Voila la suite qui je pense vous plaira autant, enfin j'espère

bye

J'oubliais le disclamer: Je ne suis pas l'auteur mais Heidi Betts et les personnages sont ceux de Stephenie Meyer pour la plus part.

Bonne Lecture


- 11 -

Quelques heures plus tard, Bella se réveilla en douceur. Elle avait chaud, et elle se sentait mieux qu'elle ne s'était sentie depuis bien longtemps.

Et puis, elle se souvint. Un corps viril était blotti contre elle, un bras autour de sa taille.

Elle était dans le lit d'Edward. Dans les bras d'Edward.

Elle fut saisie par une pointe de… peur ? de remords ? Pourtant, cette nuit d'amour était une des plus, sinon la plus époustouflante expérience sexuelle de sa vie. Cela compliquait la situation, sans l'ombre d'un doute, mais cela en avait vraiment valu la peine.

Avant qu'elle puisse décider si elle devait rester et se rendormir, ou s'extirper de son étreinte pour se faufiler dans sa chambre, elle entendit un cri.

Bradley. C'était sans doute lui qui l'avait tirée du sommeil.

Faisant de son mieux pour ne pas réveiller Edward, elle souleva son bras et roula doucement hors du lit. Sur le sol, elle aperçut son peignoir en boule. Elle le ramassa, le secoua pour trouver l'endroit de l'envers et l'enfila rapidement, avant de sortir à pas de loup.

Le plancher de bois était froid sous ses pieds. Quand elle arriva dans la chambre, elle vit Bradley allongé sur le dos dans son berceau, le visage crispé, les bras et les jambes en mouvement.

Elle le prit et tapota son dos tout en descendant dans la cuisine pour lui préparer un biberon. Une fois qu'il fut chaud, elle remonta l'escalier pour aller s'installer dans le magnifique rocking-chair de bois sculpté qu'Edward avait insisté pour lui offrir.

Quand Bradley eut avalé son biberon, et qu'il se fut rendormi, elle lui changea sa couche et le remit dans son berceau, en espérant qu'il ne se réveillerait pas de nouveau. Elle ne savait même pas l'heure qu'il était, et dut vérifier sur l'horloge de la cuisine, quand elle rapporta le biberon vide.

Deux heures cinq. Elle devait se lever dans quatre heures seulement. La question était, irait-elle dans sa chambre pour passer ces heures seules… ou retournerait-elle dans le lit d'Edward pour se lover contre son corps ferme et chaud ?

Elle voulait tant choisir la deuxième hypothèse. L'idée était presque irrésistible. Mais cela ne signifiait pas que c'était la meilleure option. Dormir avec lui avait été assez stupide mieux valait ne pas aggraver son cas en optant de nouveau pour la mauvaise décision.

Elle rinça le biberon et retourna à l'étage. Une ombre se profila sur le sol carrelé. Elle faillit pousser un cri et reculer, mais se reprit. Ce n'était pas l'abominable homme des neiges.

— Bonté divine, dit-elle en portant une main sur son cœur affolé, tu m'as fait une peur bleue.

Edward cligna des yeux, l'air hébété, et passa une main dans ses cheveux emmêlés. Il avait enfilé un pantalon de pyjama aux fines rayures bleues et blanches, il était pieds nus.

Elle n'avait pas remarqué à quel point ses pieds étaient excitants. Peut-être parce que la dernière fois qu'il avait porté si peu de vêtements, elle n'avait pas vraiment prêté attention à ses orteils.

— Je me suis réveillé, et tu n'étais plus là, dit-il d'une voix ensommeillée.

— C'est le bébé qui m'a réveillée, répondit-elle.

D'ailleurs, elle ne lui devait pas d'explication. Si elle avait été maligne, elle se serait échappée de son lit avant que Bradley ne la réveille, et se serait enfermée à clé dans sa chambre, loin de ses mains avides et de ses lèvres tentantes.

— Est-ce qu'il va bien ?

— Oui. Il avait juste besoin d'un biberon et d'une nouvelle couche. Il s'est rendormi maintenant.

Il hocha la tête, ce qu'elle interpréta comme un signe d'approbation. Puis il fit un pas vers elle. Et un autre. Et encore un autre.

Elle recula, ne sachant pas vraiment quelles étaient ses intentions, jusqu'à ce qu'elle bute contre le comptoir. Mais cela ne l'arrêta pas. Il continua d'avancer vers elle jusqu'à ce que son torse effleure le bout de ses seins. Pouvait-il sentir leurs pointes se durcir à travers le fin satin de son peignoir ?

— Edward, dit-elle d'une voix tremblante quand il se pencha vers elle et commença à chatouiller un endroit juste derrière son oreille.

— Hum ?

— Ce qui s'est passé tout à l'heure…

Il lui était difficile de se concentrer quand il avait les lèvres posées sur elle.

— Mmmm.

— C'était…

Il lécha son lobe, puis le mordilla doucement, et elle sentit ses genoux chanceler.

— Une erreur, se força-t-elle à finir d'une voix essoufflée. C'était une erreur.

— Absolument. Une terrible erreur.

Cependant, le fait qu'il laisse un chemin de baisers torrides et humides jusqu'au creux de sa gorge lui donnait à penser qu'il n'était pas vraiment d'accord avec elle.

Elle déglutit, déterminée à ne pas se laisser déconcentrer.

— Alors pourquoi fais-tu… cela ?

Il glissa la main sous la ceinture de son peignoir, défit le nœud et écarta les pans de satin. L'air froid frappa sa peau embrasée, et lui donna la chair de poule.

— Selon moi, dit-il tout bas en glissant les mains sous son peignoir pour l'ouvrir plus grand, l'erreur a déjà été commise. On ne peut pas revenir dessus.

Il marquait un point. Ou alors, elle était influencée, parce que ses mains et sa bouche étaient aussi enivrantes qu'une bouteille de bon vin…

— Nous sommes deux adultes consentants, poursuivit-il, en se frayant un chemin jusqu'à sa taille. Je ne vois aucune raison de ne pas continuer à nous faire du bien tant que tu es là. Pas d'attaches, pas de promesses. Seulement — sa langue passa sur un téton tendu et sensible — le plaisir.

Elle rejeta la tête en arrière dans un frisson, et ferma les yeux. Il marquait un deuxième point.

Une toute petite voix résonna dans sa tête, un écho lointain qui lui offrit un semblant de raison. Cette voix la força à protester.

— Mais…

Elle aurait dû en dire plus, trouver un argument, elle le savait, mais aucun ne lui venait à l'esprit.

Alors, il finit sa pensée pour elle. Il se redressa suffisamment pour atteindre sa bouche, et l'embrassa jusqu'à ce que son esprit ne soit plus empli que d'un tourbillon d'étoiles colorées.

Il s'interrompit, lui laissant une chance de reprendre son souffle, mais une seconde seulement. Puis il la saisit par la taille et la déposa sur le comptoir.

— Ce ne sera que pour une semaine environ, dit-il, faisant glisser le peignoir sur ses épaules et le laissant descendre jusqu'à ses hanches. Dès que les tests arriveront, tout va changer. Mais jusque-là, nous avons du temps.

Il embrassa la courbe de son sein.

— A passer ensemble.

Sa clavicule.

— Seuls.

La ligne de sa joue.

— Juste toi et moi.

Et enfin, sa bouche.

— A profiter l'un de l'autre…

Il écarta ses jambes pour se glisser entre elles l'étoffe de coton de son pyjama était douce contre ses cuisses, et hautement érotique.

Elle ne pouvait répondre qu'une chose à cela,pendant que ses lèvres prenaient possession des siennes et que ses pouces se rapprochaient de son clitoris.

— D'accord.

Deux jours plus tard, Bella revint du Ridge plut tôt que d'habitude. Ce n'était pas raisonnable. Elle avait une liste interminable de choses à faire, et contrairement à ses souhaits les plus chers, le temps qui restait avant le mariage de Rosalie semblait s'accélérer au lieu de ralentir.

Pourtant, Edward l'avait finalement convaincue d'accepter de dîner avec lui au Chagall's. Même s'ils demandaient un coin tranquille, et qu'ils essayaient de passer inaperçus, on les remarquerait, c'était certain. Ce seraient les autres clients, ou les serveurs, et la rumeur finirait par atteindre les cuisines. Edward ne semblait pas s'en inquiéter, et elle essayait de l'imiter, mais cela ne signifiait pas qu'elle était impatiente d'apporter de l'eau au moulin à ragots de Masen Ridge.

Cela dit, peut-être personne ne les remarquerait-il. C'était possible. Edward avait peut-être échafaudé une histoire parfaitement plausible pour expliquer ce qu'ils faisaient ensemble.

Même s'ils s'étaient mis d'accord pour prétendre qu'ils n'étaient que des connaissances de travail, leur rendez-vous était un rendez-vous galant. Du moins, elle le supposait, étant donné qu'elle vivait sous son toit et qu'elle partageait son lit en ce moment.

Elle aurait dû se sentir coupable de coucher avec lui, mais ce n'était pas le cas. Pas encore, du moins. Et elle s'était promis que lorsque leur relation arriverait à son terme — car il y aurait un terme, bien entendu —, elle l'accepterait avec maturité. Sans crise de larmes, sans faire de scène, car ils avaient établi dès le départ que leur liaison ne durerait pas. Ils étaient simplement deux adultes consentants qui savouraient la compagnie de l'autre, aussi longtemps que cela durerait.

Mais une liaison, par définition, était censée être secrète, n'est-ce pas ? Cela impliquait rendez-vous clandestins et rencontres volées. Ils n'étaient pas censés se retrouver dans un restaurant bondé, dans un complexe touristique très fréquenté, où n'importe qui pourrait les voir, spéculer sur leur relation, et lancer toutes sortes d'horribles rumeurs.

C'était pourtant le choix qu'avait fait Edward. Il avait insisté pour lui faire découvrir le luxueux restaurant cinq étoiles ce soir, avant qu'elle ne soit trop accaparée par les préparatifs du mariage de Rosalie. Ou avant que les résultats des tests ADN ne leur parviennent ?

Peut-être voulait-il l'impressionner, même si elle voyait mal comment elle pourrait être plus impressionnée, étant donné tout ce qu'elle avait déjà vu de l'empire des Masen.

Ou peut-être voulait-il simplement être gentil, en lui offrant une pause méritée, après toutes ces longues heures de travail consacrées au mariage de sa sœur. Certes, cette mission était venue de lui, c'était sa façon de la garder près de lui jusqu'à ce qu'il découvre s'il était ou non le père de Bradley.

Malgré tout, elle trouvait l'attention gentille et romantique, et elle était trop faible pour résister. Elle se laissait porter par ce rêve, même s'il allait s'achever dans un futur très proche.

Bradley était encore à la crèche, elle n'avait pas à s'en faire pour lui. Elle avait une bonne heure devant elle pour prendre une douche, changer de vêtements, se recoiffer et se maquiller avant de retrouver Edward au complexe, dans son bureau, comme ils en étaient convenus.

Elle ôta ses chaussures et son manteau, et courut dans l'escalier. Vingt minutes plus tard, elle sortit de la douche et se sécha les cheveux. Puis elle opta pour un maquillage plus marqué que celui qu'elle portait en journée, et ajouta quelques gouttes de son parfum préféré.

Ensuite, elle alla pieds nus jusqu'au dressing de sa chambre et sortit le fourreau de velours noir auquel elle avait songé toute la journée. Elle l'avait remarqué tout de suite parmi les vêtements qu'Edward lui avait fait livrer, tout en étant persuadée qu'il était bien trop élégant pour pouvoir le porter durant son séjour à Aspen.

Mais dès l'instant où il l'avait convaincue de dîner avec lui au Chagall's, elle s'était dit que c'était enfin l'occasion d'en faire bon usage. Elle avait déjà choisi ses chaussures et ses bijoux : une paire d'escarpins noirs vertigineux ornés de minuscules nœuds blancs, et un collier de perles ivoire avec des boucles d'oreilles assorties.

Lorsqu'elle fut presque prête, elle choisit une petite pochette noire, assez grande cependant pour contenir les objets de première nécessité, son téléphone portable et son rouge à lèvres. Mais où était sa montre ? Elle avait dû la laisser dans la chambre d'Eward.

Elle essayait toujours de ne pas y laisser ses affaires, car même si, techniquement, ils vivaient ensemble et partageaient le même lit, laisser quoi que ce soit dans sa chambre évoquait un peu trop une vraie cohabitation, ou une histoire qui les mènerait quelque part. Mais, étant donné le nombre de fois ou il l'avait attirée dans sa chambre alors qu'elle était encore tout habillée, et qu'il l'y avait ensuite déshabillée… un frisson la parcourut quand des souvenirs torrides l'assaillirent… ce n'était guère étonnant qu'elle ait fini par y oublier un objet.

Elle alla directement vers la table de chevet, pensant y trouver sa montre. A mi-chemin, elle remarqua une énorme bosse au centre du lit.

C'était étrange, car elle se souvenait d'avoir fait le lit elle-même ce matin.

Il lui fallut un instant pour comprendre ce qu'elle était en train de voir, mais ensuite, elle commença à se demander si quelque chose de grave était arrivé. Elle avait vu Edward ce matin, avant qu'il ne parte pour le bureau, mais ne lui avait pas reparlé depuis. Elle ne l'avait pas jugé utile, puisqu'ils s'étaient mis d'accord la veille au soir.

Mais s'il avait eu un malaise ? S'il avait mangé un mauvais sushi au déjeuner et qu'il était revenu à la maison malade ? Si tel était le cas, il aurait dû l'appeler, ou demander à Tanya de la prévenir. Mais peut-être avait-il été trop mal en point pour cela.

Elle tira doucement sur la couette.

— Edward ? demanda-t-elle d'une voix douce. Tout va bien ?

Mais ce n'était pas Edward, sous les draps froissés. A moins qu'il ne lui soit poussé un mètre de cheveux et qu'il ne les ait teints en roux cuivré durant les six dernières heures.

Elle laissa retomber la couette comme si elle recouvrait un nid de vipères, et recula en arrière, les yeux écarquillés.

Derrière elle, elle entendit un grincement de porte. Elle se retourna et vit Edward entrer. Ses cheveux étaient toujours courts et bronze, et il portait le même costume que le matin.

Il lui sourit et lui donna un rapide baiser. La main qu'il avait posée sur sa nuque était ferme et possessive, et même avec ce qu'elle venait de découvrir sous le lit, juste à côté d'eux, elle fut troublée.

— Je me suis dit que je t'emmènerais moi-même au lieu de te laisser aller jusqu'au Ridge toute seule. D'ailleurs, je préfère laisser mon attaché-case maintenant plutôt que de me souvenir de passer le prendre en rentrant du restaurant.

Elle se mordit la lèvre, enlevant sans doute la moitié du rouge à lèvres qu'elle avait appliqué avec tant de mal, et fit de son mieux pour retrouver sa voix.

— Vraiment ? demanda-t-elle. Tu n'es pas rentré plus tôt pour un petit plaisir d'après-midi ?

Son sourire se fit prédateur.

— Non, mais puisque tu le proposes…

Il consulta sa montre.

— Nos réservations sont à sept heures, et l'un des nombreux avantages d'être un Masen, c'est que nous pouvons être en retard et avoir notre table quand même.

Il se pencha pour un autre baiser, mais elle recula rapidement. La main qu'il avait posée sur son dos retomba, et son sourire s'évanouit.

— Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il, l'air sincèrement inquiet.

— Quand j'ai mentionné le petit plaisir, je ne parlais pas de moi, dit-elle en désignant le lit d'un signe de tête. Je parlais de Boucles d'Or.

Il regarda vers la boule sous la couette, qui commençait juste à s'agiter. Aussitôt, il approcha du lit et retira la couette d'un coup sec.

Une svelte jeune femme aux boucles rousses, qui ne portait qu'un coordonné de dentelle rose vif, battit des cils et roula sur le dos. Elle sourit en voyant Edward.

— Hello, chéri. J'espère que ça ne t'ennuie pas que je sois entrée.

C'était tout ce que Bella avait besoin d'entendre. Ou peut-être tout ce qu'elle pouvait supporter d'entendre sans devenir violente, ou malade, ou les deux.

Tournant les talons, elle sortit de la pièce. Evidemment, une fois en bas, elle ne sut plus quoi faire.

Elle aurait pu exploser, ou grimper dans la Cadillac qui ne lui appartenait pas et rouler… mais vers quelle destination ? Masen Ridge ? Denver ? Un hôtel en ville ? Toutes ces options nécessitaient qu'elle passe au complexe prendre Bradley, en tout cas.

Au fond d'elle-même, elle savait qu'elle n'allait rien faire de tout cela. Elle savait aussi qu'elle n'avait pas vraiment le droit d'être bouleversée.

Si Edward avait une autre femme dans son lit, en quoi cela la concernait-il ? Ou même s'il avait une douzaine de charmantes petites amies sous le coude ?

Ils couchaient peut-être ensemble — une décision dont elle avait su dès le départ que ce n'était pas la plus futée qu'elle ait prise —, mais personne n'avait dit que leur relation était exclusive. En réalité, ils n'avaient même pas appelé cela une relation.

Et elle connaissait sa réputation avec les femmes. Elle savait qu'il avait une fille dans chaque port, pour ainsi dire. Pouvait-elle être surprise que l'une d'entre elles ait débarqué sans crier gare ? Malgré tout, elle aurait préféré que cette fille ne grimpe pas dans son lit pendant qu'elle le partageait encore avec lui. Mais c'était le risque que l'on courait, sans doute, quand on choisissait de fréquenter le tombeur le plus notoire du Colorado.

Ce qui signifiait qu'elle devrait s'en remettre. Et cesser de réagir comme une maîtresse rejetée ou une épouse jalouse.

Mais ce n'était pas parce que la logique devait primer sur les émotions brutes et les réactions instinctives qu'elle pouvait effacer les effets physiques de son émoi. Ses talons claquèrent sur le sol quand elle se dirigea d'un pas raide vers la cheminée de pierre. Elle était froide et vide, mais peu importait.

Les bras croisés, elle se mit à faire les cent pas. Non pas par colère, plutôt pour dépenser son excès d'énergie et avoir quelque chose à faire pendant qu'elle attendait… Dieu seul savait quoi.

A présent, elle doutait qu'ils aillent dîner, et elle était trop habillée pour quoi que ce soit d'autre. Mais retourner se cacher dans sa chambre n'était pas non plus une option, elle avait trop peur de croiser Edward et sa bimbo rousse.

Alors, elle resta là, à arpenter le salon, jusqu'à ce qu'elle entende des pas dans l'escalier. Se préparant à la confrontation, elle laissa retomber ses bras et tenta de paraître aussi détachée, aussi imperturbable que possible.

La jeune femme était maintenant habillée, même si certaines parties de sa robe en lamé argenté semblaient peintes sur son corps tant elles étaient moulantes. Elle avait ramené ses cheveux sur le sommet de sa tête, en une couronne rouge feu, et des gros bijoux clinquants ornaient son cou et ses poignets. Sa tenue était sans doute à la pointe de la mode, mais elle la faisait ressembler à une rescapée de l'ère disco. Son maquillage avait filé par endroits, et, tous les trois ou quatre pas, elle reniflait, puis s'essuyait le nez comme si elle venait de pleurer.

Edward, quant à lui, descendait stoïquement l'escalier derrière son amie. Une main sur la rampe, l'autre dans la poche de son pantalon, il riva son regard à celui d'Isabella.

Elle les observa pendant qu'ils se dirigeaient vers la porte d'entrée. Elle vit la femme pivoter sur ses bottes moulantes pour lancer un regard de biche à Edward et passer son ongle manucuré sur sa cravate bleu marine.

— Tu en es sûr, Eddie ? murmura-t-elle avec une moue appuyée.

Ses cils battaient à une vitesse extravagante.

A sa décharge, Edward ne répondit pas à ses tentatives de charme, sauf pour prendre sa main et la remettre très fermement sur le côté.

— Oui, je suis sûr. Je te souhaite un bon vol, Brittany.

Il ouvrit la porte.

Bella aurait préféré que le départ de cette femme ne l'affecte dans un sens ou dans l'autre, mais dès que la porte se referma derrière elle, une vague de soulagement l'envahit. Uniquement parce qu'il n'y aurait pas de vilaine dispute avec Edward. Quelle autre raison aurait pu expliquer l'apaisement qu'elle ressentait ?

Edward vint lentement vers elle.

— Je suis navré. Ce n'est vraiment pas la façon dont je comptais commencer cette soirée.

— Ce n'est rien, dit-elle, contente que sa voix soit régulière et assurée. Tu peux inviter qui tu veux dans ton lit, ce ne sont pas mes affaires.

Cela ne semblait pas aussi détaché et distant qu'elle l'avait espéré.

S'arrêtant devant elle, il pencha la tête, et posa une main sur sa joue.

— Je ne l'ai pas invitée, dit-il doucement. Du moins, pas récemment. Nous sommes sortis ensemble il y a quelque temps, et je suppose qu'elle espérait que nous pourrions renouer.

— Puisqu'elle avait une clé de ta maison, j'imagine qu'elle avait des raisons d'espérer.

Il afficha un sourire indulgent, et elle serra les lèvres pour s'empêcher de continuer à parler. Il aurait pu prendre ses commentaires pour un signe de jalousie.

— Elle sait où je cache mon double, et je suis en train de me dire que je devrais le changer d'endroit. Et elle n'est allée dans mon lit que parce qu'elle était fatiguée. Elle est mannequin, elle vient de rentrer de sa dernière séance photo à Paris.

Un mannequin. Bien sûr. Elle aurait dû le deviner, à son corps parfait et sa chevelure éblouissante. D'ailleurs, Edward et elle allaient très bien ensemble.

Son aversion avait dû se peindre sur son visage, car Edward eut un petit rire et caressa sa joue.

— Ne t'inquiète pas, je l'ai renvoyée. Pour de bon. Elle ne nous ennuiera plus.

Elle ressentit un délicieux petit frisson à ses paroles, elle ne pouvait que le reconnaître. Mais l'incident lui avait rappelé qu'elle n'était pas chez elle. La Belle au bois dormant du jour faisait partie d'une longue liste de conquêtes qui accouraient dès qu'Edward claquait des doigts.

Elle humecta ses lèvres.

— Il n'y a pas de nous. Pas vraiment.

Plutôt que de reculer, comme elle s'y était attendue, Edward afficha un minuscule sourire doux-amer.

— Pour l'instant, si. Et je ne vais pas laisser la visite surprise d'une ex-présomptueuse gâcher notre relation, ni nos projets pour la soirée. Maintenant, dit-il d'un ton plus ferme, es-tu toujours intéressée par un dîner chez Chagall's, ou préfères-tu rester ici ?

Son instinct lui commandait de répondre « ni l'un ni l'autre ». L'invitée-surprise lui avait fait l'effet d'une douche froide, et l'avait tirée de son cocon rassurant mais trompeur.

Même si elle s'était elle-même mise en garde à maintes reprises, elle s'était sentie de plus en plus à l'aise sous le toit d'Edward. Dans son lit. Elle se mouvait dans son monde comme si elle y appartenait. Elle avait enfoncé la tête dans le sable, et laissé ce séjour de rêve, avec tout ce que cela comportait, la transporter.

D'un autre côté, peut-être l'arrivée impromptue de Brittany était-elle exactement ce dont elle avait besoin pour se souvenir qu'elle ne devait pas se laisser endormir.

Elle ne pouvait pas partir, car elle avait promis à Edward de rester jusqu'à ce qu'ils soient fixés pour Bradley. Et en acceptant d'organiser le mariage de Rosalie, elle s'était aussi engagée à rester durant les vacances de Noël.

Fuir avant la noce n'était certainement pas recommandé pour une organisatrice de mariages. Surtout pour avoir découvert que son amant temporaire — et accidentel — avait d'autres petites amies. Pas alors qu'elle savait depuis le début qu'il était un play-boy. Ce serait hypocrite de sa part d'être perturbée maintenant, simplement parce qu'elle avait eu une preuve en chair et en os de la vraie nature d'Edward.

Pour résumer, elle ne pouvait pas quitter Aspen puisqu'elle avait donné sa parole, ni s'apitoyer sur son sort parce qu'elle avait agi en toute connaissance de cause. Et de toute façon, il fallait qu'elle passe prendre Bradley à la crèche.

Elle prit une profonde inspiration et se força à sourire. Ce ne fut pas si difficile, d'ailleurs. Pas une fois qu'elle eut mis les choses en perspective.

Sa situation actuelle n'était peut-être pas idéale, ce n'était pas une romance de conte de fées comme elle l'aurait imaginée, mais elle avait choisi de vivre cette liaison en étant consciente de sa nature temporaire. Elle avait fait son lit, comme on dit, et tant qu'Edwarrd ne la jetait pas dehors ou qu'un autre événement ne la faisait pas changer d'avis, elle allait partager ce lit avec lui.


Alors le verdict?