Betrayal In Its Most Simplest Form

Virelei


Chapitre 11 :

« Tu as tout récupéré ? »

Akashi entra dans le salon, portant au bras un petit sac rempli de divers utilitaires. Il portait une chemise à manches longues, son col non-boutonné rabattu proprement, et un jean bleu marine. Une cravate pendait lâchement autour de son cou, elle serait arrangée plus tard. Ses cheveux rouges, déjà plutôt courts, étaient soigneusement peignés. Une bague inconnue en or était froidement passée à l'annulaire de sa main gauche.

« Hai. » Kuroko laça sa chaussure gauche de basket avant de faire face au rouge. Il portait les mêmes vêtements qu'il avait portés le jour où il avait échappé à sa mère, mais ils étaient lavés, réparés et nettoyés. Seule addition à son ancien habillement, Kuroko avait une écharpe noire, prêtée par Akashi. « Oh, est-ce que tu vas quelque part, Akashi-kun ? Tu es habillé d'une manière très formelle. » s'enquit-il à la vue du choix de vêtements d'Akashi.

« Oui, mais ce sera après ton départ. » Akashi tendit le sac à Kuroko. Le bleuté le regarda avec interrogation. « Ton père a mentionné qu'il était à court de matériel de premiers soins, et qu'il ne pouvait pas aller en acheter avec discrétion pour le moment. Garde ça dans ta chambre tout le temps, et garde-le éloigné d'Ibuki. »

« D'accord» acquiesça Kuroko avec obéissance. Il mit le sac en bandoulière sur son épaule, tressaillant sous le poids.

Trois forts coups retentirent contre la porte. Les deux regardèrent dans leur direction à l'unisson. « Cela doit être ton père », murmura Akashi, s'approchant de la porte. Il l'ouvrit abruptement. En effet, Kuroko Haru se tenait anxieusement dans l'entrée, ses sourcils froncés. « Tetsuya ! » cria le père, ne se préoccupant pas de saluer Akashi, et se précipitant dans la maison pour étreindre son fils. « Dieu merci. Tu vas bien ? As-tu mangé ? » Haru étreignit fortement Kuroko, tapotant le bleuté en frottant en même temps son dos.

« Ah, Otou-san », dit Kuroko. Ses bras pâles s'enroulèrent gentiment autour de son père. « Je vais bien, et oui, j'ai mangé. »

« Es-tu sûr ? » Haru posa ses mains sur le visage de Kuroko, sur ses épaules, son torse, et son dos. Quand il arriva à son ventre, le plus petit tressaillit. « Tu es blessé, n'est-ce pas ? Ce sont tes os ? Des bleus ? Des plaies ? Est-ce que ta tête va bien ? Tu peux marcher, pas vrai ? As-tu besoin de rebander quelque chose ? »

Akashi s'avança près du père et plaça sa main sur son épaule. « Il va bien, Haru-san. S'il vous plaît, donnez-lui un peu d'espace. »

Haru se retourna vers le rouge et cligna des yeux. « Akashi-kun», commença t-il. Il fit une pause. « Ah… » Haru pressa ses lèvres ensemble en une fine ligne, avant de surprendre les deux joueurs de basket en s'inclinant soudainement en face d'Akashi. « Merci beaucoup de prendre soin de Tetsuya ! » déclara le père de Kuroko, visage tourné vers le sol. « Je regrette de t'avoir causé une telle peine. »

Akashi pencha la tête, amusé. « Haru-san, vous ne devriez vraiment pas vous incliner devant des gens plus jeunes que vous. »

Haru releva la tête et posa une main sur l'épaule de Kuroko. « Non, je dois te montrer ma reconnaissance. Sans toi, je-je », l'homme prit une profonde, tremblante inspiration. « Je ne sais vraiment pas ce qu'il serait advenu de Tetsuya. »

Akashi étudia le père de Kuroko. Comprenant à la perfection les sentiments de l'homme, il hocha même légèrement la tête aux remerciements. « Je vois d'où Tetsuya tient ses manières extrêmement polies », il haussa un sourcil à l'adresse de Kuroko. Le bleuté baissa le regard. « Ce n'était pas un problème. Tetsuya s'est bien rétabli durant son temps ici. » Akashi jeta un coup d'œil aux côtes de Kuroko, où il restait encore de nombreux bleus. « Je peux penser qu'il sera en sécurité encore quelques jours. » Ce n'était pas une question.

Haru hésita. « Oui. Je ferai tout mon possible pour tenir Tetsuya éloigné de la colère d'Ibuki."

« Hm. » Akashi se rapprocha de Kuroko et posa ses mains sur les fines épaules. « Tu connais les numéros de téléphone de Daiki et Shintaro », dit-il. « Je serai probablement à Kyoto la prochaine fois que tu m'appelleras. Si tu as besoin que l'un d'entre nous te vienne en aide, appelle-les en premier. » Il regarda les yeux inexpressifs de Kuroko. « Compris ? »

« Oui », affirma calmement Kuroko.

Haru observa l'échange avec curiosité, se demandant ce qu'était la réelle relation entre son fils et Akashi. « Nous devrions y aller, maintenant », annonça Haru. Il se tourna vers son fils. « Tu es prêt ? »

« Hai. » Kuroko ajusta la lanière du sac et regarda son père, avec attente.

« Bien. » Haru tapota la tête de son fils et lui donna un rapide baiser près de sa tempe. Il laissa Kuroko face à la porte, se retournant pour remercier une nouvelle fois Akashi-kun.

Akashi l'empêcha d'à nouveau montrer sa reconnaissance. « Haru-san, sachez que je ferais n'importe quoi pour sortir Kuroko de cette maison. Je comprends votre problème de garde, mais c'est la dernière de mes inquiétudes. Tetsuya ne restera pas dans cette maison plus longtemps, que vous ayez la garde ou non. J'espère que vous l'avez réalisé. »

Haru était sans voix. Kuroko s'inclina poliment devant le rouge. « Merci, Akashi-kun. »

Tout ce qu'il reçut en réponse fut un simple « Hm. »

Kuroko marcha jusqu'au van bleu familial et s'assit précautionneusement sur le siège passager, pleinement conscient de ses bleus. Il retira le sac de son épaule et le posa en face de lui. Haru se glissa à la place du conducteur et verrouilla les portières de la voiture. Les clés étant déjà placées, il sortit immédiatement de la place de parking, s'engageant sur la route.

Les premières minutes en voiture furent gênantes. Kuroko, une personne naturellement silencieuse, ne parlait pas; regarder par la fenêtre lui suffisait amplement. Haru, pour sa part, voulait parler à son fils, mais ne savait pas comment. Le père agrippa le volant nerveusement. Il n'était pas vraiment bon pour commencer les conversations.

« Ano… »

« Tu sais… »

Les deux parlèrent au même moment. Kuroko se stoppa, et Haru ricana. « Tu peux y aller en premier, Otou-san », annonça son fils.

Ledit père soupira bruyamment. Il y avait beaucoup de questions qu'il voulait poser, mais les mots ne venaient pas. « Comment-comment sont tes blessures ? Elles guérissent bien ? » Haru éclaircit sa gorge et abaissa considérablement sa voix, « J'ai entendu qu'elle t'avait fait tomber du deuxième étage. »

« Je vais bien », dit Kuroko, déterminé à ne pas faire remonter de mauvais souvenirs. Il massa ses côtes doucement. « Les bleus commencent juste à guérir. Midorima-kun a dit qu'il n'y avait pas d'os brisés. »

« Je vois. » Haru fit une pause. « Tetsuya, sais-tu comment te défendre ? Je sais que je t'ai laissé dans ta chambre, en te disant de te battre, mais ça ne m'a jamais traversé l'esprit que tu ne saches peut-être pas comment le faire. » La voiture s'arrêta à un feu rouge. Le père de Kuroko en profita pour appuyer son front contre le volant. « Je suis tellement désolé, Tetsuya », murmura t-il. « J'aurais dû savoir qu'Ibuki rentrerait à la maison avant moi et j'aurai dû savoir qu'elle entrerait dans ta chambre par la force. C'était égoïste et stupide de ma part de te laisser alors que tu étais toujours en train de récupérer. J'ai eu tort, et je suis désolé. » Sa voix se brisa complètement sur les derniers mots, des larmes commençant à couler de ses yeux. Ses jointures étaient blanches tant elles tenaient fermement le volant.

« S'il te plaît, Otou-san », protesta faiblement Kuroko. « Ce n'était pas ta faute. » Quand il n'y eut pas de réponse, il ajouta, « Akashi-kun m'a appris l'Aikdo. Je sais comment me défendre. »

Le feu passa au vert, et Haru n'eut d'autre choix que de relever la tête et de recommencer à conduire. Il entendit cependant le commentaire de son fils. « Akashi-kun ? Il t'a appris l'Aikido ? » Une image du sauvage rouge apprenant l'art martial à son frêle fils apparut dans son esprit, et il rit. Kuroko ne savait pas ce qui était si amusant. « Akashi-kun semble se soucier de toi, beaucoup. » Commenta Haru lorsque son rire se fut éteint.

« Oui ». Kuroko fixa son regard sur ses petites mains. « Pas seulement Akashi-kun cependant. Tout le monde de la première équipe au collège. »

« Teiko, pas vrai ? » demanda Haru.

Kuroko acquiesça. « Midorima-kun, Murasakibara-kun, Aomine-kun, Kise-kun… Ils sont tous là », dit-il doucement. « Ils ont toujours été là depuis le collège. »

« Ils sont au courant… pour Ibuki ? »

« Oui », répondit-il. « Ils savent pour Okaa-san, et depuis essaient de m'aider. Ils essaient de me protéger. Kuroko commença à trembler, son corps frissonnant à la réalité évoquée par les mots. « Ça donne l'impression d'être faible. Akashi-kun agit de manière irréfléchie pour moi, même s'il pourrait être blessé. Je veux faire quelque chose pour eux en retour, mais je ne peux pas." Le bleuté posa une main sur son visage, toujours tremblant.

Haru se gara lentement en face de leur maison. Il rangea la voiture dans le garage et enleva les clés. Maintenant que le doux ronflement de la voiture ne vrombissait plus, le silence était pesant. Kuroko ne voulait même pas bouger; il voulait rester dans la voiture jusqu'à ce que quelqu'un lui dise qu'il n'avait pas à entrer dans cette maison.

Une lourde main se posa sur la tête de Kuroko. Il regarda son père, qui l'observait gentiment. « Je suis certain qu'ils ne veulent pas que tu fasses quoi que ce soit », murmura Haru. « Je suis heureux, moi aussi, que tu aies des amis qui puissent t'aider. » L'homme soupira et embrassa rapidement le front de son fils. « Nous devons aller à l'intérieur. Ibuki est là, mais tu vas aller dans ta chambre immédiatement, compris ? »

« Hai. » Kuroko attrapa son sac à dos et le mit sur son épaule.

Haru hocha la tête, sortit de la voiture et fit le tour pour ouvrir la portière de son fils. Kuroko sauta à l'extérieur avec précaution. La peur tentait d'enrayer son cerveau, mais il resta ferme. Il ne voulait pas avoir une nouvelle crise de panique. Sa mère se nourrissait de la peur des autres gens, et Kuroko refusait de lui donner satisfaction.

Les deux marchèrent silencieusement jusqu'à la porte d'entrée. Haru s'arrêta juste avant d'insérer la clé, et prit une profonde inspiration. « Un, deux, trois » murmura t-il, et il déverrouilla la porte. Kuroko s'assura de garder un visage neutre.

« Vite, va à l'intérieur » murmura Haru, poussant son fils dans la maison. Kuroko entra à l'intérieur du - bien trop familier à son goût - hall, enlevant rapidement ses chaussures de sorte à pouvoir courir quand il en aurait besoin. Et il avait le sentiment qu'il en aurait bientôt besoin.

« Hm ? Haru, tu es rentré ? »

La voix gela presque Kuroko. Sa résolution faiblit, mais il garda un visage inexpressif et l'esprit fort. Il serra ses poings pour cacher le fait qu'ils étaient tremblants. Haru se pencha pour chuchoter à l'oreille de Kuroko. « Prépare-toi à aller dans ta chambre. »

« Haru ? » Ibuki passa de la cuisine au couloir. Ses yeux passèrent d'Haru à Kuroko. Sa bouche se tordit en un sourire fou. « Tetsu-kun » ronronna t-elle. « Bienvenue à la maison ». Elle s'avança, une lueur malsaine dans les yeux. Dans ses mains, elle tenait un couteau qu'elle utilisait auparavant en cuisine. « Es-tu venu me présenter tes excuses ? »

Kuroko déglutit, mais ses yeux restèrent sans émotions. D'une voix monotone, il dit « Je suis rentré à la maison Okaa-san. »

Ibuki, énervée de ne pouvoir lire l'expression de son fils, courba ses lèvres férocement. « Tu oses dire que c'est ta maison après m'avoir défiée tellement de fois ? » Elle fit un autre pas menaçant vers Kuroko. « Viens ici, Tetsuya. »

Kuroko ne pouvait bouger. « Tetsuya, va dans ta chambre », ordonna Haru.

Il ne pouvait pas bouger.

«Vas-y, Tetsuya ! » son père durcit sa voix.

« Viens ici ! » hurla Ibuki. Quand elle réalisa que le garçon ne bougerait pas, elle commença à s'approcher de lui, le couteau réfléchissant la lumière du couloir.

« Vas-y maintenant ! » cria Haru. Il traversa rapidement le couloir pour retenir sa femme. Ses mains attrapèrent les épaules d'Ibuki par derrière, conscient du couteau aiguisé dans ses mains. Avec dégoût, il tira son corps pour le coincer contre le sien. « Lâche le couteau Ibuki », siffla t-il. « Lâche le couteau. »

« Laisse-moi ! » cria hystériquement sa femme. Elle se débattit contre ses entraves. Le couteau s'agitait sauvagement dans ses mains, et la pointe érafla une partie du bras d'Haru. Elle déchira la chemise, laissant une large entaille. Il serra la mâchoire sous la douleur. « Laisse-moi, Haru ! Je dois recadrer cet enfant misérable ! Donne-le moi ! Il doit être brisé! Avoir mal ; pleurer ! Ne peux-tu voir son visage ? Il se moque de moi ! Se moque de moi avec ces yeux ! Lâche-moi ! »

Ses gémissements devinrent plus forts. La voix pitoyable d'Ibuki faisait écho à travers le couloir et revenait aux oreilles de Kuroko. Ce dernier se tenait figé, face à la scène, fixant le sang coulant du bras de son père. Il avait causé cette blessure. Il avait causé de la douleur à son père.

« Tetsuya, pars ! » cria Haru.

« N'oses même pas l'écouter, Tetsu ! » rugit Ibuki. « Tu viens ici, tout de suite. Je vais te remettre à te place; tu apprendras à na pas me défier ! Je jure que je briserait ton visage moqueur. Je le briserai. »

« S'il te plaît, vas-y », supplia l'homme. Kuroko tenta de bouger. Haru adoucit alors sa voix, mais en s'assurant que son fils pouvait toujours entendre ses mots, « Me désobéirais-tu, Tetsuya, à moi, ton père ? »

Cela fit sortir Kuroko de sa transe. S'il y avait une chose qu'il détestait faire, c'était désobéir à son père, celui qui avait été là pour lui depuis le début. L'adolescent aux cheveux bleus commença à se mouvoir, ses mouvements devenant plus lestes à chaque pas. Ibuki lui cria de venir à elle et l'insulta de mots dégradants, mais il continua à fuir, ses yeux évitant la flaque de sang se formant au sol tandis qu'il dépassait son père. Kuroko monta en courant les escaliers jusqu'à sa chambre, claquant la porte derrière lui. Ne se sentant toujours pas en sécurité, il verrouilla la porte, amena deux des lourdes chaises de sa chambre et les poussa sous la poignée, barricadant la porte.

« Bon sang, lâche, Haru ! Il est un enfant dégradant ! Il se moque de moi ! Il doit être remis à sa place il doit être brisé ! Je le hais. Il est si arrogant, si inutile pour moi ! Lâche-moi, laisse-moi lui apprendre ce qui arrive lorsqu'il me défie ! Lâche, Haru ! » Les sanglots fous d'Ibuki atteignaient Kuroko à travers la porte de sa chambre.

Kuroko claqua son dos contre le mur, ignorant la douleur que cela provoqua dans ses membres, et se laissa lentement glisser au le sol. Il ne pleura pas, ne fit pas un bruit. Il regarda simplement fixement la fenêtre, l'image du sang de son père imprimée sur sa rétine, les échos des cris de sa mère résonnant toujours dans son esprit. Il serra fermement les poings.

Okaa-san, qu'est ce que j'ai fait de mal pour mériter ta haine ?

~Ellipse~

« Huile ? » Kagami gratta l'arrière de sa tête et regarda à nouveau la recette. « Ce n'est pas bon pour la santé, j'ai entendu dire. Je vais utiliser de l'eau à la place. » Il empli la poêle avec un peu d'eau du robinet. « Et maintenant… Ajouter les légumes. » Reposant la poêle sur le fourneau, il ramassa les légumes fraîchement coupés et les jeta dans la poêle. Ils grésillèrent en réponse. « Bien répartir les légumes », lut-il à voix haute. Les légumes grésillèrent plus encore pendant qu'il les remuait avec des baguettes.

Soudainement, Kagami sentit une vibration dans sa poche arrière. Faisant passer les baguettes dans sa main gauche, il attrapa son téléphone portable et décrocha, « Bonjour ? »

« Taiga. »

« Oh, papa. » Kagami leva un excentrique sourcil. « Ne me dis pas que tu as déjà des informations ? »

Le père de Kagami répliqua avec ironie, « Oui, j'en ai, pour tout dire. Me sous-estimes-tu ? »

« Dur de ne pas le faire, vieil homme », grogna le grand as. Il lut les instructions suivantes et ajouta les ingrédients nécessaires dans la poêle.

« Quand es-tu devenu un tel morveux ? » son père soupira. « Quoi qu'il en soit, oui, j'ai obtenu des renseignements sur cette femme, Kuroko Ibuki. Elle a 36 ans, 5'7 et 133 livres – ce qui fait environ 1m68 et 60 kilos. Elle est allée à l'Université de Tokyo, diplômée en affaires et économie, graduée avec les meilleures notes de toute sa promotion. Elle a vécu en Amérique mais habite apparemment au Japon présentement. Possédant trois des plus grandes entreprises du Japon, Ibuki Corporation, l'Atari, et Rasa Corps, Kuroko Ibuki est l'une des personnes les plus influentes du pays. » Le père de Kagami hésita un instant. « Cependant, quelque chose m'interpelle. »

Kagami, qui avait éteint le gaz, et écrivait maintenant furieusement ce que son père lui disait, s'arrêta pour demander, « Qu'est-ce que c'est ? »

« Eh bien, tout d'abord je ne peux...je ne peux trouver aucuns de ses dossiers de transfert. »

« Dossier de transfert ? »

« Puisqu'elle est née en Amérique et y a vécu un moment, il devrait y avoir des dossier d'immigration indiquant sa résidence légale au Japon. D'habitude, je peux facilement trouver ça dans le système, spécialement puisqu'elle possède notre branche sœur ici, mais il n'y a rien. » Kagami écrivit rapidement l'information. « Aussi, j'ai appelé chacune des compagnies qu'elle possède, et j'ai trouvé quelque chose… d'étrange. »

Le rouge fronça les sourcils et s'assit sur une chaise en bois. Son bloc-notes et stylo suivirent. « Que veux-tu dire par étrange ? »

« Etrange comme trois identités », dit son père. « J'ai appelé l'Ibuki Corporation et ai été informé que la propriétaire était Kuroko Ibuki. Cependant quand j'ai appelé l'Atari, le nom de leur propriétaire était Suzuki Akihiko… Le propriétaire de Rasa Corps est Abe Miku. »

« Trois noms différents, mais un seul propriétaire ? » demanda Kagami, incrédule.

« Et les trois entreprises ne semblent pas être au courant. Chacune d'elles clame que Suzuki Akihiko ou Abe Miku est celui/celle qui possède les trois grandes entreprises. J'ai cherché les deux noms, et trouvé des informations complètement différentes sur Kuroko Ibuki. »

« Deux des noms sont masculins, aussi », murmura Kagami, copiant les informations qu'il venait de recevoir.

Son père soupira dans le téléphone. « Maintenant que je t'ai dit ça, voudrais-tu me dire pourquoi cette femme t'intéresse tellement ? »

L'as posa son stylo et appuya son dos contre la chaise, étirant ses jambes avec un fort grognement. Il prit une profonde inspiration et se relaxa sur la chaise de la cuisine. « Kuroko Ibuki est la mère de mon coéquipier. »

« De ton équipe de basket ? »

« Oui. » Kagami s'arrêta et fit attendre sa réponse : « Je pense qu'elle pourrait le maltraiter. »

Le père de Kagami ne répondit pas durant un long moment. « … Je vois », dit-il. « Je ferai tout ce que je peux pour obtenir plus d'informations sur cette femme, alors. »

« Merci, papa. »

« D'autre part, as-tu considéré – »

« Non, je ne déménagerai pas en Amérique. Bye, papa. » Il raccrocha.

~Ellipse~

« Nous sommes arrivés à Kyoto. Les portes sont en train de s'ouvrir. S'il vous plaît, tenez-vous en éloignés. »

Les quelques personnes dans la voiture d'Akashi se levèrent et se préparèrent à quitter le train. Le rouge fit de même, ajustant sa cravate autour de son cou et la coûteuse montre sur son poignet. Quand les portes s'ouvrirent totalement, il sortit du train et fut immédiatement accueillit par le temps froid de Kyoto.

Akashi marchait au milieu des rues encombrées. Elles n'étaient pas si envahies, vu que ce n'était pas l'heure de pointe, mais assez encombrées pour qu'ils doivent éviter les gamins désobéissants qui choisissaient de s'éloigner de leurs parents. Certains des propriétaires de magasins le saluèrent poliment quand il passa devant eux. Ils obtinrent seulement un sec hochement de tête en réponse.

Akashi, puisqu'il ne voulait pas prendre un répugnant taxi et ainsi ruiner ses vêtements, tourna au coin d'une rue et monta la pentue avenue. L'endroit où il allait était une longue marche depuis la gare. Ça ne le dérangeait pas, cependant, puisqu'il était habitué aux longs trajets et aux « fatigantes » montées. Si quelqu'un n'avait pas les jambes assez fortes pour parcourir cette distance, spécialement un joueur de basketball, alors il était vraiment faible.

Kuroko étant une exception, bien sûr.

Finalement, il atteint sa destination. C'était la plus grande maison de la ville; il était dur de la manquer. Un portail bloquait les étrangers, et un petit interphone était encastré dans la porte. Akashi pressa le bouton et attendit que l'on réponde.

« Résidence Akashi » répondit une voix familière.

« C'est moi », dit Akashi.

Il y eut une légère pause. « Seijuro… Laisse-moi ouvrir les portes. »

L'interphone se coupa, et une seconde plus tard, le portail s'ouvrirt automatiquement. Akashi passa immédiatement à travers, s'avançant jusqu'aux grandes portes de l'immense maison. Elles s'ouvrirent avant qu'il ne puisse les atteindre, et un homme aux cheveux rouges apparut sur le seuil. Juste comme Akashi, les cheveux de l'homme étaient courts et d'un rouge ardent. Il possédait la même aura autoritaire que l'adolescent dégageait, et son visage était intimidant, d'une certaine manière. Contrairement à Akashi, cependant, l'homme était grand, et à la place d'avoir des yeux hétérochromes rouge et jaune, ses deux yeux contenaient des pigments de rouge et jaune. Cela créait presque du orange.

« Seijuro. Je ne m'attendais pas à ta visite. », Dit l'homme inconnu.

« Je suis désolé, Père ». Akashi monta les quelques marches du porche et entra dans la maison quand l'homme le lui autorisa. « Je sais que c'est de dernière minute. »

« Ça l'est, en effet ». Akashi Hayato ferma la grande porte, la verrouillant aussitôt. Il claqua des doigts, et un serviteur apparut, s'inclinant profondément en face de son fils et de lui-même. Il aida ensuite Akashi à enlever son manteau, révélant la chemise rouge. Il regarda l'habillement de son fils avec approbation. « Qu'est-ce qui t'amènes ici ? »

Akashi desserra sa cravate. « J'ai de fait besoin d'une heure de ton temps, si possible. » Il fit le tour de sa maison d'enfance du regard. « Où est Mère ? »

« Elle est retournée à son bureau pour vérifier certains détails d'un cas. » Hayato regarda sa montre et soupira. Même s'il était vraiment serré dans les temps aujourd'hui, c'était rare que son fils vienne le voir et demande à lui parler, spécialement depuis qu'il s'était acheté un appartement près d'ici. Cela devait être important. « Je peux t'accorder une ou deux heures. Voudrais-tu aller dans la pièce familiale ? »

Akashi acquiesça. « Merci. »

« Aiko », appela son père. « S'il te plaît, amène deux tasses de thé dans la pièce familiale et un léger en-cas. »

« Hai, Akashi-san », l'employée salua et se précipita pour faire son travail.

Père et fils se dirigèrent vers la grande pièce familiale, où de confortables divans, chaises et de petites tables rondes les attendaient. Akashi s'assit dans une chaise bien trop grande pour lui-même, sa posture formelle : dos droit, jambes croisées l'une au-dessus de l'autre, et ses deux mains se recouvrant l'une l'autre sur son genou. Hayato s'assit d'une manière plus relaxée, en face de son fils sur un canapé en cuir, une main drapée autour du haut du canapé et une main sur ses genoux. Il devait se retenir de rouler des yeux à combien formel était son fils.

« Votre thé, Akashi-san. » Aiko se précipita à l'intérieur, portant un plateau de coupes de thé chaudes. Elle posa les tasses au milieu de la table en face d'eux, à côté d'un plateau de crackers de riz assaisonnés au soja. « Quelque chose d'autre ? »

« Non, merci. »

Elle partit.

Donc, de quoi as-tu besoin de parler, Seijuro ? » Hayato prit du thé, ainsi qu'un cracker de riz. Il le sirota lentement.

Akashi fit la même chose, mais mordit dans son cracker en premier. « Père, connais tu une femme du nom de Kuroko Ibuki ? »

Hayato ne laissa transparaître aucune surprise sur son visage à l'entente du nom. Il but calmement son thé et reposa sa tasse. « Oui, Kuroko Ibuki, 36 ans, une des meilleures gradées de l'Université de Tokyo, possède trois grandes sociétés, et répond mystérieusement à deux identités différentes. » Son père secoua la tête. Hayato, étant un avocat prestigieux, connaissait très bien ce genre de personnes. « Que se passe-t-il avec elle, Seijuro ? »

Akashi haussa un sourcil. « Donc tu es au courant, et tu connais également ses multiples identités. Cependant, elle en a trois. » Il sortit un morceau de papier de sa poche et le tendit à son père. « Ce son les trois noms que j'ai découvert en appelant les trois sociétés. Aucune n'est au courant de ses identités, et dû à son influence, seules quelques personnes savent. »

« Trois ? » Hayato, regardant son fils, haussa un sourcil rouge et déplia le bout de papier. Il lut les noms à voix haute, « Kuroko Ibuki, Suzuki Akihito et… Abe Miku. » L'homme pressa ses lèvres en une fine ligne, et regarda le papier avec perplexité. « Ceci est – inhabituel. Pourquoi es-tu si intéressé par elle ? T'as t-elle fait quelque chose ? »

« A vrai dire, oui ». Akashi attrapa un autre cracker et le mordit lentement.

Son père plissa les yeux. « T'a-t-elle blessé ? » demanda t-il. « Menacé ? Insulté ? Touché ? »

Akashi secoua la tête et ricana. Comme si quelqu'un pouvait le toucher, lui. « Non, Père… elle est la mère et la personne qui abuse de Kuroko Tetsuya.

« Kuroko Tets- celui que tu connais depuis le collège ? »

« Oui. »

« Elle abuse de lui ? »

« Oui. »

Hayato, son mode père remplacé par son mode avocat, demanda, « Et où est ta preuve, Seijuro ? »

Akashi, connaissant son père et ayant prédit cette question, répondit instantanément : « Le père de Tetsuya est prêt à faire une déclaration. J'ai aussi de nombreuses preuves, et je suis sûr que Tetsuya, la victime, serait aussi prêt à faire une déclaration. »

« … Que veux-tu que je fasse, Seijuro ? »

Attendant cette invitation, Akashi se pencha et dit, « Je veux que tu utilises ton pouvoir et enquête sur ces trois identités. Trouve autant de preuves que tu peux, Père, dans le but de l'accuser en cour. Je connais son influence, mais elle cache un grand secret; lequel s'il est découvert, pourrait sans nul doute la détruire. » Akashi retourna dans sa position première et soupira. « Mais je n'ai pas encore suffisamment de connections pour le trouver. J'ai besoin de ton aide, Père. »

Hayato hésita. Il connaissait aussi le pouvoir d'Ibuki, et l'attaquer pourrait signifier la fin de sa carrière en loi. Cependant, sachant que son fils avait ravalé sa fierté et était venu lui demander de l'aide, ce Tetsuya devait être vraiment important.

De plus, sa femme, un avocat familial, ne tolèrerait pas de laisser une personne maltraitant un enfant libre dans les rues. Il soupira lourdement. Hayato savait qu'il n'avait pas le choix.

Durant l'heure suivante, les deux discutèrent des plans pour Ibuki. Akashi, ayant passé des années avec son père, comprenait les termes spécifiques d'avocat que son père utilisait et était même capable d'aboutir à ses propres plans, cartographiant les connections et les appels à passer. Hayato lista une série de noms et de numéros de téléphone qui pourraient les aider et n'étaient pas influencés par le pouvoir d'Ibuki.

Bientôt, une heure était passée, et leur plan d'actions était établi. Akashi se leva et étira ses muscles. « Merci de m'avoir accordé un peu de ton temps », conlut-il formellement. « Je contacterai bientôt ces gens pour obtenir des informations. »

« Hm, » Hayato se releva, s'étirant lui aussi. « Sinon, Seijuro, t'es-tu trouvé une jolie petite amie ? »

Akashi lui jeta un coup d'œil. « Non, Père, je n'en ai pas, et je n'en aurai pas. »

« Je veux des petits enfants quand je serai vieux, Seijuro. Je ne veux pas d'un fils qui ruine mon récent travail dans des années, seul, sans femme. »

« Je n'ai pas d'intérêts dans l'idée de trouver une femme en ce moment », répondit-il avec indifférence. « De plus… J'ai déjà quelqu'un de précieux à mes côtés. »

Hayato lui lança un regard intéressé. « Oh ? Qui ? »

Akashi ne répondit pas.

Son père sourit. « Est-ce ce Tetsuya ? »

A nouveau, Akashi ne répondit pas.


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