Noël au Manoir, anniversaire au plumard…

Auteur : antedaemonia

Disclaiming : OK, tout est à J.K.Rowling, mais elle peut les prêter un peu quand même !

Genre : Fic Slash / Yaoi

Couple : Harry / Draco

Rating : M en général, même si ce chapitre ci est très sage…

Résumé : Une quasi-noyade et une séance de bouche à bouche vont entraîner Harry et Draco dans une relation complexe, où chacun va apprendre ce que signifie le mot confiance.


Message : ça fait une éternité, non ? Eh bien je ne suis pas morte, enfin pas tout à fait. J'ai bossé tout l'été sans avoir de vacances, et j'ai enchaîné en septembre sur un autre boulot. D'où cette absence prolongée. Mais enfin, je pense reprendre une parution toutes les 2 semaines maintenant.

A part ça, comme beaucoup d'entre vous cet été, j'ai reçu cet email qui disait qu'on ne pouvait plus faire les RAR. Dans le doute, je vais faire les RAR, mais plus courtes que d'habitude, et puis je suis déjà à la bourre de 3 mois pour updater !

Et puis sinon, pour répondre aux interrogations de plusieurs d'entre vous, le bouquin sur la manipulation dont je parlais est un truc très sérieux et plein de statistiques, qui s'appelle Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens, et qui est écrit par deux psycho-sociologues, Joule et Bauvois. Et je vous jure que ça va bien me servir pour Narcissa ! En gros, ça explique que les vendeurs d'aspirateurs et les politiciens utilisent les mêmes techniques que les mendiants dans la rue ou les médias, et leurs techniques ont des noms très drôles : technique de pied dans la porte, de la porte au nez, du pied dans la bouche… ça consiste à utiliser ce qu'on sait de la psychologie et du comportement humain pour influencer une personne (ou un groupe) sans qu'elle s'en rende compte. Ça explique aussi que pour manipuler une personne, il vaut mieux lui laisser l'impression qu'elle a choisi elle-même… Et ce n'est malheureusement pas de la paranoïa. Les bureaux d'étude marketing et les entourages de politiciens préfèrent appeler ça des "technologies comportementales périphériques" (véridique !), mais c'est juste un nom à rallonge pour parler de manipulation. Y'a qu'à voir comment les américains ont réussi à convaincre leur population qu'attaquer l'Irak était juste… La seule raison pour laquelle les américains ne sont pas d'accord avec la guerre maintenant, c'est parce qu'il y a des morts chez leurs soldats. Comme lors de la guerre du Vietnam. Aujourd'hui encore, ils se plaignent d'avoir eu des morts, et ne réalisent même pas que moralement ils n'avaient aucun droit d'attaquer un autre pays pour massacrer sa population… 'Soupir'… Bye !

Réponses aux reviews :

Merci infiniment à tous et toutes, Lemoncurd, Yochu, Onarluca, CyCy-Lupin, gaelle Gryffondor, Eileen Ana, Amandaaa, Miss serpentard, Orphée Potter, Darkness, Lunenoire, Clôtho, Sahada, Lovely A, BlackNemesis, Vert emeraude, Ddy, Samaëltwigg, Lu, Artoung, Neyarchess, Vif d'or, Aella, Oxaline, Leviathoune, Galouz, Quiproquo, Minerve, Chaya, Lili, Moarmott, La-shinegami, Yuki-chan. (J'espère n'oublier personne) Je promets que mes RAR seront personnalisées à la prochaine update ! En attendant, bonne lecture.


Chapitre onze : choisir sa voie

La cellule de Harry doit faire dans les 4 mètres de large, mais elle s'étend, en longueur, contre l'un des murs extérieurs du Manoir Malfoy, sur une distance d'au moins 8 ou 9 mètres. Harry sait maintenant avec exactitude qu'il parcourt cette distance en 26 pas et demie. Enfin, il la parcourait au début de son enfermement, lorsqu'il avait besoin de décharger ce trop plein d'énergie refoulée qu'il sentait bouillonner en lui. Maintenant, il ne se lève plus que très rarement.

Du renfoncement glacé où il est allongé, le jeune prisonnier jette encore un coup d'œil de temps en temps à l'intérieur sordide de son cachot. Le mur est fait de pierres larges et patinées par le temps, et leur maçonnerie est emplie de magie défensive et de sorts complexes. Même s'il avait sa baguette, il est peu probable qu'il pourrait briser les sortilèges qui le retiennent prisonnier. Ses geôliers ont néanmoins pensé qu'il serait préférable qu'il n'ait aucun moyen de défense… ou d'attaque.

Deux ouvertures étroites percent l'obscurité du cachot et donnent directement à hauteur de la pelouse qui s'étend derrière le Manoir, mais ces lucarnes sont closes de barreaux épais hérissés de pointes acérées.

C'est la nuit. Plus précisément c'est la huitième nuit que Harry passe dans cette cave humide et puante. Ce qui surprend le plus l'adolescent épuisé, c'est d'être encore en vie.

La première nuit qu'il a passée dans les sombres sous sol, lorsqu'il s'est réveillé de l'évanouissement causé par le Doloris, le « Garçon-Qui-A-Survécu » n'en menait pas large. Il pensait mourir à chaque seconde. Revoir l'aube lui semblait tellement improbable !

Au lieu de cela, le dénommé Detestinio est venu lui annoncer qu'en attendant le Seigneur des Ténèbres, qui viendrait s'occuper de lui lorsqu'il en aurait fini avec des choses autrement plus importantes qu'un morveux gringalet, ses deux gardiens étaient arrivés. Ses deux gardiens… Harry n'a eu aucune peine à reconnaître le premier. Un froid intense lui gèle les os depuis cette première nuit, et les hurlements de ses parents résonnent sans discontinuer dans son esprit. Il y a de quoi perdre la tête, et l'unique réconfort que réussit à trouver Harry, c'est le souvenir douloureux que son parrain, Sirius, a survécu à 12 années d'un enfer similaire. Pour faire honneur à son souvenir, Harry est prêt à en endurer autant s'il le faut. Le Détraqueur patrouille dans le parc, à l'extérieur des murs, mais souvent, il vient se coller à l'une des lucarnes et étend un bras décharné à l'intérieur dans l'espoir d'attraper Harry. Quant au second gardien, Harry sent une présence inquiétante de temps à autres, surtout au cœur de la nuit, et il a déjà échafaudé un certain nombre d'hypothèses…

Une quinte de toux vient lui arracher un gémissement de douleur, et Harry se retourne sur l'étroit banc de pierre où il est allongé, tentant de se protéger du froid mordant qui l'assaille. La fine couverture dans laquelle il s'enroule sent la pourriture et la sueur, mais Harry n'en a plus rien à faire. Les scrupules qu'il a eu pendant les premières heures, préférant le froid à l'humiliation d'accepter pareille aumône, se sont envolés depuis longtemps. Envolés aussi sa révolte, les hurlements et les insultes, que les habitants du Manoir n'ont même pas dû entendre d'ailleurs… Disparu enfin son espoir, flamme ténue qu'il a essayé d'entretenir vaille que vaille, mais qui a finie par se réfugier au plus profond de son cœur.

Plus personne ne viendra me chercher maintenant. Ils m'ont séparé de Dudley. Est-ce qu'ils l'ont t… Non, je ne veux pas savoir, je ne veux pas y penser… S'il est mort par ma faute… Oh non, ne pas penser à ça…

Le froid et les privations ont tant affaibli le Gryffondor qu'il se sent résigné à son sort. En fait, mourir ne lui fait plus vraiment peur. Il a dû épuiser son quota de terreur pour les 20 ans à venir. Depuis qu'il est enfermé là, c'est comme si le temps s'était arrêté. Les heures s'écoulent, toutes semblables, dans le même morne silence. Parfois, la nuit, une silhouette bouge parmi les ombres de son cachot, de l'autre côté des barreaux. Il se sent observé, scruté.

Et je sais que ce n'est pas Draco… enfin Malfoy… Je le saurais si c'était lui. Cette puanteur qui vient me picoter les narines, ce n'est pas lui. Ce frisson de dégoût qui m'assaille, ce n'est pas lui… Lui, il sent délicieusement bon. Lui, il me fait frissonner d'une autre manière…

Et ce n'est pas non plus de la paranoïa, s'il croit deviner une silhouette qui se faufile le long des murs dans la pénombre. En fait, c'est probablement son second gardien qui vient prendre des nouvelles de sa proie. Une créature de l'ombre, envoyée par Voldemort pour prendre soin de son prisonnier.

Un vampire…

Sans doute un vampire…

Affamé, mais contraint à sentir ce corps au sang chaud sans pouvoir l'approcher… Harry ne sait pas pourquoi, mais il est persuadé que ses déductions sont bonnes.

Un bruit de métal entrechoqué contre les barreaux de sa prison lui fait lever la tête. Comme chaque nuit depuis qu'il est enfermé, un elfe de maison, silencieux comme une ombre, vient de déposer dans sa cellule, à même le sol, un œuf, une tranche de pain et une cruche d'eau claire. La faible créature fait ensuite un bond en arrière, et attend en se tordant les doigts dans tous les sens.

La fièvre qui agite Harry depuis plusieurs jours le laisse assoiffé, et la cruche d'eau a bien plus d'attrait que le repas frugal. Alors il se lève, chancelant, et approche de sa maigre pitance pour assécher en quelques gorgées sa gorge brûlante.

Dans le brouillard qu'est son esprit, le garçon se pose néanmoins quelques questions. Il n'a revu aucun de ses « hôtes » depuis la première nuit, où lui et Dudley ont été torturé jusqu'à ce qu'il perde conscience. Pas âme qui vive, hormis la petite discussion avec Detestinio Malfoy. Mais il est persuadé que c'est de Malfoy, enfin Draco, que lui viennent ces faveurs.

Le jeune Gryffondor sent ses jambes fléchir sous lui, et ses muscles ankylosés le trahissent soudain. Il tombe à genoux, tandis que sa tête tourne désagréablement.

« Pas…faim… » croasse t-il d'une voix faible en repoussant le pain et l'œuf dont l'odeur lui soulève l'estomac. En face de lui, la créature rachitique et nerveuse sautille d'un pied sur l'autre comme si elle était sur des charbons ardents. Les yeux globuleux de l'elfe luisent étrangement dans l'obscurité. Puis, en un claquement de doigt, elle fait disparaître toute trace du repas, avant de disparaître à son tour dans un craquement lugubre.

Oui, certainement, c'est Draco.

Draco

Mon oncle Detestinio et ma tante Hystéria se croient les maîtres de ce domaine depuis l'été dernier, mais je suis encore l'héritier légitime des Malfoy, lui a dit le blond lors de leur unique conversation, la première nuit de sa captivité. Et tous les serviteurs du Manoir n'obéissent qu'à moi.

L'elfe est donc envoyé par Draco. Que le Serpentard soit trop lâche pour venir, mais qu'il envoie l'un de ses serviteurs pour soulager sa conscience malade… Harry va mourir, mais il mourra le ventre plein. Quelle ironie !

Encore que les raisons qui poussent l'élève de Serpentard à agir de cette façon, de manière pour ainsi dire civilisée, lui paraissent obscures au-delà de toute mesure. On est dans le domaine du mystère.

A peu près aussi mystérieux que quand il m'a embrassé. Draco Malfoy ne peut pas embrasser Harry Potter ! En tout cas pas sérieusement. Il me déteste, c'est bien connu. Je lui porte sur le système depuis notre premier jour. Et son père est à Azkaban par ma faute… Et puis ça ne peut pas être une blague non plus, parce que c'est bien connu que les Serpentard n'ont pas d'humour. Enfin pas le même genre d'humour que le reste de l'humanité…

Harry secoue la tête doucement, et retourne se recroqueviller sous la couverture miteuse. Il sait qu'il ne doit pas s'endormir près des barreaux. Pas si ses soupçons sont exacts et qu'un vampire rode la nuit pour le surveiller. Si la créature pouvait passer son bras au travers des barreaux et l'attraper, alors Harry sait avec certitude qu'il ne se réveillerait plus.

Son estomac est douloureux, tandis que son front est brûlant de fièvre. Ces 8 jours passés dans le froid et l'humidité, avec si peu de nourriture et encore moins d'espoir, l'ont considérablement affaibli. Son esprit, engourdi, a du mal à se concentrer et il sombre volontiers dans l'inconscience.

Est-ce qu'ils me tueront de manière moldue, dans mon sommeil, en m'étranglant ou en m'étouffant ? Est ce que je vais simplement m'endormir et ne jamais me réveiller ?

La dernière pensée consciente de Harry, avant de se laisser à aller à l'oubli, est que la rentrée à Poudlard est pour le lendemain. Peut être alors que Dumbledore s'inquiètera de son absence…


« Laisse moi faire, j'irai le ranger tout à l'heure dans la bibliothèque. » Narcissa tend sa main fine, et le tatouage magique qui enserre son annulaire comme une alliance se met à tournoyer, pour se calmer à nouveau lorsque Draco s'éloigne. L'épouse de Lucius glisse le précieux ouvrage intitulé Créatures sombres en votre possession : comment les dominer au milieu d'une autre pile de livres. Il serait dangereux que son beau frère, Detestinio, sache que cet écrit a été entre les mains de Draco toute la semaine. Chaque soir, Narcissa a entraîné son fils pour qu'il maîtrise l'un des sortilèges de base anti vampire. Un que l'on peut accomplir sans baguette, pourvu que l'on soit assez puissant magiquement.

Maintenant, reste à voir si le jeune Potter peut apprendre en une nuit ce qu'il a fallu sept soirs à Draco pour maîtriser.

« Va faire acte de présence une dernière fois auprès de ton oncle, puis rejoint ta chambre. N'oublie pas que ton cousin Eliot continue à te surveiller, alors ne te dirige pas tout de suite vers les sous sol » continue Narcissa en jetant un coup d'œil inquiet à son enfant.

Draco est assis dans le confortable divan, adossé à l'un des accoudoirs. Comme chaque soir de cette semaine, son entraînement avec sa mère l'a fatigué. Mais il contrôle enfin le sortilège qu'il va devoir apprendre à Potter. Buvant son thé à petite gorgée, il écoute à moitié la voix de sa mère. Il sent qu'elle est inquiète. Probablement parce que, malgré tous ses efforts, il n'a pas consenti à partager avec elle le secret de la manière dont il va rejoindre les cachots. Pour le reste, il faut reconnaître que sans son appui, il n'aurait jamais osé mettre ce plan à exécution. Tant de paramètres sont flous. Tout peut si mal tourner…

« Draco … ? »

Narcissa vient de s'asseoir contre lui. Et elle lui passe une main tremblante dans les cheveux.

« …Tu… tu seras prudent, n'est ce pas ? »

« Mère… »

« Ne passe pas par le parc. Le Détraqueur attaquera quiconque y passera… »

« Je ne cours aucun risque. Je connais un moyen infaillible de rejoindre la cellule de Potter sans me frotter à aucun des deux gardiens qu'a envoyés le Seigneur des Ténèbres. »

« … Tu as été voler avec tes cousins cet après midi ? »

« Mmh, oui. Et j'ai laissé mon précieux balai traîner dehors près de la porte de la remise lorsque ce pauvre William s'est blessé dans sa chute. »

« Je pensais que c'est Eliot que tu voulais faire tomber ? »

« Oh oui ! Mais ce bâtard esquive tous mes sales tours avec adresse. Et comme je sentais que tout le monde avait envie de rentrer pour échapper au froid, je me suis dit que je n'avais plus le temps de finasser. William a été trop facile à désarçonner ! »

« Sa mère a hurlé ! As-tu entendu cette pauvre Hystéria ? Elle n'a aucune retenue. Tu ne l'avais pourtant pas égorgé, son précieux petit rejeton ! »

« Il n'a qu'une entorse, c'est ce qu'a dit le Medicomage. Le sang, c'est juste parce qu'il s'est coupé la lèvre. »

« Quel insupportable petit gamin pourri ! Je suis sûre qu'il serait du genre à aller pleurer dans les jupes de sa mère s'il se faisait égratigner par un hippogriffe ! » susurre Narcissa en cachant un sourire moqueur.

Draco s'étrangle en avalant son thé, puis darde sur sa mère un regard courroucé.

« Eeeh ! J'avais 12 ans, moi, à l'époque. Lui il en a 15 ! Et puis ce n'est pas la même chose. Moi, c'était pour faire chier Potter ! »

« Va te laver la bouche avec du savon, Draco Malfoy ! Je n'aime pas que tu emploies ce genre de vocabulaire. »

« Mff. Si je meurs ce soir en essayant d'aider ce stupide Gryffondor, j'espère que tu te souviendras que tes derniers mots avec moi ont été pour m'humilier… »

« Oh, pitié, n'essaye pas de me culpabiliser. Tu parles à celle qui a inventé ce concept ! »

Draco hausse les épaules, puis s'appuie un peu plus contre sa mère.

« Je ne veux pas retourner à Poudlard demain. L'idée de te laisser seule au Manoir avec ces deux… »

« Chhh… N'aies aucune crainte, Poussin. Tant que ton père est en vie, ton oncle Detestinio n'osera jamais me toucher. Ton père a entouré notre union d'une kyrielle de sortilèges, et aucun homme ne peut m'approcher sans que Lucius ne le sache. »

« Detestinio n'est pourtant pas du genre à faire des menaces dans le vide… » objecte le jeune Serpentard, inquiet.

« Ils veulent te contraindre à l'obéissance, c'est tout… »

« Ils y arrivent fort bien. »

Narcissa soupire. Les heures ont passé trop vite, et elle doit maintenant laisser son enfant avancer vers son destin. Dans un moment d'inspiration, elle lâche cependant un dernier conseil.

« Quoi qu'il arrive, n'oublie pas. Lorsque Potter va réussir à s'enfuir, ils vont essayer de nous monter l'un contre l'autre. Peu importe ce qu'ils prétendent, je ne te trahirai jamais. Peu importe ce qu'ils me disent de toi, je ne raconterai rien, même pour sauver ma vie. »

« Je comprends ce que tu veux dire, Mère. Si aucun de nous deux ne trahit l'autre, alors ils ne pourront rien prouver contre nous. »

« A condition qu'aucun des deux gardiens de Potter ne te voit, bien sûr. »

« Ils ne sauront même pas que j'ai quitté ma chambre », dit Draco en se levant. Il sait que sa mère meurt de curiosité. Mais il a préféré garder pour lui seul le secret de sa transformation en Animagus. Même Harry Potter n'en saura rien. « Essaye de dormir cette nuit. Je n'irai voir Potter qu'après minuit, lorsque tout le Manoir sera endormi. »

« Prend soin de toi. »

« Toujours, Mère. »


Bien après que tout le monde se soit endormi dans la vaste et somptueuse demeure ancestrale des Malfoy, et alors qu'à quelques kilomètres, Stonehenge, enseveli sous la neige, étincelle sous un ciel étoilé, Draco Malfoy, allongé dans son lit confortable, fixe le plafond de sa chambre d'un air morose.

Un très beau plafond par ailleurs. Des poutres de bois sculptées et peintes par les plus grands artisans des siècles précédents.

En face de lui, une horloge en bois précieux recouvert à la feuille d'or égraine les secondes avec régularité. Minuit moins une. Draco se lève, et dans l'obscurité, sa baguette magique à la main, il se dirige vers son dressing.

« Lumos » prononce t-il d'une voix hésitante.

La tenue qu'il s'est préparée aurait, en n'importe quelle autre circonstance, pu paraître sexy. Un pantalon noir à la coupe très classique, un pull à col roulé d'un gris sombre, et sa cape la plus chaude… et la plus ténébreuse. Puis, dans un geste inhabituel, il recouvre sa chevelure d'un blond lumineux d'un bonnet de laine noire. Et il doit reconnaître que même un couvre chef aussi ridicule lui seye à la perfection.

« Si mon but était de te faire craquer, Potter, j'aurais choisi la tenue idéale. Putain, je suis irrésistible, quoi que je porte… » ironise l'adolescent.

En quittant son dressing, Draco éteint sa baguette, puis il pose le morceau de bois qui ne le quitte jamais sur sa table de nuit. C'est le morceau du plan qui lui déplait le plus. Sous sa forme Animagus, il ne peut emporter sa baguette. Il ne doit de toute façon pas en avoir besoin. Et puis, comme le lui a suggéré sa mère, cela évitera à ce stupide Gryffondor imprévisible de vouloir l'attaquer pour la lui prendre.

Il arrange plusieurs de ses oreillers sous ses couvertures, afin que depuis la porte, un intrus puisse croire à sa présence dans son lit. Puis il ouvre sans bruit la porte fenêtre qui donne sur sa terrasse. Les lourds rideaux de velours vert se gonflent légèrement sous la bise glacée, et Draco concentre toute sa magie vers un seul but.

Quelques secondes plus tard, un iguane passe la porte fenêtre et avance sur la terrasse. Dans le parc, l'ombre inquiétante du Détraqueur répand une onde de terreur presque palpable, mais Draco sait que la créature malfaisante ne s'intéressera pas à un animal, si incongru soit-il dans ce décor enneigé.

Il est temps d'aller rendre une petite visite à Potter.


Ouf… Eh bien voilà. Ça fait du bien de publier à nouveau. J'espère que vous avez aimé, et que vous attendrez sagement la confrontation Draco / Harry dans le prochain chapitre ! A dans deux semaines environ !