Chapitre 10: Entrée dans L'hiver
Tableau 1 : Conversations à la bibliothèque
Fin octobre,
Papa, (tu m'en veux si j'évite le « mon cher petit papa chéri! »?),
Comment allez-vous au square? Ici Poudlard perd ses dernières feuilles d'automne et j'apprends tous les jours à apprécier Potter. Respires papa, respires! C'est une blague. Il est invivable ce mec! Un vrai dérivatif à l'amour. Il me dégoute pour longtemps de potentiels petits amis, tu peux me croire! Il est tellement borné! Te voilà rassuré?
Les cours vont bien et les Serdaigles sont sympas. J'ai rencontré Harmonie: quelle ressemblance! C'est étrange que personne ne l'ai remarqué. Je profite du temps qu'il me reste à faire à Poudlard. Et ne me dis pas que je ne me dévergonde pas assez pour ma dernière année! Je travaille deux fois moins que pour les autres années et j'ai même eu un acceptable au lieu d'un effort exceptionnel avec Rogue. Vous me manquez vivement Noël!
Je t'embrasse affectueusement,
Hermione.
Début novembre,
Mione,
Mais oui tout va bien ici! Tu vas rire mais c'est Lunard qui fait la cuisine depuis que tu es partie. Il faut dire que Tonks a failli la faire brûler donc...et moi je ne sais faire que des pâtes , tu sais les trucs moldus qu'on met à bouillir. Lunard m'a dit que les moldus étaient même obligés de mettre le feu à leur cuisine-hier pour les cuisiner! Ils sont fous ces moldus!
Sinon j'ai réussi à ne pas tuer kreattur ce qui est un miracle, j'espère que tu es fière de ton vieux père! Mais non je n'adhèrerais pas à la SALE. Il ne faut pas pousser l'hypogriffe dans le ravin tout de même!
Et je suis fier de toi! Un acceptable avec Rogue, c'est mieux! Ma chérie j'ai hâte qu'on fête un futur T! Oh! Ne me regarde pas avec ses yeux là (je t'imagine très bien, tu dois être entrain de foudroyer du regard cette pauvre lettre!), tu sais bien qu'en vrai je suis fier de toi! Vivement Noël que tu rentres ma puce, quatre mois c'est trop long, tu nous manques!
Bises,
Sirius.
PS: Je t'interdis de t'approcher de Potter sinon je t'enferme ici jusqu'à tes aspics!
Hermione se décida à ranger la lettre de Sirius, l'ayant déjà lu plusieurs fois. Elle était à la bibliothèque comme à son habitude. On était fin novembre et la fin du premier trimestre arrivait à grand pas avec la kyrielle de devoirs qui la caractérisait. Elle était avec Luna et Neville. Ils chuchotaient à voix basse mais cela agaçait un peu Hermione qui essayait tant bien que mal de se concentrer sur son devoir de potion. Peine perdue, son regard revint à la fenêtre, elle regarda par delà le ciel bleu, poussa un soupir.
Il s'en fallait d'encore un mois avant de rentrer au square! Sirius lui manquait et les Lupin aussi. Pourquoi ce stupide cabot ne lui avait pas proposé le miroir à double sens? Pourquoi avait-elle oublié de le lui demander? Un nouveau piaillement désagréable lui parvint à sa droite. Pour une fois que Potter était à la bibliothèque et pas entrain de traîner dans les cachots à se pavaner et à faire sa loi avec Malefoy!
« Je vais bientôt contacter Cho, la pauvre s'ennuie de moi. »
Et Hermione, elle, s'ennuyait de Sirius et de Remus et Tonks! La rupture de tous liens avec ses parents la faisait se sentir seule...
Le ton de Potter était condescendant, quel vantard! Il n'était pas le seul. Et cette manière de toujours parler de Cho comme un bel objet qui lui appartenait.
Elle s'étonnait de son impatience car jamais ses parents n'avaient laissé un tel vide dans sa vie pendant l'année scolaire. Et Harry qui se réjouissait de rester à Poudlard avec Draco et de ne pas rester avec ces ennuyeux moldus qui l'avaient pourtant préféré à leur propre fils! Draco restait parce que son père avait des choses importantes à régler certes mais Harry avait le choix et pour peu qu'il ait eu un peu d'affection pour ses moldus, il ne se serait pas autant réjoui de rester loin de sa famille! Elle repensa au noël de sa deuxième année quand Draco était resté à Poudlard. Il avait fait remarquer à Harry combien il était seul et sans famille. Les choses avaient changées. Lucius Malefoy n'avait jamais donné le carnet à Ginny. Elle se sentit légèrement mal à l'aise à cette idée. L'impression d'oublier quelque chose de crucial la tirailla un instant puis elle repensa avec envie à l'arrivée de ses vacances de Noël. Elle avait hâte...
« Tu sais comment sont mes parents, Ron, ils ne comprendraient pas que je préfère passer mon noël à Poudlard plutôt que d'être avec eux dans le monde moldu, ajouta une voix excédée un peu plus loi. »
Du pur Ron! Il ne pouvait pas s'empêcher de discuter dans la bibliothèque! Harmonie coupait cours à toutes ses questions mais il était obtus et avait visiblement décidé que sa petite amie devait rester à Poudlard avec lui. Il était d'un égoïsme forcené parfois...heureusement qu'elle n'était pas sortie avec lui!
Harmonie et le monde moldu...et elle, de quel monde faisait-elle partie, celui des moldus ou celui des sorciers? Certes elle n'avait plus de lien avec le monde moldu. Elle avait perdue ses amie moldues et maintenant ses parents, auprès de qui Harmonie avait pris la place qui était auparavant sienne. Même pour les autres elle était devenue une sang pure. Mais elle connaissait les moldus mieux que quiconque. Les chansons, les livres qu'elle aimait étaient moldus! Et elle cuisinait sans magie! Elle croyait en la science! Tout jusqu'à son enfance avait été moldu. Elle devait se rendre à l'évidence, elle avait perdu sa famille.
Heureusement elle avait Sirius. Le drôle, l'inimitable Sirius! Quel père, mais elle n'en choisirait d'autre pour rien au monde. Une famille qu'elle s'était construite en quelque sorte. Un foyer qu'elle attendait de retrouver. Elle frissonna de bonheur en s'imaginant l'étreinte qui viendrait avec leurs retrouvailles, puis secoua la tête étonnée d'une telle vision. Plus qu'un mois...en attendant c'était son rêve d'hiver.
Un peu plus en accord avec elle même après cette petite méditation intérieure, elle se sentait enfin prête à se concentrer de nouveau. En faisant un dernier tour d'horizon, elle croise le regard interrogateur de Ron. Que lui voulait-il ? Elle n'en savait rien mais ce qui était certain, c'est que cela pouvait attendre un autre jour. Elle avait du travail.
