Sirius fait la découverte du secret de Voldemort ... comment va-t-il régler ce problème et quelles en seront les conséquences ?
Bonne lecture !
Voldemort était rentré plus furax qu'un volcan. Chacun de ses serviteurs s'était sagement planqué, attendant et surtout priant pour qu'il passe sa colère ailleurs que sur eux. D'après ce qu'ils avaient entendu, quelqu'un avait dressé une protection autour du manoir Black qui avait résisté aux attaques du maître. Impensable selon les deux sœurs appartenant à cette famille. Aucune ne comprenait ce changement de crèmerie. En tout cas, cette famille était passée sur la liste « à exterminer ». Bellatrix décida d'aller parler à son oncle et à sa tante, afin de savoir le fin mot de cette histoire. Elle partit depuis la cheminée de chez son jeune époux.
« Mon oncle ? Ma tante ? » appela-t-elle.
Walburga vint immédiatement, pour découvrir non sans soulagement sa nièce. Kreattur vint pour la débarrasser. Les deux femmes passèrent ensuite au salon, pendant que l'elfe apportait un plateau de thé et petits gâteaux. Bellatrix entra immédiatement dans le vif du sujet. Sa tante la laissa palabrer, prenant une tasse de thé.
« Ma chère nièce, sache que nous ne reviendrons pas sur notre décision. Nous renions notre allégeance au Lord. » décréta Walburga.
Bellatrix en resta bouche bée. Mais … mais … enfin pour quelle raison … que s'était-il donc passé pour qu'une telle aberration se produise ?
« Nous avons reçu la visite d'une créature bien plus puissante que le Seigneur des Ténèbres, ni qu'aucun autre mortel ne le sera jamais. Et nous avons préféré ne pas être ses ennemis. » avoua la matriarche.
« Co … comment ? Mais c'est impossible ! Personne n'est plus puissant que mon maître ! » protesta Bellatrix, indignée.
« Si : la magie elle-même. Cette personne vais-je dire, incarne la magie. Et elle va déclarer la guerre à ton maître et crois-moi, vous serez perdants. Aussi ma nièce, je te conseille de bien réfléchir à ce que je viens de te dire. C'est la pure vérité. D'ailleurs, tu devrais suivre notre exemple, je peux t'arranger une rencontre avec cette créature si tu le souhaites. »
Bellatrix se releva d'un bond.
« Jamais. Je ne trahirais pas le Seigneur des Ténèbres. Comment avez-vous pu ? Vous regretterez votre décision. » dit-elle.
« Je ne crois pas. C'est toi qui le regrettera mon enfant. Crois-moi. »
Bellatrix décida qu'elle en avait assez entendu. Sa tante avait perdu l'esprit. Une chose qui incarnait la magie, c'était proprement ridicule. La cheminée crépita un instant. Walburga reposa sa tasse, pensive. Son fils immortel tenait sa promesse de les protéger, en dépit du fait qu'elle n'aie pas franchement été une bonne mère pour lui. En tout cas, elle pensait avoir fait le bon choix.
« T'es sûr de toi Sirius ? » demanda Remus.
« Évidemment. Tu sais aussi bien que moi comment sont traités tous ceux n'étant pas sang-pur, et surtout pas sorcier. » répondit l'intéressé.
« Quand même, révolutionner notre société ... » fit Peter.
« J'en ai les moyens et surtout le devoir. Je me ferais également connaître de toutes les communautés magique du monde, qu'elles sachent que désormais elles devront se tenir à carreau. » reprit le brun en chassant une mèche noire.
« Mouais, mais t'es jeune quand même. Aller affronter comme ça Vous-savez-qui. » reprit James.
« Au fait, qu'en pense ton père ? » questionna Remus.
« Pas envie qu'il le sache, parce qu'autrement ... »
Un bruit de tonnerre les interrompit. Zeus fit son entrée et évidemment, serra son rejeton à l'en étouffer, sous les regards amusés de ses camarades.
« Mon fifils ! Tirénias m'a tout dit de ta nouvelle destinée ! C'est formidable, tu es vraiment mon digne fils ! » s'exclama le dieu du tonnerre.
Siris libéra sa tête de la poigne de son paternel.
« Papaaaa ! Mais t'es infernal par tous les nôtres ! »
« Ben quoi ? Je suis si fier de toi mon petit, je peux bien te le montrer non ? » reprit Zeus en lui ébouriffant les cheveux.
« Alors contente-toi de me le dire plutôt que d'essayer de me briser les os à chaque fois ! » répliqua Sirius en se dégageant.
« Roooh mais que tu es froid ! »
« Et toi collant. Mais je suppose qu'on te l'a assez dit. Bon, tu veux quoi sinon ? »
« Eh bien comme je te l'ai dit, Tirénias m'a dit que tu allais révolutionner le monde de la magie. Si jeune et déjà tant d'exploits. Cela mérite célébration. »
Zeus claqua des doigts, et Dionysos fit son entrée par la fenêtre, ainsi que quelques muses accompagnées d'Apollon et Hermès. Sirius arrondit les yeux. Oooooh non ! Mais ne savaient-ils donc pas s'amuser sans être ronds comme des tonneaux ? Le dieu du vin tendit trois pintes vers les jeunes sorciers.
« Mais arrête Dion' ils sont trop jeunes ! » s'exclama Sirius en lui barrant la route.
« Y'a pas d'âge pour faire la fête. » répondit son demi-frère.
« Mais pour se bourrer la tronche si. »
Sirius fit disparaître le vin, ce qui soulagea ses amis. Ils n'avaient pas oubliés la gueule de bois lors de la dernière visite du dieu de cette boisson.
« Papa, je te signale que je n'ai encore rien fait, c'est trop tôt pour célébrer quoi que ce soit ! » lança Sirius d'une voix forte, pour couvrir la musique et le chant des muses.
Ces dernières virevoltaient dans la pièce. Elles prirent James, Remus et Peter par une main et les entraînèrent avec elles. Bon ça au moins, c'était sain comme distraction, pensa le jeune dieu.
« Peu importe ! Cela nous assurera soirée plus clémente. Cet endroit est si austère. » répondit Zeus entre deux gorgées.
Sirius soupira.
« Bon, mais vous ne vous éternisez pas. Dans deux heures tout le monde dehors. » avertit-il.
« Deux heures c'est tout ? » s'exclama Hermès.
« Oui. Et ce n'est pas négociable. »
« Bof, ça sera suffisant pour nous amuser. » lança Apollon.
Sirius alla s'écrouler dans un pouf qu'il fit apparaître. Mais quelle famille.
Le jour suivant, les quatre amis descendirent à l'heure. Les dieux et muses étaient partis comme le leur avait demandé le petit dernier. Ouf. Enfin, ses copains s'étaient bien amusés et avaient apprécié la venue des muses. Sirius avala une gorgée d'ambroisie, puis décida de revoir son petit frère pour avoir des nouvelles de la famille.
« Oh, père et mère n'osent pas sortir, en dépit de ce que je leur ai dit. J'ai malgré moi testé ta protection figures-toi. » répondit Regulus.
« Comment ça ? » demanda l'aîné.
« Eh bien … je n'avais absolument pas envie de rester cloîtré donc je suis sorti. Deux Mangemorts me sont tombés dessus, et ils ont fini en crapauds après avoir constaté qu'aucun sort ne m'atteignait. » narra Regulus.
Sirius prit une inspiration. Il avait bien senti que quelque chose se passait avec son cadet. Au moins, cela fonctionnait. Regulus ajouta que Voldemort en personne était venu leur demander pourquoi ils avaient annulé la soirée de présentation. Il s'était agité contre la barrière en pure perte.
« Il va recommencer j'en suis sûr. Ce type est comme Arès : il se croit tout permis parce qu'il est soi-disant fort. » reprit Sirius à la fin du récit.
« Je le crois aussi. Mais j'ai foi en toi, je sais qu'il ne pourra rien nous faire. » sourit Regulus.
Sirius lui rendit son sourire, assez heureux d'avoir retrouvé son frère, même si certaines choses les séparaient désormais.
« Je te remercie. En tout cas, j'ai pensé à la cheminée. J'imagine que le reste de la famille va vous rendre visite. Sachez que si jamais ils viennent avec l'intention de nuire, ils ne pourront pas entrer. » signala-t-il.
« Je prends bonne note de cette information. »
Ils se séparèrent. Sirius songea qu'il ne tarderait plus à passer à l'action. Il affronterait ce mage noir, mais il était confiant. Ce n'était qu'un simple mortel après tout.
L'année scolaire était près de se terminer. Il lui restait encore deux autres années à passer ici. Après quoi … il verrait bien. Il aurait certainement le temps de s'occuper avec ce qu'il prévoyait. En attendant, Sirius décida d'aller se détendre en compagnie des centaures de la forêt.
Quelques jours plus tard, alors que les vacances étaient là, Sirius reçut un message inquiétant de la part de son frère mortel : ses parents et lui avaient décidé d'un pique-nique familial non loin de Pré-au-lard, quand un espion était venu les prévenir d'une attaque de Voldemort contre eux, selon lui imminente.
« Eh bien, c'est prenant d'être un dieu. » constata Sirius.
Il observa Rhéania qui paressait au soleil tout près de lui, yeux clos. Il sourit avec tendresse. Il avait prévu de lui avouer ses sentiments, mais visiblement ce n'était pas encore pour tout de suite. Il lui rédigea un petit mot, se leva et partit sans bruit.
A l'endroit en question, la famille Black se vit cernée par une dizaine de Mangemorts, dont leur propre nièce Bellatrix.
« Eh bien vous vous êtes enfin décidés à sortir de votre trou, mes chers petits rats renégats. » lança Voldemort.
Il sourit. Il les tenait et leur ferait payer leur affront. Ce fut également à cet instant qu'un coup de tonnerre retentit. Les sorciers noirs se firent balayer par ils ne surent quoi. Quand Voldemort se redressa, il découvrit un homme de haute taille, aux yeux gris acier vêtu étrangement. Le lord noir se remit debout face à cette apparition.
« Qui es-tu toi ? »
« Ouh ! Mais quel manque de raffinement pour un soi-disant lord ! » répondit l'homme brun en souriant avec sarcasme.
Bellatrix fronça les sourcils. Ce visage, ces yeux, cette voix et façon de parler … impossible ! Comment aurait-il pu obtenir cette forme ? Pourtant quand on le connaissait la méprise était impossible.
« Sirius ?! » s'exclama Bellatrix.
« Tiens, la barge de la famille m'a reconnu. En effet, je suis bien Sirius Black. Mais je ne suis plus celui que tu as connu Trixounette. J'ai pas mal changé ces derniers temps. » répondit le brun.
La concernée faillit s'étrangler devant le surnom.
« Et qu'as-tu de donc de si spécial ? » interrogea Voldemort.
« Je suis passé au stade de l'immortalité. Le stade divin pour être précis. » répondit Sirius en écartant les mains.
« Es-tu en train de nous dire que tu es …. une sorte de dieu ? » s'enquit Voldemort.
« Pas une sorte, le dieu de la magie. Je te laisse me lancer un sort, tu constatera ainsi par toi-même que cela ne me fera pas le plus petit effet. Celui que tu voudras, y comprit un Impardonnable. » proposa Sirius.
« Un dieu ? Voyez-vous cela ! Eh bien soit, je vais te le lancer ce sort, et prouver à tous que tu n'es qu'une vermine ! »
Naturellement, le sort choisi fut celui de la mort. La lumière verte fusa, pour le toucher en plein cœur. Sirius le regarda s'exécuter sereinement, comme s'il lisait le journal. Le maléfice le toucha en pleine poitrine. Voldemort arrondit les yeux. L'homme n'avait pas cillé, ni même cligné des yeux. Un silence de plomb s'abattit sur l'endroit.
« Impossible ... » souffla le mage noir.
« Et pourtant. Les dieux existent, tu en as un devant toi. Passons à présent aux choses sérieuses. Ce que tu as l'intention de réaliser me déplaît. La suprématie des sangs-purs, faut-il être idiot. »
Sirius leva une main, sur laquelle crépitèrent des éclairs entre chaque doigt. Bellatrix pour sa part, comprit ce que sa tante avait voulu dire par créature plus puissante que son maître. Et elle songea qu'effectivement, si son cousin avait pu encaisser un sort mortel sans le plus petit dommage, alors Voldemort n'avait aucune chance. Et si en plus il commandait à la magie toute entière … le mage noir réfléchissait. Il ne pouvait admettre d'être ainsi surclassé. Or ce qu'il venait de voir ne pouvait que l'inciter à la réflexion. Il tenta néanmoins d'amadouer son opposant. Si par miracle il parvenait à le convaincre, il n'en aurait que plus de poids pour sa mission.
« Nous devons pourtant sauver notre monde. La nettoyer de ses scories. Nos traditions agonisent, notre magie risque de s'affaiblir si nous ne faisons rien. Je désire simplement un monde meilleur, d'une magie plus saine. J'en suis navré cependant cela ne se fera pas sans quelques sacrifices. » expliqua Voldemort.
« C'est exactement mon point de vue. » répondit Sirius.
Le mage noir arrondit brièvement les yeux. Il était d'accord avec lui ? Les éclairs dans la main avaient disparus, toujours.
« Dans ce cas, inutile de nous battre. Je suis tout à fait disposé à être votre bras armé si vous le souhaitez. » reprit Voldemort en s'inclinant légèrement.
« En effet, inutile de nous affronter. Remballe donc tes soldats, et ne t'avise plus toi ou un de tes sbires de toucher à un membre de cette famille. Ils sont sous ma protection. » avertit Sirius en désignant les trois personnes derrière lui.
« Fort bien. »
Les Mangemorts s'en allèrent. Regulus approcha du dieu.
« T'étais sérieux Sirius ? Quand tu disais partager le point de vue de ce type ? » demanda-t-il incrédule.
Il vit un léger sourire se former sur les lèvres de son aîné.
« Oui. Ce monde a bien besoin d'être nettoyé. Mais pas de la façon dont il l'escompte. »
Regulus comprit aussitôt.
« T'aurais fait un bon Serpentard, tu sais ça ? »
Sirius lui rendit son regard complice, et décida de quitter les lieux. Il croisa le regard de sa mère mortelle, qui lui adressa un signe de tête en remerciement. Le brun disparut dans un éclair.
Lorsqu'il revint dans la forêt des dieux, Rhéania l'attendait avec son petit mot dans les mains.
« Oh déjà ? Je viens tout juste de le lire. » dit-elle en montrant le parchemin.
Sirius avait reprit son apparence ordinaire. Il avança vers elle, prit la main tenant la note et l'ôta en lui faisant un baise-main.
« Eh bien comme ça tu n'auras pas attendu. » dit-il doucement.
Elle lui sourit, refermant ses doigts autour des siens. Sirius passa un bras autour de la taille fine de Rhéania, et l'attira contre lui.
« Ta famille terrestre va bien ? » demanda-t-elle contre son épaule.
« Mieux maintenant. Je vais pouvoir agir là en bas. »
Il lui releva le menton, la regarda un instant avant d'appliquer ses lèvres sur les siennes.
« Je me demandais quand tu allais te décider. » sourit Rhéania.
« Pour une immortelle je te trouve bien pressée. »
Elle rit, pendant qu'il lui murmurait qu'il l'aimait.
« Au fait, j'avais une question à te poser. » reprit Sirius en s'écartant un peu.
« Laquelle ? »
« C'est à propos de ce mage noir. Je lui ai révélé qui j'étais, et lui ai permis de me jeter un sort. »
Rhéania attendit la suite. Elle savait qu'étant immortel il ne risquait rien.
« Il y avait quelque chose de bizarre dans sa magie. J'ai donc écouté ce qu'il avait à me dire et j'en ai profité pour l'analyser un peu. Est-ce que tu as déjà entendu parler d'âme incomplète ? » continua Sirius.
Rhéania baissa les yeux, pensive.
« Je crois que le mieux serait que tu demandes à Hadès. C'est le spécialiste en la matière. »
« Bon. Tu veux bien m'accompagner ? »
Elle acquiesça et lui prit la main qu'il tendait. Les deux jeunes dieux quittèrent la radieuse et lumineuse forêt pour le domaine sombre du dieu des enfers. Évidemment, Cerbère se jeta sur eux pour les accueillir. Mais cette fois, Sirius put le retenir d'une main.
« Doucement Cerbère. »
Le chien obtempéra, puis laissa le jeune dieu lui accorder les caresses qu'il demandait. Rhéania fit de même.
« Voilà Charon. » constata Sirius.
La barque des morts accosta. Le passeur les invita d'un signe de la main. Sirius et sa compagne entrèrent dans le bateau. Charon poussa ensuite la barque à l'aide de sa perche.
« C'est moins drôle qu'avec Cerbère. » chuchota Sirius un moment après.
« Et pas franchement romantique non plus. » ajouta Rhéania.
Elle appuya sa tête contre l'épaule de Sirius. Le trajet dura un moment, pendant lequel il se demanda s'il n'allait pas s'endormir. Pour les âmes qui venaient en enfer par ce moyen, ce devait être plutôt effrayant. Finalement, ils arrivèrent à bon port. Hadès se trouvait justement sur le quai.
« Oh c'est vous. Soyez les bienvenus les petits. » dit-il en les invitant à le rejoindre.
Il sourit lorsqu'il les vit se tenir par la main. Hadès les mena comme la première fois dans son salon. Là, il s'enquit du motif de leur visite. Sirius lui parla alors de ce qu'il avait découvert chez Voldemort.
« Une âme incomplète ? Oh c'est bien possible. La première que j'ai vue date de l'époque du roi Minos. Un sorcier évidemment trop effrayé de mourir chercha comment y échapper. Si j'ai bonne mémoire, il demanda comment s'y prendre à Hécate. » raconta Hadès.
« Oh ? Et qu'a-t-elle demandé en échange ? » s'étonna Sirius.
« Il lui plaisait, et c'était un orfèvre talentueux. Il lui a offert ses plus beaux bijoux, y comprit ceux charnels. »
« Et comment l'histoire s'est-elle terminée ? » questionna Rhéania.
« Elle a faillit mal finir. Ce genre de procédé m'a mis hors de moi. Où allait-on si tout le monde devenait immortel ? Vers un grave déséquilibre nocif même pour nous les dieux. Je me suis donc rendu chez Hécate pour la sommer de me rendre cette âme déchirée. Elle a refusé évidemment. Un combat menaçait d'éclater entre nous. Heureusement, Zeus est intervenu. Il a décrété qu'Hécate pouvait garder le mortel -enfin on se comprends- comme serviteur qu'elle partagerait avec moi. Le procédé de l'âme déchirée devait par contre rester secret. »
Hadès leur resservit du nectar.
« Hécate n'est plus, qu'est donc devenu cet homme ? » demanda Sirius.
« Je l'ai libéré. Il a appris à mes daemonios, mes serviteurs, comment tailler les pierres précieuses qu'ils trouvent, ce qu'ils font mieux que lui à présent. Il a enfin droit au repos, après tous ces siècles. Car Hécate n'était pas spécialement tendre quand ça lui prenait. »
« Mais malheureusement, le secret pour diviser son âme s'est transmis. » fit Rhéania.
« Oui. Monsieur a trouvé comment : il a voyagé hors de nos terres. Et vous savez comme moi que passées nos frontières natales, nous ne pouvons plus agir, exception faite de Sirius, car il a obtenu l'assentiment de tous. Là, il a donc caché un manuscrit détaillant ce tabou, permettant à d'autres de braver les lois de la vie et de la mort. Par chance, c'est affreusement compliqué à mettre en place et somme toute particulièrement douloureux. Il y en a donc peu qui osent.» acquiesça Hadès.
Le dieu étendit ses jambes, puis renversa sa tête en arrière. Sirius fit tourner sa boisson dans sa coupe.
« Donc, tu me dis que tu en as trouvé une. » reprit son oncle.
« Oui, et je souhaite savoir comment vaincre son propriétaire. »
« Eh bien, l'âme est généralement divisée en deux et un des morceaux planqué dans un objet. Détruire l'objet c'est mettre fin à cette fausse immortalité. »
« Mais est-ce qu'elle peut être divisée en plusieurs morceaux ? » interrogea Sirius.
« Oh ça doit être possible. J'en ai vu un qui l'a scindée en quatre. Dans des cas comme ça, il faut trouver chacun des objets et les détruire. » répondit Hadès, tête en arrière.
« Une idée pour faire ça vite et bien ? »
« Hmmm … je pourrais te prêter Cerbère, c'est un maître dans la traque des âmes. Seul souci, c'est qu'il se trouvera bien quelques âmes folles pour vouloir s'échapper. Je vais donc te confier Nyxos. »
« Nyxos ? »
« Sa fille. Enfin une de ses filles. »
Hadès quitta le salon, pour revenir un instant après en compagnie d'une chienne à trois têtes argentée aux pupilles rouges, et comme son père à la queue de serpent. Elle alla immédiatement vers les deux jeunes dieux, qu'elle salua avec enthousiasme. De ce que Sirius put en voir, elle était encore jeune.
« Voilà. Tu n'auras qu'à lui faire sentir quelque chose ayant appartenu à ce mortel, puis lui expliquer ce que tu veux. Nyxos te conduira à ces morceaux d'âmes épars. » expliqua Hadès.
« Très bien, merci beaucoup tonton. »
« Muf, de rien. Je n'aime pas beaucoup ces petits humains qui essaient de me duper. Allez bonne chasse les p'tiots. »
« Merci mon gros. » lança Rhéania.
« Je suis pas gros ! »
Sirius eut un ricanement. En effet, Hadès n'avait pas d'embonpoint mais enfin. Son oncle fournit la laisse pour Nyxos, avec un harnais. Bien plus pratique que trois colliers à attacher. Ils ramenèrent donc la chienne des enfers dans la forêt du Pélion. Celle-ci entreprit immédiatement d'explorer ce nouveau lieu.
« Bien ! L'étape suivante va être de récolter une chose appartenant à Voldemort. » lança Sirius.
« Une idée sur la manière de procéder ? » interrogea Rhéania.
« Pas vraiment. » avoua Sirius.
« Mmmh … c'est un homme. Je pense que le chant des sirènes devrait suffire. » songea Rhéania.
« Tu t'en occupes dans ce cas ? »
« Oui. »
Nyxos jouait avec un petit faune. Sirius décida de la lâcher afin qu'elle se dégourdisse les pattes. La chienne partit aussitôt avec son compagnon de jeu sur le dos. Rhéania de son côté, s'assit afin de discuter avec Sirius de la manière dont ils comptaient obtenir un objet de Voldemort. Elle lui expliqua que le chant des sirènes attirait n'importe quel humain. Le vrai problème serait plutôt qu'il ne s'en rende pas compte.
« S'introduire ne posera pas de problème. Je peux passer par les canalisations. » affirma Rhéania.
« Mais j'y pense, si tu chantes tout le monde va t'entendre. » souligna Sirius.
« Oui, et c'est une bonne chose car un chant pareil plonge dans la béatitude. Autrement dit, cela leur ôtera toute velléité d'attaque. Ainsi, je n'aurais plus qu'à me servir. Toi ce que tu pourras faire, c'est effacer ma visite des esprits de tout ce beau monde. » répondit Rhéania.
« Ouais bien sûr. »
Leur plan mis au point, ils résolurent de retourner dans le monde des mortels. Sirius appela Nyxos, qui arriva avec fougue. Il lui remit sa laisse, et tous trois quittèrent la forêt. Ils attendirent ensuite la nuit pour agir.
Sirius usa de ses pouvoirs pour localiser la demeure de l'ennemi dans un premier temps. Un petit manoir dans un village isolé. Il mena son monde à l'endroit convenu. Rhéania passa ensuite à l'action. Cheminant un peu, elle repéra l'eau qui passait dans les tuyaux sous terre. La déesse s'enfonça dans le sol comme dans du beurre. Elle pénétra ensuite dans un des tuyaux menant au manoir. Dans la cuisine, le robinet tourna, laissant échapper un mince filet. L'eau passa par-dessus l'évier pour tomber au sol. Rhéania émergea, accroupie sur le sol. Personne. La jeune déesse s'avança jusqu'à la porte.
Elle écouta un instant. Elle ouvrit ensuite la porte qu'elle franchit. Ceci fait, elle prit une inspiration. Sa voix claire comme son élément résonna ensuite dans le couloir. Elle monta en intensité, emplissant peu à peu la demeure. Les Mangemorts parurent intrigués au début, mais l'enchantement de cette voix prit le dessus. Chacun sentit son corps se détendre, son esprit s'apaiser. Le chant était partout, emprisonnant toutes les personnes présentes dans un état des plus serein. Rhéania pour sa part, parcourait la maison. Aucun des habitants ne semblait trouver sa présence anormale.
Finalement, elle découvrit sa cible. La déesse marcha vers le mage noir, planté devant elle comme une tige. Elle lui demanda en chantant de lui remettre un objet quelconque.
Totalement sous hypnose, Voldemort lui remit un morceau de sa robe. Rhéania le prit et s'en alla. Lorsqu'il la vit revenir, Sirius tendit les mains vers le manoir. Une vague de magie se déversa sur le manoir, effaçant des esprits la visite de la fille de Poséidon. Pendant qu'il était, Sirius reboucha le trou dans la robe du sorcier des ténèbres. Sans plus attendre, il fit sentir le tissu à Nyxos. La chienne enregistra l'odeur avec application. Ceci fait, elle leva ses trois têtes vers le ciel, humant l'air. Puis elle partit en galopant. Sirius la suivit en volant.
La bête tricéphale les mena vers la côte. Elle sauta dans le vide. Sirius la vit rebondit sur un rocher, puis s'élancer vers la falaise. Elle continua sa course jusqu'à se retrouver devant l'eau.
« Je nous fais un passage. » dit Rhéania.
Elle posa la main sur l'eau à l'aspect aussi noir que du pétrole. Un chemin de glace courut jusqu'à l'autre bout de la grotte. Nyxos repartit de plus belle. Elle s'arrêta devant un pan de pierre qu'elle gratta avec insistance. Sirius posa la main contre. Il arma ensuite son bras, poing fermé et frappa la pierre. Celle-ci céda devant sa force. Nyxos entra la première, courant jusqu'à un petit lac. Elle leva ensuite ses trois têtes avant de pousser un hurlement aussi sinistre qu'impérieux. Des râles apeurés lui répondirent. Rhéania entre-temps, créa un nouveau passage. Sirius découvrit des formes dans l'eau s'éloigner aussi vite que possible du pont de glace.
« Des inferi. Ça ne plairait pas à Hadès. » constata-t-il.
« En effet, quel manque de respect pour les morts. » ajouta Rhéania avec une moue de dégoût.
Nyxos pour sa part, courait déjà en direction de la rive opposée. Elle stoppa devant un petit bassin rempli d'une eau verte. Les dieux la virent plonger une tête dedans, pour en ressortir un médaillon. La bête infernale le secoua dans tous les sens, le passant d'une tête à l'autre.
« Nyxos ! Arrête, allez donne. » demanda Sirius.
La chienne continua son jeu. Enfin si l'on peut dire, car ses pupilles rouges flamboyaient.
« Nyxos ! » s'exclama Sirius d'une voix autoritaire.
La chienne s'arrêta aussitôt, le regardant d'un air attentif. Il tendit une main, dans laquelle Nyxos déposa sa trouvaille. Rhéania s'approcha de lui. Un médaillon, avec un serpent en forme de S ouvragé.
« Ce symbole … on dirait celui de Serpentard. » remarqua Sirius.
« Tu crois que ça lui aurait appartenu ? » demanda Rhéania.
« Possible. En tout cas je sens une magie maléfique là-dedans. Enfin, nous en avons trouvé un. Reste à savoir comment le détruire. »
Á peine eut-il fini sa phrase que la tête gauche de Nyxos attrapa de nouveau l'objet.
« CROC ! »
Un sifflement assorti d'un cri de douleur résonna sous les parois nacrées de la salle.
« Voilà voilà. » commenta Sirius, un peu étonné.
« Ah, le comité d'accueil se réveille. » constata Rhéania.
Les corps sortaient en effet de l'eau. La déesse de l'eau usa ses pouvoirs pour les faire refluer. S'ils n'étaient pas déjà morts, ils se seraient certainement noyés. Cependant, les inferi approchèrent de nouveau.
« Nyxos ! Attaque ! » lança Rhéania.
La chienne s'élança vers le lac. La tête de droite saisit un cadavre qu'elle broya sans peine, pendant que les deux autres aboyaient furieusement après le tas de zombies. Ces derniers reculèrent devant la gardienne du monde des morts. Nyxos les maintint en respect durant le retour des divinités.
« Et un de moins ! Passons à la suite. » fit Sirius.
Nyxos renifla à nouveau le carré de tissu donné cette fois par Rhéania.
