Chapitre 11
Hôpital Civil
Blacksburg, VA
_Bonjour, vous pourriez m'indiquer la chambre de monsieur Mackenzie, demanda Mac accoudée contre l'accueil du hall d'entrée.
L'infirmière lui jeta un furtif regard avant d'ouvrir son registre.
_Chambre 245, c'est au deuxième étage sur votre gauche
_Merci.
Mais au lieu de prendre la direction des ascenseurs, elle ressortit et s'assit sur l'un des bancs qui longeait le bâtiment. Il avait besoin de remettre ses idées en place et surtout se calmer. Elle ne se sentait pas prête d'affronter l'homme malade.
_Mac, l'interpella une voix qui venait de sa droite.
Elle se leva en reconnaissant la voix de Julien Robertson. Elle ferma sa veste et lui sourit timidement tout en pensant que rien de pire ne pouvait arriver.
_Que faîtes-vous là ?
_Je…
Elle ne finit finalement pas sa phrase, se rendant compte qu'elle ne savait pas elle-même ce le but de sa présence. Elle avait demandé sa journée pour se rendre à l'hôpital mais finalement, une fois arrivée, elle n'avait plus trouvé cette idée aussi bonne qu'au départ.
Elle ne savait même pas quoi lui dire, une fois qu'elle serait en face de lui. Et si sa femme était présente dans la pièce ? Elle n'était même pas certaine que la nouvelle madame Mackenzie connaisse son existence. Julien l'avait découvert par hasard, qu'en était-il de la femme de son père ?
_Votre mère est au courant ? Demanda-t-elle sans même répondre à la question du caporal
_Oui, il n'est pas aussi mauvais que vous pouvez le croire, dit Julien en s'adossant contre le banc
_Vous ne savez rien de ma vie, rétorqua Mac cinglante.
_Non, mais n'oubliez pas que j'ai également vécu avec lui et il a changé
_Il reste pour moi un homme alcoolique et violent, cracha Mac en jetant un regard noir à son demi frère.
Elle ne supportait pas le fait que quelqu'un puisse prendre sa défense. Personne ne savait ce qu'elle avait vécu comme enfer, alors qu'elle n'était qu'une ado.
_Il doit quand même compter pour vous
Robertson marqua une pause.
_Sinon vous ne seriez pas ici, termina-t-il en la fixant de ces yeux verts, comme ceux de son père
Il se leva, conscient qu'il devait la laisser seule pour qu'elle puisse méditer sur ces dernières paroles. Il savait que ce n'était pas facile pour elle, mais quand il l'avait vu assise sur ce banc, il en déduit qu'elle n'était pas aussi indifférente que cela.
Il pénétra dans le hall de l'hôpital en espérant être rapidement rejoint par Mac.
Il appuya sur le bouton d'appel de l'ascenseur et sourit quand il sentit la présence d'une personne à côté de lui.
_Vous vous sentez prête ? Demanda-t-il en se tournant vers une Mac déterminée
_On n'est jamais prêt pour ce genre de chose, répondit-elle en passant une main sur sa nuque crispée.
_Vous ne serez pas seule, la réconforta Julien en pénétrant dans le petit espace clos
_Espérons que je sache me contrôler, dit-elle sans vraiment plaisanter.
Ce dont elle était le plus effrayée n'était pas la rencontre elle-même, mais sa réaction quand elle le verrait. Elle n'avait pas envie de s'énerver, ni même de pleurer. Mais elle n'était pas dupe, elle allait réagir à sa vue et violemment, elle en était certaine.
_Promettez-moi juste de ne pas intervenir ? Demanda Mac en croisant le regard du jeune homme
