Il était demeuré un bon moment dans sa chambre à ressasser des pensées négatives, puis, s'était endormi. La faim le réveilla ainsi que ses hormones, plusieurs heures plus tard. Il se sentait agité. Le genre d'agitation qu'il l'obligeait à monter à la surface, pour trouver un partenaire plus ou moins consentant. Il pesta, la présence de Léo, peut-être, si elle continuait de l'affecter de la même façon que dans le Dojo, plus tôt, rendrait la situation encore plus intenable. Il devait s'éloigner et demeurer à l'écart une dizaine de jours, au moins, afin d'être certain de ne pas être tenté. Mais d'abord, il devait prendre un repas rapide et si possible, dès que Léo aurait le dos tourné, fourrer des provisions dans un sac. Il connaissait un coin, un tunnel de métro abandonné, plus près de la surface, à une quinzaine de kilomètre de là. Il laisserait une note, pour que Fearless ne se fasse pas trop de mauvais sang et resterait terré jusqu'à ce que ça passe.
Alors qu'il remettait son équipement, il se morigéna : pourquoi se souciait-il de sentiments de Léonardo? Est-ce que lui se préoccupait des siens? Non, tiens, il se ferrait la malle, sans un mot. Après tout est ce que le Fearless Leader leur avait écrit durant son périple en Amérique du Sud? Non, il n'avait même pas cru bon d'annoncer qu'un serpent avait dévorer leurs petits.
Il voyait rouge, à nouveau à cette pensée. La testostérone ne faisait pas qu'influencer sa libido, elle alimentait sa colère, rendant sa personnalité, déjà irascible, encore davantage inflammable. Il avait une folle envie de se défouler sur l'ainé et un désir quasi irrépressible de le marteler de coups. Mais, la pensée que peut-être les coups mèneraient à d'autres choses le calma. Il ne voulait plus jamais poser les mains sur Léo de cette façon-là.
L'infanticide.
Il serra les poings, il devait vraiment quitter le repaire avant de commettre l'irréparable. Son estomac gargouilla, lui rappelant qu'il avait le ventre vide, n'ayant rien mangé depuis près de 24 heures. Il devait vraiment filer rapidement. Il allait prendre un truc ou deux de l'armoire et puis détaler. Il trouverait bien une façon de se nourrir à la surface. Il ouvrit la porte et une odeur délicieuse lui parvient. Il ne savait ce que Mikey avait préparer, mais il décida que son départ pouvait attendre une heure.
Dans la cuisine, Mikey faisait sauter dans le wok des languettes de bœuf ainsi que des légumes, dans une sauce odorante que Raph analysa être de la sauce teriyaki Il eut une brève grimace. Ce repas, plus élaboré qu'à l'habitude, était sans doute en l'honneur du chef. Il eut la fugace envie de passer son chemin, mais son estomac protesta. Pour une simple question d'orgueil, il n'allait pas passer sur l'occasion d'avoir un bon repas. Manger un repas chaud et frais ne lui arriverait pas à nouveau avant près de deux semaines.
Il s'attabla.
-Alors, on sort le grand jeu pour Fearless, ronchonna-t-il alors que le cuisiner déposait une assiette fumante devant lui.
Mikey sourit simplement en haussant les épaules, regardant son frère s'empiffrer sans attendre personne.
-Bah, que ce soit pour Léo ou non, ne fera pas que c'est moins délicieux. De toute façon, cela n'est rien comparativement à ce que je prévois faire demain pour son anniversaire…il y a si longtemps…
Mikey eut le bon sens de s'arrêter lui-même dans sa phrase. Ils ne souhaitaient pas repenser au dernier anniversaire de Léo qu'ils avaient fêté ensemble deux ans plus tôt. Un silence pénible suivit que, agité, le plus jeune coupa, afin de changer de sujet :
-J'espère seulement que lui et Donnie sortiront bientôt du labo.
La bouche pleine de bœuf, Raph n'haussa qu'un œil comme interrogation, que le benjamin interpréta correctement :
-Ça fait des heures que Léo et Donnie sont enfermés là, expliqua la tortue au bandana orange. Aucune idée pourquoi. Docteur D a dû insister et insister pour que Léo accepte de se laisser examiner. Finalement, Maitre Splinter lui en a donné l'ordre. Sinon, je crois pas que Donnie aurait pu le convaincre.
Raphael avala sa bouchée avec peine, la gorge serrée :
-Pourquoi? Y a de quoi qui va pas avec Fearless?
Nonchalant, Mikey continua tout en remplissant les assiettes.
-Aucune idée. Peut-être un truc en rapport avec cette morsure de vipère. Donnie m'a montré les photos de mec mordus. J'ai jamais rien vu d'aussi horrible. Don est fasciné que Leo y ait survécu, sans dommage.
Raph s'assombrit, des images morbides emplissant son esprit. Il n'écouta pas le reste du blabla du benjamin, continuant à enfourner son repas.
L'arrivée de ses deux autres frères le tira de ses pensées. Ses yeux se portèrent automatiquement vers l'ainé, contre son gré. Leur regard se croisèrent. Les yeux de Léo lui apparurent plus brillants que d'habitude et il remarqua que sa respiration était accélérée, son plastron se soulevant à un rythme plus rapide qu'à l'accoutumée. C'était comme si…
-Raph…est-ce que tu m'écoute?
La voix concernée de Donnie lui parvient comme de sous l'eau. Il s'ébroua. Est-ce que tout le monde l'avait vu en train de dévorer Léo vivant des yeux? Il espérait bien que non!
-Mouais? Répondit-il, tentant de paraitre indifférent.
-Puisque tu as terminé de manger, j'aurai besoin de t'examiner aussi. J'ai besoin de vérifier une théorie, expliqua le scientifique.
Les yeux émeraudes cherchèrent à nouveau ceux de son frère ainé. Le chef avait les siens baissés, se perdant dans la contemplation de son assiette, l'image même du détachement. Cette vue éveilla sa rancœur.
-Pas question d'être ton cobaye, Donatello. De toute façon, je me barre. J'ai besoin de prendre l'air, déclara-t-il sèchement.
Le scientifique plissa les yeux derrière ses lunettes, son visage emplit de suspicion, mais ce fut Léonardo qui déclara.
-Personne ne sort. Du moins pas seul. Inutile de vous rappeler que c'est dangereux là-haut
Raphael roula des yeux :
-Hé! C'est fini le temps que Sensei contrôlait nos allers et venu. Je t'ai pas attendu pour remonter à la surface et s'il y a de quoi donc je suis certain c'est que j'ai pas besoin ni de ta permission, ni de chaperon!
Outragé de sa belligérance, Léo allait retorquer quand Mikey l'interrompit.
-Tu peux pas faire cela, Raph! Casey et April viennent passer la soirée ici!
Toutes les têtes se tournèrent vers le benjamin, les yeux de Léo étant les plus exorbités de stupeur.
-Qui? Demanda-t-il ne pouvant cacher l'inquiétude de sa voix.
Alors que Mikey expliquait au jeune leader qui était leurs amis et la raison de son invitation, Raph pesta intérieurement. Il n'avait pas le choix de rester. Casey était son meilleur, pour ne pas dire seul, ami.
Par curiosité, il regarda Léonardo dont l'angoisse montait à un rythme exponentiel.
-Vous fréquentez des humains? Ils connaissent notre repaire?
Leur chef était si pathétique dans son anxiété, que, malgré lui, Raph se sentit obligé de le réconforter.
-Tout doux, Fearless. Y a aucun danger, on te dit, commença la tortue en rouge, Toi-même, tu as fréquenté des humains, non? Comment tu nous aurais envoyé ce courriel, sinon?
-Maria n'était pas qu'une humaine!
La protestation chatouilla désagréablement Raphael. Donc, Léo, dès leurs petits morts, avait joué frotti-frotta avec une humaine et cet hypocrite osait leur faire la leçon! Sa fureur monta, gonfla prenant tout la place et obscurcissant tout le reste. Il ne voyait rien, ni à droite, ni à gauche. Il n'y avait que Léo devant lui, cet arrogant fils de pute et soudain, il craqua. Le choc des révélations des derniers jours, l'attitude provocante de Léonardo étaient trop. Il devait évacuer ce trop plein d'émotions négatives.
En un mouvement trop rapide pour que l'un de ses frères l'arrête, il dégaina son saï qu'il leva vers Léo. Il n'y avait mis aucune pensée, n'agissant que par instinct, ne sachant même pas ce qu'il tentait d'accomplir.
Aussi rapide fut son geste, Léo le vit et l'évita essentiellement, ne recueillant qu'une estafilade sur le biceps, assez profonde, mais tout de même bénigne, selon ce que Raph aurait pu faire.
Tout le monde à table avait le souffle coupé, donc Raphael lui-même. Avait-il tenté de tuer son frère, comme ça, dans la cuisine?
Oui, constata-il, bouleversé.
Les genoux le lâchèrent et il retomba lourdement sur la chaise, alors que le silence s'étira. Il se prit le front, cachant ses yeux, ne pouvant supporte l'idée de croiser le regard emplit d'horreur de toute sa fratrie. Casey ou pas Casey, il devait partir. Maintenant. Ses hormones lui faisaient perdre la tête.
Mikey couina qu'il allait chercher du désinfectant.
-Ce n'est pas nécessaire, Mikey.
La voix de Léo était calme. Comment pouvait-il demeuré aussi zen, alors qu'il venait de tenter de le poignarder!
Ce fut le glapissement étonné de son benjamin qui lui fit relever les yeux. Il suivit le regard stupéfait de la tortue orange et courageusement décida de le poser sur leur leader à son tour. Ce qu'il vit lui coupa le souffle.
Où aurait dû se trouver une plaie béante et sanguinolente, ne se trouvait qu'un bras de jade immaculé.
Avait-il manqué son coup? Il regarda son sai, taché de sang et incrédule il regarda à nouveau Léo, trop étonné pour ressentir pleinement le soulagement de ne pas avoir blessé réellement son frère.
Léo, tout comme lui, mais encore plus rapidement, guérissait. Il s'était approprié le don de Raph, mais comment?
Il jeta un regard éperdu à Donnie pour avoir une explication. Celui-ci se mordait les lèvres, se balançant à droite et à gauche semblant au supplice. Il regarda ensuite Mikey, pour s'assurer que le benjamin voyait la même chose que lui. L'expression du visage de Michelangelo ne faisait aucun doute : il voyait la même chose que lui et de toute évidence trouvait le phénomène « cool ». Finalement, il eut la bravoure de croiser le regard de l'ainé, ou du moins, il essaya. Celui-ci avait les yeux fermés, des larmes coulant librement sur son visage.
-Vous ne deviez pas voir cela…c'est…tout ce qui me reste, chuchota le porteur de katana.
Un élan porta Raph vers son frère. Il lui saisit les mains et ouvrit la bouche.
Il ne savait que dire. Il aurait voulu demander ce qui s'était passé. Il aurait voulu le supplier de s'ouvrir à lui. Léonardo n'avait pas à porter seul le fardeau de l'incident inconnu de Raph qui s'était déroulé dans la jungle. Il aurait voulu dire qu'il était désolé car à bien y penser, tout cela était de sa faute car s'il avait eu plus de force spirituelle, peut-être la drogue n'aurait pas eu l'effet qu'elle avait eut et qu'il aurait pu résister. Les mots moururent dans sa gorge quand Léo dégagea sèchement ses mains.
-Salut tout le monde, lancèrent joyeusement, Casey et April.
Le regard bleu, évitant Raphael, se posa sur les nouveaux arrivants.
Je sais qu'il ne se passe pas grand-chose pour le moment. Il y aura beaucoup d'action éventuellement, je suis, malheureusement, obligée de passer par ceci pour y arriver. Malencontreusement, je n'ai pas tant envie d'écrire. C'est évidemment lorsque je le peux, que je perds l'inspiration. Mon mari est parti travailler à l'extérieur et pour une fois que j'étais tranquille, il faut que je sois démotivée!
