Auteur : Takara-sama
Genre : romance, drama
Disclaimer : faut-il vraiment continuer à le dire ?
Rating : M
J'ai mal…
Chapitre 10
Combien de jours déjà ? Depuis combien de temps était-il parti ? Les gens disent que le malheur n'amène que le bonheur, une fois au fond on ne peut que remonter et toutes ces phrases au goût d'optimisme ambiant qui ne faisait que démontrer la facilité des êtres aux croyances superficielles. L'humain était ainsi fait, il a toujours eu peur de la mort alors qu'a-t-il trouvé pour la combattre ou tout du moins la cacher ? Les religions et leurs Edens respectifs, certains diront qu'il existe un monde après celui des corps, là où la nourriture, chaleur et vie heureuse se profilent jusqu'à l'horizon. D'autres tenteront d'expliquer la résurrection de l'âme ou encore sa réincarnation divers et multiples sur cette bonne vieille Terre.
C'est tellement facile d'utiliser des murs pour montrer le futur, les gens se cachent derrière eux et suivent un même mouvement, pensant au fond d'eux qu'il s'agit du plus juste. Mais une fois l'âme éteinte, une fois que la personne a rendu son dernier souffle de vie, laissant ses yeux vides de toutes émotions, n'est-ce pas simplement la fin ? Ne nous endormons-nous pas tout simplement à jamais ? Ne disparaissons-nous pas ?
Lorsque nous nous endormons, nous ne rêvons pas immédiatement, nous disparaissons quelque peu, la mort n'est-elle pas pareille ? Tant de questions sans réponse juste mais avec tant d'hypocrisie maladive…
Wufei serra un peu plus le dossier de la chaise sous ses doigs, encore une fois toutes sortes de questions maussades et morbides apparaissaient à son esprit. Cela ne lui était jamais arrivé avant ça, avant qu'Heero ne meure. Il avait ses propres croyances ancestrales et devait les garder mais au fond de lui Duo n'avait-il pas raison ? Ou le jeune homme écrivait-il ces lignes chaque soir sur une feuille blanche pour sortir son mal-être et sa peur de ne plus le revoir après ? Il soupira doucement, se penchant vers son ami et le forçant à relâcher le crayon sur cette page remplie de désespoir.
- Duo, ça ne te fait que du mal, lui murmura-t-il doucement.
- Wuffy… Est-ce que je le reverrai ?
Le psychiatre recula un peu, cachant son visage au médecin. Il ne fallait pas qu'il voie sa propre hésitation, ce n'était pas de cela dont il avait besoin à cet instant. Il avait besoin d'aide, il devait continuer à espérer le revoir…
- Que te disais Heero là-dessus ? Demanda-t-il en retour.
Il savait parfaitement l'avis du japonais sur cette question tout comme le natté savait où cherché la réponse.
- Heero était un rêveur…
- C'est agréable de rêver parfois, tu ne crois pas ?
- Si, du moins tant que l'on ne se réveille pas.
- Que t'a-t-il dit sur ça, Duo ?
Les larmes recoulaient le long du visage du docteur, tombant doucement sur la feuille blanche et se mélangeant à l'écriture bleu sombre. Ses yeux fixaient la fenêtre ouverte, dévoilant les arbres en fleurs.
- Il s'imaginait un monde comme ceux de ses peintures, remplis d'arbres et de fleurs aux couleurs plus curieuses les unes que les autres. Il disait que le jour où nous serions séparés…
Duo retourna dans ses souvenirs à cette phrase, se rappelant très bien quand le japonais lui avait dit ces mots.
Le natté et Heero se trouvaient sur le canapé du salon, une boîte de biscuits ouverte à leur côté qu'ils picoraient de temps en temps. Le peintre s'était calé contre le jeune homme, le dos contre son torse et profitait des petits baisers de son petit ami sur sa nuque. Il discutait de leur avenir et de qu'il comptait faire plus tard. Duo s'était figé au bout de quelques instants, cachant son visage contre le cou de son vis-à-vis.
- Duo ?
- Je ne veux pas te perdre… Je ne le supporterais pas…
- Nous ne serons jamais séparés Duo, même si un jour l'un de nous devrait partir plus vite que l'autre, nous serons ensemble.
Il tendit le bras et lui montra un tableau, enlaçant avec son autre main les doigts du médecin.
- Regarde ce tableau, je l'ai peint en pensant à nous, en imaginant notre monde à nous, celui où nous seront après cette vie.
Duo releva la tête et sourit en songeant aux nuits passées à supplier son amant de venir se reposer plutôt que de tenter de finir cette œuvre en une semaine.
- Le jour où nous serons séparés, nous nous attendrons là, auprès des arbres et au côté des fées et des lutins. Si je dois partir avant toi, j'attendrai sur ce tronc d'arbre que tu viennes me rejoindre et tous les jours je pourrai te voir vivre depuis cet endroit et te protéger.
- Moi aussi je t'attendrai Heero, je te le promets…
Wufei attendait la réponse, patientant et caressant doucement le dos son ami. Ce dernier se retourna vers lui, un micro sourire aux lèvres.
- Il m'attend.
- Oui, Duo. Il t'attend, approuva-t-il.
L'américain se leva et se nicha immédiatement dans les bras ouverts du chinois, se serrant avec reconnaissance contre lui.
- Wuffy…
- Hum ?
- Tu sais tu mérites vraiment d'être le plus heureux qui soit.
- Pourquoi donc ?
- Sans toi je serais perdu… Quatre est adorable avec moi et les autres aussi mais tu es le seul qui me comprenne aussi bien…
- Merci.
Il lui releva le visage, haussant un sourcil faussement fâché.
- En cadeau essaie de prononcer mon prénom juste !
Duo ria doucement, se déparant de lui mais gardant dans sa main serrée celle de son ami.
- Tu veux bien m'y emmener ?
- Je ne sais pas si c'est une bonne idée…
- S'il te plaît !!!
« Et voilà qu'il me refait ses yeux doux ! Grrrr, il sait que je n'arrive pas à résister à ça… »
- Bon c'est d'accord.
- Yipiii !!!
Le natté le lâcha et courut en dehors de la pièce pour l'attendre à l'entrée. Le psychiatre soupira pour la forme avant de le rejoindre. Il croyait le voir sautillant vers la porte d'entrée comme à son habitude mais le trouva plutôt vers la cheminée où le tableau en question était mis.
- Il est vraiment très beau, déclara Duo.
- Oui, c'est normal.
- Parce qu'Heero était doué ?
- Oui et non, ce tableau est l'un de ses plus beaux. Tu sais pourquoi ?
- Non.
- Parce qu'il a fait en pensant à vous deux.
Duo se retourna, lui souriant enfin de son sourire habituel et le prit par le bras pour sortir de la maison et se diriger vers un véhicule.
- Dis Duo ?
- Oui, honey.
- Tu crois que l'on sera ensemble encore très longtemps ?
- Je ne crois pas non.
- Oh….
- J'en suis sûr.
Ils arrivèrent devant un cimetière, les deux personnes descendant doucement et s'approchant de l'entrée. Duo s'accrocha instinctivement au bras du chinois, dépassant différentes tombes alignées.
- Tu me le promets ?
- Heero…
- Promets-le moi, tenshi !
- … Je te le promets…
- Merci.
- C'est une promesse cruelle, tu sais…
- Je sais mais je ne veux plus jamais qu'il me touche.
- Heero…
- Et si cela arrive, je t'attendrai.
Les larmes… Combien de fois en avait-il versé ? Pourtant sa douleur était toujours présente, toujours aussi intense et rien ne l'effaçait… Rien ne pourrait jamais l'effacer… Ils approchèrent enfin d'une tombe au marbre gris-bleu, avec gravé à l'intérieur un nom et des dates entourés de fleurs de cerisiers, dorés comme le cœur de la personne qui possède cette tombe.
- Heero, il faut que l'on parle !
- Hn ? Quelque chose ne va pas ?
- Oui !
- …
Duo posa un genou à terre, tenant la main de son petit ami.
- Veux-tu m'épouser ?
Heero haussa un sourcil et frappa doucement le natté sur la tête.
- Baka !
- Ca veut dire non ?
- Bien sûr que si !
- Youpi !
- A une condition.
- Laquelle ?
- On mélange nos deux noms ensemble.
- Je t'aime, honey…
Il effleura du bout des doigts le prénom pendant que le chinois posait des fleurs fraîches, achetées sur le chemin.
- Promets-moi quelque chose, Feifei.
Wufei haussa les sourcils, se demandant ce que pourrait demander l'américain.
- Tu voudras bien lire mon testament ? Questionna-t-il, se retournant vers lui en souriant.
- … Oui…
Yipii !!! J'ai réussi à le faire pour cette semaine. En plus je me suis achetée un tricotin, j'avais encore jamais utilisé…
- Takara super-stressée et racontant n'importe quoi…
Merci pour les reviews, désolée pour les fautes qui sont restées (dois y en avoir beaucoup…). Je mérite un commentaire ?
