BONJOUR !

PARDONNEZ-MOI !

Je sais que, en temps que lecteurs, vous mourrez d'envie de me gifler -ce qui se produit déjà, je m'en charge personnellement. Pour ma défense, depuis de nombreux mois, j'étais en pleine correction de cette fanfiction, ce qui m'a prit beaucoup de temps. La trame n'a pas changé mais les réactions des personnages et plus précisément celles de Clémence ont été modifié pour rendre l'histoire plus fluide et plus réaliste. Je sais bien que ça ne vous apporte rien mais pour moi, c'était important de le faire.

Maintenant que j'ai terminé, je peux continuer l'écriture. Je ne vous promets pas une publication quotidienne -je pourrais peut-être mais je vais m'abstenir- donc je m'excuse de nouveau. Beaucoup d'entre vous ont sûrement arrêté de me lire, ce que je comprends tout à fait. Je ne récolte que ce que je sème. Pour le peu de lecteurs qui me lisent encore, je vous remercie énormément et j'espère que la suite vous plaira.

Il est hors de question que j'arrête cette fic' avant la fin. Si mon retard se poursuit de nouveau, pitié, faites preuve (de beaucoup) de patience... La suite arrivera toujours !

Merci, et bonne lecture !

DISCLAIMER: L'univers de Sherlock Holmes ne m'appartient pas !


Chapitre 11

La jeune femme récupéra les dossiers de ses patients et les rangea consciencieusement dans sa sacoche. Elle se saisit ensuite de ses clefs et verrouilla son bureau de l'extérieur, prenant avec elle son sac. Clémence prit l'ascenseur et s'étira, prenant aussi le temps de réarranger sa coiffure. Lorsque la machine s'arrêta, elle rejoignit le hall et sortit de l'hôpital, s'arrêtant un instant sur le parvis pour respirer l'air frais de Londres. Puis, elle continua sa route jusqu'au trottoir où la psychiatre héla un taxi.

La journée avait été incroyablement longue, rythmée par des patients aux problèmes tous plus normaux les uns que les autres, rappelant à la jeune femme qu'elle rêvait d'interroger un psychopathe ou bien un tueur en série et non un couple sur le chemin du divorce. Clémence avait pris son mal en patience et s'était occupée du mieux possible de ses patients, attendant tranquillement le moment où elle pourrait retourner au 221B et enfin s'asseoir contre la fenêtre près de la cheminée. Elle s'imaginait déjà entrain d'écouter le récit des enquêtes de Sherlock, une tasse de café entre les mains.

Perdue dans sa rêverie, la psychiatre sursauta lorsque la voix grave du chauffeur lui demanda de payer. Aussitôt, elle obéit et sortit du véhicule, poussant agréablement la porte de sa maison. Elle se rendit dans l'appartement de sa tante pour la saluer avant de monter à l'étage et de se servir sa dose de caféine, ignorant temporairement Sherlock, allongé à même le sol.

Clémence ne l'avouerait jamais mais elle appréciait ses soirées où elle rentrait avant John, profitant la première de la présence du détective et de ses anecdotes. Cela n'avait pas que de bons côtés: Sherlock étant souvent absent, grognon et l'appartement dans un bazar sans nom mais la jeune femme aimait quand même les rares moments où le détective déduisait tout de sa journée et où elle tentait d'imaginer la sienne. Quelle dommage que cette routine ait été modifié...

- Tu pourrais faire un Cluedo, proposa la psychiatre à son colocataire depuis la cuisine.

- Jamais je n'infligerais ça à mon esprit, maugréa celui-ci.

- John va bientôt arriver, continua Clémence en jetant un coup d'œil au réveil posé sur l'une des plaques de cuisson du four. Tu pourras t'amuser avec lui !

La jeune femme esquissa un sourire en se rendant compte de la phrase très suggestive qu'elle venait de prononcer.

- Non, répondit mollement Sherlock. John dort chez Sarah ce soir.

Sa nouvelle copine, se rappela Clémence en souriant. Elle ne se lassait pas d'observer la jalousie puérile de son ami détective, partagé entre la tendresse et l'agacement.

- Tu es vraiment l'ombre de toi-même, lança la jeune femme en retournant dans le salon. J'ai quelques minutes à t'accorder avant d'aller voir un ami. Tu veux déduire quelque chose ?

- Déduire quelque chose ? Gronda Sherlock en se redressant en position assise. Mais j'ai déjà tout déduit ! Tu compte aller voir David, avec qui tu parlais souvent au téléphone, avant de t'installer pour de bon ici ! Comment je sais ça ? C'est très simple ! J'ai bien l'impression qu'il s'agit de ton seul ami ! Tu es particulièrement stressée à l'idée de le revoir, ce qui explique ton envie de café ou tes ongles rongés ! Mais pourquoi être stressée ? Tout simplement parce que, en ma compagnie et celle de John, tu avais complétement oublié l'existence de ton ami ! Tu es pleine de culpabilité ! Voilà pourquoi tu vas le voir ce soir, au lieu de passer la soirée au 221B.

La psychiatre posa sa tasse sur le bureau et se dirigea vers le porte-manteau. Elle enfila sa veste en se retournant vers son colocataire.

- Tu as presque tout juste, répondit calmement la jeune femme. À une chose près, comme d'habitude. Je vais voir David uniquement parce que c'est mon ami, et pas parce que je culpabilise. Je suis désolée de te laisser tout seul ce soir... On regarda Star Wars demain ?

Sherlock ne répondit pas, fixant le plafond d'un air renfrogné. Clémence soupira avant de faire volte-face et de quitter l'appartement, prenant soin de claquer la porte derrière elle.


- T'en fais une sale tête, sourit David, installé au bar.

La lumière tamisée du Night Reminescence lui donnait un côté irréelle et faisait ressortir sa peau d'une blancheur cadavérique. Ses cheveux châtains étaient ébouriffés et sa chemise ouverte de deux boutons. Son sourire laissait découvrir une dentition parfaite derrière des lèvres pleines.

Il n'y avait rien à dire, David était physiquement parfait. Tout chez lui appelait à la luxure et le jeune homme savait parfaitement en jouer. Clémence se demandait encore comment elle faisait pour résister à son visage d'ange et son corps de Dieu alors qu'ils étaient si proches l'un de l'autre. Je dois avoir un problème, songea la jeune femme en apercevant un groupe de filles les observaient d'un œil jaloux.

La psychiatre soupira et se laissa tomber sur la chaise à côté de son ami.

- C'est rien, répondit-elle. Juste mon coloc' qui me donne du fil à retordre.

- Je vois ce que tu veux dire, sourit l'homme. Avec Jasmine, c'est comme ça de temps en temps.

Jasmine était la petite-amie de David. Une belle blonde, aux courbes voluptueuses et au sourire enjôleur. Elle travaillait en temps que journaliste dans une petite boîte à Cambridge.

- Un whisky coca ! S'exclama Clémence en faisant signe au barman.

- Et beh, t'es vraiment de mauvaise humeur.

- J'en ai marre de mon job', soupira la jeune femme. J'ai pas signé pour m'occuper des gens normaux. Je veux bosser avec les flics.

- Qu'est-ce qui t'en empêche ? Demanda David.

- Ils acceptent pas n'importe qui.

- Tu m'as pas dit que l'un de tes colocs était détective ? Reprit l'homme. Il peut peut-être te pistonner ?

- Il ne croit pas en la psychiatrie. Il pense que c'est une sorte de sous-déduction pathétique.

- Tu lui as refait le portrait, j'espère ?! S'amusa David.

- Tu devrais l'entendre parler ! Siffla la psychiatre. Dans sa bouche, même les pires choses, peuvent paraître terriblement vrai ! Il a un charisme fou ! Et pourtant, c'est un putain d'asocial ! Il a un gros problème, je te le dis !

- Tu pourrais en faire ton patient ?

La jeune femme leva les yeux de son verre et se tourna vers son ami. Autour d'eux, les hauts-parleurs déversaient une musique pop-rock qui faisaient vibrés les danseurs et électrisaient les buveurs.

- Quoi qu'il en soit, sourit David. On est pas là pour parler de ce type !

C'est sur cette conclusion qu'il attrapa le poignet de son amie et l'entraina sur la piste de danse.

- On s'amuse ! Ordonna t-il d'une voix qui parut résonner aux oreilles de Clémence.

Perdue au milieu de la foule, collée au plus beau type de tout le Night Reminescence, elle éclata de rire, brusquement et simplement. Elle se mit à tournoyer sous les néons colorés, dansant sur un rythme décalé, hurlant des paroles dans un anglais approximatif. Elle lâcha prise. À ses côtés, David rayonnait, incapable de cacher la joie de revoir son amie.

Avant l'arrivée son arrivée, il avait déjà eu le temps de vider trois bières pour oublier comment Jasmine l'avait plaqué. Mais, maintenant, qu'il dansait comme un abruti, tout ses souvenirs heureux lui revenaient et il se sentait vivant, exactement comme lorsqu'il avait l'âge de braquée une épicerie pour un paquet de bonbons. C'était l'une des nombreuses qualités de Clémence, ça. Faire rappeler aux gens ô combien ils étaient heureux, ô combien leur vie pouvait être importante, intéressante. Et pour ça, elle n'avait besoin de ne rien dire. Elle avait juste à raconter ses petits tracas, à s'agacer pour un rien. C'était tout.

Toute la nuit, ils buvèrent. Toute la nuit, ils dansèrent. Et au petit matin, les deux amis se retrouvèrent allonger au sommet d'un building.

- Debout, ordonna David d'une voix rauque.

Sa tête lui faisait incroyablement mal mais il devait à tout prix retourner à Cambridge dans deux heures. Il avait un procès à gagner.

- Où est-ce qu'on est ? Demanda Clémence en se redressant légèrement.

Sa chevelure brune qu'elle lissait consciencieusement chaque matin était toute ébouriffée et pleine de nœuds. Ses yeux sombres étaient injectés de sang et barbouillaient de maquillage. Quant à ses vêtements, David n'était plus sûr que ce soit bien ceux de la veille. En jetant un coup d'œil aux siens, il comprit qu'ils avaient échangés leurs habits.

- Aucune idée, répondit-il vaguement. Toujours à Londres, j'espère.

- T'as pas une aspirine ? Grogna la jeune femme.

-T'aurais pas dû boire autant hier, la réprimanda David, le sourire aux lèvres. Déjà que je ne me rappelle même pas de ce qu'il s'est passé après qu'on soit sorti du Night Reminescence ! Alors, pour toi, ça doit être le méga trou noir !

- J'ai quelques flashs, marmonna la psychiatre. On peut arrêter de parler maintenant ? Ma tête ressemble à une pastèque.

David éclata franchement de rire ce qui le fit grimacer. Putain de migraine, pensa t-il en se massant les tempes.

- Faut que j'y aille ! Lança t-il finalement, se détournant Clémence. Tu restes encore un peu ?

Il n'eut pas besoin de réponse, sachant pertinemment que son amie ne bougerait pas d'ici avant que le soleil ne soit haut dans le ciel. En attendant, elle passerait son temps à dormir, vomir et encore dormir. Non, dans ses moments-là, la jeune femme était dans un si mauvais état qu'elle appréciait rester seule. Et la seule fois où David l'avait vu s'activer avec une cuite, c'était parce qu'il s'était fait renversé par une voiture. Ouais, songea t-il en arrivant sur le trottoir. Elle bougera pas de là-haut !


Clémence poussa un grognement en entendant l'horrible sonnerie de son téléphone qui sonnait à ses oreilles comme le pire des rappels à l'ordre. Maugréant contre le monde entier, la jeune femme tendit la main vers son portable et s'en saisit. Elle déverrouilla l'appareil et le porta à son oreille.

- Allo ? Siffla t-elle d'une voix rocailleuse.

- Clémence ?! Hurla presque John. Tu vas bien ?! Où es-tu ?!

- Euh... À Londres.

- Tu as vu les infos ?!

- Non...

- Il y a eu une explosion au 221B !

- Ouais, répondit la jeune femme en s'humidifiant les lèvres.

Elle sentit son estomac se contracter violemment et vomit une mixture orangeâtre.

- Bon Dieu ! S'exclama John, à l'autre bout du fil. Tu vas bien ?! Qu'est-ce qui t'arrive ?!

- Rien, maugréa la psychiatre. Je vais bien. J'arrive tout de suite...

- Tu as vomi ?! À combien est ton pouls ?! Tu arrives à respirer ? Où es-tu ?! Je passe te prendre tout de suite !

- J'ai juste un peu bu hier, éluda Clémence. Qu'est-ce qui se passe avec le 221B... ? C'qu'un appartement après tout.

- Heureux de t'entendre dire ça ! Déclara l'ancien médecin militaire. Je ne sais pas dans quel état est Sherlock à cause de l'explosion ! Il ne répond pas à mes appels !

La jeune femme déglutit avant de grimacer de dégoût. Elle se redressa et s'étira, le téléphone toujours collé à l'oreille. Elle jeta un coup d'œil à ses chaussures qui étaient beaucoup trop grand pour elle. La psychiatre n'imaginait pas l'état dans lequel elle devait être.

- J'arrive, lança t-elle en se massant les tempes. Je serais là d'ici... Enfin, bientôt.

- D'accord ! Répondit John. On se rejoint à Bekerstreet !

Clémence bailla à s'en décrocher la mâchoire et se leva, époussetant ses vêtements. C'est à cet instant qu'elle comprit que quelque chose, en rapport avec ses habits, clochait. La jeune femme ne se rappelait pas avoir mis un chemise de marque ou bien un pantalon qui faisait clairement deux fois sa taille.

- David, comprit alors la psychiatre.

Elle resserra sa ceinture autour de son pantalon et regarda autour d'elle.

L'immeuble était en pleine construction et sentait le plâtre. Il avait été construit plein Nord et devait être aussi haut que Big Ben. Clémence soupira, incapable de se souvenir où se situait géographiquement la rue de Bekerstreet.

Elle s'étira une dernière fois, emprunta les escaliers de secours et arriva dans la rue. Elle héla un taxi et dû attendre une trentaine de minutes pour qu'un chauffeur daigne s'arrêter devant elle, une conséquence, sans doute, de son physique qui devait être particulièrement gênant. Espérons que personne ne me reconnaisse, pensa la jeune femme, craignant que Smith, par un concours de circonstances ne la voie dans cet état. Le trajet jusqu'au 221B fut particulièrement long si bien que la psychiatre eut tout le temps de penser à la soirée qu'elle avait passé.

Elle se souvenait, entre autre, d'avoir bu -beaucoup, sans aucun doute- et d'avoir danser. Ensuite, elle était sortie du Night Reminescence, toujours en compagnie de David, et s'était dirigée... Voilà, c'est là que ça bloque, songea Clémence en secouant la tête. Elle était incapable de se souvenir des évènements suivant son départ du bar. Et elle savait très bien que son ami était dans le même état qu'elle -même si sa migraine était sûrement moins importante que celle de la jeune femme.

Celle-ci fouilla dans ses poches et en sortit trois billets pour un match de Baseball, un jeton pour chariot et un mouchoir usagé. La psychiatre prit son portable et regarda ses photos prises la veille. Il n'y en avait pas.

- On est arrivé, lança soudain le chauffeur.

- Ah oui, à ce propos, marmonna Clémence. Je n'ai pas d'argent sur moi. Ça vous dérange d'attendre ici que j'aille chercher de quoi vous payer ?

- J'ai pas vraiment le choix, maugréa son interlocuteur.

La jeune femme lui sourit, désolée, et sortit du véhicule. Elle claqua la portière derrière elle et s'arrêta sur le trottoir. La psychiatre prit longtemps à comprendre que le taxi ne s'était pas arrêté juste en face du 221B et cela à cause de la foule de personne qui encerclait le lieu. Oh mon Dieu ! Pensa Clémence en courant droit vers son appartement. C'est vrai ! L'explosion ! La jeune femme accéléra, craignant que quelque chose d'horrible ne soit arrivé à Sherlock, ou même pire, à sa tante. La psychiatre se stoppa face à un policier et l'informa qu'elle habitait ici. Son interlocuteur la laissa passer et elle fila droit chez elle, faisant fi de l'état désastreux de la rue, littéralement jonchée de briques rouges. Elle poussa violemment la porte de son appartement.

- Tatie ! Cria Clémence en apercevant madame Hudson, un plateau d'argent à la main.

- Oh, mon Dieu ! Lâcha la vieille femme en se raidissant. Clem' ! Dans quel état, tu t'es mise ?!

- Tu vas bien ?! Reprit la psychiatre en se postant face à sa tante, la prenant subitement dans ses bras.

- Oui, oui, ne t'inquiète pas... J'étais chez monsieur Lewis lors de l'explosion.

La jeune femme ferma doucement les yeux, subitement fatiguée. Elle n'avait pas dormi de la nuit et se sentait sale. Là, entre les bras de Martha, elle avait envie de dormir. Cependant, il lui restait encore quelque chose à vérifier. Clémence s'écarta de sa tante, la supplia de payer le conducteur du taxi qui attendait en bas de la rue et reprit sa course, grimpant les escaliers à toute vitesse.

Elle n'avait étrangement pas peur pour lui. Comme si le fait que madame Hudson soit vivante signifiait que Sherlock l'était aussi. Il ne pouvait pas mourir. La psychiatre en était bizarrement convaincue. Pourquoi sa tante aurait survécu et pas lui ? La jeune femme poussa brusquement la porte de son appartement.

Elle se stoppa, ses yeux se posant sur le détective. Il avait l'air d'aller bien, assis sur son fauteuil, son violon en main. En face de lui était assis Mycroft qui fixait son petit-frère sérieusement. John, lui, observait les planches de cartons qui empêchaient le vent de passer par les fenêtres. Les fenêtres...

- Si je trouve le crétin qui a fait ça... Je le tue, marmonna Clémence en se massant les tempes, sentant la migraine poindre.

- Fuite de gaz, apparemment, répondit Sherlock.

La jeune femme se tourna vers son colocataire qui l'observait de façon désintéressé.

- C'est quoi cette tenue ? Demanda soudain John.

- C'est rien, maugréa la psychiatre en se dirigeant vers la cuisine.

Elle se servit un verre d'eau et retourna dans le salon.

- Comment s'est passé ta soirée avec ton ami ? Demanda le détective en touchant les cordes de son violon.

- Bonjour, Mycroft, salua Clémence.

Le frère Holmes hocha vaguement la tête.

- C'était super, poursuivit la jeune femme en allant s'asseoir sur le canapé.

- Tu ne t'en rappelles même pas, fit remarquer Sherlock sans la regarder.

Dans sa voix, Clémence eut l'impression de percevoir des reproches ce qui eut le don de l'énerver.

- Qu'est-ce que tu en sais ? Cracha t-elle en croisant les bras sur sa poitrine.

- Tes cheveux, habituellement lissés chaque matin, sont ébouriffées et ondulés, signe que tu as été pressé par le temps ou alors que tu n'es pas rentrée hier, expliqua le détective en se tournant vers la jeune femme, plantant ses yeux bleus dans les siens. La deuxième suggestion étant la bonne, on peut se demander où tu as passé la nuit.. Facile, dans un bar puis dans un bâtiment en construction à la sortie de la ville. Tu empestes l'alcool et tu es couverte de plâtre. Comment je sais que tu étais à la sortie de Londres ? à part le fait que ce soit le seul endroit en construction dans la ville, tu as pris cinq minutes à venir alors que tu savais que ta tante aurait pu être en danger. Pour s'être retrouvée aussi loin de la maison et sentir aussi mauvais, il faut avoir beaucoup bu. Et c'est ton cas. John, il va falloir mettre notre réserve d'alcool sous clef.

- Je ne suis pas une alcoolique ! Rétorqua la psychiatre. J'aime juste faire la fête !

Sherlock haussa les épaules.

- «Faire la fête» est inutile et ennuyant, déclara t-il en jouant avec son violon.

- C'est parce que tu ne sais pas ce que c'est.

- Je n'ai pas besoin de décuver, moi.

Voyant Clémence enragée, le détective se permit un petit sourire qu'il fit aussitôt disparaître en croisant le regard perçant de son frère. La jeune femme, elle, inspira profondément pour se calmer.

Elle ne savait pas pourquoi elle s'énervait encore contre Sherlock Holmes. Cela allait faire deux mois qu'ils vivaient ensembles et, même si elle préférait de loin la compagnie de John à la sienne, la psychiatre respectait énormément le détective. Outre ses nombreux défauts, il s'avérait être un homme déterminé, étonnant et clairement amusant. Ces disputes enfantines fatiguaient énormément Clémence qui aurait aimé avoir la même relation que John entretenait avec Sherlock. Cependant, la jeune femme avait beau tenté de nouer plus de liens avec Sherlock, ses tentatives finissaient toujours pas tomber à l'eau.

- Et John ? Demanda la psychiatre en se tournant vers l'ancien médecin militaire.

- Ah non, ne me mettez pas dans vos histoires ! S'exclama celui-ci.

- Chez Sarah et son matelas pneumatique, répondit Sherlock.

- Son sofa, Sherlock, le corrigea son frère. C'était son sofa.

- Tu dors encore sur son sofa ?! S'étonna Clémence.

- Quoi ?! Mais comment ?! Peu importe, soupira John en se passant une main dans les cheveux.

La jeune femme sourit et se dirigea vers les fenêtres de l'appartement, réfléchissant à combien sa tante devrait débourser -aidée par les loyers de ses trois locataires- pour réparer tout ça.

- Les affaires de Sherlock sont fleurissantes depuis que vous êtes copains, lança Mycroft. C'est comment de vivre avec lui ? Infernal, j'imagine ?

- Je ne m'ennuie jamais, répondit John en haussant les épaules.

- Et vous, mademoiselle Bron ?

La psychiatre avait envie de répondre «pareil» mais, trouvant cette réponse trop blasée, elle tenta de trouver un adjectif positif pour décrire sa vie quotidienne avec le détective.

- J'ai l'impression d'être en famille, marmonna t-elle en hochant pensivement la tête.

C'est vrai qu'entre sa tante sans aucune autorité, les caprices de Sherlock et les conseils de John, Clémence avait l'impression d'être revenu aux temps où, à peine âgée de huit ans, elle courrait encore dans les rues de Londres.

- C'est bien, c'est bien, non ? Sourit Mycroft avec un rictus.

- Vous êtes jaloux ? Demanda la psychiatre.

- Bien sûr que non, siffla aussitôt le Gouvernement anglais.

Sherlock jeta un coup d'œil à son frère tout en coupant l'air avec son archet. Il y eut un court silence avant que Mycroft ne se mette à marcher de long en large dans le salon.

- Andrew West que ses amis surnomment Westy. On l'a retrouvé mort sur une voie de chemin de fer ce matin avec le crâne fracassé.

- Il s'est jeté sous un train ? Demanda John.

- C'est l'hypothèse qui paraît la plus logique.

- Mais... ? S'impatienta Clémence.

- Mais ?

- Vous ne seriez pas venu si ce n'était qu'un accident, répondit platement l'ancien militaire.

Sherlock eut un rictus.

- Le ministère de la défense travaille sur un nouveau système de défense anti-missile. Le projet Brune Partington, expliqua Mycroft. Les plans de ce projet étaient sur une clef USB.

- Ce n'est pas très malin, non ? Chuchota Clémence à son ami médecin.

Leur colocataire ébaucha un sourire. Mycroft s'empressa d'imiter son frère, arborant cependant une expression pleine de dédain.

- Ce n'est pas la seule copie des plans, continua t-il. Ils sont secrets et la clef est manquante.

- Top secret ? S'assura John.

- C'est le mot.

La psychiatre grimaça devant la mine acide de Mycroft. Ce dernier avait toujours le même air hautain et dégouté comme si il venait de mordre dans un citron.

- On pense que West a pris la clef USB. On ne peut se permettre de la laisser tomber entre de mauvaises mains, reprit le frère du détective. Il faut que tu retrouves les plans, Sherlock. Ne me force pas à te l'ordonner.

- Je serais curieux de voir ça, rétorqua le détective en prenant son violon.

- Réfléchis bien, le prévint Mycroft en se levant. Au revoir, John, Clémence. Et à très bientôt.

La jeune femme salua l'ainé Holmes d'un signe de tête avant de se tourner vers Sherlock. Ce dernier se mit à crisser les cordes de son violon à l'aide de son archet, produisant un son disgracieux qui fit grimacer la psychiatre. L'horrible mélodie était sans doute adressé à Mycroft et devait avoir pour but de le pousser à partir. Cependant, le frère du détective ne s'en formalisa pas et parut même prendre tout son temps pour ramasser son parapluie et sa veste. Il sortit ensuite silencieusement. Sherlock soupira en reposant son violon contre son fauteuil. Clémence sourit.

- Il est toujours là pour veiller sur toi,, commenta t-elle doucement. Tu as beaucoup de chance.

- Je l'échangerais contre n'importe quel meurtre, siffla le détective. Même un deux ferait l'affaire !

- En ce moment, tu n'as pas une seule affaire, s'agaça John. Pourquoi tu lui as dit que tu étais occupé ?

Sherlock fit la moue en se grattant le crâne avec l'archet.

- Pourquoi pas ?

- Rivalité fraternelle, constata Clémence en secouant péniblement la tête. T'es vraiment pas possible... Toi qui tourne en rond depuis des mois !

- Et qui nous saoule pour n'importe quoi, ajouta John d'une voix agacé.

Sherlock s'apprêtait à répliquer mais la sonnerie de son téléphone lui coupa la parole. Aussitôt, il sortit l'objet de sa veste et le porta à son oreille.

- Sherlock Holmes, lança le détective d'une voix morne avant qu'un grand sourire ne dévoile ses dents blanches. Mais bien sûr... Comment pourrais-je refuser ?!

Le détective raccrocha et se leva.

- Lestrade, expliqua t-il en s'approchant du porte-manteau. Je suis convoqué. Tu viens ?

- Oui, si tu veux, répondit John d'une voix neutre.

Le détective se retourna, le sourire aux lèvres.

- Bien sûr que je veux, avança t-il. Je serais perdu sans mon blogueur !

Sur ses mots, il sortit de l'appartement et descendit les escaliers. Le médecin, quant à lui, prit son manteau et se dirigea dans sa chambre pour récupérer son arme de service. Il s'apprêtait à partir lorsqu'il se rappela de la présence d'une troisième personne. Aussitôt, le visage de John s'empourpra.

- Il ne t'a même pas demandé de venir ! Se rendit-il compte, outré.

- Ça ne fait rien, sourit timidement Clémence. Ça m'arrange en fait. Je ne me sens pas très bien...

- Tu es sûre ? Tu veux que je t'ausculte ?

- Merci, John, mais ne t'inquiète pas pour moi ! Si je voulais vraiment vous accompagnez, je vous aurais suivi, avec ou sans invitation, répondit la jeune femme.

John hocha gaiement la tête, la salua et sortit de l'appartement en fermant la porte derrière lui. La psychiatre attendit que le silence revienne dans les escaliers avant de s'enfoncer dans son siège. Elle poussa un soupir douloureux en se massant le crâne.

- Putain, gémit-elle.

Clémence remercia mentalement le détective ne pas l'avoir incité à le suivre dans l'une de ses interminables enquêtes. En effet, la jeune femme, de par sa migraine, pouvait rapidement se montrer agressive. Elle ne souhaitait donc pas gêner la police de Scottland Yard ou bien le travail de Sherlock. Aujourd'hui, il était mieux pour tout le monde qu'elle reste un moment seule.

C'est sur ses pensées que la jeune femme se leva pour se préparer une tisane qu'elle accompagna d'une aspirine. Elle se rassit ensuite à sa place habituelle depuis un mois, c'est à dire sur le rebord de la fenêtre près de la cheminée. De là, elle avait une parfaite vue sur le salon ainsi que sur la rue à l'extérieur. La psychiatre s'apprêtait à faire une petite sieste contre la vitre fraiche quand la sonnerie de son portable l'interpella. Clémence grogna en plaquant la machine contre son oreille.

- Quoi ? Siffla t-elle, agacée. J'espère que c'est pas encore une histoire de bombe ?!

- Clémence !

La jeune femme écarquilla les yeux en éloignant le téléphone de son visage. Elle constata, effaré, le nom de son interlocuteur sur l'écran. La migraine qui commençait à la quitter revint aussitôt à l'assaut de son pauvre esprit.

- Docteur Smith ?! S'écria t-elle en se massant le front. Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?

- J'ai besoin de vous ! S'exclama son patron d'une voix affolée. Venez au Night Reminescence dans dix minutes !

Clémence voulut le questionner sur son état mais Smith raccrocha brusquement, coupant court à toute discussion. La jeune femme soupira et ferma les yeux. Elle attendit un moment avant de soupirer. Ne pouvait-elle pas décuver en paix ?


bee: Merci ! J'espère que le personnage de Clémence continuera à te plaire !

Jean-Roger: Merci ! Je suis désolée pour le temps avant la sortie de ce chapitre ! Je suis contente que Sherlock te plaise ! J'adore écrire les conversations par SMS, il y en aura sûrement d'autres ! Moriarty, tout comme Mycroft, reviendront !

Merci beaucoup pour vos commentaires ! N'hésitez pas si vous avez une critique à faire !