Coucou tout le monde ! Désolée de mettre tant de temps à poster, mais avec ma rentrée au lycée, j'ai pas mal de boulot, et je ne peux pas écrire autant que je le voudrais. Voilà, la suite des révélations sur le passé de Reyna. J'aime laisser une part de mystère. Qui sait ce que l'avenir lui réserve ? Laissez un petit review, ça fait toujours plaisir d'avoir des avis.


Chapitre 11 : Percy

- Quoi ?!

Percy crut d'abord qu'il avait mal entendu. Mais comme la mère de Reyna – Hermione -, était une Sang-Mêlé, il était possible qu'elle soit morte pendant une quête, ou quelque chose de ce goût là. Une vie de Demi-Dieu, c'était plutôt dangereux...

- Elle s'est laissée mourir de désespoir. Apparemment, avoir une autre fille semblable à la première ne pouvait pas atténuer sa douleur. Elle a arrêté de manger, de sortir, et elle est morte en une semaine. Et elle a cessé d'être ma mère.

Son ton froid ne trahissait aucune émotion. Contrairement à son regard. Ses yeux étaient remplis, non pas de tristesse, mais de colère. Percy reporta son attention sur ce qui les entourait. Hermione serrait la petite robe blanche dans ses bras, secouée par de violents sanglots. Elle n'avait même pas eu un regard pour Reyna, dont la tête était blottie dans le cou d'Adonis.

Le souvenir changea. Il y avait un bûcher. Un linceul noir était placé en son centre. Reyna tenait une torche. Percy fut presque choqué. On laissait à une petite fille de 9 ans la charge de brûler le corps de sa mère. Alors qu'elle venait aussi de perdre sa sœur jumelle. Pourtant Reyna ne trembla pas quand elle tendit le bras pour enflammer le bois. Elle jeta ensuite sa torche au feu, avant de se détourner, un masque indifférent au visage. Percy ne dit rien, et attendit.

- Allons voler, dit Reyna en arrivant à la hauteur d'Adonis.

Celui-ci hocha la tête en lui emboîtant le pas.

- On aurait pu rester un peu, tu sais...

Reyna fit volte-face, le visage dur.

- Elle a fait son choix. Moi aussi.

La voix de Reyna se fit lointaine. Percy se sentit glisser dans un nouveau souvenir. Il sentait presque la moiteur de l'air. Lui et Reyna se trouvaient dans une vaste prairie d'herbe jaunie par la sécheresse du climat. De chaque côté, une armée de soldat en armure, panaches bleus à droite, rouges à gauche.

- Euh... qu'est-ce qu'on fait ici ?

Reyna avait totalement séché ses larmes. Elle s'éclaircit la voix.

- C'est notre prairie de bataille. Chaque année, on affrontait les Spartiates ou les Athéniens. Nous sommes les bleus, et les Spartiates sont en rouge.

- Attends... Tu participes à une bataille ? Mais t'as quel âge ?

- J'ai 10 ans. Normalement, l'âge minimum est 12 ans, mais je venais de perdre ma sœur. Le regard de bébé phoque en détresse, ça marche plutôt bien sur Chiron.

- Il t'a laissée combattre à 10 ans ?!

Percy était stupéfait. Il avait mené sa première vraie bataille à 14 ans, et ce n'était déjà pas la chose la plus facile au monde. Mais 10 ans ! C'était trop jeune. Surtout contre des adversaires plus âgés. Enfin, après tout, Nico avait vécu avec pour seule compagnie des fantômes quand il avait 10 ans. Percy ne savait pas ce qui était le plus dangereux.

Oui, acquiesça Reyna. Il n'aurait vraiment pas dû.

Soudain, il y eut un bruit de corne, suivi par une clameur presque bestiale. Les deux armées s'étaient mise en mouvement, et tous les guerriers exultaient, galvanisés par l'excitation du premier assaut. Lorsque les deux fronts se rencontrèrent, Percy eut mal pour certains. Même si le but n'était clairement pas de tuer, on se devait de laisser un petit souvenir à son adversaire. Le plus de bleus et d'os cassés possibles.

Il repéra vite Reyna. Elle mesurait une tête de moins que les autres, mais elle compensait par sa fougue et sa vitesse. Elle essayait de désarmer ses assaillants sans (trop) les abîmer. Alors que les Spartiates attaquaient avec férocité. Adonis, qui était resté à ses côtés, disparut soudain, emportés par la masse. Quand Reyna se retourna, elle dut lever la tête pour regarder l'ennemi dans les yeux.

- C'est toi, la fille de Poséidon, la petite-fille d'Hadès ? Celle qui se croit tellement supérieure aux autres qu'elle combat à 10 ans ?

Ok, il la connait, visiblement, se dit Percy. Les entorses au règlement ne devaient pas être communes. La petite Reyna était dans une position défensive. Le garçon était grand, musclé, avec un front bas et des cheveux roux filasses. Percy comprit pourquoi sa sœur avait reconnu qu'aller se battre était une erreur. Il fallait être réaliste. Elle allait se faire massacrer.

- C'est bien moi. Et toi, puis-je connaître le nom du fils d'Arès qui me fait face ?

L'aplomb dans sa voix cloua Percy sur place. Enfin, aurait pu, s'il n'avait pas vu le tremblement des mains de Reyna. Elle était terrorisée, mais trop fière pour l'avouer. Et puis, qu'est-ce que cela aurait pu changer ? Percy coula un regard en coin à sa sœur. Cela n'avait pas vraiment changé.

- Je suis Diomède de Thrace, et je te promets que tu vas souffrir, fille de Poséidon !

Il attaqua sans plus attendre, dans ce qui était devenu un combat singulier à l'écart de la « vraie » bataille. Reyna para en catastrophe. Elle tentait de prendre son adversaire de vitesse, mais elle manquait cruellement de puissance. Chaque parade semblait épuiser plus facilement ses forces. Même en se servant de son bouclier, elle ne pouvait répliquer. Reyna manqua soudainement de souffle, et son adversaire en profité pour la jeter à terre. Il eut un petit ricanement qui glaça le sang de Percy et le va son épée pour...

- Non !

Percy avait fermé les yeux pour ne pas voir ce qui allait se passer, et quand il les rouvrit, il vit que quelqu'un s'était interposé entre les deux combattants. Un spartiate, vu le panache rouge de son casque. Il avait bloqué l'épée de Diomède, et, d'une botte que Percy ne vit pas venir, il envoya l'arme voler à terre.

- Alors comme ça, on attaque délibérément (il insista sur ce mot) les plus jeunes que soi ? Je suis sûr que ton père est très fier de toi...

Puis, reportant son attention sur Reyna, il lui tendit la main pour l'aider à se relever. Celle-ci accepta, un peu hésitante et étonnée. Il s'agenouilla ensuite à terre.

- Je me nomme Enée, dame.

Tout d'un coup, tout devint clair dans la tête de Percy. Reyna avait eu l'impression de revivre cette scène. Enée l'avait sauvée d'un enfant d'Arès, tout comme Nico l'avait fait un peu plus tôt (ou la veille, enfin, peu importait).

- Je comprends pourquoi tu n'as pas réagi, dit-il simplement.

Reyna hocha distraitement la tête. Percy suivit son regard, et vit qu'elle dévorait Enée du regard. Effectivement, il devait le reconnaître, il était beau. Enée était grand, bronzé, musclé mais pas trop, à la manière d'Adonis, avec des yeux oscillant entre le gris et le bleu, et des cheveux blonds dorés. Peut-être était-il un enfant d'Athéna ?

- Dame ?! (elle le fit se relever) Je suis Reyna. Et toi, tu es le fils de... ?

- D'Aphrodite.

Ah, loupé, se dit Percy.

- Aphrodite... Mais alors, tu es... Enée de Troie ?

Elle fit une courte révérence. Un fils d'Aphrodite venant de Troie, ça disait vaguement quelque chose à Percy, mais il ne savait plus trop.

- Je t'en prie, je ne veux rien savoir de cette histoire de rang. Je ne suis qu'un Sang-Mêlé. Et il faut te conduire à l'infirmerie.

En effet, une longue blessure barrait son avant-bras. Elle n'avait pas senti la douleur auparavant, mais ça commençait à la lancer, apparemment. Percy vit quelqu'un accourir vers eux.

- Reyna ! Tu vas bien ? S'enquit Adonis.

- Ne t'inquiète pas, je vais survivre...

- Je t'avais dit que 10 ans, c'est trop jeune !

- Je l'ai protégée, intervint Enée.

Adonis le jaugea du regard des pieds à la tête. Il sourit néanmoins, et lui tendit la main.

- Je m'appelle Adonis, fils de Zeus. A qui ai-je l'honneur ?

Enée lui saisit l'avant-bras en retour, à la grecque (ça semble évident, non ? Se rabroua mentalement Percy)

- Je suis Enée de Troie.

Adonis écarquilla les yeux, avant de reporter son attention sur Reyna.

- Il faut t'emmener à Chiron, déclara t-il. Tu es blessée.

- Je vous accompagne, ajouta Enée. J'ai à lui parler.

Reyna fronça les sourcils.

- Pourquoi ?

- Je ne peux pas retourner à Sparte. J'ai combattu un de mes camarades. Je pourrais être exécuté pour ça.

Il s'interrompit quelques instants.

- Je veux venir à Olympie.

Percy ne tint plus. Il en avait marre de ne pas comprendre.

- C'est qui, ce Enée ?

- C'est le fils d'Aphrodite et d'un prince troyen. C'est un prince d'Ilion, une cité aussi appelée Troie. Il n'en est pas l'héritier, mais... Il mérite du respect. Au-delà de son rang, c'est un des meilleurs guerriers que j'ai jamais rencontré.

- Tu veux dire... celui de la guerre de Troie ?

- Quoi ?

Percy se rappela un peu trop tard que Reyna avait vécu juste avant. Et qu'elle ne pouvait donc pas savoir.

- Euh... non non, rien.

- Il y a eu une guerre ?

Percy aurait voulu se frapper, rien qu'en voyant la mine décomposée de sa sœur. Il la faisait s'inquiéter pour rien. Et surtout... Les seules connaissances qu'il avait sur cette guerre venaient d'Annabeth. Et elles étaient tellement confuses qu'il aurait raconté absolument n'importe quoi.

- Pour ça, faudra que tu demandes à Annabeth. Je suis nul en histoire.

Il se sentait de plus en plus gêné. Il fallait qu'ils passent à un autre souvenir, pour détourner l'attention de Reyna.

- Enfin, ce n'est pas l'important. Qu'est-ce qui t'est arrivé après ?

Reyna resta silencieuse plusieurs secondes.

- J'ai participé à plusieurs quêtes. Dont une en Crète, dans le Labyrinthe. Et à 16 ans...

Tout se brouilla autour d'eux, puis Percy reconnut l'endroit. La salle du Conseil. Du Conseil des Olympiens. Mais pourquoi...

- Non ! Non ! Cria Reyna. Pas ici !

Percy eut le temps de voir que sa sœur (du passé) se trouvait au milieu du cercle, tous les Dieux la regardant d'un air hostile, excepté bien sûr Poséidon. Un jeune homme brun se tenait à ses côtés, et Zeus faisait un geste dans sa direction quand...

Percy revint brutalement à la réalité. La respiration de Reyna était sifflante. Il prit sa tête entre ses mains et lui demanda doucement :

- Pourquoi sommes-nous revenus ?

- Je... Je ne peux pas, Percy. Je ne veux pas le revivre. Pas encore...

- Mais tu peux me le dire, au moins ?

- Les Dieux ont appris... appris que j'étais maudite.