Joyeux Noël à tous, encore o/ Même si c'est passé. J'espère que vous avez eu les cadeaux que vous vouliez, que vous avez passé du bon temps en famille et que votre chat n'a pas tenter de grimper dans le sapin (parce que le mien aurait bien aimé je suis sûr...).
Petite mininini pub pour le prologue d'une grande fic en cours, Who let's the Dark Lord Out, disponible sur mon profil. C'est un avant goût de ce qu'elle sera 8)
Alors, ce chapitre devait sortir le 24 ou le 25, cependant je lui ai fait pas mal de modifications et je n'ai aussi pas eut top le temps de le poster, mais le voici o/ Vous verrez plus bas pourquoi j'ai fait tant de modification :)
Réponses aux reviews anonymes;
Juliana; Oui, plein de mystère cette phrase o/
Kerwiden; Eh bien, voici la suite o/
Il allait s'arracher les cheveux de la tête et devenir chauve !
- « Draco Malfoy, depuis quand mélangent-on une racine d'asphodèle à du sang d'Hydre ?! Voulez-vous tous nous empoisonner avec les émanations de votre potion ? »
Milieu de la « journée » et il avait son filleul – seul – comme élève pour l'aider en potion. Nom de Merlin, il allait virer dingue ! Le jeune incube baissa la tête, honteux. Depuis deux heures, le fils de Lucius n'était absolument pas concentré et faisait erreur sur erreur. Severus ne parvenait pourtant pas à se calmer, malgré qu'il sache qu'il blessait le jeune adolescent.
Un soupir sourd traversa ses lèvres alors qu'il se pinçait l'arrêt du nez. Même un Orque saurait mieux faire cette potion de soin que l'ancien vert et argent, qui pourtant était doué dans le domaine. C'est avec exaspération que l'enseignant fit disparaître le contenu du chaudron, plus celui-ci, avant de s'appuyer sur la table pour regarder le jeune homme.
- « Draco… Pourquoi es-tu si déconcentré ? » demanda doucement Severus en s'adoucissant, ne voulant pas se faire sentir encore plus mal le pauvre ado aux cheveux presque blancs. « Tu sais que je suis là pour t'écouter ? »
Oui, écouter comme il l'avait fait avec Lucius, même s'il n'avait rien comprit aux propos de l'incube au-travers ses sanglots. Il fallait dire que Lucius ne savait plus articuler quand il pleurait, mais le voir verser des larmes avait aussi choqué Severus. Pas qu'il n'avait pas essayé de comprendre ce que son ami disait, juste que cela n'avait ni queue ni tête.
Alors l'enseignant avait fait la seule chose qu'il pouvait faire; il l'avait bercé en lui disant des mots doux pour l'apaiser, ce qui n'avait pas du tout fonctionné. Plutôt que de rassurer et réconforter son ami, Severus n'avait fait que redoubler les larmes de celui-ci.
Merlin bénisse celui qui, un jour, comprendrait Lucius Malfoy ! Ce qui n'était sans doute pas pour arriver rapidement.
Le fils de son meilleur ami le regarda dans les yeux. La fatigue et la tristesse étaient si présentes que Severus sentit son cœur se serrer de peine pour l'adolescent. Il oubliait par moment que son filleul avait perdu sa fausse mère. Le potioniste avait oublié Narcissa, ayant pris l'habitude de voir Lucius comme la mère de l'adolescent en face de lui. Il espérait cependant qu'il n'avait rien dit à ce sujet qui aurait pu blesser émotionnellement Draco.
Posant une main sur l'épaule du jeune incube, Severus garda le silence. Que pouvait-il faire si le gamin gardait le silence ? Bon, au moins il n'avait pas à tenter de comprendre des paroles sans queue ni tête – ce qui était logique puisque les mots n'en avaient pas – malgré qu'il n'aimait absolument pas ce silence.
Ça lui rappelait le silence qu'il y avait eu entre lui et Harry quand ce dernier était rentré dans ses appartements, trouvant l'incube finalement endormit dans ses bras. Il avait deviné une lueur de colère et de haine dans les yeux de son vampire. Durant quelques secondes, Severus avait même été sûr que le buveur de sang sauterait sur l'homme dans ses bras pour le mettre en pièce.
S'il avait des doutes sur le fait qu'Harry puisse être jaloux et possessif, ils s'en étaient allés rapidement. Par chance, il avait pu expliquer la situation à son Unique et celui-ci avait compris, mais était partit. La scène ne lui avait clairement pas plus. Severus n'avait pas compris, car il se rappelait qu'Harry n'avait pas bronché au début de l'école quand il avait réconforté son ami.
À moins, bien sûr, que l'adolescent millénaire commence à craindre de le perdre maintenant que leur relation évoluait et devenait sérieuse ? Surtout que le vampire dépendait maintenant de lui pour boire.
Sortant de ses pensées, dans lesquelles il n'avait pas eu conscience de tomber, il vit les larmes couler sur les joues de Draco. Las, Severus se tira une chaise pour s'installer aux côtés du jeune homme pour le serrer contre lui. Mais l'adolescent le rejeta brutalement en se levant, tremblant de ce qui ressemblait à de la colère. L'adolescent ouvrit la bouche pour crier sur son parrain, mais aucun son ne sortit. Juste un gros sanglot pendant que les larmes roulèrent sur les joues pâles.
L'homme au regard d'onyx ne quitta pas des yeux son protéger, qu'il ne protégeait pas si bien ces derniers temps, attendant que celui-ci se calme. Décidément, Draco faisait des caprices et avait été trop gâté. Si Lucius venait à avoir de nouveau des enfants, Severus priait Merlin qu'il ne les gâterait pas comme avec son premier fils. Non, mais ! Il ne fallait pas non plus exagérer.
L'enseignant soupira en voyant l'adolescent fermer les poings et sans réellement le vouloir, éleva la voix.
- « Maintenant cela suffit Draco Malfoy ! Arrêtes de faire ton gamin capricieux. Narcissa est morte, oui et si Lucius ne l'avait pas tué c'est elle qui vous aurait fait la peau ! N'as-tu pas comprit que les sorciers détestaient les peuples qui sont réunis ici ? Ta mère était une sang-pure hautaine qui vivait avec l'éducation qu'on lui a inculquée, dont le méprit pour tous ceux qui ne sont pas de son rang. Je veux bien croire que cela est douloureux, mais bon sang Draco ! Arrêtes d'en vouloir à ta vraie mère pour t'avoir sauvé la vie. Au nom de Merlin, Draco, ne comprends-tu pas que tu es en train de vous faire souffrir tous les deux ? »
Le professeur s'était levé et avait attrapé le jeune incube par le bras, le forçant à s'asseoir. Il pointa un doigt entre les deux yeux de son élève, sentant la colère le gagner.
- « Tu n'as, de toute façon, aucune raison d'agir ainsi avec Lucius ! Sais-tu que tu as de la chance que ta mère soit en vie ? Lucius n'était même pas mature physiquement quand il te portait ! Cela aurait pu le tuer et toi aussi au passage. Ou tu aurais pu le tuer en venant au monde, comme la majorité des cas semblables ! Alors, Draco Malfoy, tu vas arrêter tes caprices de gamin pourris-gâté et aller parler avec ta mère ! »
Le jeune Malfoy le regardait, choqué et scandalisé par son comportement et ses paroles. Oui, il venait d'avoir les nerfs qui craquaient, mais sa patience avait ses limites que Draco était en train de franchir avec son comportement.
Plongent ses obsidiennes dans les deux perles grises de son filleul, Severus se pencha lentement vers lui. La colère devait se lire dans son regard, parce que l'adolescent baissa la tête, coupable avant de la relever d'un coup.
- « Et ça vient de celui qui arrêtait pas de s'acharner sur Saint-Potter à cause de sa ressemblance avec son père ! »
Il y eut un bruit sourd lorsque la main du potioniste s'abattit sur la joue de l'héritier Malfoy. Ce dernier resta surprit, choqué, la tête figée et tournée, suivant le geste de la gifle. Sa joue commença à rougir et on devinait déjà quelques traces de doigts.
- « Je t'interdis, Draco Malfoy, de prendre ce ton avec mois. Je ne suis pas Lucius et je ne te permettrais pas ce comportement à mon encontre. Je ne nie pas mon comportement, cependant j'ai appris à connaître Harry, j'ai mis ma rancune de côté et je regrette amèrement tout ce que je lui ai fait, Draco. Au plus profond de moi je culpabilise comme pour rien d'autre. Ce comportement est ma honte, la pire chose que j'ai pu faire. Juger un enfant pour sa ressemblance avec son patriarche mort, sans chercher à savoir qui il était, comment il avait grandi alors que son corps parlait pour lui. Malgré que cela ait été faux, une mascarade, j'aurais dû ouvrir les yeux avant. J'ai la chance qu'Harry me pardonne, pour tout. Lucius te pardonnera toi aussi, si tu vas lui parler. »
Draco Malfoy détourna le regard et fit comme s'il n'existait pas. Par tous les caleçons troués de Merlin, ce gosse allait le rendre dingue ! Soupirant profondément, et se retenant de s'éclater le crâne contre le bureau, Severus entreprit de se calmer autant qu'il le pouvait. S'était normal, ils se confrontaient. Un Malfoy n'avouait jamais qu'il avait tort, parce qu'un Malfoy n'avait jamais tort. Un Malfoy ne s'excusait jamais, parce qu'il ne faisait jamais rien de mal. Ce qu'il voulait, il le prenait tout simplement.
Foutu Malfoy !
Dans un grognement, Severus dégaina sa baguette et lança un stupéfix sur l'adolescent. Voilà une bonne chose de faite ! D'un second mouvement de baguette, l'enseignant fit léviter son élève avant de quitter la pièce avec lui. S'était décidé, aujourd'hui mère et fils allaient s'expliquer, se crier par-dessus la tête, s'envoyer des roses et des flammes, mais pour l'amour de Merlin ils allaient se réconcilier !
Bon, le seul problème était que Severus ignorait complètement où était le fichu blond platine. De ce fait, il allait devoir fouiller l'école en prenant le risque de le manquer un nombre de fois incalculable. Réfléchissant tout en parcourant les couloirs, Severus se dit qu'il pouvait bien enfermer son filleul dans un placard à balais puis chercher Lucius. Une fois ce dernier sous la main, il reviendrait chercher le gamin.
Ça sonnait parfaitement bien à ses oreilles, et surtout digne de sa maison, cependant cela serait un peu trop cruel. Draco avait beau l'avoir provoqué, cherché et mérité cette punition, cela serait malgré tout exagéré. Et surtout Draco ne lui pardonnerait jamais.
De nouveau, l'enseignant soupira. Eh bien, il n'avait plus le choix de se trimbaler son neveux en lévitation jusqu'à ce qu'il trouve Lucius !
Pendant qu'il marchait dans les couloirs, ils croisèrent bon nombre d'élèves qui les dévisagèrent ou les regardèrent avec surprise. Il était devenu coutume de voir l'enseignant de potion perdre patience face à ceux qui rataient leurs potions, cependant jamais ils n'avaient vu celui-ci agir ainsi envers un élève.
Surtout son filleul.
Ils croisèrent même Aegnor qui revenait des serres. L'elfe s'arrêta, les regarda avec de grands yeux avant de rattraper le potioniste.
- « Severus, puis-je savoir pourquoi cet enfant est figé et lévite en te suivant ? Avec une trace de gifle sur la joue ? »
- « Pour être franc, Seigneur Aegnor, Draco dépasse les bornes et il est temps qu'il parle avec sa mère ! Sinon mes nerfs ne tiendront pas plus longtemps » siffla l'ancien partisan de Voldemort en encrant son regard noir dans les yeux étranges de son vis-à-vis qui ne fit pas attention au ton lacérant.
- « Très bien et tu cherches Lucius ? »
- « Je regrette même de ne pas lui avoir mi un sort de traçage ! »
Un léger rire traversa les lèvres du Seigneur Elfe et un franc sourire orna ses lèvres. Le potioniste était loin de se douter de l'imagination de l'être ancien qui imaginait Lucius Malfoy avec un collier duquel partait un fil s'allongeant et terminant dans la main du potioniste.
Mais si Severus avait vu cette image mentale, aucun doute qu'il aurait éclaté de rire. Ou pleurer. Ou crier… dépendant de l'humeur de ses nerfs qui étaient toujours à vif.
- « J'ignore où est Malfoy Senior, mais il devait aller voir Rumplestiltskin il y a peu. Peut-être est-il toujours à l'infirmerie ? Sinon Oracle pourra sans doute te donner une meilleure réponse, si tu aimes les devinettes. »
- « Je ne suis pas d'humeur pour une devinette de sphinx ! »
- « Une chance qu'elle n'en soit pas un alors… »
Il eut le droit à un regard meurtrier de la part de l'ancien espion, qui lui-même eut le droit à un sourire amusé. Le Seigneur à ses côtés était millénaire, avait sans nul doute combattu en ligne de front des sorciers puissants, des mages noirs peut-être même et sans aucun doute, fait la guerre. Severus savait qu'il n'avait aucune chance de l'effrayer, de l'intimider ou de le rabaisser d'un regard comme il lui était possible avec ses élèves.
De toute façon s'était un elfe, les elfes étaient imperturbables. Mais d'une fleur bleue ! Quoi qu'il n'était lui-même pas mieux par moment. Quoi qu'il en fut, Severus savait qu'importe la situation, Aegnor ne perdrait ni son sang-froid, ni son éternel calme.
Et de toute façon, pourquoi devrait-il s'acharner sur le professeur de botanique ? Celui-ci ne lui avait rien fait. Soupirant, Severus s'excusa dans sa barbe et l'elfe lui offrit un sourire compréhensif. De toute façon, qui ignorait ses liens avec les Malfoy ? Personne. La tension dans la famille l'affectait et il ne supportait plus cette situation.
- « Je vais aller voir les autres professeurs, sachant où ils sont, je vous tiens au courant Severus » susurra l'elfe, amusé, avant de partir d'une démarche gracile.
Severus, lui, bifurqua vers l'infirmerie. Il ne doutait pas un seul instant que les jumeaux seraient avec leur géniteur et Alucard. Étonnement, le sombre vampire restait le plus souvent possible avec les petits bouts de chou de six mois. Les gamins grandissaient étrangement vite, mais l'infirmier lui avait affirmé que s'était naturel, un effet secondaire de la réaction entre la ligne d'âge et la potion de ses fils.
Au moins son ami pouvait-il reprendre son rôle de père et vivre, même pour un temps court, des moments qu'il n'avait jamais connu et qui lui avaient été volés. Cependant, cela n'expliquait pas le comportement d'Alucard. Ce dernier grognait souvent sur ceux qui faisaient mine de s'approcher des bébés, sauf Amaël, Rumple, Harry et lui. Les membres de sa famille, dans le fond.
Un léger sourire étira les minces lèvres de Severus. Au moins, maintenant, il avait de quoi se moquer à son tour ! Il subissait assez les moqueries du prince, des moqueries pas toujours gentilles. Voir jamais gentilles. Et soudain il devenait gentil, justement.
Ce. Vampire. Était. Schizo.
Voilà ce qu'en avait conclu Severus et laissait souvent couler les insultes. De toute façon, il n'était pas en état de se battre contre lui. Et quelles chances, de toute façon, avait-il contre le professeur de combat et de défense ? Aucune. Il se souvenait, dans le bureau d'Albus, d'Harry disant à Alucard qu'il avait le temps de tous les égorger avant qu'un seul sorcier ne le touche avec un sort.
En connaissant ses forces et faiblesses, Severus savait qu'il n'avait pas le niveau d'Albus et donc, aucune chance face au buveur de sang.
Même s'il rêvait de se le farcir à la broche ! Mais Harry ne lui pardonnerait sans doute pas de blesser son frère, comme il ne supportait pas les moqueries incessantes de son aîné. Parfois, Severus se demandait si Alucard n'était pas jaloux d'Harry. Severus savait qu'ils avaient quelques millénaires de différence, cinq s'il se souvenait bien, et il ne lui serait pas impensable que l'aîné agisse ainsi parce qu'il n'avait pas sa moitié.
Secouant la tête, cherchant par-là à ne plus songer au vampire au manteau en peau de loup-garou, le potioniste arriva enfin à l'infirmerie. La double porte massive s'ouvrit sans qu'il ne fasse un geste et il pénétra dans l'endroit tout en blanc. Par les immenses fenêtres, il apercevait la lune. Elle serait pleine pour la Samain ! Du coup, il faudra surveiller les gamins pour ne pas qu'ils se fassent courser par des loups garous. S'il y en avait, bien sûr. Ce dont était sûr le potioniste.
Son regard d'onyx se posa sur Rumple en train de tisser de l'or. Un grand coffin à ses côtés contenait ses deux fils en train de dormir. S'était perturbant, encore aujourd'hui, de voir les deux plus grands farceurs dans une telle situation de faiblesse. Et en train de porter des couches.
Il croisa les yeux jade de son ami, passablement amusé
- « Tu promènes ton filleul, Severus ? Tu ne préférerais pas une laisse ? »
- « Très franchement, si tu as une muselière ou une potion pour le réconcilier avec sa mère je suis preneur ! » soupira Severus en se penchant sur le Coffin. « Ils sont adorables, je m'étonnerais toujours de les voir si calme. Ces sales gosses qui me posaient des centaines de questions par cours sans quitter le domaine abordé. Le pire c'est qu'ils étaient talentueux… »
Rumple sourit en s'approchant.
- « Tenté d'un prendre un dans tes bras ? »
Severus rigola doucement en secouant la tête
- « Je n'ai pas l'instinct paternel, je ne suis pas sûr qu'un jour je sois capable d'être père. Je n'ai pas de modèle du genre dans ma vie pour tout dire. » soupira le potioniste en caressant la joue d'un des petits. « Harry n'a pas de chance de ce côté avec moi… »
- « Ne t'inquiète pas, le jour venu tu verras, ça viendra seul. » souris Rumple. « Quelque chose à me demander ou tu veux que j'examine ton filleul ? »
- « Saurais-tu où se cache Lucius, que je le confronte à son fils pour qu'ils arrêtent de s'éviter et de se faire souffrir ? Aegnor m'a dit que tu devais le voir. Il n'a rien de grave ? » demanda Severus, légèrement inquiet.
- « Oh non, il mange peu il est donc en malnutrition. Je lui ai donné quelques potions pour lui donner plus d'appétit et le forcer à manger, ainsi que quelques antidépresseurs. Sinon, il va bien. » Rumple sembla réfléchir durant quelques minutes. « Je l'ai laissé partir il y a dix minutes à peine, il ne doit pas être loin. Peut-être à la Grande Salle en train de manger, ou dans sa chambre. Très sincèrement, Severus, je m'inquiète pour lui. Clairement, Lucius a le cœur brisé depuis plusieurs années et avec l'annonce de sa nature d'incube, ça ne l'aide pas. Je ne sais pas s'il s'en sortira ou s'il se laissera faner. Disons qu'avec son état, je lui donne au plus deux ans pour s'en sortir, au-delà de cela, il ne s'en relèvera pas… » soupira l'infirmier en tirant une toute petite couverture sur ses deux fils. « Les incubes et succubes se remettent vite d'une rupture, sauf lorsqu'ils sont profondément en amour. C'est un peu comme tuer l'Unique d'un autre dans ces cas-là. Un incube ou une succube ne tombe pas facilement amoureux, Severus. Avoir le cœur de l'un d'entre eux est un exploit pour tout dire. »
Severus soupira. S'était ce qu'il avait lu dans l'un des nombreux livres traitant des incubes. Un cœur brisé et souvent l'incube se laissait mourir. Le potioniste n'osait pas imaginer qui avait pu faire cela à Lucius, se demandant même s'il y avait un lien avec ce qu'il lui avait dit plutôt. Peut-être, ou pas ?
- « Imaginons que… Qu'un incube ait le cœur brisé par son partenaire et que celui-ci le quitte pour un autre. Est-ce que l'incube voudrait se venger ? » demanda Severus, plus que sérieux.
- « À qui le dis-tu ! Severus, dans un tel cas, l'incube cherchera à tuer, par n'importe quel moyen, celui qui lui fait de l'ombre ou qui lui a volé son amour. Je n'ose pas imaginer les souffrances que l'incube pourrait infliger ! » rigola l'infirmer avant de le regarder, plus sérieux. « Pourquoi tu tires une telle tête? »
En effet, Severus venait de perdre toutes ses couleurs et se sentait faible. Lucius lui avait clairement fait des excuses par rapport à quelque chose qu'il lui a fait à cause de quelqu'un qu'il avait perdu et qu'il ne pouvait récupérer…
- « Lucius… Lucius m'a fait des excuses plutôt. Il disait être désolé de m'avoir trahi et qu'il ne récupérerait pas quelqu'un malgré ça… »
Il y eu un lourd silence pendant lequel les deux hommes se regardèrent dans les yeux, une atmosphère de malaise planant autour d'eux.
- « Tu sais que tu as de la chance d'être vivant, si tu lui as piqué son amour ? »
- « Bon sang, Rumple ! Je n'ai jamais eu personne dans ma vie… Ne me demandes surtout pas si je suis vierge ou je t'étouffe ! » grogna Severus, rougissant légèrement alors que l'infirmier ouvrait la bouche, mais la refermait rapidement. « Regardes-moi, sérieusement, jamais personne ne m'a désiré ou fait de compliment, Rumple. Il n'y a qu'Harry dans ma vie et même-là nous ne sommes pas allé plus loin que le baisé. » soupira Severus, oubliant son filleul derrière lui. « Alors si quelqu'un a quitté Lucius pour moi, je crois que je le saurais. Ou alors il s'est foutu de Lucius… » soupira Severus en fermant les yeux, qu'il rouvrit rapidement aux babillements d'un des jumeaux. Rumple sourit en le regardant prendre le petit qui venait de se réveiller. « Je ne me sens absolument pas prêt à fonder une famille Rumple, j'ignore même si j'y serais jamais prêt… »
Un léger silence s'installa entre eux, doux et léger, compréhensif. Severus berçait doucement le petit dans ces bras. Le bambin le regardait avec de grands yeux curieux, suçant son pouce. Malgré que Fred, ou George, soit des plus adorable, Severus ne se voyait pas parent. Tout ce qu'il revoyait, s'était sa mère battue par son alcoolique de père. Il n'avait pas de modèle parental, alors comment pourrait-il être sûr de faire les bons choix ?
D'un léger soupir, il rendit le petit à son père qui n'avait pas arrêté de sourire, amusé au plus haut point.
- « Amaël devrait, lui, savoir où il se trouve. Après tout, il est le directeur » susurra l'infirmier en lui faisant un clin d'œil.
- « Pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça ? Je te rappel que d'une certaine façon je suis fiancé à Harry… » râla le potioniste en levant les yeux au ciel avant de sortir, entendant le rire de Rumple.
Coulant un regard vers Draco, toujours figé, Severus soupira, de nouveau. L'enseignant avait l'impression de faire que ça, lâcher des soupirs. Severus savait que son filleul avait entendu l'entièreté de leur conversation, mais il s'en fichait. Il était fatigué de cette situation, de voir mère et fils se faire la tête.
- « Nous allons voir le directeur, tu le connais il me semble. Tu ne seras donc pas effrayé. » rigola-t-il avant de prendre le chemin vers le bureau directorial, chemin qu'il commençait à connaître par cœur.
Au détour d'un couloir, Severus entraperçu Harry parlant avec le père de Luna. L'homme résidait à l'école depuis trois jours, après que sa maison est prise feu sans aucune raison. Par chance, l'homme avait été absent et n'avait donc eut aucune blessure. Ayant eu vent de l'incident, Amaël avait offert l'hospitalité au père d'une de ses élèves. Un acte bon en somme.
Deux perles d'émeraude et d'or se posèrent sur lui durant une fraction de seconde, mais cela leur fut amplement suffisamment pour échanger un sourire. Severus réalisait qu'il était plus complexe qu'il ne le croyait, que de garder une relation élève/enseignant avec son Unique, mais jusqu'à maintenant ils y parvenaient. Severus gardait son autorité en classe, à l'extérieur de celle-ci la relation était neutre et une fois dans les appartements, ils gardaient celui d'âme sœur. S'était devenu leur routine, qu'ils garderaient encore trois autres années.
Et étrangement, Severus avait hâte d'arrêter cette parodie de relation d'enseignant et d'élève. Malgré qu'il appréhendait la fin des études de sa moitié. Serait-ce à ce moment qu'Harry prendrait la couronne ? Qu'attendrait-on de lui ? Décidément, malgré qu'il n'ose pas poser ses paroles à Amaël, Severus n'arrêtait de se les poser. Peut-être finirait-il par demander à l'Immortel des réponses.
Arrivant devant la porte du bureau de son beau-père, Severus prit une grande respiration. Il n'était pas dans ses habitudes d'arriver sans s'annoncer au préalable et d'avertir d'avance de sa venue. Tout du moins, quand il était encore à Poudlard. Mais ici, l'homme se doutait que le Seigneur savait très bien qu'il était en train de s'approcher et cela lui fut confirmer par une voix s'élevant au-delà de la porte.
- « Entrez, Severus et Draco. »
Severus n'eut qu'à s'avancer de quelques pas que la porte s'ouvrit. Pénétrant dans l'immense bureau lumineux, malgré la nuit, Severus se stoppa soudainement. Son regard d'obsidienne posé sur Lucius Malfoy.
- « Alors tu étais là, toi ! » siffla-t-il en s'approchant pour attraper l'incube par l'oreille. « Navré Directeur, mais j'aimerais vous emprunté cette canaille pour quelques heures, le temps de régler quelques petits trucs de familles voyez-vous ! »
Un sourire désolé se peint sur les traits d'Amaël qui regardait l'homme à la chevelure d'argent, ce dernier grimaçant légèrement de douleur.
- « Doucement Severus, ce pauvre Lucius ne vous a rien fait, contrairement à son fils j'ose espérer… Eh bien, nous étions en discussion, mais cette dernière peut bien être ajournée de quelques heures. Les affaires familiales sont plus importantes, en mon sens, que parler de cœur brisé. Puis-je savoir où vous serez, Professeur ? » demanda-t-il avec un sourire plus amusé
- « Dans mes appartements, nous y seront plus en privé. »
- « Naturellement, je préviendrai mon fils de cette… visite. » répondit le Seigneur en haussant un sourcil au regard noir que lança le potioniste aux deux Malfoy. « Je ne vous retiendrai pas plus longtemps, Lucius. Je vous promets de prolonger cette discussion dès que vos problèmes familiaux seront réglés. »
D'un salut de la tête, Severus tourna les talons en entraînant les deux Malfoy dans son sillage Lâchant l'oreille de Lucius, Severus lui mit cependant la main à la nuque pour l'empêcher de tenter de se sauver. Après tout, le blond platine était un serpent, il en serait très bien capable. Malgré qu'il en soit capable, Severus ne connaissait pas Lucius comme était le plus courageux des hommes.
Après tout, l'aîné d'eux trois s'écrasait face à l'une de ses colères et l'évitait le temps qu'il s'apaise.
Sur le chemin vers ses appartements, Severus ne recroisa pas son vampire. Le gamin devait être à son prochain cours. La pensée fugace d'assister à l'un de ces cours donnés par ses collègues traversa l'esprit du potioniste. Ça pourrait être amusant et informatif. Après tout, il ne savait pas grand-chose de ce monde, autant suivre quelques cours discrètement non ?
La porte de ses appartements s'ouvrit seule et Severus fit entrer Lucius d'abord, juste pour être sûr qu'il ne lui fil pas entre les doigts, puis fit entrer le benjamin à sa suite. Encore sans son intervention, la porte se referma derrière eux alors qu'une odeur de biscuits chauds aux brisures de chocolat lui montait au nez.
Levant un sourcil en entrant dans son salon, le potioniste regarda l'immense assiette emplis des dits biscuits qui devaient sortir du four. Eh bien, son beau-père avait la dent sucré comme Albus, mais au moins ne lui proposait-il pas d'horribles bonbons au citron. Malgré que l'enseignant y voie une légère moquerie, les biscuits rappelant vaguement des enfants s'empiffrant de ceux-ci en parlant entre eux.
Décidément, l'Amÿel de son vampire avait un étrange sens de l'humeur, si on pouvait appeler cela ainsi. D'un mouvement de baguette, Severus leva son sort sur Draco et fit signe à l'adolescent et son parent de s'asseoir, ce que lui-même fit en prenant place dans son fauteuil.
- « Assit, l'un à côté de l'autre » susurra froidement Severus alors que Lucius s'assoyait mais que son fils restait obstinément debout. L'enseignant se permit de prendre un biscuit quand son filleul fut assis à côté de sa mère malgré qu'il l'ignora foutrement. « Et maintenant, vous vous dites ce que vous avez sur le cœur et vous vous réconciliez. Ne me forcez pas à faire venir Alucard, lui je suis sûr qu'il prendra plaisir à utiliser des moyens douteux pour vous réconcilier… »
En effet, Severus avait eu vent que son beau-frère avait enfermé deux élèves dans un microscopique placard à balais – ou une seule personne tenait déjà difficilement – pendant toute la journée et une nuit pour qu'ils se réconcilient. Et ce n'était qu'une dispute légère entre amis, alors dans un cas comme ici, Merlin seul savait ce que ferait le vampire au sang bleu.
Cela paru inquiéter les deux Malfoy qui échangèrent un regard d'insécurité.
- « Lucius, tu me connais, tu sais que j'en suis capable… »
Le nommé déglutit sous le sourire franchement flippant de Severus. L'enseignant savait prendre un visage inquiétant quand il le voulait. Il n'avait pas été le directeur de sa propre maison pour rien après tout. À son étonnement, se fut Draco qui commença les hostilités.
- « Tu as tué ma mère ! » cria l'adolescent en serrant les poings, plongeant son regard gris dans celui de… et bah de sa mère qui le regardait avec consternation.
Severus soupira et fit ce que l'on appelait couramment le facepalm, soupirant avec désespoir. Il n'était pas sorti de l'auberge, pour sûr. Mais l'adolescent ne s'arrêta pas à cette accusation quelque peu erronée, continuant d'accuser sa mère de diverses choses, comme de lui avoir mentit, de ne pas avoir réellement été un parent, plusieurs paroles blessantes et bien choisies pour l'être, justement.
Cependant Severus ne pouvait pas intervenir, parce que Draco faisait exactement ce qu'il avait dit de faire; il se vidait le cœur. Lucius regardait son unique enfant le rabaisser plus bas que terre, le teint livide, mais ne flanchait pas. Severus se dit qu'à la fin de tout ça, l'ancien partisan de Voldemort allait réellement avoir besoin de parler au directeur. La pensée fugace que ce dernier était multitâche faillit faire rire l'ancien espion. Mère, directeur, roi, guerrier, terreur bipède d'un temps révolu et psychologue à ses heures perdues.
Décidément, son beau-père ne devait pas s'ennuyer.
Mais Severus ne pus s'empêcher de penser que les incubes étaient réellement rancunier. Monstrueusement rancunier. Il se surprenait d'être vivant, surtout si Lucius avait fait ce qu'il avait dit, soit s'être venger. Parce que Severus n'en doutait pas, si Lucius l'avait voulu mort, il serait en train de dévorer les pissenlits par la racine en cet instant.
- « Draco, changes de ton maintenant ! » cria presque le potioniste quand l'adolescent lâcha qu'il aurait préféré que Lucius meurt en le mettant au monde, parce qu'au moins il ne serait pas dans une telle situation en cet instant. « Qu'importe comment tu es en colère, tu n'as pas le droit de dire ça ! Ce genre de chose ne se dit pas, Draco Malfoy, et tu le sais très bien ! »
L'adolescent croisa ses bras sur sa poitrine en détournant le regard, toujours furibond. Le potioniste dû faire appel à tout son self-control pour ne pas mettre une claque à son filleul. Il était sans conteste la raison qui lui faisait refuser d'avoir un gamin…
Un énième soupir traversa ses lèvres quand Lucius ouvrit la bouche avant de la refermer sans rien dire.
- « Bon sang… On est là jusqu'à la fin de l'année » murmura Severus en rejetant sa tête en arrière, fermant les yeux en désespoir de cause, incapable de les faire parler convenablement.
De longues minutes s'écoulèrent ainsi, dans le silence avant que Lucius ne prenne la parole.
- « Draco, je sais que c'est douloureux, la mort de Narcissa. Je sais que cela t'a beaucoup marqué, tu n'aurais jamais dû voir cela. Cette situation n'aurait jamais dû se produire d'ailleurs, mais tu n'étais pas là au début de notre dispute. Tu ignores ce qui m'a conduit à la tuer… »
- « La tuer ? Tu l'as massacré à main nue ! » s'exclama Draco, choqué. « Tu lui as arraché un bras, l'a passé à tabac avant de lui briser la nuque ! »
Je levais un sourcil, pas du tout impressionné.
- « Si tu appelles ça massacrer quelqu'un, Draco, tu ne sais pas du tout ce à quoi une personne ressemble une fois qu'on l'a massacré. Crois-moi, Voldemort fait cela bien pire… et il laisse vivante ses victimes. »
L'adolescent frémi, mais ne dit plus rien.
- « Ta mère est en train de parler, tu as eu ton tour, maintenant laisses-là finir. Lucius ne t'a pas interrompu, fait preuve du même respect. »
Son filleul le foudroya du regard, mais le détourna en croisant le sien plein de colère. Ce gamin ne ferait pas son enfant roi avec lui !
- « Narcissa était en colère en apprenant que nous n'étions pas Sorciers. Elle sait que le Seigneur des Ténèbres est revenu et elle voulait l'aviser de notre situation. Je ne te cacherais pas que s'il avait été mis au courant, nous serions encore en train d'être torturé et pire encore. Il ne porte pas les né-moldus dans son cœur, Draco, alors imagines les nôtres. J'ai seulement voulu te protéger, malgré qu'il soit vrai que j'aurais pu m'y prendre autrement. Cependant tu n'es pas encore parent, tu ne sais pas à quel point notre instinct est puissant. Elle a menacée ta vie Draco, je ne me suis pas contrôlé, parce que contrairement à ce que tu penses, tu es l'être le plus important à mes yeux. Je t'ai élevé dans le monde Sorcier pour te préserver de celui-ci, parce que je ne pouvais plus y vivre après avoir eu le cœur brisé. Je ne te dirais pas qui me l'a brisé, mais j'ai commis de graves erreurs après cela et je ne pouvais plus revenir là où aurait dû être notre place. Par honte, certes, mais aussi parce que j'en étais incapable. Je ne croyais pas que mon secret se saurait et encore moins de cette façon. »
Naturellement, malgré ses belles paroles, Draco ne lui pardonnait pas et cela se voyait au fait qu'il continuait d'ignorer sa mère.
- « Je sais que tu m'as toujours considéré comme ton père et non ta mère, ce que je suis réellement. Cela fait mal que tu me rejettes et agisses ainsi. Je ne peux pas être en colère contre toi parce que la tienne a le mérite d'avoir raison d'être, cependant j'aimerais que tu me comprennes et que tu te mettes à ma place quelques instants Drake… Que ne ferais-tu pas pour protéger ton enfant ? Tu es la plus belle chose qui me soit arrivé. Je sais que tu sais dans quelle… circonstance tu as été conçu, tu es intelligent, mais malgré cela je t'ai aimé au moment où j'ai su que je t'attendais et encore plus quand je t'ai tenu dans mes bras. Tu souhaites ma mort, mais sache que ce jour-là j'ai réellement failli y passé et que j'ai survécu grâce à Harry. C'est lui qui t'a mis au monde, en catastrophe soit disant passant, et qui m'a sauvé la vie. »
Les épaules de Draco se détendirent malgré que le gosse restait en colère, mais malgré tout s'était un bon début. Lucius mettait sur le plateau des choses douloureuses pour lui, encaissant les paroles acerbes de son enfant, Severus ne pouvait que le soutenir du regard. L'incube était plus fort qu'il ne le pensait à la prime à bord.
- « Je sais que cela sera long avant que tu me pardonnes, que cela prendra du temps pour que tu comprennes mes agissements, mais je saurais être patient Draco. Je te demande juste de ne plus agir comme tu le fais, me rejeter ainsi et m'empêcher de te parler. Je préfère réellement mourir si tu es pour continuer à agir ainsi, parce que tu me tues à petit feu, littéralement, Drake… »
La bombe était lâchée, même si Severus le savait déjà, l'entendre faisait mal. Pourtant, malgré la larme qui coula sur la joue de l'incube, Severus ravala son envie d'aller prendre son ami dans ses bras. Il n'était que le médiateur, le correcteur de son filleul stupide et Griffondor en cet instant. Mais cela eut un effet bénéfique sur Draco, car l'adolescent regarda sa mère avec de grands yeux surprit.
- « Ne me dis pas que tu as agis en stupide Griffondor, Draco, sans t'informer sur ta propre race ? » rigola Severus, amèrement. « Les Incubes, comme les succubes, se laissent mourir quand leur enfant meurt ou les rejette. Ils ne vivent que pour leur chair et leur sang et leur compagnon quand ils en ont un. Retirer ces liens à un démon de la luxure et il se laissera mourir comme Lucius est en train de faire. » un regard sur son ami lui apprit que s'était vrai. « Rumplestiltskin m'a d'ailleurs dit qu'il ne te restait que deux ans à ce train-là… » lâcha simplement Severus comme si s'était la chose la plus normale du monde, simplement pour blessé son filleul et lui faire prendre conscience qu'il allait réellement perdre son seul parent.
L'adolescent les regarda à tour de rôle pendant qu'eux même se regardaient dans les yeux. Severus ne voulait pas perdre son ami, ça s'était hors de question. Il ignorait encore pourquoi et comment son ami s'était vengé sur sa personne, savait qu'il se mettrait en colère contre lui, exigerait des explications, mais surtout, Severus savait qu'il lui pardonnerait.
Il était rancunier, mais savait pardonner.
- « Je suis désolé… » murmura Draco, finalement au bout de longues minutes de silences. « Je voulais te faire payer la mort de ma mère… de Narcissa, mais je ne croyais pas que ça te ferais ça… » souffla-t-il, faisant rire Severus.
- « Tu as dit plutôt que tu voulais que ta mère meurt en te mettant au monde, Draco ! »
- « J'étais en colère ! Je le suis toujours, mais moins… Je ne veux pas que tu meurs… même si je ne pourrais pas t'appeler maman de sitôt… »
Un sourire naquis sur les lèvres de Lucius qui serra son fils dans ses bras, lentement de peur que celui-ci se soustrait à son étreinte, mais Draco posa finalement sa tête au creux de l'épaule de sa mère en fermant les yeux. Souriant, Severus se leva pour les laisser seuls dans cette réconciliation.
Sortant de ses appartements, Severus s'appuya à sa porte, fermant les yeux. Les paroles de Draco faisaient remonter en lui de sombres souvenirs. La mort de sa mère à cause de son père, le meurtre de celui-ci par sa propre main alors qu'il lui disait « J'aurais dû le faire bien avant, c'est toi qui aurait dû crever le premier et non ma mère ». Des mots qu'il regrettait, même si l'homme l'avait mérité.
Aucun parent, aussi indigne soit-il, ne mérite de tels propos.
Severus sursauta lorsqu'une main froide se posa sur sa joue puis qu'un corps se pressa contre le sien. Deux lèvres vinrent chercher les siennes dans un doux baisé. Naturellement, l'enseignant entoura la taille du responsable, le serrant plus contre lui alors qu'une main allait se perdre dans les cheveux en bataille de son vampire. S'était tout ce dont il avait besoin, sentir Harry contre lui.
Le potioniste ne se demandait pas ce que sa sangsue personnelle faisait ici, tout ce qu'il voulait s'était le réconfort que lui apportait cette présence contre son corps.
De doux, le baisé se fit plus enflammé et une langue taquine vint demander la permission d'aller chercher sa jumelle, ce que lui accorda l'ancien espion. Un ballet s'engagea entre celles-ci pendant que les mains glissaient sous les vêtements, cherchaient d'avantages de contact, cherchaient la chaleur de l'autre corps comme si celui-ci pouvait réchauffer leur cœur froid et mort.
Severus en oubliait où il était, s'en foutait en réalité. Tout ce qui comptait, s'était Harry dans ses bras, Harry qui venait de faire disparaitre sa robe et qui avait ouvert sa chemise en l'arrachant presque. Le bruit des boutons tombant au sol lui fit légèrement prendre conscience qu'ils étaient dans le couloir à la vue de tous, mais les lèvres de son vampire migrèrent à son cou et deux canines caressèrent sa peau avant que deux lèvres n'embrasent celle-ci.
Et puis soudainement ils tombèrent au sol.
Le choc de son dos contre le sol froid de ses appartements coupa le souffle à Severus, le choc de son occipital contre le plancher lui fit voir des points noirs, le sonnant légèrement. Une voix bien connue fit des excuses, un grognement dont il sentit les vibrations lui parvint de son vampire en réponse. Une plainte légère franchie ses lèvres alors que l'air entrait de nouveau dans ses poumons. Le bruit de sa porte se refermant lui parvint distinctement alors que le corps sur lui se pressait entre ses jambes et son torse.
Un front frai se posa sur le sien un instant avant qu'un doux souffle ne caresse ses lèvres rougies.
- « Ça va, tu n'as pas mal ? »
- « Je vais bien, juste quelques points noirs dansant devant mes yeux. »
- « Alors on peut reprendre ? » ronronna le vampire qui n'attendit pas pour dévorer son cou de baisers.
Les mains fraîches du suceur de sang descendirent sur son torse, écartèrent les pans de sa chemise, caressèrent ses flancs et remontèrent sur ses pectoraux, puis glissèrent sur ses hanches. La bouche migra plus bas, les dents mordillèrent le creux de l'épaule, la langue lécha la clavicule droite puis buta contre son mamelon durci. Un gémissement traversa ses lèvres sans que Severus ne puisse le retenir.
Contre sa peau, l'enseignant devina le sourire de son unique qui continua de descendre sur son corps, embrasant chaque parcelle de peau, léchant, mordillant aussi jusqu'à arriver à la barrière de son pantalon qui commençait à se faire étroit.
Severus se tendit lorsque les doigts agiles d'Harry glissèrent sur le bord, faignant de glisser sous le vêtement avant de détacher la boucle de la ceinture noir.
- « Harry… »
Deux yeux de la couleur du sang croisèrent ses obsidiennes. Au lieu de l'effrayer, Severus sentit une chaleur étrange se propager dans son cœur. Les deux orbes sanglants étaient emplis de désir, d'une excitation brute. Severus ne savait pratiquement rien sur les vampires dont faisait partit le sien, cependant il était sûr que ces deux yeux couleur écarlate était signe d'une profonde envie de… sexe.
Il était fichu, cette fois il allait passer à la casserole.
Tel un fauve, Harry remonta jusqu'à son visage, glissant contre son corps, le pressant contre le sien, laissant sa bouche enflammer encore plus son corps. Une main vint main glisser sous l'une de ses cuisses, la remontant contre l'autre corps pendant que la main caressait sa fesse par-dessus le tissu de son vêtement.
- « Oui, Severus » roucoula Harry dont les lèvres frôlèrent les siennes telles les ailes d'un papillon.
- « Pas sur le plancher, s'il te plait… »
Était-ce l'instinct de survie ou simplement l'envie de franchir le capte, mais Severus savait qu'il ne pouvait plus rien refuser en cet instant. À peine Severus avait-il fini sa phrase qu'il se sentit soulevé de sol, dans les bras d'Harry, et la suivante il était allongé sur son lit, les bras au-dessus de sa tête et complètement offert à la vue du vampire.
Un doux frisson lui parcouru l'échine sous le regard affamé d'Harry qui regardait son torse avec une envie non-voilée. Un sentiment de malaise pris cependant l'ex-espion qui referma comme il put sa veste, faisant gronder le vampire. Ce dernier s'allongea sur lui et d'une main, plaqua les siennes au-dessus de sa tête en les tenant par les poignets.
- « Ne te caches pas à mon regard, Severus, tu es magnifique… » susurra Harry en l'embrassant tendrement pendant que sa main libre lui caressait le ventre, qui se contracta au contact froid du membre contre sa peau chaude. « N'ait aucune honte de tes cicatrices »
Plus tendre, Harry le relâcha avant de lui retirer son vêtement bon pour la poubelle. Les yeux dans les yeux, ils restèrent un moment ainsi, silencieux, pendant qu'Harry le caressait sans arrière-pensée cette fois.
- « Nous ne sommes pas obligé d'avoir une relation sexuelle complète, Severus. Nous n'irons pas au-delà de ta limite, je te le promets » murmura Harry avant de l'embrasser. « J'ai très envie de toi, je t'attends depuis plus de trente ans, je peux très bien attendre encore avant de te savourer entier… mais je t'ai surprit avec un Incube dans les bras, puis deux dans tes appartements. Je veux te faire l'amour, là, maintenant. Mon corps entier réclame le tien, Severus. Je te réclame. »
Les caresses s'étaient faites plus poussées, les lèvres lui embrassaient le visage, le cou, lui volaient quelques baisés avec tendresses et cette voix, si sensuelle ! Severus sentait son cœur battre à la folie dans sa poitrine, son souffle se fit plus rapide et désordonné alors que le vampire emprisonnait entre ses dents son mamelon délaissé.
Au moins Harry lui laissait le choix et malgré sa crainte, Severus avait envie de faire le grand saut. Plus il repousserait le moment, plus il l'anticiperait, ça il le savait. Pour toute réponse, le potioniste échangea leur position d'un coup de rein. Le mouvement surprit Harry qui le regarda avec les yeux emplit d'incompréhension.
Il faut croire que sa sangsue personnelle n'avait pas prévu qu'il agirait ainsi. Un sourire fleurit sur les lèvres du trentenaire alors qu'il mordilla l'une des lèvres de son futur amant pendant que ses mains tâchaient de les mettre à égalité au niveau du nombre de vêtements qu'ils portaient.
Harry sourit contre ses lèvres, répondant au baiser et le laissant faire. Il se souleva, permettant à Severus de lui retirer robe et puis chemise, mais dès que les vêtements furent au sol, Harry les fit rouler sur le matelas, plaquant contre celui-ci le professeur de potion.
- « Severus, je sais que tu es vierge, je veux que tu me dises si quelque chose te déplais. Ne te force pas pour moi… » murmura le vampire, mais l'ancien espion le fit taire en l'embrassant
- « Je te fais confiance, Harry. »
Ses mots firent sourire le vampire qui prit possession de ses lèvres une nouvelle fois. Leurs mains se cherchèrent, leurs doigts s'entrelacèrent, même lorsque Harry migra à sa gorge, puis son torse imberbe, laissant une douce traînée de baisés. Détachant leurs mains, Harry caressa ses bras, laissant ses doigts redessiner chacun de ses muscles, imité sur ses flancs par ses lèvres rougies.
Les yeux clos, Severus s'enivrait de chaque sensation, de la chaleur qui se propageait dans le creux de ses reins, se propageant dans son sang. S'était meilleur que l'adrénaline, mille fois meilleure. Son souffle se coupa quand une langue inquisitrice joua avec son nombril pendant qu'une main caressait la bosse déformant son pantalon, trahissant son excitation.
Un gémissement franchit de nouveau ses lèvres lorsque celles de son âme sœur remplacèrent sa main qui se perdit sur ses cicatrices, les retraçant. Severus se cambra lorsqu'Harry fit mine de le prendre en bouche, même par-dessus ses vêtements. Une plainte de frustration lui échappa lorsque son vampire se redressa, se détachant de lui.
Rouvrant les yeux, Severus ne put qu'admirer le corps qui s'offrait à lui. Harry était tout simplement magnifique. Ses muscles saillaient sous sa peau blanche. Une fine ligne de poils noirs remontait sur le bas ventre, s'arrêtant sous le nombril. Le corps était vierge de cicatrices, ou presque. Il y en avait quelques-unes en forme de griffures, mais qui semblaient anciennes.
Ne pouvant résister, Severus se redressa, assit sur le lit et attira Harry à lui, caressant la peau offerte avant de détacher lui-même la ceinture puis d'ouvrir le pantalon de son amant. Harry le regarda, caressant sa joue et laissant ses doigts se perdre dans ses cheveux.
Le vêtement tomba rapidement au sol et Severus rougis violemment, tombant nez à nez avec l'érection d'Harry. Merlin qu'il aurait dû se douter que le fils d'Amaël ne porterait aucun caleçon.
Timidement, du bout d'un doigt, Severus redessina la ligne de poils du ventre, puis descendit à la base de l'érection. Un frisson peu discret parcouru le corps en face de lui, mais il ne dit rien.
Harry se laissait faire, se laissait découvrir par ses soins.
Un gémissement appréciateur lui parvint quand il laissa ses doigts parcourir le sexe tendu de son unique. D'un doigt, il retraça une veine, laissa un autre glisser sous le membre puis remonter jusqu'au gland rougis, caressa la fente et cueillit une goutte de la semence de son amant. Sa main libre attrapa celle d'Harry et Severus s'allongea sur le dos, attirant le premier contre lui.
Harry vint enfouir son visage dans son cou, embrassant la peau déjà plus que réceptive alors qu'il entreprenait de débarrasser l'homme se son pantalon à son tour. Severus regarda son amant faire, le souffle court à chaque fois qu'Harry s'amusait à frôler de son corps son érection cachée, le provoquant à tous les coups. Rapidement, son boxer rejoignit le pantalon, les chaussures, puis ses chaussettes connurent le même sort.
Les yeux fermés, plus que durement, Severus ne pouvait s'empêcher d'avoir encore honte d'être aussi nu devant Harry, Contrairement au vampire, il n'était pas musclé. Il était maigre et couvert des traces de ses erreurs, des marques de son enfance dû à son géniteur et à l'incapacité de sa mère de le protéger.
Une main douce caressa sa joue pendant qu'un corps aussi nu que le sien se pressait contre lui, lui arrachant une plainte de plaisir lorsque l'autre pénis éveillé frôla le sien. Harry en profita pour l'embrasser, ondulant ses hanches contre les siens, les faisant doucement gémir au travers leur baisé.
La main libre d'Harry attrapa l'une des siennes, liants leurs doigts. De la sienne, Severus caressa le dos du vampire puis la nuque. La chaleur dans ses reins se faisait de plus en plus brûlante et Harry ne faisait rien pour calmer ce brasier interne. Severus hoqueta, cambra le dos lorsqu'une main froide glissa entre leurs corps pour se saisir de leurs érections, les serrant l'une contre l'autre tout en les caressants dans un doux va et viens lent, presque douloureux.
- « Harry… »
Le nom gémis se répéta dans la bouche de Severus qui avait fermé les yeux, cherchant à maîtriser son corps qui échappait à son contrôle. Ses hanches bougeaient seules, cherchant le plus de contact possible avec cet autre corps, avec cette main qui provoquait tant de sensation dans chaque parcelle de son propre corps.
Severus sentit Harry s'éloigner de lui et entrouvrit les yeux justes à temps avant de voir le vampire prendre en bouche son sexe plus qu'excité.
Son souffle se coupa, ses yeux se fermèrent et Severus rejeta sa tête en arrière alors que son corps se cambrait favorablement à cette caresse buccale. Naturellement, ses mains agrippèrent les cheveux d'Harry alors que des bruits de plaisir sortaient de sa gorge, le genre de sons que Severus ignorait être capable de produire.
Ses hanches furent immobilisées par une main douce, mais ferme alors que son vampire jouait de sa langue et de ses lèvres. La première s'amusait sur son gland, s'enroulait autour de la hampe de chair alors que les deuxièmes se pressaient un peu plus fortement à sa base. Une main vint se saisir de ses testicules, les faisant rouler entre les doigts agiles qui les massèrent doucement.
Severus n'était plus que gémissements et supplications. Ses jambes s'étaient naturellement écartées et pliées, laissant l'entier accès à son amant qui en profitait. L'intérieur de ses cuisses était tendrement caressé, embrassé par moment et puis un peu plus écarté quand il les refermait sans réel contrôle sur son corps.
- « Harry… je vais… » gémis Severus, incapable de finir sa phrase alors que se cambrait, sentait son ventre se contracter alors qu'une profonde chaleur faisait bouillir ses reins.
Un cri de plaisir traversa ses lèvres alors que son corps s'arquait douloureusement et qu'il se déversait dans la bouche du vampire, happé par un orgasme qui l'assomma. Une langue caressa son sexe sensible, le nettoya, puis une bouche se posa sur son ventre et remonta doucement jusqu'à s'emparer de ses lèvres pendant que les mains fraîches d'Harry le câlinaient, il n'y avait pas d'autres termes pour décrire leurs caresses.
Haletant, à demi-conscient, Severus se laissait faire. Ses jambes se croisèrent naturellement à celles d'Harry lorsque celui-ci s'allongea sur sa personne, pressant son corps de nouveau contre le sien pendant qu'il l'embrassait dans le cou.
- « Respires profondément, lentement » murmurait-il contre sa peau et Severus devinait aussi clairement le sourire d'Harry qu'il sentait son érection pressée entre leurs deux ventres.
Lentement, l'enseigna émergea de son orgasme et sa respiration se calma. À son tour il caressa ce corps qui n'avait pas été comblé et qui ne demandait que cela, mais Harry ne se laissait pas repoussé, restant simplement là, poids plus que bienvenu dans les bras délaissé de Severus. Abdiquant, Severus lui caressa la nuque, jouant avec ses cheveux et dessinant des arabesques sur les omoplates de son amant.
- « Harry, laisses-moi te le rendre… » mais Severus se tue en sentant le sourire d'Harry s'élargir dans son cou.
- « Severus, tu te sentirais prêt à franchir le pas ? »
Le nommé se figea dans ses gestes, comme sa respiration, durant quelques secondes durant lesquels il se posa lui-même la question. Pendant ce temps, Harry lui caressait le flanc gauche, retraçant sa cicatrice. Ce qui fit réalisé à Severus que la blessure d'Harry n'était plus visible, même si guérie depuis longtemps. Encore un sort de dissimulation ?
- « Je me sens prêt, Harry » murmura Severus en fermant les yeux. « Je ne te cacherai pas mon appréhension… »
Parce qu'il n'ignorait pas qu'il ressentirait de la douleur, mais devinait qu'elle serait moindre qu'un doloris de Voldemort. Harry l'embrassa tendrement et son nez se frotta contre le sien, incitant l'enseignant à rouvrir ses obsidiennes, retombant dans le regard cramoisie d'Harry qui souriait.
- « Ça va aller, il faut juste que tu te détendes d'accord ? » lès lèvres d'Harry se posèrent sur son front. « Alors glissons-nous sous la couette, parce que je ne crois pas que nous aurons la force de le faire après. Je refuse que tu prennes froid parce que nous serons épuisés par le sexe… »
Rougissant furieusement, alors que s'était la vérité pure, Severus imita son amant et se glissa sous les draps qui furent cependant repousser à leurs pieds sous le regard amusé d'Harry et légèrement confus de Severus. Non mais ce sale gosse ne savait pas ce qu'il voulait ?
- « Severus, nous nous cacherons sous les draps après, sinon nous allons mourir de chaud… » l'amusement dans la voix d'Harry le renfrogna légèrement, mais son vampire se fit pardonner d'une douce caresse sur son membre qui commençait à s'éveiller de nouveau. « Je t'aime »
Severus le regarda et sourit avant d'attirer son vampire contre lui, frémissant en sentant le sexe plus qu'éveillé de celui-ci contre sa cuisse et la sensation humide qui l'accompagna lui déclencha un autre frisson. Doucement, Harry se détacha de lui avant de prendre un oreiller. Une main sur sa hanche fit savoir à Severus qu'il devait soulever son bassin, ce qu'il fit sans poser de question, malgré qu'Harry lui offre la réponse.
- « Ça sera plus confortable pour toi »
À genoux entre ses jambes, Harry lui embrassa l'intérieur du genou, caressa de nouveau l'intérieur de ses cuisses. Severus était tiraillé entre deux pensées. « Est-ce qu'il me fait languir » ou « Est-ce qu'il prend son temps pour me laisser à moi du temps ? ». Mais son esprit se perdit quand Harry se saisit d'une main de son pénis, caressant son sexe délicatement.
Naturellement, Severus ferma les yeux, appréciant le geste, mais son corps se tendit lorsqu'un doigt caressa son… et bien son anus. Pourtant Harry ne le pénétra pas, faisant que masser son entrée de son pouce tout en le caressant pour le détendre. Puis tout s'arrêta.
Grognant légèrement, Severus entrouvrit un œil, juste assez pour voir Harry penché vers la commode, ouvrir le tiroir et en sortir une fiole avec un étrange liquide bleu royal.
- « C'est du lubrifiant Severus, je ne vais tout de même pas de pénétrer à sec… »
- « Je sais reconnaître du lubrifiant, Harry, même si personnellement je n'en ai jamais eu besoin jusqu'à maintenant » siffla presque Severus en rougissant. « Je te rappelle juste que je suis un maître de potion… »
Mais sa phrase mourra dans sa gorge lorsque son amant le pénétra d'un doigt, jusqu'à la première phalange après avoir versé sur ceux-ci une couche généreuse dudit lubrifiant.
- « Détends-toi, sinon ça sera douloureux… »
Refermant les yeux, Severus respira profondément pour se calmé, aidé par cette main qui jouait avec une certaine partie – bien réveillée maintenant – de son anatomie. Il sentit le doigt glisser entièrement en lui, puis bouger, alternant le pliage et la simple pénétration. Un second doigt le rejoignit, déclenchant une sensation désagréable, mais rien d'insurmontable.
Cependant il ne put retenir une légère grimace quand le troisième doigt rejoignit ses deux compères. Hors, le souffle de Severus se coupa une seconde lorsque son amant le reprit en bouche, chassant immédiatement la légère douleur qui se noya dans le plaisir.
Et puis Severus cria, de plaisir.
Son corps entier s'embrasa, sa vision tourna au noir complet et ses hanches échappèrent à son contrôle, rapidement retenue par la main ferme et libre d'Harry.
- « Je viens de toucher ta prostate, tout simplement. C'est elle qui te fait voir toutes ces étoiles » susurra Harry qui l'embrassa au creux d'une hanche avant de lui mordiller l'aine. « Lorsque je vais te pénétrer, je te mordrai. Tu te souviens de la sensation ? Ça occultera la douleur de ta première fois. Je refuse que tu souffres cette nuit, mais demain matin attends-toi à quelques douleurs lorsque tu voudras t'asseoir »
Malgré qu'il ait entendu, Severus était trop occupé à rester concentré sur ces trois doigts qui bougeaient délicieusement en lui, stimulant cette petite glande nommée plutôt. Mais il grogna de frustration lorsque ces derniers sortir de son corps alors qu'il était si prêt de la délivrance. Cependant, cela eut le mérite de le faire doucement redescendre sur terre. Il ne vit cependant pas son vampire verser du lubrifiant sur son sexe tendu.
Severus sentit Harry attraper ses mollets et les lever sur ses flancs. Severus entoura la taille de son amant de ses jambes alors que les mains d'Harry migraient sur ses hanches, les soulevant à son tour. Le trentenaire ne put s'empêcher de se tendre lorsqu'il sentit la pointe de l'érection lubrifiée d'Harry contre son entrée.
Rouvrant les yeux, Severus regarda Harry se pencher sur lui. D'une main, il attrapa la nuque du vampire et l'embrassa avant de lui offrir son cou. Il ne put s'empêcher de répéter pour la troisième fois « Je te fais confiance » avant que les canines ne se plantent dans l'importante veine de son cou.
Les effets ne se firent pas attendre et son corps se cambra alors qu'un gémissement traversait ses lèvres. Il ne rêvait pas ! La sensation était plus intense que dans l'infirmerie. Une petite douleur aiguë le fit grogner d'inconfort alors qu'il sentait Harry le pénétrer, lentement. Ce dernier s'arrêta en l'entendant et lécha la peau dans sa bouche, mordant un peu plus fort son cou avant de finir de le pénétrer lorsqu'il sentit Severus complètement détendu.
Harry lui lâcha le cou moins d'une minute plus tard, léchant la peau délicieusement meurtrie, récupérant encore un peu de sang alors que Severus s'habituait à ce corps étranger en lui et, surtout, là. S'était étrange, légèrement inconfortable et à la fois tellement bon. Le potioniste se sentait complet, et curieux. Doucement, il contracta son ventre et ses muscles internes, s'attirant un regard tout aussi curieux de son amant qui sourit.
- « Comment tu te sens ? »
- « Bien… »
Severus sourit lorsqu'Harry posa son front contre le sien et ferma les yeux.
- « Ne me demandes pas de bouger, laisses-toi encore une minute pour que ton corps s'habitue et évites de te contracter comme ça autour de moi ou tu vas me faire jouir » susurra Harry contre ses lèvres, faisant rougir les pommettes de Severus.
Severus tenta de rester détendu et de ne pas bouger durant cette minute, cependant l'envie que son amant bouge était de plus en plus forte. Il ne put résister à bouger légèrement des hanches, tentant de rapprocher encore plus son corps brûlant de celui frai de son amant. Durant une seconde, Severus se demanda comment Harry pouvait être aussi froid dans un tel moment, mais cette question disparu alors que le vampire sortait de son corps avant de le reprendre d'un seul coup.
Les yeux de l'homme s'ouvrir d'un seul coup et sa bouche s'ouvrit dans un cri silencieux pendant que son amant bougeait lentement en lui et que ses mains caressaient son corps avec une sensualité plus que délicieuse, glissant sur chaque zone qui lui avait arrachée un gémissement plutôt.
Les lèvres dévorèrent son cou alors que ses ongles se plantèrent dans la chair tendre des épaules d'Harry, griffèrent au sang en descendant sur les omoplates alors que ses jambes se nouèrent à la taille du vampire, tentant de l'attirer plus profondément en lui. Ses hanches allèrent à la rencontre de celles de son amant, arrachant un grognement approbateur à celui-ci.
De doux soupirs et gémissements emplirent la pièce, puis Severus ne pus retenir quelques supplications qu'Harry ignora, gardant un rythme douloureusement lent et langoureux. Le trentenaire se prenait quelques grognements amusés quand il tentait d'échanger leurs places ou bougeait un peu plus vite son propre bassin. Diable qu'Harry le faisant languir ! Il l'empêchait même de se toucher lui-même et évitait sa prostate en connaissance de cause.
Mais leur danse changea doucement de rythme, surtout lorsqu'Harry toucha enfin cette glande qui arracha un nouveau cri à Severus. Celui-ci arqua son corps, tenta de nouveau de l'approcher le plus possible de celui du vampire comme pour s'y fondre. Ce dernier, d'ailleurs, accéléra sa pénétration, allant se perdre de plus en plus profondément dans ses chairs, de plus en plus vite.
Severus ne pouvait que gémir, crier de plaisir quand le sexe dur en lui touchait sa prostate, griffait le dos à sang, mêlait ses doigts aux cheveux sombres et désordonnés de son amant qui perdait de plus en plus le contrôle sur ses mouvements.
Deux mains emprisonnèrent presque douloureusement ses hanches quand Harry se redressa pour attirer son corps vers le siens, se fondant encore plus loin dans son corps si cela se pouvait, alors que son bassin claquait déjà contre les fesses d'un potioniste perdu dans le plaisir.
La tête rejetée en arrière, ses cheveux noirs formant une sombre auréole autour de celle-ci et son corps arqué, couvert de sueur, Severus ignorait l'image de luxure qu'il offrait à Harry qui n'en perdait pas une miette. Ce dernier ce saisit finalement du sexe gonflé de sang de son amant qui cria encore plus de plaisir, imprimant la même vitesse de mouvement que ses hanches, sentant couler entre ses doigts le liquide pré-éjaculatoire de Severus.
Ce dernier gémissait, criait, suppliait Harry de le laisser venir. L'enseignant sentait l'orgasme monter en lui, mais alors qu'il arrivait à sa délivrance, Harry ralentit drastiquement le rythme, revenant à de lents et langoureux mouvements en lui, malgré qu'ils furent profonds sans jamais rater cette petite zone de plaisir en lui. Severus en échappa des larmes de frustration, mais Harry sourit en s'allongeant de nouveau sur lui, la tête enfouisse dans son cou.
- « Nous avons toute la journée et toute la nuit devant nous Severus, je veux éterniser notre première fois, mémoriser chaque gémissement, chaque moment où tu perdras le contrôle… »
Severus, de son côté redescendait doucement de son nuage, reprenait le contrôle de son corps sans perdre le plaisir et l'excitation.
- « Embrasses-moi ! » gémi-t-il alors qu'une bouche avide prenait d'assaut ses lèvres dans un baisé brûlant, contrastant avec leurs mouvements de bassins.
Une main tendre caressa sa hanche droite, remonta sur le flanc puis un bras qu'il força à s'étirer au-dessus de sa tête. Les doigts s'entremêlèrent, comme leurs langues.
- « Je te promet que tu seras en sécurité avec moi, pour l'éternité » murmura le vampire d'une voix grave, contre ses lèvres alors que de nouveau il changeait le rythme de leur danse. « Je t'offre tout de moi, je suis à toi… »
Harry lui arracha un cri entre le plaisir et la surprise alors qu'il se redressait sur ses genoux, serrant son corps contre le sien. Severus resserra ses jambes autour de la taille de son amant alors qu'Harry le reprenait en main, son autre bras dans son dos l'empêchait de tomber sur le lit.
Ils continuèrent ainsi, alternant la cadence, la force et les positions. Tantôt passionnés et vigoureux, puis tendres et langoureux, caressant l'autre corps comme s'il s'agissait de la chose la plus fragile du monde. Severus ne savait plus où donner de la tête, entre les douces paroles d'Harry qui lui promettait milles choses, en anglais et puis dans cette langue où il ne comprenait un seul traître mot, et puis les siens qui étaient désordonnés, suppliants puis répondants aux paroles de son amant avec du retard. Le temps qu'elles lui montent au cerveau.
Soudainement, Severus sentit Harry rouler dans le lit et la seconde suivante il était assis sur les hanches de son vampire qui n'avait cessé de le prendre. Les mains sur le torse réchauffé d'Harry, Severus bougea lui aussi. Se soulevant et s'empalant lui-même sur ce sexe épais en lui qui lui faisait voir les étoiles. Les mains sur ses hanches l'abaissaient au rythme qu'il choisissait et qui se faisait de plus en plus irrégulier.
Son regard obsidienne perdu dans les deux grena d'Harry, enivré de leurs gémissements, du plaisir brut qu'ils partageaient. Mais un coup de hanche plus fort d'Harry lui arracha un nouveau cri. Rejetant la tête en arrière, fermant les yeux, Severus fini par entièrement s'abandonner aux mains d'Harry dont l'une venait de s'emparer de nouveau de son érection, mais cette fois Severus savait qu'Harry ne ralentirait plus.
Le plaisir monta douloureusement en lui et Severus se libéra au creux de la main de son amant, criant son nom alors qu'il se tendait et que tous les muscles de son corps se contractèrent. Il entendit Harry crier son nom alors qu'il le sentait se libérer profondément en lui.
Severus s'écroula sur le corps du vampire, vaincu par ce second orgasme qui l'avait vidé de ses forces.
Les yeux clos, haletant, Severus sentit Harry se retirer avec précaution avant que ses mains ne caressent son corps. De ses fesses jusqu'à sa nuque, des omoplates aux flancs. Le nez de son amant était enfouit dans ses cheveux et Severus le devinait en train d'humer leurs odeurs mélangées.
Il sentit une couverture être tirée sur son corps et deux bras l'entourer tendrement pendant qu'une main se perdait dans ses cheveux. Lentement, sa respiration retomba et Severus réalisa qu'Harry lui parlait.
- « … doucement Severus, là, respires profondément. Je serais toujours là pour toi, partout où tu seras, n'importe quand. Je t'embrasserai sous la pluie, chasserai tes cauchemars, tuerai ceux qui te menaceront... »
Trouvant la force il ne sait où, Severus se redressa sur ses coudes et fit taire son vampire d'un baisé.
- « Je t'aime » murmura Severus avant de poser sa tête au creux du cou frais d'Harry, qui le gardait dans ses bras.
Il devina plus qu'il n'entendit la réponse de son amant, sombrant dans le sommeil alors qu'une main tendre caressait sa nuque et que les doigts de cette dernière s'enroulaient à ses cheveux humides de sueurs. Il était comblé et vidé de toute énergie, mais plus que tout, Severus se sentait enfin complet.
Eh oui, le premier lemon de l'histoire o/ Après 10 chapitres + 1 prologue, je me suis dit que l'attente avait assez durée. Et va savoir pourquoi, je l'ai écrit sur One more time de Really slow motion (Beautiful Emotional Vocal), c'est d'ailleurs de cette chanson qu'est tiré le titre "Touch me with your soul". En espérant que ce chapitre vous aura plus ;). Et c'est moi où je l'ai fait long cette scène de sexe x'D?
C'est mon premier lemon pour être franche, dans une fiction...
À la semaine prochaine ;)
