Bienvenue sur ce onzième texte d'APN ! Merci pour les vues et les reviews, cela me fait extrêmement plaisir. :)

Disclaimer : Tous les personnages et toutes les références ne m'appartiennent pas ; seule l'histoire m'appartient. Le reste appartient à Tetsuya Nomura.


Règle numéro onze : se souvenir

Le pire souvenir de Vanitas est celui de ses quinze ans : celui du jour de son anniversaire. Il se prépare, cherche ses cadeaux annuels, sort même se balader. Le soir, ses parents reviennent du travail, et Vanitas les attend, tout guilleret.

Sa mère engage la conversation tout en retirant son manteau.

« Tu sembles heureux.

— Je passe une bonne journée.

— Vraiment ? Pour une fois. »

Son cœur d'adolescent se serre un instant. Il finit par passer outre la pique.

« C'est une journée importante.

— Tu as sorti les poubelles ? »

Il se stoppe, cligne des yeux. Que se passe-t-il ?

« Je te parle. Tu as sorti les poubelles ?

— Non. J'ai oublié.

— Comme toujours. »

Il cligne des yeux, encore et encore. De plus en plus fort, quitte à se faire mal.

« C'est un jour important.

— Ah oui ? »

Elle passe à côté de lui sans véritablement l'écouter. Révélation.

« Tu as oublié ?

— Oublié quoi ?

— Mon anniversaire. »

Silence d'outre-tombe. Elle se gratte le bras, gênée. Il cligne des yeux jusqu'à avoir mal ; TOC, quand tu reviens.

« Tu l'as oublié.

— J'avais plus important à faire.

— Qu'est-ce qui est plus important que l'anniversaire de ton propre fils ?

— Tu me fatigues. »

Elle tente de partir. Elle tente de s'enfuir. Il la retient et agrippe son bras. Elle tente de se dégager. Elle tente, elle tente, mais c'est inutile. Son fils a plus de force qu'elle.

« Lâche-moi.

— Comment tu as pu oublier ? »

Il est blessé. Sa mère— sa génitrice a oublié le jour de sa naissance. L'un des jours supposément les plus beaux de sa vie.

« Lâche-moi, Vanitas.

— Je ne compte pas pour toi ?

— Non. »

Ce n'est pas sa génitrice qui prononce ce mot. C'est son père. Il la lâche, reste debout, les bras ballants, baisse la tête face au regard de son géniteur.

« Tu ne comptes plus pour nous depuis longtemps. »

Ses yeux lui piquent. Son nez se mouille.

« Pourquoi ? »

Il réussit à le demander.

« Tu es invivable. »

Une larme roule le long de sa joue. Il tente de partir. Il tente de s'enfuir.

Personne ne le retient.