3. « mon tout doux, mon lézard… » Zoro.

Je fus malencontreusement réveillé par un certain poussin. J'avais d'abord entendu des bruits de pas, puis quelqu'un qui tombait sur le lit, juste à côté de moi. Ouvrant un œil, puis deux, je réfléchis alors à une vengeance appropriée. Que je trouvais instantanément.

Alors, sans aucun bruit, je me levai, et regardai intensément le corps du cuisinier. Il était allongé sur le lit, en position de chien de fusil, qui lui donnait un air complètement craquant.

Puis, doucement, je me coulai à quelques centimètres de lui. Je l'avais ainsi à côté de moi. Et doucement, je le pris dans mes bras, et humai son doux parfum. C'est bien la seule fois où l'on se touchait, mais sans bagarre, tiens.

Oui, je sais très bien à quoi vous pensez MAIS CA VA PAS LA TÊTE !

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Pff.

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De toute façon, vous verrez bien. C'est par pur vengeance, rien d'autre.

J'entendis alors un bruit sourd venir du dehors. Sanji remua doucement la tête, puis je lui murmurai ces mots à l'oreille « Chuut, ce n'est rien, rendors-toi, mon petit enfant, mon tout doux, mon lézard, mon…* ». Je ne pris pas la peine de continuer, car le blond avait soupiré de contentement, s'était blotti dans mes bras, puis s'était replongé avec délice dans les bras de Morphée.

Là, je restai coi. J'étais pourtant sûr que Sanji m'avait entendu, mais il ne s'était pas contrarié, ni retiré de mes bras, ne m'avait pas donné un de ses kicks habituels, ne m'avait pas gueulé dessus, ni demandé pourquoi j'étais ici, dans cette posture, ni…

Restant figé un instant, je me dis simplement qu'il n'avait pas saisi que c'était moi. Ou alors, qu'il était trop fatigué pour daigner se réveiller complètement pour moi.

Même si la dernière option m'agaçait, je me dis que j'allais le laisser pour cette fois. Tiens, je deviens bien gentil moi… Allons, allons, c'est pour mieux exprimer ma vengeance plus tard, mes enfants.

Sanji dans mes bras, mes pensées commencèrent à dériver vers mon amie d'enfance. Je me demande comment elle aurait réagi, si elle m'avait vu. Aucune idée, mais en tous cas, je pense qu'elle aurait une prime assez grosse. Mais elle ne dépasserait pas la mienne. Elle a le droit de rêver, mais pas trop, quand même.

Je passai le temps, ainsi, à me rappeler mon passé, puis mes choix, qui m'ont amené ici, sur ce bateau. Le crépuscule pointait son nez, à présent..

Mais, je n'ai de crainte. J'aurai tout le temps de rattraper le temps perdu en faisant plus de pompes et autres exercices musculaires. Et surtout, de profiter de ma vengeance. Quand Sanji serait réveillé…


"mon petit enfant, mon tout doux, mon lézard" vient du livre La rivière à l'envers (1. Tomek) de Jean-Claude Mourlevat. Un excellent livre où les petits comme les grands peuvent rêver.