Titre : Tout Accepter De Toi
Résumé : Shikamaru reçoit enfin sa première déclaration d'amour… de la part d'un garçon.
*SaiShikamaru* / Schoolfic / UA / OOC / Yaoi / Rating M / Lemon
Disclamer : Remercions Kishimoto-sama.
*Kisu*
Pour les couples (certains sont juste reportés): Sai/Shikamaru, Neji/Naruto, Sasuke/Karin, Sasuke/Hinata, Gaara/Sakura, Gaara/Ino, Sai/Kimimaro, Sai/Shikamaru/Genma, Tobi/Deidara, Yoshino/Shikaku, etc.
Je ne tiens pas compte du rapport seme/uke dans la mention des couples ci-dessus.
Merci Saeko pour ta bêta ! :)
Coucou tout le monde! Bon pour ceux/celles qui l'aurait pas lu sur mon profil: les publications vont être un peu ralenties cette année pour causes d'exam, de cosplay etc. Sinon: JE M'EXCUSE DE PAS AVOIR POSTER LA SEMAINE DERNIÈRE! J'ai oublié! ^^' Gomen. Bon je vous laisse avec ce chapitre en espérant qu'il vous plaira! Gros bisous
-CHAPITRE X-
Il ne dit plus rien et me dévisage, hésitant un instant puis me sort de but en blanc :
-Tu as un petit ami ?
Je recrache très peu gracieusement la gorgée de mon soda que je venais de boire, m'étouffant à moitié. Je tousse le plus discrètement possible pour ne pas attirer plus les regards sur nous. C'est sûr que déjà Akamaru, le chien de Kiba, est tout sauf discret mais en plus mon « ami » parle assez fort. Celui-ci me tapote gentiment le dos pour que je me calme mais je me redresse bien droit et le regarde droit dans les yeux en lui demandant ce qui lui prend de me demander une chose pareille.
-Je… Le prends pas mal hein ! Mais c'est juste que… bah tu sais on raconte plein de choses sur les internats pour garçons et puis tu…
Il déglutit et tourne son regard sur le côté.
-Tu ne fais pas très viril.
C'est le coup de grâce pour moi. Je me laisse retomber sur la table, le front à plat sur celle-ci. J'ai une étiquette « homo » sur le front ou quoi ?
-Je… Désolé, c'est que…
-Laisse, Kiba. C'est pas grave.
-Oh alors tu es vraiment gay !
-Si tu pouvais baisser le son, j'ai pas spécialement envie qu'on se fasse virer.
Il se retourne et regarde tout autour de nous, tout le monde nous dévisage avec dégoût. Je suis habitué maintenant, ça ne me fait presque plus rien et puis je ne vis pas dans la ville elle-même donc je ne risque pas de les croiser souvent. Mais bon Kiba n'a peut-être pas envie d'être assimilé à un homosexuel.
Je lui demande de vite finir son verre pendant que je cherche de quoi payer et me lève.
-Tu veux déjà partir ? C'est eux qui te dérangent ?
Il regarde les deux grand-mères à notre droite et s'adresse à elles :
-Hey les vielles, si ça vous dérange de boire votre café à la même terrasse que mon ami et moi c'est vous qui n'avez qu'à partir !
-Kiba arrête, c'est bon, laisse.
-Non ! Regarde comment ils te regardent ! Ils ont pas le droit !
Je suis on ne peut plus gêné, surtout que le patron du café vient d'arriver et s'apprête à dire quelque chose à Kiba. Je pose l'argent sur la table, attrape mes paquets d'une main et le poignet de Kiba de l'autre et pars du café. Akamaru nous suit tranquillement, je crois l'avoir entendu grogner doucement sur le gérant de l'établissement.
Je lâche le poignet de Kiba après quelques pas mais continue de marcher un peu plus lentement. Je lui en veux de s'être comporté ainsi. C'est gentil de sa part de ne pas me rejeter et de me « défendre » mais je n'ai pas besoin de ça. Je n'aime pas me montrer en public et j'ai encore plus peur de montrer mon homosexualité depuis que je ne suis plus avec Sai.
Kiba est nerveux, je pense qu'il veut parler mais n'ose pas, je souris un instant, pensant stupidement que je l'intimide un peu.
-Si tu as quelque chose à dire, dis-le, au lieu de te triturer les doigts.
-Pourquoi tu dis rien ? Tu as bien vu la façon dont tous te regardaient ?
-Kiba tu ne peux pas comprendre. Les homos ne sont pas bien vus par la société, surtout dans des villes comme la nôtre, un peu plus loin des grandes villes où c'est peut-être plus courant etc. Et puis si ils te voient avec un homo ils vont t'assimiler à moi et ils pourraient s'en prendre à toi.
Il semble réfléchir un instant, son index gauche posé sous son menton, puis se tourne vers moi avec un grand sourire.
-Je m'en fiche ! Tu sais à cause d'Akamaru ou de mon apparence on me regarde déjà pas très bien alors je suis plus à ça près. Tu n'es peut-être pas au courant mais on n'est pas trop aimé les Inuzuka, c'est pour ça qu'on vit en dehors de la ville.
-Ah. Mais pourquoi ? Et puis elle a quoi ton apparence ?
Il me regarde en haussant un sourcil l'air de dire « tu te fous de moi ? ». Bon. Un petit mensonge n'a jamais fait de mal à quiconque. C'est vrai que Kiba déjà on le voit de loin, il est très grand, plus que moi. Il a des cheveux bruns ébouriffés, un peu plus longs au niveau de la nuque, ses yeux sont noirs mais il a de toutes petites pupilles et avec ses canines plus longues que la moyenne ça lui donne une allure animale. Mais ce qui choque le plus chez Kiba ce sont les deux triangles rouges sur ses joues. Je me demande si ce sont de vrais tatouages, j'ai pas le souvenir qu'il les ait eu à l'époque du collège.
Je le regarde encore une fois de haut en bas, c'est vrai que quand on le regarde de plus près, il est vraiment pas mal. Et puis lui il fait viril, contrairement à moi, apparemment.
Finalement je ne le lui redemande pas pourquoi ils ne sont pas appréciés lui et sa famille, on dirait que ça l'embête d'en parler. Un silence s'installe de nouveau entre nous, un long silence gênant. Je regarde l'heure, il est presque dix-huit heures, le temps est passé vite, je devrais rentrer.
-Kiba je vais rentrer, je pars demain chez un copain et j'ai toujours pas fait ma valise.
-Un copain ? Un copain, copain ou un copain plus que copain ?
-Un copain, copain.
Il m'amuse.
-Tu pars combien temps chez lui ? Il habite loin ?
-Je vais y aller une semaine je pense et il habite à Konoha, là où j'allais à l'internat.
-Mh d'accord. Donc tu reviens bientôt. Ca te dirais qu'on se voit quand tu rentres ? Je fais pas grand chose en ce moment et je m'ennuie un peu.
-Ok, pas de problème pour moi, je te passe mon numéro.
On s'échange nos numéros de portable et puis nos adresses MSN aussi au cas où. Il me raccompagne jusqu'à la gare où est restée garée la voiture et nous nous quittons.
Ça m'a fait du bien de le revoir, et ça me rassure aussi un peu, je vais pouvoir avoir un ami ici. Après tout, tous mes amis sont à Tokyo et Gaara est à Konoha. Et puis Kiba a l'air d'être quelqu'un de gentil même s'il est un peu bizarre.
En rentrant je retrouve mes parents sereins, détendus et un peu trop souriants. Je crois que je ne veux pas savoir ce qui s'est passé même si bien sûr ça fait plaisir de voir qu'ils s'aiment toujours autant après tant d'années.
-Ah mon chéri ça y est tu es rentré ! Tu en as mis du temps !
Comme si ça vous avait dérangés !
-Oui j'ai rencontré un copain du collège dans la rue et on a un peu parlé. Kiba Inuzuka.
-Inuzuka ?
-Tu connais ?
Mon père et ma mère se regardent et cette dernière m'explique. Ils ont l'air un peu mal à l'aise.
-Je ne l'ai vue qu'une fois, lors d'une réunion parents/profs, je ne pourrais jamais l'oublier. Et puis les femmes du club de lecture en parlent de temps en temps.
-De qui elles parlent ? De Kiba ?
-Non de Tsume et aussi un peu d'Hana. Tsume est la maman de ton ami, elle décoiffe hein ! On dirait une punk ou une motarde ou un mélange des deux. Enfin bref, la pauvre femme, son mari était un alcoolique et joueur en plus ! Il l'a laissée avec ses deux enfants et ses dettes. Et puis sa fille ainée, Hana, c'est elle qui dirige la clinique vétérinaire en ville, mais la pauvre, à trente ans elle n'a toujours pas de mari.
Je suis abasourdi par la façon dont ma mère parle d'une femme et de sa famille comme une vulgaire mégère. Surtout quand il s'agit de la famille de quelqu'un que je connais. Je pourrais me mettre hors de moi, mais je ne le fais pas, il s'agit quand même de ma mère.
-Et elles, tes « amies » de ton club de lecture, elles en disent quoi que tu aies un fils pédé ?
Je n'attends pas de réponse de sa part et vais dans ma chambre faire ma valise. Sauf qu'elle me suit.
-Je peux savoir ce que tu entends par là ? Il y a un problème ?
-Est-ce que tu as pris le temps de la connaître avant de baver sur sa vie ?
-De baver sur sa vie ? Je ne fais que relater les faits !
-C'est elle qui te l'a dit tout ça ?
Son corps à un mouvement de recul et elle me demande calmement de baisser le ton quand je lui parle. Elle s'excuse et me laisse. C'est moi ou les rôles ont été inversés un instant ? Passons. Je suis encore énervé par l'attitude de ma mère.
C'était une idée de mon père qu'elle sorte un peu plus et se fasse des amies. Quand je suis parti pour Konoha elle n'avait plus à s'occuper de moi donc il lui fallait un passe-temps. Il ne manquerait plus que l'adultère ou un crime pour que ma mère devienne une parfaite Desperate Housewife.
Trois heures plus tard nous avons dîné, j'ai fini mon sac pour mes « vacances » à Konoha et je suis à présent dans mon lit, portable en main devant l'écran vierge d'un SMS. Je me demande si ce n'est pas un peu tôt pour envoyer un message… Allez ! De toute façon je n'ai rien à perdre !
#Coucou Sai, j'espère que tout va bien pour toi. Je voulais juste te dire que tu me manques et que je t'aime. Passe une bonne nuit. Bisous#
J'hésite à l'envoyer. Que va-t-il en penser ? Je vais le déranger une fois de plus, il ne m'a pas donné signe de vie même après ma lettre. Je suis stupide de croire qu'il y aura encore quelque chose entre nous. Je ressers mon portable contre moi et me couche sur le côté. Je n'y fais pas attention de suite mais j'ai appuyé sur le bouton d'envoi sans faire exprès. C'est le son d'un message pour mon accusé de réception qui m'en fait prendre conscience : « envoyé ». Et merde !
Je reste à fixer mon téléphone, espérant une quelconque réponse, mais rien ne vient. Tout comme mon sommeil. Je dois dormir depuis à peine deux heures quand ma mère me secoue gentiment pour me réveiller, je n'ai pas entendu mon réveil.
Première chose que je fais : regarder si j'ai eu une réponse de Sai. Négatif. Je soupire et me lève pour me préparer, mon train est dans moins de deux heures. C'est ma mère qui m'emmène vu que mon père travaille aujourd'hui.
Nous sommes en avance à la gare et on en profite pour aller boire un verre. L'ambiance est un peu tendue entre nous depuis la veille et sa réflexion sur la maman de Kiba. Ça m'embête de partir comme ça et rester en froid.
-Tu sais m'man il est gentil Kiba.
-Ki… ah lui. Mais je n'en doute pas.
-Il n'a rien dit quand il a su que j'étais… différent.
-Je rêve ou il te plaît ?
-Mais pas du tout !
Ma phrase est sortie bien trop vite et sonne bien trop faux. C'est vrai qu'il est à mon goût physiquement mais ce n'est pas pour ça que je vais tenter quelque chose vis-à-vis de lui ! Il se peut que ce soit mon seul ami pour l'instant alors je ne vais pas gâcher ça. Et en plus mon cœur appartient à Sai.
Elle ne dit plus rien, continuant de boire son café, mais je vois bien le petit sourire en coin qui orne sa bouche.
-Shikamaru, je ne m'excuserai pas pour ce que j'ai dit hier. Mais je te prie de m'excuser pour la façon dont je l'ai dit.
-Merci.
-Alors ce Kiba, il est comment ?
Je lui raconte un peu comment se sont passées nos retrouvailles, comment il est et surtout je lui affirme que je tenterais rien avec lui qui est sûrement aussi hétéro que mon père. Il doit juste être curieux, ça doit être la première fois qu'il rencontre un homo.
L'entrée de mon train en gare est annoncée. Quinze minutes plus tard je suis assis à ma place, mon MP3 dans les oreilles et mes mots fléchés en main.
Trop fatigué par mon manque de sommeil, je me suis endormi. C'est le contrôleur qui me réveille en tapotant mon épaule. Le pauvre à l'air plutôt mal en point, il tousse beaucoup et entrecoupe presque chacun de ses mots avec un toussotement.
-Je suis Hayate Gekkô votre contrôleur, billet s'il vous plaît.
Je lui tends, il le vérifie, me remercie et repart pour continuer son travail toujours en toussant. Bizarre ce type. Je reprends mon écouteur tombé de mon oreille et constate en relevant la tête qu'il y a un passager en face de moi.
C'est un type roux, il a l'air d'être plutôt grand, plus âgé que moi d'une dizaine d'année maximum et surtout il a plus de piercings sur le visage que je n'en ai jamais vu dans toute ma vie. Et je crois qu'il porte des lentilles grises ou violettes, je ne distingue pas bien. Il y a une guitare sur le siège à côté de lui, il doit être musicien, en tout cas ça irait assez bien avec son style.
Je ne fais plus attention à lui et cherche mon portable pour savoir quelle heure il est. Seulement je n'y fais pas attention : j'ai un message de Sai. Il m'a répondu. Je n'ose y croire. C'est les mains tremblantes que j'appuie sur le bouton pour ouvrir le texto.
#Bonjour, excusez-moi vous avez dû vous tromper de numéro. J'ai récupéré cette puce il y a deux semaines. Bonne journée#
Je suis obligé de relire le message plusieurs fois pour bien comprendre. Mais il n'y a pas de doute, il a changé de numéro. Des larmes commencent à me brouiller la vue et je me tourne sur le côté, cachant mon visage d'une main. Je pleure en silence, tout est fini maintenant. S'il a changé de numéro et pas donné de nouvelles c'est qu'il ne veut réellement plus de moi.
On cogne doucement contre ma main et je relève péniblement mon visage vers le rouquin qui me tend un mouchoir en papier. Je me mouche, essuie mes larmes et le remercie.
-De rien. Tu t'es fait larguer par ta petite amie pour te mettre dans un état pareil ? Aucune meuf ne vaut le coup qu'on pleure pour elle…
Il a une belle voix rauque. J'hoche doucement de la tête et lui dis ne pas vouloir en parler. Je ne vais pas me donner en spectacle devant un inconnu et encore moins lui raconter ma vie ! Sauf qu'il n'a pas l'air d'être de mon avis.
-Je m'appelle Yahiko, mais tout le monde m'appelle Pain.
Il me tend sa main et je remarque par la même occasion son avant-bras lui aussi percé, il y a vraiment des gens comme ça qui existent ? Je me demande jusqu'où il peut-être percé… Je ne suis pas pervers, juste curieux. Je lui sers la main et me présente à mon tour.
-Et tu vas où comme ça ?
-Konoha. Et toi ?
-Je descends plus loin, à Ame.
-Tu es musicien ?
Je lui montre la guitare du doigt et il confirme.
-J'étais monté à Tokyo pour convaincre la chanteuse de notre groupe de revenir chez nous, à l'époque elle était aussi accessoirement ma petite amie… Mais il semble qu'elle se soit trouvé quelqu'un. Il y a des jours où je me dis qu'il serait peut-être plus simple de devenir gay.
-Ca je ne sais pas. A mon avis les ennuis sont les mêmes.
Il me regarde, les yeux ronds, soufflant un petit « ah, d'accord ». Je crois que comme ça il a compris que ça n'était certainement pas ma petite amie qui m'avait largué, mais, mon petit ami. Il n'en a plus parlé après.
Il m'a parlé de sa musique, son groupe. Quand ils l'ont créé ils étaient quatre, mais depuis que leur chanteuse s'est fait la malle pour la capitale ils se retrouvent à composer uniquement des morceaux. Avant ils jouaient dans des bars ou même faisaient de petits concerts mais un groupe sans chanteuse c'est un peu comme « le sexe sans plaisir » pour reprendre les mots de Yahiko.
-Je ne comprends pas pourquoi Konan a laissé tomber la chanson... nous a laissés tomber…
-Q-Q-Qui ?
-Konan ! C'est elle notre chanteuse.
Je n'en crois pas mes oreilles ! Quel était le pourcentage de chances que je me retrouve dans le même train qu'une personne connaissant une de mes connaissances à Tokyo ?
Yahiko ne fait pas attention au fait que je sois choqué et continue sur sa lancée.
-Je t'assure que si un jour tu l'entendais chanter tu comprendrais pourquoi je veux qu'elle revienne avec nous !
-C'est la seule raison pour laquelle tu veux qu'elle revienne ?
-Comment ça ?
-Et bien c'était ta petite amie… Peut-être qu'elle aimerait que tu lui dises de revenir parce que tu l'aimes et qu'elle te manque, non ?
-Tu crois ? C'est pas bête ! C'est vrai qu'elle me manque aussi pour ça !
-Et puis pourquoi ce n'est pas vous qui la rejoignez à Tokyo, si vous avez du talent je suis sûr que vous arriverez plus vite à percer dans le métier. Si tu veux je « connais » quelqu'un qui coproduit dans une maison de disque, je peux te donner son numéro.
Je lui avoue que je connais aussi plus ou moins Konan et que la personne dont je vais lui donner le numéro est le frère jumeau de l'actuel petit ami celle-ci. J'espère que ça marchera pour eux. Qui sait ? Peut-être qu'un jour on vendra les CDs d'Akatsuki - c'est le nom de leur groupe - à Oto no Kuni.
Je lui donne donc le numéro d'Ukon et on s'échange les nôtres par la même occasion, je veux être tenu au courant de l'affaire maintenant !
J'apprends que les deux autres membres de l'Akatsuki sont Nagato, l'ami d'enfance de Yahiko, et Sasori, un ami rencontré au lycée. Nagato et Sasori ont tous les deux les cheveux rouges, avec les roux de Yahiko et les bleus de Konan ça doit être assez coloré sur scène !
Je n'ai pas vu le temps passer grâce à Yahiko, j'espère vraiment pouvoir le revoir un jour. Avant que le train arrive à la gare de Konoha, il m'a signé un autographe sur un mouchoir, me disant qu'un jour il vaudrait de l'or.
Je descends du train et cherche Gaara des yeux, ce n'est pas dur de le voir avec ses cheveux rouge même s'il n'est pas très grand. Il me fait signe du bras et je vais vers lui. Il me sert chaleureusement la main et me dit qu'un taxi nous attend.
-On aurait pu prendre le bus.
-Le quoi ? Tu sais à qui tu parles là ? Je suis Sabaku no Gaara, moi, môsieur !
Nous rions de concert et je lui raconte la rencontre que j'ai fait dans le train. Je ne lui parle pas tout de suite de Kiba ni du texto que j'ai envoyé à Sai. J'ai un peu retrouvé le sourire grâce à mon nouvel ami du train et je ne veux pas imposer ma mauvaise humeur à Gaara. Surtout que celui-ci n'a pas l'air d'être au mieux de sa forme. Je me décide à lui demander une fois installé à l'arrière du taxi.
-Tout va bien Gaara ?
-Hein ? Euh… oui, oui. Je suis juste un peu fatigué c'est tout.
-Ok. Alors quoi de neuf ici ?
-Pas grand chose. Ino a arrêté de travailler au Black Butterfly. Elle veut suivre des études pour devenir fleuriste, mais comme elle n'a pas de diplôme elle suit des cours pour l'instant. Elle m'a promis un rendez-vous quand elle aurait le temps.
Je lui souris et quelques minutes plus tard le taxi s'arrête, nous sommes arrivés à destination comme nous le signale le GPS. Je suis étonné de me retrouver devant un petit immeuble, je pensais que Gaara habitait dans le plus grand et plus bel immeuble de Konoha. Mais non. Il s'agit d'un petit immeuble de trois étages sans ascenseur et l'escalier est en bois. Ça ne manque pas de charme, ça c'est sûr.
Gaara habite au premier étage. Son appartement est en fait plus grand que ce que je pensais. Il me dit qu'il a racheté l'appartement d'à côté pour avoir plus de place. Il me fait visiter les lieux. L'entrée débouche sur un grand salon équipé du dernier cri en matière de télé, consoles, hifi ; sur la droite se trouve un coin salle à manger avec une table et un buffet. Dans le couloir à droite il y a la cuisine, un bureau et une salle de bain. Dans le couloir à gauche il y a la chambre de Gaara équipé d'une salle de bain, une chambre d'ami qui sera la mienne pour une semaine et une autre pièce avec des appareils de sport.
Je me demande comment fait Gaara pour vivre seul dans autant d'espace. Mais bon, tout comme Neji qui a beaucoup d'argent, je pense qu'ils sont habitués à avoir de la place pour leur espace vital.
Gaara me regarde et me demande si je compte rester planté à l'entrée de ma chambre ou si je compte installer mes affaires.
-Excuse-moi, je contemple ta demeure.
-Vous me flatter mon cher ! Allez va poser ton sac je vais nous servir un truc à boire.
Je le trouve beaucoup plus détendu depuis que nous ne sommes plus au lycée. Il est plus agréable. Je ne cache pas que c'était avec lui que j'avais le moins d'affinités au début mais maintenant je pense que c'est celui que j'apprécie le plus. Nous avons beaucoup parlé sur internet depuis la fin de l'année, il s'est aussi pas mal confié. Ce qui me fait penser à une chose que je voulais lui demander lors de sa soirée.
Je pose mon sac et rejoins Gaara dans sa cuisine. Il est en train de sortir deux sodas du frigo. Je m'assois à la petite table et ouvre ma canette. Nous trinquons et il prend place face à moi.
-Tu ne t'ennuies pas ici tout seul ?
-Mmmh… non ! Je suis tranquille ! Même si bon des fois vous me manquez, c'était bien aussi quand on était tous ensemble à l'internat.
-Oui c'est vrai c'était bien…
Je repense à cette époque où tout était plus simple. Cette époque où j'étais avec Sai… Les larmes me montent aux yeux et Gaara le voit bien alors il change de sujet. Il me demande comment s'est passé mon séjour chez mes grands-parents. Je lui raconte volontiers à quel point je suis un gros nul en tant que fermier et que je ne pourrais jamais reprendre la suite de mon pépé.
-Tu voudras venir un jour ? Le petit Prince à la ferme !
-Non merci ! Mais c'est gentil de proposer. Et puis il est pas commode ton grand-père d'après ce que j'ai entendu dire.
Il déglutit et ne dit plus rien. Je me doute bien que c'est Sai qui avait dû lui dire. Je change à mon tour de sujet avant que ça ne devienne un peu plus gênant.
-En parlant de famille, je voulais te demander un truc. La dernière fois, quand tu es venu à Tokyo, j'ai eu l'impression que tu ne t'entendais pas tellement avec ton oncle.
-J'ai pas très envie d'en parler.
Finalement un silence bien gênant s'installe. Je tapote sur la table avec mon index et n'ose pas regarder Gaara. Je finis par relever mon regard et le vois, les yeux au loin, perdu dans ses pensées. Je me racle la gorge et touche sa main du bout des doigts pour attirer son attention.
-Pardon ? Tu disais ?
-Rien. Ça te dirait d'aller faire un tour en ville ?
-Oui si tu veux.
On sort donc faire une petite ballade en ville. Rien n'a changé depuis six mois, c'est calme ici. Un peu comme chez moi mais la ville est plus jolie je trouve. Ça me fait bizarre quand même de me retrouver seul à seul avec Gaara. Il n'est pas très bavard et puis j'ai peur qu'il se sente mal à l'aise avec moi. Je n'ai toujours pas oublié qu'il était homophobe quand on l'a connu.
On marche encore un peu puis Gaara me demande si je veux rentrer. Il a faim et moi aussi, je n'ai pas mangé depuis ce matin. En rentrant je l'aide à préparer notre dîner, on va manger une pizza maison. Ca me fait tout drôle de faire à manger avec quelqu'un d'autre de mon âge, et un garçon en plus. Ça me rappelle quand je vivais avec Sai…
Je pousse un soupir. Décidément je ramène toujours tout à lui. Il faut que je me le sorte de la tête ! Je ne demande pas à Gaara pour la lettre ou son numéro qui a changé, je dois grandir et l'oublier. Et puis je ne veux pas gâcher mes vacances.
La soirée passe tranquillement, on se mange notre pizza devant un DVD et on reste pratiquement toute la nuit à jouer à la console.
Le lendemain on se réveille en début d'après-midi, ça me change de la ferme où j'étais déjà en train de travailler depuis longtemps à cette heure-ci. Gaara a apparemment l'habitude de se lever vers midi, enfin c'est ce qu'il me dit. Je sais pas ce qu'on va faire aujourd'hui, pas grand-chose j'espère, je n'ai pas trop envie de bouger.
Et ça tombe bien parce que Gaara non plus n'a pas envie de sortir. On reste à papoter de tout et de rien dans son salon, à regarder la télé et jouer à la console. Gaara en a plusieurs et a beaucoup de jeux donc on ne s'ennuie pas.
On a décidé se coucher pas trop tard ce soir parce que demain on va passer à l'internat dire bonjour à Sarutobi-sensei. Ça va me faire plaisir de le revoir, de revoir les bâtiments qui nous ont vu pendant trois ans, j'espère qu'on pourra aussi aller saluer un ou deux professeurs.
Dans la soirée on s'est fait livrer des plats mexicains, j'avais jamais goûté, c'est plutôt bon, très épicé. Je profite que Gaara soit au téléphone pour tout débarrasser, autant ne pas être considéré comme un parasite. Il revient en soupirant et me dit de laisser, qu'il va tout ranger.
-Non, non. Toi, tu t'assoies je vais finir. C'était qui ? Au téléphone.
-M-Mon père. Il est chiant en ce moment. Il voudrait que je revienne à Suna. Mais je veux pas vivre comme lui en plein désert et avoir je sais pas combien de femmes !
-Ah bon ? J'aurais pensé que ça t'aurait plus d'avoir un harem.
Je ris doucement, me moquant un peu, mais ça n'a pas l'air de le faire rire alors j'arrête et vais m'assoir à côté de lui. Il croise ses bras sur la table et pose sa tête dessus puis il la tourne vers moi.
-Et puis je veux pas vivre avec Yashamaru.
Je ne dis rien, s'il veut me parler du problème avec son oncle il le fera.
-Comme tu l'as constaté il ne m'aime pas beaucoup. Pas du tout en fait.
-C'est à ce point ?
-Oui, il me rend responsable de la mort de ma mère. C'est son frère. Ma mère est morte en me mettant au monde donc il pense que c'est moi qui l'ai tuée. Je l'ai longtemps pensé moi aussi. Mais Temari m'a avoué un jour que maman était très malade quand elle est tombée enceinte de moi, elle avait la possibilité d'avorter mais elle n'a pas voulu. Mon père lui en voulait de le laisser avec trois jeunes enfants, mais apparemment il est tombé fou de moi en me voyant. Je suis son préféré à ce qu'il parait mais… Mais il ne me l'a jamais montré.
-Et pour ton oncle ? Il n'a pas essayé de comprendre ?
-Non. Quand j'avais cinq ans, Yashamaru a essayé de me tuer. C'est notre nounou qui l'a trouvé un oreiller sur mon visage entrain de m'étouffer. L'affaire a été « étouffée », c'est le cas de le dire… Et notre nounou a été viré, Yashamaru sait jouer sur la corde sensible avec mon père ! « Comment peux-tu croire que je ferais du mal à cet enfant ? Il ressemble tellement à Karura ! » Tu parles ! Mon père ne fait rien contre lui, le seul qui ose vraiment dire quelque chose c'est Kankuro.
Il se tait et se redresse, les coudes sur la table et la tête entre les mains. Je vois ses épaules tressauter alors je les entoure de mes bras et l'attire contre moi. Il essaie de me repousser mais je lui dis qu'il peut pleurer, ça lui fera du bien.
Il pleure à gros sanglots contre mon épaule, s'accrochant à mon t-shirt comme un fou. Je le resserre contre moi, lui caressant gentiment le dos. Je n'aurais jamais pensé que Gaara puisse avoir une enfance aussi douloureuse, c'est peut-être aussi pour ça qu'il était en internat en fait. Mais je ne vais pas lui demander, je ne dis rien en dehors de quelques paroles qui se veulent réconfortantes.
Il met de nombreuses minutes à se calmer et va finalement se coucher. Je fais de même de mon côté mais ne trouve pas le sommeil.
C'était bizarre comme scène. J'ai toujours vu Gaara comme quelqu'un de fort, de peut-être un peu trop hautain et là il était si fragile entre mes bras à pleurer. Il ne nous a jamais montré ses faiblesses, à part la fois où il nous a parlé de son problème d'éjaculation.
Je repense à son corps entre mes mains, Gaara n'a jamais été proche de nous, physiquement parlant. Je l'avais déjà remarqué mais il est musclé, fin mais musclé. Ça fait longtemps que je n'avais pas eu quelqu'un contre moi. Ce peu de chaleur humaine réchauffe mon corps et ma main droite se glisse sous la couette jusqu'à mon entre-jambe.
Je ne sais même pas si j'ai pensé à Gaara, Sai ou un autre pendant que je me caressais hier soir, mais ça faisait longtemps que ce n'était pas arrivé. Depuis l'histoire avec Sai je n'avais pas vraiment envie de quoi que ce soit.
Gaara est déjà debout quand je sors de la salle de bain, je pensais que j'aurais le droit d'aller le réveiller vu que c'est un lève-tard. Il me tend un mug de thé et je vais dans le salon à sa suite. On s'assoie sur le canapé et il allume la télé.
-Désolé pour hier soir, j'ai craqué.
-Pas grave, ça arrive à tout le monde.
-Merci.
Vers treize heures nous partons pour notre ancien lycée. J'ai convaincu Gara d'y aller en train, comme avant quand on allait en ville. Ça n'a pas été très dur, il pense avoir une dette envers moi depuis hier soir. Il a un peu de problèmes avec certains concepts d'amitié.
Nous arrivons une demi-heure plus tard devant la grande grille de l'établissement. Cela fait six mois que nous l'avons passée mais j'ai l'impression que ça fait des années. Nous apercevons Tazuna, le vieux gardien. Gaara le hèle et il vient vers nous, il nous reconnaît de suite et nous ouvre la grille.
Il nous laisse aller de nous-mêmes jusqu'au bâtiment administratif, nous connaissons le chemin. Nous saluons plusieurs personnes en arrivant dans le bâtiment et demandons à la secrétaire du principal s'il peut nous recevoir. Nous lui demandons également de ne pas dire à Sarutobi-sensei qui nous sommes, on veut lui faire la surprise. Elle nous laisse quelques minutes et nous dit qu'il est prêt à nous recevoir.
Je pénètre en premier dans le bureau et notre ancien principal se lève de son siège sous la surprise.
-Et bien ça alors ! Nara Shikamaru et Sabaku no Gaara ! Asseyez-vous mes enfants.
-Bonjour Sarutobi-sensei.
-Je ne m'attendais franchement pas à vous revoir un jour ! Comment allez-vous ? Et que faites-vous là ?
Je laisse Gaara parler, ça a l'air de lui faire plaisir qu'il se souvienne aussi de lui, ce n'était pas un très bon élève.
-J'habite à Konoha depuis quelques mois et Shikamaru est venu me rendre visite quelques jours. On s'est dit que ça serait une bonne idée de venir vous voir.
-Bien, bien, bien. Alors que devenez-vous ?
-Et bien je vis tranquillement, vous devez savoir que j'ai les moyens.
-Effectivement. Et toi mon garçon ?
Il s'est tourné vers moi. Que dire ?
-J'ai vécu quelques mois à Tokyo où j'ai travaillé dans un magasin de disques et puis je suis retourné chez mes parents il y a deux mois.
-Et il a travaillé dans une ferme !
-Dans une ferme ?
-Oui. Mes grands-parents élèvent des cerfs Mais je ne pense pas que j'en ferais ma vie.
Il me sourit, disant comprendre.
-Et comment vont les autres de votre petite troupe ?
Nous lui racontons ce que font les autres. Je laisse Gaara dire pour Sai, Sarutobi-sensei ne dit rien concernant le couple que l'on formait à l'époque du lycée. Il a dû comprendre tout seul.
Il nous parle à son tour de nos différents professeurs, de la vie dans l'internat, de petits suivant nos traces, ce qui ne le réjouit pas tellement.
-Nous manquons de surveillant en ce moment… si cela t'intéresse Gaara, ou même toi Shikamaru !
Gaara lui répond du tac au tac que non, il ne saurait gérer des cas comme nous avons pu l'être ! Mais il affirme que je ferais un très bon surveillant. Gaara, sale traître !
-Je vais y réfléchir mais très franchement je ne vous promets rien, sensei.
C'est vrai, je vais y penser. Si je ne trouve pas de travail, je viendrais ici. Nourri, logé, juste à surveiller des sales mômes dont je connais sûrement toutes les combines… ça pourrait le faire.
Nous repartons en fin d'après-midi et allons mangez au Black Butterfly. Gaara a pris l'habitude d'aller là-bas, même si Ino n'y travaille plus. Je pensais que ça ne me ferait rien de venir dans ce restaurant mais je me sens mal une fois assis. On est souvent venu ici avec Sai. J'ai plein de souvenirs qui me reviennent en tête.
Mon ami ne remarque rien et n'y pense même pas je crois, lui il assimile cet endroit à sa future petite amie.
J'ai la tête qui tourne. J'essaie de faire passer en me massant les tempes et ça finit par passer après quelques minutes. Pour une fois Gaara va faire la conversation pour deux, je ne sais pas ce qu'il a à être si enjoué d'un coup. C'est peut-être le lieu, je ne sais pas.
Il me propose une partie de jeu de combat sur la console en rentrant mais je décline poliment, mon mal de crâne étant revenu. Je l'en informe et il me dit de prendre un médicament et d'aller m'allonger. Je vais prendre de l'aspirine et me couche tout habillé, ça tourne autour de moi.
Quand je me réveille le jeudi matin je n'ai plus mal à la tête mais je me sens vaseux. Je m'assoie dans le lit et la couette retombe sur mes jambes. Je passe ma main sur mon torse pour me gratter le pectoral gauche puis m'étirer. Je reste bloqué les bras en l'air et baisse les yeux sur mon torse, je suis torse nu ! Je soulève la couette et constate que je suis en boxer. Je me passe une main dans les cheveux, ils sont détachés. Je ne comprends plus rien, je n'ai pas le souvenir de m'être déshabillé hier soir.
Je me rallonge. Gaara m'aurait déshabillé et mis au lit ? Non c'est impossible, je vois mal Gaara faire des choses pour quelqu'un d'autre que lui. Seulement… Je dors les cheveux attachés, alors à moins que j'ai eu trop mal à la tête, je n'aurais pas enlevé l'élastique qui les retient. De toute façon je n'ai qu'à lui demander.
Je cherche mon jean des yeux et le vois sur la commode avec toutes mes affaires. Je pense de plus en plus qu'il s'agit de Gaara car les affaires sont justes posées en tas. J'enfile mon pantalon et sors de la chambre. Je passe le couloir, vérifie que Gaara n'est pas dans le salon ou la cuisine déjà debout mais rien. Je frappe doucement à la porte de sa chambre et ouvre, il dort encore. Je le laisse dormir et vais prendre ma douche.
Il est toujours endormi quand je sors de celle-ci, alors je décide d'aller me rallonger un peu pour passer le temps. Je branche mon MP3 et me tourne sur le côté. Finalement je me rendors.
Je crois entendre vaguement la porte de la chambre s'ouvrir mais je suis encore très endormi et j'ai du mal à distinguer le rêve dans lequel je suis et la réalité. Dans mon rêve, comme souvent depuis des semaines Sai est encore avec moi, rien n'est allé de travers, nous sommes dans notre nouvel appartement, sur notre lit et il m'embrasse.
Il ne m'embrasse que du bout des lèvres mais j'en veux plus, je passe ma main dans ses cheveux pour le garder près de moi et passer ma langue sur ses lèvres. Sa langue vient trouver timidement la mienne puis m'embrasse à pleine bouche.
Ma main glisse dans son cou puis sur son torse, descendant un peu plus dans l'ambition de venir toucher sa peau. Mais il m'arrête et pose ma main directement sur son bas-ventre, il est tout aussi excité que moi. Sa main tient la mienne et il va se frotter contre celle-ci. Il arrête de m'embrasser pour pouvoir respirer correctement et ses soupirs de bien-être commencent à raisonner à mon oreille.
J'aimerais le rapprocher de moi mais comme je suis allongé sur le côté mon bras droit est coincé sous mon corps. Je l'appelle doucement pour qu'il stoppe de se faire plaisir seul et qu'il me fasse un peu participer.
-Sai ?
-Aah… O-oublie le… hnn...
Ses mouvements de bassin s'accélèrent contre ma main et j'ouvre les yeux lentement sous le choc, je me suis réveillé en m'entendant parler à voix haute. Je suis choqué par ce que je vois. Gaara est allongé face à moi, sa main tient fermement mon poignet gauche et se masturbe clairement contre ma main. Je ne peux plus bouger tant je n'y crois pas.
Gaara… le plus hétéro de tous mes amis se sert de moi pour se donner du plaisir, et ce, sans mon consentement ! J'essaie de prendre la parole mais ma voix est trop faible, je m'entends à peine moi-même appeler le prénom de mon ami.
-Gaara ?
-Chut… aahnnn… tais-toi…ça… ahhh… ça… AAAAAAHhhhh.
Ses déhanchements se sont intensifiés, son visage se crispe de plaisir et l'instant d'après tout son corps se relâche alors qu'il pousse un léger gémissement. Je crois qu'il n'a plus de problèmes…
Il lâche ma main et rouvre les yeux à son tour. Il n'ose pas me regarder et se lève en silence. Il sort de la chambre, me laissant seul et perdu. Qu'est-ce qui lui a pris de faire ça?
Je me retourne sur le dos et amène ma main tremblante devant mes yeux. Je ne comprends pas le geste de Gaara. Je suis en colère contre lui pour m'avoir fait ça ! Il a profité de moi ! Mais pourquoi il a fait ça ? J'éteins mon MP3 resté allumé, me lève et vais dans la salle de bain pour me laver les mains. Je ne l'ai touché qu'à travers ses vêtements mais je me sens sale et surtout trahi. Tout ce que je veux c'est comprendre.
Je cherche Gaara dans son appartement mais il n'est pas là. Ses chaussures ne sont plus dans l'entrée, il a donc dû sortir. Je profite de son absence pour manger un petit quelque chose même si je n'ai pas faim. Il fait chier à être parti comme ça !
Je sors un morceau de fromage du frigo que je cale entre deux tranches de pain de mie et vais chercher mon téléphone portable. Il faut que je parle à Gaara. Mais il ne décroche pas ; je décide de lui envoyer un message.
#Reviens s'il te plaît, il faut qu'on parle.#
Il ne me répond pas mais revient une petite demi-heure plus tard, le visage bas, et s'excuse à demi-mot avant de partir vers sa chambre. Sauf que je ne l'entends pas de cette oreille et me lève du canapé où j'étais installé pour le retrouver devant la porte de sa chambre.
-Laisse-moi s'il te plaît. Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça… oublie juste s'il te plaît.
-Non ! Comment tu veux que j'oublie ce que tu m'as fait ? Mais qu'est-ce qui t'a pris de faire ça bordel ? T'es en manque à ce point ? Au point de te branler sur un de tes potes ?
-Ta gueule !
Il se jette sur moi pour me frapper et m'envoie son poing en pleine figure. Je titube jusqu'au mur du couloir et me redresse comme je peux pour lui assener un coup de pied qu'il se prend dans le ventre.
-T'es malade de me frapper ? C'est quoi ton problème ?
-C'est toi mon problème ! Je te dis d'oublier ce qui s'est passé, de ne plus en parler ! Et non je suis pas en manque au point de me taper un mec !
-ALORS C'ÉTAIT QUOI TOUT À L'HEURE DANS LA CHAMBRE ?
Le visage de Gaara est tout rouge et je me demande si c'est de honte, de gêne ou de colère. Peut-être un peu des trois. Moi, en tout cas, je suis bien en colère ! Il m'énerve à ne pas vouloir répondre à mes questions.
Nous sommes comme deux imbéciles, debout dans sa chambre, face à face à nous défier du regard. Le premier qui détournera les yeux aura perdu. Il ne manque plus qu'une musique de western et on s'y croirait presque.
J'allais lâcher l'affaire mais Gaara baisse son regard sur le côté et prend la parole.
-Je voulais savoir ce que ça fait avec un garçon.
Mes yeux et ma bouche se sont ouverts sous la surprise. Finalement je souris et me rapproche de lui, je ne suis même pas à un pas de lui. Son corps tremble légèrement. Je me rapproche encore plus et prends son visage à deux mains pour le relever vers le mien.
-Regarde-moi.
-N-Non.
-Gaara ?
Il relève lentement ses yeux vers moi.
-Shika… qu'est-ce que… ?
-Chuuut… c'est toi qui dis vouloir savoir.
Je me penche vers ses lèvres mais m'arrête à quelques centimètres de celles-ci.
-Tu sais que c'est mal de mentir Gaara… Maintenant dis-moi pourquoi tu m'as fait ça…
Je resserre mes mains dans ses cheveux et le repousse loin de moi en m'énervant.
-Je sais que tu mens ! Tu me l'as dit toi-même il y a à peine cinq minutes : « je suis pas en manque au point de me taper un mec ! ». Ce sont bien tes mots, n'est-ce pas ?
-J'ai… menti… ?
-Non ! T'as pas fait ça parce que t'étais en manque ! Tu l'as fait pour une raison bien particulière et je veux savoir laquelle !
Il soupire et va s'assoir sur son lit en se passant la main dans les cheveux, je crois que j'y suis allez un peu fort. En même temps il l'a bien cherché, je sais bien qu'on me cache quelque chose en rapport avec Sai et je veux savoir ce que c'est et si le geste de Gaara plus tôt y est lié.
-Shika… il faut que tu oublies Sai. Et j'ai pensé que si je… Si je faisais quelque chose avec toi, ça te donnerait peut-être envie de laisser tomber par rapport à lui. Que tu voudrais passer à autre chose.
-Comment ça ? Tu serais prêt à vendre ton âme au diable, ou plutôt me vendre ton hétérosexualité pour que j'oublie Sai ?
Il soupire et se lève pour me faire face. Il a du mal à me regarder droit dans les yeux et il se mord la lèvre inférieure.
-Il faut que je te dise… Il s'est passé quelque chose après que tu sois parti la dernière fois à Tokyo.
A suivre !
Dans le Prochain chapitre :
-Et donc tu as fait quoi après ? Il s'est passé quoi Gaara ? S'il te plaît…
-Oui donc je suis allé vers la chambre de Temari mais ils n'y étaient pas, alors je suis allé dans ma chambre. Naruto et Neji ont essayé de m'en empêcher mais je suis quand même entré. C'est Neji qui a tout de suite refermé la chambre pour pas que j'en voie plus.
