles ? On aurait dit des lionnes en furie ! Mais pour te répondre, oui, tu as bien vu James réconforter Rachel.

- Je ne savais pas qu'il avait ce côté Saint-Bernard, il le cache bien.

Elle pouffa avant de dire.

- James n'a rien d'un Saint-Bernard mais il y a un truc entre lui et cette fille. À un moment ils ont même été ensembles, mais ils ne se montraient pas trop en public. Puis un jour, je ne sais pas ce qui s'est passé, elle a décidé de retourner vers Lahote et depuis ils s'évitent, mais je vois bien leurs regards. Ne m'en demande pas plus, j'ai jamais posé de questions à James, je sais qu'il n'aimerait pas du tout que je me mêle de sa vie.

- Rachel et James, ben ça alors ! M'étonnai-je.

- J'aimais bien quand elle était avec lui, elle venait me parler, un peu, elle était plus cool, moins agressive avec « ces connards de blancs » comme elle dit. Puis pendant plus d'un an, on ne l'a pas vue, et un soir, elle revenue encore plus terrible qu'avant. Je ne sais pas ce que fait Lahote de son côté, mais elle n'est pas un modèle de fidélité. Depuis quelque temps, elle traîne avec un grand noir, Laurent, plutôt sympa.

- Je les ai vus ensemble la première fois que je suis venue.

- Bon alors tu m'expliques ce que tu as contre elle ou je dois deviner ? Persifla la blonde.

- Ça m'énerve qu'elle trompe son mec comme ça, surtout que lui, il est fou d'elle. Et puis je te rappelle que c'est elle qui a cherché la bagarre.

- Je sais qu'elle te tient pour responsable de la mort de son frère, mais il n'y a pas que ça, une fois où elle avait trop bu, elle s'est lâchée et elle m'a dit que si tu revenais à la Push, elle perdrait tout et que ça, elle ne le permettrait pas alors méfie toi d'elle, Bella. Elle est dans l'excès total quand il s'agit de toi.

Je frissonnai car je savais la menace réelle. Je comprenais pour la mort de Jacob, je me sentais assez coupable comme ça, je n'avais pas besoin qu'elle me le rappelle. Mais si son allusion concernait Paul, elle n'avait pas de souci à se faire, il l'aimait et même s'il était attiré par ma petite personne, je n'étais pas son grand amour.

- Bon Bella, je te laisse, j'ai rendez-vous avec un beau gosse. Il faut que je me fasse belle.

- T'es déjà belle au naturel, Kate. Mais va vite te pomponner. A bientôt.

- Tu reviens bientôt nous voir à Seattle ?

- Je ne sais pas encore, mais je viendrai, promis.

Je restai allongée sur mon lit et Charlie dut crier plusieurs fois pour que je daigne descendre voir ce qui le faisait m'appeler comme ça.

- Je vais manger chez Billy ce soir, tu viens avec moi ?

- Non, c'est gentil, mais je vais rester là. J'ai besoin de me retrouver un peu seule.

- Ça va aller ? Demanda-t-il gauchement.

- Oui, bien sur. Ne t'inquiète pas.

- Ben... comme ton... copain est parti... je ne sais pas... peut être que tu veux que je reste. Bégaya-t-il.

Je l'embrassai sur la joue et le mis dehors. Il fut soulagé, j'en étais certaine, Charlie ne tenait pas à m'entendre parler de mes problèmes de cœur, il avait déjà assez de mal avec le fait que je sois devenue une femme. Je traînai devant la télé et m'endormis sur le canapé.

La semaine suivante, j'envoyai mes demandes de stages dans les lycées de Port Angeles, de Seattle et bien sur celui de Forks. Je fis de longues balades dans la forêt, et concoctai des petits plats pour Charlie qui grognait qu'il allait grossir, mais était simplement ravi que je sois là. J'avais reçu un SMS de Demetri m'annonçant qu'il était bien arrivé à Rome, j'avais eu envie d'entendre sa voix mais finalement j'avais envoyé un court message pour le remercier de m'avoir prévenue.

J'avais croisé Paul plusieurs fois dans les rues de Forks et nous nous étions souris ou faits de petits signes. Mon cœur s'était emballé à chaque rencontre mais je n'avais rien fait pour m'approcher de lui, je craignais trop de détruire ce fragile équilibre.

Puis le vendredi soir arriva et je me rendis chez Jared. Kim m'avait appelée le matin même parce que Leah l'avait prévenue que je ne viendrais pas si je n'étais pas invitée en personne. Ma nouvelle copine m'avait engueulée en me demandant si la prochaine fois, il me faudrait un carton d'invitation !

J'arrivai devant une jolie maison, je fus surprise, elle était moderne et assez différente des habitations quileutes. Je remarquai tout de suite la voiture de Paul garée entre celles d'Embry et de Sam. Je devais encore être la dernière, pourtant en général je m'arrangeai pour être à l'heure. Je grognai contre ces foutus quileutes qui, eux, étaient toujours en avance. Jared vint m'ouvrir et il me fit un agréable sourire, ce qui m'étonna, nos rapports étaient encore assez froids.

Le premier que je vis, bien entendu ce fut Paul, il était tout de noir vêtu et ça lui donnait un air sauvage que j'adorai, mais pouvait-il en être autrement ? Jared me désigna le canapé et je notai que Paul était installé sur un fauteuil, très bonne initiative, on ne risquait pas d'être collés l'un à l'autre. Nous passâmes à table rapidement car Kim était pressée de nous faire goûter sa recette de macaronis au fromage, et nous nous régalâmes ce qui la rassura car elle n'avait pas l'habitude de cuisiner. Elle ne vivait pas avec Jared, elle habitait avec ses parents à Port Angeles, près de la fac de lettres où elle poursuivait ses études.

Soudain de grands coups sur la porte nous tirèrent de nos fous rires, Jared ouvrit à Quil, trempé par l'orage qui s'abattait sur la Push. Il s'engouffra dans la maison et s'ébroua comme un chien. Jared et Kim crièrent en même temps qu'il tachait les meubles neufs. Il râla mais se sécha avec la serviette que lui jeta le maître des lieux. Et nous nous rigolions de cette scène comique.

- Vous m'avez gardé à manger ?

- Tu rêves Quil ! On en est au dessert, le reste est froid.

Le quileute mouillé leva un regard de chien battu sur Kim, quel comédien celui-là ! Et elle céda. Pendant qu'elle faisait réchauffer les macaronis, il poussa Emily et apporta une chaise entre elle et moi.

- Désolé, j'ai été retenu par mon grand-père et vous le connaissez, quand il part dans ses souvenirs, on ne peut plus l'arrêter. Heureusement que le téléphone a sonné, j'en ai profité pour me sauver.

- Pauvre Quil, kidnappé par son grand-père. Railla Embry.

J'écoutai distraitement les vannes qui fusaient dans la pièce, Paul était loin de moi, à l'autre bout de la table en diagonale, il ne parlait pas, non plus. Il souriait aux bêtises de ses amis, ou levait les yeux au ciel, nos regards se croisaient souvent et s'accrochaient, à chaque fois, je me perdais dans l'opacité de ses prunelles, puis il finissait par prendre son petit air moqueur et je perdais le combat en regardant mon assiette.

Les gars se mirent à parler d'un jeu vidéo que je ne connaissais pas alors je me levai pour rejoindre Kim et Angela dans la cuisine, elles discutaient de leurs études et je me mêlais à la conversation. Leah passa à côté de nous, son mobile à la main, elle sortit pour répondre. Soudain j'entendis qu'on parlait de moi dans la pièce à côté.

- … c'était trop mignon, on aurait dit qu'ils se séparaient pour toujours ! C'était chaud et attendrissant. Je me demande comment elle le vit. Expliquait Quil à ses copains.

- Apparemment pas trop mal, elle n'a pas l'air abattu ou déprimé. Qu'est ce que t'en penses Paul ? Demanda Jared d'une voix amusée.

Un grognement du beau brun fut l'unique réponse. Je ne les voyais pas d'où j'étais et je ne savais pas quoi faire, je décidai d'attendre et de voir la tournure que prenait la conversation.

- Finalement, je l'ai trouvé super sympa, son Demetri. On a eu le temps de discuter jusqu'à Seattle, surtout que mon autoradio est tombé en rade à la sortie de Forks.

Je mourais d'envie de foncer vers le bavard et de lui mettre la tête dans son assiette de macaronis. Je connaissais Quil, il était serviable et gentil mais c'était aussi le roi de la gaffe, mais je restai paralysée, mes jambes ne voulaient pas m'obéir.

- Il était vraiment malheureux de la quitter, il ne l'a pas dit bien sur, mais ça se voyait. Il a beaucoup soupiré pendant le trajet et dès que j'essayai de le faire parler de Bella, il changeait de sujet.

Plus il parlait et plus je sentais ma gorge s'assécher. Je voulais lui hurler de se taire, de ne pas interpréter les choses à sa manière, mais je n'arrivais pas à parler. J'ouvrais la bouche mais rien ne sortait, je cherchai du secours auprès de mes amies, mais Kim et Angela n'avaient rien entendu de la conversation, Leah était toujours au téléphone et j'ignorai où était Emily.

- Mais par contre, j'ai été surpris quand il m'a dit qu'il ne reviendrait pas à Forks. Apparemment il a trouvé un boulot en Europe, je ne sais plus dans quel pays, ils se ressemblent tous. Ça m'a étonné un peu je ne savais pas que Bella allait repartir, elle vous en a parlé ?

Un silence pesant s'ensuivit. On entendait juste le cliquètement des fourchettes dans l'assiette de Quil, il ne se rendait pas compte de la tension qu'il avait créée dans la pièce. Et moi, j'étais comme une idiote, plantée dans cette cuisine, je devais bouger, j'en étais tout à fait consciente mais tout aussi incapable. J'avais la sensation qu'on avait collé mes pieds au sol et que jamais je ne bougerais de cette place.

- Il t'a dit que Bella allait le rejoindre ?

La voix de Paul était cinglante et j'entendis de l'étonnement dans celle de Quil quand il répliqua.

- Non, pas comme ça, mais franchement tu connais beaucoup de mecs qui offrent un collier en platine à une fille qu'ils ne comptent pas revoir ?

Qu'est ce c'était encore que cette histoire ? Je touchais le ras le cou que je n'avais pas quitté depuis le départ de Demetri, je pensais qu'il était en argent, pas en platine.

- Comment tu sais qu'il lui a offert un collier en platine ?

- Ben parce qu'il me l'a dit, tiens. En fait, avant qu'on parte, j'ai remarqué que Bella caressait sans arrêt son collier, pas besoin d'être sorcier pour comprendre qu'il venait de lui offrir. Alors je me suis un peu moqué de lui. Je lui ai demandé pourquoi il ne lui avait pas offert un diamant, que c'était le symbole de l'amour éternel et il m'a répondu que le platine correspondait mieux au style de Bella et que l'amour n'avait pas besoin de symbole. Alors tu vois, c'est clair non ?

Je réagis enfin et déboulai dans la pièce, mais trop tard, Paul avait déjà la main sur la poignée de la porte et il sortit en la faisant claquer violemment. Leah qui revenait à ce moment, demanda.

- Qu'est ce qu'il a encore ?

- Il vient d'apprendre que Bella va aller vivre en Italie... Gronda Jared.

- P'tain ! Bella, mais pourquoi tu ne lui as pas dit que c'est fini avec Demetri ? Cria Leah.

- Comment ça ? T'es plus avec ton italien ? S'exclama Jared en fronçant les sourcils.

En guise de réponse, je ne pus que hocher la tête, ma gorge était trop serrée pour que je puisse parler.

- Mais pourquoi tu ne l'as pas dit ? Cours lui après et dis lui ! Dépêche-toi ! Hurla Jared.

Il me tira par le bras, sans aucune douceur et il me poussa dehors. Je courus vers la voiture de Paul mais il était déjà au volant et il démarra sans me laisser le temps de m'approcher. Je ne réfléchis pas, je sautai dans ma voiture et partis derrière lui.


Heureusement que je suis cachée derrière mon ordi, parce que je sens que vous en voulez à Bella... et à moi par la même occasion... non ?