Merci à tous mes lecteurs, les anonymes et les autres qui m'ont laissé des reviews

11-Rodney piégé

John Sheppard s'accouda à la balustrade du balcon de ses quartiers et contempla l'océan. Aujourd'hui il était calme, presque paisible. Exactement ce dont John avait besoin après les événements tumultueux de ces dernières semaines. Ils avaient tout d'abord cru retrouver Ford puis l'avaient de nouveau perdu. peut-être était-il mort ? Puis il s'était retrouvé piégé sur une planète où le temps passait plus vite, six mois pour lui alors que ce n'était que quelques heures pour les autres à l'extérieur. Il avait cru être coincé là-bas pour de bon avec cette fille, Teer qui n'avait qu'un seul but dans la vie : faire l'ascension. Il s'en était sorti une fois de plus grâce à Rodney.

Il soupira. Rodney qui lui battait froid depuis des semaines maintenant. Des semaines perdues aux yeux de John. Jamais, à aucun moment le scientifique n'avait laissé le militaire l'approcher, sauf pour des raisons professionnelles. John l'avait vu plusieurs fois avec Katie Brown alors qu'il croyait que Rodney ne la fréquentait plus. Le scientifique n'avait pas l'air particulièrement heureux. John qui l'observait souvent à la dérobée s'était aperçu qu'il avait maigri et que parfois il avait les yeux rouges. Rodney avait l'air triste. Manifestement il n'était pas plus heureux que lui. Et voilà que la veille au soir, alors qu'il suivait Rodney dans l'intention de l'aborder pour lui parler de ce qu'il ressentait il l'avait aperçu avec un jeune biologiste dans un couloir désert de la cité. Le jeune homme était à genoux devant le scientifique, le nez dans sa braguette et mettait une belle ardeur à donner du plaisir à son ainé. John les avait observé, fasciné par la vue pourtant familière de son ancien amant en train de jouir, la bouche entrouverte, les yeux mis clos, les joues rosies. Il avait ressenti une sourde colère mêlée de jalousie lui tordre les intestins. Il avait serré les dents, les poings et fait appel à tout ce qui lui restait de sang-froid pour ne pas se jeter sur le couple et se mettre à cogner. Au lieu de cela il s'était précipité dans les quartiers de Ronon, l'avait tiré de sa chambre pour la salle d'entrainement. Le satédien avait semblé comprendre ce dont il avait besoin. Deux heures après, John Sheppard exténué et trempé de sueur déclarait forfait et se trainait dans son lit. Mais même dans l'était où il se trouvait il n'avait pas pu trouver le sommeil. Il avait passé le reste de la nuit à réfléchir, à analyser ses sentiments, à tenter d'être honnête avec lui-même et maintenant il se sentait l'esprit clair, lucide. Il savait ce qui lui restait à faire.

Il rentra dans sa chambre, prit une douche, enfila un Jean noir et un tee-shirt de la même couleur, contacta par radio Elisabeth pour lui dire qu'il prenait une journée de congé qu'elle lui accorda volontiers, il lui demanda également un service qu'elle lui accorda tout aussi volontiers même si au ton de sa voix il comprit qu'elle était assez intriguée mais elle fit preuve de discrétion et ne posa pas de questions puis il se dirigea d'un pas résolu en direction de la baie des Jumpers.


Rodney McKay se saisit d'une boite à outil en râlant. Putain, il n'avait pas que ça à faire, ils le prenaient pour qui, sur Atlantis ? Pour un garagiste à Jumper? Il y avait des choses tout de même plus pressantes que de jeter un coup d'œil aux avaries de Jumper 3. Il allaient bientôt lui demander de porter un bleu de travail si ça continuait. Il s'imagina dans une combinaison bleue à fermeture éclair sur le devant qui remontait jusqu'au col, pleine de cambouis, des grosses chaussures de sécurité aux pieds, un mégot aux lèvres, pataugeant au milieu de pièces détachées de Jumpers jonchant le sol dans un vieux garage mal éclairé et grogna. Bon, puisque c'était Elisabeth en personne qui lui avait demandé il ne pouvait guère refuser. Surtout qu'elle avait l'air d'y tenir.

Il franchit la porte du labo, cette porte où John s'était si souvent arrêté sur le seuil pour le regarder travailler ou pour patienter quand il venait le chercher pour diner ou le trainer au lit pour passer une nuit torride ou tout simplement une soirée à regarder des films en se pelotant un peu et en se câlinant beaucoup, maintenant qu'il y repensait. Son cour se serra et il chassa l'image du militaire de son esprit. Il n'avait plus rien à faire avec lui désormais. John, c'était du passé. Il se mordit les lèvres. Il se mentait à lui-même, il le savait mais il ne voyait pas comment faire autrement. Il avait rompu, un point c'est tout. Il avait mis un terme à une relation compliquée, tumultueuse. Il était peut-être temps pour lui de se ranger ? Il avait souvent pensé qu'il avait le devoir de transmettre ses gènes afin que l'humanité puisse en bénéficier. Bon, certains pouvaient penser que c'était assez présomptueux de sa part mais il était un génie, non? Enfin, pas un génie pour tout, rectifia t-il en pensée. Pas dans ses relations à autrui ni en amour. Là, il était plutôt un sous doué.

Il haussa les épaules et se dirigea en direction de la baie des Jumpers. Tout y était étrangement calme, même pour cette heure matinale. Il n'y avait personne. Il repéra Jumper 3 tout au fond du bâtiment. Il soupira, resserra sa poigne sur la boite à outil, traversa l'immense pièce et entra dans le vaisseau par l'arrière qui était resté grand ouvert. Il avait à peine fait trois pas à l'intérieur que la cloison se referma d'elle-même. Il émit un petit hoquet de surprise, posa sa boite au sol et se dirigea vers le coffret à cristaux dans l'intention d'examiner le mécanisme responsable de la défaillance et de le réenclencher. Il l'ouvrit et commença à tâtonner. Au même moment il sentit une présence dans son dos et se retourna brusquement.

-Bonjour, Rodney.

John Sheppard se tenait là, l'air grave et résolu.

-Que fais-tu ici ? Questionna le scientifique surpris, qu'est-ce que ça veut dire ?

-Je veux te parler, Rodney.

Le scientifique se détourna et se remit à tâter les cristaux pour réinitialiser l'ouverture de la soute.

-Ne te donne pas cette peine, il n'y a pas de panne, le renseigna le militaire.

-Alors comment...?

-J'ai le gène naturel, tu l'as déjà oublié ? Demanda Sheppard amusé par l'expression renfrognée de Rodney. Ce dernier avait toujours eu de mal à cacher sa jalousie face à ce fait. Il avait de la peine à accepter que ce don ait été octroyé à un militaire alors que lui en aurait tellement eu besoin.

-Laisse-moi sortir, ordonna le canadien d'un ton péremptoire.

-Quand nous aurons parlé, Rodney.

-Et si je refuse.

-Alors nous resterons là jusqu'à ce que tu te décides. J'ai fait fermer la baie des Jumpers pour toute la journée et même plus longtemps s'il le faut. J'ai apporté de l'eau et des provisions, ajouta-t-il en désignant quelques boites de MRE dans un coin jouxtant quelques bouteilles d'eau. Alors à toi de voir.

Rodney lui lança un regard noir.

-Nous n'avons plus rien à nous dire.

-Je crois que tu te trompes, nous ne nous sommes encore rien dit, le corrigea le militaire. Et nous allons prendre le temps qu'il faut pour le faire.

-Ah oui, et bien on va voir qui va craquer le premier. Je crois que je vais commencer par une petite sieste, déclara le scientifique en s'abattant lourdement tomber sur une couchette. Il se mit à bailler et s'installa face au mur, tournant le dos au militaire. Réveille-moi quand tu en auras marre, ajouta t-il en rabattant une couverture sur son corps.

John s'assit sur la couchette voisine et sourit.

À suivre...