Salut tout le monde !

Et voilà le chapitre 11. En toute honnêteté je l'aime bien je crois lol. Vous aurez des réponses à toutes les questions que vous vous posez au fur et à mesure des chapitres, vous inquiétez pas !

Je vous remercie beaucoup pour votre soutien, vos messages et tout ça ! Grâce à vous, l'aventure FF aura été super pour moi ! Merci à Garance pour sa correction !

Je vous embrasse,

prenez soin de vous et bonne lecture.
Tiffany

-o-o-o-

Chapitre 11 : Compromis sentimental

~ Point de vue d'Edward ~

Je m'étirais, dans une sensation agréable de chaleur et de confort. Je n'éprouvais aucune envie de rompre cette plénitude autour de nous. J'étais toujours nu, et mon coeur se serrait. Ce n'était pas un rêve...

J'étais calé contre ma meilleure amie, tout aussi nue que moi, son dos contre mon torse. J'ignorais comment nous nous étions retrouvés ainsi dans cette position, mais j'éprouvais le besoin de rester comme ça avec elle. En silence. Quelque chose me frappa, comme une électrocution et je rouvrais les yeux sous l'impulsion. J'ai fait l'amour avec ma meilleure amie, ce délicieux moment est passé. Et maintenant ?

Je bougeais légèrement et réalisais que Bella avait toujours les yeux clos. Elle dort, elle se repose. Elle est enceinte, Edward... De quelqu'un dont tu ignores l'identité. Je me raidissais inconsciemment, tentant de respirer correctement et ne pas m'énerver. Qu'est-ce que va signifier cette nuit pour elle ? Et pour moi, qu'est-ce que ça signifie ?

Beaucoup.

Certainement beaucoup.

Bella gémissait et bougeait un peu, mon bras sous sa tête. Dans son geste, elle appuya ses lèvres contre et je frissonnais, tentant de masquer mon désir qui naissait. Je me reculais légèrement, au moins mon bassin mais Bella se tourna dans mon étreinte, posant son nez contre mon torse. Elle rouvrit les yeux, regardant sa main qui se calait contre ma peau. Je ne savais pas quoi dire, ni quoi faire. Je l'observais rougir et lever son visage vers moi. Elle est belle, juste au réveil. Je ne pus empêcher ma main de venir caresser ses cheveux, les lissant vers l'arrière. Elle est belle. Oui. Elle est plus que belle...

Lentement, elle posa sa main sur la mienne et je me perdais dans ses yeux marrons. Elle baissa son regard avant de le relever à nouveau et se redresser un peu. Elle déposa ses lèvres contre les miennes doucement et immédiatement, la tendresse de cette nuit reprit possession de la petite pièce. Ma paume trouva sa place sur la peau de son visage, et nos lèvres se frôlaient lentement, tendrement. Je rompais le baiser, le coeur battant.

- Bella...

Elle avait les yeux clos de nouveau.

- Tu sais... Je crois qu'on devrait... enfin cette nuit...

Elle se serra contre moi.

- Est-ce que tu regrettes ?

Regretter d'avoir fait l'amour ? D'avoir ressenti cette connection ?

- Non... Et toi ?

- Non plus...

Elle ne regrette pas. C'est déjà ça. La suite ?

- Et... et maintenant ?

- Maintenant ?

- Qu'est-ce que... enfin... Et nous ?

- Edward, je...

Une boule douloureuse nouait ma gorge.

- Notre relation est assez forte pour passer ça... compléta-t-elle.

Je me redressais et soupirais.

- Oui, on est assez intelligents mais... merde Bella ! On a fait l'amour hier et... je sais pas toi, mais pour moi ce n'était pas que du sexe entre amis, tu vois ?

Alors, c'est donc là que notre amitié s'arrête ? Pour une divergence à cause du sexe ?

A son tour, elle se redressait difficilement et appuyait sa tête contre son bras. Elle ne me répondit pas immédiatement, et j'ignorais ce que je devais faire : la laisser réfléchir ou ouvrir mon coeur ? Parce que de toute évidence, quelque chose dans ma relation à Bella a changé depuis quelques temps.

- Je suis heureuse de t'avoir dans ma vie, je suis plus que reconnaissante pour ta présence, ton amitié, le regard que tu portes sur moi...

- Mais ?

Parce qu'il y aura forcément un "mais".

- Mais la situation est loin d'être simple, tu comprends ? Je suis enceinte ! Enceinte de... d'un type avec qui ça n'aurait jamais dû se faire... Ma plus grosse erreur, Edward ! Ma plus grosse erreur !

- Dis-moi au moins qui !

Elle ferma les yeux et se balançait presque imperceptiblement.

- On ne parle pas de ça... Mais il y a ce bébé et... je sais plus... je ne sais plus quoi penser, quoi dire, quoi faire... J'ai constamment l'impression de me planter...

Merde !

- Alors, coucher ensemble était une erreur ?

Elle rouvrit ses yeux et me regardait.

- Non...

Elle se levait et se dirigeait vers la salle de bains.

Non ? Ce n'était pas une erreur ? C'était quoi, alors ? Je ne savais plus quoi penser, quoi dire ou quoi faire. Franchement hein ! Les bonnes femmes aussi ! Mais j'étais certain d'une chose : il fallait résoudre ça, sans laisser s'échapper cette possibilité de discuter tranquillement sans personne autour de nous pour intervenir dans nos choix.

Je me dirigeais donc vers la petite salle de bains, ouvrant la porte. Ok, elle aurait pu vouloir d'un moment d'intimité mais franchement, je l'ai vu nue cette nuit, alors... Elle était face au miroir, le visage fermé.

- Alors qu'est-ce qui se passe, exactement ? Qu'est-ce qu'on est maintenant ?

Je m'appuyais contre le lavabo sur lequel elle se soutenait également. Je croisais son regard dans le miroir, et voyais clairement son hésitation. Je me positionnais derrière elle, me sentant un peu honteux. J'ai pas vraiment d'indulgence avec elle... Si ça se trouve, y a rien à dire à ce sujet. On a fait l'amour, et c'est tout. Certains arrivent à baiser sans se poser de questions. Pourquoi pas moi ?

Machinalement, j'entourais son ventre de mes bras et m'approchais de son dos. Notre reflet face à moi me renvoyait l'image de deux amis, deux idiots bêtes, qui tergiverçaient. Elle croisa mon regard dans le miroir.

- Je ne sais plus ce que je veux te concernant, Edward... Je ne sais pas... Des fois j'ai juste envie d'être avec toi comme... comme hier et...

Elle rougissait et eut un petit rire timide avant de baisser les yeux. Mon sourire s'étalait un peu et mon coeur accélérait.

- Et des fois je me dis que... que ça serait stupide parce qu'il y a beaucoup de choses maintenant entre nous et... ce bébé, tout ça... Ce que tu as dis à nos familles concernant la paternité... Je ne veux pas en faire plus que ce que tu pourras supporter ou... mais je sais pas... Des fois j'ai juste envie...

Comme moi, quoi.

- Je ne suis pas plus avancé que toi... Des fois j'ai aussi juste envie d'être avec toi... juste... pas comme des amis tu vois... Et je me dis aussi que je ne veux pas te perdre si ça devait pas marcher ou si les choses changeaient trop entre nous... Ca me perturbe parce que je veux que tu sois mon amie, mais hier... je sais que j'ai pas juste eu du sexe avec toi... C'était... Je t'ai fait l'amour...

Et c'est là toute la différence... Je n'ai pas baisé Bella. J'ai fait l'amour avec elle.

- Qu'est-ce qu'on va faire, alors ?

Je soupirais.

- Je sais pas... peut-être... rester comme ça, et voir... Et si on a envie de... enfin d'être juste ensemble tous les deux ben...

- On ne se pose pas de questions, et on va ensemble, juste tous les deux...

J'acquiesçais.

- Sans pression...

- On a pas besoin que tout le monde le sache...

Encore une fois, j'opinais.

Ca me plaît... Une sorte de relation libre, entre deux eaux, le temps de savoir exactement ce qui nous arrive.

- Comme ça, on aura le temps de faire le point... de voir ce qu'on ressent l'un et l'autre...

Elle fit "oui" de la tête et nos reflets dans la glace nous renvoyaient l'image de deux ados pas encore très mûrs pour les choses de la vie, mais pas non plus ignorants d'une situation qui semblait pour le moins compliquée.

- Et pour aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait avant de repartir ?

- On peut aller au bord de la mer, non ?

- Tiens, bonne idée... Je vais chercher des affaires de rechange pendant que tu te douches et je vais ranger un peu deux trois trucs histoire de pas tout faire avant de partir...

- D'accord... Mais n'en fais pas trop, ranger n'est pas non plus ta spécialité !

Je lui fis un petit clin d'oeil et commençais à sortir de la petite pièce.

- Edward ?

- Ouais ?

Elle s'approchait et se hissait sur la pointe des pieds. Elle déposa un petit baiser sur mes lèvres, ses doigts se plaçant dans mes cheveux. Je la rapprochais de moi et regoûtais à ses douces lèvres un petit instant. Je l'attirais dans mes bras, sentant entre nous son petit ventre.

- Je ne veux pas te perdre, Edward...

- Tu ne me perdras pas...

Il me sembla qu'elle resserra son étreinte et après une longue et douce minute, je la relâchais.

- Allez, trève de niaiseries de gonzesses ! A la douche jeune femme ! Et magne-toi, tu veux ?

Elle prit un air faussement choqué.

- Non mais dis donc ? C'est qui qui reste une heure sous la flotte de nous deux à prendre soin de lui ?

- Non, en général c'est parce que je me branle, c'est pas pareil !

- Oh mais je rêve ! Dégueulasse !

J'éclatais de rire et elle me frappait avec son pull avant de me pousser vers la sortie.

Elle referma la porte à clé en ralant et je souriais, comme un imbécile fier de son coup.

- Je ne passerais plus jamais après toi dans une douche ! cria-t-elle, redoublant mon rire.

::..

Je me garais devant chez Bella. Fin du repos forcé. Dommage... Bella soupirait.

- Et voilà...

- Hum... Fini...

- C'est triste...

- On repartira ?

- Bien sûr !

- Allez, je vais t'aider à rentrer tes affaires !

- Ca va, rentre chez toi, c'est pas lourd...

- T'es sûre ?

- Ouais, bien sûr ! Merci pour tout en tout cas, pour être venue et... le reste...

Elle me souriait et baissait les yeux avant de se pencher vers moi. Délicatement, je posais mes lèvres sur sa peau, à la commissure de ses lèvres. Elle me rendit mon bisou et quittait la voiture.

Je l'observais rentrer chez elle, accueillie par Renée. Elle a de la chance de l'avoir, qu'elle soit venue de Floride pour la soutenir dans cette épreuve qu'est sa grossesse.

Je regagnais la villa de mes parents. La voiture de papa n'était pas là, il devait bosser. Je rentrais dans le couloir.

- Je suis là !

- Oh mon chéri ! Te voilà enfin !

Je fis une bise à ma mère, qui cuisinait.

- Alors ? Ce week-end ?

- Intéressant... Non c'était bien... Papa est là ?

- Non, il a eu une urgence...

- Et Emmett et Rose ?

- Ils sont partis passer la journée sur Seattle. Ils rentrent pour dîner !

- Ok !

Je piquais un lardon dans la poële et Esmé me tapait le bras.

- Edward !

Je déposais un baiser sur sa joue.

- Je vais me doucher !

- D'accord !

Je rangeais mes affaires, triais mon linge et passais sous le jet d'eau chaude. Ce week-end avait été plein de surprises. Je n'aurais pas imaginé passer ce cap physique avec Bella. Faire l'amour avec elle, en arriver à ce "compromis sentimental".

Enfin, si c'est vraiment un compromis sentimental.

J'ignorais franchement où cette affaire allait nous mener mais pour l'instant, le "système" me convenait : on est ensemble sans les inconvénients dirons-nous. On est des amis, qui ont besoin de passer un peu de temps ensemble sans les autres. Ca, ça change pas. Seulement c'est le caractère de cet isolement qui sera différent, ou pas. Je suppose que si on a envie de quelque chose de moins intime, on pourra juste rester à deux. Ce n'est pas vraiment une amitié sexuelle. C'est plus évolué que ça.

Je rejoignais le salon et m'installais sur le canapé.

- A quoi tu penses, mon trésor ?

Je sursautais en entendant la voix de ma mère. Etais-je vraiment en train de penser au cul, devant elle ? Sérieux...

- A rien de spécial... A ce week-end...

Elle s'installa sur le sofa face au mien et repliait ses jambes sous elle.

- Raconte-moi ton séjour...

- C'était bien, on a été à la plage, au resto, on a fait des boutiques, et voilà... Du repos ! souriais-je.

- Est-ce que vous avez pu parler un peu ensemble à tête reposée ?

Euh...

- Un peu...

- Et ?

- Tu sais, c'est encore flou, alors...

- Ce bébé va très vite arriver, tu sais...

- Je sais maman...

Mais ça n'est pas MA décision...

- Je ne crois pas que Bella puisse prendre seule cette décision... Tu es très important pour elle, essaie de l'aider...

- J'essaie maman... J'essaie...

- Tu te sens prêt pour ça ?

- Pour ça, quoi ?

- Devenir papa !

Putain merde, ouais... Je vais devenir "papa"... aux yeux de tout le monde !

Quel con.

Ma mère continuait de me regarder, presque avec bonté. Pardon maman.

- Tu comptes rester avec Bella, pas vrai ?

- C'est... oui...

- Pourquoi nous avoir caché votre relation ?

Je soupirais.

- C'est... compliqué... On ne sait pas trop... ce qu'on veut ou pas...

- Oh...

Elle semblait réfléchir.

- Tu sais mon chéri... J'ai été surprise... Très surprise...

Et moi donc !

- Je sais maman...

- C'est si jeune pour vous deux... Mais je pense qu'à vous deux, vous pourrez toujours vous en sortir... Bien sûr, il y aura des hauts, et des bas. Même pour le couple le plus fusionnel au monde, ça arrive... Un bébé, ça change tout et c'est plus qu'important dans une vie... Ca pourra paraître dur, insurmontable. Peut-être déprimant parfois. Mais vous vivrez dans l'attente des sourires, des rires. Quand ils arrivent, ils sont magiques.

- Tu veux me décourager ou quoi ?

- Non, certainement pas. Je veux surtout te faire prendre conscience de ce en quoi tu viens de te lancer...

Elle me fixait et en cet instant, j'aurais pu jurer qu'elle savait. Qu'elle savait que je n'étais pas le père de ce gamin.

Et je ne le suis pas.

- J'ai peur maman...

Je ne sais pas pourquoi je venais de lâcher ça, mais c'était parti avec la sensation d'être une expression instinctive, impuissante. Parce que ouais. Merde. J'ai peur. Je vais devenir papa à 18 ans.

Esmé se leva et vint s'asseoir à côté de moi. Elle m'enlaça, appuyant mon visage contre son cou. De sa main gauche, elle caressait ma joue droite dans un geste apaisant et tendre. Je ne suis pas dans une galère pas possible en cet instant. Je suis juste son fils. Et ça me plaît... Ca me rassure.

- Je sais que tu as peur, Edward... Je le sais... Il va falloir que tu sois solide, et que Bella aussi. Peu importe la décision que vous prendrez...

- Qu'est-ce qu'on doit décider ?

- Le meilleur pour vous deux... Ce qui sera le moins dur... Abandonner ce bébé et vivre avec toute votre vie, ou le garder, l'élever le mieux possible, lui donner un avenir. Et vivre avec lui toute votre vie.

Avoir sur la conscience l'abandon d'un petit être qui n'a rien demandé à personne. Ou élever un enfant qui sera le notre pour la vie.

- C'est stupide comme choix...

- On fait beaucoup de choses stupides par amour, parfois...

Mon coeur se serrait. Tu ne sais pas encore à quel point, maman.

La porte d'entrée s'ouvrait sur Jasper, qui portait Alice sur son dos en riant. Je les enviais, eux, insouciants et heureux. Sans enfant.

Ils arrivèrent dans le salon et Alice embrassa la joue de son copain avant de descendre.

- Salut grand frère !

- Salut !

- Tu m'as ramené un cadeau ?

- J'sais pas, faut voir si t'as été sage...

- Je suis toujours sage !

Esmé lui souriait.

- Nous n'avons pas la même définition du mot "toujours", alors...

Jasper souriait.

- Elle a été sage, elle a cuisiné à la maison...

- Ouais, des pâtes !

Nous éclations de rire et Alice dansait jusqu'à Jasper pour l'embrasser. Puis, elle sautillait jusqu'à l'étage, nous laissant avec Jasper.

- Je vous laisse entre hommes, je vais finir de cuisiner !

Jazz prenait sa place sur le sofa.

- Alors, ce week-end ?

- C'était sympa...

- Mais ?

Je fronçais les sourcils.

- Ah non merde ! Pas encore ta psychanalyse ! Tu me rends fou !

Il eut un sourire sadique.

- J'aime te rendre fou, tu le sais !

- N'importe quoi hein !

- Alors, ce séjour, c'était bien ?

Comment il fait ce con là ? A chaque fois j'ai envie de tout lui raconter !

- Ouais... Sympa...

Il vrillait son regard au mien.

- Y a-t-il quelque chose que je devrais savoir ? Genre un truc graveleux ou...

Mais Esmé passa dans le salon à ce moment-là et nous souriait. Je la regardais récupérer les magazines sur la table du salon en silence, et attendis qu'elle soit sortie. Jasper en fit tout autant.

- J'ai...

Mais Esmé revint.

- Excusez-moi les garçons, je vous embête encore...

- C'est bon Esmé...

Elle souriait au copain de ma soeur.

- Au fait Jasper, Carlisle a trié quelques pulls qu'il ne met plus depuis longtemps déjà. Tu les voudrais ? Il les a mis dans une grande poche dans notre chambre...

- Oh bah volontiers ! Vous savez, moi je prends !

Jasper, obligé de gérer les factures chez lui, fait de la récup' ! Il aurait tort de s'en priver : il n'a que peu de moyens et c'est donné !

- Tu viendras les voir en haut ?

- Ouais, pas de problème ! Après le dîner ?

- D'accord mon chéri !

- Merci Esmé...

- Je t'en prie !

Elle quitta le salon.

- Elle est géniale ta mère !

- Je sais...

- Ca tombe bien, ma mère a voulu faire la lessive l'autre jour, elle a mis mon pull beige avec des affaires de couleurs et évidemment... Tout a déteint ! Elle a voulu réparer son erreur elle l'a fait tremper dans de la javel...

Ah ouais, quand même !

- D'accord...

- Ouais... Donc tu vois, un pull en moins quoi... Enfin je l'ai gardé pour faire des travaux ou quand je traîne, mais j'me voyais pas aller au lycée avec ça...

- J'te comprends... J'dois aussi avoir des pulls qui traînent si tu les veux...

- J'ai pas dit ça pour que les Cullen vident leur armoire pour moi !

- Je sais ! Mais si j'en ai un ou deux j'te les filerai !

- C'est cool ! Bon alors dis-moi...

Mais ma mère dans la cuisine, je craignais qu'elle m'entende. J'attrapais mon portable et inscrivais mon message dessus :

On a fait l'amour avec Bella hier soir,

on en a parlé ce matin et on en est venus à s'avouer

qu'on savait pas trop où on en est l'un par rapport à l'autre

alors elle a voulu qu'on ait une sorte de relation libre.

Pas que du sexe entre amis, mais des moments avec tout le monde

et quand on en a envie, des moments juste nous deux.

Il écarquillait les yeux.

- Et bah mon salaud !

- Chuuut !

- Quoi ? Attends mais ça progresse ! Ca progresse !

- Pour l'instant, pas trop...

- J'trouve l'idée géniale : une période d'essai pour un couple, c'est plutôt cool !

Il s'installait en tailleur sur le sofa en relisant mon message inscrit sur mon téléphone.

- Mais motus, ok ? On est censé pas en parler...

- Promis ! Je le dirai pas ! Mais en échange, pour mon silence, je veux tous les détails croustillants !

- Jazz...

- Alors, c'était comment ?

- C'était comment quoi ?

- Bah, à ton avis...

Il mima un geste du bassin assez obsène.

- Ca ?

- Oui, "ça" !

Je souriais bien malgré moi et son sourire s'étendit.

- Ooh ! C'était bien ? Plus que bien ? Incroyable ? Elle a crié ?

- ARRETE !

Il éclatait de rire et je me levais de ce canapé. Je ne reste pas avec ce goujat ! Mais avant, je me penchais vers son oreille.

- C'était plus que bien, et si tu veux tout savoir, OUI, elle a crié et même bien crié !

- Salaud ! MAIS QUEL SALAUD !

Il riait, affalé sur le canapé. Esmé passait à ce moment-là.

- Et bien Jasper ! Qu'est-ce qui t'arrives ? souriait-elle.

- Votre fils est un grand fou, Esmé !

Ma mère me souriait et me caressait les cheveux. Je grimpais dans ma chambre, Jazz sur les talons. Alice sortit de sa chambre à notre passage.

- Jasper, tu viens ?

- Attends deux secondes, faut que je discute avec Edward là !

Il l'embrassa et claqua la porte de ma chambre derrière nous deux.

::..

Le lendemain, après avoir passé la soirée à discuter avec Bella sur msn, je fus surpris de ne pas la trouver au bahut. Arrivé en retard, j'avais espéré la croiser en biologie mais elle n'y était pas.

Je dus attendre la pause de 10h30 pour pouvoir appeler sur son portable.

- Allô ?

- Bella ? C'est moi ! Ca va ? T'es pas venue aujourd'hui ?

- Non... J'ai eu des contractions ce matin...

- Hein ? Déjà ?

- Maman dit que c'est normal tant que ça n'est pas régulier... Mais je ne me sentais pas d'aller au lycée...

- Et c'est passé ?

- Un peu... Mais j'en ai encore de temps en temps...

- C'est pas normal ça, non ?

- J'en sais rien, j'ai jamais été enceinte... Maman a fait appeler un médecin, il viendra en début d'après-midi.

- Ok, tu me tiens au courant ? Je finis à 15h aujourd'hui, la prof de maths est pas là pour la semaine... Je viendrais dès que je sors !

- Ne te déplace pas exprès !

- Si... J'y tiens... Et ça fait partie des moments à deux que je veux avec toi...

- D'accord... Je t'attends...

- Tiens-moi au courant par un texto au moins... A tout à l'heure !

- Salut !

Je raccrochais et retrouvais mes amis, que j'informais de l'état de Bella.

- Déjà des contractions ? S'étonnait Jacob.

- Ouais... Ca t'étonne toi aussi ?

- Bah, j'sais pas j'y connais rien... Mais c'est space...

- Comme tu dis...

Vers 15h20, je me garais devant chez les Swan. La voiture de Charlie n'était pas garée devant la maison, et ça me soulageait. Je sonnais, une fois, deux fois, mais personne ne me répondit. Putain c'est quoi ce bordel encore ? La vieille d'en face sortit.

- Vous venez voir les Swan ?

- Oui...

- Je les ai vu partir avec leur fille et un médecin il y a presque deux heures...

- Quoi ?

Putain ! De putain !

- Je ne peux pas vous en dire plus, je ne suis pas une comère vous savez...

C'est ça espèce de vieille bique ! Au même moment, mon portable sonna. Papa.

- Oui p'pa ?

- Je t'appelle, je suis à l'hôpital avec Bella...

- QUOI ?

Mon sang ne fit qu'un tour, imaginant déjà le pire.

- Tout va bien, rassure-toi... Je viens de parler avec la gynécologue et la sage-femme. Ils ont fait un examen, et son col s'est un peu ouvert...

- Et en clair ?

- En clair, elle va devoir rester alitée jusqu'à nouvel ordre, pour emmener son bébé le plus près possible du terme !

- Non... C'est pas possible ! Mais l'autre fois la doc a dit que ça allait et...

- L'autre fois, c'était l'autre fois, Edward !

- Mais elle va sortir ?

- Oui, ils viennent de quitter l'hôpital.

- Elle viendra plus à l'école alors ?

- Si son bébé naissait maintenant, il ferait partie des très grands prématurés, donc il vaut mieux sécher des cours et préserver sa santé, et celle de la maman !

- Ok... Je vais les attendre alors...

- D'accord ! A ce soir mon grand !

- Ouais...

Je raccrochais, la vieille voisine toujours face à moi.

J'attendis environ une vingtaine de minutes, assis sur les petites marches montant au perron, avant de voir la voiture de Charlie réapparaître. Il sortit, en soufflant, et ouvrit la porte à Bella. Elle me sourit timidement quand elle m'aperçut et avança, aidée par Renée.

- On va te descendre tes affaires, tu vas t'installer dans ma chambre en bas et je vais prendre la tienne à l'étage...

- Merci maman...

- Installe-toi sur le canapé en attendant. Edward, tu l'aides ?

- Oui, bien sûr !

Je bondissais et l'aidais à avancer pour s'allonger sur le canapé. Renée passa en trombe.

- Je change mes draps immédiatement ma puce, et je vais appeler Phil pour lui dire que je ne rentrerais pas de suite...

- Maman... Ca va aller...

- Charlie ! Aide-moi !

Il bougonna mais monta préparer deux sacs des habits de Bella qu'il redescendit pour installer en bas.

{playlist : The Fray - Never say Never}

Je m'agenouillais devant Bella qui était assise.

- Tu devrais t'allonger...

- Oui... Tu as raison !

Elle s'installa avec lenteur, posant une main sur son ventre en soupirant. J'attrapais cette main et l'embrassais.

- Ca va ?

- Je vais rester alitée jusqu'à la fin...

- Je suis désolé...

Elle me fixait, hésitante.

- Je ne serais pas mécontente quand il sera sorti de là...

Je ne pus m'empêcher de rire.

- Tu m'étonnes... Il nous en aura fait voir celui-là, hein ?
Timidement, je posais ma main sur son ventre pour le caresser.

- Hein que tu nous en auras fait voir, toi ! Et tu as des médicaments ?

- Oui...

- Oh Charlie ! Les médicaments de Bella ! Il faut aller les chercher à la pharmacie !

- Oui, laisse-moi descendre les affaires... !

Il descendit avec les sacs pour les entreposer dans la chambre du rez-de-chaussée et s'approchait.

- Je vais aller... te chercher tes médicaments et... après j'ai pensé que tu aimerais avoir ton ordinateur pour t'occuper alors je vais descendre l'ordinateur et le bureau... T'auras tout... Et des livres de ta bibliothèque...

Je tenais toujours la main de Bella. C'est la première fois depuis deux mois que je vois Charlie lui parler sans criser !

- Merci papa... Mais tu sais, t'as pas besoin de t'embêter à tout démonter et...

- Mais ça sera mieux... rangé tout ça...

Bella lui souriait.

- Merci...

- Ouais... D'accord... De rien...

Il partit en marmonnant dans sa moustache.

- Wow... Qu'est-ce qui se passe avec ton paternel ?

- Il a eu peur je crois quand le médecin a dit qu'on devait aller à l'hôpital...

Renée fit sa réapparition.

- Voilà, les draps sont propres, tu vas aller t'y installer, tu seras mieux ! Je vais appeler Phil mais avant... Tu sais, tu devrais commencer à te renseigner pour acheter quelques affaires...

- Maman, je...

- Je sais.. Tu n'es pas décidée... Mais ça risque d'arriver plus vite que prévu... Le temps presse...

- D'accord... Je vais y penser...

- Bien... Edward, tu l'aides s'il te plaît ? Je vais appeler Phil, préparer le dîner...

- D'accord !

J'aidais Bella à avancer et à l'installer dans sa nouvelle chambre.

Elle s'allongea en soupirant, et j'en fis de même, sur le flanc gauche pour la voir.

- J'en ai déjà marre... Le médecin a dit que je pouvais être debout quatre heures par jour maximum...

- Ca risque d'être long mais je viendrais te voir tous les jours après les cours, j'emmènerai les potes et tes devoirs...

- C'est gentil ! J'aimerais que tes parents viennent me voir aussi...

- Ca pourra se faire, t'inquiète pas !

Elle me souriait, le regard empli de tendresse. J'avais envie de l'embrasser, de la toucher. Bon ça, c'est exclu je suppose maintenant... A défaut, je posais ma main sur sa joue et la caressais avec mon pouce. Je fronçais les sourcils un peu perdu sous l'intensité des sentiments qui m'ébranlaient actuellement. Je me sentais mal sans elle... j'aurais voulu rester allongé avec elle jusqu'à son accouchement. Etre là, tout simplement.

- C'est un de nos moments juste à deux, non ?

J'opinais et elle souriait.

- Alors... Si tu en as envie... je crois que j'aimerais que tu... enfin que tu m'embrasses...

Elle rougissait, mordillant sa lèvre inférieure.

- Je crois que je le veux aussi...

Je me penchais doucement et déposais mes lèvres contre les siennes. J'aurais voulu rester ainsi. Longtemps. Nos bouches se rencontrèrent avec tendresse, amoureuses probablement, et je me laissais guider par la légèreté de ce baiser délicat.

Je rompais l'étreinte au bout d'un long moment intime, rougissant moi aussi. Bella fermait les yeux, et je posais ma main sur son ventre. Elle joignit sa paume sur le dos de la mienne.

- Edward ?

- Oui...

- Evan...

Mon coeur accéléra et elle tourna la tête vers moi, et s'endormit peu à peu.