Elle me jette un regard noir et ses pupilles sont de plus en plus foncées.
« Naname-chan, soupire le prince.
-Onii-sama ! Comment peux-tu accepter de la recevoir ici ?! »
Mais elle n'obtient pas de réponse. Naname s'énerve et décide de sortir. Lorsqu'elle est partie, je remarque que la façon qu'à Shin de m'observer change. Mais je n'arrive pas à décrypter ce à quoi il peut penser…
« Tsuda… Que viens-tu faire ici ? me demande-t-il doucement.
-Eh bien… quel accueil… I peine un mois tu voulais faire de moi la princesse, et à présent vous me rejetez … ?
-…
-Et aujourd'hui… tu es si froid envers moi…
-…
-Je vois… Tu es encore plus bavard qu'avant, hein ?
-Excuse-moi. Disons, qu'il s'est passé pas mal de choses depuis ton départ, qui m'obligent à changer la façon dont je dois te voir…
-Ah ? Quoi donc ? Qu'est-ce qui pourrait te faire changer à ce… Oh, je sais… »
J'ai tout juste le temps de finir ma phrase qu'il se retrouve à seulement quelques centimètres de moi… et je sens son souffle sur mon visage. Des frissons me parcourent rien qu'à voir ses yeux dorés posés sur moi… ils me transpercent même. N'est-ce pas ça qui devait avoir disparu ?
Il dépose sa main sur ma joue, puis se ravise en deux secondes.
« Shin… Que se passe-t-il ? lui murmurai-je en caressant son visage et je sens qu'il a un frisson.
-Je… Je n'ai plus le droit. Que ce soit d'être avec toi, te toucher, te voir ou te parler, m'avoue-t-il en retirant ma main de sa figure.
-Pourquoi ? hésitai-je.
-Mon père nous a rendu visite. Il m'a interdit de t'approcher à nouveau et de prendre contact avec toi. »
Je vois… c'est bien ce que je pensais, il doit être terrifiant !
« Et toi ? Tu veux quoi ? demandai-je doucement.
-Moi ? Comment ça ? hésite-t-il.
-Qu'est-ce que tu désires… réellement ?
-Je… je ne peux pas lui désobéir.
-C'est vraiment ce que tu veux ? »
Il me fixe en restant muet.
Que puis-je faire s'il ne veut vraiment pas lui désobéir ? Je ne peux pas le forcer à quoi que ce soit… Je vais seulement demander l'assistance médicale que je voulais en venant ici.
« Pourrais-tu me faire examiner par un médecin en qui tu as une totale confiance ?
-Pardon ? Pourquoi ? Quelque chose s'est passé ? N'as-tu pas confiance en les personnes qui restent dans ton village ? m'interroge-t-il, surpris.
-Il n'y en a qu'une qui a apparemment les compétences en médecines. Mais je ne la connais pas et ne peux pas lui faire confiance.
-Hum, je vois…
-Je suis désolée de t'embêter pour cette seule raison. Je pensais que Matheus m'accompagnerai directement à un médecin. Je n'avais pas l'intention de te déranger ou même de te revoir en personne.
-Oh, vraiment… ?
-Ce n'est bien sûr pas pour te blesser que je dis ça ! Je voulais simplement être certaine qu'il n'y a rien d'anormal.
-D'accord. Je te conseille Kei, au magasin mixte. Il vit avec nous depuis quelques années maintenant, malgré qu'il appartienne à la race des loups. Il a déjà soigné des vampires, et il s'y connait mieux que quiconque dans ce village à propos des loups.
-Hm, Merci beaucoup. »
Je lui souris, me tourne et repars vers l'entrée quand il me rappelle :
« Tsuda ? Je… J'enverrai Matheus à ton village si… si jamais on peut se voir, d'accord ? »
J'hésite un moment, l'observe, le faisant patienter, puis hoche doucement la tête. Il affiche un doux sourire.
Enfin je sors de son bureau et le garde me fait sursauter.
« Que s'est-il passé ? Vous a-t-il fait des avances ? Ou bien sa déclaration ? Vous a-t-il sourit ? me questionne-t-il.
-Euh… Il ne s'est rien passé de tout ça. J'ai simplement demandé ce pour quoi j'étais venu. Il m'a dit d'aller au magasin mixte, veux-tu bien m'y accompagner ? »
Il a l'air étonné mais s'exécute.
Le trajet dure environ cinq minutes. Je profite de la marche pour à nouveau poser mes yeux sur ces si belles fleurs que les villageois aménagent à leurs fenêtres. Le temps s'est arrêté pour la plupart, mais ils font profiter la nature de leurs connaissances, ainsi que les rares visiteurs. Chaque saison, fait changer leur jardin à défaut de changer leur physique.
Nous arrivons au magasin. Matheus me dit d'entrer sans l'attendre, il reste à l'entrée. Je l'en remercie. En poussant la porte, je reconnais le vieil homme, assit à son comptoir. Je le salue poliment, il me rend un sourire immédiatement chaleureux dès qu'il me voit. Il est si gentil !
« Oh ! Mademoiselle Tsuda ! Que faites-vous ici ? Ne deviez-vous pas rentrer à votre village ?
-Si, j'y ai été un long moment apparemment. Mais je suis venue car j'ai… »
Sans avoir le temps de finir ma phrase, un boucan monstre me coupe. Cela vient de l'extérieur et nous y allons avec le gérant. Un loup gris est en train de se battre avec Matheus. Ses yeux sont de la couleur d'un ciel d'orage, et une balafre gêne son œil gauche.
« Kei ! s'exclame le vieil homme. Arrête donc tout ça ! Mademoiselle est ici ! »
Ça n'a pas l'air de faire effet. Je l'appelle et réessaie plusieurs fois sans que rien ne le calme. Je suis donc obligée d'en arriver à la manière forte… Je me transforme et me jette sur lui en forme louve. La force est toujours l'unique solution pour calmer ces mâles… Il est extrêmement surpris quand il se rend compte de ce qu'il se passe et repasse presque à sa forme humaine.
« Calme-toi Kei ! insistai-je en utilisant ma voix d'alpha, tout en le gardant collé au sol. Monsieur ? Vous pouvez lui amener des vêtements, repris-je plus doucement en restant sous cette forme. »
« Tu peux parler… normalement ? s'étonne le loup par la pensée
-Oui, et je vais t'expliquer pourquoi. J'ai besoin de te parler, de moi et de ce qu'il se passe. Tu dois m'examiner, j'ai besoin de te connaissances et de tes soins. »
Il est d'autant plus surpris par ma demande. Il récupère les habits que le gérant lui amène et les enfile dans le magasin. J'en profite pour me rhabiller dans une des cabines.
Le jeune homme revient dans la pièce principale. Ses cheveux foncés, presque bleutés, s'accordent parfaitement avec ses pupilles dans les tons violet-bleus. La balafre, que j'ai vu précédemment, prend son œil gauche. Aussi bien au-dessus, qu'en-dessous, je suis curieuse de savoir comment il a pu se faire une si grande blessure… mais je n'oserai pas demander ! Il s'est vêtu d'une chemise blanche assez collée à sa peau pour en voir toutes les formes, et d'un jean bleu foncé tout aussi serré. Il m'adresse un regard et se racle la gorge.
« Alors, de quoi voulais-tu tellement me parler ?
-D'abord, je peux te demander pourquoi vous vous êtes battu, toi et Matheus ?
-C'est pas important, grogne-t-il. Dis-moi pourquoi tu es là, sinon je te vire…
-C'est… Il t'a dit quelque chose qui t'as déplut, n'est-ce pas ? insistai-je doucement.
-Hmph, souffle-t-il agacé. Oui, son sale caractère m'importune autant que sa présence dans ce village.
-Bon, ok, je ne te pose plus de questions, me résignai-je. Hm… Le Prince m'a conseillé de venir te voir car tu t'y connais mieux que personne dans ce village à propos des loups…. Mais aussi sur les vampires. J'ai besoin que tu me dises si je n'ai rien, que ce soit dans le sang ou quoique ce soit d'autre d'étrange…
-Tu m'as l'air d'aller bien, dit-il en restant immobile. »
Je ris d'un ton ironique. Shin m'a-t-il vraiment recommandé son meilleur médecin… ? Je me décide à lui expliquer mon « histoire ».
« Je vais t'expliquer une ou deux choses, commençais-je. Je suis une hybride de naissance. Mon père était apparemment un membre important de la famille royale, donc un sang-pur chez les vampires. Et ma mère était une louve aussi pure que l'air des montagnes et l'alpha de la meute. J'ai tout simplement hérité de chacun d'eux. J'ai parfois des envies de sang et je peux me transformer en une louve blanche, tout en continuant à parler comme une humaine. C'est parce que je suis hybride que cela est possible…
-OK, je comprends mieux, dit-il. Mais ça ne me dit toujours pas la raison pour laquelle tu as besoin de moi ?
-Hm… Tu es certainement au courant de l'incident qui a eu lieu dans le village voisin, en bas de la montagne… Eh bien, c'est mon village. Il a été attaqué alors que j'étais ici, avec le Prince. On ne sait ni qui a attaqué, ni pourquoi, mais ils ont tué beaucoup d'innocents, des humains comme des loups. Mes parents en ont été victimes et ne sont plus de ce monde, ils ont décapité mon père, comme pour être sûrs de sa mort et ma mère poignardée à plusieurs reprises, certainement une lame d'un matériau spécial. Il y a aussi eu des impacts de balles. Ceux qui sont venus ce jour-là avaient pour but que mes parents ne puissent pas se relever. Ils ont, en plus, enlever ma petite sœur. Ma mère m'a appris avant de s'éteindre, que j'ai une sœur jumelle qui a été kidnappée alors que nous n'étions que des bébé.
-Oui… et ? »
Est-il sans cœur, ou n'écoute-t-il mon histoire que pour me faire plaisir ? Aucune idée, mais je dois lui dire tout ce que je sais, ça va peut-être pouvoir lui servir.
« Attend, j'y arrive. Quand je suis arrivée au village après l'attaque, tout était sens dessus-dessous, et après avoir pu entendre les derniers mots de ma mère je me suis évanouie. A mon réveil, c'est une jeune femme que je n'avais jamais vu qui s'est présentée à moi. Elle m'a dit que mon père, Ren, lui avait appris pas mal de choses en médecine lorsque je n'étais pas au village. Puis elle m'a annoncé que j'avais été dans le coma pendant 30 jours et qu'elle a aidé à soigner tout le monde pendant ce laps de temps. A présent, tout ceux qui sont encore au village lui accorde leur confiance, mais j'ai des doutes. Mon père n'aurait jamais pris le risque d'apprendre à une fille qu'il n'a jamais vue, comment se servir de ses connaissances en médecine, surtout après que j'ai été 'enlevée'. De plus, j'ai trouvé cette fille chez moi après que je me sois assoupi dans mon salon. Elle regardait les livres dans la bibliothèque professionnelle de mon père. J'ai trouvé celui-ci sortit alors qu'elle en a choisi un au hasard en sortant, m'expliquai-je en lui présentant le livre « Prise de sang et injections de poisons lents. »
Je vois le jeune homme ouvrir grand les yeux. Il a l'air d'avoir une certaine idée sans m'en dire plus pour le moment.
Je l'informe qu'elle m'a fait une prise de sang à mon réveil, et certainement pendant mon coma. Il me demande alors si je souhaite qu'il vérifie si je n'ai rien dans les veines. Je lui confirme sa demande, en lui disant que cette fille pourrait faire partie de l'ennemi. Il prépare ensuite une salle spécifique à sa médecine, puis me dit de m'installer sur le siège à moitié allongé. Le temps de retirer mon chemisier, il va chercher une blouse blanche dans un placard de la pièce et un masque qu'il met au niveau de son menton. Il a l'air de savoir ce qu'il fait et ce qu'il doit faire. Le garçon, qui était tout à l'heure énervé au point de batailler, est à ce moment précis aussi professionnel que s'il avait un vingtaine d'années d'expérience, ce qui est tout de même rassurant. Il ressort pour aller chercher sûrement du matériel dont il va avoir besoin pour des tests et revient toujours aussi concentré.
Il me fait plusieurs injections et des prises de sang. Il me conseille très vivement de rester allongée à cause du sang qu'il a pris, je pourrai me sentir mal. Je reste alors ainsi.
Je l'observe faire tous ses tests sur les échantillons de mon sang. Il l'a réchauffé, mélangé à différents liquides et attendu les résultats, parfois l'échantillon changeait de couleur, mais beaucoup sont resté dans un coin, rangés.
La vue de mon propre sang ne me rend pas malade. D'ailleurs, j'en profite pour lui parler de ce malaise lorsque j'ai voulu me 'nourrir'… que j'ai eu la nausée et des visions sanglantes, et que rien que de sentir du sang ou d'en voir me rend malade. Il me répond que c'est à priori une réaction logique, puisque j'ai vu mon village complètement saccagé et beaucoup de personnes, la plupart gravement blessées.
Puis je fini par ne plus l'entendre, je sens mes paupières s'alourdir.
Kei me réveille doucement en posant une main sur mon épaule et en m'appelant.
« Tu devais être fatiguée, tu t'es endormi pendant environ 2heures, alors que je te parlais.
-Non, je ne me sens pas particulièrement fatiguée, mais simplement je n'arrête pas de dormir.
-AH ! fait-il d'un coup, me faisant presque sursauter.
-Qu'est-ce qu'il se passe ?
-Un mélange de corrosif avec du sang provoquerai cette dégradation sur ton bras, et des somnifères spécifiques te donneraient les symptômes d'une hypersomnie lente.
-Oula…
-Je te parles chinois n'est-ce pas ? Ahah…
-Pourquoi tu parles de corrosif ? Je vais bi… »
Il me prend le bras et me montre l'intérieur du coude. Il y a comme des traces de griffures, et de piqûres. La peau est attaquée, comme si mon corps avait essayé de se défendre de l'intérieur. Les traces ressemblent par endroit à des taches d'acides qui me seraient tombés dessus à petites doses.
« Je vais essayer de créer un antidote. Je ne doute plus de ce que tu m'as dit, tu as eu raison de t'inquiéter. D'après ce que je peux comprendre, tu serais retombé, d'une façon ou d'une autre, dans un coma, et celui-ci aurait été bien plus profond et dangereux pour toi que le précédent. C'est possible que la jeune fille dont tu te méfie, veuille te faire disparaître sans éveiller de soupçons, en faisant par exemple, croire qu'elle est du côté de ta meute alors que c'est tout le contraire. »
Ce n'est pas que ce que Kei dit me surprenne, mais je suis tout de même choquée de l'entendre. Confirmer mes doutes, et à ce point… j'étais en fait empoisonnée à petit feu, sans que personne ne le sache. Je ne suis pas certaine des intentions de Leona, mais je suis au moins sûr qu'elle ne me veut pas du bien ! Si une personne a prévu le carnage d'il y a un mois, et ma mort, peut-être que l'ennemi en avait seulement après ma famille… et peut-être qu'il se trouve plus près qu'on ne pourrait le penser.
Ce garçon est cool en blouse blanche. On sent bien comme il a confiance dans ses compétences, et il aime faire ce travail. Il me regarde.
« J'aurai les résultats de certains tests seulement demain, dit-il en allant devant un de ses plans de travail.
-Hm… d'accord. »
Je réfléchis à une option qui pourrait être bien, non seulement pour ma meute, mais aussi pour lui, qui est avant tout un loup. Peut-être que je peux lui proposer de venir dans ma meute ?
« Kei ? l'appelai-je doucement en remettant mon chemisier.
-Oui ? fait-il en se retournant et en m'observant de ses pupilles bleutées sombres.
-Est-ce que… ça te plairait de venir vivre dans mon village ? »
Je vais y aller doucement pour éviter un refus direct. Il paraît déjà assez surpris de ma demande.
« Pourquoi ? fait-il.
-Je ne sais pas, ça me trotte dans la tête depuis un moment. Tu es bon médecin, et au moins je sais que je peux me fier à toi. Je t'ai vu faire ton travail, tu aimes ça et tu sais ce que tu fais. Tu es un loup, comme la plupart de ce qu'il reste d'habitants, sans meute qui plus est. Je pense que tu serais un bon atout en cas de besoin et un bon ami…
-Tu parles comme une alpha, rit-il.
-Parce que j'en suis une. »
Il reste bouche bée. Il ne s'attendait sûrement pas à ça, même s'il savait déjà que j'étais une louve spéciale. Puis, il marmonne quelque chose, du genre « elle me l'avait déjà dit en plus… ». Je rattache mon chemisier et m'assoit correctement tandis qu'il réfléchit.
« Je ne sais pas, finit-il par répondre. Je me suis habitué à ce village, vivre ici et voir ces personnes défiler ici, malgré leurs regards sur moi. Et puis, j'ai Monsieur Yoka…
-Tu pourras revenir le voir n'importe quand…
-Il faut sûrement demander au…
-Mais non ! C'est ta propre décision de t'en aller, si tu le souhaite. Ne penses-tu pas que tu seras mieux dans un village de loups ?
-Elle a raison Kei-kun, intervient une voix plus mature. Tu auras bien la possibilité de venir me voir quand bon te semblera. Mais plus important, tu seras avec des personnes qui ne te jugeront pas, puisqu'ils sont comme toi. Tu n'auras plus à supporter les sarcasmes des uns et des autres. Tsuda-san est une bonne personne, non ? Elle sera une bonne alpha pour toi…
-Monsieur Yoka, je ne suis plus un enfant…
-Raison de plus pour que tu y ailles ! insiste le vieil homme. Bien, reprend-il en me regardant ensuite, laissez-lui un peu de temps pour réfléchir, et restez ici pour ce soir, mademoiselle…
-Oui, je vais chercher à être hébergée, je dois revenir pour les résultats des tests demain de toute manière… Alors je te laisse ce laps de temps pour réfléchir à ce que tu veux faire. En attendant, je dois retourner au Palais pour discuter avec votre Prince.
-Hm… Alors nous nous verrons demain ?
-Oui. »
Je m'approche doucement de l'oreille de Kei et lui murmure de bien réfléchir. Puis je sors.
Matheus m'attend toujours, il était assis sur un banc près de l'établissement. Lorsqu'il s'aperçoit que je suis sortie et que je vais vers lui, il a l'air surpris.
« Qu'est-ce qu'il y a ? demandai-je.
-Rien en particulier, je pensais que tu allais rester ici.
-Pourquoi ?
-Je ne sais pas, fait-il en haussant les épaules.
-Penses-tu que Shin accepterait que je reste pour cette nuit ?
-Ah ? Tu restes au village alors ?
-Oui, juste pour ce soir. Kei aura les résultats des tests demain donc je dois trouver où m'héberger pour la nuit.
-Comment ça se fait ? Tu aurais aussi bien fait de rester chez le vieil homme ?
-Tu es bien curieux. Ne me fais-tu pas confiance ?
-Si, c'est simplement de la curiosité.
-C'est aussi parce que j'ai demandé à Kei s'il accepterai de venir vivre dans mon village… Donc il a jusque demain dans l'après-midi pour réfléchir.
-Oh, je vois.
-Il est bon médecin et en prime un loup. Il sera un bon atout s'il arrive quelque chose d'autre.
-Oui, effectivement. Je ne suis pas sûre que le Prince va apprécier cette proposition, mais il ne te refusera pas un hébergement d'une nuit.
-Merci.
-Ce n'est pas encore fait, rit-il légèrement. »
Nous retournons donc au palais, en retraversant une partie du village. Il n'est pas encore tard et la lumière du soleil continue d'éclairer au travers du dôme. Le printemps continue d'arpenter la montagne et d'éblouir les jardins des villageois. Les visages restent impassibles souvent, mais quelques personnes me sourient tout de même lorsque l'on passe devant leurs fenêtres ou en passant leur magasin.
Lorsqu'on arrive devant le bureau du Prince, nous trouvons Naname qui en sort justement. Elle a l'air d'une humeur exécrable… comme à son habitude quand elle me voit.
« Encore toi ?! s'exclame-t-elle. Que veux-tu à mon Shin-nii-sama ?!
-Rien qui ne vous regarde, répond froidement le garde avant que je n'ai le temps de penser à ma réponse. »
Elle repart encore plus énervée et Matheus me sourit doucement, comme pour s'excuser. Il frappe ensuite à la grande porte en bois. Avant que celle-ci ne s'ouvre je demande au jeune blond s'il peut demander pour l'hébergement, car je ne veux pas trop l'embêter avec ma présence. Il accepte juste avant que Shin n'ouvre.
« Qu'y a-t-il ?
-Tsuda-sama aurait besoin d'être hébergée pour cette nuit et voulait savoir si vous accepteriez…
-Oh ! En quel honneur ?
-Elle…
-C'est à elle que je demande. Tu peux disposer Matheus.
-Bien, fait le garde avant de partir tandis que j'entre timidement dans la pièce. »
Ce dernier me regarde et me souhaite bonne chance avant de s'en aller et de fermer la porte derrière lui.
