Disclaimer : les personnages appartiennent à JK Rowling.
Chapitre onze.
« Beuuuurk ! » Hermione ne put retenir le grognement de dégoût qui lui échappa. Glisser le long d'un vieux tuyau d'évacuation d'eau était déjà assez désagréable, mais quand elle était arrivée en bas, elle avait essayé d'atterrir debout, pour finalement basculer en avant, se retrouvant à quatre pattes dans la boue puante qui recouvrait le sol de pierre.
Le tunnel était éclairé par les baguettes que Harry et Ron tenaient en l'air. Ce dernier approcha d'elle pour lui lancer un rapide « Récurvite ».
« Merci, » dit-elle, mettant la main dans sa poche et sortant sa baguette. « Lumos, » et sa baguette vint ajouter sa lueur aux autres. « C'était vraiment répugnant. »
Harry rit. « D'après mes souvenirs, ça ne va pas s'améliorer. » Il désigna le tunnel devant eux. « Il sera partiellement bloqué à mi-chemin. Lockhart a fait écrouler une partie du plafond quand il a essayé de nous Amnésier. »
Avec les trois baguettes, l'espace qui les entourait immédiatement était bien éclairé, mais juste au delà, le tunnel semblait être une masse noire impénétrable.
« C'est comme… entrer dans un trou noir, » dit Hermione, avec appréhension.
« Ouais, » convint Harry.
« Un trou noir… ? »
« C'est de l'Astronomie, Ronald. Est-ce que tu ne fais jamais attention ? » demanda Hermione.
« Oh, c'est vrai. Etoiles, trous noirs, comètes… je me souviens maintenant. » Ron lui adressa un sourire effronté.
« Là ! » Harry pointa avec sa baguette, révélant un tas de pierres qui s'étendait du sol au plafond, bloquant pratiquement le tunnel tout entier.
« Tout ça est tombé quand Lockhart… ? Vous avez de la chance qu'il ne vous ait pas tous tués ! » s'exclama Hermione.
« De la chance qu'il ait attrapé ma baguette au lieu de celle de Harry, » dit Ron. « Il avait l'intention de nous abandonner là. »
« Ce fieffé… »
« Ce n'était pas ce que tu avais l'air de penser de lui à cette époque, » la taquina Harry.
Hermione se rebiffa. « Ecoute, est-ce qu'on pourrait s'il te plait oublier mon béguin idiot pour Lockhart, et nous mettre au travail pour trouver comment nous allons passer de l'autre côté de tout ça ? » D'après ce qu'elle pouvait voir, le mur de pierre était relativement solide, mais les garçons devaient l'avoir traversé avant de ramener Ginny.
« Il devrait y avoir un trou d'une bonne taille dans le tas, » dit Ron. « J'ai eu tout le temps de déplacer des pierres pendant que j'attendais Harry. » Il frissonna, se souvenant. « Ça a été une longue attente. »
Ils s'éparpillèrent tous les trois et concentrèrent la lumière sur le tas de pierre. La lueur rebondissait sur la surface irrégulière de la pile et renvoyait des ombres qui bougeaient et tremblotaient. Dans l'imagination nerveuse d'Hermione, c'étaient les ombres des serpents qui rampaient le long des murs et ondulaient sur le sol. Ne voulant pas trahir son anxiété auprès des garçons, elle garda les yeux sur les pierres, refusant résolument de regarder derrière elle.
« J'ai trouvé, » appela Ron, et avec un soupir de soulagement, elle se dépêcha d'aller le rejoindre.
Harry arriva derrière eux et examina l'ouverture d'un œil critique. « C'est étroit, mais je crois qu'on peut toujours passer dedans. Tant que les pierres ne bougent pas pendant qu'on grimpe, remarquez. »
Hermione pointa sa baguette et lança un 'Stabilis' à la base de l'ouverture, et Ron et Harry répétèrent les mouvements, dirigeant leurs sorts vers les côtés. Assurés que la pile tiendrait bon, ils se préparèrent à grimper à travers.
« Toi d'abord, Hermione, » ordonna Harry. « Ron et moi, on te poussera. »
Les deux garçons l'aidèrent jusqu'à ce qu'elle puisse atteindre les pierres de la trouée elle-même. « J'y suis, » lança-t-elle. « Je traverse ! » Elle se tortilla, s'aida de ses bras, et se hissa jusqu'à l'ouverture et à travers elle, laissant retomber ses jambes de l'autre côté, se tenant jusqu'à ce qu'elle trouve une prise pour ses pieds. Refusant de baisser les yeux, pourquoi est-ce que tout ce que nous faisons doit forcément comporter des hauteurs ? elle se déplaça lentement le long de la surface pierreuse jusqu'à ce que ses pieds touchent la terre ferme. « J'y suis ! » appela-t-elle. Au dessus d'elle, elle put voir les longues jambes de Ron pendre depuis le bord du passage.
Il avait presque traversé quand elle risqua un regard derrière elle, et à la lumière de sa baguette, elle put à peine distinguer la silhouette d'un énorme serpent étendu dans les renfoncements du tunnel. Une peur panique s'empara d'elle, et elle poussa un cri perçant et éteignit accidentellement la lumière. Revenant à tâtons sur ses pas, elle glissa sur les pierres branlantes et tomba avec un glapissement de douleur. Elle se recroquevilla et se couvrit les yeux, entendant les cris et le bruit de pierres qui roulaient autour d'elle.
« Lumos ! » La zone autour d'elle s'éclaira à nouveau. « Par tous les cieux, qu'est-ce qui s'est passé ? »
« Hermione ! Est-ce que tu vas bien ? »
Elle garda les mains sur son visage. « Oh, ne regardez pas ! Il y a un Basilic juste là. Je l'ai vu. J'ai… »
« On aurait dû la prévenir, » dit Harry. « C'est une peau. Le Basilic a mué. Elle était déjà là quand on est venus la dernière fois. »
« Une… une peau ? » Elle garda les yeux soigneusement couverts.
« Ça nous a fait une peur de tous les diables la première fois qu'on l'a vue nous aussi. » Ron riait. « Tu peux découvrir tes yeux. Ça craint rien. »
Hermione jeta un œil à travers ses doigts, puis baissa les mains, chagrinée. « Je suis désolée. C'était stupide de ma part. »
« Y'a pas de mal, » dit Harry, en se frottant le dos. « On est seulement descendus un peu plus vite que la dernière fois. » Il avança un peu pour aller regarder la peau de serpent. « J'avais oublié à quel point cette chose était grande… » il s'arrêta de parler, perdu dans ses pensées, un air étrange au visage. A côté de lui, Ron remua, mal à l'aise.
Hermione regarda le jeu des pensées sur le visage de Harry. Il avait affronté le monstre à un âge où la plupart des garçons n'affrontaient rien de plus sérieux que les occasionnels duels de sorts contre les Maisons rivales. Il avait été lancé dans l'inimaginable, faisant face à Voldemort pour la deuxième fois en la personne de Tom Jedusor, et y perdant presque la vie. Le spectre d'une autre confrontation, d'une confrontation finale avec le Seigneur des Ténèbres, pesait sur chacune de ses pensées et de ses actions, son inéluctabilité le regardant en face. Elle tendit la main et lui toucha le bras.
« On devrait continuer. On a beaucoup de terrain à couvrir si la Chambre est aussi grande que tu le dis. »
Harry battit des paupières, semblant revenir à lui depuis très loin, puis hocha la tête. Avec un soupir de soulagement, Ron leva sa baguette et commença à avancer. Ils lui emboîtèrent le pas, se déplaçant avec précaution, examinant les murs du tunnel alors qu'ils le traversaient. Rien ne semblait remarquable. Les murs eux-mêmes étaient de pierre claire, décolorés, avec des traînées de moisissure et d'humidité. A la base des murs de fins ruisselets d'eau formaient des flaques et suintaient sur le sol. Le tunnel tout entier sentait le moisi et la négligence, l'âge et l'abandon. Hermione frissonna et se rapprocha des garçons.
Ils marquèrent un arrêt au bout du tunnel, se trouvant face à ce qui semblait être un mur solide. Sculptés dans la masse, il y avait deux serpents enlacés. Le détail de la sculpture était méticuleux – chaque écaille des serpents semblait se détacher individuellement, leurs bouches ouvertes arboraient de longs crochets qui semblaient luire de l'humidité de leur venin, leurs yeux étaient d'énormes émeraudes qui étincelaient à la lumière des baguettes, jetant des regards malveillants sur les trois humains qui se présentaient devant eux.
Ron déglutit et fit un geste vers Harry. « A toi de jouer, mon pote. »
Harry se planta droit devant les serpents, Hermione aurait juré qu'à la lueur vacillante des baguettes, les serpents bougeaient comme pour avoir une meilleure vue de lui. Quand Harry parla, les sifflement de ses mots résonnèrent autour d'eux, comme si d'autres serpents, invisibles, cachés dans le long couloir, répondaient. Un craquement sec résonna dans le mur, leur coupant tous le souffle, et cette fois-ci les serpents bougèrent effectivement, s'écartant lentement l'un de l'autre et glissant vers les bords opposés du mur. Une large fissure apparut du sol au plafond, et avec un léger grondement, les deux parties du murs s'écartèrent en glissant.
Devant eux s'étendait une chambre toute en longueur, bordée de piliers de pierre les dominant de leur hauteur, chacun en forme de serpent. Les sommets des piliers se perdaient dans le plafond sombre de la chambre immense, mais les serpents s'enroulèrent sur eux-mêmes de façon que leurs bouches ouvertes, les crochets tendus, présentent une sorte de garde d'honneur reptilienne pour ceux qui entraient.
Suivant Harry le long de l'avenue de serpents, Hermione remarqua que quelque chose commençait à se dégager dans la lumière chiche, devant eux. Quelque chose d'énorme. Alors qu'ils approchaient, l'objet commença à prendre forme. Ils trébuchèrent et s'arrêtèrent, levant les yeux pour dévisager la statue devant eux. Un sorcier âgé, sa longue barbe pendant presque jusqu'au pied de ses robes, les paupières tombantes, et les lèvres retroussées dans un sourire supérieur. Hermione sursauta quand Harry parla.
« Ça y est, » il désigna un endroit à la base de la statue où les pieds du sorcier dépassaient des plis de ses robes de pierre. « C'est là que j'ai trouvé Ginny, étendue juste à cet endroit. » Il marqua une pause. « Je pensais qu'elle était morte. »
« C'est Serpentard, pas vrai ? » demanda Ron.
« Qui d'autre ça pourrait être, ici en bas ? » dit Harry.
Les traits de la statue semblaient les regarder de là-haut avec dégoût, et Hermione se demanda si d'une façon ou d'une autre il savait qu'une fille de moldus avait envahi son sanctuaire. Elle s'arracha à la contemplation et se retourna pour examiner ce qu'il y avait autour d'eux. Plusieurs ouvertures sombres apparaissaient dans les murs, indiquant des passages ou des embrasures de portes. Attirant l'attention des garçons vers les ouvertures, Hermione suggéra, « On pourrait se séparer, pour couvrir le terrain un peu plus vite. »
« Bonne idée, » convint Harry. « On peut… »
« Non ! » s'exclama Ron. « Hors de question. C'est la Chambre de Serpentard. Il pourrait y avoir des pièges ici, et ils seraient prévus pour attraper n'importe quel enfant de moldu qui entre. C'est trop dangereux pour Hermione qu'elle reste seule. »
Avant qu'elle ne puisse contester l'argument, Harry était tombé d'accord. « On reste tous ensemble. » Il indiqua une ouverture située un peu derrière le socle de la statue. « Commençons par là. »
Ça se révéla être une alcôve avec des étagères sur l'un des murs, vides à l'exception de deux lanternes à la base rouillée et au verre brisé. Un examen rapproché des autres murs ne donna aucune indication qu'il existe d'autres portes ou passages. Ressortant, et passant derrière la statue de Serpentard, ils prirent le temps de regarder parmi les plis de ses robes, mais la pierre était solide.
L'ouverture suivante les mena à un court tunnel qui se terminait par un mur solide. Ce mur, cependant, était gravé d'un autre serpent. A une commande sèche de Harry, il se recroquevilla en un cercle, et une porte ronde s'ouvrit, permettant l'accès au reste du tunnel. Ron avança, et jeta rapidement un œil alentour.
« Il y a un escalier là-dedans. Qui monte. C'est probablement comme ça que Jedusor entrait et sortait de la Chambre quand il était là, » leur cria Ron.
« On sortira par là, alors, » répondit Harry. « Reviens. On a beaucoup d'autres trucs à regarder avant de partir. »
Ron les rejoignit, et ils se dirigèrent vers une petite alcôve tout au bout de la Chambre. Hermione fixait Harry, l'air de douter. « Tu avais un plan pour nous faire sortir d'ici, n'est-ce pas ? Je veux dire, si on n'avait pas trouvé l'escalier ? »
Harry eut l'air penaud, et Ron rit derrière eux. « Je ne peux pas le croire, » dit Hermione. « Tu nous as vraiment fait descendre ici sans avoir de moyen de nous faire remonter ! »
« Je savais qu'on trouverait quelque chose. »
Hermione leva les yeux au ciel. « Comme le dirait la Directrice 'C'est de la pure chance imbécile !' »
Ron pouffa de nouveau, et elle se retourna pour le fusiller du regard, rentrant par la même occasion dans Harry qui s'était complètement arrêté à l'entrée de l'alcôve.
« Je crois, » dit-il doucement, « qu'on a trouvé ce qu'on cherchait. »
XoXoXoXoX
A l'intérieur, il y avait une chambre immense, donnant l'impression d'avoir été créée à-même la pierre brute. A un bout était un bureau fait de pierre et toujours attaché au mur dans lequel il avait été sculpté. Un fauteuil de la même pierre, semblable à un trône, avec un dossier et des accoudoirs minutieusement sculptés, était placé directement devant le bureau. Le fauteuil était rembourré en brocart vert et argent.
« Oh, mon Dieu, » souffla Hermione. « Serpentard aimait les effets dramatiques, n'est-ce pas ? »
« On pourrait dire ça, » répondit Ron. « Regarde là-bas. »
Du côté opposé de la pièce, séparé par un mur partiel, se trouvait une chambre à coucher. Le lit lui-même était une copie du bureau, sculpté avec force détails, une grande plate-forme de pierre sur laquelle était placé un énorme matelas recouvert de draps vert et argent où s'empilaient des coussins de brocart. De lourds rideaux frangés pendaient du plafond jusqu'au sol aux quatre coins. A côté du lit se trouvait une table de pierre recouverte d'un tissu dans les mêmes tons. Mais ce qui attira leur attention fut le coffret d'argent sur la table. Par contraste avec le décor ostentatoire de la pierre elle-même, le coffret était relativement ordinaire, son seul ornement étant le serpent d'argent aux yeux rubis recroquevillé sur le couvercle.
Harry avança et observa le coffret de près. « Est-ce que vous pensez qu'il est suffisamment grand pour contenir le Sceau de Serdaigle ? »
Hermione le rejoignit. « J'ai regardé la copie dans la Salle Commune de Serdaigle, et je crois que ça tiendrait dedans. Mais est-ce que Tom Jedusor l'aurait laissé comme ça, à découvert ? »
« Qui serait descendu ici pour le chercher ? » demanda Ron. « Personne ne savait pour les Horcruxes à l'époque, et Jedusor avait cette chambre pour lui tout seul. »
« C'est vrai, » convint Hermione. « Enfin, il y a un moyen de le savoir. » Elle tendit la main et saisit le loquet d'argent. Instantanément, le serpent frappa, plantant ses crochets d'argent dans sa main. Hermione poussa un cri et retira sa main, une douleur froide comme un choc fulgurant dans son bras, et le serpent reprit sa position enroulé sur lui-même.
Ron l'attrapa. « Laisse-moi voir ! » Elle ferma vivement les yeux à cause de la douleur alors qu'il examinait les piqûres qui saignaient sur sa main qui enflait rapidement.
« Ça fait mal, et c'est… tellement froid, » gémit Hermione. Ron sortit un mouchoir et le noua serré, essayant de stopper le saignement. Il l'aida à aller jusqu'au bord du lit où elle s'assit en tremblant.
Harry se détourna du serpent et la regarda, anxieux. « Ça va ? »
« Ma main me lance, mais sinon, ça va. J'ai seulement froid. » Elle fixa sa main bandée. « J'aurais dû me rendre compte qu'une fille de moldus ne serait pas capable d'ouvrir la boîte de Jedusor. »
« Peut-être qu'un Sang-Pur… » suggéra Ron. Il avança prudemment la main vers le coffret. Le serpent se dressa et se prépara à frapper, et Ron retira sa main. « J'imagine qu'il va falloir que ce soit toi, Harry. »
Il hocha la tête, puis retourna vers la table. S'arrêtant devant le coffret, il se mit face au serpent et siffla un ordre. Le serpent leva la tête, ses yeux rubis étincelaient, et siffla une réponse. Harry parla encore, sifflant au serpent ces syllabes étranges. Hermione dévisageait son ami alors qu'il conversait avec le serpent d'argent. C'était un aspect de la personnalité de Harry qui la mettait toujours mal à l'aise. Sa capacité à parler Fourchelangue semblait contre-nature et obscure. Ça la poussait à se demander quelles autres parts de lui pourraient être touchées par la magie noire. Alors qu'elle regardait, Harry tendit la main, et le serpent se prépara à nouveau à attaquer. Laissant sa main retomber contre son corps, il se tourna vers eux et leur expliqua.
« Apparemment, le coffret ne peut être ouvert que par un Serpentard. Le serpent n'est que la première ligne de défense. Il me dit que tous ceux qui ne sont pas Serpentards pourraient y laisser leur vie s'ils essayaient de l'ouvrir. »
« Oh, très bien, » dit Hermione, exaspérée. « Maintenant, on n'a qu'à trouver un Serpentard qui passe par là, le traîner ici en bas, et le forcer à ouvrir le coffret pour nous. Est-ce qu'il n'y a pas d'autre moyen ? »
« Tu as vu à quoi il faut s'attendre quand il s'agit des Horcruxes. Il n'y a pas à en douter ; ce truc est piégé, » répondit Harry.
« Est-ce qu'on peut le transporter en dehors d'ici ? » demanda Ron.
« Pas sans se faire mordre. Comment va ta main ? »
« Ça fait plutôt mal, » admit-elle. « Puisque ça semble être l'endroit où Jedusor a caché le Horcrux, je vote pour qu'on sorte d'ici. On ne peut pas l'ouvrir ni le transporter dehors. Ça ne sert à rien de rester. »
« D'accord, » convint Harry. « Voyons où nous mènera cet escalier. »
Ils retournèrent au tunnel et Harry ordonna au serpent de bouger. L'ouverture circulaire était suffisamment large pour qu'on y accède facilement, et bientôt ils montaient les marches de pierre. Des torchères aux murs s'allumèrent, rendant le passage devant eux visible jusqu'à une certaine distance.
Les escaliers montaient et montaient, et Hermione essayait de toutes ses forces d'ignorer la douleur de sa main et l'impression de froid qui semblait grimper dans son bras depuis l'endroit de la morsure de serpent. « Est-ce que vous pensez que ça mène réellement quelque part, où est-ce que c'est un autre des tours de Serpentard ? »
Ron la regarda avec au visage une expression inquiète. « On a monté un sacré moment. Je pense qu'on devrait trouver une sortie dans le coin dans pas longtemps. »
Elle frissonna. « Ça ne sera pas trop tôt pour moi. » Elle avait mal aux jambes à cause de l'effort fourni pour monter, et même Ron et Harry s'étaient tus, quand une paire de torchères éclatèrent soudain à la vie, faisant clairement rejaillir l'encadrement d'une porte. Ils l'ouvrirent prudemment, et se retrouvèrent nez à nez avec ce qui semblait être le dos d'une énorme tapisserie.
Hermione sortit sa baguette et la pointa vers l'énorme tissu qui leur bloquait le passage.
« Ascenscio ! » et la tapisserie se souleva. Passant dessous, ils atterrirent dans un couloir, de toute évidence une partie du château qu'ils n'avaient jamais vue auparavant.
« Où est-ce que vous pensez qu'on est ? » demanda Ron. « Je ne reconnais pas du tout ce coin. »
Frissonnant un peu plus, Hermione répondit, « Commençons à marcher. On ne manquera pas de tomber sur un portrait, et on pourra demander notre chemin. »
Un couloir mena à un autre. Ils ne rencontrèrent aucun portrait, aucun escalier, aucune pièce. Hermione avait l'impression que son bras était pris dans de la glace, et son visage, son cou, ses épaules étaient aussi froids que si elle affrontait un vent glacial. Elle commençait à ne plus pouvoir maîtriser ses tremblements. « Je crois… je crois que la morsure… »
Les garçons la regardèrent, horrifiés. « Merde alors ! Il faut qu'on aille quelque part où on pourra la réchauffer, » dit Ron à Harry.
Harry passa un bras autour d'elle. « Le château. Luna a dit… on a besoin d'un endroit où la réchauffer… maintenant ! »
Au détour d'une courbe du couloir, ils trouvèrent une porte. Ron courut devant et tira la poignée, et la porte s'ouvrit en silence. « On dirait des quartiers d'habitation. »
Snape ! pensa frénétiquement Hermione, et elle essaya de s'écarter de Harry. « Non… non… on ne sait pas ce qu'il y a dedans… »
« On a des chances de trouver une cheminée, et on pourra te faire traverser jusqu'à l'Infirmerie. Allez, viens. »
Malgré sa résistance, ils la tirèrent dans la pièce. Elle se révéla être un grand bureau, avec un canapé et une paire de lourds fauteuils tendus de tissu regroupés autour d'un grand âtre.
Harry guida Hermione jusqu'au plus proche fauteuil, pendant que Ron sortait sa baguette et la pointait vers la cheminée. « Incen… »
« Expelliarmus ! » La baguette de Ron vola à travers les airs, et celle de Harry suivit tout de suite après. Une silhouette les approcha depuis l'autre bout de la pièce. « Comment diable est-ce que vous m'avez trouvé ? »
Aucun des garçons ne bougea. Hermione regardait fixement alors que la silhouette approchait, persuadée qu'elle avait une hallucination. « Malefoy ? »
XoXoXoXoXoXoX
Ron avait reculé pour flanquer Harry, et tous les deux bloquaient Hermione à la vue de Malefoy. Le visage de Harry était un masque de rage. « Est-ce que tu es là pour faire entrer plus de Mangemorts dans le château, espèce de salaud ! »
« N'importe qui dans Poudlard te tuerait à vue, Malefoy ! » s'écria Ron.
Malefoy les observait avec une expression indéchiffrable au visage. « Je parie que tu aimerais voir ça, Weasley, mais la vérité c'est que… McGonagall m'a caché ici. »
« Tu mens ! » lui siffla Harry.
« Eh non, Potter. » Malefoy laissait sa baguette traîner en leur direction. « Je suis un homme mort, pour autant que le Seigneur des Ténèbres soit concerné. J'ai désobéi à un ordre direct. » Juste le temps d'un instant, une expression perdue, effrayée, traversa son visage. « Je n'ai pas pu tuer Dumbledore, et il n'accepte pas les excuses en cas d'échec. Votre Ordre m'a caché ici. »
« C'est un piège, » affirma Ron. « McGonagall devrait savoir que tu es là. Et d'autres aussi ; quelqu'un nous en aurait parlé. »
« J'imagine que tu veux parler de Lupin, » dit Malefoy. « Il est au courant, et tu as raison, McGonagall est au courant aussi. »
« Pourquoi est-ce qu'ils accepteraient de te cacher après ce que tu as fait ? » lui cracha Harry.
Ça sembla atteindre Malefoy. « Parce que… parce que ma mère le leur a demandé. » Il baissa la main qui tenait sa baguette, et se laissa tomber lourdement dans un fauteuil. « Ils ont déposé son corps devant le Manoir hier… je suppose que c'était parce qu'elle n'a pas voulu leur dire où j'étais. »
Hermione savait que son propre visage était aussi blanc que ceux de ses amis. Narcissa Malefoy était venue voir McGonagall pour la supplier d'offrir un asile à Drago, et l'avait payé de sa vie. Quoi que soit son père, sa mère l'avait aimé et l'avait prouvé du sacrifice ultime. Lui et Harry avaient quelque chose en commun maintenant.
« Malefoy… » commença à dire Harry.
« J'ai pas besoin de ta pitié ! » le coupa Malefoy. Il leur renvoya leurs baguettes, et alors que les garçons les rattrapaient, se tourna, prêt à quitter la pièce.
« Non ! Ne-ne-ne t'en v-vas pas ! » Hermione essaya de se lever, mais ses jambes, froides et raides, cédèrent sous elle, et elle tomba à genoux avec un gémissement. Ses dents claquaient, et chacun de ses muscles était endolori par les tremblements.
« Merde ! Incendio ! » Ron alluma le feu, et ensemble, lui et Harry la traînèrent plus près de la chaleur.
« Qu'est-ce qui lui est arrivé ? » demanda Malefoy.
« Morsure de serpent, » répondit brièvement Harry. « Va chercher une couverture ! »
Quelques instants plus tard, Malefoy drapait une couverture autour de ses épaules, mais malgré ça et la chaleur du feu, elle tremblait toujours irrépressiblement.
« Est-ce qu'on peut aller jusqu'à l'Infirmerie par cette cheminée ? » demanda Harry.
« Je ne crois pas. » Malefoy essayait toujours de maintenir la couverture autour d'elle. « Je n'ai parlé qu'à McGonagall, alors je pense que la connexion est uniquement vers le bureau de la Directrice. »
« Parle-lui, alors, » insista Ron. « Il faut qu'on l'amène à Madame Pomfresh. »
Malefoy approcha de l'âtre, et y jeta une poignée de Poudre de Cheminette. « Directrice McGonagall, » demanda-t-il.
Un instant s'écoula, puis la Directrice apparut au milieu des flammes. « Qu'est-ce qu'il y a, Monsieur Malefoy ? »
« Potter m'a trouvé, » dit-il d'un ton plat. « Il est ici en ce moment avec Weasley et Granger. »
« Oh ciel, » répondit-elle. « C'est des plus inconvénient. »
« Granger est blessée, » continua-t-il.
« Ecartez-vous, Monsieur Malefoy. Je vais venir. »
Une rapide évaluation de la situation, quelques commandes sèches, et Hermione se retrouva dans un lit de l'Infirmerie, enveloppée de lourdes couvertures, pendant que Madame Pomfresh s'affairait avec acharnement.
« Vraiment, Miss Granger, » déblatérait-elle. « Vous devenez tout aussi mauvais sujet que Monsieur Potter. Je vais devoir rebaptiser l'Infirmerie à vos noms. » Elle fit un signe à Harry et Ron, qui aidèrent Hermione à s'asseoir, puis elle lui tendit une fiole. « Buvez… buvez tout ! »
Hermione eut un haut-le-cœur à cause du goût amer, et se demanda si oui ou non il valait mieux vomir. Elle sentit la potion brûler alors qu'elle descendait, et la chaleur sembla s'étendre et la remplir. Lentement, les frissons se calmèrent, mais alors que le froid s'estompait, la douleur de sa main augmentait.
Apparemment, Madame Pomfresh avait anticipé cette réaction, car une potion atténuant la douleur suivit rapidement la première, et un pansement imbibé de potion fut enveloppé autour de sa main.
« Ça devrait régler la question. Rendez-vous bien compte de la chance que vous avez eue que la potion sur les dents de ce serpent ait été vieille, et facile à contrer. »
Harry se pencha vers elle et lui chuchota à l'oreille, « Pure chance imbécile ? »
Hermione le foudroya du regard pour de rire. Madame Pomfresh passa sa baguette au dessus de son bras, et l'extrémité fut enveloppée d'une écharpe souple. « Ça devrait faire l'affaire. Vous resterez ici cette nuit, et s'il n'y a pas de complications, vous sortirez demain. » Rassemblant les fioles vides, elle secoua la tête en les regardant et s'éloigna.
« McGonagall va bientôt être là pour demander une explication, » leur dit Ron. « Combien est-ce qu'on leur en raconte ? »
« Tout, » répondit Hermione. « On aura besoin de leur aide pour détruire ce Horcrux. »
« Le détruire ! » s'exclama Ron. « Il faut d'abord qu'on le trouve, et on ne sait pas avec certitude qu'il est là si on ne peut pas ouvrir le coffret. »
« On l'ouvrira, » insista Harry. « Le Horcrux doit être dedans. Pourquoi autrement est-ce que Voldemort aurait pratiquement tué Ginny pour tenir tout le monde en dehors de la Chambre ? »
Hermione regarda Harry. « Tu te rends compte qu'on va devoir inclure Drago Malefoy dans tout ça, hein ? »
« Pourquoi ? » demanda Ron.
« Facile, » expliqua-t-elle. « C'est notre Serpentard. »
