Et voilà ce que je crois etre le chapitre le plus interessant. On va enfin savoir pourquoi le bébé de Harpie se cramponne si fort aux entrailles de son père ^^
M'enfin, j'en dit pas plus, je vous laisse découvrir!
Phenix
!! Attention, HP/LV dans ce chapitre !!!
Chapitre 11
Harry se réveilla nauséeux. Il ouvrit difficilement les yeux. Son estomac faisait des loopings et dans sa tête pilonnaient des centaines de marteaux.
- Ha… Il revient à lui… dit une voix rêche que le Gryffondor reconnu aussitôt.
- Professeur Rogue… marmonna-t-il.
Il se tourna sur le dos et regarda au-dessus de lui. Le ciel-de-lit rouge n'était pas le même qu'avant… Il fronça les sourcils et demanda :
- Où sommes-nous ?
- Dans une chambre qui se trouve au premier étage du manoir de Lord Voldemort, Potter…
Le visage de Harry prit une étrange mine en disant :
- Alors vous l'avez quand même fait…
- C'était pour votre bien…
- Que m'avez-vous fait ?
- Moi rien. Mais jugez par vous-même…
Harry, encore dans le cirage, se redressa et soudain, il constata qu'il pouvait le faire sans souffrir ni avoir besoin d'aide. Il retomba sur les oreillers et plaqua ses mains sur son ventre de nouveau plat :
- Vous… haleta-t-il. Vous avez…
- Le Lord s'est occupé de vous, Potter, dit Rogue, assit dans un fauteuil en velours.
- Mais… Mais comment… ?
- Je l'ignore, fit Rogue en haussant les épaules. Cependant, si vous voulez bien m'excuser, j'aimerais aller me reposer un peu…
- Vous reposer ? Depuis combien de temps suis-je ici ?
- Nous sommes le trente décembre, dit Rogue. Bientôt, Poudlard retrouvera ses élèves… et son leader.
Harry rougit brusquement et Rogue reprit :
- Mais jusqu'à demain soir, vous êtes encore la propriété de Lord Voldemort.
- Je… fit Harry. Où est-il ?
- Quelque part dans la maison, mais il ne tardera pas à venir vous voir quand je lui aurais dit que vous êtes réveillé. Bonne nuit, monsieur Potter.
- Nuit ? Quelle heure est-il ?
Rogue soupira de mécontentement :
- Il est minuit et demi… Bonne nuit.
Et il quitta la chambre. Harry se retrouva alors seul et, rejetant les couvertures, il sortit ses jambes du lit et sourit. Il pouvait de nouveau bouger, il n'avait plus mal nulle part. Allant au milieu de la chambre, il exécuta quelques pas de danse et soudain, il trébucha sur le tapis. Il tomba en arrière, mais deux bras le saisirent et une voix sifflante s'éleva :
- Hé bien, hé bien, Harry… Tu es si content que cela, que tu te jettes dans mes bras ?
- Vous !
Harry s'éloigna aussitôt, enfin le voulut-il. Déséquilibré, il tomba sur les genoux et il du lever la tête pour regarder le visage blanc et terrifiant de Lord Voldemort.
Un silence tomba puis Voldemort s'éloigna. Il s'approcha de la fenêtre qui renvoya son reflet, et Harry se leva. Il retourna sur le lit, s'y assit et le Lord dit :
- Je ne serais pas contre un merci, Harry…
- Peut-être, mais avant je voudrais savoir ce que vous m'avez fait.
- J'ai utilisé la magie pour te délivrer du sortilège que je t'avais lancé, au mois de juin. Une fois délivré de ce sortilège, j'ai retiré la chose en toi. C'était le sortilège qui le liait à toi de manière à ce qu'il ne puisse être retiré sans te tuer. A l'issue de notre affrontement cet été, je n'en suis pas ressortit indemne non plus, tu sais ? Je ne pensais pas que tu serais aussi…
- Coriace ?
- Hum… déterminé à survivre, on va dire. Tu t'es bien battu.
- Merci… marmonna Harry sans savoir s'il devait le prendre pour un compliment ou non. Que m'avez-vous fait exactement ? demanda-t-il alors.
- Tu n'as pas à le savoir. Les secrets de sorcellerie ne sont pas faits pour être révélés.
- Mais vous avez joué avec ma vie ! s'exclama le Gryffondor en bondissant sur ses jambes. Vous avez… posé vos mains sur moi, fit-il avec une brusque nausée. Je veux savoir ce que vous avez fait ! Dites-le-moi !
- Non ! s'exclama Voldemort. Maintenant, tu vas t'habiller et descendre diner avec moi.
- Mais il est plus de minuit !
- Et alors ? Tu n'as pas faim ? Tu n'as rien mangé depuis ton arrivée ici, il y a plus d'une semaine !
- Une semaine ? Mais… Comment est-ce possible ?
- Le somnifère que t'as administré Severus pour t'amener ici aurait suffit à assommer un dragon pour plusieurs heures. Il t'a assommé plusieurs jours et j'ai ainsi pu te débarrasser de cette chose ! Tu devrais m'en être reconnaissant ! Je me suis abaissé devant la Magie Blanche ! J'ai accepté de sauver la vie de celui que je veux tuer depuis des années ! Tu as désormais une dette envers moi !
- Je n'aurais de dette envers vous que si vous me dites ce que vous m'avez fait ! répliqua Harry.
- Ça suffit ! répondit Voldemort en faisant un grand geste du bras. Silence !
Harry sentit aussitôt sa gorge se serrer et il y porta ses mains mais ses doigts ne trouvèrent que le vide. Il ouvrit la bouche pour crier mais aucun son ne sortit et Voldemort dit :
- Je ne veux plus t'entendre ! Si tu ouvres encore une fois ta maudite bouche avant demain soir, je te jure que je te sectionne les cordes vocales !
Le Lord baissa alors la main et la gorge de Harry se desserra. Sur ce, le Mage Noir tourna les talons et quitta la chambre. La porte claqua sauvagement et Harry, humilié et furieux, se jeta sur son lit et martela les coussins de coups de poings. Il laissa les larmes de hargne inonder le drap de coton blanc et, au bout de quelques minutes, il se calma de lui-même.
Haletant, il se redressa sur les bras et son regard tomba sur son reflet que lui renvoyait une psyché posée de l'autre côté du lit. Descendant du lit en reniflant, il se planta devant le grand miroir en pieds et il plaqua sur son ventre la longue chemise de nuit de satin bleu nuit qu'on lui avait mise. Il retira soudain le grand vêtement et se retrouva nu devant le miroir. Il posa ses mains sur son ventre de nouveau plat et il s'inspecta de haut en bas. Au bout de quelques secondes, il trouva une longue cicatrice, bien droite et parfaitement cicatrisée, le long de son flanc gauche.
- Alors c'est par-là qu'il l'a retiré…
Il passa son index sur la strie rose puis il soupira et se détourna. Il se figea soudain et recula d'un pas pour retourner devant le miroir. Il s'y mit de dos et se contorsionna ensuite pour voir son dos dans le reflet :
- Mais qu'est-ce que c'est que ça ? fit-il en passant ses doigts le long d'un tatouage noir qu'il était certain de ne jamais avoir eut. Je n'ai jamais été tatoué…
- Cela vient du Lord, dit soudain une voix froide.
Harry tourna la tête :
- Du Lord ? Comment ça ? Pourquoi ?
- Potter, dit Rogue comme le Gryffondor remettait sa chemise de nuit et revenait sur le lit. L'opération que le Lord a pratiquée sur vous était des plus dangereuses. Elle aurait pu vous tuer mais grâce à Voldemort, vous êtes encore en vie. Cependant, lorsqu'il vous a retiré le petit de Harpie, il y a eut des complications.
- Complications ? Comment ça ? Je croyais que vous ne saviez rien !
- Je vous ai mentit. Il vous l'a peut-être dit, mais le sortilège était ce qui faisait que l'on ne pouvait retirer le petit de Harpie sans vous tuer, reprit Rogue.
Harry hocha la tête et le professeur continua :
- Le parasite était encore vivant quand il est « né »… Il l'est d'ailleurs toujours, stupéfixé dans une caisse en bois, prêt à être expédié en enfer pour rejoindre les siens. Quand le petit de Harpie a été extrait de votre corps, il a, de ses griffes, sectionné un nerf important situé le long de votre colonne vertébrale. J'imagine qu'il pensait vous tuer, mais ce ne fut pas le cas. En voyant cela, Lord Voldemort a fait ce qu'il a put pour vous « réparer », et ce tatouage en est la preuve. Ce serpent gravé sur vos reins restera là jusqu'à votre mort. Si vous le faites enlever, vous resterez paralysé. C'est grâce à lui que vous pouvez de nouveau marcher. La magie qu'il contient diffuse je ne sais quelle substance dans votre corps qui redonne vie à vos jambes.
Rogue se tut alors. Harry, à genoux sur le lit, s'assit lentement, visiblement sous le choc. Il bafouilla quelque chose, se racla la gorge puis dit :
- Il… Il aurait put me laisser comme ça…
- Oui, c'est ce que je lui ai dit, mais il n'a pas répondu.
Un nouveau silence passa puis Rogue dit :
- Aller, habillez-vous. Je vous attends dans le couloir.
Sur ce, l'homme en noir se leva et s'en alla dans un tourbillon de cape. Harry resta alors seul et il soupira. Il se leva ensuite du lit, encore sous le choc, avisa des vêtements posés sur une chaise, les enfila sans même prendre la peine de se laver un minimum, puis il rejoignit Rogue dans le couloir qui le conduisit dans un dédale d'autres couloirs et d'escaliers jusqu'à la plus grande salle à manger particulière que Harry avait jamais vue.
La pièce était impressionnante, elle devait avoisiner les quinze mètres de long sur douze de large, le plafond était si haut que l'on ne le voyait pas, et les trois lustres de cristal qui en descendaient auraient pu assommer un dragon s'ils lui étaient tombés dessus.
Le souffle court, Harry suivit Rogue machinalement le long d'une cheminée qui aurait pu contenir un chêne entier, et où brulait justement un gros tronc d'arbre.
- Le voici, Seigneur, fit Rogue en s'arrêtant brusquement.
Harry manqua le heurter et il se décala légèrement sur le côté pour voir Voldemort assit dans un grand fauteuil en cuir, une jambe passée sur l'autre, et une main caressant distraitement la tête de son énorme serpent de compagnie, Nagini. Dans son autre main se trouvait un gros livre relié de cuir vert.
Nagini tourna ses yeux rouges vers Harry et Voldemort lui siffla quelque chose à voix basse. Le serpent se laissa alors glisser de l'accoudoir du fauteuil pour aller s'enrouler sur le tapis devant la cheminée.
- Laisse-nous, dit Voldemort à Rogue. Tu peux rentrer chez toi, fit-il. Dis à tes amis qu'il va bien, qu'il rentrera demain soir comme prévu.
- Je n'y manquerais pas.
Rogue transplana une seconde plus tard et Harry se retrouva donc seul avec Voldemort. Celui-ci, visiblement encore en colère, grogna à Harry de s'asseoir, puis il claqua des doigts et deux Elfes de Maison apparurent. Ils servirent à Harry une grande assiette de soupe bien chaude et le Lord grogna :
- Mange donc… Ce n'est pas empoisonné, j'ai mangé la même chose il y a dix minutes.
Harry déglutit. Il avisa les couverts sales encore posés en bout de table, puis il mangea la soupe qui lui réchauffa agréablement le ventre et, alors qu'il essuyait le fond de l'assiette avec un morceau de pain, vingt minutes plus tard, Voldemort daigna enfin ouvrir la bouche, chose qu'il n'avait pas faite pendant que Harry mangeait :
- Tu ne m'en seras donc jamais reconnaissant ?
- Hein ? Si, bien sûr… Merci, fit-il.
Voldemort releva la tête et regarda le Gryffondor de ses yeux rouges écarquillés :
- Pardon ? fit-il.
- Je… Je vous ai dit merci, je… Rogue m'a dit ce que vous aviez fait et je…
- Ha. Je vois. Tu as vu le tatouage.
Harry hocha la tête et Voldemort soupira :
- Tu peux retourner te coucher, dit-il.
- Mais je…
Voldemort fit pivoter son fauteuil dos au Gryffondor qui soupira, prit le morceau de pain qu'il lui restait et remonta dans la chambre en demandant à un Elfe de l'y conduire.
///
Assit sur son lit, grignotant son bout de pain, Harry n'avait pas envie de dormir. La chandelle qui se consumait lentement diffusait une faible lumière juste autour d'elle et le reste de la pièce était dans l'obscurité. Harry entendit cependant parfaitement la porte de la pièce tourner sur ses gonds, et il sentit la présence du Lord bien avant de voir son visage fantomatique.
Le brun ne dit rien. Il ne s'étonna qu'à moitié de ne pas se tordre de douleur à l'approche de l'homme, celui-ci lui ayant probablement jeté un quelconque sortilège qui l'empêchait de souffrir en sa présence.
En silence, le Lord s'assit dans le fauteuil en face du brun, appuya son menton sur son poing puis il détailla Harry qui gardait les yeux baissés.
Au bout d'une couple de minutes de silence, le Lord le brisa :
- Comment s'appelle-t-il ?
- Qui ? fit Harry en le regardant.
- Celui pour qui ton cœur va si vite…
Harry rougit. Il songea alors à Malefoy et Voldemort dit :
- Ha… Je vois, le fils Malefoy… Très bon choix, mais pas très intelligent.
- Pourquoi donc ?
- Jamais il ne voudra de toi, Harry… Je le connais, Drago Malefoy, il n'acceptera jamais de vivre quoi que ce soit avec toi… tant que cette relation ne lui apportera rien.
- J'ai quand même réussit à nous rapprocher…
- Oui, mais il t'acceptera comme ami tant que tu resteras dans les limites de l'amitié, justement. Si tes sentiments te poussent à autre chose, tu va le faire fuir et tu vas souffrir.
- Vous dites des bêtises, dit Harry en détournant la tête, le rouge aux joues, un peu gêné d'avoir une telle discussion avec son pire ennemi.
Un froissement de tissu indiqua au Gryffondor que le Lord venait de se lever. Une brise fraiche lui fit cependant se poser des questions et, lorsqu'il tourna la tête vers l'homme, il vit une autre personne. Il fronça les sourcils puis dit :
- Pourquoi prenez-vous l'apparence de Tom Jedusor ?
- Parce que c'est moi, Tom Jedusor, quelle question, dit Voldemort.
- Cela veut-il dire que vous ne supportez pas la chose que vous êtes devenue ?
- En partie…
- Mais encore ?
Harry n'eut pas le temps d'entendre la réponse. Voldemort tendit le bras dans sa direction et le brun fut aplatit sur le lit par une force invisible.
- Non, fit-il. Je vous en prie… Pas ça…
- Tu me dois quelque chose, Harry, ne l'oublie pas, dit le Lord en s'approchant.
Harry sentait une main sur son torse et une autre sur sa gorge. Elles ne le blessaient pas, elles le maintenaient simplement sur le lit.
- S'il vous plait, je vous donnerais tout, mais pas ça…
- Tout ? Serais-tu prêt à me donner ta vie comme remboursement ?
Harry déglutit en secouant la tête :
- C'est bien ce que je pensais. Donne-moi ton corps cette nuit et nous seront quittes. Tu n'auras plus de dette envers moi et notre prochain combat sera à mort.
Harry regarda le jeune homme qui s'approchait du lit. Il savait parfaitement que sous le visage d'un Tom Jedusor âgé de dix-sept ans, se cachait celui, répugnant, d'un sorcier obnubilé par l'immortalité. Cependant, le Gryffondor ne parvenait pas à briser la magie d'illusion dont le Lord s'était servit, si bien que, malgré tous ses efforts, il ne voyait que Tom Jedusor.
Le Lord grimpa sur le Gryffondor et il lui prit les mains. Il y mêla ses doigts et les lui tint de part et d'autre de la tête, son visage tout près du sien :
- Tu ne crains rien, Harry… souffla-t-il à son oreille.
Le cœur de Harry s'accéléra brusquement, sa respiration aussi, et il sentit dans son bas-ventre, une brusque chaleur :
- Ne… Ne me faites pas de mal… dit-il, le souffle court.
- Tu as été vu avec plus fort que moi, dit le Lord d'une voix doucereuse. Tu n'auras absolument pas mal…
Harry ferma alors les yeux et il se résigna. Il resta passif quand Voldemort lui retira sa robe de sorcier, et il ne bougea pas non plus lorsque celui-ci se glissa en lui. Il faillit cependant lâcher un gémissement car la douceur de cet accouplement n'avait rien de comparable à ceux avec Benzine.
Harry ouvrit brusquement les yeux. Il se souvenait… Il se souvenait à présent, de ses heures de débauche avec le professeur Harpie. Il se souvenait du moindre détail, de la moindre parole échangée, de la moindre douleur éprouvée… La Magie de Voldemort s'insinuait en lui tel un serpent dans la jungle, en même temps que son propriétaire lui faisait l'amour, lui faisant remonter des souvenirs enfouis. Il revoyait des choses qu'il pensait avoir oubliées, volontairement ou non. Soudain, les visages de ses parents se montèrent à ses yeux mais ils furent aussitôt remplacés par celui de Malefoy. Harry sentit les larmes monter et il tendit le bras vers le blond qui avait les bras croisés. La main du brun se referma dans le vide et son bras retomba sur le dos puissant du Mage Noir qui se redressa sur ses bras et le regarda dans les yeux. Il avait toujours l'apparence de Tom Jedusor et Harry jeta son autre bras sur le dos de l'homme et s'agrippa à lui comme un noyé à une bouée de sauvetage. Il plongea son visage noyé de larmes dans le cou pâle et le Lord l'entraina avec lui.
Les deux hommes se donnèrent l'un à l'autre jusqu'au petit matin. Malgré la haine qu'Harry ressentait pour Voldemort, il prit un plaisir étonnant avec lui. Il atteignit même le septième ciel et quand la tension retomba, le brun n'avait plus de forces. Le soleil se levait quand ils s'endormirent, figés dans la dernière action qui avait eut raison d'eux...
8888
- Tu crois qu'Harry nous attend au château ?
Assis dans un compartiment qu'ils avaient réservé, Ron et Hermione attendaient Neville et Ginny et, profitant de leur retard, ils discutaient un peu au sujet de Harry, que tout le monde croyait à St-Mangouste, admit là-bas pour une malade inconnue et contagieuse.
- J'espère, dit Ron. Heureusement que McGonagall a réussit à persuader maman de ne pas se jeter sur les infirmières de St-Mangouste…
Hermione sourit puis la porte du compartiment s'ouvrit sur Neville et Ginny :
- Dis, Hermione…
- Mhm ?
- Tu as eut des nouvelles de Harry, toi ? demanda Ginny en s'asseyant en face de son amie.
- Non, pas de nouvelles, mais on en demandera à McGonagall en arrivant, dit la brunette.
La rouquine hocha la tête puis ils s'installèrent pour ce qui allait être un long, très long voyage en train.
///
A bien des kilomètres de là, quelque part dans le maquis désert anglais, le Manoir de Lord Voldemort se dressait, immense et seul au milieu d'un champ en friche recouvert d'une épaisse couche de neige immaculée. Les fenêtres du rez-de-chaussée étaient éclairées, quelques fenêtres dans les étages aussi, la lampe allumée sous le porche invitait les voyageurs à s'approcher et, si l'un de ces voyageurs avait mit le nez contre une des vitres du rez-de-chaussée, il aurait put voir une belle demeure richement décorée, habitée par une famille heureuse avec nombre d'enfants de tous âges.
Cependant, ce n'était qu'une illusion car, dès que l'on passait la porte, on découvrait un envers de décor plutôt décevant. La décoration n'avait rien de luxueux, il faisait sombre, la plupart des chandeliers étaient éteints depuis longtemps, et les toiles d'araignées avaient prit le dessus sur les autres décorations. Pour ce qui était de la grande famille pleine d'enfants, il fallait plutôt voir des Mangemorts agressifs sous les ordres d'un Lord hargneux, et une foule d'Elfes de Maison qui trottinaient ici et là.
Harry ouvrit les yeux en soupirant. Il se tourna sur le flanc en passant un bras sous son oreiller, et il vit l'heure qu'indiquait le réveil posé sur la table de chevet. Il soupira de nouveau, surprit d'avoir dormit aussi longtemps. La mémoire lui revint alors et il se remit sur le dos pour découvrir celui du Lord qui dormait paisiblement.
Baissant les yeux, le feu aux joues, Harry quitta le lit et enfila sa robe de sorcier. Il alla fouiller dans les tiroirs de la grosse commode qui trônait près de la fenêtre, et dégotta sous-vêtements et vêtements propres à peu près à sa taille, qui avaient du appartenir à l'ancien propriétaire de la chambre.
Lorsqu'il sortit de la salle de bains après s'être longuement douché et avoir prit le temps de s'habiller, le Gryffondor retourna dans la chambre et trouva son amant en train de s'habiller, toujours sous l'apparence de Tom Jedusor.
- Bonjour…
- Bonjour, Harry. Il est tard, tu dois avoir faim…
Le brun hocha légèrement la tête et Voldemort quitta la chambre sans un mot de plus.
Le petit-déjeuner, qui fut prit bien après l'heure du déjeuner, soit dit en passant, fut tout aussi silencieux. Harry mangea ses saucisses sans lâcher un mot, et Voldemort resta face à la cheminée à grignoter les olives noires qui se trouvaient dans un grand bol sur ses genoux.
- Ce silence va-t-il durer encore longtemps ? demanda soudain le brun. N'avez-vous rien à dire par rapport à cette nuit ? Cela a-t-il été aussi mauvais ?
- Pas le moins du monde, dit le Lord sans se retourner.
Ce furent les seuls mots qu'Harry parvint à lui arracher de tout le repas.
L'après-midi, Harry la passa dans la serre attenante à la maison. Il y faisait bon, malgré la neige qui tourbillonnait dehors en gros flocons. Des plantes impressionnantes y poussaient, étendant leurs feuilles jusqu'au sommet des parois vitrées.
- Impressionnant, n'est-ce pas ?
Harry tressaillit violemment. Il se retourna et soupira en voyant Rogue :
- Vous êtes venu me chercher ?
- Entre autres… Mais même si je ne suis plus un Mangemort, ce manoir a été une grande partie de ma vie, je peux et j'ai besoin d'y revenir régulièrement.
- A vous entendre, on dirait que vous parlez d'un centre de vacances… fit Harry avec une grimace. Quand partons-nous ?
- D'ici deux heures…
- Et quelle heure est-il ?
- Quinze heures trente, pourquoi ?
- Non, juste pour savoir…
Et le Gryffondor s'éloigna. Il s'arrêta près d'une Tarentula Vénéneuse qui approcha ses aiguilles de lui.
- Tutut, fit soudain une voix. Recule, on ne touche pas à Harry si facilement.
La plante émit une sorte de couinement et elle replia ses tentacules. Harry soupira alors et deux mains se posèrent sur ses épaules. Il posa une main sur l'une d'elles et demanda :
- C'est bizarre, je viens de voir Rogue, il m'a dit que nous partions dans deux heures, mais je n'ai pas envie de partir…
- Que tu es idiot, mon garçon, dit alors Voldemort. Simplement parce que nous avons couché ensemble cette nuit, tu tiens à rester ici ? Crois-moi, dès que tu iras mieux, j'irais mieux moi aussi et je reprendrais mes tentatives pour te tuer. Et j'y arriverais, fusse dans un, dix ou cent ans.
Harry baissa les yeux. Il se dégagea des mains sur ses épaules et s'éloigna. Voldemort tourna alors les talons et retourna dans la maison.
///
A Poudlard cependant, McGonagall se tordait les doigts, assise dans la salle des professeurs, au fond d'un vieux mais confortable fauteuil en tapisserie à fleurs un peu passée. Un travail de crochet sur les genoux, Chourave la regardait :
- Minerva, je vous en prie, cessez de vous tourmenter à ce point, vous nous rendez nerveuses…
- Pardon, mes amies, fit la vieille femme en posant ses mains sur les accoudoirs du fauteuil, regardant Chourave, Sinistra, Trelawney, Bibine et Pince, toutes assises autour d'elle, un livre, une broderie ou une pipe pour Mrs Pince, à la main.
- Je m'inquiète pour le jeune Potter, nous n'avons pas de nouvelles depuis hier… fit McGonagall.
- Severus nous as dit qu'il allait bien, n'est-ce pas déjà une bonne chose ? fit Sinistra.
- Oui, assurément, dit McGonagall. Cependant… Je m'inquiète quand même.
- Et c'est normal, mesdames, dit Lupin en s'approchant.
- Et en quoi, Remus ?
- Je m'inquiète aussi… Tout le monde s'inquiète pour lui, tout le monde espère le voir revenir avec la silhouette qu'il avait avant…
Sinistra baissa brusquement les yeux. Chourave, Trelawney, Bibine et Pince aussi. Elles n'avaient apprit l'état de Harry que peu de jours auparavant, quand Rogue était revenu de chez le Lord en y laissant le Gryffondor.
A présent, tous les professeurs étaient au courant de la mésaventure du brun, et tous avaient juré de ne pas en parler jusqu'à la fin de leurs jours, à qui que ce soit. Cependant, ils ne tarissaient pas entre eux et les langues y allaient largement.
- A quelle heure Severus doit-il le ramener ? demanda soudain Trelawney en remontant ses grosses lunettes d'un coup d'index.
- Il m'a dit vers dix-sept heures trente, il doit déjà être là-bas, du reste… dit McGonagall.
- Au fait, fit Sinistra. Avez-vous des nouvelles pour un professeur de Potions ?
- Non malheureusement, après la démission de Benzine, le Ministère a du mal à m'en trouver un…
- Reprenez Severus alors… Il a prouvé ne plus avoir de mauvaises intentions… dit Bibine.
- Je ne le puis malheureusement… Il doit être jugé… Le Ministère est au courant qu'il est revenu à Poudlard.
- Qu'aviez-vous besoin de le dire ? demanda Chourave en fronçant les sourcils. Nous aurions pu le juger nous-mêmes…
- J'en doute fort, dit McGonagall. Il a fait des choses qui ne dépendent pas de ma direction, même si nous aurions pu faire un pré-jugement…
- Cela a été fait, dit Remus. Quand il est revenu, l'enfermement puis l'examen qu'il a subit l'ont suffisamment humilié pour lui faire regretter d'être partit. De plus, le fait que vous lui interdisiez d'exercer son travail malgré l'absence de professeur de Potion, le rend bien assez malade comme ça.
- Vous croyez que j'ai eut tort ? demanda McGonagall. Il est vrai que nous autres habitants de Poudlard vivons dans une sorte de monde à part, mais de là à mentir au Ministre…
- Qui demande de mentir ? Personne. Nous arrangeons simplement la vérité, dit Trelawney.
- Vous croyez ? Puis-je vraiment autoriser Severus à reprendre du service ? Et si le Conseil débarque ou le Ministre ?
- Nous les verrons venir bien assez tôt, dit Lupin. Et puis, le professeur Flitwick et moi-même sommes suffisamment calés en Potions pour le remplacer le jour où le Ministre, ou n'importe qui d'autre qui ne doit pas savoir que Severus a reprit ses fonctions, débarque.
- Vous me faites faire des choses bien viles, mes amis, dit McGonagall en se levant. Mais je ne puis que vous suivre, Severus est un ami de longue date…
- Bon choix, Minerva, dit Chourave en souriant. Très bon choix.
- Je lui annoncerais moi-même la nouvelle, dit Lupin.
McGonagall hocha la tête puis elle s'en retourna dans son bureau finir de préparer le retour des élèves.
///
- Il est dix-sept heures trente, Potter…
Harry regarda Rogue puis il soupira et se leva du fauteuil où il s'était affalé pour lire. Voldemort leva la tête de son propre livre et Harry tourna la tête vers lui.
Rogue haussa un sourcil puis il quitta la pièce et Harry soupira. Voldemort se leva alors. Il avait toujours l'apparence de Tom Jedusor. Se faisant face, les deux jeunes hommes, sensiblement de la même taille, restèrent silencieux une longue seconde avant qu'Harry ne déglutisse et ne s'approche. L'étreinte qui s'en suivit fut douce mais raide et quand Harry recula, Rogue reparut dans la pièce.
- On se reverra, Harry, sois-en certain, dit le Lord.
Le Gryffondor hocha lentement la tête puis il s'approcha de Rogue, lui prit le bras, dos au Lord, appuyant son front contre le biceps de l'homme, et tous deux transplanèrent.
Ils reparurent à Pré-au-Lard, dans un coin sombre de la gare, et ils se hâtèrent de monter au château, au pas de course.
///
- Le voici enfin !
Harry fut accueillit par des exclamations de joie qui le figèrent sur place. Il se retrouva une seconde plus tard encerclé de bras qui le serraient vigoureusement, de mains qui lui frottaient la tête ou lui prenaient le visage tendrement.
- Quel bonheur de vous revoir debout, monsieur Potter, dit Pomfresh en le relâchant après l'avoir fermement serré contre sa poitrine. Je suis si contente !
Elle prit un coin de son tablier et s'en tamponna les coins des yeux. McGonagall serra le brun dans ses bras une seconde durant puis elle dit :
- Bienvenue chez vous, Potter. Nous sommes très contents de vous revoir, vous savez ?
Le brun sourit largement. Lui aussi était heureux de revenir. Il se tourna vers Lupin pour lui parler mais son sourire s'évanoui. Son parrain d'adoption venait de disparaître avec Rogue au coin d'un mur.
- Aller, Potter, dit soudain McGonagall. Venez retrouver votre dortoir. Vous allez vous changer, manger un peu puis nous attendrons vos amis.
- Oui, dit Harry en retrouvant le sourire.
Après quelques dernières accolades, notamment de la part de Hagrid qui s'était inquiété plus que tout le monde et qui manqua lui briser les reins, McGonagall accompagna Harry jusqu'à la Tour de Gryffondor.
///
- Enfin ! dit le brun en entrant dans le dortoir des garçons de septième année. Me revoilà véritablement chez moi !
McGonagall sourit :
- Aller, je vous laisse. Reprenez vos marques puis rejoignez-moi dans le hall d'entrée pour l'arrivée des élèves.
- Avec joie !
McGonagall le laissa alors et Harry, dès que la vieille sorcière fut partie, boucla la porte du dortoir, se dévêtit entièrement et se rua sous la douche. Bien qu'il en ait prit une un peu plus tôt, il prit son temps pour se laver de nouveau, se raser surtout, car ses joues présentaient un joli tapis de poils bruns et drus comme une brosse en chiendent.
Il déambula ensuite dans la chambre simplement vêtu d'une serviette autour des reins et, en passant devant un miroir, il avisa le tatouage. Il pinça les lèvres puis haussa les épaules. Il avait eut à l'instant l'envie de le dissimuler avec la magie, mais finalement, à quoi bon ? Voldemort lui avait sauvé la vie, il l'avait marqué en contrepartie… Autant considérer cela comme une cicatrice de plus.
Après s'être habillé, Harry regarda sa montre. Elle indiquait sept heures moins cinq. Les élèves devaient probablement arriver en vue de Poudlard dans le train, à ce moment. Il lui fallait donc se hâter de descendre pour rejoindre McGonagall.
De passages secrets en passages secrets, il arriva juste quand la première calèche s'arrêtait devant les grandes portes ouvertes du château.
La neige avait cessé de tomber mais il soufflait un vent froid qui faisait geler les oreilles et le nez. Les disgracieux cache-nez étaient donc de sortie.
Harry n'eut pas longtemps à attendre, caché derrière une des colonnes soutenant un escalier, qu'Hermione, Ron et les autres Gryffondors, ne se pointent.
- Professeur McGonagall ! s'exclama Hermione en se précipitant sur elle. Bonne année !
- Bonne année à vous aussi, miss Granger, dit la vieille femme en souriant.
- Vous avez des nouvelles de Harry ? demanda alors Ginny.
McGonagall haussa un sourcil puis elle sourit largement et se tourna vers Harry qui sortit de sa cachette, arborant un sourire allant d'une oreille à l'autre.
La seconde suivante, il était noyé sous les bras de Gryffondors en pleurs, Hermione accrochée à son cou et Ginny à son bras. Les garçons de Gryffondor, eux, se contentaient de tapes sur l'épaule, de gifles amicales ou de coups de poings gentils sur les bras.
Harry, occupé à décrocher Hermione et Ginny de son cou, aperçu soudain, entrant dans le château, la personne qu'il attendait vraiment. Ce fut alors comme si le temps s'arrêtait. Les Gryffondors et les autres élèves présents dans la salle se turent brusquement et Malefoy, qui discutait avec Parkinson, fut détourné de sa conversation par Zabini qui lui secoua le bras en lui montrant Harry.
- Malefoy… souffla le brun.
- Potter… Mais comment… ?
Le Serpentard, qui semblait figé, fit soudain un pas en avant. Harry, lui, se libéra d'Hermione et Ginny et, en moins de temps qu'il n'en faille pour dire ouf, il sauta au cou du blond qui l'enlaça sous les yeux ébahis des autres élèves et des professeurs.
- Drago, si tu savais comme je suis content de te revoir ! dit le Gryffondor dans le cou du Serpentard.
- Et moi donc… Tu es sortit d'affaire… Tu remarches de nouveau…
Leur étreinte se resserra et soudain, McGonagall s'approcha et posa une main sur chacun d'eux en disant :
- Cela fait plaisir de voir que vous ne vous haïssez plus, messieurs.
Harry recula en souriant, légèrement rouge, et McGonagall ajouta :
- Et maintenant, que le diner commence !
Tous les élèves posèrent leurs manteaux là où ils se trouvaient, laissant le soin aux Elfes de Maison de tout ranger, et se ruèrent dans la Grande Salle.
- Vous avez deux minutes, les garçons, dit McGonagall en fermant les Grandes Portes du réfectoire après être passée.
Le bruit sourd des portes en or résonna dans le hall d'entrée et Harry se tourna vers le blond, un grand sourire aux lèvres. Le Serpentard lui, recula et regarda le brun de haut en bas :
- Comment… fit-il.
- Je te le dirais plus tard…
Il secoua alors la tête et se blottit dans les bras du blond qui l'enserra une longue seconde avant de le relâcher. :
- Si tu savais, dit le brun en sentant les larmes monter. Si tu savais comme je suis heureux de pouvoir de nouveau marcher… de ne plus souffrir à chaque mouvement…
- Ne pleures pas, dit Malefoy en lui prenant le visage.
- Je suis désolé, c'est plus fort que moi…
Le blond prit de nouveau le brun dans ses bras et Harry enfoui son visage dans le cou en hoquetant. Il recula soudain et embrassa Malefoy qui se laissa faire et participa même une micro seconde au baiser :
- Plus jamais… Ne m'abandonne plus jamais, dit le Gryffondor en lui picorant les lèvres de petits baisers. Je ne veux plus te perdre des yeux une seconde…
Son front appuyé contre celui du Serpentard, il hoqueta puis il recula et s'essuya les joues. Il serra les mains du blond dans les siennes avant de l'entrainer dans la Grande Salle.
Un silence d'une seconde se fit quand ils entrèrent ensemble dans la Grande Salle, puis les conversations reprirent et McGonagall se leva :
- Mes chers élèves, c'est avec un grand plaisir que je vous accueille en cette nouvelle année civile pour la fin de votre année d'études. Je tiens à vous souhaiter une très bonne année, et surtout, je voudrais que vous accueilliez Monsieur Potter comme il se doit, car, comme vous le savez, il a passé de nombreuses semaines à St-Mangouste pour une étrange maladie attrapée on ne sait comment qui, sans la compétence de personnes chevronnées, ne serait plus parmi nous à ce jour.
Des applaudissements retentirent puis McGonagall dit, sur un ton plus grave :
- J'ai une autre nouvelle à vous apprendre. Le professeur Benzine, qui vous a enseigné les Potions jusqu'en décembre, m'a remit sa démission il y a peu et est retourné parmi les siens. Il m'a dit qu'il ne sentait pas à l'aise au milieu d'Humains. Le poste de professeur de Potions est donc vacant…
Elle marqua une pause, se mordit la lèvre puis reprit :
- Cependant, étant donné que le professeur Rogue nous est revenu de lui-même, je vais l'autoriser à reprendre ses cours… J'espère que vous savez tous garder un secret, mes enfants, car ceci en est un. Le Professeur Rogue n'est pas censé reprendre ses cours avant d'avoir été jugé par la Ministère, mais celui-ci croit que le professeur Rogue est repartit. Il ignore qu'il vit toujours ici. Je compte donc sur votre discrétion pour ne pas ébruiter sa présence.
A la grande surprise de McGonagall, des centaines de mains droites se levèrent d'un même mouvement et un grondement s'éleva de la salle :
- Nous le jurons !
Les Serpentards étaient bien entendu les premiers à lever la main, mais le fait que les trois autres maisons aient suivit le mouvement, manqua tirer les larmes à la vieille sorcière qui se rassit en souriant. Elle avait vraiment de quoi être fière de ses élèves. Vraiment.
Et voalaaa !!
Et un chapitre de plus !
J'espere que vous avez aimé !
Read & Review comme on dit ! ;)
Bisouxxx
