Ben allons donc ! Me voilà de retour avec deux semaines de retard... Désolé, je sais que vous êtes nombreux à attendre la suite, mais j'ai eu pas mal de boulot ce mois-ci. Ca va se tasser, donc à priori vendredi prochain vous aurez le chapitre suivant :)
Je vous laisse à la lecture, merci à toutes et tous pour votre soutien, n'hésitez pas à laisser un commentaire et à follow si vous ne l'êtes pas encore ^^
Bonne lecture !
(Et évidemment, merci à L. qui corrige tout ça d'une main de maître, vous évitant des horreurs grammaticales, orthographiques et syntaxiques... MERCI MERCI ! )
-Zaxxe
Partie II
Première année à Poudlard, 1991-1992
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Chapitre 11 : Qui nescit dissimulare nescit regnare
– Qui ne sait dissimuler ne sait régner –
La voie 9¾ était encore déserte lorsque Harry Potter sortit du mur de briques séparant le monde moldu du monde sorcier. Ce mur n'était qu'une vulgaire illusion d'un banal pilier, sur laquelle on avait superposé des couches et des couches de repousse-moldus. D'ailleurs, toute la gare en était saturée : il en fallait un bon nombre pour détourner les esprits non-magiques de cette voie en particulier. Mais, si du côté moldu la gare était bondée en ce dimanche matin, les sorciers, eux, prenaient leur temps. Après tout, le train partait à onze heures, et ils pouvaient transplaner directement sur le quai quelques instants avant le départ.
Pourtant, en ce 1er septembre, le Poudlard Express était déjà là, rutilant, attendant fièrement sur sa voie que la marmaille qu'il allait emmener jusqu'en Ecosse daigne se présenter. Le Survivant fut le premier à y monter, à dix heures tapantes.
Harry Potter aimait être en avance. Mais surtout il aimait être le premier. Prendre possession des lieux, être comme un propriétaire qui visite sa nouvelle acquisition en toute tranquillité était extrêmement agréable. Il inspectait chaque compartiment, cherchant celui qui serait suffisamment agréable pour recevoir sa personne. Assez confortable, loin – très loin – de la locomotive hors d'âge et de son bruit insupportable, proche d'une sortie … oui, celui-ci conviendrait parfaitement. Refermant la porte d'un coup de baguette, il fit monter sa malle dans les immenses filets surplombant chaque côté du compartiment. Prenant place confortablement sur l'une des banquettes, il se fit la remarque que finalement, cette année s'annonçait sous les meilleurs auspices.
D'un nouveau coup de baguette, sa malle s'ouvrit et un épais dossier glissa sur ses genoux. Rita avait vraiment fait un très bon travail. Il faudrait penser à la récompenser par une prime, ou une augmentation de salaire. Le garçon feuilleta les innombrables pages du dossier jusqu'à un point précis, et reprit la lecture attentive qu'il faisait depuis déjà deux jours.
La journaliste s'était montrée extrêmement efficace, l'entretien qu'ils avaient eu quelques semaines auparavant avait porté ses fruits. A la fin de celui-ci, un serment inviolable avait même été prononcé – une initiative de Skeeter –, leur assurant sa loyauté et sa fidélité. Et quand quelqu'un vous propose un serment de ce type, il faut toujours le lui faire faire : ne jamais rater une occasion pareille !
Harry et Daphné l'avaient embauchée et, à eux trois, nuls doutes qu'ils allaient être des plus efficaces. L'Animagus scarabée leur avait révélé son petit secret, et c'était un sacré avantage. Elle pouvait s'infiltrer partout sans efforts. Harry n'était pas au courant de cela avant qu'elle ne le leur dise, il voulait seulement compter sur son soutien éditorial et son réseau… mais là, il avait tiré le gros lot. D'ailleurs leur collaboration avait déjà porté ses fruits, étant donné l'épais dossier qui reposait sur ses genoux. A l'intérieur, des informations confidentielles : en grande partie des copies des archives de l'école concernant tous les élèves y étudiant actuellement ainsi que les professeurs, photos à l'appui, sans parler des recherches qu'elle avait menées au mois d'août concernant les futurs élèves de première année. Harry mémorisait tout ce qui pouvait lui être utile.
Après tout, on n'est jamais trop prudents et, chez les sorciers, mieux valait être au courant du plus grand nombre de choses possibles. Dans une société composée de si peu de membres, il fallait choisir ses relations avec le plus grand soin possible.
D'ailleurs, l'une de ses relations venait de transplaner directement sur le quai, accompagnée de ses parents. Daphné était, comme d'habitude, très élégante dans une robe pourtant relativement simple. Elle les salua rapidement et monta dans le train, sans un regard en arrière.
De la fenêtre, Harry avait une vue parfaite sur tout le quai et avait suivi toute la scène.
- Ah t'es là ! s'exclama Daphné quelques instants plus tard, pénétrant dans le compartiment en souriant.
Il haussa un sourcil, puis sourit à son tour. Il était heureux de pouvoir la voir sans son masque froid et hautain qu'elle réservait pour toute autre personne que lui, même à ses parents. Surtout ses parents.
- Ouaip, je t'attendais. Notre amie commune a vraiment fait un boulot remarquable, lui dit-il en montrant le dossier sur ses genoux.
- Elle est douée, fit-elle en sortant un dossier identique de sa malle, très douée. Son… potentiel peut-être encore amélioré, je pense.
- C'est vrai. C'est pour ça que j'ai envoyé maître Hikari en Union Soviétique il y a deux jours, annonça Harry.
Il y eu un silence.
- En URSS ? s'étonna-t-elle, troublée.
- En URSS. Il y a une dizaine de jours, il y a eu une tentative de putsch à Moscou. A mon avis, le régime est trop faible maintenant pour survivre, et à cause des réformes de Gorbatchev, l'union implosera avant la fin de l'année. Mais bref, ce n'est pas l'Union Soviétique qui m'importe, c'est le KGB.
- C'est quoi ça encore ?
- Hum… L'une des agences de renseignement les plus efficaces au monde. Elle était dirigée par un certain Vladimir Krioutchkov, qui a récemment mis les ressources du KGB au service des putschistes…
- Et comme ils ont raté leur putsch… les dirigeants ont pris peur, c'est ça ?
- Ouaip, Gorbatchev a nommé un nouveau directeur, un général, Vadim Bakatine, qui a pour mission exclusive de dissoudre l'agence… Ce qui nous arrange, après tout. C'est un vrai bordel là-bas, le but c'est de récupérer la crème des agents soviétiques, peut-être une dizaine, et les rapatrier dans le manoir de l'Oxfordshire. J'y ai envoyé les elfes le remettre en état.
- Tu veux dire que…
- Oui, on aura notre propre agence de renseignements…
Si quelqu'un était rentré dans le compartiment à ce moment-là, il aurait trouvé deux pré-adolescents se regardant dans le blanc des yeux, un sourire machiavélique plaqué sur chacun de leur visage.
Un mouvement à la gauche d'Harry le fit se tourner : les premiers élèves venaient d'apparaître sur le quai. Sans un mot, Daphné se leva et sa valise la suivit, il était temps de se séparer. Rien ne devait laisser penser aux autres élèves qu'ils se connaissaient, qu'ils se côtoyaient. Harry rangea le dossier dans sa malle, et sortit la dernière édition de La Gazette du Sorcier qu'il commença à lire.
RENTREE CHEZ LES SORCIERS, RENTREE DE L'ELU ! par Rita Skeeter
Sorcières, Sorciers, comme chaque année nos chères petites têtes blondes font leur rentrée à Poudlard, l'Ecole de Magie anglaise. Le traditionnel départ avec le Poudlard Express a lieu sur la voie 9-3/4 dans la gare moldue de King's Cross où, années après années, nos enfants nous quittent pour quelques mois afin de devenir des sorciers accomplis et indépendants.
Cette année est toutefois particulière, et vous devez vous douter de la raison ! Cette année, Harry Potter, l'Elu, le Survivant, celui qui a vaincu Vous-Savez-Qui et qui a permis dix ans de paix au monde sorcier effectuera sa première année à Poudlard, avec vos enfants !
Depuis cet événement à la fois tragique pour le dernier des Potter, qui a perdu toute sa famille, et heureux pour le monde sorcier qui a vu le règne du tyran s'achever, le jeune Potter a disparu de la société sorcière. Tout ce que nous savons, c'est qu'il est bel et bien vivant (certains ont même pu l'apercevoir sur le Chemin de Traverse pendant l'été, et l'administration de Poudlard nous l'a confirmé) !
Certains de vos enfants vont donc côtoyer le Survivant pendant l'année, il est donc essentiel qu'ils représentent le meilleur de notre belle société sorcière, et qu'ils soient reconnaissants et amicaux envers Harry Potter. S'il n'avait pas été là, Merlin sait ce que nous serions devenus !
Au nom de toute la rédaction de la Gazette du Sorcier, je ne peux que souhaiter une très bonne année scolaire au jeune Mr. Potter, ainsi que nos éternels remerciements.
Que cette année soit fructueuse pour toutes et tous !
-Rita Skeeter
EN PAGES 2 et 3 : BIOGRAPHIE D'HARRY J. POTTER
EN PAGES 4 et 5 : POUDLARD, L'ECOLE LA PLUS CELEBRE DU MONDE
EN PAGES 6 et 7 : ALBUS DUMBLEDORE, UN DIRECTEUR CONTESTE
Oh oui, Rita faisait un excellent travail, se dit Harry à la fin de sa lecture, un sourire sardonique plaqué sur ses lèvres. Tout se déroulait à merveille.
Feuilletant le journal, il tomba sur un article qui l'intrigua fortement : Gringott's avait été cambriolée… le jour où il s'y était rendu ! Et… dans le coffre qu'Hagrid avait vidé, le 713. C'était un peu gros, et donnait plusieurs indications à Harry : d'abord, que c'était un objet précieux pour Dumbledore, le coffre était ultra-sécurisé, parce que des gens étaient prêts à tout pour s'en emparer. Mais surtout, que la chose en question était dorénavant de retour entre les griffes du directeur, et donc probablement gardée à Poudlard. Si seulement il pouvait la voler, juste pour emmerder le vieux, quel pied ce serait !
Repoussant ces pensées à plus tard et repliant le journal, il se mit à observer de son compartiment la foule qui commençait à s'amasser sur le quai, les parents et leurs enfants, des sangs purs hautains, des sang-mêlés incertains et des nés-moldus apeurés ou naïvement enchantés. Bref, une rentrée comme une autre, comme il y en avait eu des dizaines auparavant. Sauf que cette année, quelques journalistes arpentaient la foule, reconnaissables à leurs immenses appareils photos du début du siècle dernier. Ils étaient sans aucun doute à sa recherche, voulant être les premiers à obtenir une photo du Survivant.
Ce qui était loin d'arriver… Harry n'allait certainement pas laisser des photos prises à son insu circuler librement entre les différents journaux ! Il avait déjà fait tout ce qu'il fallait pour contenter Rita : une interview flatteuse exclusive, des photos exclusives (qui le mettaient extrêmement bien en valeur d'ailleurs) … Bref, l'article sortirait dans quelques semaines, histoire de réaccoutumer le monde sorcier à avoir régulièrement des nouvelles de l'Elu, tâche évidemment assurée par la Gazette du Sorcier, le quotidien le plus lu de l'Angleterre sorcière.
Harry était en train de régler les derniers détails avec Gringott's : il allait bientôt acheter anonymement – ou plutôt avec une de ses sociétés écrans, la « P.G. Ltd. » – 30 % des actions de l'entreprise, et fournir assez d'argent à Rita pour qu'elle en achète elle aussi 30 %. Ainsi, avec son soutien, elle serait à même de contrôler le journal et de se nommer rédactrice en chef. Tout cela histoire d'assurer ses arrières, on n'était jamais trop prudent.
Peut-être allait-il participer contre son gré au concours de Sorcière-Hebdo… le merveilleux concours du sourire le plus charmeur : il allait faire un malheur, et personne n'aurait de chance face à lui, le Survivant, qui plus est orphelin… Les mères de famille allaient l'adorer…
Soudain, la porte du compartiment s'ouvrit brusquement sur trois élèves d'une quinzaine d'années, portant déjà leur uniforme, lequel était orné de l'écusson vert criard de Serpentard. Ils étaient grands et musclés, taillés par et pour le Quidditch, mais leurs visages ne s'accordaient pas vraiment avec leurs carrures : quelque chose clochait, l'harmonie manquait.
- Eh toi ! Qu'est-ce que tu fais là ! C'est notre compartiment ! s'exclama l'un d'eux, visiblement ravi de pouvoir faire sa fête à un première année.
- Ouais dégage maintenant ! renchérit un autre.
Ces adolescents bagarreurs n'étaient pas au courant, d'ailleurs très peu étaient au courant évidemment, mais, si la menace représentée par ces trois imbéciles ne le dérangeait pas plus que cela, Harry n'était pas, mais pas du tout du matin. D'autant plus qu'il exécrait être surpris. Vous comprendrez alors aisément qu'une réaction excessive aurait pu se produire à cet instant, mais – l'occlumencie aidant à se contenir – il réussit à garder son calme.
- Messieurs Garvin, Derrick, et … Flint je suppose, commença calmement Harry, un soupçon de sarcasme dans la voix.
Encore une fois, il faudrait féliciter Rita, elle était vraiment indispensable. Il tourna lentement sa tête vers eux, le visage inexpressif mais les yeux remplis de haine. Le moment où ils s'inquiétèrent légèrement se produisit lorsqu'ils firent l'association entre le regard meurtrier et la cicatrice qui ornait le front du garçon. La connexion entre leurs quelques neurones produisit une étincelle d'intelligence, après tout ils étaient à Serpentard, et ils pâlirent d'un coup.
Harry se leva, parfaitement digne, et les toisa du haut de ses onze ans, bien qu'il fît une tête de moins qu'eux : il possédait une sorte de grâce, un charisme qu'ils ne pourraient jamais posséder, même dans leurs rêves les plus fous.
- Je présume, messieurs, et en particulier vous, fit-il en s'adressant au leader du groupe, un certain Flint, que vous souhaitez conserver une place dans l'équipe de Quidditch de Serpentard ?
Il laissa planer un léger silence, puis repris.
- Mais… suis-je bête ! s'exclama-t-il théâtralement, en riant de ses sarcasmes, ce n'est pas votre place dans l'équipe que vous avez besoin de conserver, mais… votre place à Poudlard ! Que ferez-vous sans diplôme messieurs ? Expulsés de Poudlard, la baguette brisée ? Quelle honte pour des Sang-purs de la Noble Maison de Serpentard ! Quelle image auraient de vous nos chers concitoyens s'ils venaient à apprendre que vous vous en êtes pris à moi ? A Harry Potter ?
Nouvelle pause. Harry adorait faire des pauses quand il s'adressait à quelqu'un, pour lui laisser saisir l'amplitude, les conséquences de ses propos.
- Allez, dégagez maintenant ! dit-il, sèchement. Et pas un mot, sinon je vous traîne devant le Magenmagot pour menace envers un Lord et, en ajoutant quelques circonstances aggravantes, vous passerez quelques mois à Azkaban.
Les trois se marchèrent littéralement dessus en essayant de sortir en premier du compartiment, alors que le train se mettait lentement en marche, provoquant leur chute dans le couloir. Dur de lutter contre la gravité. Derrière eux, la porte se referma avec un claquement sec.
Harry se rassit sur sa banquette et étendit ses jambes sur celle d'en face, comme un pacha. Visiblement, l'année commençait bien.
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Bon, le trajet ne s'était pas parfaitement déroulé non plus, on ne pouvait pas tout avoir. Un quart d'heure après la fuite des nigauds, un nouveau était apparu, quémandant une place dans son compartiment. Il n'avait pas pu refuser, évidemment, quelle raison aurait-il donné ? Qu'il avait besoin d'un compartiment entier pour étendre ses jambes ?
Eh bien il n'avait pas été déçu. Weasley avait passé le trajet à se plaindre : il avait faim, il avait soif, un coup il était excité par Poudlard, l'autre il en était terrifié… bref, clairement pas le compagnon de voyage idéal. Il avait été tellement surpris d'apprendre qu'il discutait avec Harry Potter – tellement surpris que c'en était étrange, d'ailleurs – qu'il lui avait même demandé s'il pouvait toucher sa cicatrice ! Franchement, son éducation laissait à désirer. Même quand Harry semblait plongé dans sa lecture, il lui parlait encore, encore et toujours. Et comme s'il ne se rendait pas compte de son propre ridicule, il s'était moqué du garçon qui avait perdu son crapaud et de la jeune fille qui l'aidait à le chercher dans tout le train. Londubat et Granger, si sa mémoire était bonne. Harry n'était pas altruiste, clairement il n'en avait rien à faire qu'une personne se moque d'une autre, lui-même le faisait – toujours intérieurement évidemment. Mais lui, il était différent, il pouvait se moquer des autres parce que c'était légitime : il était – en toute objectivité –meilleur qu'eux. Weasley ne l'était pas, loin de là, il était même pire. Lorsqu'ils s'étaient changés avant d'arriver à Pré-au-Lard, il avait senti le regard du rouquin sur ses robes, plein d'envie et de jalousie. En même temps, vu celles qu'il portait c'était relativement compréhensible.
Bref, ce fut un long voyage. Un très long voyage.
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- Premièr'année ! Suivez-moi ! Par ici s'vous plait !
Hagrid. Il ne manquait plus que lui pour compléter le tableau. C'est fou comme certaines personnes pouvaient ne pas vous manquer. Sa silhouette immense se détachait de la pénombre inhérente à chaque début de soirée automnale en Ecosse, la flammèche de son petit lampion rayonnant avec force. Sous sa barbe hirsute, on apercevait facilement son large sourire – niais, pensa Harry, un brin moqueur. Lorsqu'un nombre d'enfants suffisant à ses yeux – oui, pourquoi compter après tout ? – s'était agglutiné autour de lui, il commença à marcher. Il avalait l'espace et tous durent trottiner rapidement, voire courir pour certains, afin de le suivre sans se laisser trop distancer.
Enfin, il les fit grimper dans de toutes petites barques – les normes de sécurité n'existaient apparemment pas à Poudlard – et le cortège d'élèves ébahis s'élança sur le lac. Harry était en compagnie de Ronald Weasley, qui ne le lâchait plus depuis qu'il avait compris qu'il était le Survivant, d'Hermione Granger et de Neville Londubat, celui qui avait perdu son crapaud et la fille qui l'avait aidé à le retrouver.
De son embarcation précaire, Harry observait Daphné, entourée de ses connaissances sang-pures, des enfants de la bonne société qu'elle avait déjà côtoyés : Draco Malefoy évidemment, Pansy Parkinson, et surtout le fils de la Veuve Noire, un certain Blaise Zabini. Sa mère était une femme connue pour avoir laissé derrière-elle les cadavres de sept de ses maris, sans qu'elle ne soit jamais inquiétée par la justice. Amanda Zabini faisait toujours en sorte de ne pas se faire prendre, tout en remplissant ses voutes de Gringott's grâce aux héritages qu'elle obtenait. Une femme très intéressante aux yeux des deux enfants donc.
De son côté, Daphné faisait ce qu'on attendait d'elle, appliquant les principes inculqués par ses précepteurs durant son enfance ennuyante : en bonne sang-pure, elle s'effaçait pour laisser les hommes parler, faisant semblant de s'y intéresser. Sans le montrer, elle accumulait les informations,en retenant les petits détails et les non-dits habilement dissimulés dans les discours des héritiers des Nobles Familles. Draco Malefoy était évidemment au centre de son attention, il n'arrêtait pas de parler, de mettre en avant ses origines familiales et son pedigree impressionnant. Sang-pur de père en fils. Finalement, c'était peut-être la consanguinité qui lui donnait ce teint albinos, se disait Daphné, retenant un rictus moqueur. Elle-même était une sang-pure, mais elle n'aurait jamais le même rang que les Malfoy, ni le même taux de gènes cousins dans le sang… Tant mieux d'un côté… Sa famille était nouvelle dans la noblesse sorcière : son père était le premier Lord Greengrass au Magenmagot. Il avait su tirer son épingle du jeu en faisant des affaires toujours plus juteuses, obtenant des faveurs et des passe-droits – les pots-de-vin servaient à quelque chose après tout – auprès de personnes de plus en plus haut-placées dans l'administration. Par ailleurs, la dernière guerre lui avait été extrêmement profitable, détruisant purement et simplement de Nobles Familles entières et libérant des places au Magenmagot. Ainsi, ce bon vieux Fudge lui avait octroyé un titre nobiliaire pour – officiellement – le remercier de ses généreux dons à Sainte-Mangouste et au Ministère lors de la reconstruction, après la chute du Seigneur des Ténèbres. Et Daphné, qui était née un an avant cet événement, avait été élevée comme l'héritière qu'elle était. L'héritière qu'elle resterait, ses parents n'avaient eu que deux sœurs après elle.
Elle côtoyait donc les autres héritiers, les seuls qui avaient de l'influence en dehors de Poudlard, par l'intermédiaire de leurs parents. Avec Harry, ils avaient convenu qu'elle était mieux placée que lui pour se rapprocher d'eux : Harry était celui qui avait vaincu le Seigneur des Ténèbres, il devait rester proche des sang-mêlés et des né-moldus, c'était évident. Alors c'était elle qui devrait se coltiner les égos surdimensionnés des nobliaux qui l'entouraient. De toute façon, c'était ce que ses parents avaient exigé d'elle : pas question de salir l'honneur de la famille et de ruiner tous les efforts que ses géniteurs avaient fait pour eux en s'acoquinant avec n'importe qui. Heureusement pour elle, elle avait rencontré Harry et il lui avait offert un but, une raison de vivre. Non, elle ne passerait pas sa vie à jouer l'épouse soumise d'un lord quelconque. Ensemble, ils feraient de grandes choses, elle l'avait su au fond d'elle dès qu'elle l'avait vu quelques années auparavant, dans cette boutique de vêtements. Elle avait su que leurs destins seraient liés, il lui avait offert une porte de sortie. Et effectivement, elle avait passé le meilleur été de sa vie en sa compagnie le mois dernier.
Oui, ensemble ils allaient faire de grandes choses, pensa-t-elle en observant l'immense et magnifique silhouette du château qui se détachait dans la nuit, les fenêtres éclairées par milliers. Ce château serait à eux, elle en était convaincue.
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Dumbledore était joyeux, assis sur son trône de directeur, observant de ses yeux pétillants la masse grouillante d'élèves qui prenait place sur les bancs de leurs maisons respectives. Tout allait bien dans le meilleur des mondes, tous ses projets se mettaient parfaitement en route, chaque élément s'emboîtait dans les autres avec une parfaite synchronisation, digne des meilleurs chefs d'orchestres. Oui ce soir, Harry serait réparti à Gryffondor pour son bien, et le bien de tous, et rien ne viendrait gâcher ce moment qu'il préparait depuis près de vingt ans. Pour sûr, on pouvait dire qu'il était patient… Il était comme l'acromentule tissant précautionneusement sa toile, patientant des mois que ses proies se fichent dans ses filets, s'emmêlent, s'étouffent, avant de pouvoir les tenir, les maintenir, en faire ce qu'il en voulait. Il était comme toujours maître de la situation. Parce qu'il les créait.
- ABBOT !
…
- POUFSOUFFLE !
*clap clap clap*
Ah tiens, la Répartition venait de commencer, se dit-il en sortant de ses pensées. Il chercha des yeux l'Elu, et le trouva près du jeune Ronald Weasley. Sa mère serait contente, son plus jeune fils meilleur ami du Survivant, que demander de mieux ? Le jeune Potter semblait ravi d'être enfin à Poudlard, et après un mois à attendre dans cet immonde orphelinat, c'était compréhensible. Il avait l'air épanoui, rongé par la curiosité, ses yeux se posant sur tous les éléments du décor médiéval de la Grande Salle. Un peu effrayé aussi, le Choixpeau était un étrange artefact après tout et il devait appréhender son tour. Un peu comme Weasley, d'habitude rougeaud,qui était d'une pâleur à faire peur. Les noms défilaient inexorablement, dispersant les petits dans leur nouvelle maison. Ils étaient vraiment peu cette année, mais c'était logique, ils faisaient partie de la génération née au cœur de la guerre. A priori, l'année prochaine serait identique, mais dans deux ans il fallait s'attendre à ce que les moldus appelaient un baby-boom. Il faudrait probablement recruter de nouveaux professeurs…
- GRANGER !
…
- GRYFFONDOR !
*clap clap clap*
Ah,la petite que Minerva avait repérée va dans sa maison… parfait, parfait.
- GREENGRASS !
…
- SERPENTARD !
*clap clap clap*
Comme c'est étonnant… La fille d'Alcide n'aurait pas pu aller ailleurs étant donnée l'éducation qu'il lui avait fournie. Il faudrait d'ailleurs faire surveiller un peu plus le chef de la Famille Greengrass… ces temps ci il avait l'air d'oublier qui l'avait bien aimablement propulsé au Magenmagot, il prenait un peu trop d'initiatives à son goût. Il faudrait sûrement le recadrer…
- POTTER !
Ah ! On y est !
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…
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Harry se dirigea d'un pas fier et assuré vers l'artefact des fondateurs, et s'assit avec grâce sur le tabouret de bois. Les chuchotements forcenés avaient laissé place à un silence assourdissant, mais Harry était préparé depuis longtemps, il n'avait pas le trac… il avait bien trop confiance en lui et en ses capacités pour flancher comme un débutant. Il avait vu Daphné assurer, il ne pouvait être que parfait. Lorsque Minerva McGonagall posa délicatement le chapeau sur sa tête, il renforça au maximum ses boucliers d'Occlumencie. Le moment était crucial, rien ne devait filtrer, il saurait enfin si sa théorie sur le Choixpeau était véridique.
Elle le fut, lorsqu'il sentit une présence au bord de son esprit, une présence bloquée dans ses filets. L'artefact était en fait animé d'une volonté propre, mais surtout d'une forte aptitude à la légilimencie. Il fouillait rapidement et secrètement les pensées les plus profondes des enfants et déterminait en quelques secondes leur affiliation à Poudlard. Mais pour la première fois, il fut incapable d'accéder à l'esprit trop bien protégé de l'héritier des Potter. Aucun enfant n'était censé avoir appris l'Occlumencie, et surtout pas à ce niveau de maîtrise.
Dans la Grande Salle, le temps semblait s'être figé dans l'attente du verdict, alors que dans l'esprit d'Harry une bataille faisait rage. Le garçon supportait les assauts de l'artefact millénaire sans broncher, sans céder un pouce de terrain. Il abaissa seulement un de ses boucliers afin de pouvoir s'adresser à l'entité de cuir.
- Mets. Moi. A. Gryffondor., lui intima-t-il.
- Eh bien jeune Potter, tu es bien présomptueux ! ça ne m'était jamais arrivé auparavant…
- Mets. Moi. A. Gryffondor.
- Bien, bien… de toute façon, qui suis-je pour juger hein ? Heureusement que tous ne sont pas comme toi, sinon à quoi je servirai moi ? Tu y as pensé ? Je suis sûr que non, évidemment… vous les sorciers vous vous croyez tout permis… d'abord le vieux Dumby qui m'ordonne de t'envoyer à Gryffondor, et puis toi qui y mets du tiens pour que je t'y envoie aussi… Comme tu voudras, après tout… et ça pourra faire les pieds au vieux fou… GRYFFONDOR !
Le côté droit de la Grande Salle explosa de joie, les Gryffondor accueillant bruyamment leur héros parmi eux. C'était la consécration de la maison du lion. Le reste des élèves fut rapidement réparti, jusqu'à ce que Ronald Weasley – redevenu rouge brique – rejoigne Harry sur les bancs de la maison rouge et or et Blaise Zabini ceux de la maison du serpent.
Alors le directeur se leva et entama son discours, en grande partie sur les règles barbantes proclamées par le concierge. La seule partie intéressante fut l'évocation d'un couloir interdit sous peine d'une « mort dans d'atroces souffrances ». A ce moment, son regard croisa celui de Daphné, et ils firent un sourire mutin. Evidemment, qu'ils iraient voir ce couloir.
Voilà ! J'espère que ça vous a plu, et on se donne rdv vendredi prochain pour la suite !
Bonne semaine,
-Zaxxe
