Chapitre 5


Izaya semble tremper dans des affaires bien étranges, et effectue des missions secrètes avec un dénommé Haruya Shiki. Il paraît également être à la recherche d'une certaine 'Katya Lomof', et n'hésite pas à utiliser son don et son intelligence pour avoir des réponses.


Lorsque Shizuo passa la porte de son appartement, il fut étonné de trouver son frère assis sur le canapé. Il sentait peser sur ses épaules une fatigue de plusieurs jours, et de grandes cernes noires assombrissaient ses yeux ambrés. Il aperçut le regard de Kasuka par dessus le divan et son cœur se serra. Il soupira.

— Kasuka, chuchota-t-il.

Ce dernier laissa paraître un mince sourire, puis lui demanda d'une voix bien trop normale :

— Qu'est-ce qu'on mange ce soir ?

Comme si de rien n'était. Comme si cela ne faisait pas plusieurs semaines que Shizuo ne l'avait pas vu. Comme si le blond n'était pas capable de voir ses clavicules si apparente par dessus son pull noir au col lâche.

Il posa ses affaires sur la table de la cuisine — cela ressemblait davantage à une kitchenette, mais il aimait penser que leur appartement était plus grand qu'il n'en avait l'air —, puis s'avança doucement dans le salon. Les lumières étaient éteintes mais la télévision, elle, éclairait la salle de sa lumière diffuse. Les personnages à l'écran semblaient parler dans le vide puisque le son était coupé.

Il appuya sur l'interrupteur d'une petite lampe sur la table à coté du canapé, puis regarda son frère de plus près. Le blond ne voulait plus oublier son visage, le graver à jamais dans ses souvenirs — malheureusement, l'image de Kasuka finissait toujours par s'effacer après quelques semaines.

Il dut retenir ses larmes.

— Shizuo ? demanda-t-il en penchant la tête d'un coté.

Ce dernier lui offrit un pâle sourire, puis s'imagina le prendre dans ses bras pour ne plus jamais le lâcher.

Il ne supporte plus les contacts, et c'est de ta faute.

Sa gorge se serra.

— Que veux-tu manger ?

Ce que tu veux, tant que tu manges.

Un grand sourire apparut sur les lèvres de son frère, et le blond ne put s'empêcher de le lui rendre.

— Des lasagnes ! Je sais qu'il y a de la viande dans le frigo. Ou bien des spaghettis bolognaise. Oui, plutôt ça.

Ses yeux brillaient, mais Shizuo remarqua qu'il avait posé une main sur son ventre. Ses traits étaient légèrement crispés.

— Ça va ? s'inquiéta -t-il. Tu as mal au ventre ?

Le regard de son frère se voila un instant, et le blond eut l'impression qu'il l'avait fixé de ses yeux vides pendant une éternité. Il sembla revenir à lui et déclara simplement :

— Des pâtes bolognaise !

Alors son grand-frère soupira et lui offrit un sourire. Il tourna les talons et arriva dans la cuisine tout en lançant des regards discrets en direction du salon. Kasuka regardait toujours la télévision avec un grand intérêt, sans le son, alors qu'un documentaire sur les requins passait sur la sept. L'appartement était silencieux, uniquement animé par les bruits des casseroles qui s'entrechoquaient et de l'eau à ébullition — si on faisait attention, on pouvait entendre le couple qui vivait à coté se crier dessus, encore.

Quand il eut déposé une part consistante dans chacune des assiettes, il retourna dans le salon et les posa sur la table basse. Son frère semblait si captivé par les images qu'il ne remarqua même pas sa présence. Shizuo remarqua enfin l'énorme pull qu'il portait. Et celui qui se trouvait en dessous du premier. Kasuka regardait la télévision sans cligner des yeux en se mordillant le bout du pouce. Il s'arrachait littéralement l'ongle.

— Kasuka ! s'écria Shizuo en attrapant son poignet pour l'empêcher de se faire plus de mal.

Ce dernier hurla. Il se leva avec précipitation et bouscula la table, faisant tomber l'une des assiettes au sol. Le bruit qu'elle fit en se brisant emplit l'appartement alors que son frère continuait de hurler.

— Non ! Non ! Non !

Le blond tenta de se rapprocher, de lui dire quelque chose, de s'excuser, mais il hurlait de plus en plus fort.

— Pas de contact ! Pas de contact ! Lâche-moi ! LÂCHE-MOI !

Shizuo ne le tenait plus de depuis longtemps, et il regarda, impuissant, son frère secouer la tête, les mains sur les oreilles. Son corps tout entier tremblait avec une force surprenante.

Puis tout d'un coup, le calme plat. Le corps de Kasuka se relâcha et son regard se fit vide. Il regarda l'assiette un moment, et Shizuo osa à peine respirer.

La peur, la panique et la honte lui comprimaient douloureusement l'estomac.

Une seconde plus tard, son frère tournait les talons pour aller s'enfermer dans sa chambre. La porte claqua, brisant le silence. Même les voisins s'étaient tus.

Des larmes brûlèrent les yeux du blond et sa gorge se serra tellement qu'il tomba à genoux, les mains sur son cou. Il avait mal, et il venait à nouveau de tout faire foirer.

C'est de ta faute. Encore. C'est toujours de ta faute. Tu loupes tout, et c'est lui qui en paie les conséquences.

Il resta des heures sur le sol, dans le noir, fixant les morceaux brisés de l'assiette pleine de spaghettis.


– Ça fera 3 574 Yens, s'il vous plaît.

L'homme face à lui effectua un léger mouvement de tête afin de lui montrer sa carte bleu, et Shizuo hocha la tête. Il lui présenta le lecteur et tapa sur quelques boutons afin d'encaisser le paiement. Le blond lui offrit le sac plastique contenant ses nouveaux achats et l'homme l'attrapa en chuchotant un « merci ».

Le client fit demi-tour et quitta le magasin, le blond leva les yeux et regarda l'horloge en retenant un soupir. Il était tard, et sa relève allait bientôt arriver.

Aujourd'hui, les clients ne s'étaient pas réellement bousculés aux portes, et la soirée avait été plutôt tranquille. Shizuo aimait bien ces soirées-là, quand la petite radio de la boutique diffusait les derniers tubes, et qu'il pouvait simplement se reposer un peu.

Le conbini dans lequel travaillait le blond était tenu par un petit homme proche de la soixantaine qui, à quelques années de la retraite, aimait bien aider les autres. Il était doux, souriant, et aimait passer de temps en temps dans le magasin pour lui apporter — à lui et aux deux autres employés — des petits cookies qu'il préparait lui-même. Lorsque Shizuo s'était présenté devant lui sans aucun diplôme et avec pour simple argument sa motivation de trouver un travail le plus vite possible, Yodogiri Jinnai avait tout simplement accepté avec un petit sourire en s'excusant du fait que le salaire ne serait pas extraordinaire.

Le blond aimait beaucoup ce vieil homme si adorable, et travailler pour lui était réellement une aubaine tombée du ciel.

Une femme posa une sucette devant lui, il leva les yeux avec surprise. Il ne l'avait pas entendu entrer.

Attrapant l'objet afin de le scanner, il fit également de son mieux afin de ne pas exprimer physiquement le malaise qui s'était emparé de lui quand la femme s'était penchée d'une façon bien trop prononcée pour être naturelle. Elle croisa les bras sous sa poitrine.

— 100 Yens, s'il vous plaît.

Elle lui fit un sourire enjôleur et enroula l'une de ses mèches sombres autour de son doigt.

Le blond la regarda à peine et attendit patiemment.

Du coin de l'œil, il aperçut un garçon dans le fond de la boutique. Il était blanc comme un linge.

Au bout d'un instant, elle s'impatienta.

— C'est quoi ton nom, blondinet ?

Shizuo haussa un sourcil et pointa son badge du doigt.

— Tu es muet ? demanda-t-elle avec agacement.

Il soupira.

– 100 Yens, s'il vous plaît.

La langue de la brune claqua et elle déposa une pièce devant lui. Elle attrapa sa sucette et tourna les talons, non sans lui lancer un regard noir. Elle murmura quelque chose qu'il n'entendit pas et quitta le magasin d'un pas rapide.

Le garçon s'apprêtait également à sortir.

— Attends, toi, là, l'appela le blond.

Il se figea.

— O.. oui ?

Shizuo haussa un sourcil, étonné.

— Repose ce que tu as pris, lui demanda-t-il gentiment.

Le garçon perdit toutes ses couleurs et déglutit difficilement. Lorsqu'il reprit la parole, sa voix tremblait.

— Pardon ? Je... je ne vois pas de quoi vous parlez et je…

Il recula, son dos heurta une étagère et un paquet de céréale tomba au sol. Il écarquilla les yeux et des larmes lui montèrent aux yeux.

— Je suis désolé, chuchota-t-il en ramassant les céréales éparpillés pas terre. Je suis désolé, je suis désolé.

Shizuo passa immédiatement de l'autre coté du comptoir et se précipita à ses cotés. Le garçon ramassait toujours ce qui était tombé par terre. Ses mains tremblaient le blond posa la sienne dessus.

— Hé, lui dit-il doucement. Calme toi. C'est quoi ton nom ?

Des larmes coulaient sur ses joues et il paraissait terrifié.

— Mikado, hoqueta-t-il. Je suis désolé.

— C'est pas grave, c'est rien du tout.

Le blond se releva.

— Viens t'asseoir, lui dit-il en tirant sur son bras.

Il le conduisit vers une chaise dans le coin de la pièce et lui donna un mouchoir.

— Hey, ça va aller. Qu'est-ce qui se passe ?

Le garçon sortit une flasque de whisky de sa veste et la lui donna d'une main tremblante. Shizuo haussa un sourcil.

— Pourquoi tu as pris ça ? C'est pour toi ? Quel âge tu as ?

De nouvelles larmes coulèrent sur ses joues et le blond compris qu'il ne parvenait plus à s'arrêter.

— Seize ans, murmura-t-il.

Il lança un regard effrayé vers la porte et l'extérieur.

— Ils sont dehors, et je… je n'ai pas le choix, ça fait des mois qu'ils me cherchent et…

Un hoquet le coupa mais Shizuo comprit.

— Ils te harcèlent ?

Son hochement de tête fut suffisant.

Une colère commença à brûler dans ses veines. Il serra la mâchoire et se releva.

— Et ils sont dehors ?

Mikado baissa la tête et se mordit la lèvre.

Le blond lança un nouveau regard en direction de l'horloge, puis enleva sa casquette et son badge. Il les posa sur le comptoir, et lança un dernier regard en direction du garçon.

Il le regardait, les yeux écarquillés.

— Que…

— Reste ici, d'accord ? Je reviens tout de suite.

Et il tourna les talons, passant entre les portes automatiques.

Dehors, le ciel était sombre et l'air glacé ce dernier passait bien trop aisément à travers le léger t-shirt du blond, mais il ne parvenait même pas à sentir le vent. Ses veines étaient en feu et l'une d'entre elles pulsait sur son front.

Il laissa sa colère le gagner tout entier, sa rage prendre le dessus sur tout son champ de vision se rétrécissait alors que la fureur le faisait voir trouble.

Cela faisait si longtemps qu'il ne s'était pas laissé aller comme ça, des mois qu'il peinait à simplement ressentir quoi que ce soit.

Mais là, il ne se contrôlait plus, les larmes du garçon revenaient sans cesse devant ses yeux et il serra les poings.

Des rires parvinrent jusqu'à lui et il se laissa guider. Ses pas le menèrent rapidement vers un groupe d'adolescents — ils étaient quatre, dont un blond —, et il s'arrêta devant eux.

Ils levèrent la tête vers lui.

— Tu veux quoi, mec ?

Shizuo ne dit rien et se contenta de les fixer. Son regard était noir.

L'un d'entre eux se leva.

— C'est quoi ton p…

Le poing du blond partit si vite que l'autre ne put rien faire. Il s'écroula au sol, inconscient.

— Qu'est-ce que vous lui avez dit ? demanda-t-il d'une voix sourde.

Les trois autres le regardaient avec peur. Celui qui possédait des cheveux teints en blond se reprit le premier.

— Q… quoi ? Qui ?

— Le gamin, Mikado. Pourquoi vous faites ça ?

Il vit une lueur de compréhension traverser leurs yeux. Une certaine forme d'irritation également.

— N'y pensez même pas. Vous le laissez tranquille. Vous ne l'approchez plus, vous ne lui parlez plus. Vous l'oubliez, et vous laissez ce gamin tranquille.

— Non mais pour qui tu te prends ?

Alors que le blond se relevait, Shizuo lui envoya son pied dans l'estomac. Il vit son souffle le quitter et une grimace prendre place sur ses traits alors qu'il tombait au sol, plié en deux. Son regard était terrifié et c'est d'une voix tremblante qu'il lui dit :

— D'accord, mec. C'est bon, on le laisse tranquille. Laisse nous partir, ok ? On est désolés.

Il les regarda avec colère encore quelques instants, les poings tremblants. Il regarda leurs visages effrayés, le garçon inconscient sur le sol, celui plié en deux, les mains sur le ventre — il sentait du sang sur ses phalanges et il serrait les dents si fort qu'il s'était mordu la langue.

Il soupira difficilement, la respiration haletante, puis tourna les talons. Sa tête bourdonnait et il se sentait perdre pied ses souvenirs s'emmêlaient, et une seule pensée hantait son esprit.

Il avait à nouveau perdu le contrôle.

Lorsqu'il reprit ses esprits, il se trouvait devant le comptoir, la respiration tremblante et les yeux écarquillés. Le gamin était encore assis sur la chaise, des traces de larmes séchées sur les joues.

Il prit la parole et sa voix le calma quelque peu.

— Vous allez bien ? Je suis désolé, que s'est-il passé ? Ils vous ont fait du mal ?

Il écarquilla les yeux.

— Vous saignez !

Et alors que Mikado attrapait son poignet avec délicatesse, le blond se mit à le fixer avec étonnement.

— Pourquoi vous avez fait ça ? Vous ne me connaissez même pas...

Cheveux bruns, yeux innocent, gentillesse débordante. Trop gentil pour ce monde...

— Tu me rappelles mon frère, chuchota-t-il.

Et quand sa relève arriva, le gamin était parti et Shizuo avait enfilé un t-shirt propre — non taché de sang.


L'entrée du bar était exactement comme dans ses souvenirs : un petit escalier qui ne descendait pas très bas, surmonté d'un auvent en pierre noire. La porte d'entrée était toujours grande ouverte et il n'y avait qu'un garde placé à coté de l'accueil, simplement là pour empêcher les désagréments.

Il les descendit doucement, pas à pas, la différence entre la fraîcheur extérieur et la moiteur intérieur le fit frissonner. Il enleva son manteau et le tint sous son bras. À l'intérieur de la pièce, la musique était forte et la piste de danse bondée nous étions en semaine mais cela ne posait à priori aucun problème aux personnes présentes.

La météo du matin avait annoncé une nuit de grands orages, et Shizuo se sentait si stupide — il s'était pourtant promis de ne plus jamais revenir. Mais alors qu'il se trouvait assis sur son lit, dans son appartement silencieux presque vide, il avait aperçu la carte étudiante de ce garçon. Le blond l'avait regardé intensément quelques minutes, puis ses pas avaient bougé d'eux-mêmes. Il s'était retrouvé dans la rue, sous un parapluie, avant même qu'il n'ait pu comprendre ce qu'il lui arrivait.

Désormais, il se trouvait assis sur un des tabourets du bar, au même endroit que les deux dernières fois, regardant son verre vide avec une lassitude qui le surpris. S'il s'en doutait tant, pourquoi était-il revenu ? Il ne savait même plus pourquoi il désirait tant le revoir. Cela faisait maintenant presque un mois qu'ils avaient passé cette nuit ensemble, et il commençait à oublier son visage, ses traits si harmonieux qui l'avaient tant fasciné. Il n'arrivait plus à se souvenir de son parfum, de la douceur de sa peau, ni de son rire, et Shizuo ne voulait pas cela.

Ce garçon l'avait fasciné, et il hantait ses rêves et ses cauchemars depuis quelques semaines.

Il rêvait qu'il le faisait danser au milieu de la foule sur une musique énergique, qu'il l'emmenait dans un restaurant luxueux pour rire et boire avec lui toute la soirée, qu'il le conduisait dans les plus beaux recoins de Tokyo, main dans la main sous le ciel étoilé, et qu'ils finissaient finalement par rester au lit à s'embrasser toute la journée. Durant des semaines et des semaines, Shizuo avait rêvé d'une vie qui ne serait sans aucun doute jamais la sienne, et ce garçon l'avait accompagné dans toutes ces merveilleuses aventures. Et aujourd'hui, il ne désirait qu'une chose : le revoir encore une fois.

Pourtant, le blond savait qu'il n'avait pas le courage pour faire plus. Pour lui proposer plus, pour qu'ils deviennent plus — dans l'imaginaire où Izaya voudrait également cela. Shizuo n'avait pas réellement de problème avec son physique il n'avait pas de petit ventre bedonnant et ne souffrait pas d'une pilosité excessive, et il trouvait même que son visage pas trop mal, acceptable en tout cas, il ne faisait pas peur aux enfants dans la rue, et c'était tout ce qui importait. Non, ce n'était décidément pas le physique qui clochait. Sa vie était trop chaotique, trop dangereuse, et s'il décidait un jour de trouver quelqu'un, devrait-il encore travailler avec la mafia ? Il avait de trop nombreuses fois eu un aperçu de la loi du Talion qui régnait en maître sur cette organisation : œil pour œil, dent pour dent. S'il décidait de tout abandonner, alors les conséquences pourraient être terribles. La dernière chose qu'il souhaitait était de blesser ses proches.

Et ce garçon — de ce qu'il en avait aperçu — avait été bien trop parfait pour lui, et le blond ne souhaitait pas le faire entrer dans ce monde.

Il soupira en se traitant mentalement d'imbécile.

Il s'était, durant toutes ces semaines, créé une image mentale de ce garçon, une perfection créée à partir de ses rêves et de ses fantasme, de ses attentes et de ses envies. Il savait pertinemment que la réalité serait bien différente, pourtant, il ne parvenait pas à lâcher l'affaire, pas tant qu'il ne pourrait pas le voir une dernière fois.

Mais alors que le barman lui servait verre après verre en lui lançant de petits regards sympathisants, il perdit peu à peu espoir. S'il ne venait pas ce soir, si son amant d'une nuit ne se montrait pas à nouveau, alors Shizuo abandonnerait et ne chercherait plus jamais à le voir il retournerait à sa vie pleine de sang et d'interdits ou la possibilité même de s'imaginer un avenir lui était impossible.

Alors il attendit, regardant la foule qui se mouvait au rythme de la musique, l'œil vitreux — cela faisait déjà quelques heures qu'il était ici et l'alcool lui était rapidement monté à la tête. Le blond baissa les yeux vers le fond de son verre et fit tourner le liquide.

— Je ne pense pas qu'il viendra.

Doucement, Shizuo releva la tête avec surprise. Il plissa les yeux afin de faire le net dans sa vision et vit enfin que c'était le barman qui se tenait devant lui. Le blond possédait le même verre depuis plus d'une demi-heure et avait totalement oublié sa présence.

— Je sais, répondit-il simplement.

Il attrapa son portefeuille avec difficulté et déposa quelques billets sur le comptoir. Le barman lui rendit sa monnaie puis lui offrit un sourire polit.


Lorsque Shizuo sortit dans la rue, au milieu de nombreux parapluies multicolores, le ciel était sombre, sans aucune étoile, et de nombreux éclairs le zébraient de leurs balafres éclatantes.


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