Merci à Melior et à Cihanethyste pour leurs reviews ! En espérant que ce chapitre vous plaise !
Le soleil ne s'était pas encore levé, que l'étrange compagnie avait déjà quitté les monts-brumeux et leur étreinte glaciale. Lorsqu'ils franchirent en toute hâte les limites de Fangorn, l'aurore n'était qu'une mince ligne orangée, se fondant dans un ciel obscur et tout aussi voilé que les montagnes qu'ils avaient quittés.
De leur départ précipité au beau milieu de la nuit, Hermione se souvenait que c'était Boromir qui était venu les réveiller, alors que la lune en était encore à son zénith. Un réveil difficile, qu'elle, les garçons, ainsi que les Hobbits, auraient bien repoussé jusqu'au lendemain. Cependant, elle devina qu'une telle décision devait provenir d'Aragorn, et que leur halte prés du torrent, qui avait duré plus d'une journée, avait été trop risqué. Et les avait sans doute que trop retardés.
Alors qu'ils entraient sous le couvert des arbres centenaires, les jeunes sorciers, ralentirent quelque peu le pas, éreintés par le rythme soutenu de la compagnie. Une endurance qu'ils avaient décidément du mal à suivre, et voyant les autres s'enfoncer sans l'ombre d'une hésitation au sein de la forêt, ils échangèrent une œillade de découragement.
«Je n'en peux plus, lâcha Ron, reprenant difficilement son souffle.
- Tu n'es pas le seul» fit Harry dans un soupir. Puis alors qu'il posait sa main contre un tronc afin d'enjamber une racine, il leva les yeux et observa les arbres: «Vous sentez ça ? On se croirait dans la forêt interdite…»
Ron fronça les sourcils. Son ami avait raison. Quelque chose semblait émaner de la forêt et de ses sous-bois tortueux, nimbés de brume. Comme une présence planante et sombre. Quelque chose de sans doute bien plus dangereux que la vieille forêt de Poudlard.
«On n'a pas le choix, marmonna cependant le rouquin.
- Messires, dépêchez-vous ! » Les interpella à nouveau Sam par dessus son épaule. Ce dernier, rempli de sollicitude, avait prit l'habitude de les encourager gentiment, lorsque le trio ralentissait le pas. « Ou sinon, vous risquez de vous perdre…
- Et pourquoi vous ne pouvez pas tout simplement ralentir, grogna Ron.
- La forêt borde le domaine d'Isengard, répondit Frodon, se souvenant des nombreuses cartes de son oncle feu Bilbon. C'est là-bas que se trouve la tour de Saroumane, l'un des trois magiciens.
- Et puis il est dangereux de s'attarder dans cette forêt, grommela pour sa part Gimli, qui s'était finalement arrêté afin de les attendre. On dit qu'elle est plus vieille que les Elfes et que les arbres sont vivants. Qu'ils sont capables de marcher et qu'ils sont emplis de colère. Aussi, jeunes gens, restez sur vos gardes et ne les touchez points... »
À ces mots, Ron maugréa à nouveau, puis lança un regard en coin en direction d'Hermione. Cependant, la jeune femme resta silencieuse. Si elle paraissait inquiète, ce n'était pas tant à cause de leur proximité avec Isengard, ni même des paroles du nain. Mais plutôt à cause du silence d'Aragorn. Car le rôdeur avait pris le parti de l'ignorer, et ce depuis qu'ils s'étaient mis en marche. Une prise de distance, qui en son fort intérieure la blessait énormément. Cependant, au vu de son propre comportement depuis les mines, et de la déception qu'elle semblait lui avoir infligé, cela était légitime. Lequel des deux était le plus amer, elle ne saurait dire. Toutefois, elle savait qu'il faudrait tôt ou tard y mettre un terme, car ce malaise entre eux ne pouvait éternellement durer.
«Laisse-lui le temps, fit Harry, qui avait remarqué ses réguliers coups d'œil en direction du rôdeur.
- Justement, je ne pense pas que nous l'ayons » répondit la jeune femme, à la fois gênée et agacée de s'être fait surprendre.
Et d'autant plus de constater que son différent avec le Dunedain semblait être connu de tous. Ron se rapprocha.
« Tu es dure Hermione, chuchota-t-il. Essaye de le comprendre. Il t'a cru morte depuis presque dix ans. Tu es sa reine. Comment veux-tu qu'il ne soit pas déçu, lorsque tu lui jettes à la figure que tu n'as plus rien à avoir avec ton monde d'origine…
- Je rêve, ou tu prends sa défense ?! s'indigna Hermione.
- J'essaie juste de me mettre à sa place ! Se défendit le rouquin dans un haussement d'épaule.
- Et bien ne le fais pas !
- N'oublie pas qu'il était prêt à mourir pour toi, dans les mines, insista à son tour Harry, au grand damne de la jeune femme. Ce n'est pas rien...
- Mais je ne lui ai rien demandé !» Se hérissa-t-elle, oubliant pour le coup toute discrétion.
Elle ne voulait pas de sa loyauté. Elle ne voulait pas être ce qu'il espérait. Et elle voulait encore moins rester dans ce monde. Elle voulait rentrer chez elle. C'est ce qu'il leur avait promis, la raison pour laquelle ils avaient décidé de le suivre jusqu'à Minas Tirith. Et pas pour s'impliquer dans une guerre. Harry et Ron n'avaient rien à avoir avec ça. Et même si l'idée de jouer les héros ne leur déplaisait pas, en stupide Gryffondor qu'ils étaient, ce n'était pas son cas à elle !
Plus en avant, sans que les jeunes sorciers ne s'en doutent, Aragon avait tout entendu. Cependant, il resta silencieux et continua de marcher comme si de rien n'était. Conservant l'impassibilité dans laquelle il s'était muré. Toutefois, un œil attentif aurait remarqué le crispement de sa mâchoire, ainsi que l'ombre qui avait assombri son regard. Devant lui, Legolas, ouvrait la marche d'un pas léger et silencieux. Soudain, il s'immobilisa. Puis à l'affût, l'elfe fixa les ombres profondes de la forêt, d'un air subitement troublé.
«Que se passe-t-il ? S'inquiéta aussitôt le rôdeur.
- Un mauvais pressentiment, répondit l'elfe, ses yeux bleus plissés d'inquiétude. Quelque chose approche. Une présence...
- Les bergers de la forêt ? Espéra Aragorn, songeant aux anciennes légendes qui entouraient Fangorn.
- Non. Quelque chose de sombre. De bien plus sombre que la forêt elle-même » Murmura Legolas. Une seconde passa et son inquiétude sembla s'accroître. Ses yeux s'écarquillèrent soudainement: « Les sorciers ! Souffla l'elfe. Ils sont ici ! »
Aussitôt, Aragorn se retourna et scruta à son tour la forêt. Cependant, mise à part la compagnie, il ne descella rien d'autre qu'un silence oppressant. Pas le moindre mouvement. Même la brise légère qui circulait jusqu'alors entre les arbres semblait d'être tue, de même que les chuchotements des Hobbits, qui profitant de cette courte halte, s'étaient assis à même le sol. Seul Gimli et Boromir, entendant les paroles de Legolas, étaient sur leurs gardes et observaient les alentours comme si le danger pouvait surgir de derrière n'importe quel arbre. Ron pour sa part, inconscient de la menace, fit mine de vouloir s'éloigner. Boromir l'interpella aussitôt :
«Où comptez-vous aller ?
- Désolé, mais je dois faire quelque chose que vous ne pouvez pas faire à ma place !» Répondit le rouquin avec entêtement. Puis sans attendre la réponse du Gondorien, il s'éloigna de quelques pas, s'engageant dans un léger fossé creusé par quelques racines noueuses.
« Ron, non ! Attendez ! » Cria aussitôt Legolas.
Au même instant, un flash éblouissant traversa la forêt de part en part. Surpris, le jeune sorcier immobilisa brusquement. Et face à ce qui se dressait désormais devant lui, il recula aussitôt, manquant de trébucher contre les racines.
« Merde ! »
Tous les regards se tournèrent vers lui. Cependant, seuls Hermione et Harry furent capables de percevoir ce qui faisait face au jeune homme. Une silhouette blanche et sans visage, irradiant de lumière et de puissance, à la fois lourde et écrasante. Et à l'instar des garçons, Hermione sentit toute couleur déserter son visage.
Au même instant, survint un nouveau flash, et les Hobbits se levèrent d'un bond. Puis les traits à leur tour déformés par la peur, portèrent soudainement les mains à la tête. Car à leurs oreilles, une voix susurrait des mots qu'eux seuls étaient capable d'entendre. Une voix à l'intonation chaleureuse, qui inspirait à l'amitié :
« Sam Gaggie le brave, n'est-ce pas ? Pensez-vous être de ceux, dont les récits, ont bercé votre enfance ? Pensez-vous être un héros courageux, qui ne recule devant rien ?...»
Les yeux écarquillés Frodon, Merrin et Pippin, s'entre-regardèrent.
« Et vous autres, jeunes et insouciants Hobbits ? Que pouvez-vous bien faire ici, si loin de chez vous ? Sachez, que c'est la mort, qui se tient tout au bout de votre quête. Car celle-ci est vaine et sans espoirs... »
Un nouveau éclaire illumina la forêt. Cette fois, une deuxième silhouette, identique à la première, visible et audible de tous, apparu en plein milieu du groupe, provoquant un mouvement de recul et de panique. Harry et Ron tirèrent aussitôt leurs baguettes.
« Qu'est-ce que… ! S'écria Gimli, brandissant aussitôt sa hache.
- Et vous maître nain ? Fit aussitôt l'apparition. Vous, dont les frères ont quitté cette terre, s'enfonçant loin sous les montagnes. Pourquoi rester ici ? Pourquoi vouloir protéger des êtres qui n'ont cure des malheurs de votre peuple et de ce monde ? »
Le nain jura, puis avec force frappa l'apparition. Or, sa hache passa au travers.
« Ce sont des illusions ! S'écria aussitôt Legolas en bandant son arc.
«...Aragorn, fils d'Arathorn, poursuivit-elle, cette fois d'une voix sarcastique, froide et aux intonations métallique.Espoirs des peuples libres et des hommes, mais qui lui-même n'en a point. Le visage du rôdeur se durcit. Vous ne pouvez croire que cette enfant sortie de l'ombre, ira un jour s'asseoir sur le trône du Gondor. Elle ne sera jamais couronnée Reine, elle n'a que faire de cette terre… ! Et qu'espérerez-vous donc, la convaincre, et la séduire avec de nobles paroles ? Alors que vous-même avez refusé le trône lorsque celui-ci était à votre portée ?»
Malgré elle, Hermione ne pût s'empêcher de lancer un regard stupéfait en direction du rôdeur, de même que Ron et Harry, ainsi que les Hobbits. Boromir, Legolas et Gimli, quant à eux, restèrent impassibles.
« Abandonnez cette quête vaine de sens. Abandonnez-la, comme elle vous a abandonné, il y a si longtemps. Brisez le serment que les Dunedains firent par le passé et regagner votre liberté ! »Susurra l'illusion aux traits indistincts.«Devenez ce roi dont tous ont besoin et faisons la paix….»
Le visage dur, le rôdeur porta une main à son épée. Puis se tourna vers Hermione, et la dévisagea avec une effrayante gravité. Instinctivement, Hermione fit un pas en arrière, et dans sa manche, ses doigts se refermèrent sur sa baguette.
« Aragorn, prévint Legolas. Il ne va pas tarder à apparaître... »
Sans quitter la jeune sorcière des yeux, le Dunedain hocha la tête, tirant peu à peu Anduril de son fourreau. Boromir et les Hobbits en firent de même. La lame de Frodon était bleue. Au loin, dans les profondeurs de la forêt, commença à retentir les pas lourds d'une troupe en marche. Il n'y avait plus d'échappatoires.
« Hermione, prononça alors Aragorn d'une voix sourde.
Livide, la jeune femme sentit son cœur se serrer d'une douloureuse appréhension.
« Vous devez fuir. Maintenant »
Elle hocha la tête. Cette fois, pas question pour elle de rester et de se battre. Par la dureté de son expression, qui l'effrayait tant, le rôdeur le lui interdisait. Sa main se resserra sur sa baguette. Les illusions commencèrent à décliner. Hermione put alors entrevoir le visage de celui qui les avait piégés.
Gandalf. Ou du moins, quelque chose qui lui ressemblait. Différent du magicien gris de ses souvenirs, conseillé sage et avisé, qui chevauchait autrefois sur cette terre pour apporter aide et conseil. Mais en même temps semblable à celui qui, d'un coup de bâton, le faisant claquer au sol avec force, avait fait s'effondrer le plafond d'une salle obscure sur sa mère et toute une garnison de soldats. Une version dénaturée, dont la raison avait été remplacée, de force ou de grès, nul ne le saurait jamais – par la folie. La source de son pouvoir, dangereusement mortelle, avait été libérée. Consumant son humanité toute entière. À ses yeux, le magicien d'autrefois, ami de son père, était mort, remplacé par quelque chose d'inimaginable et qui était devenu l'un de ses pires cauchemars. Cauchemars auxquels elle refaisait désormais face, après dix années de fuite.
« Hermione ! »
Un éclat de voix qui la sortit de sa torpeur. Harry ainsi que les hobbits s'étaient éloignés. Ron était en train de la tirer par la main, et Aragorn la regardait toujours avec gravité, son épée à présent tirée.
« Courez ! Ordonna-t-il dans un murmure. Et ne vous retournez pas... »
Elle déglutit. Puis entraînée par Ron, recula. Manquant de trébucher tant elle était incapable de quitter le rôdeur des yeux. Cependant, la silhouette qui se dressa derrière lui, et le murmure glaçant qui résonna soudainement à ses oreilles, la convainquit de se retourner définitivement.
« Cours petite Morwen, cours !…Si tu veux échapper à ton destin.» Un rire sinistre.
Et comme si le charme qui les tenait immobiles fut rompu, Aragorn et Borimir, Legolas et Gimli se retournèrent vivement. Faisant face au véritable magicien, qui d'une vélocité peu commune, les repoussa d'un mouvement de bâton, brisant le trait de Legolas ainsi que la hache de Gimli. Les épées d'Aragorn et de Boromir, quand à elles, flamboyèrent d'un feu soudain, les forçant à lâcher prise.
« Pensez-vous réellement que vos armes peuvent m'atteindre ? » fit le vieillard d'une voix puissante. « Nul ne peut être assez puissant pour espérer nous blesser ! »
Son aura étincelante, aussi brillante qu'une étoile, les aveugla. Avec incrédulité, Aragorn leva une main, tentant d'apercevoir le visage de l'apparition. « Qui êtes-vous ? Cria-t-il. Montrez-vous ! »
«Autrefois, mon nom était Gandalf le gris. Puis je suis passé par les voiles de la mort elle-même. Dorénavant, je suis Gandalf le Blanc... »
Et à ces mots, son visage leur apparu, sage et terrible. Sous ses sourcils épais, ses yeux brillaient d'un éclat que tous redoutèrent. Celui d'un esprit voilé et déséquilibré, en proie à l'illumination ultime. Persuadé de sa supériorité et de son bon droit, de son savoir.
« Ici, déclara-t-il, s'arrête votre quête. Vous n'avancerez pas plus loin. Laissez derrière vous Morwen et repartez... »
Disant cela, il observa attentivement Aragorn, lequel, s'avança d'un pas. « Jamais ! »
« Vous ne pourrez la sauver, fils d'Arathorn. Et votre cœur, le sait parfaitement.» Rétorqua le magicien en souriant, ses yeux bleus pétillants étrangement. « Mais si tel est votre choix, alors périssez... »
À ces mots, comme une toile d'araignée délicate qui se rompt, le sortilège se déchira et le silence oppressant de la forêt fut soudainement remplacé par une myriade de cris rauques et bestiaux. Au loin, émergea peu à peu, d'entre les arbres, une horde de silhouettes massives et imposantes, à la peau brunâtre et aux yeux jaunes, injectés de sang. Leurs armures de métal résonnant avec fracas au rythme de leurs pas.
« Vous avez entendu le maître ! Trouvez la sorcière et ses amis. Tuez-les autres ! » Rugis l'Uruk-Haï de tête qui les dirigeait, et dont le visage était marqué d'une main blanche.
Aragorn se détourna alors du magicien et s'avança à leur rencontre. Résolu. S'il devait périr, alors que cela soit en cet instant, pour protéger Hermione. Sur ces pensées, le rôdeur leva la lame de son épée à son visage, apparaissant à cet instant fier et majestueux, à l'image des rois et reines d'antan. Puis il se mit à courir, entraînant dans son sillage Legolas et Gimli.
En réponse, les orcs chargèrent aussitôt, et quelques secondes plus tard, le choc des épées retentit alors dans toute la forêt.
La peur. La peur qui lui tordait le ventre et qui donnait des ailes. Sous l'afflux d'adrénaline qui circulait dans ses veines, Hermione avait l'impression de voler. Dans son dos, Ron et Harry, tentaient de la suivre, zigzaguant entre les arbres, toujours plus vite. Manquant de trébucher à plusieurs reprises, lorsqu'ils osaient se retourner afin de lancer des sorts cuisants afin de ralentir leurs poursuivants. Lesquels, surgissant de partout, les forçaient sans cesse à changer de direction, les rabattant, comme s'ils étaient du gibier. Désorientés, ils avaient perdu de vue la lisière de la forêt. Sortir de Fangorn n'était plus envisageable. Pas plus qu'une issue favorable à cette chasse impitoyable.
Alors que le rôdeur, l'elfe et le nain tentaient de défaire un nombre toujours grandissant d'Orcs, Boromir suivait Pipin et Merrin, qui tentaient de retrouver les trois jeunes gens. Une chose aisée, au vu des nombreuses silhouettes massives et étendues au sol. Mortes ou inconscientes, ils ne prenaient pas la peine de vérifier. Frodon et Sam, quant à eux, avaient pris le parti d'attirer sur eux, une poignée de poursuivants afin de les distraire de leurs véritables cibles, aidés en cela par leurs petites tailles qui se fondaient aisément entre les racines des arbres.
«Pippin ! » S'exclama soudainement Merrin, se saisissant du bras de son cousin. « Ils sont là-bas ! ». La forêt s'était quelque peu éclaircie, et les arbres plus espacés, laissaient filtrer la lumière chaude du soleil matinal, laissant apercevoir d'anciennes ruines, au fond d'une combe, que les jeunes gens traversèrent en courant.
L'épée à la main, Aragorn courait également. Fendant les chaires et les os, les corps qui lui faisaient barrage. La majesté et la grâce l'avaient totalement déserté. Le visage et les mains sanglantes, ne restait de lui, plus que l'homme, enfiévré, combatif et déterminé. Agressif à la seule idée d'imaginer le pire. D'imaginer la jeune femme et ses amis, étendus et sans vie. De la perdre. Une fois encore...
Boromir, Merrin et Pippin arrivèrent à hauteur des trois sorciers. Les hobbits se saisirent de pierres et de gravas, torpillant les Huruk-Haï passant à leurs portées. Gestes auxquels Ron jeta machinalement un coup d'œil par-dessus son épaule. Un mouvement qui lui fut fatal, son pied se prenant brusquement dans une racine. Il s'étala au sol, lâchant malgré lui sa baguette.
«Ron ! »
Harry se retourna et se précipita pour l'aider à se redresser. Or un Huruk-Haï, les apercevant, couru droit sur eux. Lourd et puissant, entraîné par son propre poids et pas l'inclinaison du terrain. Ses bras soulevant une hache massive, au tranchant teinté de sang séché.
«Harry ! » Cria avec effroi Ron.
Le jeune homme se retourna. Il n'eut pas le temps de brandir sa baguette. En quelques seconde, l'Huruk-Haï était sur eux, brandissant sa hache au-dessus de sa tête. Lorsque soudain, Boromir surgit et s'interposa, arrachant l'arme des mains du monstre et lui assena un coup de genou entre les jambes. L'orc s'effondra à terre, et le Gondorien l'acheva d'un coup à la tête. Boromir se tourna vers les sorciers.
« Allez ! » Leur ordonna-t-il, leur faisant signe de fuir.
Blêmes, ils se redressèrent, puis voyant une poignée d'Uruk-Hais charger Boromir, ils se retournèrent et s'enfuir.
Loin devant, Hermione courait toujours. Le souffle court et le cœur battant à tout rompre, elle se savait pourtant désormais cernée. En dépit de ses efforts, des sorts qu'elle jetait par-dessus son épaule. Explosions retentissantes qui repoussaient autant qu'elles attiraient d'assaillants, toujours plus nombreux.
Devant elle, à une centaine de mètres, une ligne infranchissable de silhouettes noires et massives.
Désespérée, elle s'immobilisa alors, cherchant, espérant en vain, une direction où fuir. C'en était fini. Ne restait plus que sa volonté et son courage. La force de se battre et de résister. Jusqu'au bout.
Elle ignorait où étaient Ron et Harry. Pas très loin, si elle se fiait au bruit des sorts qui heurtaient les armures de métal, les arbres. Elle-même ne cessait d'en jeter. Mouvements secs et vif, aussi tranchant que ses sorts de découpe, d'expulsion, de feu et de désarmement. Tout y passait. Pas suffisamment efficace toutefois, face au nombre qui déferlait et qui peu à peu l'encerclait.
Jusqu'à l'inévitable.
Deux bras, puissants se refermèrent brusquement sur elle. La soulevant du sol. Avec fureur, elle se débattit, battant des jambes. Sous les rires gras et rugissements rauques, une main griffue lui saisit le bras, lui tordant le poignet et forçant la prise de ses doigts pour lui arracher sa baguette. Par-delà sa panique, elle entendit les cris de Ron et d'Harry, au loin, et puis à travers la mêlé au loin, aperçu finalement ses amis, inconscients et traînés au sol.
« Non » cria-t-elle, blêmissant brusquement. « Harry ! Ron ! »
Elle hurla. Se débattant telle une furie. Tant et si bien que l'orc qui la maintenant faillit la lâcher. En elle, sa magie crépita brusquement, tel un feu intérieur et qui circula dans ses veines. Une vague d'énergie qui repoussa ses assaillants. Un rugissement puissant, perça l'agitation. La jeune femme se sentit défaillir. Face à elle, une silhouette immense venait de fendre le groupe. Il s'agissait de l'Uruk-Haï au visage peint, qui s'avança vers elle, avec un sourire effrayant. Et à ses côtés, se tenait Gandalf, qui l'observa avec amusement.
La jeune femme écarquilla les yeux.
« Bienvenue à la maison, Morwen… ! » Déclara le magicien en souriant.
L'instant d'après, Hermione reçu un violent coup à la tempe.
