Bonsoir !
Vous allez bien ?
Merci à vous toutes d'être encore et toujours là.
Merci à toute pour vos reviews.
Merci à ma team Bêta pour le boulot !
Très bonne lecture.
POV Edward
- Tiens, chérie.
Je tendis à ma femme son cocktail de jus de fruit. Nous étions sur une des plages paradisiaques des Maldives et ce depuis presque une semaine et demie. C'était notre dernier jour ici. Bella était plus bronzée que jamais et elle était encore plus magnifique. Elle allait entrer dans son sixième mois de grossesse et même si je me gardais bien de lui dire, j'adorais la voir enceinte.
Les choses n'étaient toujours pas devenues faciles et elle ne semblait toujours pas accepter le bébé. Mais elle faisait face, elle allait à tous les rendez-vous, faisait les examens, écoutait les recommandations mais avec un détachement qui faisait peine à voir. Elle le faisait parce qu'il fallait le faire, rien de plus, le reste du temps elle ne s'en préoccupait pas.
Alice avait deviné toute seule la grossesse de ma femme et l'avait prise sur le fait. Du coup, Jasper était lui aussi au courant. Quoi qu'il en soit, ils avaient tous les deux accepté de nous aider, enfin surtout Bella, pour apprendre quelques gestes du quotidien : changer les couches, donner le bain, faire les biberons, l'habiller... bref. Bella avait commencé ses cours avec Alice. Et nous avions aussi débuté les cours de préparation à l'accouchement. Une sage-femme venait à la maison et Bella prenait ça comme une corvée mais elle s'appliquait.
Je crois qu'elle acceptait tout ça pour moi. Elle cherchait à me montrer qu'elle faisait des efforts. En plus mon crétin de frère, en voulant, je pense, m'aider, avait empiré les choses. Il s'y était pris comme un débile pour essayer de faire comprendre à ma femme que nous pourrions être heureux avec ce bébé. Bref, Emmett resterait Emmett jusqu'à la fin, il ne changerait jamais.
- Merci. Tu viens te baigner après ? J'ai chaud !
- Si tu veux. J'ai eu Alex au téléphone.
- Oh ! Et, tout va bien ?
Alex était une perle ! Et je le devais encore à Bella. Moi je n'aurais jamais engagé ce type si j'avais fait le recrutement moi-même. Le pire c'est que ma femme avait eu raison. Il était elle au masculin. Ils avaient la même façon de bosser et le même dévouement. En plus, il était très sympa, assez blagueur et plutôt sarcastique et cynique, ce que j'aimais beaucoup. Bien sûr, il savait être discret, très pro et restait toujours à sa place. Bella l'aimait bien, elle l'avait formé, tout expliqué et il avait tout appris et compris très vite. Je lui faisais confiance. Il avait passé son mois d'essai, il était engagé et Bella me tapait sur le système en me rabâchant et en me faisant remarquer que c'était grâce à elle. Le pire ? Alex était rentré dans son jeu et quand je le remerciais de quelque chose, il disait « Sans votre femme, je ne serais pas là » quand Bella était avec nous.
- Oui super. Il m'a envoyé des papiers par mail. Je n'ai pas envie de rentrer. Il va y avoir cent mille choses à faire...
- Je sais, ouais. Dernière vacances à deux...
- On est deux et demi là.
- Ouais. Pourquoi on prend l'avion demain ? Il nous reste quatre jours. Pourquoi on ne pourrait pas prolonger le séjour ?
- J'ai prévu autre chose. Surprise.
- Bonne ou mauvaise ?
- On verra sur le moment. J'avoue que je ne sais pas trop.
- Dis-moi.
- Non, tu m'arracherais les yeux. Je préfère te mettre devant le fait accompli.
- Je n'aime pas tes manigances, Edward. Tu le sais pourtant. C'est dangereux ?
- Non. Pas pour toi. Viens te baigner, pense à autre chose. Je suis sûr que Toutânkhamon veut se baigner.
Depuis qu'elle m'en avait fait la remarque après la première échographie, nous avions tendance à appeler le bébé comme ça.
- Il est déjà dans l'eau, ça va pour lui.
- Ouais mais toi tu vas te dessécher et je vais devoir t'arroser pour te réhydrater !
- Tu es bien moqueur aujourd'hui !
Je souris et l'aidai à se lever. Elle n'aurait pas été enceinte je l'aurais jeté sur mon épaule et j'aurais couru vers l'eau. Je me contentai alors de l'arroser.
- Bella ! Merde !
Elle m'avait eu la première ! Elle rit et je me mis à sa poursuite. Même si elle était enceinte elle était plutôt rapide et agile. Tandis qu'elle m'échappait, elle riait et moi j'étais fou de joie de la voir comme ça. Lorsque je réussis à l'attraper, je la capturai dans mes bras. Elle posa ses mains sur ma taille et m'embrassa.
- J'ai gagné, bébé. Je t'ai eue.
- Quelle est ma peine pour avoir perdu ?
- Un baiser suffira.
Elle m'embrassa une nouvelle fois.
- Je suis le plus heureux des hommes !
Sur ce et sous ses rires, je me laissai tomber en arrière dans l'eau. Lorsque je me relevai, je me mis seulement à genoux, à hauteur de sa taille. Je posai mes mains dans le creux de ses reins et j'embrassai son ventre.
- Salut toi là-dedans ? C'est papa... C'est comment dans le maman hôtel ?
Je relevai les yeux vers Bella.
- Il bouge ?
- Oui.
- C'est nul que je ne sente pas encore ses coups.
- On peut échanger !
- Si seulement je pouvais. Viens dans l'eau...
Elle se mit à son tour dans l'eau et passa ses bras autour de mon cou.
- Tu sais, je pensais, quand on sera à New-York, on devrait commencer à préparer la chambre du bébé et acheter des affaires.
- Tu vas mettre ta salopette bleue, peindre les murs et bricoler ?
- Peut-être pas.
- On peut demander à E.C Design.
- Et donner à ma mère le plaisir de faire la chambre de notre bébé ? Non ! Je préfère me débrouiller tout seul. Tu sais quoi ? On va le faire ! Jasper pourra me donner un coup de main, Paul aussi, même Alex ! Et on choisira ensemble la chambre de notre enfant et on lui fera ensemble son petit cocon.
- Tu es décidé ?
- Oui !
- Je t'achèterai une salopette !
- Chiche !
- Tu me connais si mal ?
Je ris et l'embrassai. Je savais qu'elle le ferait. Et j'avais vraiment envie de faire la chambre de mon bébé moi-même. Je voulais m'impliquer et j'espérai qu'en entraînant Bella dans mes idées, elle apprécierait à son tour les choses.
- Bella, je t'aime.
- Quelle déclaration ! Je t'aime aussi. Et si on rentrait à l'hôtel pour profiter un peu ?
- Ok, on reviendra à la plage en soirée.
- On verra.
Elle se releva et main dans la main nous longeâmes la plage pour nous diriger vers notre hôtel. Il s'agissait en fait d'une maison sur pilotis. Nous avions une grande chambre, une salle de bain, un salon, une terrasse une petite piscine et il y avait aussi quelques marches en bois qui donnaient directement accès à la mer. Bien souvent, je plongeais directement de la terrasse. Ce qu'il y avait de formidable, c'était que de n'importe où nous étions dans la maison, il y avait toujours une vue sur la mer ou sur la plage grâce à de grandes baies vitrées.
Après avoir passé le reste de l'après-midi à profiter de la mer et du soleil, il fut l'heure de faire nos valises. Bella traînait des pieds, j'avoue que j'avais un pincement au cœur. Nous avions vraiment passé de formidables vacances, mais je savais que l'avenir nous réservait de belles choses. J'y croyais fortement.
- Alors tu me dis où on va demain ?
- On ira à l'aéroport.
- Passer nos derniers jours de vacances ?
- Oui. Surprise !
Elle sourit et son attention fut détournée, Dieu merci, par la sonnerie de sa tablette.
- C'est Laurel, par Skype !
- Oh, je veux la voir !
Bella accepta l'appel et nous allâmes nous installer sur les transats de la terrasse. Bella fit de grands coucous devant la caméra.
- Salut, Laurel ! Comment tu vas ?
Je m'incrustai sur la vidéo.
- Salut, blondinette ! Oh bonjour, Adam.
Adam était le... l'ami de ma sœur. Je ne l'avais vu que par Skype, il était très sympa et aussi autonome que ma petite sœur.
- Bon-Bonjour Ed-ward.
Bon il bégayait un peu mais ce n'était pas gênant. Je lui souris et Laurel reprit la parole.
- Vous êtes tout bronzés !
- Oui, ton frère a les fesses toutes blanches !
Laurel pouffa de rire et moi je m'offusquai faussement.
- Non mais ! Alors Laurel ? Il est quelle heure à Seattle ?
- 9h30, Adam et moi on va avec papa et maman à l'aquarium. Mais j'ai vu que Bella était connectée alors j'ai voulu vous dire coucou. Il est tard pour vous ?
- 21h30. Regarde, le soleil se couche.
Je pris la tablette des mains de Bella et la tournait vers le coucher du soleil pendant quelques secondes.
- C'est trop beau ! Vous rentrez à New-York quand ?
- Dans quatre jours, j'ai une dernière surprise pour Bella.
- Et après ? Vous viendrez à Seattle ?
- Non. Après Bella doit se reposer avant l'arrivée du bébé.
- Est-ce que je peux voir ton ventre Bella ? Voir s'il a grossi.
Bella soupira discrètement et se leva. Je montrai à ma sœur le ventre de ma femme. Elle n'avait pas le ventre d'une femme enceinte de six mois. Le docteur disait que comme Bella refusait de voir la grossesse modifier son corps, alors le bébé s'adaptait. J'avais eu peur que cela contraigne le développement du bébé mais visiblement il n'y avait pas de problème.
- Il est tout petit encore ! Oh papa et maman nous appelle. On doit y aller. Bonne nuit !
- Amusez-vous bien. Salut, Adam.
Bella salua les adolescents et éteignit sa tablette.
- Adam est sympa.
- Il a dit trois mots.
- Soit gentil avec lui, chéri.
- Je le suis. J'ai été sympa avec lui quand Laurel me l'a présenté. Je suis heureux pour elle. Mais il faut que je le vois un peu plus pour l'adorer.
- Je suis sûr que tu l'aimes bien en fait. Et Laurel semble heureuse, non ? Emmett les surveille et je sais que ton père te donne souvent des infos. N'est-ce pas ?
Je fuyai son regard. Elle avait raison. J'aimais bien Adam et ma sœur avait le droit d'être heureuse et amoureuse. Mais Laurel restait ma petite sœur chérie.
- Je prends ça pour un oui.
- Je maintiens le fait que je veux le voir en face à face pour donner mon avis définitif.
- Oui, oui. Une dernière baignade ?
- Oui !
Nous nous baignâmes encore un long moment, jouant tous les deux jusqu'à ce que Bella se déclare trop fatiguée. Après nos adieux à la mer turquoise, nous fîmes dignement nos adieux à notre chambre.
Le lendemain nous nous dépêchâmes de rejoindre l'aéroport, le voyage serait long. Nous avions deux escales ; une à Abu Dhabi et une autre à Chicago, nous avions donc presque 30 heures de vol. Pendant la première partie du voyage, je triai avec ma femme les photos de notre séjour, nous en avions pris des tonnes. Arrivés à Abu Dhabi, Bella ne tiqua pas quand elle vit que nous nous dirigions vers Chicago et durant le trajet Bella dormit, je somnolai moi aussi. À notre descente d'avion Bella était encore tellement dans le brouillard qu'elle me suivit sans se rendre compte de notre prochaine destination.
- Bella... chérie nous arrivons.
- À la maison ?
- Oui et non.
Elle bâilla et frotta ses yeux.
- Tu vas me dire où nous sommes ?
- Nous... atterrissons à... Jacksonville.
Elle écarquilla les yeux et prit un air paniqué.
- Quoi ? Pourquoi ?
- J'ai pensé que tu devrais voir tes parents. Pour leur annoncer le bébé.
- Espèce de salop ! Tu n'as pas le droit de me mettre au pied du mur comme ça !
- S'il te plaît, Bella ne m'insulte pas ! On avait dit qu'on annoncerait la grossesse après les résultats de tes examens. Nous les avons, tout le monde l'a su avant. Sauf tes parents et ma mère, mais elle peut encore attendre.
- Donc tu me forces à l'annoncer à mes parents sous la contrainte ?
- Tu voulais leur cacher ? Pourquoi tu ne veux pas leur dire ?
- Je ne... suis pas prête !
- Bella, s'il te plaît... Je crois surtout que tu as peur de les décevoir.
- Parce que je n'aime pas follement ce bébé et que je n'aime pas être enceinte ? Oui ! Ça va tuer ma mère !
Quelques larmes coulèrent sur ses joues, je tendis la main pour les essuyer mais elle se recula.
- Bella, s'il te plaît. Arrête de te torturer. Nous leurs annonçons et c'est tout. Pas besoin d'entrer dans les détails. Et je suis sûr qu'ils peuvent comprendre ce qui t'effraie. Moi je le comprends. Et tu leur ferais de la peine si tu ne leur disais pas. Ils ont le droit de savoir. Tu es leur seul enfant, chérie. Pour finir, je pense que leur dire en face sera plus réconfortant pour toi.
- Ah oui ? Pour voir le désespoir dans leurs yeux !
- Non. Parce que tu verras qu'ils seront heureux et fiers.
- Ils savent qu'on arrive ?
- Non. Tu as le droit de m'en vouloir mais je suis sûr de mon coup.
- C'est de la manipulation !
- Non, je ne t'ai juste pas dit où nous allions. Un secret.
- Je déteste quand tu agis comme ça.
- Vois-le comme une surprise !
- Me faire livrer quatorze bouquets de roses dans mon bureau le jour de la Saint-Valentin, ça c'était une surprise ! M'obliger à faire face à mes parents pour leur annoncer mon état, non ce n'est pas une surprise !
- Je me répète peut-être mais, tu voulais leur en parler quand ?
- J'aurai appelé, envoyer un mail.
- Quand ? Aux dix-huit ans de notre enfant ?
Nous fûmes interrompus par l'hôtesse qui annonçait notre arrivée. Tout le monde se leva et récupéra ses bagages à main dans le but de sortir de l'appareil. Bella réunissait ses affaires en boudant, moi j'attendais que le monde passe un peu pour me lever à mon tour. Je ne m'étais pas attendu à ce qu'elle saute de joie, mais je ne comprenais pas sa colère. Pourquoi voulait-elle tenir ses parents à l'écart ? Était-ce vraiment à cause du fait qu'elle vivait mal sa grossesse ?
Alors que nous attendions nos valises, je tentai un rapprochement en voulant lui prendre la main, sauf qu'elle se déroba, s'écarta de moi tout en croisant les bras. C'était ridicule. Une fois nos valises récupérées, Bella me suivit en silence jusqu'au comptoir de location de voitures, où j'avais fait une réservation. Munis des clefs, nous suivîmes un employé jusqu'à la voiture et après l'avoir remercié, je mis nos bagages dans la voiture, Bella monta directement, toujours sans un mot. Rapidement, je montai à ses côtés et pris la route pour aller chez ses parents.
- Bella, c'est bon arrête de faire la tête. Je ne vois pas ce qu'il y a de si terrible.
- Tu ne vois jamais rien !
- Alors explique-moi, putain ! Au lieu de faire la gueule comme une gamine là !
- Mais tu ne comprends pas que depuis six mois je ne décide de plus rien me concernant ?! Ce bébé arrive sans que je ne sois prête, tout le monde est ravi, sauf moi qui vis mal cette invasion. Pourtant j'essaye, j'essaye de tout mon cœur de me sentir heureuse ! Et puis, Emmett qui me balance que ça suffit de jouer les égoïstes, de penser un peu à toi !
- Je t'ai déjà dit qu'Emmett s'y était mal pris ! Tu penses à moi, je suis heureux grâce à toi, et pas uniquement avec cette grossesse. Ça fait un peu plus de quatre ans qu'on se connaît et presque autant de temps que tu me combles de bonheur !
- Arrête s'il te plaît ! Jure-moi que jamais tu n'as dû te sacrifier dans quelque chose à cause de moi ! Ne serait-ce que quand on fait l'amour, je t'interdis des gestes, des attitudes, des positions même ! Depuis combien de temps tu n'es pas allé au cinéma ? À un concert ? Et tout ça pour quoi ? Parce que moi je ne veux pas y aller ! Ton cerveau est sans cesse en train de penser à « Comment Bella réagirait » ! Et maintenant, il y a ce bébé et là encore, je te frustre parce que nous ne vivons pas ce moment comme les autres couples.
Elle avait raison. Je ne répondis pas. Tous mes gestes étaient calculés et pensés en fonction d'elle.
- Tu vois, tu ne le nies même pas, Edward. J'aurais voulu aborder le sujet avec mes parents à ma façon. Être préparée et décider moi-même des choses. On aurait pu en parler ensemble, tu aurais pu venir me dire qu'il était temps et en discuter. Là tu me forces, tu ne me laisses pas le choix.
- Revenons-en à notre couple. Tu penses que je suis malheureux ?
- Pas là maintenant, mais je pense qu'un jour, toute cette frustration ressortira et tu m'en voudras. Et je te perdrai.
Je secouai la tête et lui jetai un coup d'œil agacé. Pourquoi ne comprenait-elle pas !
- Là c'est toi qui ne comprends pas. Oui, au début je devais penser à tous mes gestes avec toi, mais plus maintenant. Je n'y pense plus, c'est devenu une habitude. Et je crois que ce que tu ne comprends pas, c'est que je t'aime si fort que tous ces détails ne comptent pas. Je n'y attache aucune importance. Je vis très bien sans aller au cinéma, sans sortir dans des lieux bourrés de monde. Même si tu m'imposais que le missionnaire au lit, je m'en moquerais parce que malgré tout, je te ferais l'amour. Jamais tu ne me perdras pour des trucs aussi insignifiants, Bella.
- Tu ne peux pas savoir ce que tu penseras dans dix ans.
- Dans dix ans, nous aurons tous les deux changés, Bella. Peut-être que tu seras moins tourmentée, plus libérée. Arrête de ne planifier que le malheur.
- Ma vie est faite de malheurs.
- La vie est faite ainsi. Elle nous blesse, chacun de nous. J'ai eu une adolescence difficile, j'ai failli tuer un mec en le tabassant, j'aurais pu aller en prison. Je n'ai pas frappé que ce mec, il y en a eu d'autres. Il y a eu des gestes, des paroles et des actes que je regrette. Il y a eu Mathilde, que j'ai fait souffrir, il y a eu Jane, qui m'a fait souffrir. Et surtout notre séparation forcée... et l'horrible découverte des manigances de ma propre mère et de ma belle-sœur. Ma vie n'a pas toujours été des plus heureuses, Isabella. Mais avec toi, je suis heureux, même si ça inclut de ne pas sortir là où il y a foule.
Elle ne répondit pas, préférant tourner la tête vers la fenêtre de la voiture. Je poursuivis.
- Tu disais que je devais sans cesse réfléchir à ce que je devais faire avec toi, et bien crois-le ou non mais ça m'apaise. Je ne me mets plus en colère aussi rapidement qu'avant, parce que je pense toujours à toi, c'est beaucoup plus fort que tous les autres sentiments. Parfois j'ai peur de redevenir le petit con impulsif que j'étais, mais pas quand je suis avec toi. Tout ça parce que je t'aime follement et que tu me forces à toujours penser à autre chose que mes problèmes.
- C'est idiot ce que tu dis, chuchota t-elle.
Je me radoucis dans mon ton, je ne devais pas l'effrayer.
- Pas du tout. Depuis combien de temps j'ai pas fichu mon poing sur la gueule de quelqu'un ?
- Il t'arrive de hurler sur les gens encore.
- Pour des choses sensées. Mais je garde le contrôle. Tout ça pour dire que je n'ai aucune frustration, Bella. Je suis totalement heureux comme ça. Qu'est-ce qui m'empêche d'aller au ciné tout seul ? Personne, je sais que tu me dirais d'y aller. Mais je m'en fiche, ça ne m'intéresse pas. Je n'y pense même pas, ça ne me manque pas.
- Je te déçois dans cette grossesse et je vais décevoir mes parents.
- La seule personne que tu déçois, c'est toi, chérie. Tu ne m'empêches pas de toucher ton ventre, tu ne m'empêches pas de parler au bébé même si j'ai l'air d'un crétin. On ne vit pas les choses de la même façon, mais nous ne sommes pas incompatibles. Et j'apprécie tous les efforts que tu fais avec Alice ou la sage-femme. Je connais assez bien tes parents pour savoir qu'ils seront de mon avis. Et tu en as peut-être même besoin pour avoir enfin l'esprit tranquille. Une embûche de moins. Tu as juste peur. Je te connais par cœur, bébé.Tu as besoin que je te pousse pour pouvoir sauter.
Elle rit jaune et tourna enfin la tête vers moi.
- Tu me jettes carrément dans le vide là ! Écoute, j'ai tendance à me moquer de l'avis des autres, mais le tien et ceux de mes parents sont ceux qui comptent le plus pour moi. Vous êtes les trois seuls personnes à qui je fais une confiance aveugle. Je culpabilise de ne pas aimer cet enfant, je crains que mes parents découvrent à quel point je suis insensible.
- Tu ne l'es pas. Regarde comment tu es protectrice avec Laurel, comment tu agis avec Marshall... tu te crois insensible mais tu ne l'es pas. Tout le monde voit qui tu es, Bella. Moi peut-être plus que les autres, tu es la seule à te voir comme...
- Un iceberg.
- Oui. Tu l'as peut-être été mais plus maintenant. On arrive... fais-moi confiance. Au pire, je leur expliquerai. Ne te braque pas contre tes parents.
- Je suis terrifiée.
- Mais je suis là avec toi, quoi qu'il arrive.
Je me garai devant la maison de ses parents.
- Je suis quand même contente de les voir.
- Je sais. On est toujours fâchés ?
- Eh bien... ça dépendra de leur réaction !
Je ne pus m'empêcher de rire et je me penchai pour embrasser sa joue, puis je posai ma main sur le ventre de ma femme.
- Et toi, Toutânkhamon... fais-toi beau pour rencontrer tes grand-parents !
- Arrête d'employer le masculin. C'est peut-être une fille.
- Mon instinct me dit que c'est un garçon. Je me trompe rarement.
- Sur le sexe des enfants ? Combien d'estimation tu as à ton compte ?
- C'est mon bébé. J'en suis convaincu, c'est tout.
C'était un pressentiment qui ne me quittait pas depuis l'annonce de la grossesse. Même si j'étais quasi certain d'avoir un fils, je ne serais absolument pas malheureux d'avoir une fille. Je n'avais pas de préférence, juste un instinct. Après un sourire, je sortis de la voiture, Bella fit de même et elle prit ma main avant de sonner à la porte de ses parents. Quelques secondes après, nous entendîmes la clef tourner dans la serrure et la porte s'ouvrit sur Renée. Elle écarquilla les yeux puis poussa un cri de joie.
- Oh mon Dieu ! Oh, Charlie ! Charlie viens voir ! Viens vite ! Oh seigneur, comme je suis contente ! Viens un peu par là, ma chérie. Oh, mon bébé ! Quelle surprise !
René attira Bella contre elle pour une longue étreinte. Charlie fit son arrivée.
- Oh ça alors ! Bella, Edward ! Salut, mon garçon !
Charlie me fit une brève accolade, je l'appréciais car je savais qu'il n'accordait pas ce privilège à tout le monde.
- Bonjour, Charlie. Vous allez bien ? J'espère qu'on ne dérange pas !
- Mais pas du tout ! C'est formidable.
Je souris et Bella réclama les bras de son père. Renée se tourna vers moi et m'embrassa.
- Je suis si heureuse de vous voir tous les deux ! Venez, entrez, les enfants ! Combien de temps vous restez ?
- Pas longtemps, nous devons rentrer dans deux jours. On rentre des Maldives, nos premières vacances depuis le mariage.
- Enfin un voyage de noces. En tout cas, vous êtes magnifiques bronzés comme ça !
- Nous avons bien profité. Rentre avec tes parents, chérie, je vais chercher nos valises, je les monte dans ta chambre.
- D'accord, merci.
Je l'embrassai sur la joue et m'occupai de nos bagages pendant que je laissai Bella profiter de ses retrouvailles avec ses parents. J'allai ensuite les rejoindre dans le salon où Bella me fit une place sur le canapé. Renée me sourit et parla.
- Bella nous disait que c'était une surprise pour elle aussi.
- Oui. J'ai gardé le secret. Vous allez bien ?
- Oui très bien. Notre petite routine. Nous parlions de prendre quelques vacances à New York.
Bella prit alors la parole.
- Quand ça ? Ça serait avec plaisir.
- Peut-être en juillet.
- Non. Venez en août plutôt. Après le 15.
- Pourquoi ?
Ses parents la regardèrent avec surprise et moi aussi je dois dire. Elle n'y allait pas par quatre chemins. Nous étions là depuis cinq minutes et elle allait annoncer sa grossesse. J'aurais pensé que j'allais devoir la pousser un peu plus.
- Eh bien, je voulais vous le dire au téléphone, mais puisqu'Edward m'a fait la surprise de m'emmener ici... autant vous le dire en face.
Je pris la main de ma femme tandis que sa mère était à deux doigts de faire un malaise.
- Et bien voilà je... je suis...
Elle n'arriverait jamais à le dire elle-même. Elle ne prononçait jamais cette phrase.
- Enceinte. Bella est enceinte !
Ma femme me lança un regard pour me remercier. J'avais un immense sourire, j'adorais dire qu'elle attendait notre bébé. Renée avait poussé un cri et plaqué une main sur sa bouche et l'autre sur son cœur. Charlie avait un regard ému et sourit tendrement à sa fille. Renée reprit la parole.
- C'est une merveilleuse nouvelle ! Depuis combien de temps ma chérie ?
- Je viens d'entrer dans mon sixième mois.
- Six mois ? On ne dirait pas.
- Je sais, oui. En fait, je l'ai su tard, à quatre mois, en fait. Ensuite j'ai dû passer des examens, puis nous avons voulu attendre les résultats pour l'annoncer.
- Des examens pour quoi ?
- Pour la trisomie 21. Nous avons attendu les résultats presque un mois.
- Et alors ?
- Tout va bien.
Renée parut soulagée. Quand nous avions eu le verdict, Bella et moi n'avions pas sauté de joie, la trisomie ne nous faisait pas peur.
- Et comment tu te sens ?
- Maintenant ça va. Mais au début, j'ai été affreusement malade, je ne pouvais rien manger, rien boire ni sentir sans aller vomir après. J'ai perdu du poids, et je suis très fatiguée. J'ai jamais autant dormi de toute ma vie.
- J'ai été aussi très malade quand je t'attendais. Oh, Charlie, nous allons être grand-parents ! C'est un garçon ou une fille ?
- On ne veut pas savoir, nous voulons la surprise.
Elle voulait la surprise, elle ne voulait pas savoir. Moi j'en crevais d'envie ! Elle ne me l'avait pas avoué mais j'imagine qu'elle refusait de savoir car ça la faisait moins culpabiliser dans ses non-sentiments. Cependant, face à ses parents, je la soutenais.
- Je pense que c'est un garçon. Bella ne mange que du salé.
Bella secoua la tête et leva les yeux au ciel.
- Il est têtu. Je ne crois pas à ça. Ce sont des superstitions.
Renée sourit et Charlie se leva.
- Il faut fêter ça ! Ma chérie, qu'est-ce que tu veux boire ?
- Un jus d'orange, s'il te plaît, papa. Et j'ai un peu faim aussi...
Renée se tourna vers son mari.
- J'ai des biscuits apéritif dans la cuisine.
- Très bien, que veux-tu boire ?
- Je prendrais bien un verre de rosé !
- Edward ?
Son ton était insistant et je perçus un signe discret de la tête en direction la cuisine. Il voulait me parler.
- Je vous accompagne, vous allez manquer de mains sinon.
- Volontiers.
J'embrassai la joue de ma femme et suivis mon beau père jusque dans la cuisine alors que Renée bombardait sa fille de questions.
- Alors félicitations, Edward !
- Merci. Je suis très heureux.
- Mais pas Bella. Elle le vit mal, n'est-ce pas ?
- Vous la connaissez bien.
- C'est ma petite fille. Comment va t-elle ? Vraiment ?
Je soupirai et sortis des verres pour l'apéritif.
- Elle l'a très mal pris. Elle n'est pas à l'aise. Au départ, elle voyait le bébé comme un parasite. Le fait qu'elle soit malade ne l'a pas beaucoup aidée. Elle a l'impression qu'on lui vole encore son corps. Vous savez, si elle n'a pas vraiment de ventre, c'est parce qu'elle refuse de voir son corps changer. Alors elle sait qu'elle est enceinte, mais elle ne veut pas que ça se voit et veut garder le contrôle.
- Et comment réagit-elle à l'idée de l'accouchement ?
- Elle est terrifiée. Mais elle travaille. Notre médecin est très bon, une sage-femme vient à la maison pour des cours à l'accouchement. Notre ami Alice lui apprend à s'occuper d'un bébé.
- Est-ce qu'elle aime ce bébé ?
- Je pense que oui. Mais sa peur est plus forte. Si elle ne l'aimait pas un minimum, elle ne ferait pas tout ce qu'elle fait pour préparer son arrivée. Je ne la brusque pas. Moi je profite à ma façon, elle ne m'empêche pas de toucher son ventre ou d'avoir l'air con en parlant à son ventre.
Charlie sourit et décapsula nos bières pendant que je servis le vin pour Renée.
- Vous savez, elle avait peur de vous le dire, elle pense que vous aurez honte de son comportement. Bref, elle se dévalorise et se fait du soucis pour rien. N'est-ce pas ?
- Bien sûr, bien sûr ! Je comprends que cette grossesse peut la perturber. Je ne lui en parlerai pas et je dirai à Renée de se modérer. Elle comprendra aussi.
- Il faut montrer à Bella que c'est une heureuse nouvelle, sans la faire culpabiliser sur ses sentiments.
- Je comprends tout à fait.
Il sortit les gâteaux apéritif et sourit.
- Papy Charlie... je crois bien que ça va me plaire !
Je souris à mon tour.
- Je trouve que ça vous va bien.
Il rit et je portai le plateau jusque dans le salon suivi de mon beau-père.
- Les dames sont servies.
- Merci, messieurs. Edward, Bella dit que vous avez une échographie. Je pourrais la voir ?
- Bien sûr.
Je sortis mon portefeuille de ma poche et lui tendis une échographie normale et une autre en 3D. Pendant quelques minutes, Renée s'extasia devant les premières images de son futur petit-fils ou petite-fille.
- Vous avez déjà pensé à des prénoms ?
- Bella propose George Clooney Swan Cullen.
Bella me frappa le bras et secoua la tête.
- Il dit n'importe quoi. Non, nous n'avons pas réfléchi encore. Mais Edward veut qu'il porte le nom de Swan Cullen, ça c'est sûr.
- Oh Edward c'est adorable ! Merci beaucoup ! Tu entends, chéri, le nom de Swan va perdurer !
Charlie sourit et porta un toast. La soirée était déjà avancée et après l'apéritif, Renée cuisina à Bella des pâtes avec de la crème et des lardons. Suite à cela, Bella demanda à aller se coucher. J'étais moi aussi fatigué, le voyage avait été long et pas reposant, je la suivis jusqu'à sa chambre après avoir salué ses parents.
- Je suis mort de fatigue !
- Moi aussi.
- Comment tu te sens ?
- Je crois que ça va. Ma mère est surexcitée, je devais m'y attendre. Mon père m'a comprise, je crois. Il ne m'a pas parlé, mais dans son comportement, je le sais. Et il parlera à ma mère.
- Charlie sait, il m'a demandé de confirmer. Il comprend ce que tu peux ressentir. Ne t'inquiète pas.
- Je vais bien. Mais à ton tour.
- De quoi ?
- Je l'ai dit à mes parents. Maintenant dis-le à ta mère.
- On verra demain.
- Non ! Maintenant ! Tiens.
Elle me lança mon téléphone, que j'avais posé sur la commode à l'entrée de sa chambre. Le numéro de ma mère était en numérotation et bientôt la sonnerie retentit.
- Pourquoi maintenant ?
- Elle doit savoir. Je sais que tu veux la punir et tant que mes parents ne savaient pas, je m'en moquais. Mais maintenant c'est cruel. Elle doit savoir.
- Ouais mais ça se trouve, Laurel et les autres ont...
- Edward ?
Ma mère avait interrompu ma phrase en décrochant. Je me levai du lit pour faire les cents pas dans la chambre. J'étais toujours très nerveux et en colère quand je la voyais ou l'entendais.
- Ouais, c'est moi. Je dérange ?
- Non pas du tout, mon chéri. Tout va bien ? Tu es revenu de vacances ?
- Oui et oui. Écoute, j'appelle sous l'insistance de ma femme, mais je devais te dire une chose. Peut-être que papa, Laurel ou Emmett t'en ont déjà parlé.
- Non, ils ne m'ont rien dit te concernant. Que se passe t-il ?
- Bella est enceinte. De six mois. Nous avons appris la grossesse que lors de son quatrième mois. Nous avons attendu les résultats de l'amniocentèse pour annoncer la nouvelle à ses parents. Tu étais la seule à ne pas savoir, Bella n'a pas trouvé ça juste.
Le silence au bout de la ligne était lourd. J'imagine qu'elle encaissait la nouvelle et le fait d'être la dernière à savoir. Finalement ma mère reprit la parole.
- C'est une formidable nouvelle. Je suis heureuse pour toi, mon chéri. Comment va Bella ?
- Bien. Elle a été très malade au début mais maintenant ça va. Elle est surtout fatiguée.
Je n'allai pas entrer dans les détails de ses angoisses et tout le reste.
- Pour quand est-ce prévu ?
- La date fixée est le 13 août.
- Et les résultats de l'amniocentèse ?
- Le bébé ne sera pas trisomique.
- Vous devez être soulagés.
- Nous n'avions pas peur.
- Et c'est une fille ou un garçon ?
- Nous voulons la surprise.
- Je suis très surprise et heureuse pour vous. Tu feras un papa merveilleux.
- Et Bella une mère formidable !
Ma femme me regarda en fronçant les sourcils tandis que je continuais de faire les cent pas.
- Je n'en doute pas. Est-ce que... je pourrai le voir ?
- Je ne t'interdirai rien, mais on ne vous l'enverra pas en vacances. Nous viendrons, vous viendrez mais c'est tout.
- Edward ne crois-tu pas qu'il est temps de passer à autre chose ? Tu m'as déjà empêchée d'assister à ton mariage. J'ai compris à l'époque, mais maintenant ça fait trois ans !
- Et alors ? Tu as essayé de gâcher toute notre vie. Bref, ne repartons pas sur ce sujet, je vais m'énerver. Je suis mort de fatigue et je n'ai pas envie de me prendre la tête. Je voulais juste te prévenir. Enfin Bella a voulu.
- Eh bien merci. Je suis quand même très heureuse pour vous.
- Merci. Je dois te laisser, nous sommes chez ses parents et on vient de passer 30h dans les avions. Nous sommes crevés.
- Bien sûr, bien sûr. Je vous embrasse. Et encore félicitations à vous deux.
- Merci, maman. Bonne soirée. À bientôt.
Je raccrochai et lançai mon téléphone sur le lit en soupirant.
- Contente ?
- Au moins c'est dit. Viens te coucher.
- Elle nous félicite.
- C'est gentil. Allonge-toi sur le ventre, je vais te masser.
- Tu es un ange !
Elle sourit et je m'allongeai sur le matelas. Bella grimpa sur moi et s'installa sur mes fesses avant de commencer à me masser.
- Tu es toujours fâchée contre moi ?
- Non. Je suis trop faible. Mais je n'apprécie toujours pas que tu aies comploté derrière mon dos.
- C'était une surprise.
- Peut-être mais pas sur un sujet si délicat.
- J'ai compris la leçon. Je te promets que je serai sage maintenant.
- J'espère, je serais obligée de te punir sinon. Allez, détends-toi.
Je souris et elle continua son massage. Profitant de la sensation des petites mains agiles de ma femme sur moi, je fermai les yeux et ne vis même pas le sommeil venir m'emporter avec tranquillité. Si seulement j'avais pu prévoir ce qui allait m'arriver le lendemain...
Et voilààààààà
Qu'en dites-vous ?
Merci et à bientôt.
