Chapitre 10 : Une aide inespérée

Combien de temps s'était écoulé depuis leur capture ?

Des heures ? Des jours ? Des semaines ?

La notion du temps leur était définitivement perdue avec la torture.

Seules les visites de Bellatrix et de son mari venaient rythmer leurs douloureuses journées. La seule chose que savait Remus et à laquelle il se rattachait ; c'était la pleine lune.

Il savait par rapport à leur capture et à l'approche de celle-ci, que cela ne faisait pas plus d'une semaine, peut-être trois, quatre jours ? Peut-être plus au vu de son corps endolorit et la fatigue qui le gagnait, mais il n'arrivait pas à déterminer si cela était à cause de la privation de nourriture et aux sortilèges reçus plutôt qu'à l'approche de la pleine lune.

Il essayait de garder son esprit en activité pour ne pas devenir fou par la douleur qui le submergeait. Il continuait de réfléchir à une solution afin de s'enfuir d'ici, malheureusement, il n'en trouvait aucune et avec Euphémia qui était toujours attachée au mur, il ne pouvait prétendre quoi que ce soit.

Il tourna alors la tête vers celle qu'il aimait et comme à chaque fois, il dut fermer les yeux plusieurs fois et retenir un vomissement quand il aperçut son état. Ses vêtements étaient imprégnés de son sang, déchirés au niveau des avants bras où il pouvait y voir de profondes plaies béantes. Son visage était tuméfié par endroit, ses cheveux emmêlés et rouge de son sang par endroit. De là, où il était, il pouvait parfaitement voir que les liens, qui la retenaient, commençaient dangereusement à lui scier la peau. Elle était pâle comme la mort et il ne put empêcher son cœur de cogner fortement dans sa poitrine face à cette vision horrifiante.

« Euphémia ? L'appela Remus, en attendant qu'elle lui réponde. »

Il la vit bouger légèrement la tête puis ouvrir ses yeux, difficilement, une paupière étant blessée. Néanmoins, il soupira de soulagement, elle était encore en vie. Elle résistait et il devait avouer qu'elle l'impressionnait énormément. Ce petit bout de femme qui lui avait paru si fragile, avait une force morale et physique hors du commun. Elle résistait à Bellatrix et sa torture, elle hurlait le moins possible pour éviter toute satisfaction à sa tortionnaire.

Elle n'avouait rien.

Certes, lui aussi résistait brillamment aux Lestrange, mais la torture sur lui était tout à fait différente de celle d'Euphémia. Il avait parfaitement compris leur petit manège. Ils étaient en train de l'affamer, de le blesser par le sortilège Endoloris, mais ils ne feraient rien de plus, parce qu'ils attendaient la pleine lune. Ils essayaient de faire oppression sur lui de manière psychologique avec Euphémia.

Quant à la jeune femme, Bellatrix prenait un réel plaisir à la blesser au même endroit que lors de sa première rencontre avec Smith. Ré-ouvrant les plaies avec son poignard maudit, la brûlant aux mêmes endroits, la fouettant avec autant d'intensité, elle abîmait son corps de toutes les façons possibles et imaginables. L'odeur du sang avait envahit le sous-sol et Remus savait pertinemment que le loup en lui ne pourrait résister à cette odeur.

Il attaquerait la jeune femme sans aucun remord, sans prémices.

« Euphie, comment te sens-tu ? Se renseigna Lupin soucieux.

- Je, commença-t-elle d'une voix rauque par le manque d'eau ingéré. Je, bien, conclut-elle en fermant les yeux sous l'air désemparé de Remus qui serra fortement les poings.

- Il faut que tu tiennes bon, ils vont nous retrouver, ils vont nous secourir, ils…

- Remus, le coupa-t-elle, si, si, la pleine lune arrive avant, je…

- Ne dit rien de plus ! s'exclama-t-il la gorge serrée. La pleine lune n'est pas encore arrivée, je refuse de te voir mourir par ma faute ! ajouta Moony en s'approchant le plus d'elle avec la longueur de la chaîne qui lui était donné.

- Remus, sanglota la concernée, je, je ne sens plus rien, je, mon corps, j'ai peur, lui avoua-t-elle. »

Lupin se mordit les lèvres, n'osant pas lui révéler que lui aussi commençait sérieusement à avoir peur, pas pour lui, mais pour elle. Son état était alarmant et la voir vivre une journée de plus, n'était pas seulement une victoire, mais un miracle.

« Je veux qu'on sorte de là, ensemble, je refuse de sortir sans toi Euphémia ! Pense à ce qui nous attend dehors, si, si tu veux toujours de moi et que tu ne me crains pas, tu, nous pourrions nous installer ensemble, proposa Moony en bafouillant quelque peu.

- Cela me plairait, répondit la jeune femme en essayant de sourire. J'ai, j'ai aimé venir ch-chez toi, est-ce que, est-ce que cette fois-ci, je, je pourrais visiter le bois ? demanda-t-elle en essayant de faire de l'humour.

- Si tu n'as pas peur du grand méchant loup, oui, tu pourras t'y promener sauf les soirs de pleine lune, dit-il en souriant. Euphie, je, je ne t'ai toujours pas demandé, depuis quand, depuis quand le sais-tu ?

- Je, je ne le sa-savais pas réellement, révéla-t-elle en déclenchant la surprise chez Remus qui ne comprenait plus rien.

- Non, non, tu le savais, tu, tu, bafouilla-t-il en s'arrêtant subitement face au cheminement de ses pensées. Tu lui as menti, tu as menti à Bellatrix pour lui enlever la satisfaction, tu…

- Oui, il était hors de que-question qu'elle ait ce plaisir, avoua-t-elle en crachant du sang, même si j'avais des-des soupçons, je, je vous regardais par mo-moment à l'école et, et j'avais souvent noté ta, ta fatigue et ta disparition à certaine période. Je, je pensais que tu étais malade, comme, comme beaucoup de monde et puis, vous, vous êtes partit pour, pour fin-finalement te revoir ce soir de nou-nouvel an…

- Et, insista-t-il, ne pouvant faire taire l'inquiétude qui rongeait son âme en apercevant le sang couler de sa bouche.

- Et j'ai revu ce, ce même air fa-fatigué, j'ai, j'ai remarqué que durant, durant une se-semaine par mois je n'avais pas de nouvelles de toi, alors, alors j'ai repensé à l'école, j'avais des doutes mais, mais je ne savais pas comment faire pour te les, les dire…

- Alors tu m'as lancé des phrases à double sens quand tu es venu chez moi, conclu Lupin estomaqué qu'elle ait continué de le fréquenter malgré ces soupçons.

- Oui, ta réaction, a été au-delà de, de mes espérances et, j'ai déduis que tu en étais peut-peut-être un, un loup-garou, avoua-t-elle en essayant de sourire mais qui ressemblait plus à une grimace. Re-Remus, co-comment pou-pouvait-elle savoir pour toi ?

- Je, je suppose par Greyback, répondit-il avec amertume. C'est lui-même qui m'a mordu quand j'étais enfant après que mon père l'ait provoqué, expliqua Lupin en grimaçant face à ce douloureux souvenir. Les loups garous ont été appelés à rejoindre tu-sais-qui durant la guerre et Greyback y a rapidement répondu, dévoila le Maraudeur. Il a sans aucun doute donné des informations utiles à son maître et ses partisans… »

Le silence se fit à nouveau dans la cellule, chacun d'eux réfléchissant à la situation actuelle. Euphémia avait des tas de questions qui se bousculaient dans son esprit concernant Remus A quel âge s'était-il fait mordre ? Qu'est-ce que son père avait-il bien pu faire pour s'attirer les foudres de Greyback ? Comment sa famille avait accepté sa condition ? Comment avait-il réussit à entrer à Poudlard ? Comment avait-il réussit à cacher ce lourd secret sur ses épaules durant ces sept longues années ? C'est alors qu'elle murmura d'une voix faible :

« A l'école, co-comment fais-tu pour ta-ta ….

- Le saule cogneur, il abrite un passage vers la cabane hurlante, c'est là-bas que j'y ais effectué mes transformations durant mon adolescence et ma prise de poste en tant qu'enseignant, l'informa-t-il en l'observant quelque peu tendu comme s'il craignait qu'elle réalise enfin son erreur et le rejette à tout instant.

- Tu sais, je, je ne regrette rien, de t'avoir connu et…

- Je peux te tuer à tout moment Euphie ! décréta Remus qui dans un sursaut de colère réussit à se relever.

- Tu es dangereux, unique-uniquement une fois, une fois par mois, le reste, le reste du temps tu es comme moi, je, suis heureuse d'être à tes côtés et, je ne regrette pas, même si je dois mourir prochainement par…

- Tais-toi, supplia-t-il. Je ne veux même pas me l'imaginer, avoua Remus en prenant son visage entre ces mains.

- De toute façon, les, les autres vont venir, dit-elle comme pour le rassurer.

- Oui et… »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, qu'ils entendirent à nouveau des bruits de pas et la grille s'ouvrir dans cet éternel grincement, annonçant la venue de leurs bourreaux. Cette fois-ci se fût Rodolphus qui pénétra dans la sombre cellule, sans un mot, les fixant d'un air impassible, il pointa sa baguette vers Euphémia qui se retrouva soudainement détachée, tombant lourdement sur le sol.

La concernée n'eut même pas le réflexe de se rattraper avec ses mains, tellement épuisée. Remus le vit alors faire un sourire carnassier, s'approchant de Smith pour ensuite la faire rouler sur le dos avec son pied, déclenchant un râle de douleur chez la jeune femme.

« Debout sang de bourbe ! Cracha Lestrange en tapant son pied dans son ventre.

- Espèce d'ordure ! Tu ne vois pas qu'elle est incapable de se relever ! s'écria de rage Lupin en se débattant avec ces chaînes.

- Pourquoi serait-elle incapable de se relever, a-t-elle les jambes brisées ? répliqua Rodolphus d'un air narquois. »

Remus se mordit les lèvres jusqu'au sang, craignant de lui avoir mis une sombre idée en tête et au vu du petit sourire sadique qu'affichait le Mangemort, il sut qu'il aurait dû se taire.

« Non, souffla Moony désemparé et d'un ton suppliant.

- Non ? Je n'ai encore rien fait, ria Rodolphus. Cependant, il est vrai que de lui briser les jambes nous épargneraient le fait de devoir l'attacher, ricana-t-il en la bousculant à nouveau. Qu'en penses-tu la sang-de-bourbe ?

- Non ! cria Remus en essayant de se jeter sur leur bourreau, en vain, aussitôt rappelé par la chaîne.

- Tu entends, ton loup adoré, ne semble pas en accord avec cette idée, pourtant je la trouve excellente ! s'exclama –t-il d'un rire sadique. Allez, je suis d'humeur charitable, si tu te lèves, j'épargnerais tes jambes sinon tu auras une véritable excuse pour ne pas te relever, lui asséna-t-il en pointant sa baguette sur elle.

- Euphémia ! cria Remus en apercevant la jeune femme rouler sur le ventre, essayant de pousser avec ses avants bras pour se remettre debout. »

Malheureusement la force lui manquait. Elle se sentait faible, terriblement faible, vidée de son énergie. Elle avait soif, elle avait faim. Elle avait mal à la tête. Elle avait mal partout.

Partout.

Chaque mouvement lui arrachait un souffle de vie supplémentaire. Elle savait qu'à cette vitesse, elle viendrait à mourir prochainement. Elle s'était faite une raison. Elle était loin d'être une idiote qui se voilait la face. Son état de santé était pire que tout. Le simple fait de respirer lui faisait mal, sans doute à cause de côtes cassées. Elle n'arriverait pas à se lever, elle le savait, Remus aussi, ainsi que Rodolphus.

Elle n'était qu'un jeu pour lui.

Il s'amusait comme un enfant qui s'amuserait avec un ballon, comme un chat avec une souris avant de l'assassiner cruellement. Elle ne lui ferait même pas le plaisir de tenter en vain de se relever, non jamais. Dans tous les cas, il viendrait à lui briser les jambes tôt où tard, elle le voyait dans son regard haineux. Alors, elle rassembla le peu de force qu'il lui restait et cracha du sang sur ses chaussures.

« Je ne vous supplierais jamais ! JAMAIS ! hurla-t-elle en toussant à nouveau du sang. Mes, mes parents se sont battus, jusqu'au, jusqu'au bout malgré qu'ils soient des Mol-dus, vous, vous n'êtes que des, des sombres lâches et…

- CRUS CONTRITUM ! lâcha Lestrange en pointant sa baguette sur sa jambe droite, arrachant un cri déchirant à Euphémia qui se replia sur elle-même. Je te laisse encore une chance, après tout, tu as toujours ta jambe gauche pour finir de te relever, se moqua-t-il en jouant avec sa baguette.

- LAISSEZ-LA TRANQUILLE ! Prenez vous en à…

- ENDOLORIS ! cingla Rolduphus vers Remus qui s'écroula au sol. LA FERME LUPIN ! Je te ferais signe quand se sera ton tour et ne t'inquiète pas, il viendra vite ! Livrez-nous les Potter et nous cesserons cela, alors vous aurez le droit de manger et de boire, confia-t-il en s'agenouillant face à Euphémia qui ouvrit les yeux.

- Je, je préfère avoir ma deux-deuxième jambe bris-brisée plutôt, que, que de vous donner l'adresse de Lily et James, réussit-elle à prononcer dans un râle de douleur.

- Si cela t'amuse, railla-t-il en se relevant, cependant, sache que si cela ne vient pas de vous, nous réussirons à avoir cette adresse par d'autres personnes, sous-entendit Rodolphus en pointant sa baguette vers sa jambe gauche. Alors ? proposa-t-il mais la concernée se refusa de répondre quoi que ce soit. Stupide, pouffa-t-il en s'apprêtant à formuler les mots fatidiques. CRUS…

- Rodophus ! cria une voix au delà de la grille que Remus ne reconnut pas. Cesse cela immédiatement ! Severus est à notre porte ! Il ne doit rien savoir ou entendre de votre petit jeu sournois ! gronda la voix d'homme. Sort immédiatement et va te cacher avec Bella le temps que Severus parte d'ici ! »

Remus n'en croyait pas ses oreilles, Severus, ici ? Mais alors, où se trouvaient-ils ? Dans quel endroit étaient-ils pour que Rogue rende visite à cet homme ?

« Rogue, murmura laconiquement Lestrange, si ce n'est que cela, pourquoi on ne l'inviterait pas à notre joyeuse petite partie ? Soumit-il en se retournant vers son interlocuteur. Après tout, qui nous dit que ce n'est pas un traître ? Le maître a perdu la face avec Pettigrow et l'Ordre du Phénix ! Rogue était sensé venir nous soutenir ce soir là et …

- Tais-toi donc ! claqua sèchement la voix. Si tu attaques Severus et qu'il ait informé son entourage de sa venue ici, on se doutera de quelque chose, les Aurors viendront fouiner et je vous ais interdis de mêler le nom des Malefoy à votre vendetta ! J'ai un héritier à former et à éduquer !

- Tu es devenu bien faible Lucius depuis la disparition de notre seigneur ! siffla Rodolphus en avançant vers la grille. Tu nous déçois avec Bella !

- Peut-être, mais en attendant, moi, je suis libre de naviguer encore dans le monde des sorciers à visage découvert et c'est à grâce à moi, si vous êtes ici, logés et nourrit, rappela sommairement Lucius Malefoy en pointant sa canne sur lui.

- Ta femme est la sœur de Bella, tu nous dois…

- Je ne vous dois absolument rien, décréta Lucius d'un air menaçant. Sors d'ici, et va rejoindre Bella à l'étage et je vous somme de rester calme ! SILENCIO ! lança Lucius sur le sous-sol en ouvrant la grille pour laisser passer Rodulphus qui semblait ronger son frein.

- Tiens, un petit cadeau Lupin avant de partir, conclut leur bourreau en pointant sa baguette sur le concerné quand soudain il sentit l'anneau se détacher de son pied gauche, lui permettant d'être à nouveau libre. La pleine lune est dans deux jours tic tac, tic tac, tic tac, tic tac, chantonna-t-il avant d'éclater de rire. »

Un rire qui se répéta à l'infini dans leur sombre cellule, après que la porte se soit refermée sur eux, les laissant à nouveau seuls. Sans plus attendre, Remus se dirigea quelque peu chancelant vers sa petite amie qui ne bougeait plus, à plat ventre sur le sol. Il posa ses deux mains sur les épaules d'Euphémia qui gémit quand il la retourna dans ses bras, la laissant se reposer contre lui.

« Remus, expira-telle harassée.

- Ne parle pas, garde tes forces, je suis là et je reste, dit-il en prenant sa main dans la sienne, la serrant fortement comme pour se raccrocher à quelque chose. »

Sa main était glaciale, elle serrait à peine la sienne, n'ayant sans doute plus aucune force. Il dégagea quelques mèches de ses cheveux, dévoilant des hématomes sur son front et sur sa joue. Ses lèvres étaient gercées et en sang tandis que son nez saignait. Il descendit alors son regard vers son corsage à moitié déchiré et rouge de sang ainsi que sa peau. Il ne pouvait même pas inspecter ces blessures et leurs nombres. Ces avants bras, par contre, étaient littéralement couverts de coupures diverses et éparses pour le moins profondes, avec des mots gravés dans la chair « Sang-De-Bourbe ».

Des mots qui avaient dû être gravés il y a longtemps et qui avaient été une nouvelle fois approfondis par la lame maudite de Bellatrix. Remus dut se retenir de vomir, non par dégoût, mais par la violence de la torture. Il comprenait mieux pourquoi elle lui avait caché ça. Il avait juste envie d'étriper Bellatrix. Déchirer chaque parcelle de son corps, l'entendre hurler comme elle avait fait hurler de douleur celle qu'il aimait.

Le loup en lui, réclamait vengeance.

Il voulait la tuer.

LA TUER.

Il ferma les yeux quelques secondes pour tenter de faire taire le loup qui enrageait à l'intérieur de lui quand il sentit la main de Smith se refermer doucement sur la sienne comme pour le rappeler à elle.

« Calme toi, je, ça, ça va aller, rassura-t-elle. »

Non, elle n'allait pas bien, elle allait mourir dans ses bras, là, sans qu'il ne puisse rien faire, si ce n'était pas aujourd'hui, se serait dans deux jours. Elle était incapable de bouger, le loup ne ferait qu'une bouchée d'elle. Il était juste effrayé. Il ne voulait pas la perdre.

Non, il ne voulait pas la perdre, pas elle, pas maintenant, jamais.

Il la serra fortement contre lui, tentant de lui communiquer un peu de sa chaleur dans l'espoir de la réchauffer un peu, même s'il savait que cela était inutile.

« Mia, reste en vie, tiens le coup, pria-t-il en posant son front contre le sien.

- Mia, répéta-t-elle en fermant les yeux, appréciant cette douceur et cette chaleur.

- Tu m'avais dit lors de notre première rencontre que tu t'appelais Euphémia ou bien Euphie pour les proches, mais nous sommes bien plus que des proches maintenant, souffla-t-il en croisant ses yeux tandis qu'elle hocha de la tête. Je t'aime et je refuse de te perdre, je le refuse, on va s'échapper de cet enfer, maintenant que nous savons où nous nous trouvons, il y a un espoir…

- Je, je, ne peux plus bouger, je…

- Je te porterais, ne te fait aucun soucis, je m'occupe de tout, je…

- La plei-pleine lune, la lune…

- Je sais, je sais, on va partir avant, Severus fait partit de l'Ordre du Phénix, peut-être n'est-il pas ici par hasard, peut-être que…

- Remus, l'interrompit Euphémia. Em-embrasse-moi, s'il-s'il te plait, chuchota-t-elle.

- Non, tu, tu es mal en point, tu…

- Juste, juste une fois, je, dit-elle avant de s'arrêter. »

Elle voulait pouvoir encore goûter une dernière fois la saveur de ses lèvres.

Elle voulait s'imprégner de sa chaleur et de sa douceur pour se rassurer.

Elle voulait juste oublier, un instant, la douleur, cette cellule, le goût du sang dans sa bouche.

Elle sentit alors les lèvres de Remus se poser sur les siennes dans une douceur infinie, lui faisant fermer les yeux. Elle se laissa bercer, fatiguée plus que jamais, elle sentit toute la tension nerveuse de son corps se relâcher et la douleur affluer plus que jamais, mais les lèvres de Remus, c'était juste le paradis dans cet enfer. Ils sursautèrent alors ensemble en entendant un « POP » résonner dans la cellule et une petite voix aiguë les interpeller :

« Dobby s'excuse de vous déranger, mais ma maîtresse m'a demandé de vous apporter de l'eau et un repas, dit-il en claquant des doigts, faisant apparaître un pichet d'eau et deux assiettes remplit de victuailles.

- Ta maîtresse, répéta incrédule Remus, qui est ta maîtresse ? Est-ce…Bellatrix ?

- Non, je sers la famille Malefoy, ma maîtresse est Mme Malefoy, je lui obéis, oh bien sûr par moment il m'arrive de ne pas le faire et dans ce cas là, je me punis où ils me le rappellent, mais…

- Dobby, pardonne-moi de t'interrompre, le coupa Remus en l'observant curieusement. Je ne veux pas t'offenser et je te remercie pour…

- M'offenser ? Me remercier ? s'écria l'elfe de maison les yeux brillants. Offenser Dobby ! Remercier Dobby ! répéta-t-il ému. Oh grand jamais, un sorcier ne m'avait parlé comme à un égal…

- Oh, eh bien, bafouilla Moony, je suppose que la famille Malefoy n'ait sûrement pas la meilleure famille qui puisse te montrer de l'intérêt et du respect, sous entendit Lupin gêné.

- Dobby n'en mérite pas autant Monsieur ! Dobby vous a entendu et vous a vu protéger Mademoiselle ! Dobby a reçu l'ordre de vous nourrir jusqu'à votre libération !

- Notre libération ? nota Lupin vivement tandis qu'Euphémia essaya de se redresser mais en vain. Reste couchée, somma son compagnon. Dobby, que se passe-t-il ? demanda-t-il d'une voix pressée malheureusement l'Elfe sembla remarquer sa bévue et commença à se diriger vers le mur pour s'y taper violemment la tête sous l'air hagard de Lupin. Dobby ! DOBBY ! Cesse cela ! »

Le concerné s'arrêta aussitôt puis se retourna vers le couple qui le regardait effaré par ce qu'il se faisait. Il avança à nouveau vers eux de ses petits pas, se dandinant à nouveau sur place tout en se triturant les doigts.

« Il fallait que Dobby se punisse, dit-il en se mettant à loucher légèrement. J'ai révélé, je n'aurais pas dû, mais j'ai entendu la conversation entre Mme et Rogue…

- Severus ? Severus est là pour nous ? reprit Remus pour la première fois de sa vie, enjoué en prononçant le prénom de son ancien camarade de classe. »

Lupin crut que l'Elfe allait de nouveau se violenter alors avant qu'il n'agisse, il réussit à le retenir par le bout de chiffon qui lui servait de tenue.

« Arrête cela Dobby ! Narcissa ne t'a pas demandé de ne rien dire ? N'est-ce pas ?

- Non, répondit prudemment le petit être en remuant ses oreilles.

- Alors tu ne commets donc aucune faute envers la famille que tu sers en nous révélant ce que tu sais, formula habilement Remus en s'attirant l'émerveillement de Dobby.

- Vous avez raison Monsieur ! Merci Monsieur ! Merci ! Rogue était là pour vous, il a parlé à ma maîtresse, en privé, il sait que vous êtes là, et il a demandé à ma maîtresse de vous protéger en attendant votre libération. Elle a appelé Dobby pour vous nourrir et Dobby est ici ! »

Remus n'en revenait tout simplement pas, par quel moyen Severus avait réussi à faire plier Narcissa Malefoy ? Comment avait-il su qu'ils étaient ici ? Comment allaient-ils faire pour les libérer ? Il ne faisait aucun doute qu'ils viendraient avant la pleine lune, alors ils allaient devoir se préparer à partir d'ici et pour cela, ils devaient reprendre des forces.

« Merci beaucoup Dobby pour l'eau et la nourriture, prononça Lupin en lui souriant.

- Monsieur est trop aimable ! Monsieur est comme je l'imaginais, après tout, vous êtes amis avec ceux qui ont défait celui dont on ne doit pas prononcer le nom…Dobby vous dit au revoir, Dobby reviendra quand il en aura à nouveau reçu l'ordre… »

Et dans un nouveau « POP » sonore il disparut comme il fut arrivé, sous les yeux ébahit du couple. Remus n'attendit pas une seconde de plus pour se saisir du pichet à eau et des assiettes qu'il rapprocha d'eux. Il réussit à faire boire quelques gorgées à Euphémia, progressivement pour que son corps ré-assimile le liquide néanmoins, pour ce qui était de la nourriture, elle ne put rien absorber, sa mâchoire lui étant trop douloureuse.

Quelque peu abattu, il prit alors la décision de se reculer, traînant la jeune femme avec lui afin de s'appuyer contre le mur, lui demandant de dormir un peu afin qu'elle puisse se reposer. Il ne lui fallut que quelques minutes à Smith pour trouver le sommeil sous le regard tendre de Remus qui caressait son front et ses cheveux.

Ils devaient tenir bon, ils allaient venir les libérer. Ils devaient y croire.

Son regard ambré tomba alors sur la seule fenêtre de leur cachot qui y dévoilait une lune prochainement ronde, ne lui rappelant que trop bien, que tout allait se jouer dans les prochaines heures…


Et voilà pour ce nouveau chapitre qui s'est fait un peu attendre, mais le voici, et j'espère qu'il vous aura plu même s'il est très sombre ?

Bon, ok, j'avoue je suis une grande sadique avec Remus et Euphémia, les torturer de cette manière c'est vraiment pas gentil, mais bon, Bellatrix n'est pas quelqu'un de gentil à proprement parlé...

Euphie qui révèle à Remus sa façon dont elle a regroupé les éléments pour découvrir son secret.

Pensez vous qu'ils vont s'en sortir sains et saufs ?

Est-ce que la petite intervention de Dobby vous a plu ?

Le prochain chapitre est très long et je pense que vous allez avoir encore des envies de meurtres...

Ne me tuez pas encore, je vous promets un Happy End, si cela peut vous rassurer...ou pas...lol

A bientôt, en attendant des commentaires, des réactions ?

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