Coucou tout le monde !

Vous allez bien ? Et bien, pour ma part, je suis ravie de la forte participation au sondage lancé la semaine dernière ! Les votes furent unanimes donc nous prenons ensemble un nouveau rendez-vous ! A partir de maintenant, nous passerons à deux mises à jours par semaines ; Lundi et Jeudi !

Merci à tous pour les messages accompagnant les votes^^ J'ai essayé de répondre à tous, j'espère n'avoir oublié personnes ! Merci aussi aux lecteurs silencieux, toujours présents à chaque chapitre :)

Maintenant, je vous laisse découvrir la suite ! Bonne lecture !


Le soir même...

L'après-midi touchait à sa fin et Emma tournait avec sa voiture de fonction dans les rues de la ville. Un peu plus tôt dans la journée, Archie avait appelé pour signaler la énième fugue de son chien, donc à sa recherche, elle essayait de le distinguer au détour d'une poubelle ou d'un banc. Elle en avait marre de ce dalmatien qui n'en faisait qu'à sa tête et souffla d'exaspération en changeant de quartier. Elle roula au pas essayant de couvrir le plus de terrain quand, d'un coup, son téléphone sonna. Elle décrocha en observant une ruelle à sa gauche.

"Shérif Swan-Mills ?"

"Miss Swan ?"

"Mon amour, je suis désolée, je risque d'être en retard ce soir. Je suis à la recherche de Pongo !" S'exclama la blonde, tournant la tête à droite en direction d'une autre rue.

"Justement, je voulais parler de ça avec vous."

Emma arrêta son véhicule et se concentra sur sa conversation.

"Je t'écoute."

"Vous pouvez dire au Dr Hopper de venir le chercher au manoir ! Il est avec moi."

"Ah d'accord !"

La blonde éclata de rire et essaya d'articuler un « à tout de suite » avant de raccrocher. Elle composa rapidement le numéro du propriétaire du dalmatien lui annonçant la bonne nouvelle et roula jusqu'au manoir. La voiture garée, elle se précipita à l'intérieur à la recherche de son épouse. Emma la trouva dans le jardin, prenant un bain de soleil avec Pongo allongé à ses pieds. Le shérif sourit à la scène et s'approcha doucement, Regina releva ses lunettes de soleil et tourna la tête dans sa direction.

« Voilà, l'objet de vos recherches… » Dit-elle en désignant le chien d'une main désinvolte.

« Je vois... »

« Le Dr Hopper vient le récupérer rapidement ? »

« Oui, il doit être en chemin... »

« Je l'espère car il ne me lâche pas... Je ne peux pas rentrer dans le manoir sans entendre des couinements de sa part. » Déclara la brune en replaçant ses lunettes.

La blonde caressa le chien puis scruta sa femme allongée sur le transat. Dieu, qu'elle pouvait être belle sous le soleil couchant, baignant dans cette lumière orangée. Emma se mordit la lèvre inférieure, sentant une pointe d'excitation réveiller son corps. Cachée derrière ses lunettes, Regina observa et sentit ce regard émeraude, brûlant de désir, courir sur sa peau. Elle en frissonna de par son intensité et de légers picotements firent leur apparition dans son bas ventre, prouvant la montée de son propre appétit.

Soudain, l'apparition d'Henry tira les deux femmes de leur contemplation. Après avoir fait un bisou à ses parents, il se rua sur le chien pour le cajoler et demanda la raison de sa présence. Regina expliqua alors que Pongo l'attendait dessous le perron pour ne plus la quitter et ne voulant pas d'animaux à l'intérieur du manoir, opta pour s'en occuper à l'extérieur jusqu'à l'arrivé de son propriétaire. Un sourire se forma sur leur visage et ils discutèrent pour comprendre cet attachement inattendu. La sonnerie de la porte d'entrée les avertit d'un visiteur, Henry se chargea d'ouvrir au Dr Hopper. Ce dernier salua chaleureusement l'adolescent et appréhenda sa rencontre avec Regina, il n'avait pas eu l'occasion de la croiser depuis sa sortie de l'hôpital. Il espéra que tout se passe bien mais gardait en tête, la ligne de conduite que la ville avait adopté en sa présence gentillesse et amitié.

Les deux hommes se rendirent dans le jardin et Archie se heurta à une reine droite, charismatique et à la noirceur de son regard. Il lui sourit malgré sa peine de revoir la souffrance cachée dans ses prunelles.

« Je vous remercie, Madame le Maire, d'avoir retrouvé mon chien. »

« Pas de remerciement ! » Elle se tourna vers Pongo. « C'est lui qui m'attendait sagement à mon retour... »

Tous observèrent le comportement de la brune et furent émus par la douceur du sourire qu'elle offrait au dalmatien, et semblait la seule à ne pas s'apercevoir de son changement.

« En tout cas, merci Emma de m'avoir prévenu ! »

« Pas de quoi ! » Dit-elle en souriant.

« Et à l'avenir, vous devriez faire attention à lui ! » Rappela la brune, sèchement.

« Oui... Oui... Allez Pongo, on rentre à la maison. »

Le chien se faufila entre les jambes de son maître et se laissa attacher.

« On ne va pas vous déranger plus longtemps. »

« On ne vous retient pas ! L'intervention de Pongo a été, ni plus, ni moins qu'une perte de temps ! » S'exclama Regina en croisant les bras.

« Encore merci, au revoir ! » Dit le docteur sans faire attention à sa remarque.

« À bientôt Archie ! » S'exclama Henry en agitant la main.

« À plus tard ! » Rajouta le shérif dans un large sourire.

Le Docteur Hopper tira légèrement sur la laisse, mais le dalmatien se jeta sur la brune pour une dernière caresse. Dans un sourire où Regina semblait totalement seule, elle le cajola tendrement. Elle pouvait être si contradictoire aux yeux de son entourage...

Une heure plus tard...

Les deux jeunes femmes préparaient le repas ensemble et leur fils s'acharnait sur la manette dans le salon. Emma aidait de plus en plus en cuisine et appréciait ses instants partagés avec sa femme. Elles étaient synchronisées et se complétaient parfaitement. Elles pouvaient discuter et rire pendant toute la préparation comme rester silencieuse dans une atmosphère légère et agréable. Cette fois-ci en faisait partie, où seuls les regards discrets et la complicité régnaient dans la pièce. Regina coupait des légumes quand elle tourna la tête en entendant un bruit de fracas. Emma lui sourit amoureusement, les épaules haussées en guise d'excuse. La brune lui répondit par un hochement de tête et retourna à son occupation, ses pensées déviant doucement vers sa colocataire. Le manque et le besoin de contact se faisaient de plus en plus persistants dans son corps, certain moment, cela devenait une obsession, et cette fois-ci ne manqua pas à la règle. En général, Regina maîtrisait ses émotions, mais la pulsion devint plus forte après l'effleurement de la poitrine d'Emma dans son dos. Du coin de l'œil, elle l'observa pendant de longues minutes, des questions bourdonnant dans sa tête puis poussée par une force intérieure, un besoin presque maladif, Regina s'avança rapidement vers le shérif. Maladroitement, brusquement, elle se colla dans son dos et l'enlaça. Emma, les mains dans la vaisselle sale, resta sous le choc quelques secondes.

« Ne bougez pas, s'il vous plaît... » Murmura Regina qui enfouit son visage dans les boucles dorées.

Elle ne voulait pas affronter le regard rempli d'espoir d'Emma... La blonde soupira profondément, à la fois heureuse et peinée. Ses sentiments chamboulés, elle ferma les yeux et se focalisa sur la chaleur dans son dos, le souffle régulier au creux de son cou et l'emprise des doigts sur son ventre. Malgré sa confusion, elle profita au maximum de cette tendresse, savoura les battements anarchiques de son cœur...

Regina se permit une légère caresse du pouce qui fit retenir la respiration d'Emma, cela faisait tellement de bien à la brune de se libérer. Elle qui repoussait son besoin de tendresse au plus profond de son âme. Son cœur battait la chamade et sa tête partait dans tous les sens mais une unique larme roula sur sa joue prouvant la violence du mal qu'elle s'imposait.

Elles restèrent dans cette position de longues minutes, oubliant totalement leur environnement. Puis dans un geste déchirant leur cœur, Regina mit un terme à l'étreinte. Sans un mot, sans un regard, elle se remit à cuisiner. Emma crut mourir en sentant le froid envahir son corps et son âme, elle aurait tellement aimé la retenir. Son regard, rempli de tristesse, se posa sur sa femme, scruta son visage et capta ses larmes muettes. Le cœur brisé, la blonde se plaça dans son dos, ses mains sur les épaules puis déposa un tendre baiser dans ses cheveux.

« Tu n'as pas à me donner d'explication... Qu'importe la manière dont tu me veux... » Murmura-t-elle en lui massant la nuque. « Je serais toujours là pour toi... »

Ces quelques mots soulagèrent le cœur de Regina et cette tendresse apaisa son esprit tourmenté, elle esquissa un petit sourire que sa colocataire ne vit pas.

Quelques heures plus tard...

Plonger dans le noir, Emma, sirotait un verre de vin blottit dans le fauteuil en cuir du bureau de Regina. Son regard vide et perdu dans la profondeur de la nuit, ses pensées ressemblaient à un océan de tristesse. Les événements tournoyaient dans son esprit telle une tempête ravageant son cœur, déchiquetant chaque cellule sur son passage... Les larmes creusant ses joues ne s'arrêtaient pas, la détresse trop longtemps retenue s'évacuait sans discontinuer, provoquait de violents soubresauts et des crises de suffocation. Qu'importe la quantité d'alcool ingurgitée, l'amélioration de sa relation avec sa femme, rien n'empêchait son cœur de saigner, de mourir à petit feu... Emma, recroquevillée sur elle-même, enfouit son visage dans ses genoux relevés et continua à pleurer silencieusement, ses bras entourant ses jambes avec la force du désespoir.

Quand elle releva la tête, la blonde ignorait l'heure et le temps passé ici, mais décida après avoir bu un dernier verre de vin de monter se coucher. Ses pieds la montèrent lentement à l'étage puis l'emmenèrent vers sa chambre. D'un coup, des petits bruits étranges se firent entendre, Emma tendit l'oreille et ouvrit doucement la porte de son fils, il dormait profondément. Fronçant les sourcils, elle se dirigea vers son ancienne chambre, celle qu'elle partageait avec sa compagne et jeta un œil à l'intérieur. Personne. Confuse, elle se faufila discrètement dans la dernière chambre de l'étage. Ses yeux se remplirent d'effroi en voyant l'amour de sa vie en sueur, le visage crispé et se tordant de douleur sous les draps. De légers gémissements sortaient d'entre ses lèvres et la lune rayonnante de blancheur aggravait ce tableau d'horreur. Sans hésiter, Emma se précipita à son chevet, prit sa main et posa la seconde sur son front. Elle tenta de l'apaiser à l'aide de quelques mots, mais la brune paraissait prisonnière de son cauchemar.

« Mon amour... » Murmura-t-elle en la secouant doucement.

Ses doigts écartèrent des mèches brunes de son visage, ses lèvres se posèrent sur sa joue.

« Bébé ! Réveille-toi ! » Réitéra la blonde, un peu plus fort.

Regina se leva brusquement, le souffle court et les yeux hagards. Il lui fallut quelques minutes pour réaliser qu'Emma la berçait tendrement aux creux de ses bras. La brune s'y blottit retrouvant peu à peu sa respiration et son esprit s'éclaircit au rythme des caresses dans son dos. Son cœur battait encore vivement et les larmes coulant sur ses joues se tarirent uniquement à la suite de plusieurs baisers sur ses cheveux. Regina se recula doucement, fit disparaître ses larmes et vit Emma s'asseoir à ses côtés gardant leurs mains jointes.

« Tu vas mieux ? » Demanda la blonde, inquiète.

Le regard fixé l'une sur l'autre, la brune distingua facilement, dans ses prunelles émeraude l'angoisse et la peur.

« Oui... Oui... Beaucoup mieux... » Chuchota-t-elle dans un petit sourire forcé.

« Un cauchemar un peu trop vrai ? »

Regina hocha la tête doucement.

« Tu veux m'en parler ? » Demanda Emma en lui caressant la joue.

« Non... »

« Ok ! Alors maintenant, il faut que tu te rendormes... »

Encore perturbée par ses illusions, la brune se rallongea et Emma insista pour bien l'emmitoufler dans la couverture.

« Bonne nuit... »

« Merci beaucoup... De votre aide... » Osa Regina dans un souffle.

« Je suis là pour toi, mon amour. »

Le shérif observa quelques secondes les lueurs fantomatiques se reflétant sur son visage. La reine semblait si fragile et forte à la fois, apeurée mais tellement courageuse. La blonde lui offrit son plus beau sourire et déposa un baiser sur son front avant de s'éloigner du lit, à contrecœur. Elle s'apprêtait à sortir quand la brune l'interpella.

« Miss Swan... Voulez-vous rester avec moi ? »

« Tu peux répéter ? » Dit la blonde, complètement interloquée et ressentant les effets de l'alcool.

« Je sais que cette demande est incongrue et déplacée mais voulez-vous me tenir compagnie pour la nuit ? »

Emma n'en croyait pas ses oreilles, mais les battements de son cœur prouvaient la véracité de ses mots et un léger sourire apparut sur son visage. Elle ne comprenait pas réellement la demande de sa femme et surtout le but de celle-ci, mais qu'importe, elle le voulait plus que tout au monde...

Quelques minutes après et prête pour dormir, Emma glissa sous les couvertures. Fébrile et enthousiaste à la fois, elle avait un mal fou à contenir les vives émotions agitant son être. Regina, toujours confuse et prise dans les angoisses de son cauchemar, se colla contre le corps de sa colocataire. Emma ouvrit le bras, comme avant, mais son cœur manqua un battement en sentant la tête de la brune venir délicatement se poser sur sa poitrine.

« Merci d'être là... Bonne nuit... » Chuchota Regina, les yeux clos.

« Bonne nuit bébé... » Répondit la blonde, sa voix trahissant ses émotions.

Regina soupira de satisfaction, elle se laissa vite envahir par les douces sensations provoquées par cette étreinte puis s'endormit immédiatement.

Emma embrassa la chevelure brune et respira profondément le parfum de son shampooing. Un sourire de contentement se dessina sur son visage puis rapidement quelques larmes roulèrent au coin de ses yeux. Elle ne pouvait pas rêver mieux, être de retour à ses côtés après toutes ces épreuves, était un vrai miracle. La blonde ne savait pas si le sommeil viendrait la prendre sous son aile et ignorait la suite des événements, mais elle profitera de cette merveilleuse nuit, seconde après seconde...


Le lendemain matin...

Le réveil tira la mairesse de ses songes et sa main l'éteignit promptement. Elle garda les yeux fermés et se mit sur le dos profitant encore un peu de cette nuit reposante. Elle ne se rappelait plus à quand remontait une telle nuit, mais le bonheur d'un corps et d'un esprit détendus lui redonnait le sourire.

Emma savoura la chaleur des draps et se tourna brusquement sur le côté. Oubliant tout, comme un mauvais rêve, la blonde caressa la peau nue du ventre de sa femme... Elle sourit largement et se colla au plus près de ce corps chaud, l'enlaçant totalement. À moitié endormie, ses lèvres glissèrent sur l'épaule de la brune et très vite déposèrent de tendres baisers. Cette dernière ne bougea pas d'un millimètre, le souffle coupé et n'en revenait pas du comportement de sa colocataire. Les yeux écarquillés, Regina ne savait pas comment réagir entre ce bonheur matinal, inédit dans sa vie et la panique crispant ses muscles. Toute la nuit lui revint en mémoire et Emma se trouvait entre ses draps à sa demande, elle fut émue par tant de gentillesse et d'amour. Un souvenir la frappa plus que les autres, c'était le visage de la blonde dévasté par les larmes... La brune savait la cause de cette tristesse et inconsciemment autorisa un répit dans leurs tourments...

Emma parsema de petits baisers l'épaule jusqu'à la clavicule et caressa du bout des doigts les flancs de la reine pour atteindre sa hanche. Elle embrassa tendrement la peau tendre de son cou, sentant l'excitation envahir son corps et guider ses gestes. Inerte, Regina déglutit difficilement alors que des frissons courraient sur sa peau. Certes, elle éprouvait envers la blonde un fort désir et aimerait aller plus loin mais pas comme cela, c'était trop tôt pour envisager une quelconque relation sérieuse ou pas. Elle devait réagir calmement et évitait toute souffrance inutile. Dans la précipitation et devant l'urgence de la situation qui allait déraper d'une seconde à l'autre, la brune prit la seule solution que son esprit endormi arrivait à trouver.

« Miss Swan ? » Dit-elle dans un souffle.

« Miss Swan ! Tu veux jouer mon amour ? » Répondit la blonde dans un sourire carnassier.

Prise au dépourvu et sentant une main baladeuse descendre sur sa cuisse, Regina parla dans la hâte.

« Heu... C'est moi ! Je ne suis pas votre femme ! »

« Comment ça tu n'es pas... »

Emma laissa en suspens sa phrase et écarquilla les yeux réalisant son comportement. Elle se recula vivement et mit la main devant sa bouche pour étouffer un petit cri.

« Oh merde ! Je suis vraiment désolée ! Pardonne-moi ! »

D'un bond, elle sortit du lit et se confondit encore en excuse. Son stress monta en flèche et elle pria pour que ses gestes ne soient pas fatals à leur relation. La brune se releva rapidement et lui empoigna le bras avant qu'elle ne s'échappe de la chambre.

« Revenez vous asseoir. »

« Je ne sais pas comment me faire pardonner... Vraiment... » Argumenta Emma en retrouvant la chaleur du lit.

« Vous êtes déjà toute pardonnée. Vous ne vous êtes rendu compte de rien, je peux comprendre. »

Emma resta muette tout en hochant la tête et réalisa ces quelques minutes de bonheur aussitôt arrachées. Elle était persuadée d'avoir fait un cauchemar et au réveil voulut effacer cette souffrance. Un poids énorme s'écrasa sur sa poitrine compressant son cœur, la dure vérité la paralysa et seul le désespoir s'exprima librement. Des larmes brûlantes et amères s'écoulèrent de son regard vide. Surprise, Regina resta interdite face à la blonde, elle la voyait pleurer pour la deuxième fois et cela lui brisa le cœur. Elle n'attendit pas une seconde de plus pour la consoler, la cajoler jusqu'à la fin de la crise.

« Je ne voulais pas pleurer comme un bébé... » Chuchota Emma, en se redressant et prenant plusieurs profondes inspirations.

« Il n'y a pas de mal à ça... » Dit Regina dans un petit sourire réconfortant.

« Ouais ! » Répondit-elle, honteuse.

La brune remit de l'ordre dans ses cheveux, un peu mal à l'aise face à ses pensées. Elle souhaitait parler d'une idée ayant germé dans son esprit juste à l'instant, mais tourner autour du pot n'était pas son genre alors elle se lança :

« Je voulais vous remercier pour cette nuit, pour m'avoir rassurée... »

« Ne t'inquiètes pas, c'était tout naturel ! » S'exclama le shérif cachant au mieux sa souffrance. « Mais tu fais souvent ce genre de cauchemar ? »

« Oui... Chaque nuit et plus j'avance dans le temps, plus ça empire... »

« Je comprends mieux pourquoi tu es tant fatiguée alors ! »

Regina acquiesça en baissant les yeux et poursuivit :

« Je n'ai jamais aussi bien dormi... »

« Moi aussi... Étrange, non ? » Rigola Emma dans un clin d'œil.

« Effectivement ! » Argumenta la brune se prenant au jeu. « Vous seriez d'accord pour que l'on partage les prochaines nuits ? »

« Pourquoi pas ! » Elle rigola et soudain réalisa. « Hein ?! »

« En tout bien, tout honneur ! » Se précipita Regina en agitant les mains. « Juste qu'une bonne nuit aide à une meilleure journée. »

Emma trouva cet argument bancal et sans réel fondement, mais elle lui adressa un large sourire tout en hochant vigoureusement la tête.

« Par contre, je ne veux pas vous faire souffrir davantage, ni vous créer de faux espoirs ! »

« Pas de soucis, bébé... Je garderais les pieds sur terre ! » Répondit le shérif légèrement crispé.

La brune soupira de soulagement, même si cela ne se voyait pas, elle avait appréhendé ses réactions. Après un petit silence, cette dernière jeta un œil au réveil et bondit hors du lit, elles étaient en retard. Elle récupéra quelques affaires dans la hâte, mais s'arrêta sur le pas de la porte.

« Nous mettons cela en place dès ce soir ! Mais j'espère que l'écart de ce matin ne se reproduira pas, je ne veux pas vous voir en larmes à chaque fois ! » Lança la brune un tantinet triste et légèrement sarcastique.

« Je l'espère aussi... »

Regina la fixa d'un regard qu'Emma ne saurait décrire avant de claquer la porte. La blonde souffla un grand coup avant de se rallonger, les yeux fixés au plafond. Cette nouvelle situation sera difficile à gérer, les larmes versées l'avaient soulagée, mais la suite demandera de grands efforts...


En fin d'après-midi...

Le shérif voulait passer un peu de temps avec son fils donc opta pour un peu de sport. Elle arriva dans le salon avec deux gants de base-ball, une balle et les yeux de l'adolescent brillèrent de joie à la vue du matériel. Il courut dans le jardin sous le regard amusé de Regina lisant un livre dans l'un des canapés. Emma lui fit un clin d'œil avant de suivre l'adolescent, dehors. Ils s'échangèrent quelques balles et commencèrent à discuter...

« Tu vas bien gamin ? »

« Ouais, ça va ! »

« Tu en es sûr ? J'imagine que cette situation est compliquée pour toi ! » S'exclama la blonde, en recevant une balle.

« Elle l'est également pour toi ! » Répondit le jeune homme préférant détourner la conversation.

« Gamin ! Je ne parle pas de moi, là ! »

Il rigola voyant que sa ruse tombait à l'eau et commença à livrer quelques doutes, douleurs. En parler lui faisait mal, il essaya de retenir au mieux ses larmes, mais envoya la balle avec plus de force. Emma l'écouta attentivement et continua de poser des questions pour qu'il puisse vider son sac. Au fil des minutes, sa main attrapant la balle, lui lançait des piques de douleur, mais qu'importe, elle était là pour son fils. Elle fut émue par sa force de caractère, il arrivait assez bien, à jongler avec cette situation et ses sentiments. Quand la puissance des balles diminua, ils se sourirent tendrement et se comprirent en un regard. Ils jouèrent quelques minutes en silence puis la blonde le brisa, à nouveau.

« Je voulais te mettre au courant de l'évolution de ma relation avec ta mère ! »

« Pour ma part, je trouve que ça va bien mieux mais je ne suis pas trop à la maison en ce moment ! » S'exclama Henry dans un sourire.

« En parlant de ça ! Ta mère n'apprécie qu'à moitié tes absences ! » Rigola la blonde.

« Ouais, j'imagine mais ça me fait du bien de sortir ! »

« Je te comprends et ne t'inquiètes pas pour ta mère, je gère ! »

« Merci man ! Alors tu voulais me parler de quoi ? »

Emma sourit largement et lança une balle avant de poursuivre :

« Ne crie pas de joie ! On n'est pas ensemble, mais ne t'étonne pas si tu nous vois sortir de la même chambre ! »

« Hein ?! »

« Tu as très bien compris, ne fais pas le bébé ! » Rit le shérif relançant la balle.

« Non, mais tu es sérieuse ? Depuis quand ? C'est vachement cool ! »

« Depuis cette nuit donc c'est très récent et je ne suis pas sûre que ça dure mais c'est une bonne nouvelle ! » S'enthousiasma-t-elle avec un grand sourire.

« C'est clair ! »

Il lui sourit largement et ils continuèrent à jouer jusqu'à l'arrivée de Regina apportant des rafraîchissements.

Quelques heures après...

Pour Emma autant que pour la mairesse, l'heure du coucher arriva vite. Chacune d'elles appréhendaient ce moment, mais ressentaient un fort sentiment de joie contrecarrer leurs angoisses. Enfin, elles entrèrent ensemble dans la chambre, toutes deux ayant attendu l'épuisement pour aller dormir.

La blonde déjà apprêtée d'un T-shirt blanc et d'un short court, se glissa rapidement sous la couette, Regina, quant à elle, prit ses affaires et revint quelques minutes après, démaquillée et vêtue d'un pyjama en laine. Emma ne la trouva pas sexy, cela changeait radicalement de la nuisette turquoise de la nuit précédente, mais elle sourit tout de même sachant pertinemment la raison de cette tenue. La brune, nerveuse, lui rendit son sourire, mais installa plusieurs coussins au milieu du lit sous le regard éberlué de sa colocataire.

« Qu'es-ce que tu fais ?! »

« Je mets une séparation entre nous... »

« Tu n'es vraiment pas croyable ! » S'exclama la blonde sous le choc.

« C'est radical, certes, mais cela évitera de vous remballer chaque matin ! » Répondit Regina en s'allongeant dans le lit.

Emma secoua la tête, piquée au vif et se tourna dos à sa compagne avant de poursuivre :

« Tu ne me fais vraiment pas confiance ! Bonne nuit ! »

À ses mots, Regina sentit son cœur se serrer, elle soupira de fatigue et éteignit la lampe de chevet. Dans la chambre plongée dans le noir, planait une atmosphère pesante, chacune réfléchissant à leurs mots et leurs gestes.

« Vous faire souffrir n'est pas mon but... Bonne nuit, Miss Swan... »

Cette dernière s'était énervée pour un rien et elle le savait, mais la situation la rendait tendue et nerveuse.

« Je le sais... Mais la douleur persiste... » Osa la blonde, cachée par l'obscurité.

« Je suis peut-être trop égoïste et vous demande beaucoup trop... » Se livra la brune et ajouta : « Nous devrions peut-être garder nos distances... »

« Non ! Surtout pas ! » S'exclama-t-elle un peu fort. « Je ne veux pas perdre ce que nous avons... »

La mairesse sourit largement, contente de pouvoir rester auprès d'elle. Soudain, une pensée la dérangea, elle essaya de l'ignorer, mais cela s'avérait difficile.

« Vous pouvez me parler, vous savez... Je suis en mesure de vous entendre maintenant... »

« Elle me manque... » Murmura la blonde tristement, perdue dans ses pensées. « Tu n'es pas elle, mais je ne peux m'empêcher de faire l'amalgame, d'imaginer ses réactions... Tu es elle, sans l'être, c'est difficile à gérer... »

« J'imagine et je ne dois pas vous faciliter la vie. » Répondit Regina sur le même ton.

« Tu peux le dire ! » Ironisa Emma. « Mais tout me manque... Sa tendresse, son amour, son corps... »

La brune tourna la tête dans sa direction, ses craintes se concrétisaient dans ses derniers mots. Elle hésita quelques secondes puis répondit :

« Je ne peux pas vous offrir ce que vous attendez de moi. Donc, vous pouvez avoir des relations... » Elle prit une profonde inspiration. « Extra-conjugales... »

Emma écarquilla les yeux, totalement sous le choc. Elle réagit immédiatement.

« Non ! Tu es ma femme, j'ai seulement besoin de toi ! Enfin, même si tu n'es pas elle, tu le restes aussi ! » S'embrouilla-t-elle. « Bref, la réponse est non ! »

« Je ne vous force pas non plus. C'était juste une proposition, je le comprendrais tout à fait ! »

« Je m'en fous, le sujet est clos. »

La brune acquiesça et un sentiment de soulagement l'envahit, même si elle ne l'admettrait pas, elle serait jalouse de cette amante. À cette pensée, elle se sentait possessive et égoïste... Emma lui apportait déjà plus que n'importe qui, mis à part Henry et elle en demandait toujours plus. Décontenancée par les contradictions de son esprit et de ses sentiments, Regina se tourna dos à sa voisine de lit et se focalisa sur les sensations agréables imprégnant son corps, consolant son cœur. Lentement bercée, Regina sombra dans un sommeil profond.

Emma se colla au plus près de la séparation, n'arrivant pas à garder autant de distance. Elle voulait virer les coussins, mais se retint, au fond, Regina avait raison sur ce point, mais elle devenait complètement folle pour lui faire une proposition pareille ! Certes, elle était en droit d'aller voir ailleurs, mais elle se devait juste d'être patiente. Elle retrouverait la femme qu'elle aime, un jour...

Quelques heures plus tard...

Regina ouvrit difficilement les yeux, l'obscurité de la chambre lui indiquant approximativement l'heure. Elle bougonna silencieusement, pour une fois qu'elle dormait quasiment bien, il fallut qu'une X raison la réveille. Soudain, elle sentit un poids sur son épaule, elle resta interdite une fraction de seconde avant de légèrement sourire, Emma n'avait pas pu retenir une main baladeuse. La brune remit en forme son coussin et se tourna lentement mais se heurta à une séparation partielle. Elle n'aurait pas cru que ce lit soit si petit pour y dormir à deux. Elle bougonna, à nouveau, et devant ses yeux se dessinait la silhouette sombre d'Emma, elle ne quittait plus son sourire. D'un coup, sa voisine bougea et Regina espéra ne pas l'avoir réveillée puis restant à moitié dans ses songes, elle essaya de se rendormir, mais elle lui manquait... La chaleur de sa main, son contact, elle en avait besoin en cet instant et écoutant la petite voix dans sa tête, la brune enleva le reste de coussins et glissa doucement dans le dos d'Emma... Toujours avec une lenteur extrême, Regina enlaça sa taille, colla son corps au sien et finit par plaquer son front contre son omoplate. Elle ne savait pas ce qu'elle faisait, mais la reine ne chercha pas plus loin et s'imprégna simplement de son odeur, savoura le soyeux de ses cheveux la chatouillant doucement. Elle apprécia la finesse de ses muscles sous ses doigts et soupira de plaisir. Elle se sentait tellement bien qu'elle en perdrait presque la raison... Doucement, Regina se rendormit, heureuse...


A suivre... Passez une bonne journée/soirée et comme convenu, rendez-vous jeudi !