---La nouvelle aurore---

Disclamer : rien à mwa !

Rating : T

Résumé des chapitres précédents : Draco et Hermione ont vu Voldemort qui est très content d'eux. Draco peut enfin sortir à l'extérieur et Hermione est nommée bras droit. Dans la soirée, ils descendent une bouteille de Whisky pur fur et finissent complètement souls…

RAR :

LunDer : merki bcp pr tes encouragements, jsuis contente que ca te plaise ! Bizou

Poupoux : très contente que tu aimes ! C vrai qu'ils étaient jolis les 2 là ! Et moi aussi je me répète mais merki encore et tjs, heureusement que ya des revieweurs comme toi pr me motiver ! T compliments me touchent tjs bcp ! (larme d'émotion ! lol)

PS : T d'acc avec moi ? vrt ? Tu veux rentrer ds le clan des garces ? Il faudrait que tu m'envoie CV et lettre de motiv :D

Ro bizou !

Rosalie Johanson : Me suis bien amusée à écrire ce passage et jsuis contente qu'il t'ai plut !

Merci de ta review ! Bizzz

Love Pingo : le titre ? Je sais que je vous soule avec ça mais… tu le sauras ds le dernier chap !

C en rapport avec la seconde prophétie de Trelawney : « Alors il aura vaincu. Cela aura un très beau nom, cela s'appellera l'Aurore. » Donc quand « il » gagnera, cela sera l'aurore… A toi de voir si ça peut être interprété de manière positive ou négative. J'espère t'avoir un peu aidé ! En tt cas, jsuis contente de te revoir ! bizou


11) Lorsque qu'on retourne dans le passé

Hermione sentit la lumière se répandre derrières ses paupières anormalement lourdes. Elle porta doucement la main à sa tête. Une sorte de cloche semblait s'y être installée et cognait joyeusement. Elle se décida à ouvrir les yeux pour voir qu'il faisait jour, grâce à son réveil bien sûr. Hermione se demanda pourquoi sa bouche était si pâteuse avant de tout se rappeler. Elle poussa un gémissement de désarroi et tourna lentement, très lentement pour éviter d'agiter les cloches, sa tête sur le côté. Draco était là. Ses mèches tombaient dans un désordre total sur son visage souriant. Oui, souriant. Il ne faisait sans doute pas de cauchemar.

- Chanceux, songea amèrement Hermione.

Le bras de Draco était négligemment passé derrière sa tête, tandis que l'autre reposait sur son ventre qui se soulevait au fil de sa respiration. Il avait un charme fou quand même. Hermione se rendit compte qu'elle était en train de l'observer et d'avoir des pensées plutôt étranges, cligna des yeux et se leva. Ou du moins tituba sur quelques mètres pour se rattraper à son psyché. La Mangemorte inspira longuement et réussit à arriver sans trop de mal dans la salle de bain. Elle ouvrit l'armoire à pharmacie et en sortit une fiole qu'elle vida à moitié. Potion anti gueule de bois, généreusement offerte par Blaise. L'autre moitié serait pour Draco. Hermione ferma la porte de la pièce et se fit couler un bon bain, agrémenté d'une tonne de bain moussant.

Une demie heure plus tard elle ressortait, embaumant la mûre. Elle trouva Draco en train d'observer sa petite bibliothèque.

- Bien dormi ? demanda-t-il sans se retourner.

- Comme une masse, répondit Hermione. Et toi ?

- Idem.

- Heu… J'ai une potion si tu veux... Si tu te sens un peu…

- Non merci. J'ai l'incroyable chance de ne jamais me retrouver dans ton état le lendemain d'une cuite. Par contre j'ai faim, ajouta-t-il alors que Hermione levait les yeux au ciel d'un air agacé.

La Mangemorte frappa dans ses mains et un elfe apparut. Il ressemblait singulièrement à Dobby et regarda Hermione avec de grands yeux apeurés. Ses mains se tordirent nerveusement autour de sa toge crasseuse.

Mais Hermione lui sourit et il sembla se détendre. Elle lui demanda gentiment de leur faire un petit déjeuner costaud et d'apporter les journaux de ces deux derniers jours que Blaise avait achetés pour elle. L'elfe s'inclina au point de toucher le sol et disparu.

- Tu a plus de considération pour un elfe que pour des hommes ou des femmes. C'est très troublant, tu le sais Granger ?

- Oh ! ne recommence pas ! s'exclama la Mangemorte, agacée.

Elle retourna s'allonger sur le lit et prit l'un des journaux sur la pile qui venait d'apparaître. Draco arrêta sa contemplation de la bibliothèque et vint à côté d'Hermione.

- Il faudrait d'abord savoir ce que la mort de Weasley pourrait avoir d'étrange, fit il remarquer à juste titre.

- Rien, rétorqua Hermione en haussant les épaules. Il a été retrouvé vers Square Garden avec tout un tas d'autres tués. Ca ressemble à ce que nous faisons mais ce n'était l'œuvre d'aucun Mangemort.

Le silence perdura jusqu'au moment où l'elfe réapparut avec un plateau énorme chargé de nourriture. Il le posa sur le lit, s'inclina plusieurs fois et disparu.

- Je crois savoir qui l'a tué, déclara Draco au bout d'un moment.

Hermione manqua de s'étrangler dans son café.

- Comment ça ? hoqueta la jeune femme. Qui ? Dit le moi enfin !

Elle vit que Draco détournait les yeux d'un air gêné.

- Tu ne veux pas en parler ?… Tu as déjà eu affaire à lui hein ?

- A eux, Granger, eux. Ils sont plusieurs.

Draco poussa un long soupir en expliquant que ce n'était pas le genre de choses qu'il aimait raconter. Hermione objecta que de toute façon il n'aurait pas le choix et que ce serait preuve de bonne volonté pour Voldemort qui était déjà très content de lui.

- Je vais devoir la prouver encore longtemps ma bonne volonté ? ricana Draco.

- On se doit de le faire chaque jour, rétorqua Hermione avec l'ombre d'un sourire triste. Et puis, le Maître se moque de savoir si tu aimes en parler ou pas !

- Très bien, se décida le jeune homme. C'était une journée parfaitement ordinaire, j'étais passé faire quelques courses après mon travail…


Draco posa le sac de provisions qu'il ramenait du marché noir. L'époque où ses domestiques faisaient courses ménage et repas pour lui était révolue. Néanmoins, il aimait ça. Il n'aurait pas su l'expliquer mais il se sentait plus libre. Libre de faire ce que bon lui semblait, sans avoir une ombre derrière lui pour le surveiller. Draco se savait capable de vivre seul et sans dépendre de qui que ce soit. Sa vie ne se faisait pas aux crochets de domestiques qui satisfaisaient tous ses désirs. Il avait en quelque sorte découvert le bonheur de l'effort qui aboutit…

Le jeune homme entreprit de déballer ses affaires quand une tornade noire et brune s'abattit sur lui.

- Bonjour ! Bonjour ! Bonjour ! Tu es drôlement mignon aujourd'hui ! Et ton nouveau pull te va super bien !

Draco éclata de rire et souleva aussi facilement qu'une plume une petite fille, âgée de neuf ou dix ans. Il la prit dans ses bras et lui tira la langue.

- Tu attends quelque chose ?

La petite fille était une métisse aux cheveux crépus dont les yeux marrons se firent implorants tandis que sa bouche esquissait une moue triste.

- Tu m'as ramené du chocolat ? demanda-t-elle.

Draco fit sauter la petite fille en l'air, malgré ses cris aigus de protestation.

- Alors comme ça je ne suis bon qu'à te ramener du chocolat ? s'exclama le jeune homme, tandis que Sarah atterrissait en douceur dans ses bras. Riant aux éclats, elle lui assura que non

et qu'il était vraiment mignon aujourd'hui. Draco la prit par la taille et lui mit la tête à l'envers.

- Dracoooooo ! T'es pas drôle ! Arrête ! Arrête ! s'écria la petite fille.

Le jeune homme la fit brusquement basculer pour qu'elle atterrisse de nouveau dans ses bras.

- Tu adores ça petite menteuse ! Ne dis pas le contraire !

- Oui mais c'est juste pour la forme, question de principes.

Draco éclata de rire une nouvelle fois avant de la déposer par terre. Il lui dit qu'il n'avait pas ramené de chocolat à manger, simplement parce qu'il n'y en avait plus, mais qu'ils pouvaient très bien faire un gâteau. La petite fille poussa un cri de joie et se mit à tourner autour de Draco en criant qu'elle l'adorait. Puis, elle s'apprêta à sortir de la pièce.

- Sarah ?

Elle se retourna, la main sur la poignée de la porte et l'air vaguement inquiet. Le ton de Draco ne présageait rien de bon. C'était celui qu'il adoptait pour l'annonce des mauvaises nouvelles.

- Tu auras besoin de ça, lui dit il en lui tendant une tablette de chocolat noir pour cuisiner.

Elle lui adressa un sourire rayonnant suivit de près par une moue boudeuse, consciente qu'elle s'était fait avoir. Puis, elle le remercia et fila hors de la pièce, sans oublier de claquer la porte.

Draco sourit et continua à déballer ses courses. Il les entreposa dans une armoire qui contenait également leurs vêtements, affaires de toilettes, ustensiles personnels de cuisine et quelques diverses petites choses.

Deux boules de pain, cinq boîtes de conserves, des pâtes, deux paquets de biscuits et quelques fruits. C'était la réserve de nourriture pour la semaine. Tout ce qu'il avait pu acheter. Draco s'assit sur le lit, dans la pièce d'à peine vingt mètres carrés. Cette pièce servait de chambre, salle à manger et salon. Les dessins de Sarah, quelques affiches de chanteur et des plans de la ville étaient accrochés aux murs. La lumière venait exclusivement d'une vieille lampe sur pied à halogène qui éclairait la pièce d'une lumière jaunâtre. Il y avait une petite salle de bain avec baignoire, un luxe assez rare, accolée à la chambre. Ils ne passaient que très peu de temps ici, c'était surtout pour dormir, parfois manger ou travailler. Mais ce n'était pas un endroit pour qu'une petite fille grandisse et s'épanouisse songeait Draco.

Le reste du temps, Sarah se rendait à l'école de leur immeuble tandis que Draco allait travailler. Il était employé dans une boutique sur le Chemin de Traverse. Il y a cinq ans, trouver un poste là bas était quasi impossible mais avec les attaques des Mangemorts, les boutiquiers recherchaient activement des employés. La clientèle restait tout de même nombreuse mais adoptait la technique du « vite fait, bien fait ». Les sorciers entraient sur le Chemin, couraient vers le magasin qui les intéressait et se sauvaient en vitesse après avoir acheté le nécessaire. Les commerces de détente, comme celui de Florian Fortarôme, avaient tous fermé. Seul le Chaudron Baveur restait ouvert, aucune attaque n'y avait jamais été menée. En effet, Mangemorts comme Aurors venaient y passer un peu de bon temps. Une sorte d'accord tacite avait été passé entre eux. Le seul lieu de détente devait en rester un.

Quand à « l'appartement » de Draco, il se situait dans un ancien immeuble près de la city. C'était là que les Moldus touchés par la guerre, sans autre possibilité, argent ou famille s'étaient réfugiés. Il y avait environ une cinquantaine de chambres comme celles de Draco et Sarah et d'autres plus grandes pour les familles. Cinq grandes salles constituaient leurs espaces de vie communs. Chacun y avait apporté quelque chose. Des livres, des jeux et même un billard, ramené par un vieil aristocrate ruiné qui refusait de s'en séparer. La cuisine était également un espace ouvert à tous. Les familles aimaient s'y retrouver pour cuisiner ensemble, préparer le repas qu'ils prenaient ensuite dans l'une des salles.

L'école à laquelle pensait Draco tout à l'heure était simplement une pièce plus vaste que les autres, où il restait de nombreuses fournitures qui permettaient de faire classe. Les habitants pensaient que c'était le bureau d'un ancien grossiste, d'où le nombre impressionnant de cahiers, feutres, stylos, feuilles… Mais la vie était loin d'y être facile. Draco le savait et s'efforcer d'améliorer celle de Sarah. Il comptait économiser suffisamment pour aller s'installer à l'étranger, en Australie ou en Amérique. Loin de la guerre quoi. Mais en attendant il avait un gâteau à préparer.

Draco sortit de ses « appartements » et traversa un couloir sombre éclairé à la bougie. Un petit garçon, visiblement poursuivit par un camarade de jeux passa en vitesse à côté de lui. Draco monta un escalier, traversa la salle commune des « anciens » et après une dizaine de couloirs, descendit deux escaliers.

- Draco ! s'exclama une voix féminine.

Le jeune homme se retourna pour faire face à son interlocutrice.

- Eline, je ne t'avais pas vue, excuse moi. Tu vas bien ?

- Super ! J'ai vu mon père hier soir… Il est d'accord pour que je rentre à la maison !

- En voilà une bonne nouvelle ! Je suis ravi pour toi ! Mais honnêtement un peu déçu… Tu vas nous manquer !

- T'es mimi ! s'exclama Eline en riant. Je reviendrais vous voir t'inquiète pas !

- Avec de bonnes petites choses à manger hein ?

Draco discuta cinq minutes avec la jeune femme puis s'excusa. Il espérait que Sarah n'avait pas mit la cuisine à feu et à sang. La petite fille n'avait aucune patience.

- Bonne cuisine alors ! lui dit Eline avant de lui adresser un signe de main et repartir dans l'autre sens. Draco lui sourit en retour et se dirigea vers la cuisine. Il aimait beaucoup la jeune femme. Ses parents l'avaient mise à la porte quand ils avaient appris qu'elle était enceinte. Elle avait alors dix huit ans et s'était réfugiée ici, après avoir été contrainte d'avorter. Trois ans qu'elle vivait dans leur planque et elle respirait la joie de vivre. On pouvait parler de tout avec elle, c'était vraiment une personne agréable et prête à rendre service. Eline avait reprit contact avec sa famille quelques mois auparavant et avait vu ses parents régulièrement. Visiblement, tout c'était bien passé puisqu'elle retournait vivre avec eux.

- Qu'est ce que tu faisais ? rugit une petite voix.

Draco bomba la poitrine et fronça les sourcils, se donnant ainsi un air menaçant.

- Contente de te voir ! ajouta précipitamment Sarah avec un sourire d'ange.

- Ne crois pas m'amadouer comme ça ! répliqua Draco.

Il se trouvait dans la cuisine et Sarah avait déjà tout préparé. Elle avait sorti deux saladiers, une casserole, le plat et tous les ingrédients. Sarah avait même revêtit un tablier, deux fois trop grand pour elle.

- Pour pas que tu me hurles dessus quand je me salis, expliqua-t-elle d'un air très sérieux.

Draco rit de bon cœur et ils se mirent à préparer leur gâteau. Il fit fondre le chocolat, tandis que Sarah cassait les œufs, tout en discutant de sa journée. Elle expliquait avec animation que sa maîtresse leur avait apprit à recycler leurs vieux habits pour un faire un sac, une jupe ou bien une écharpe. Draco éteignit le feu, posa la casserole pleine de chocolat fondu sur la table et dit à Sarah qu'elle devait ajouter la farine.

- Elle a l'air d'être très bien cette nouvelle maîtresse, ajouta-t-il.

La petite acquiesça et se mit à décrire la méthode qu'elle avait pour calmer les élèves les plus dissipés. Soudain, elle poussa un cri et Draco se retourna d'un bloc… Pour découvrir la petite fille couverte de farine. Sarah avait apparemment cherché à attraper le sac situé en hauteur sans prendre de chaise. Etant très tête en l'air en plus de feignante, elle n'avait pas du faire attention et le sac s'était presque entièrement renversé sur elle. Ses cheveux tressés étaient maintenant parsemés de blanc et de la farine s'écoulait lentement de sa tête jusque sur ses épaules puis sur le sol. Sarah cligna des yeux et éternua brusquement à cause du nuage de farine qui se dissipait autour d'elle. Draco ne put se retenir et éclata de rire. Sarah secoua la tête pour se débarrasser de la farine et cria que ce n'était pas drôle. Draco continuait toujours à rire, accoudé à la table. Furieuse, la petite fille défit le tablier plein de farine et lui jeta à la figure. Draco cessa brusquement de rire tandis que Sarah lui tirait la langue.

- Tu n'aurais pas du faire ça ! gronda-t-il, l'air menaçant.

Il s'approcha tout doucement de Sarah qui elle recula avant de se trouver accolée à un meuble.

- Viens ici sale gosse ! rugit Draco.

Sarah se sauva en criant, poursuivie par le jeune homme. Ils se positionnèrent autour de la table, chacun jugeant l'autre, tournèrent trois ou quatre fois autour. Puis, Draco attrapa Sarah par la taille et l'envoya dans les airs. Il la réceptionna après quelques sauts (et quelques cris) et la mit une nouvelle fois la tête en bas.

- Lâche moi ! hurla Sarah.

- D'accord ! répondit Draco en pouffant.

Il tenait la petite fille au niveau des genoux et lâcha soudainement prise pour la rattraper un peu plus bas. Ce fut accompagné d'un hurlement strident assez compréhensible puisque Sarah avait le nez à vingt centimètres du sol. Draco beaucoup s'amuser. Il fit revenir Sarah dans ses bras, après l'avoir bien torturée, comme elle le lui fit remarquer. Puis, il posa la petite fille au sol, tous deux riant. Sarah retourna à son saladier en bougonnant d'un ton faussement énervé. Draco salua un homme qui venait d'entrer dans la pièce et avait observé la scène avec un sourire. Ils discutèrent un moment de la nouvelle institutrice des enfants de l'immeuble. Soudain, les sons graves d'une cloche se firent entendre. Draco et l'homme stoppèrent net leur conversation tandis que Sarah se figeait, les yeux remplis d'horreur. Ils restèrent tous trois figés par la peur pendant une trentaine de secondes.

- Ils attaquent ! s'écria l'homme. Prends Sarah et sauves toi ! C'est la seule chose à faire !

Sans demander son reste, il fila hors de la cuisine en hurlant à plein poumons qu'il fallait s'enfuir. Le son de la cloche résonnait douloureusement dans la tête de Draco et semblait propager une onde de choc dans tout son corps. Sarah tremblait comme une feuille et avait l'air trop terrorisée pour pleurer. Dans les premiers étages, des bruits assourdissants suivis de hurlements se firent entendre.

Draco réagit enfin, prit Sarah dans ses bras et sortit de la pièce en courant. Dans les couloirs, c'était l'anarchie et la panique totale. Des enfants pleuraient et criaient en courant dans tous les sens. Des hommes et des femmes fuyaient également vers les sorties. Certains appelaient des gens de leur famille, des amis ou bien cherchaient un moyen de défense. Draco traversa la foule en jouant des coudes et prit un escalier abrupt.

- Accroche toi bien ! hurla-t-il à Sarah

Il descendit les marches à une vitesse stupéfiante, qui l'étonna lui même, et déboucha dans un autre secteur. L'effroi était généralisé. Des gens sortaient de leur chambre avec quelques affaires ramassées dans la précipitation, les enfants s'accrochaient à leurs parents. Aux étages du dessous, les clameurs continuaient. Draco traversait une salle commune, emporté par une marée humaine hystérique, quand le plancher trembla violement. Il perdit l'équilibre et tomba, tentant de protéger Sarah dans sa chute. Elle lui échappa des bras et roula plus loin sur le sol. Ils virent des jambes passer devant leurs yeux et Draco crut un moment qu'ils allaient se faire piétiner. Il se releva d'un bond, écarta sans ménagement les personnes sur son passage. Ils attaquaient. La bande à Weiberg attaquait. Il n'y avait plus de solidarité, maintenant c'était chacun pour sa peau. Ils devaient rejoindre les issues secrètes de secours qui leur permettraient de sortir et de s'enfuir. Les cris aux étages inférieurs glaçaient Sarah de peur.

Elle se mit à pleurer, incapable de faire le moindre mouvement. Draco la reprit dans ses bras et suivit le mouvement général. Mais une idée soudaine le choqua. Et si la bande à Weiberg avait repéré les issues ? Draco s'arrêta brusquement et fut percuté par deux hommes. Ils l'insultèrent, le bousculèrent et continuèrent leur route. Draco le sentait mal. Il ne savait pas pourquoi mais la sortie par l'une des issues, aussi secrète soit elle, lui paraissait impensable. En plus d'être cruelle, la bande était à peu près intelligente. Le jeune homme savait trop bien que son instinct ne pouvait pas le tromper. Il était sorcier après tout. Il sentait ce genre de choses.

- Draco, qu'est ce qu'on fait ? Qu'est ce qu'on fait ! sanglota Sarah, accrochée à son épaule. Je veux partir ! Draco !

Il se décida alors. Ils sortiraient par une fenêtre donnant sur une ruelle isolée qu'il avait repérée la semaine dernière. Il lui fallait traverser la moitié du bâtiment et descendre deux étages. Mais c'était un risque à courir. De toute façon, la bande à Weiberg allait sans doute transplaner dans les étages et nul endroit ne serait sûr. Draco sortit sa baguette magique et enserra Sarah de manière à ce qu'elle soit bien calée et que sa baguette ne soit pas visible. Puis, il se mit à courir dans un couloir déserté. En bas, les hurlements s'étaient tus et une désagréable odeur de brûlé commençait à se répandre. Draco descendit un escalier et continua de courir avec la force du désespoir. Il se moquait de tomber sur l'un des membres de la bande, il pouvait se défendre. Mais pas Sarah. Elle était fragile et ne pourrait jamais faire face.

L'aile dans laquelle ils se trouvaient était beaucoup plus calme qu'au dessus. Un couple main dans la main les croisa en courant. Draco se jeta sur une porte et entra dans la pièce qui servait d'entrepôt pour la nourriture en cas de besoin. Il la traversa rapidement et déboucha sur une salle commune, la plus grande de toutes. Soudain, il stoppa net sa course. Un homme vêtu d'un kimono noir venait d'entrer dans la pièce. Il repéra aussitôt Draco et Sarah. Un sourire malveillant éclaira son visage, tandis qu'il tirait de sa manche sa baguette magique.

- Surprise ! s'écria l'homme en riant.

- Surprise ! répéta Draco en pointant sa propre baguette. Expelliarmus !

L'homme, trop surprit pour répliquer, s'écrasa contre le mur alors que sa baguette volait dans les mains de Draco qui la brisa immédiatement en deux. Puis, le jeune homme courut vers le membre de la bande. Il déposa Sarah sans douceur sur le sol et se jeta sur l'homme. Sarah cria, manqua de tomber mais se rattrapa.

Draco avait empoigné l'homme, qui saignait abondamment, et lui hurla de lui dire si les issues de sortie étaient gardées. L'homme ne fit que ricaner sordidement.

- Endoloris ! cria Draco.

Il se moquait que les cris attirent du monde. De toute façon, ça allait être couvert par le vacarme. Sarah s'était retournée, comme Draco le lui demandait dès qu'il faisait ça. L'homme ne voulut pas répondre et se contenta de narguer Draco dont des bruits de pas éveillèrent la méfiance. Il leva sa baguette, reprit Sarah dans ses bras et continua sa course folle. Au moment où il sortait de la pièce, trois silhouettes apparaissaient.

- C'est un sorcier ! hurla l'homme qu'il venait d'agresser. Poursuivez le !

- Merde ! jura Draco en accélérant le pas.

Il ne pouvait pas tenir bien longtemps comme ça. Le poids de Sarah l'essoufflait plus rapidement et il entendait des pas précipités derrière lui. Il prit l'angle droit d'un couloir à toute vitesse, manquant de se manger le mur et continua à courir. Un sort rebondit à l'angle et les frôla. Sarah poussa un petit cri net enfouit sa tête dans l'épaule de Draco.

Le jeune homme poussa la porte d'une chambre et la referma sans bruit.

- T'inquiète pas ma puce, ça va aller, chuchota-t-il à l'oreille de Sarah.

Il entendit les trois personnes passer devant sans s'arrêter à peine une minute plus tard. Il devait reprendre son souffle. Ses côtes le brûlaient atrocement et la fatigue commençait à se faire sentir. Ses bras étaient douloureux à force de porter Sarah. Il la posa sur le sol et se courba, respirant à plein poumons. La petite fille se força à ravaler ses larmes et essuya celles qui coulaient sur ses joues. Tant d'horreurs courraient sur cette bande. Ils n'hésitaient pas à tuer les enfants de bas âge, torturer une famille avant de forcer l'un de ses membres à tuer puis se suicider, violaient les femmes, saccageaient tout sur leur passage… Terrorisée n'était pas le mot approprié pour décrire l'état de Sarah, c'était bien plus fort que ça. Elle admirait le courage de Draco et sa plus grande peur était de le perdre. Il était tout ce qu'elle avait après tout.

Draco se redressa et se dirigea vivement vers la fenêtre, alors que les cris reprenaient à l'étage. Ils étaient au troisième, donc au bon, mais ne pouvaient pas sortir par là car la bande semblait encercler l'immeuble. Draco réfléchit à toute vitesse. Il devait bien connaître un sort pour se rendre invisible ou quelque chose comme ça… A quelques mètres d'eux, on entendit une femme hurler et supplier puis le terrible « Avada Kedavra ». Les cris de la femme glacèrent Draco de l'intérieur. Encore une qui venait de voir mourir quelqu'un sous ses yeux… Et ils allaient la laisser vivre, sachant qu'ainsi, elle souffrirait plus…

Un violent choc se fit entendre, les murs tremblèrent. Des bruits de pas lourds, car les membres de la bande n'avaient pas à se soucier d'être discrets, se firent entendre dans le couloir qui menait à leur chambre. Sarah s'était assise à même le sol et gardait sa tête enfouie dans ses bras. Draco réfléchissait toujours. Ils devaient atteindre la chambre donnant sur la ruelle mais il fallait pour cela ressortir dans le couloir, traverser une salle à manger, reprendre l'un des corridors principaux et donc surveillé. Les pas passèrent devant leur porte et s'éloignèrent. Sarah respirait à peine mais Draco lâcha un soupir de soulagement. Il venait de trouver une formule mais c'était de la Magie Noire et il n'avait pas envie de l'utiliser. Lui y était habitué mais Sarah… Il jeta un coup d'œil à la petite fille, recroquevillée et tremblante de peur. Il n'avait pas le choix. Draco s'approcha d'elle doucement et lui chuchota qu'ils devaient y aller. Sarah hocha la tête et se leva courageusement.

- Je peux courir ! affirma-t-elle en le regardant d'un air décidé, bien que le tremblement de sa voix trahisse ses sentiments.

- Je n'en doute pas mais il est plus prudent pour tous les deux que je te porte.

- Mais tu…

- Sarah !

La petite fille baissa la tête et se hissa sur son dos. Elle savait qu'il fallait s'accrocher suffisamment bien pour laisser le bras droit de Draco libre. Le jeune homme s'approcha de la porte, resta quelques instant les sens en éveil, pour voir si il y avait quelqu'un dans les parages. Avec tout le vacarme qui régnait, il était difficile de savoir si tout se déroulait à leur étage. Draco prit sa baguette magique, tandis que Sarah croisait les jambes au niveau de son torse pour se maintenir. Draco ouvrit doucement la porte et regarda discrètement des deux côtés. Il vit passer une jeune femme, dont les habits étaient recouverts de sang, d'une chambre à une autre. Il revint un peu sur ses pas, pour atteindre la salle à manger.

- Ferme les yeux ! dit il à Sarah, d'une voix qui n'admettait aucune réplique.

Il venait d'entrevoir un homme affalé contre le mur, le visage déformé par les coups et ruisselant de sang. Draco avança lentement vers la salle à manger. Soudain, un fracas derrière lui le fit se retourner. Un homme de la bande venait de descendre l'un des escaliers qui permettait l'accès à une terrasse.

- Silencio ! Expelliarmus ! Stupéfix ! lança Draco à voix basse.

L'homme n'eut pas le temps d'esquiver le premier sort, contra le deuxième mais fut tout de même stupéfixié. Il tomba sur le sol dans un bruit mat. Draco se rua immédiatement dans la salle à manger, se doutant que l'homme n'était pas seul. C'était une erreur. Il se trouva face à quatre membres de la bande à Weiberg. Ils avaient du lancer un sort d'insonorisation car aucun son ne filtrait hors de la pièce.

- Tes yeux ! gronda Draco à l'adresse de Sarah qu'il sentait trembler comme une feuille.

En plus des membres, deux femmes et deux hommes, se trouvait un adolescent, une femme qui devait être sa mère, une fillette de dix ou onze ans et un vieillard. Les membres de la bande s'occupaient tous de quelqu'un. Les femmes lançaient des Doloris à l'adolescent et sa mère qui se roulaient par terre en hurlant, pris de spasmes et tremblements incontrôlables. Un homme retenait la fille et l'obligeait à regarder, tandis que l'autre s'amusait à faire danser le vieillard avec le sort de Tarentarella.

Les femmes levèrent le sort en voyant Draco et leurs regards convergèrent immédiatement vers la baguette qu'il tenait encore… Mais dont il ne pouvait se servir, à un contre quatre.

- Un sorcier dans une planque Moldue, comme c'est étrange, ricana un homme en assenant une baffe au vieil homme qui s'effondra par terre.

L'adolescent et sa mère, maintenant libérés du sort, gémissaient de douleur et pleuraient sans retenue. La fillette semblait être trop terrorisée et traumatisée pour faire quoi que ce soit. Ses yeux arrondis se tournèrent lentement vers Draco et elle lui adressa une sorte de supplication silencieuse. Le jeune homme se hâta de détourner les yeux, gêné.

- Expelliarmus ! lança l'une des femmes.

- Protego ! répliqua aussitôt Draco.

L'éclair rouge explosa une vitre. Sarah se contracta, enfonçant ses ongles dans les épaules du jeune homme.

- Laissez moi partir et il n'y aura pas de problèmes, dit Draco d'une voix qui se voulait confiante.

Tous les quatre éclatèrent de rire. L'un d'eux répliqua qu'à quatre contre un, c'était plutôt lui qui risquait d'avoir des problèmes. Les deux hommes échangèrent un regard et Draco sut qu'il ne pourrait pas y échapper. Alors autant les prendre par surprise. Il stupéfixia le premier dans la seconde qui suivit, grâce à l'effet de surprise. Une femme lança un Impero, alors que l'autre préférait un sort d'écartèlement. Draco repoussa les deux mais la force des sortilèges combinés le déséquilibra. L'homme en profita pour lancer un Stupéfix qui toucha Sarah. Elle poussa un cri et tomba lourdement sur le sol. Draco envoya deux sorts qui furent évités mais empêcha l'un des membres de ranimer son compagnon. Il esquiva un sort qu'il ne connaissait pas mais qui explosa le mur, projetant de la poussière dans la pièce. Draco se plaça dès que possible devant Sarah, en formant un bouclier. Il isola une femme dans une bulle empêchant toute magie mais ne put éviter un « Pyro » qui explosa sur son épaule gauche. Il étouffa un cri de douleur, lança tout de même un Stupéfix qui fut contré. Draco sentit une vague de douleur envahir son bras et sa vue se brouiller.

- Arrêtez ça s'il vous plaît ! demanda alors la femme d'une voix suppliante.

A ce moment, le vieillard sembla se réveiller et se jeta sur son agresseur. Pris par surprise, celui ci tomba par terre et Draco parvint à l'immobiliser. Il ne restait plus qu'une femme qui lança un Doloris au vieillard. S'en suivit une bataille à coup de sorts de plus en plus violents. Draco était clairement en position de faiblesse, étant donné son épaule sanguinolente. Le jeune homme ne savait pas combien de temps il pourrait tenir ainsi. Sarah s'était levée et se cachait derrière lui, tandis que l'adolescent et sa mère s'éloignaient tout doucement en direction du vieillard. La fille ne bougeait pas, comme indifférente au combat qui ravageait la pièce, faisant exploser meubles et vitres. Draco souffrait de plus en plus de sa blessure qui le brûlait atrocement. Il ravala alors sa fierté et appliqua la technique du mort. Il fit semblant d'être touché par un sort et s'écroula à terre. Sarah hurla mais tout de suite après, Draco se redressait, baguette levée.

- Protego ! Stupéfix ! Expelliarmus ! Avada Kedavra !

La femme ne s'attendait pas à ça. Ce fut sa dernière erreur puisqu'elle s'effondra d'un coup, face contre terre. Draco retomba sur le sol et Sarah se pencha sur lui, livide de peur.

- Purifico, murmura le jeune homme.

Sa brûlure fut aussitôt désinfectée et la plaie se referma, ne laissant d'une trace rosée. Sarah l'aida à se relever et le serra contre elle en étouffant ses sanglots.

- On… va… partir ensemble… haleta Draco, à l'adresse de la famille. Je sais… par où… sortir ! La mère fut la première à réagir. Elle se précipita vers Draco que Sarah avait du mal à maintenir debout et ordonna à son fils de s'occuper du grand père. Elle demanda à Draco de quel côté il fallait se diriger et envoya Sarah bouger la fille, toujours dans un état second. Draco réfléchit le plus rapidement possible, ignorant le martèlement dans sa tête. Ils n'avaient plus qu'à emprunter le corridor et trouver la bonne chambre.


- Nous avons eu l'incroyable chance de sortir de l'immeuble vivants. J'ai retrouvé Eline dans la ruelle par laquelle nous nous sommes enfuis. Il a fallut choisir une autre planque ensuite. Et c'est là que j'ai reçu ta lettre. J'ai confié Sarah à Eline et je suis venu. Voilà. acheva Draco, l'air sombre.

Hermione resta silencieuse. Elle en savait beaucoup plus sur Draco que lui sur elle maintenant. Elle comprenait pourquoi il avait changé, pourquoi il tenait ce discours, pourquoi cette vie avec Sarah l'avait bouleversé au point d'un renie ses plus profond repères. Narcissa Malefoy expliquait en partie ce radical changement. Sarah expliquait l'autre.

- Tu serais prêt à répéter ça à… au Seigneur des ténèbres ? demanda-t-elle doucement.

Draco se leva doucement et se mit à faire les cents pas. Hermione ne sut ce qui la poussa à faire ça. Elle le rejoignit, prit ses mains dans les siennes et le força à le regarder dans les yeux. Elle rencontra deux prunelles qui n'étaient plus du tout aussi froides qu'avant.

- Plus vite tu en parleras, plus vite ça sera finit, tu seras libre, murmura-t-elle. Je sais que c'est dur, je sais à quel point ça fait souffrir. Mais il faut que tu le fasses.

Hermione prit doucement Draco dans ses bras. Un peu étonné au début, il se laissa faire et enlaça à son tour la jeune femme, sentant de parfum de mûre émanant de ses cheveux. Parfum dont il ne pourrait bientôt plus se passer.


Vala ! vs pouvez maintenant un peu mieux comprendre le changement de Draco !

En espérant que ça vs a plut, peut être à ds 2semaines !

Bizou à ts !