Chapitre 11
Lilo était toujours dans les bras de Molly, pleurant toutes les larmes de son corps. John les rejoignit et s'assit à sa place.
- Je suis désolé, fit-il avec un geste d'impuissance. Mais… trois sacs ont percé en même temps, par la pression de… Enfin bon, elle n'a pas survécu, fit-il en baissant le regard sur ses mains, ne voulant pas ajouter du chagrin à Lilo.
Sherlock n'avait toujours pas bougé, il était vraiment très fatigué et une mauvaise nouvelle de plus venait entacher cette enquête. Il passa ses mains sur ses yeux fatigué et il vit Lestrade rentrer dans le hall. L'inspecteur était sorti pour téléphoner, et maintenant, il s'avançait vers eux. Il soupira en voyant la petite en train de pleurer. Pas besoin de lui expliquer, il avait compris ce qu'il venait de se passer.
- Le chirurgien a réussi à récupérer la clé USB, mais je pense qu'elle est en mauvaise état, leur appris John. Elle baignait dans la poudre et le sang, plus le liquide des intestins.
John en releva la tête vers Sherlock, qui lui prêta un peu d'attention, tout en continuant d'ignorer l'inspecteur.
- Ok, merci John ! dit Sherlock en sortant son portable qui vibrait dans sa poche intérieure. Je vais voir si je peux en tirer quelque chose. (Il consulta le message). Mon frère nous attend à Baker Street !
- Et le plan ? demanda prestement Lestrade, qui tentait de capter l'attention du détective, avant que ce dernier ne file en coup de vent.
- On peut voir ça à Baker Street ? lui répondit-il, se moquant bien de l'emploi du temps de Lestrade. Je suis sûr que cela ne posera pas de problème, non ? Vous venez. Molly ?
Molly se leva, portant la petite dans ses bras. On ne l'entendait plus pleurer. Elle essuya les larmes sur son visage et posa sa tête sur l'épaule de Molly.
Ils sortirent de l'hôpital et prirent un taxi : John partit avec Lestrade et Sherlock, Molly et Lilo prirent possession d'un autre.
Arrivés à Baker Street, Molly lâcha la main de Lilo qui couru voir Madame Hudson. Sherlock trouva son frère dans son fauteuil, avec son violon dans les mains. Il s'installa sur le bras du fauteuil, arrachant son violon des mains de son frère.
Lestrade trouva une chaise, John s'assit dans son fauteuil et Molly posa ses fesses sur le bras du fauteuil de John, en croisant les bras.
Lestrade toussa un peu, face à la bagarre mentale des deux frères, qui s'envoyaient des éclairs foudroyant du regard. Le cadet ne devait pas aimer que son frère entre dans leur appart comme s'il possédait tout le bâtiment. Parfois, il lui donnait l'air d'un monarque des temps jadis : une sorte de Dieu tout puissant !
- Bien, tout d'abord je pense que tout le monde est au courant du décès de la sœur de la petite ?
- Naturellement, répondit Mycroft en tentant de poser son bras sur l'accoudoir où était assis Sherlock, mais sans succès.
- Mais comment est ce que… ? s'exclama John, étonné de la rapidité à laquelle Mycroft pouvait être au courant des évènements.
Les deux frères le regardèrent en même temps :
- Oh, laissez tomber !fit il.
- En ce qui concerne Sherlock et… ? demanda Lestrade, laissant la fin de sa phrase en suspens, en se tournant vers Molly.
- Appelez-moi Molly, qu'on gagne notre temps ! dit-elle, les bras toujours croisés.
Sherlock ricana, tout en caressant les cordes de son violon, toujours bousculé par son frère, qui tentait de reposer son bras, mais peine perdue, son cadet défendait son territoire.
- Bien, fit Lestrade, en frappant dans ses mains. Vous deux, vous vous présenterez au Yard, demain matin. On vous emmènera dans votre nouvel appartement. Je vous conseille de prendre autant de vêtements que vous pouvez, parce que, une fois là-bas, il vous sera difficile de revenir chez vous. L'appartement se situe en plein cœur du quartier des affaires.
- Heu… Juste une question, demanda Molly, hésitante. Pardon si elle est idiote, mais… Pourquoi devons-nous vivre ensemble ?
- Vous êtes sensés être un couple d'actionnaire parmi les autre, il y aura sûrement des dîners d'affaire. Vous y serez invité, mais vous inviterez aussi, lui expliqua Lestrade, sous les soupirs à fendre l'âme de Sherlock.
- Mon pauvre frère, fit Mycroft avec un faux air compatissant. Tu vas devoir te plier aux convenances de la société des finances. Tu as intérêt à bien apprendre ta leçon, sinon, cela te sera fatal !
Mycroft regardait, d'un air sournois, son frère cadet, qui faisait tout pour lui faire abandonner le fauteuil.
- En parlant de la formation, poursuivit l'inspecteur, un ordinateur vous sera remis à chacun. Il vous servira pour votre nouveau boulot. Dans sa mémoire, il y aura tout ce qui concerne la formation spécifique à vos métiers respectifs : Sherlock vous êtes l'entrepreneur et votre… Employons le terme « pseudo épouse », est votre conseillère, donc les formations sont différentes. Vous êtes, tous deux, actionnaires de la société. Vous disposerez de trois jours ensemble pour vous acclimater à la vie… à deux et pour vous former. Ah oui, j'oubliais ! Des costumes vous seront prêtés ! Sherlock, je compte sur vous pour vous plier au style vestimentaire d'un homme d'affaire !
- Je n'ai pas trop le choix, Lestrade, rétorqua Sherlock.
- Bien, mais… Que doit-on faire, exactement ? demanda Molly.
- Vous serez chargé de récupérer les informations que devaient nous donner nos sept cadavres. Plus précisément, quelles informations l'entreprise a piraté, les détruire, si possible, et découvrir comment ils font. Vous jouez les taupes, en quelque sorte, leur expliqua Mycroft comme s'il s'agissait d'un scénario de film.
- C'est bien joli, votre jeu, mais moi, je traque le meurtrier de mes sept cadavres, Mycroft ! dit Sherlock, passablement énervé, à cause de son manque de sommeil. Je ne suis pas à ton service, pour recoller les morceaux, conséquent d'une fuite d'information, au sein des services secret ! On s'éloigne de l'enquête !
- Pas du tout, cher frère ! rétorqua Mycroft, sur le même ton que son cadet, tout en ajoutant une pointe d'acidité, pour insister sur le fait que son frère se trompait. Votre meurtrier se trouve parmi ces actionnaires, ne l'oublie pas... Tu as bien ton enquête à mener là-dessus. Mais il faut que tu entres dans leur monde, pour arriver à enquêter sur eux. Si les sept personnes ont été tuées, c'est parce qu'elles faisaient, moyennant une bonne prime, le même métier que vous aller faire demain : la taupe !
Sherlock se renfrogna, mécontent que Mycroft l'ait descendu devant les autres.
- Bien, je pense que tout à été dit, annonça Lestrade en se levant de sa chaise. Je vous attends demain, sans faute, à huit heures précises, au Yard. Ne soyez pas en retard ! Mademoiselle ? Je vous raccompagne chez vous ?
- Merci, c'est bien gentil ! lui répondit Molly, qui se leva du fauteuil pour le suivre. À demain, tout le monde !
- À demain Molly, répondit John à la place de Sherlock, bien trop absorbé par les cordes de son violon.
Si Lilo avait été présente dans la pièce, elle n'aurait pas manqué d'ajouter du bleu à son dessin.
- Bonne soirée, mademoiselle ! répondit Mycroft, toujours aussi poli.
Enfin, ce n'était pas difficile d'être plus poli et courtois que Sherlock.
Molly sortit de l'appartement avec Lestrade, suivi de John, qui les accompagna jusqu'en bas des escaliers. Les frère Holmes restèrent un moment silencieux et Mycroft prit la parole :
- Comment va la petite, Sherlock ? demanda-t-il à son cadet, toujours en train de triturer les cordes de son violon.
- Anéantie, comme tu peux le deviner, répondit-il, sans quitter son violon du regard. Je compte sur toi pour la prendre en charge. Si j'ai survécu à sa présence envahissante, cela devrait être à ta porté, ou du moins, à celle d'Anthéa !
- Tu sais bien que je n'aurai pas beaucoup de temps à accorder à cette petite, avec mon travail, répondit Mycroft qui avait abandonné l'idée de reposer son bras sur l'accoudoir. Mais je ferai de mon mieux pour ne pas la laisser seule.
- Elle est très calme, commença John qui était de retour. Des feuilles et des crayons de couleur et on ne l'entend plus ! Bon, sauf pour Sherlock... Il faut dire qu'elle lui a posé un nombre record de questions. Mais ce n'est pas une enfant compliquée, en plus, avec ce qui vient de se passer…
- Nous verrons cela, fit Mycroft en hochant la tête. Je la prends ce soir, Sherlock. Quant à toi, tâche d'être gentil avec Molly, essaie d'être…
- Je sais ! s'énerva Sherlock. Je sais tout cela, Mycroft !
- Si je dis cela, c'est parce que vous allez devoir passer pour un couple, lança insidieusement l'aîné des Holmes. Outre le fait de prendre la main, je parle de vous comporter comme un vrai couple ! Votre couverture doit être parfaite ! Et cela ne fonctionnera pas si tu ne fais pas des concessions, et que tu ne mets pas de l'eau dans ton vin ! Tu as un caractère de cochon asocial, Sherlock.
- Mycroft s'il te plaît ! fit-il cassant.
- Voilà, fit Mycroft, prenant John comme témoin. C'est exactement de ce dont je voulais parler...
- Bonsoir ! lui dit-il avec une voix froide, en désignant la porte. Et n'oublie pas Lilo, en passant ! Et surtout, fait attention à elle !
- Tu peux me faire confiance, Sherlock ! Autre chose : dors ce soir ! Tu es fatigué, ce n'est pas bon pour l'enquête ! Bonsoir, Sherlock !
- Bonsoir Maman Mycroft ! fit son cadet, d'une petite voix d'enfant, se moquant ouvertement de son aîné, trop « frère-poule » à son goût.
Son frère sortit du salon, digne, un sourire aux lèvres. Son petit frère ne changerait-il donc jamais ? Il passa par la cuisine, où se trouvait Lilo qui dessinait, il s'approcha d'elle, regardant le dessin qu'elle venait de faire. Elle le regarda droit dans les yeux, ce demandant ce qu'il lui voulait.
- Tu te souviens de moi ? lui demanda t-il d'une voix douce.
- Oui, tu es son grand frère ! répondit Lilo. Celui qui a toujours un parapluie en main.
- À partir de maintenant, c'est à moi de m'occuper de toi ! lui dit-il, sans relever l'allusion au parapluie. Est-ce que tu veux bien me suivre ?
- Est-ce que je reverrai Sherlock ? demanda t'elle, avec la crainte de ne plus revoir le détective qu'elle devait discipliner très fort.
- Bien sûr, la rassura Mycroft. Mon frère et Molly vont se faire passer pour les employeurs de ta... Hum, de tes amis, pour pouvoir punir les assassins. Donc, je dois te garder, en attendant. Tu es d'accord ?
- Oui, j'ai entendu dire qu'ils vont se faire passer pour des amoureux ? lui demanda-t-elle avec un curieux petit sourire.
- C'est ça, fit Mycroft, ne sachant pas s'il devait grincer des dents ou sourire, en imaginant son frère devant jouer au compagnon de Molly. Un couple...
Sa voix descendit crescendo en prononçant le mot « couple », se finissant par un sourire forcé.
- Est-ce qu'ils devront se faire des bisous ? demanda la petite, tout sourire.
- Tu es mignonne ! fit Mycroft, se forçant à sourire. On verra bien ! Tu viens ?
Lilo rangea ses affaires dans un petit sac à dos et lui donna la main pour descendre les marches du logement.
OoO
Le lendemain matin, John accompagna Sherlock au Yard, où ils retrouvèrent Molly. Lestrade s'avança vers eux, leur tandis à chacun une pochette, contenant un petit ordinateur portable, et ils donnèrent leur mensurations pour les costumes.
- Allez, suivez-moi maintenant, les enjoignit Lestrade.
- Bon courage, Molly ! fit John, qui les accompagna sur le trottoir. Et ne vous entretuez pas !
Ils partirent avec Lestrade dans un taxi, direction le quartier des affaires. Le taxi se gara devant un immeuble très chic et ils descendirent. Molly leva la tête pour admirer la hauteur du bâtiment.
- Waw, j'ai hâte de voir l'appartement ! s'exclama Molly, toujours la tête en l'air.
- Je me fiche bien de l'apparence du squat que l'on aura pour les prochains jours ! ronchonna Sherlock, ne comprenant que l'on puisse s'extasier sur une tour de pierre. Ce qui compte, c'est l'enquête !
- Des squats comme ça, j'en veux bien tous les jours ! répondit Molly pour essayer de le dérider un peu.
Ils entrèrent dans l'immeuble, Lestrade leur donna les clés et les suivit vers l'ascenseur.
- C'est au troisième étage ! indiqua Lestrade à Sherlock, alors qu'il prenait l'ascenseur portant le numéro 3.
- C'est assez mémotechnique, dit Molly qui regardait les étages se succéder dans l'ascenseur. Nous serons à l'étage numéro 3, nous prenons l'ascenseur numéro 3. Serions-nous logé au numéro 3 aussi ?
- Comment l'avez-vous deviné ? fit Lestrade étonné.
Sherlock soupira en levant les yeux au ciel.
- Vous êtes tellement prévisible, Lestrade ! lui répondit-il.
Arriver au troisième étage, ils trouvèrent l'appartement numéro 3 et Sherlock ouvrit la porte de ce qui serait leur quartier général pour les prochains jours. Un bel appartement, plutôt chic, s'ouvrait sous leurs yeux. Les murs blancs étaient agrémentés de quelques cadres, représentant des paysages. Il y avait un salon pourvu de fauteuils en cuir et d'un grand canapé, une salle à manger assez spacieuse, une table avec quatre chaises, sans oublier un écran plasma, d'une grandeur ahurissante pour Molly, qui n'en avait jamais vu de pareil. Molly posa son sac dans l'entrée et commença à faire le tour du propriétaire, tandis que Lestrade donnait les dernières instructions.
- Bien, voici vos papiers d'identités à chacun, et voici vos passes, pour accéder sur votre lieu de travail, sans oublier les deux téléphones portables pour nous joindre. N'utilisez surtout pas les votre ! Faites-vous le plus discret possible et soyez prudent !
- Bien sûr ! ironisa-t-il. Quel malheur ça serait pour vous, et vos enquêtes futures, si je venais à disparaître ! Qui les résoudrait ?
Lestrade soupira, ne préférant pas répondre à la pique que Sherlock venait de lui lancer et prit congé d'eux
- WAW ! cria Molly de l'autre bout de l'appartement. La salle de bain ! Oh, oh, oh, mais quelle merveille !
Sherlock sourit en secouant la tête. Pourquoi la salle de bain était la première pièce que les femmes visitaient ? Lui il s'en fichait un peu, une salle de bain, c'était une salle de bain. Il demandait juste qu'elle soit pourvue du minimum pour lui permette de se laver, et puis c'était tout. Il déambula dans l'appartement, le découvrant petit à petit.
Tournant une poignée de porte, il arriva dans une chambre assez simple : une penderie pour ranger les affaires et... Un seul lit de deux places. Il fronça les sourcils devant cette découverte pour le moins perturbante.
Une seule chambre avec un lit pour deux personnes ? Non, pas possible !
Molly revint vers lui, toute émoustillée par la visite de la salle de bain. Elle le découvrit dans l'embrasure de la chambre, le regard braqué sur le grand lit, comme s'il y avait découvert un nid de scorpions.
- Nous serons dans la même chambre, apparemment ! lui annonça-t-elle en découvrant, elle aussi, le grand lit.
- Il n'y a pas… ? commença Sherlock, toujours abasourdi par sa découverte. Enfin, un autre lit ? se reprit-il. Un jumeau... Deux lits séparés ?
- Pour un couple, ça ferait suspect, non ? lui répondit-elle en lui faisant une petite grimace.
- Une chambre d'amis, alors ? tenta Sherlock en dernier recours, sans trop y croire.
- C'est un appartement, pas une maison ! lui dit-elle, amusée de sa consternation. Ne vous inquiétez pas, je ne prends pas beaucoup de place.
- Ne devrait-on pas… se tutoyer, à partir de maintenant ? lui proposa-t-il, conscient que cela risquait de faire louche si les autres les entendaient se vouvoyer.
- Ah, oui, c'est vrai ! Désolée, je n'y avais pas pensé, dit-elle en regardant ses pieds.
- Bon, fit-il, pour changer de discussion. Qu'est-ce qu'elle a de si chouette, cette salle de bain ?
- Elle est géniale, fit-elle d'un air excité, avec des pétillements dans les yeux. Nous avons un mini spa ! Et une douche !
- Heu… Spa ? répéta-t-il surpris, cherchant dans sa mémoire ce que cela pouvait bien vouloir dire.
- Ben oui. Un spa ! Qu'est-ce que c'est pour toi, un spa, Sherlock ?
- Alors, un spa ? fit-il tout songeur. S.P.A ? Société protectrice des animaux ? Le circuit de Formule 1 ?
- Mais non ! dit elle en rigolant. Viens voir, je vais te montrer. C'est le rêve de toutes les femmes !
- Super, fit-il faussement joyeux. Alors, ça ne concerne que toi. Vas-y !
Les histoires de femmes, il les laissait aux femmes.
- Viens voir, au lieu de me sortir la « société protectrice des animaux » !
- J'arrive ! soupira-t-il en déposant son sac dans la chambre, et en installant les ordinateurs sur la table basse du salon, au passage.
Molly ouvrit la porte de la salle de bain et tendit le bras pour lui désigner une sorte de jacuzzi d'intérieur. C'était un grand baquet, où quatre personnes auraient pu s'asseoir, pourvu de siège et de tas de petits trous dans le plastique, dont certains lui semblaient très mal placés.
- Voilà, c'est ça, un spa ! fit-elle triomphante. Le genre d'accessoire indispensable à la détente... Je l'ai déjà vu sur le Net, ce modèle là. Je ne te dis pas le prix ! Il t'offre un massage complet au moyen de ses cent dix-huit jets, admirablement bien répartit. Tu peux l'installer dans un espace très réduit. Il possède, en outre, un double massage de la voûte plantaire, pour ravir les plus exigeantes. Ces nombreuses pompes lui permettent de nous faire profiter d'un massage puissant et raffiné...
- Mouais ! fit Sherlock septique. J'ai l'impression que tu as un peu trop étudié leur publicité par coeur, tu viens de me la réciter. Encore deux ou trois modèles étudiés, et tu pourras aller faire vendeuse dans leur show-room. Moi, je ne fais pas trop confiance à cette… chose ! termina Sherlock, méfiant, surtout en inspectant de plus près les fameux jets mal placés.
- Il y a la douche aussi, si tu veux ! dit elle en lui montrant la cage de verre. Là aussi il y a des aménagements super.
- Parfait, l'interrompit-il avant qu'elle ne lui propose à l'achat. Allez viens, on sors de là !
Il la tira par la manche, la faisant sortir de cet endroit, et il referma la porte derrière lui. Molly s'intéressa alors au matériel informatique que Lestrade leur avait donné.
- Ce sont les ordis qui contiennent la formation ? demanda-t-elle en les admirant de plus près.
- Oui, c'est ça, répondit-il méfiant, se demandant si elle allait vanter la performance de leurs processeurs ou les couleurs de leurs cartes graphique, propices aux joueurs en réseau. Nous avons trois jours pour nous former, et… s'acclimater, ou je ne sais quoi. Après, on commence le boulot !
- Trois jours ? répéta-t-elle, le regard dans le vague. Nous resterons enfermé ici ?
- Je suis quelqu'un de très casanier ! lui répondit-il, satisfait de pouvoir rester enfermé, sans voir personne.
- Ça, je l'avais remarqué, dit-elle avec un sourire. Mais… On restera enfermé ?
- Bon, fit-il en levant les bras. On verra si tu veux sortir. Mais pas de truc farfelu !
- Génial !
Il tourna ses beaux yeux vers le canapé.
- Moi, je dormirai dans le sofa ! Tu peux prendre le lit, si tu veux ! Ou bien dormir par terre, si tu le souhaites.
- Mais pourquoi ?
- Je suis habitué à dormir dans un sofa, lui dit-il vivement. Voilà tout !
- Mais un lit, c'est plus confortable, non ? lui dit-elle, un peu déçue de ne pas pouvoir dormir à ses côtés.
- J'y suis habitué, depuis la fac, en fait ! fit-il en haussant les épaules.
- Ton appart d'étudiant n'avait pas de lit ? fit-elle en retenant un rire.
- Si, un clic clac ! Sympa en fauteuil normal, mais atroce pour le dos une fois déplié !
- Je vois, fit-elle. Le matelas aussi épais qu'une feuille de cigarette ?
- C'est ça ! lui confirma-t-il. J'ai donc appris à dormir dans un sofa ! Et cela me convient très bien !
- Très bien ! Tu es contorsionniste aussi, non ? demanda-t-elle en observant le sofa amusée.
- Pourquoi dis- tu ça ?
- Parce que tu dois mesurer environ dans les un mètre quatre-vingt, fit-elle en le toisant de la tête aux pieds, malgré le fait qu'elle l'ait déjà observé très souvent, à la dérobée.
- Quatre-vingt cinq, corrigea-t-il. Oui et alors ?
- Tu as vu la taille du sofa ? lui demanda-t-elle en désignant l'objet de leur discussion. Il est encore plus petit que celui que tu as chez toi. Tu vas tenir en entier là dedans ?
- Heu… Oui, ne t'inquiète pas pour moi, j'en ai vu d'autre !
- Super, fit-elle en haussant les sourcils. Alors moi, toute petite, j'ai un super lit de deux places et toi, la grande perche, tu prends le sofa de mini pouce ! C'est très gentil à toi.
- Hum… De rien ! répondit-il un peu honteux de s'être fait démasquer si facilement. C'est un cadeau de la grande perche !
Il la regarda, souriant, et elle lui rendit son sourire avant de partir admirer la cuisine. Pendant qu'elle explorait, Sherlock s'assit sur le sofa et constata que c'était vrai qu'il était petit, celui-là. Tant pis, il ferait l'affaire. Brancha son ordinateur, il attendit que l'écran s'allume pour voir ce qui les attendait pour la formation.
- On a une poêle à crêpe ! fit la voix de Molly, au fond de la cuisine.
Sherlock fronça les sourcils devant l'ordinateur qui était en train de s'allumer, la fenêtre d'accueil étant déjà visible.
- Et à quoi veux-tu que cela nous serve ? dit Sherlock moqueur.
- Mais enfin, fit-elle. À faire des crêpes ! On peut faire plein de chose avec une poile à crêpe !
- Ah oui ? Que faire avec ce genre de poêle, à part faire des crêpes ? continua-t-il d'ironiser Sherlock, toujours concentré sur l'ordinateur qui lui demandait un mot de passe.
Il prit la petite feuille d'explication dans la pochette et entra le mot de passe indiqué, souriant de la remarque de Molly sur la poêle à crêpe. Que faire d'autre ? À part chasser des cambrioleurs...
- Quand j'avais douze ans, j'ai presque broyé la mâchoire d'un cambrioleur avec une poêle à crêpe ! C'est de la fonte, tu sais.
Sherlock s'arrêta d'un coup de pianoter sur le clavier.
- Fais-moi penser à la ranger dans un endroit sûr, Molly ! dit-il pas très rassuré.
Elle rigola, et reposa la poêle dans son placard.
- Je ne suis pas une brute non plus ! répondit-elle en rigolant.
- Avec ce que m'a fait Lilo avec un tisonnier, je me méfie de tout le monde, maintenant !
Elle fut prise d'un fou rire qu'elle étouffa dans le col de son pull et ouvrit tous les placards pour voir un peu ce qu'ils contenaient.
- Ils ont pensé à faire les courses, le frigo est plein ! s'extasia Molly en ouvrant le frigo.
- Super, je hais les courses ! dit Sherlock, qui entra dans les dossiers de formation ce que l'ordi proposait.
Des pages et des pages de culture générale sur l'économie la finance les entreprises concurrentes, l'histoire de l'entreprise, ses investissements.
Il soupira en pensant à toutes les choses inutiles dont il devait s'encombrer l'esprit. Lui qui ne voulait retenir que les connaissances indispensables à son travail...
Enfin, point de vue « conneries » juste bonne à embouteiller le cerveau, ça ne volait peut-être plus haut que ce qui passait à la télé.
Il cliqua sur un autre dossier, bien décidé à les survoler tous, lorsque quelque chose de doux lui frôla les jambes. Surprit, il leva les mains de l'ordinateur et regarda vers ses jambes. Un petit chat noir aux yeux verts se frottait à lui. Prit de panique, il se leva d'un bon et rejoignit la porte de la cuisine, y entra, puis ressortit, pour voir si le chat était toujours là. Celui-ci était assis dans la même position qu'un sphinx et il regardait Sherlock, surprit, en penchant la tête, puis il miaula.
- Bon sang ! dit il en regardant le chat se lever et avancer vers lui. Mais ? Qu'est-ce que c'est que ça ?
Sherlock resta sur ses gardes, surveillant l'avancée du félin plus noir que la nuit.
- Va t'en ! Aller pshiiiittt ! Retourne là-bas ! Molly ?
- Quoi ? demanda-t-elle, sans même lever les yeux du manuel du lave-vaisselle.
Toute heureuse d'avoir découvert un lave-vaisselle – meilleur ami de la femme – elle étudiait le mode d'emploi, sans prêter attention au manège du détective toujours bloquer à l'entrée de la cuisine derrière elle.
- Il y a… Un chat ! dit-il, paniqué, en le montrant du doigt. Dans le salon !
Molly arriva à sa hauteur et regarda le chat qui déambulait dans le salon de la même manière qu'une panthère noire, dans les forêts tropicales et sombres d'Asie.
- Ah oui, dit elle en haussant les épaule. C'est Satan, mon chat ! Il est gentil, tu sais.
- Ton… chat ? Je ne t'ai pas vu avec un chat, au Yard ! lui débita-t-il à toute vitesse, tout en fouillant dans sa mémoire.
Au Yard, Molly était avec un gros sac de voyage, tout simple, comme lui. Cette observation l'avait même surpris, habitué qu'il était à voir les femmes avec trente-six mille valises.
- Il se trouvait dans mon sac ! Il ne bouge pas, c'est un chat très calme. Je ne pouvais pas le laisser tout seul chez moi, tout de même.
Sherlock maugréa dans ses dents, tout en regardant le chat qui s'était couché, faisant battre le bout de sa queue. Son cousin n'avait rien à lui envier, si ce n'est une taille de plus d'un mètre et un poids d'un peu moins de sept cent kilos.
- Tu as peur des chats ? demanda-t-elle en voyant Sherlock presque se cacher derrière elle.
- Heu… Non, nia-t-il avec force. C'est que… je n'aime pas trop ces… bêtes là !
Il s'était abstenu de préciser « ces sales bêtes là ».
- Tu sais, moi j'ai peur des araignées ! lui avoua-t-elle pour dédramatiser le fait qu'il ait peur d'une plus petite bête que lui. Ce n'est pas grave, si tu as peur des chats ! Mais tu sais, il ne te griffera pas, ce n'est pas son style !
Molly s'avança vers le chat pour le prendre dans les bras et ensuite, elle l'amena vers lui. Sherlock recula de quelques pas.
- C'est bon, je le vois bien ! dit-il en fronçant les sourcils. Pourquoi l'appelles-tu « Satan » ?
- Parce que, quand il était chaton, il faisait beaucoup de bêtises. Mes meubles et mes rideaux s'en souviennent encore ! Mon papier peint, aussi ! Et puis, il était noir, alors ça lui va très bien. Maintenant, il ne fait plus de bêtise. Il est calme.
- Il faut sortir ces choses là ? demanda-t-il, toujours craintif à l'idée de s'approcher du chat et encore plus de devoir faire le tour du bloc avec ce truc au bout d'une laisse.
- Non ! dit elle en le lâchant par terre. Ce n'est pas un chien, rigola-t-elle en imaginant Sherlock en train de promener le chat au bout d'une laisse. Je vais lui installer sa litière, il ne sort pas, c'est un pantouflard. Son but est de ressembler le plus possible à une descente de lit en plein soleil ! En fait, il est comme toi : casanier.
- Je vois... Heu…Tu peux lui dire de ne pas approcher ? demanda-t-il en voyant le chat marcher vers lui.
OoO
Les heures passèrent, Molly et Sherlock prirent leurs marques dans l'appartement et Satan aussi, pour le plus grand malheur de Sherlock.
Le détective entra dans la chambre, pour ranger ses affaires dans la grande penderie. Une fois qu'il eut fini de tout balancer, il referma la porte et vit, dans le reflet du miroir dont la penderie était pourvue, le chat, étendu sur le lit.
- Bon sang ! jura-t-il, incapable de bouger.
Le chat était allongé sur le lit et bougeait la queue, tranquillement, en le regardant.
- Gentil le chat ! fit-il. Tu ne bouges pas ! Surtout pas ! J'ai dit PAS BOUGER !
Le chat avait sauté du lit pour ce frotter contre ses jambes.
- Molly ! dit-il, les mains en l'air, n'osant plus bouger ! C'est ton chat ! Il me grogne dessus, en plus.
Molly arriva et rigola en le voyant appuyé contre la penderie, les bras en l'air, comme un suspect mit en joue par les policiers.
- Il ne te grogne pas dessus, il ronronne, expliqua-t-elle. Cela veut dire qu'il est content. Je lui ai donné à manger, ne t'inquiète pas, il ne va pas te dévorer !
- Heu… Ok ! dit-il, toujours entravé par le chat qui l'adorait et se frottait contre lui en ronronnant de plus belle. Je vais avoir du mal à vivre avec ce truc moi !
- Pourquoi as-tu peur des chats ? Une mauvaise expérience ?
- Quand j'étais petit, il y en a un qui m'a sauté dessus, sans raison. Je ne savais même pas qu'il était là. Après, lorsque mon frère à eu son premier appartement il a acheté un chat ! Et cette bestiole m'a labouré les jambes, sans raison non plus. Alors, permets-moi de me méfier un peu, quand même !
- Comme tu veux, mais Satan n'est pas méchant ! En plus, il t'aime bien. Bon, je vais voir combien nous avons de chaînes à la télé ! Tu viens ?
Sherlock soupira, aussi facile à vivre que paraissait être Molly, il allait avoir du mal à s'acclimater à la vie en couple, surtout avec ce chat !
