Hello les Loups ! Oui je suis en retard d'un jour, toutes mes excuses. J'ai eu une semaine plein d'imprévu de dernières minutes. Et donc sans tarder, je vous laisse à votre lecture !
Réponses aux Reviews Anonymes :
Elendil : Merci pour ton commentaire ! Rogue n'a effectivement pas un rôle positif dans cette histoire et ne t'en fait pas, il va payer son comportement. Quant à Albus… Il a vraiment des problèmes avec la notion de protection des élèves !
Marie : Merci beaucoup !
Chapitre 11 : L'homme est un loup pour l'homme
-Je refuse de croire qu'il s'agit d'une femme. Vous êtes en plein délire…
-Mais si enfin, Harry, regarde, sa mâchoire, son nez…
-Quoi, qu'est-ce qu'il a son nez ?
-Enfin, on ne voit que ça ! Il est beaucoup trop délicat !
Harry fixa respectivement Pansy et Blaise, puis le magazine où s'étalait en double page une photo des Bizarr'Sisters en habit de noël. Leur lubie du moment était de lui faire admettre que l'un des membres du célèbre groupe de musique était une travestie.
Afin de lui faire profiter de leurs talents de persuasion, Pansy s'était levée de sa chaise pour venir s'appuyer derrière Harry et Blaise avait forcé Gregory à se décaler, ce que ce dernier avait fait non sans grommeler son agacement. Harry avait donc une Pansy à moitié perchée sur lui qui lui désignait des morceaux de son Sorciere Hebdo sans se préoccuper du reste de la Grande Salle derrière elle et de certains élèves qui essayaient d'avaler leur petit déjeuner tout en les fixant avec curiosité.
Quatre mois après la rentrée, les Loups restaient l'attraction.
Du moins, ils le restaient AVANT la distribution du courrier, car dès que les hiboux terminaient leur livraison, la Gazette du Sorcier redevenait le centre de l'attention.
Mais pas pour Harry. Lui en avait assez de lire des mauvaises nouvelles tous les jours.
Il affichait la plus grande indifférence pour ce qu'il y était écrit (particulièrement si cela était signé de la plume de Skeeter), mais il ne put définitivement pas ignorer le couinement à moitié étouffé de Drago quand celui-ci déplia son exemplaire.
-Quoi ? Demanda t'il en se crispant, s'attendant au pire.
Théodore, qui lisait son propre exemplaire, semblait se décomposer à vue d'œil.
-Bellatrix Lestrange s'est évadée d'Azkaban ! Répondit Drago ébahi avant de continuer d'un ton scandalisé : ET ça fait 3 jours ! 3 PUTAIN DE JOURS qu'elle est dans la nature et on nous met au courant que maintenant ?!
-Elle n'est pas la seule à s'être évadée… Compléta Théo d'un air sombre en leur désignant dix photos de sorciers.
Gregory et Vincent se jetèrent un coup d'œil, les visages crispés. Quant à Pansy, elle chercha du réconfort en se serrant plus fortement contre un Harry qui se demandait juste où il avait déjà entendu ce nom.
-Euh… Qui est Bellatrix Lestrange ?
En deux secondes tous les regards furent sur lui, effarés.
-Comment tu ne peux pas savoir qui c'est ?! S'exclama Pansy. Toi entre tous ?
-Euh… Alors en fait, généralement, tout le monde semble en savoir plus que moi sur tout, répliqua Harry d'un ton blasé.
-Oui, mais tout de même, tu es dans le même dortoir que Londubat, intervint Blaise. Tu ne sais pas ce qui est arrivé à ses parents ?
Harry baissa les yeux vers son petit déjeuner, assez honteux de ne pas avoir de réponse à donner à cela. C'était vrai, il n'avait jamais posé de questions à Neville sur ses parents alors qu'il savait qu'il vivait chez sa grand-mère.
-J'ai supposé qu'ils étaient morts…
-Oh non. Ce serait préférable, répondit Drago d'un ton acide. Bellatrix Lestrange est ma tante, du côté de ma mère, c'est une Black. Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de la connaitre puisqu'elle a été enfermée quand j'avais un an, mais tout le monde sait qu'elle était l'une des plus fidèles servantes de Voldemort, et surtout, qu'elle avait une nette préférence pour l'Impardonnable Doloris. Elle l'a tellement infligé aux parents de Londubat qu'ils ont sont devenus fous.
-C'est horrible… Souffla Harry en tournant la tête vers la table des gryffondors où Neville regardait avec une expression fermée l'article de la Gazette.
Il n'y avait plus rien de la douceur habituelle de ses traits et même de sa maladresse ou de sa timidité. C'était bien au contraire l'expression déterminée d'un animal face à sa proie, alors même qu'à l'instar des autres élèves il aurait dû ressentir de la peur.
Et Harry pressentait qu'un jour Neville Londubat s'occuperait du sort de Bellatrix Lestrange. Il était le mieux placé pour comprendre cela. Lui-même ne dirait pas non à la possibilité d'enfoncer ses crocs dans la gorge de Pettigrow, et bien évidemment celle de Voldemort… Bien que…
*Ça ne doit pas être très gouteux… Berk… Gout de vieux cadavre…*
Il fit la grimace face à cette idée ragoutante. Son voisin plissa les yeux d'un air soupçonneux.
-Enfin bon, plus qu'un jour et on met les voiles au Refuge. Je me sentirais bien plus tranquille là-bas, grommela Drago qui se mit à l'observer avec une expression calculatrice.
-Quoi ? Tu penses qu'elle va se précipiter ici pour me doloriser ?!
-Je ne sais pas. Mais cette histoire ne sent pas bon du tout. Voldemort prépare quelque chose, sinon il ne les aurait pas libérés ! Alors en attendant, je veux qu'il y ait toujours un Loup sur tes talons.
-Que… Eh, mais, pourquoi moi ?!
-Tu oses vraiment poser la question ? S'étonna Pansy en revenant à sa place pour terminer son thé.
-Tu attires les ennuis, annonça inutilement Vincent, s'attirant, lui, un soupir désespéré de la part de Théodore.
-C'est une rumeur urbaine, contrattaqua aussitôt Harry, assez fâché de cette réputation qui lui trainait aux pattes.
-Tu aimerais bien, ronronna Drago avec un grand sourire victorieux face à l'expression boudeuse du brun.
Ce dernier, toujours très mature, lui fit un doigt d'honneur en réponse.
-Vies et mœurs des Loups-
Malgré sa nouvelle ombre (soit Vincent ou Gregory à tour de rôle), la journée de cours d'Harry se passa de la même façon que d'habitude, voire même se montra assez ennuyeuse pour qu'il en vienne à espérer voir Bellatrix Lestrange faire irruption durant son cours de Divination.
Ce fut en rentrant de la tour où avait lieu cette torture, Gregory le suivant d'un air suffisamment féroce pour obliger la foule à se fendre devant eux, qu'il tomba sur Luna occupée à escalader une statue de chevalier.
-Un problème, Luna ? Demanda-t-il en se retrouvant à gambader joyeusement vers elle, irrésistiblement attiré.
Il fut un peu heureux de réaliser que Gregory était dans le même état que lui.
-Oh Harry… Gregory Goyle… Je joue à chat perché avec les Pelimblocs. C'est redoutable quand ça vous attrape…
Gregory se mit à regarder autour de lui d'un air perturbé, mais sembla se dire au final qu'un bon regard noir suffirait à faire fuir toute créature au nom bizarre.
-Tu devrais faire attention Harry, j'ai l'impression que tu es dans un jour dangereux, continua Luna.
-J'ai essayé de me suicider d'ennui en me tranchant les veines avec les cartes de tarot de Trelawney, mais ça n'a pas très bien marché.
-QUOI ?! Beugla Gregory en agrippant brusquement ses poignets, horrifié de découvrir qu'il aurait pu faillir dans sa noble tâche.
-Je PLAISANTAIS Greg.
-Ce n'est PAS marrant ! Rétorqua le grand châtain en continuant néanmoins de vérifier s'il n'était pas endommagé.
-Juste un peu, approuva pour sa part Luna.
Harry lui fit un clin d'œil en écartant les bras pour mettre bien en scène son faux sentiment de martyr alors qu'il se faisait tripoter de partout. Finalement Greg grogna de dépit avant de fourrer sa tête dans son cou, ce qui était plutôt bizarre vu qu'il était plus grand que lui.
-La la la, oui, je suis vilain, accepta-t-il d'admettre en tapotant le dos du colosse.
-Quoiqu'il en soit, vous devriez rentrer dans votre repaire, annonça Luna avant de continuer plus bas sur le ton de la confidence : les Pelimblocs aiment VRAIMENT les couloirs. Et il n'y a rien d'étonnant à ça, parce que… Les couloirs sont les lieux les plus magiques qui existent. Avec les portes et les escaliers. Ce sont tous trois des passages… Et Merlin seul sait où ils peuvent nous amener. Pas toujours aux endroits que l'on désire…
-S'ils aiment ça, pourquoi tu n'es pas dans ta Salle Commune ?
La question voila le regard de la jeune fille qui fixa un point sur le plafond que Harry, tout en suivant la direction de la tête, ne put pas définir. Il revint donc à elle avec la ferme intention d'obtenir une réponse à la légère pointe de désappointement qu'il avait ressenti chez elle.
-Je le voulais… Mais… Quelqu'un a rempli mon lit de verracrasses et il a fallu que je redescende pour ramener toutes ces pauvres petites créatures à leur environnement naturel. Puis j'ai dû me doucher et m'excuser auprès des elfes de maisons qui devront refaire tout mon lit… Puis alors que je sortais des cuisines, j'ai remarqué les Pelimblocs et je me suis dit qu'il fallait que je reste pour vous prévenir…
Elle regarda à nouveau Harry dont le grondement qui faisait vibrer sa cage thoracique était assez révélateur de son état mental.
-Tu sais, fit Luna, tu ne les arrêteras pas. Les gens ne sont pas fondamentalement mauvais. Ils sont… Autres. C'est comme pour les couleurs. Tu savais que tout le monde ne voit pas les même couleurs ? C'est léger, mais parfois ça suffit à ce que quelqu'un trouve du rouge et l'autre un orange. Et aucun d'entre eux n'a tort, puisque nous dépendons de nos cinq sens pour appréhender l'extérieur. Tout est une question de point de vue, de situation, d'évènements… C'est un truc de loup…
-Hein ? Qu'est-ce que ça a à voir avec les Loups ? Grommela Harry en s'efforçant de réprimer son envie de poursuivre du serdaigle.
-« Homo homini lupus est », répondit Luna en inclinant la tête. Ce qui signifie : L'homme est un loup pour l'homme. (elle sourit légèrement avec amusement) Une façon imagée de dire qu'il est difficile de vivre avec les autres. Que les Autres sont tous des prédateurs prêts à vous écraser pour arriver à leurs bonheurs. C'est amusant, parce que ceux qui étaient le plus des loups dans cette école en sont devenus des vrais et par là même, sont devenus bien plus fréquentable, n'est-ce pas Gregory Goyle ?
Le serpentard se détourna légèrement en haussant des épaules d'un air peu intéressé.
-Mais bon… Même si nous n'en sommes pas toujours conscient, nous sommes nous-même des loups pour d'autres, parce que… Souvent, le monde agit en balance. Ce qu'il donne, il le prend à un autre. Parce que ce qui nous fait plaisir… Ne fait pas forcement plaisir à tout le monde. Ce qui nous indiffère peut être important pour quelqu'un d'autre.
-Luna, c'est impossible de vivre en se souciant ainsi du regard des autres et de leurs sentiments… C'est… Vivre pour les autres et ne plus s'appartenir. Je crois que ça pourrait rendre un Homme fou.
-Je ne dis pas que c'est ce qu'il faut faire. Juste que c'est une chose que l'on doit garder en tête. En plus… Je crois qu'il n'y a rien de plus sain que deux esprits qui se bousculent l'un l'autre. C'est juste malheureux quand ça doit finir dans les larmes et le sang.
-En bref, on ne peut pas plaire à tout le monde et on doit juste s'y résigner et le prendre avec philosophie ?
Face à un raisonnement pareil, il comprenait la raison pour laquelle Luna était toujours si composée dans son attitude. Elle hocha gentiment de la tête alors qu'Harry secouait au contraire la sienne :
-Je connais aussi une phrase célèbre disant que la liberté de chacun s'arrête là où commence celle des autres et qu'un bon coup de pied aux fesses ferait du bien à certaines personnes pour s'en rappeler. Ils ont le droit de ne pas t'aimer Luna, mais pas de mettre des verracrasses dans ton lit.
-Oui, tu as raison. Pauvres petits verracrasses…
-En fait, je pensais plus à toi qu'aux verracrasses, mais bon…
Il savait qu'argumenter ne servirait à rien et alors qu'il s'apprêtait à tenter de la persuader de descendre de son perchoir, deux jets de magies lancés l'un après l'autre touchèrent silencieusement Luna et Gregory, les paralysant.
Harry sentit quelque chose le toucher mais tout se passa trop vite. Il n'avait même pas fait attention au fait que le couloir où ils se trouvaient s'était désertifié et n'avait pas entendu les pas ni senti les émotions de l'homme.
Il avait baissé sa garde parce qu'il était à Poudlard et en présence de Luna et Greg qui lui avaient fournis une fausse impression de sécurité.
Et pendant un bref instant idiot, il pensa s'être fait attrapé par une des bestioles bizarres de Luna, un Pelim, pelem machin… Enfin bref.
S'arrachant brutalement de la proximité de son agresseur en se transformant, il se retrouva face à face avec Severus Rogue dans un couloir inconnu.
-Vies et mœurs des Loups-
-Je n'aime pas ce plan DU TOUT, affirma fermement Sirius en se penchant sur le bureau de Dumbledore.
Rémus, derrière lui, était comme toujours déchiré et se contentait d'observer dans un coin obscur comme si en tant que loup-garou il n'avait pas le droit au chapitre.
-C'est en effet… Hasardeux, consentit-il à affirmer lorsque le brun tourna vivement la tête vers lui pour chercher un appui.
Dumbledore, qui leur tournait le dos pour observer le paysage déjà nocturne, sembla approuver du chef, sans toutefois changer quoi que ce soit à ce qu'il avait décidé. Foutu vieux bonhomme borné.
-J'en suis conscient, mais c'est une trop belle occasion pour obliger le Ministre à sortir la tête du sable…
Sirius tapa une nouvelle fois ses mains sur le bureau :
-Je suis assez d'accord avec ça, il faut les obliger à faire face à la réalité, MAIS utiliser Harry comme appât ?! Ca non !
-Sous sa forme lupine il ne craindra pas les pires sorts que nos ennemis pourraient lui envoyer. Il sera pour ainsi dire plus en sécurité que n'importe lequel d'entre vous.
-Non. Vous n'avez qu'à… Je ne sais pas ! Envoyer un faux Harry ! Tonks pourrait prendre son apparence !
-Cela serait préjudiciable pour la couverture de Severus, répliqua Dumbledore en revenant vers son bureau, regardant Sirius avec un air sévère, ramenant ce dernier des années en arrière quand il était encore étudiant.
Seule l'intervention de Rémus l'empêcha d'hurler ce qu'il pensait, au juste, de la couverture de Servilus.
-L'opération commence dans quatre heures, pas vrai ? Nous pouvons toujours essayer de réfléchir à autre chose… Et qu'est-ce qu'en pense Harry ?
-Il n'est pas au courant. Cela doit être le plus naturel possible, sinon les Mangemorts verront le piège.
-Oh non non non non , hors de question ! Je vous interdis d'enlever Harry et de le jeter en pâture à ces psychopathes sans la moindre préparation ! Et MEME avec préparation ! Tonna Sirius.
-Soyez raisonnable mon cher Sirius, vous n'avez rien à m'interdire concernant Harry. Tant que vous êtes recherchés, vos droits de tuteurs sont gelés, et en plus à cause de sa nouvelle nature, ces droits sont devenus caduques…
Le Maraudeur se pencha à nouveau sur le bureau, faisant de son mieux pour tenir le regard bleu perçant qui lui sommait de se soumettre. Il eut un léger rictus sardonique en se rendant compte que cela lui était plus facile qu'autrefois, probablement une conséquence à ce qui s'était passé avec Harry et Drago Malefoy dans la Forêt Interdite.
Le chien en Sirius avait alors changé de maître.
-Dans ce cas, devrais-je allais trouver mon cousin, Drago, pour savoir ce qu'il en pense lui ? Je suis certain qu'il trouverait cette discussion tout aussi édifiante que moi.
Le directeur continua à le défier du regard, espérant sans doute qu'il finirait par céder à un moment ou à un autre, mais quand Sirius fit mine de se redresser et d'aller chercher le serpentard, l'homme capitula. A sa façon.
-Très bien, nous allons…
Des coups à la porte du bureau répétés les interrompirent et d'un regard grave, Dumbledore envoya un Sirius toujours recherché comme ennemi public n°1 et un Rémus prof loup-garou se cacher dans un coin sombre et idéalement pourvu de rideaux.
Il fit ensuite entrer son visiteur qui se révéla être le professeur McGonagall qui avait les joues rouges et le chignon un peu dérangé.
-Eh bien, Minerva, que se passe t'il qui vous valle une telle apparence ?
La sorcière lui lança un bref regard noir en rajustant machinalement sa coiffure :
-Il n'y a pas de quoi plaisanter. J'ai trouvé deux élèves stupéfixés dans un couloir, l'un d'eux était Gregory Goyle, lui n'a rien pu voir, mais l'autre, Luna Lovegood a affirmé que le professeur Rogue s'est avancé dans leur direction avant de lancer les deux sorts. Mr Potter qui était avec eux est introuvable… Comme Severus d'ailleurs.
-QUOI ?! Rugit Sirius en sortant de sa cachette, provoquant un sursaut terrible à la pauvre femme dont le cœur avait déjà été suffisamment malmené.
-Oh par Merlin, Sirius…
Il ne fit pas attention à elle pour foncer sur le directeur :
-L'opération ne devait pas commencer avant vingt-deux heures !
-C'est la vérité, et je ne comprends pas pourquoi…
-A part s'il nous avait finalement trahi, lâcha brutalement Rémus avec un regard grave. Et si c'est le cas, nous ne devons pas perdre de temps. Vous devez réunir les membres au plus vite et les envoyer au Département des Mystères. (Il s'approcha et posa une main sur l'épaule de Sirius) Nous vous précèderons pour protéger Harry.
Sirius approuva en serrant à son tour son bras, et alors qu'ils se précipitaient vers la cheminée, ils entendirent une dernière fois la voix de Dumbledore, aux intonations repentantes :
-Sirius, je vous jure que je ne voulais pas qu'une telle chose arrive…
Le brun se contenta de lui jeter un regard noir avant de disparaitre dans une grande flamme verte.
-Vies et mœurs des Loups-
Un objet tomba dans un éclat de bruit métallique qui résonna jusqu'à très loin. Les yeux d'Harry se fixèrent sur la boite en métal ouverte et rouillée, y reconnaissant un portoloin.
De très mauvais souvenirs, les portoloins…
Il posa la patte en avant mais la voix rauque de Rogue le coupa :
-Le toucher ne vous fera pas revenir à Poudlard. Il est à sens unique et, désormais, inutile. Vous êtes coincé ici.
Harry émit un grondement rauque en piétinant un instant sur place, inquiet et indécis. Il n'avait pas la moindre idée de l'endroit où il était. Ce qu'il avait pris pour un couloir était en réalité une immense pièce remplie de rayonnages de petites boules en cristal brillant toutes d'une lumière bleue irréelle.
Partir à droite ? A gauche ? Son odorat ne lui révélait aucune autre odeur significative que celles des émotions de Rogue. La colère et la violence. Il se retourna donc vers lui, le détaillant comme si cela pouvait lui faire deviner ce que voulait cet homme et pourquoi il avait dès le début éprouvé une telle aversion envers lui.
Une aversion inexplicable puisque le père d'Harry lui avait sauvé la vie.
-J'imagine que vous devez vous demander… Ce que vous faites ici, commença Rogue avec son habituelle retenue matinée d'arrogance et de mépris. Cela vous le devez au Seigneur des Ténèbres et à Albus Dumbledore. J'imagine que chacun d'entre eux à une vision de ce qui va se passer ce soir… Mais pour ma part, j'en ai une autre. Voyez-vous, Mr Potter, regrettablement, les partisans du Seigneur des Ténèbres arriveront plus tôt que prévu, et à ce moment-là, seul, je n'aurais pu assurer votre protection… C'est du moins ce que j'affirmerais à l'Ordre… Parce que j'ai bien l'intention de rectifier une erreur faite il y a quatre ans.
L'air féroce, Il sortit alors sa baguette et Harry gronda un avertissement à son égard, le défiant de ne pas se soumettre, le poil hérissé alors qu'il se tapissait en position d'attaque.
Rogue affronta alors son regard comme il n'avait pu le faire durant la classe de potion. C'était clairement un défi. Un défi de dominance et de territoire entre deux espèces différentes qui mènerait à l'extermination de l'un d'eux.
-Je déteste votre existence. Dès le début j'ai eu raison de voir en vous une engeance de James Potter, comme la preuve que je n'ai pas réussi à la sauver. Lily. Il l'a souillée et vous, vous avez souillé tout le bien qu'elle avait laissé derrière elle. Et pour cela, Potter, je vais vous tuer…
Harry n'attendit pas de comprendre. Suivant simplement ses instincts, il bondit à droite pour éviter tout sort que l'homme pourrait inventer, la cage de Dumbledore lui ayant bien servi de leçon, et prenant par le côté Rogue, il referma sa mâchoire sur son bras de baguette, au même endroit que la première fois.
Rogue poussa un hurlement de rage et de douleur, les yeux exorbités plantés dans le regard vert d'Harry qui ne le quittait pas non plus, tout en broyant avec constance ses muscles et ses os.
Alors il n'y eut plus que le gout du sang qui s'écoulait dans sa bouche, mais aussi au coin de ses babines jusqu'au sol. Puis, de façon inattendue, une douleur fulgurante transperça Harry qui glapit légèrement.
-Moi aussi j'ai appris de mes erreurs Potter, susurra Rogue en laissant apparaitre une dague ensanglantée.
Et aussitôt, il le poignarda à nouveau et Harry renifla, s'efforçant d'ignorer la douleur et d'en infliger encore plus à Rogue pour qu'il perde connaissance avant lui.
-… Et ce n'est pas tout, continua le sorcier d'une voix blanche et coupée. Je l'ai trempée dans un des poisons les plus efficaces que je connais. Le venin voyage déjà dans votre sang. Vous êtes condamné…
Tétanisé par la nouvelle, le Loup se figea une seconde, puis avec un renouveau de colère et de fureur, il secoua la tête violemment pour arracher chair, muscles et tendons, les sentant se déchirer peu à peu.
Rogue émit un nouveau hurlement de douleur et se mit à le poignarder comme un dément en lui ordonnant frénétiquement de mourir. C'était cependant mal le connaitre, à chaque coup, Harry résistait, comme il avait résisté toute sa vie. Il n'avait jamais volé son surnom de « Survivant » et jamais autant auparavant il n'avait voulu vivre, maintenant qu'il avait un lieu à qui il appartenait et ce qui se rapprochait le plus d'une famille.
Harry sentit un violent sentiment de victoire lorsque le dernier fragment de muscle céda et qu'il entraina dans un bond en arrière le bras de l'homme dans sa gueule, les doigts encore refermés sur la baguette de son propriétaire.
Avec un véritable feulement de rage, Rogue se recroquevilla sur ce qu'il restait de son bras, au milieu d'une mare de sang qui provenait aussi bien de l'un que de l'autre.
A l'opposé, son adversaire avait le pelage tout poisseux et saignait abondement de la poitrine. Mais il était vainqueur. Même s'il allait mourir, il était vainqueur.
Laissant là le sinistre sorcier noir, il boitilla doucement le long du couloir, n'ayant plus qu'une idée en tête : trouver le moyen de transmettre le trophée de sa victoire à Drago, puis aller se coucher quelque part, bien caché, pour fermer les yeux. Et… Ce qui devrait arriver.
Son corps était lourd, patraque et ses nerfs semblaient s'être transformés en réseau de souffrance.
Il ne pensait plus vraiment clairement, errant au milieu de ce labyrinthe de rayons avec pour seule lumière les petites flammes bleues à l'intérieur des boules de cristal environnantes. Sa vue se voilait petit à petit et les sons extérieurs lui arrivaient étouffés par le sang qui cognait dans ses tempes.
Il fut soudain aiguillé par le seul sens qui ne l'avait pas encore lâché : l'odorat. Et c'était l'odeur inimitable de Sirius qui le guida jusqu'à une forme noire qui se précipita sur lui.
-Oh, mon pauvre Harry… Entendit-il à peine, avec, derrière, une autre voix qu'il ne comprit pas.
Lentement, il déposa le bras de Rogue aux pieds de Sirius et se coucha sur place, la langue pendante, le souffle haletant.
-Bon sang… Ce n'est pas le bras de… Oh Merlin, fit l'autre voix, et son odorat lui indiqua que c'était Rémus.
Exténué par la douleur, Harry posa sa tête au sol, ses yeux continuant à fixer les deux ombres avec gratitude et chagrin. Il était heureux de les avoir à ses côtés, cela rendait la mort plus facile à affronter. Il était heureux aussi que les Loups ne puissent pas pleurer car la main qui se posa affectueusement sur son crane accompagné d'un « Bien joué mon grand » le mit définitivement au bord de celles-ci.
-Il est blessé Sirius… Très gravement je pense. Fit Rémus. Et nous ne pouvons pas le soigner tant qu'il reste sous cette forme. La magie n'a aucun effet sur les Loups.
-Eh Harry, il faut reprendre ton apparence de sorcier, fit Sirius en le secouant.
Harry ne put que le fixer d'un air horriblement désolé parce qu'il savait que c'était au-delà de ses capacités.
-Harry ! Oh par Merlin… Rémus, IL GEMIT ! Qu'est-ce qu'on peut faire ?!
L'une des ombres se releva.
-Je vais chercher Malefoy. Il pourra certainement faire quelque chose, lui, répondit Rémus.
-Tu vas l'amener sur ce qui va être un champ de bataille d'un moment à un autre ?!
-C'est la seule alternative que nous ayons. Nous ne pouvons pas le soigner, pas le déplacer. Sirius, les animaux cachent toujours leurs blessures jusqu'au bout. Quand ils s'effondrent c'est qu'ils sont proches de la mort ! Il est en train de mourir ! Et je pense que Malefoy nous tuerait si on ne l'amenait pas ici sous prétexte que c'est dangereux.
L'ombre disparut brusquement et Harry sentit deux bras s'enrouler autour de sa tête et l'odeur de Sirius l'entourer tout entier. C'était bien. C'était réconfortant.
Quelque chose coula le long de son museau jusqu'à se frayer son chemin entre ses babines. Un gout de salé trancha avec celui, métallique, du sang.
-Tu… dois tenir le coup Harry. Pour moi d'accord ? Tu… ….ne peux pas… … me laisser tout seul. J'ai besoin de toi… … Sinon ma vie n'a plus aucun sens. Je t'aime mon bébé. Tu entends ? Je t'aime et tout va bien se passer… D'accord ?
Harry ferma les yeux.
Il aurait vraiment aimé pouvoir lui dire que tout irait bien.
-Vies et mœurs des Loups-
Quand l'Ordre arriva, ce fut la panique. Les Mangemorts étaient déjà présents, Bellatrix Lestrange les menant avec un enthousiasme et une forme infernale. Ses ricanements rebondissaient dans toute la vaste structure et jouaient sur leurs nerfs.
Il n'y avait aucune trace de Severus Rogue ou d'Harry Potter, juste une immense marre de sang au milieu de l'allée principale, ainsi qu'un filet rouge plus petit qui pénétrait à l'intérieur du réseau de rayonnages de Prophéties, mais Dumbledore ne pouvait pas suivre cette marque. Il devait mener ses troupes.
Celles-ci s'étaient retrouvées bien réduites, d'autant plus que Sirius et Rémus étaient aux abonnés absents.
Il rejeta de côté son agacement et se concentra sur le combat, sentant dans tous ses os l'accumulation de magie noire. Voldemort était là.
-Vies et mœurs des Loups-
Le bruit de transplanage fit se redresser Sirius, sa baguette pointée vers les nouveaux arrivés alors que ses yeux hagards les fixaient.
Sa nervosité était tout à fait normale puisqu'on pouvait entendre désormais des explosions et des cris, le brouhaha de meubles renversés et de cristaux brisés. Le combat faisait rage à quelques mètres d'eux.
Sirius devait avoir l'air terrible, mais il s'en fichait bien, et Malefoy aussi puisque ce dernier l'ignora pour s'avancer vers Harry, son expression cachant mal son effroi.
Sirius se sentit soulagé de voir qu'il y avait une autre personne pour qui Harry comptait vraiment en tant que personne, et pas en tant que pièce sur un échiquier.
Comme foudroyé par l'odeur du nouvel arrivé, ce dernier, en dépit du bon sens, se releva, faisant s'écouler un gros jet de sang de son poitrail. Son regard vert luisait d'une façon peu naturelle et surtout ne se posait nulle part, comme aveugle, s'avançant juste avec instinct pour reprendre le bras de Rogue dans sa gueule et le poser comme une offrande devant Malefoy qui s'était figé.
Et d'attendre, patient, l'approbation.
Le blond fixa le membre arraché, puis le prit dans ses mains avant de s'approcher d'Harry et de caresser sa joue. Puis d'une voix douce et chaude, très différente de son timbre habituel, il entreprit de reprendre le contrôle de son compagnon :
-Merci, tu t'es bien battu, mon vaillant et néanmoins stupide guerrier. Mais maintenant il faut que tu reprennes ta forme humaine. Ça va faire mal et tu vas certainement t'évanouir, mais je serais là pour te protéger. Tu n'auras rien à craindre.
Aussitôt, Harry ferma les yeux et laissa sa tête reposer contre lui, exprimant une confiance si totale que Sirius sentit pendant un instant l'aiguillon de la jalousie le traverser.
En un clignement de paupière, le bête disparut pour laisser place à un garçon qui hurla un bref son d'agonie avant de tourner de l'œil.
Sirius l'attrapa alors pour aider Malefoy et Rémus fendit sur le garçon pour lancer de rapides sorts de diagnostiques et commencer à le soigner :
-Bon, la mauvaise nouvelle c'est qu'il a été empoisonné, la bonne nouvelle c'est qu'il a perdu une grosse partie du poison en même temps que son sang. Du coup… C'est moins grave que ça en a l'air, du moins tant que je referme les blessures et qu'on l'envoie rapidement à Ste Mangouste.
Il fixa Malefoy, sachant qu'à présent qu'il était là, il était le seul aux commandes de l'opération.
Le serpentard hocha vivement la tête, grimaçant un instant à cause des rires qu'ils entendaient au loin depuis qu'ils étaient arrivés et qui avaient à moitié rendu fou Sirius.
-Il est vraiment temps de partir.
-Mais… Sirius. Tu ne peux pas venir avec nous là-bas, lança Rémus avec un sourire triste, voyant comment le parrain s'accrochait à son filleul.
Un noyé en ferait de même avec une bouée.
-Je sais… Souffla Sirius avec néanmoins une étincelle implorante dans le regard.
Mais il n'y avait rien à faire, il était toujours le terrible Sirius Black, l'assassin de moldus et traitre. Il ne pouvait pas se rendre dans un lieu public, et Ste Mangouste refusait l'accès aux animaux.
Malefoy posa une main sur son épaule :
-Black, rends-toi chez mes parents et raconte leur tout ce qu'il s'est passé. S'il te plait. Nous te rejoindrons là-bas dès qu'Harry ira mieux. Ça te va ?
Sirius eut à peine le temps d'acquiescer, détachant lentement ses mains du corps de son filleul pâle et sanguinolent, que Malefoy lui mit le bras de Rogue sous le nez :
-Garde le pour Harry. C'est important pour lui.
Attrapant le membre avec répugnance, Sirius regarda Rémus transplaner les deux jeunes hommes tout en tentant de chasser ses regrets et ses angoisses.
-Vies et mœurs des Loups-
Sans se presser, Dumbledore suivit le chemin sanglant qui tournait dans les rayonnages de globes en cristal. A première vue il ne semblait pas y avoir de sens, mais le vieil homme avait le pressentiment qu'il en était tout autrement et restait patient. La bataille étant terminé, d'une façon globalement avantageuse, il n'avait donc plus de raison d'être sur ses gardes et pressé.
Il arriva finalement à une nouvelle flaque de sang, là où s'était visiblement arrêté Harry, et il se mit alors à détailler les étagères alentours.
Ce fut au bout de quinze bonnes minutes qu'il repéra l'étiquette tombée par terre, et la ramassant, il put lire, malgré le sang qui avait atteint un de ses côtés, les initiales de son nom, et celles de son professeur de Divination.
Précédant l'indication de : « Seigneur des Ténèbres et ( ?) Harry Potter »
C'était là. L'objet de tout ce qui était arrivé ces quinze dernières années. L'objet qui avait causé tant de souffrances et impliqué tant de sacrifices.
Relevant la tête, à la recherche de la prophétie rattachée normalement au petit bout de papier, il ne ressentit qu'un sentiment de fatalité et de vieillesse tomber sur lui en la trouvant, milliers de petits morceaux scintillants aux bords acérés, ouverts et insolemment vides.
Il n'y avait plus rien. Le contenu avait disparu. Tout avait été détruit.
Tel l'enfant qui nait imprégné des espoirs de ses parents et choisit finalement sa propre voie vers le bonheur.
Au détriment des autres.
Homo homini lupus est.
A suivre…
Quel soulagement d'en être arrivé là où je voulais en venir, et dans le bon nombre de pages et de chapitres. Je m'impressionne moi-même. Mais je vous rassure, hein, il y a toujours un épilogue de prévu, ce n'est pas tout à fait terminé !
Bon. Je suis tout à fait consciente que le « monde » que j'ai mis en place dans cette histoire a le potentiel pour être plus vaste, on pourrait raconter certainement un grand nombre d'autres choses, mais ce n'était pas mon but en inventant cette histoire. Déjà, comme je l'avais indiqué dans le chapitre un, originellement cela devait être un one shot, mais j'ai voulu m'étendre un peu.
Comme je l'ai écrit à une de mes lectrices, le thème de cette histoire n'était pas la romance, pour moi le Drarry est clairement en arrière plan, avec sa petite importance dans le développement d'Harry. Le thème de cette histoire tournait sur les quatre petits mots de la fin de ce chapitre. « L'homme est un loup pour l'homme », ce qui m'intéressait, c'était les interactions entre humains et la façon dont certains dominent, certains se soumettent, et l'impact que cela avait sur leur existence d'être humain.
Disons que c'est une réflexion sur comment trouver la route du bonheur, sachant qu'à mes yeux, cela est très proche de : comment être libre des entraves et attentes que m'imposent les autres et la société ? (oui je suis un ours et j'assume).
C'était aussi une occasion de parler de ce fléau qu'est le harcèlement scolaire. Une cause qui me tient à cœur puisque je l'ai subi à une période de ma vie. C'était simple d'en parler avec ce tome 5 d'Harry Potter, même si j'aurais très bien pu le faire aussi avec le tome 4 et le tome 2. Ou la plupart des tomes si l'on prend Luna et Neville en référence.
J'ai essayé de vous toucher… Ais-je réussi ? C'est difficile de proposer une histoire plaisante avec un fond sous forme de message. Mais bizarrement, même si ce dernier semble pessimiste, j'aimerai plus que cela nous pousse à la tolérance envers nos vilaines natures animales respectives.
Fin bref, si vous n'avez pas quitté rageusement cette histoire en maudissant l'auteur et ses idées d'écriture bizarres, je vous retrouve mardi prochain (sans faute cette fois-ci !) pour la fin ! Passez une bonne semaine mes Loups !
