Mange, Cours, Aime.

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Chapitre Dixième : Finale, Remise des Prix et Retour à la vie normale


[POV Cato]

Le réveil sonna, me tirant de mon paisible sommeil : le film de ma victoire de hier repassait en boucle dans ma tête. J'avais clairement dominé l'opposition de cette finale de cents mètres régional un. J'étais LE meilleur. Personne n'aurait pu s'opposer à moi. Cato Hardravers, le meilleur coureur d'Amériques... Ce titre de magazine sonnait bien. J'étais presque sûr de faire la couverture de la Moisson le mois prochain !

C'est sûr ses joyeuses pensées que je me levais pour aller prendre une douche. Katniss passait tôt pour sa finale aujourd'hui, il fallait que j'aille voir la tant attendue, performance, de la fille du feu. Je rentrais dans la douche, posais négligemment ma serviette sur la paroi et actionnais le robinet d'eau chaude. L'eau me coula dessus brusquement et je m'écartais du jet vivement : l'eau était glaciale. Je soupirais en me replaçant sous l'eau : ma bonne humeur du jour venait de retomber.

Je me présentais dehors, une demi-heure plus tard vêtu le plus simplement du monde : un jean délavé, des tennis en toile blanches et un sweat-shirt à capuche gris anthracite. Je tenais d'un main un gobelet de café fumant et de l'autre un panini au chocolat. Finnick eut un sourire en me voyant arriver :

_Tu en tire une tête. Pas dormi ? Demanda-t-il dans un grand sourire moqueur.

_Non, marmonnais-je en croquant allégrement dans mon sandwich. Pas d'eau chaude...

_Hou..., ça a pas dû être cool ça !

_Je ne te le fait pas dire ! Bon, dis-je pour changer de sujet, Katniss s'échauffe ?

_Oui, et Brutus est avec elle. Je ne sais pas ce qu'il veut mais je pense qu'il y a des changements de stratégies, tu vois. Histoire de pouvoir parier à belle côte à Denver, si tu vois ce que je veux dire..., souligna Finnick d'un air mauvais. Je ne vois strictement pas, ce à quoi ça va servir... Haymitch ? Tu ne peux pas dire quelque chose là-dessus ?

_Non, malheureusement, maugréa le vieil entraineur en resserrant son écharpe autour de son cou. J'espère qu'elle va faire ça discrètement, sinon ces vautours de la fédération vont s'occuper de son cas.

_Il ne faut pas qu'elle le fasse ! Elle a largement les moyens pour empocher la médaille d'or ! Ça crève les yeux qu'elle est au dessus du lot ! Beuglais-je en manquant de renverser mon café.

_Tu connais le truc, soupira Finnick. Les ordres sont les ordres.

_Je ne respecte plus les ordres, maintenant, lui rappelais-je d'un ton sévère. Je suis un grand garçon, je peux me débrouiller seul !

Le speaker annonça le départ imminent de la finale du cent dix mètres haies féminin régional deux. Les concurrentes entrèrent sans un mot et je vis Katniss se placer dans le couloir numéro quatre. Brutus arriva vers nous en se frottant les mains :

_Ça va, je lui ai dit de ne pas se mettre la pression. Elle fait ce qu'elle peut. Tant pis s'il n'y a pas de podium ! S'exclama-t-il, visiblement de bonne humeur. J'ai peur que la protégée du Village des Vainqueurs soit largement au dessus du lot...

À vos marques ? Prêtes ? Partez ! Le coup de pistolet retentit mais Katniss eut un mouvement dans le vide : elle venait de louper son départ !

_Cours Katniss ! Cours ! Beugla Marvel à mes côtés, me perçant le tympan droit.

La jeune fille sembla l'entendre puisse qu'elle fonça droit vers la première haie et que cinq secondes plus tard, elle avait rattrapé son retard.

_Elle a une sacrée foulée cette petite ! Lança une voix qui me semblait familière sur la gauche. Elle a du talent ! C'est une bonne trouvaille Haymitch, bravo !

Je tournais la tête pour voir Cinna, l'entraineur du Village des Vainqueurs complimenter le vieil homme qui gardait un visage fermé. En reportant mon attention sur la piste je m'aperçus que la fille du feu était désormais en troisième position.

_Bon sang, qu'est qui lui arrive ! Gronda Brutus. Elle va se prendre la haie en pleine face !

_Non, elle n'obéis plus aux ordres, murmurai-je en suivant l'appel de ma collègue.

Elle s'envola littéralement par dessus l'avant dernière haie et fondit sur Cashmere qui tenait la tête, tel un rapace sur une souris. La dernière haie, derrière elle, est poursuivit son accélération et ajusta la coureuse du Village des Vainqueurs d'une longueur et demi sur la ligne d'arrivée. Finnick entama une danse bizarre dont lui seul avait le secret, Marvel hurlait de joie et Thresh applaudit à tout rompre : le Capitole remportait pour la première fois depuis le meilleur de Glimmer une épreuve de haies féminine régional deux.

Haymitch lui tendit un drapeau similaire au mien pour qu'elle face un tour de piste, comme je l'avais fait la veille. Elle s'empara de l'objet, le déploya derrière son dos, et entama un tour de piste dans un bon rythme. Tout le monde était heureux pour Katniss, même Cinna, alors qu'il n'entrainait pas chez nous. Seul Brutus bougonnait :

_Bon sang, elle n'est même pas foutue de respecter les consignes ! Si ça commence comme ça, je n'en ferais jamais rien de probant !

Je ne pouvais retenir un rictus moqueur : la stratégie du coach en chef avait échoué : s'il voulait faire bonne impression, il fallait désormais qu'il engage la fille du feu sur l'épreuve de régional un à Denver, le mois prochain. Elle nous rejoint un grand sourire lui traversant la figure :

_Ça va ? C'est acceptable comme performance ? Demanda-t-elle.

_Oui, chuchotai-je pour moi-même en la regardant filer vers les vestiaires.

_Cato ! M'interpela Finnick qui avait cessé de danser. Arrête de la regarder comme ça, tu vas finir par la faire se désintégrer !

Je haussais les épaules et partis vers le panneau d'affichage le plus proche. Marvel me suivit silencieusement : il avait quelque chose d'important à me dire.

Je m'arrêtai devant la pancarte et consultai les horaires de nos remises des prix respectives : celle de Finnick, vainqueur de la finale de régional un du trois mille steeple était à midi quarante, celle de la fille du feu était annoncée à une heure pétante et la mienne juste après, à une heure dix. Marvel se racla prudemment la gorge avant de se jeter à l'eau :

_Je ne veux plus que tu touches à Glimmer, déclara-t-il posément. Tu ne l'approches plus, tu ne la sautes plus, tu la laisses tranquille, c'est clair ?

Le ton était sec, assuré et il ne laissait place à aucunes objections.

_Pardon ? M'étonnai-je surpris. Pourquoi ça ?

_Car..., il marqua une hésitation. Car, c'est ma copine ! Et que c'est en partie ta faute si elle est à l'hôpital aujourd'hui !

_C'est MA faute si elle est dans un état critique en ce moment ? Beuglai-je en me retournant violemment. Ce n'est pas moi qui lui ai dit de prendre des cachetons pour augmenter ses capacités !

_Mais tu ne laissais pas traîner « négligemment » des pubs pour des nouveaux médicaments pouvant être classés dopants pour améliorer les performances, peut-être ? Et tu ne lui fournissais pas des adresses de laboratoires ? Et tu ne lui indiquait pas des fournisseurs de drogues ? C'est TA faute Cato... Et ce quoi que tu dises !

_Et si je refuse de la laisser en paix ? Le menaçai-je en le surplombant de toute ma hauteur. Que feras-tu Marvel ?

_Et bien..., commença-t-il avec un air navré. Je me verrais dans l'obligation de te casser la gueule et de te mettre une branlée.

Sur ces douces paroles nous nous séparâmes sans un regard et je traçai mon chemin pour boucler mes valises : hors de question de sortir des dortoirs avant MA remise des prix ! Je bousculai un garçon qui m'interpela :

_Hey Cato !

C'était Thresh. J'accélérai encore l'allure jusqu'à m'enfermer à double tour dans ma chambre en prenant bien soin de claquer la porte, pour bien faire comprendre aux autres occupants de l'étage que le fils prodigue était sur les nerfs. Je remballai rageusement mes affaires avant de pousser mes sacs près de la porte et de me jeter sur mon lit défait. Quelques instants plus tard, je sombrai dans une sorte de sommeil agité.

Mon portable vibra deux fois, me tirant d'un sommeil nullement réparateur. Il était presque une heure et ma remise des prix commençait dans moins d'un quart d'heure. Je me relevai, emportai mes sacs jusqu'au pied de la vieille camionnette de Haymitch qui chargea mes affaires dans le coffre déjà plein et claqua le coffre d'un air enjoué :

_Allez viens ! Allons applaudir les champions ! Dit-il joyeusement en enfilant une casquette blanche aux couleurs du Capitole.

Nous cheminâmes jusqu'au stade Sud, où se tenaient les cérémonies des prix. Katniss attendait patiemment derrière la première marche du podium, sur laquelle elle allait monter dans quelques instants. Ah... La joie des premiers podiums ! Je ne savais plus ce que c'était, car depuis le temps que je participais à ces donations de cadeaux...

Le speaker commença l'énumération des partenaires puis remercia chaudement les organisateurs, les médecins, les ambulanciers et appela les athlètes à monter sur leur marche respective. La fille du feu se hissa sur la sienne, dominant la foule d'un sourire chaleureux : elle était heureuse d'être là et ça n'échappai à personne. Elle reçu sa médaille de plomb, plaquée or, son écharpe tricolore représentant le drapeau des États-Unis, une coupe en argent et un sac en papier, remplit de petites bricoles peu coûteuses. L'hymne national retentit ensuite, après quoi un photographe vint les prendre pour garder un souvenir des trois premières de cette épreuve et sans doute agrémenter le journal.

Ma série fut ensuite appelée. Le même manège recommença : un discours, des poignées de mains, des sourires hypocrites et des cadeaux. Puis l'hymne et la photo. Après quoi je disparus plus vite que l'éclair et je rejoignis mes collègues près de la camionnette. Ils étaient déjà tous à l'intérieur, sauf Brutus, qui m'attendait appuyé contre le coffre.

_En voiture, champion..., lâcha-t-il d'un ton qui laissait penser que j'aurais de nombreux reproches une fois que nous serions tous les deux.

À l'intérieur, Finnick et Thresh disputaient joyeusement une bataille navale laissant Katniss et Marvel à l'arrière. Je m'assis à la gauche de la fille du feu, mettant le plus de distance possible entre Marvel et moi. Lorsque nous entrâmes sur l'autoroute, elle dormait appuyée de tout son soul contre Marvel qui regardait la partie des deux garçons assis à l'avant. Katniss portait toujours sa médaille autour de son cou. Je soupirais en renfonçant mes écouteurs dans mes oreilles et en regardant distraitement le paysage défiler autour de nous. Le trajet promettait d'être interminable.


[POV Katniss]

Marvel me secoua, m'annonçant que nous étions arrivés à bon port. J'avais dormi comme une masse, pendant tout le chemin du retour. Je sortis de la voiture, récupérai mes bagages et m'étirai avant de rejoindre Finnick qui patientait près de la grille d'entrée du club. Haymitch claqua le coffre et partit garer la voiture tandis que nous remontions l'allée jusqu'à l'entrée.

Mon cœur rata un battement lorsque je vis Clove, un sac à dos sur l'épaule, et Enobaria en grande discussion devant la porte. Enfin, j'avais plutôt l'impression que l'entraineuse implorait la jeune fille qui secouait négativement la tête.

_Je t'ai déjà dit que c'était impossible ! Protesta la jeune fille en resserrant sa queue de cheval. Je ne tomberai pas là-dedans. Regarde où ça a mené Glimmer !

_Que ce passe-t-il ici ? Questionna Brutus en arrivant à leur hauteur.

_Clove veut quitter le Capitole, l'informa l'ancienne championne.

Autour de moi, des sacs tombèrent à terre : Marvel, Finnick et Thresh regardaient la brune les yeux écarquillés. Cato restait de marbre, comme à son habitude, un rictus narquois en coin.

_Mais... pourquoi ? Enfin, ta jambe est guérie..., balbutia Marvel. Tu vas gentiment recommencer à t'entrainer et tu seras au point pour la saison prochaine !

_C'est plus compliqué que ça, asséna-t-elle. Ma fracture est certes réparée, mais, plusieurs de mes ligaments sont touchés. Le médecin m'a dit qu'un choc trop violent, répété, comme une réception de saut ou un départ actif, pourrait, à long terme, me causer des séquelles. C'est pourquoi j'arrête ma carrière ici. Je passerais vous voir de temps en temps mais l'athlétisme c'est fini pour moi. Ma mère a décidé de m'inscrire à des cours de piano, pour contenir mon énergie, et maintenir ma détermination. Voici, la feuille de désinscription, vous serez gentil de la faire remonter à la fédération.

Brutus la contempla et Haymitch prit soudainement la parole, coupant le blanc qui s'était installé :

_C'est assez soudain comme décision, mais je pense que c'est préférable pour toi, de stopper la discipline. Après, tu seras toujours la bienvenue au Capitole, et rien ne t'empêche de venir faire un tour de piste une fois de temps en temps.

Il se saisit de la feuille que tendait la jeune fille et disparut vers les bureaux. Les garçons restèrent silencieux et Clove se tourna brusquement vers moi :

_Katniss, il faut qu'on discute. Viens !

Elle m'entraina par la manche à l'écart de du groupe et commença à me parler rapidement :

_Ne te sens pas responsable de ce qui est arrivée à Glimmer d'accord ? Non tu écoutes, me coupa-t-elle voyant que j'allais l'interrompre. Le tournoi de Denver est très important : tu peux te retrouver sélectionnée pour participer aux stages de détection pour intégrer l'équipe nationale. Attends toi à ce que l'on te mette la pression. Mais ne cède surtout pas. SI tu as besoin de quoi que ce soit, appelle moi. Et surtout, méfie toi de Cato... Je ne sais pas ce qui lui prend en ce moment mais son attitude est étrange. Il lui est arrivé, par le passé, de tenter d'être violent. Je pense que tu sais la force qu'il possède ? Bien, fais confiance à Finnick, il le mérite. Marvel et Thresh sont parfois un peu à côté de la plaque, mais ne doute pas d'eux s'il te plait. Tu as compris ?

_Oui, mais Clove, pourquoi toutes ces recommandations ? L'interrogeai-je surprise.

_Tu vas te retrouver projetée sur le devant de la scène d'athlétisme. Attends toi à ce que l'on parle de toi dans la Moisson. Tu vois la popularité de Cato ou de Finnick ? Et bien c'est la même qui t'attend. Mais quoi qu'il arrive, ne tombe pas dans toutes ces merdes que sont l'alcool, la drogue, la cigarette ou les cachetons. Jure le Katniss !

_Je le jure, dis-je en pensant que pour ce qui était de la cigarette, c'était déjà trop tard.

Elle me lança un regard entendu, avant de quitter le club d'un pas pressé.

Le soir, alors que je quittais le Capitole pour rentrer chez moi, une limousine noire, roulant à vive allure, me dépassa. À son bord, se tenait un couple d'une quarantaine d'années, pendus à leurs téléphones portables respectifs. À l'avant de la voiture, le chauffeur paraissait éreinté. La voiture se stoppa devant les grilles du club et Cato s'avança sans se presser ses sacs sur l'épaule. L'homme assis à l'arrière, que j'imaginais être son père, l'injuria et lui demanda de se dépêcher tout en baragouinant quelque chose en français à son interlocuteur. Le beau blond roula des yeux avant de s'engouffrer dans la prodigieuse voiture noire. Cette dernière fit demi-tour et repartit aussi vite qu'elle était venue.

Je cheminais paisiblement vers chez moi en flânant dans les rues de New-York. Dieu, que cette ville m'avait manquée pendant une semaine ! En arrivant devant mon immeuble, je composai le code de déverrouillage de la porte qui s'ouvrit dans un « clic » sonore. En traversant le hall, je récupérai le courrier qui dépassait aisément de la boîte aux lettres familiale : ma mère n'avait pas dû ramasser le courrier depuis que j'étais partie. Je montai les escaliers en soupirant : la maison ne me manquait pas temps que ça.

Je rentrai dans l'appartement et Prim me fonça dessus en poussant son fauteuil roulant au maximum de sa vitesse :

_Katnip ! Tu es rentrée ! Alors ta compétition ? Comment c'était ? Me demanda-t-elle surexcitée.

_C'était génial, j'ai gagné ma série ! Lui racontai-je en jetant le courrier sur la table de la cuisine. Où est maman ?

_Dans sa chambre, répondit ma petite soeur d'un air maussade. Elle est rentrée complètement ivre cet après-midi et elle s'est directement enfermée. Ça recommence comme avant Katnip ! Comme lorsque papa est mort et que l'on vivait à San Fransciso ! Tu m'avais dit que en venant habiter ici, ça ne se reproduirait plus !

_Je n'ai jamais dit ça..., tentai-je de me justifier.

_ Tu as menti ! Asséna-t-elle en s'enfuyant aux bords des larmes.

_Et merde ! Balançai-je en envoyant le courrier à terre. Ramasse Katniss ! J'ai mes problèmes personnels moi aussi ! Mon copain s'est barré à Paris et je n'ai plus de nouvelles bordel !

Au même moment, mon regard fut attiré par une enveloppe rose pâle, qui trainait au milieu d'un bon nombre de factures impayées que la prime que j'avais ramenée de Washington ne suffirait jamais à éponger. De fines lettres inclinées trônaient sur le papier. Je ne connaissais qu'une seule personne qui avait cette manière d'étirer les boucles et d'ajouter un petit cœur au sommet de la lettre K : Peeta. Je m'emparai d'elle en tirant d'un coup sec avant de l'emporter jusque dans ma chambre.

Au moment où j'allais l'ouvrir, mon regard ce porta sur mes deux sacs posés sur mon lit. Il fallait encore que je trie le linge, que je fasse deux ou trois machines, que je prépare le repas et aussi que je repasse avant de l'ouvrir. Je la posai négligemment sur mon bureau, j'avais tout le temps de l'ouvrir après tout...

Alors que je rangeai une énième panière de linge, mon esprit vagabonda en direction de la belle Cashmere, coureuse rencontrée à la compétition de Washington. Sa beauté m'avait subjugué malgré le fait que je sois sûre d'aimer les garçons ! Cato avait beau en dire du mal, j'étais sûre que cette fille était une perle. Je me surpris même à espérer la revoir lorsque je me rendrais à Denver, le mois prochain.

Le repas se passa dans un froid glacial : Prim me jetait parfois des regards noirs qui m'accusait d'être responsable de la rechute de maman et cette dernière n'étant pas réapparue, je ne pouvais rien faire pour elle...

Prim toucha à peine à son assiette et sortit de table sans un mot. Je soupirais avant de débarrasser la table. La vaisselle attendrait demain... Je regagnais ma chambre en pensant que je n'avais pas fait mes devoirs pour la rentrée de lundi. Tant pis, eux aussi attendraient demain ! Je me couchai dans mon grand lit froid et m'endormis presque aussitôt.

Mes rêves furent peuplés de baisers et de danses, le plus souvent dans les bras de Cato, mais aussi dans ceux de Finnick voir de Marvel, et même, oh stupeur ! Dans ceux de Cashmere. Je ne me sentais pas à l'aise, quelque chose me chagrinait. Gale apparu lui aussi dans mon rêve, tout comme la lettre de Peeta. Celle-ci tournoyait dans ma tête et le visage de Gale me criait « méfiance, méfiance, Katniss » inlassablement.

J'étais trempée de sueur, lorsque je me réveillais le lendemain matin, tremblante d'épouvante et de froid. Je le levai de mon lit et me dirigeai vers la salle de bain pour prendre une douche brulante dans l'espoir de me réchauffer. Mais rien n'y faisait ! Je restait désespérément glacée jusqu'aux os. Étais-je malade ? Je m'interdisais de penser comme tel, car vu l'état de nos finances, une visite chez le médecin était impensable... Ciel, qu'être pauvre était compliqué ! Je m'attelai alors à mes cours et à mes devoirs sans prendre de petit déjeuner : ce n'était pas la première fois que je sautais un repas. Au final, j'avais dû finir par m'y habituer car mon estomac ne protestait même plus.

Vers midi, ma mère sortit de sa chambre avec une sale tête : de grandes cernes soulignait ses yeux bleus, complètement vides. Elle portait une robe de chambre usée et tenait une bouteille de whisky à moitié vide dans sa main gauche. Elle titubait légèrement et manqua de se cogner en voulant entrer dans la cuisine. Je soupirai et délaissai mes devoirs pour aller à sa rencontre.

_Maman, ça va ? Lui demandai-je en entrant dans la pièce et en la voyant étalée sur la table, la bouteille d'alcool fort, brisée à ses pieds.

_Non ! Beugla-t-elle en frappant du poing sur la table.

_Qui-a-t-il ? M'enquis-je en m'asseyant en face d'elle.

_Primrose à disparue... Je ne sais pas où elle est..., sanglota ma génitrice en m'agrippant violemment par le bras.

_Enfin maman, tu sais bien que nous sommes samedi aujourd'hui et que Patrice est passé la chercher pour l'amener chez l'ostéopathe, comme d'habitude...

_Tu mens ! Hurla ma mère comme prise d'une soudaine démence.

Elle s'empara d'un éclat de verre qui trainait sur la table et me le jeta à la figure. Je n'eus pas le temps de m'écarter que le morceau de bouteille griffait ma peau, m'ouvrant une brèche sur la joue gauche. Immédiatement, j'appliquais un chiffon humide sur ma blessure et de ma main libre, je ramassais les éclats au sol, avant qu'un autre accident ne se produise. Dans ce genre de cas, ce n'était pas la peine de se battre avec maman. Elle pouvait devenir complètement cinglée. Une fois, elle m'avait expulsée hors de l'appartement à coups de balai, en pleine nuit et avait fermé la porte à clé. L'appartement d'en face, étant inoccupé à cette époque, j'avais dû dormir sur le palier de la porte.

Je gagnai la salle d'eau et regarda l'état de ma plaie : ce n'était pas beau à voir mais, comme ce n'était qu'une « éraflure », je la laissai à l'air libre. Je me saisis de mon téléphone et appelai Patrice. Le téléphone sonna une fois, puis deux, puis trois. Je tombai sur la messagerie : « Oui Patrice ? C'est Katniss. C'était pour te dire que maman avait refait une crise. J'ai réussi à la contrôler mais j'ai peur que ça empire. Fait vite s'il te plait ! ».

Patrice était l'un des ex-collègues de ma mère, du temps où elle travaillait comme secrétaire chez le plus gros constructeur automobile de la ville. C'est en voyant Prim, qu'il avait décidé de nous aidé, bah oui, que voulez-vous. C'est Primrose que l'on veut aider, pas la maussade Katniss. J'avais encore deux heures à craindre, car après son rendez-vous Patrice gardait Prim pour l'amener manger au fast-food. Pas très diététique comme repas, mais au moins, elle pouvait manger autant qu'elle voulait. Ça compensait le reste du temps... Je me remis à mes cours jusqu'à ce que j'entende un bruit provenant du salon : maman devait essayer de forcer le cadenas de la réserve d'alcool. Pour vu que Patrice arrive à temps...

Dimanche passa à une vitesse ahurissante. En reprenant le métro en compagnie de Gale lundi, j'observais mon reflet dans la vitre : je portais un sweat-shirt gris sombre, un jean usé et des baskets qui devaient en être à leur quatrième vie. Mes cheveux étaient attaché en une natte banale. Je n'avais plus rien à voir avec la fille hautaine qui snobait tout le monde... J'étais redevenue la même fille que lorsque je vivais à San Francisco : la pauvre et insignifiante Katniss Everdeen.


Tada ! On s'arrête ici pour cette semaine. Alors ça vous plait ? On se dit à samedi prochain ? :)