CHAPITRE XI
Elle resta un moment interdite. La sensation de son souffle toujours présente contre sa peau. L'impression tenace qu'il avait déposé un baiser dans son cou. Et ces interrogations... Que voulait-il bien dire ? Était-ce un jeu pour lui ? Pouvait-elle se permettre d'espérer ?
Elle fut bien vite tirée de ses rêveries. L'orchestre s'était mis à jouer et, comme elle l'avait prédis, elle était plus que sollicitée. Elle accorda la première danse à l'un de ses plus anciens donateurs. Âgé, respectueux, prévenant, il était pour elle la sécurité.
Les minutes passaient, les chansons défilaient. Assis au comptoir, il regardait avec agacement la piste de danse. Tous les hommes se pressaient pour valser avec la jolie directrice. Il ne pouvait leur en vouloir... jusqu'à présent, tous s'étaient montrés corrects. Pas de mains baladeuses, pas de baisers volés. Mais quand vint le tour de Hocard, il sentit que les choses allaient s'envenimer.
Il ne restait plus que lui, comment lui refuser... Elle se laissa guider sur la piste en espérant que les trois prochaines minutes passeraient à la vitesse de l'éclair. Quand il la prit par la taille, elle ne put que remarquer en souriant qu'elle le dépassait d'une bonne tête. Mais elle remarqua également sa main qui glissait de plus en plus bas. Elle remua, le forçant à la replacer plus convenablement. Quelques instants plus tard, même cirque.
« Sortez votre main de là ! »Exigea-t-elle entre ses dents.
« Ou quoi ? »
« Je vous casse le bras. » Elle ne plaisantait pas. Elle suivait tous les ans pendant deux mois des cours de self-défense. Et elle n'hésiterait pas à s'en servir !
« Voyons, Dr Cuddy, vous ne voudriez pas créer un esclandre. » Menaça-t-il dans son cou, tout en accentuant sa prise sur sa fesse.
« Je vous jure que... » Marmonna-t-elle en le repoussant. Et elle le vit, son sauveur.
Il lui tendit la main. « Puis-je avoir cette danse ? » Demanda-t-il, galant.
« La chanson n'est même pas finie ! » Objecta le goujat.
« Oui. » S'interposa la principale intéressée, se glissant dans les bras bienveillants de son ancien amant. Celui-ci les referma complètement sur elle. L'accueillant, l'enveloppant, la protégeant. Et elle se laissa aller, complétement. Oubliant tout, de l'altercation, à la salle bondée. La tête sur son épaule, leurs mains jointes sur son torse, elle était au paradis. Elle releva brièvement la tête, rencontrant son regard. « Merci. » Lui murmura-t-elle.
Il déposa un baiser sur le sommet de son crâne et resserra légèrement sa prise. Il voulait qu'elle se sente en sécurité. Et profiter de la sensation unique de l'avoir dans ses bras. Il cala alors sa tête contre la sienne et ferma les yeux, se laissant emporter par la musique.
Combien de chansons étaient passées ? Il ne saurait le dire. Le temps et l'espace n'avaient plus aucune signification pour lui, pour eux. Il venait de remarquer qu'elle fredonnait. Il tendit l'oreille, plus attentif à la voix de Lisa qu'à celle forte et majestueuse de la chanteuse.
Forgive me
Is all that I can say
Weeks go by and still
Words don't come easily
Like Forgive me forgive me
Son cœur se serra lorsqu'il rencontra les yeux humides de la jeune femme. Elle était bouleversante de sincérité et de fragilité. Elle se mettait à nue, le suppliait de la pardonner. Qui était-il pour ne pas entendre sa requête ? Il déplaça sa bouche jusqu'à son oreille et reprit de sa voix rauque.
But you can say Baby
Baby can I hold you tonight
Maybe if I told you the right words
At the right time, you'd be mine
Il l'entendit renifler et l'enlaça un peu plus fort contre lui. Il se pencha et déposa une pléiade de baisers sur sa nuque dégagée. Elle avait toujours cette odeur de bébé, sa peau conservait un goût sucré. Elle se tourna vers lui, ses grands yeux rougis.
Like I love you I love you
Ils se fixaient. Ni l'un ni l'autre ne pouvait bouger, parler. La chanteuse résumait leurs pensées, mais ils n'avaient pas encore le courage, la force de le dire avec leurs propres mots. Alors, ils se regardaient, sans bouger.
Lorsque la chanson fut finie, House prit l'initiative. La main dans la main, il l'entraina à l'extérieur de la pièce, récupérant au passage sa canne. Lorsqu'ils furent, enfin, dans le couloir désert, il se retourna. Lentement, très lentement, il porta ses mains à son visage. Ses lèvres à sa bouche. Elle laissa échapper un long soupir avant de passer ses bras autour de son cou. S'accrochant à lui et ses lèvres comme si sa vie en dépendait.
Leur premier baiser fut lent et doux. Plein de tendresse et d'amour. Le suivant plus passionnel. Les autres, carrément fusionnels. En un temps record, et sans trop savoir comment, ils se retrouvèrent dans le bureau de la doyenne.
Une fois la porte fermée derrière eux, ils restèrent un instant à s'inspecter. Devaient-ils aller plus loin ? Était-ce vraiment raisonnable ? La passion l'emporta. Ils se retrouvèrent rapidement bouche à bouche pour une nouvelle série de baisers plus passionnés les uns que les autres. Une veste tomba au sol, des mains se firent plus entreprenantes. Elle glissa ses lèvres dans son cou. Embrassant, mordillant, suçotant alors qu'elle s'empressait de défaire les boutons de sa chemise.
« Oh, Lisa... » Gémit-il alors qu'elle croquait doucement le lobe de son oreille. Elle lui faisait perdre la tête, il devait reprendre contenance. Il l'embrassa avec fougue et la fit reculer, la coinçant entre le bureau et lui. Il passa alors ses lèvres de son cou à ses épaules.
« Tu m'as tellement manqué… » Soupira-t-elle en le serrant fort contre elle. Elle ne voulait plus jamais le laisser partir, maintenant qu'elle l'avait retrouvé. Elle sentit sa bretelle glisser, son zip coulisser. Une bouche prendre d'assaut sa poitrine nue. Elle dut le lâcher d'une main, pour mieux se retenir contre le bureau.
Il sentit dix petits doigts s'activer sur sa ceinture. Il retint sa main. Il voulait prendre son temps, ne pas bruler les étapes. Mais elle protesta.
« J'ai tellement envie de toi... » Dit-elle d'une voix rauque. Il la regarda avec amusement et la laissa faire. Il glissa à son tour ses mains sous sa jupe pour lui retirer sa petite culotte. Laissant ses mains en place, il constata qu'elle n'avait pas menti.
Il la poussa légèrement, la faisant assoir sur le bureau, sa robe remontant autour de ses hanches. « Tu es sûre ? » Lui demanda-t-il, les yeux dans les yeux.
« S'il te plait. » Supplia-t-elle. Alors, il s'obligea. Une main sous ses fesses pour la garder près de lui, il entama une danse lascive entre ses cuisses. La pièce s'emplit rapidement de gémissements.
« Que c'est bon de t'avoir près de moi. » Avoua-t-il alors qu'elle le faisait prisonnier de ses jambes. Elle le regarda une dernière fois, les yeux chargés d'émotions, avant de l'embrasser, étouffant ainsi ses soupirs de satisfaction.
Elle venait d'atteindre le Nirvana, dans ses bras, une fois de plus. À sa plus grande surprise, elle remarqua qu'il ne bougeait plus. « Tu as... »
« Fini ? Oui ! » Avant d'ajouter d'un ton moqueur. « Tu étais tellement absorbée par ton propre plaisir que tu m'as complètement oublié. Je ne suis qu'un objet sexuel ! » Dit-il, dramatiquement, portant le revers de sa main à son front.
« Viens là. » Se contenta-t-elle de répondre en l'enlaçant. Ils restèrent dans cette position aussi longtemps qu'ils le purent. Profitant de la douceur de ce corps à corps, du bonheur de s'être retrouvé. Quand ils ne tinrent plus, Lisa s'échappa dans la salle de bains.
Quand elle sortit des toilettes, la pièce était vide. Son cœur venait, une nouvelle fois, de se briser en milles morceaux.
