Auteur : Mel-Imoen
Titre : Le début après la fin ou l'histoire de Narcisse
Disclaimer : Rien ne m'appartient, à part le scénario.
Pairing : Draco Malefoy/Harry Potter
Rating : R
Note :
Je m'excuse (oui, encore, c'est ma spécialité) pour la mise en page du dernier chapitre, tout tassé et peu lisible…mais après les deux alertes au chapitre je n'osais plus y toucher de peur de spammer vos boîtes…
Et voici le chapitre 11 ! Avouez que je n'ai pas mis deux ans à l'écrire, ya du progrès pas vrai ? La fin s'approche à grands pas, je pense que dans un ou deux chapitres cette fic sera finie, et je pourrais passer les années suivantes à finir « la rue d'enfer » *rires*.
J'espère de tout cœur que cela vous plaira, et bonne année ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, ça me fera plaisir.
/ - - - - - Le début après la fin
Écoutes Echo, comme refleurit le Narcisse, et avec lui, ta chance…
Draco fit rouler les boules de dragon d'avant en arrière contre la paume de sa main et soupira. Il était d'humeur morose.
Cela faisait déjà une semaine que Potter et lui étaient revenus d'on ne sait où. Une semaine et il ne s'était rien passé de particulier. Rien de nouveau. Il avait cherché Potter du regard, et il le cherchait encore, tentant d'y apercevoir une bribe d'explication.
Quelque chose. Un petit rien qui l'y aiderait à y voir plus clair.
Mais il n'y avait rien. Potter dérobait les yeux.
Et Draco s'énervait.
Trois coups légers résonnèrent contre sa porte et il poussa un soupir sonore. La dernière chose dont il avait besoin était de voir du monde.
« Entrez. » concéda-t-il après plusieurs instants.
La porte s'ouvrit pour révéler la silhouette de Pansy, visiblement peu à l'aise. Elle fixait un point entre ses deux chaussures et attendait un accord qui ne venait pas.
Draco leva les yeux au ciel et se racla la gorge.
Pansy fit un pas dans la pièce et ferma la porte d'un mouvement beaucoup trop précautionneux. Elle resta un instant face au bois, inspira profondément et se retourna vers le blond.
Le regard qu'elle reçu était moins qu'amical et elle avala sa salive.
« Draco je… » elle s'étouffa avec ses propres mots et ferma les yeux. « Je suis désolée. »
« Je n'ai absolument pas envie de te pardonner. » répliqua le serpentard, maniant une boule de dragon d'une main. Pansy retint un mouvement de recul et se mordit l'intérieur des joues.
« Draco. » elle prit une inspiration « Écoutes, je sais que tu ne peux pas comprendre mon geste mais… »
« Attends. » le prince des serpentard l'interrompit d'un mouvement de la main. « Nous y voilà. C'est le moment où tu vas me dire que je ne peux pas comprendre ta douleur, c'est ça ? »
Elle tenta de répondre mais il la fit à nouveau taire.
« C'est ça hein, Pansy ? » la voix de Draco monta d'un cran. « Monsieur Draco Malefoy n'y connaît rien au mal être ? Monsieur Malefoy est un sale con insensible qui ne peut entendre les plaintes de l'âme, hein ? Malefoy ne peut pas savoir ce que c'est que la douleur de ne pas être aimé ? » Il fit deux pas dans la pièce et regarda par la fenêtre avant de faire brusquement volte face.
« Il ne sait pas, hein Pansy ? Il ne peut pas comprendre ce que c'est d'aimer ? Puisqu'il n'aime que lui-même hein ? »
Pansy ouvrit la bouche mais le blond laissa fuser un petit rire nerveux.
« Il ne sait pas ce que c'est que de désirer en secret et ne rien avoir en retour ? Il ne sait pas comment on se sent, à chercher du regard quelqu'un qui ne répond pas ? N'est-ce pas Pans' ? »
La serpentard haussa les sourcils et écarquilla les yeux, était-il possible que…
« Non je t'arrêtes tout de suite. » le blond la coupa dans son élan. « Je ne suis pas subitement tombé amoureux, et je ne suis pas amoureux de Potter. »
« Je n'ai pas parlé de Potter. » articula Pansy.
Il lui renvoya un regard venimeux.
« Je n'aime pas Potter. » Il accentua le P plus que de coutume et se retourna à nouveau vers la fenêtre.
La brune s'agita dans son dos s'apprêta à poursuivre.
« Que je comprenne ou pas ton geste, ne le pardonne pas, Pansy. » souffla-t-il contre la vitre.
Elle fixa le dos du blond et ravala son amertume.
« Je sais. » elle se détourna à son tour « Je voulais juste te dire que j'ai été…dépassée par les évènements. »
Elle fit deux pas vers la porte et posa la main sur la poignée.
« Mais je ne suis pas la seule, pas vrai ? » laissa-t-elle planer.
Draco entendit la porte se refermer derrière Pansy et serra ses lèvres l'une contre l'autre. Il n'avait rien à répondre.
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« Je n'aime pas Potter. »
Harry ferma les yeux et regarda par la fenêtre. La phrase résonnait en lui avec des accents vengeurs. Il se força à se calmer et reporta son regard sur le livre qu'il avait commencé. Après tout, il le savait, non ? Que tout ceci était trop étrange pour mener quelque part.
Hermione posa sur lui un regard inquiet et il la gratifia d'un demi-sourire. Oui, il le savait.
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Draco continua de fixer la porte de sa chambre pendant plusieurs secondes, soupesant la possibilité de bondir après Pansy pour lui sommer de se mettre ses phrases philosophiques là où il pensait. Il soupira d'agacement et retourna se planter devant la fenêtre.
Il avait beau retourner la situation dans tous les sens, il ne voyait pas d'issue. Une semaine. Une semaine qu'il se demandait si le 'lien' entre lui et Potter existait encore, il avait tenté d'approcher le gryffondor, de savoir. Mais Potter restait à bonne distance.
Il renifla avec mépris. Le foutu gryffondor avait peur, ou alors était emprunté d'un genre de courtoisie qui l'énervait au plus haut point.
Et puis il y avait la 'scène'.
Il se sentit rougir à sa simple mention et s'invectiva.
Il y avait pensé, à ça aussi. Il fallait prendre le dragon par les cornes et il le savait. Il n'avait préféré pas penser à ce qu'il s'était passé d'étrangement intime dans la pièce, à l'image de sa mère, à la chaleur de Potter.
Mais il ne pouvait mettre de côté la scène, elle le réveillait la nuit. Il se laissa tomber sur le lit.
'Je suis en train de devenir fou.' pensa-t-il théâtralement.
L'un d'eux y avait pensé. Il avait immédiatement mis ça sur le dos de Potter. Puis il s'était souvenu que la scène l'avait dérangé, mais pas exactement comme elle aurait dû. Il n'était pas horrifié, pas atterré. Il avait regardé les deux jeunes s'ébattre en enviant presque leur bonheur. Il s'était sentit démuni et ridicule. Et Draco détestait le ridicule.
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Ron Weasley passa une main dans sa tignasse rousse et étouffa un soupir. Devant lui, ses deux amis étaient chacun plongés dans la contemplation (pour l'un), la lecture assidue (pour l'autre) d'un livre. Peu enclin au zèle scolaire, il laissa son esprit vagabonder sur les récents évènements. Comme d'habitude, il était la troisième roue du carrosse. Là où Hermione était brillante, intuitive, il avait toujours un train de retard. Là où Harry était en perdition, il comprenait toujours, quand il comprenait, lorsque le mal était déjà fait.
Il renifla et contempla le visage contrarié du brun, crispé dans une fausse concentration.
« Il faut absolument que je fasse quelque chose. » pensa-t-il.
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« Il faut absolument que je fasse quelque chose. » pensa Draco en se levant d'un bond. Sa santé mentale était littéralement en jeu, et il ne supportait que modérément cette attente ridicule. Il attrapa sa cape et prit la direction de la bibliothèque.
A demi-chemin entre la salle de sortilèges et le couloir Est il manqua d'entrer en collision avec un élève au coin d'un mur. Il ne dut son salut qu'à un rapide pas de côté et jeta un regard outré au responsable.
« Weasley. » cracha-t-il.
« Malefoy. » 'Oh parfait.' pensa Ron. Il fit un effort pour ravaler toute pique superflue et fit un pas pour se trouver face à face avec le serpent. Le blond le gratifia d'un regard peu avenant et leva un sourcil.
« Écoutes Malefoy. » amorça-t-il.
« Oh par Salazar… » soupira le serpentard.
« Non je veux dire écoutes vraiment. » Il prit une grande goulée d'air. « Je ne sais pas vraiment ce qu'il se passe, enfin, la nature de votre lien à toi et Harry mais… »
'Nous y voilà.' pensa Draco.
« Mais voilà, il se morfond et…ne..ne crois pas que je fais appel à ta charité mais… » le rouquin avait l'air de lutter avec ses propres phrases. Draco pouvait presque voir les rouages tourner sous son crâne. Le gryffondor était visiblement partagé entre l'horreur de s'abaisser à demander à un foutu serpentard de lui rendre service, et le besoin de faire quelque chose pour son ami Potty. Délectable.
« Mais, Merlin, vous ne pouvez pas simplement vous ignorer, si vous êtes juste trop stupides pour parler de ça calmement et bien… »
« Ce que je serais certainement entrain de faire si tu n'avais pas manqué de m'écraser, Weasley. » coupa le serpentard, se délectant du visage décomposé du rouquin.
« Mais alors tu… »
« C'était vraiment drôle de te voir me demander, à moi, d'aller parler à Potty, vraiment. » il laissa fuser un léger rire et contourna le gryffondor pour continuer sa route. Il entendit à peine le « Malefoy ! » courroucé résonner derrière lui.
Le sourire de Draco ne dura que le temps d'un couloir. La vue de la porte massive de la bibliothèque ramena un masque de sérieux sur ses traits. Il sentait que Potter était là-dedans, il le savait. Et il allait falloir qu'il rentre, et qu'il sorte le gryffondor par la peau du cou.
Il poussa la porte et scanna la pièce à la recherche d'une tête brune.
Deux tables plus loin, Harry s'enfonça un peu plus dans son siège et serra les dents. Malefoy était entré, et il allait faire irruption dans moins de 5 minutes. Il répéta son discours intérieurement, ce qu'il avait prévu de lui dire, le ton nonchalant qu'il allait utiliser.
« Potter. Juste un mot. Dehors. »
La stature de Malefoy le dominait de toute sa hauteur et une mèche blonde descendit danser devant ses yeux.
Harry ouvrit la bouche mais pour une raison inconnue son discours ne vit jamais le jour et il fit un bruit approchant le couinement d'une souris sur laquelle on aurait marché.
Hermione haussa les sourcils dans une moue perplexe et il sentit le rouge lui monter aux joues.
Il se leva brusquement et suivit le blond dans le couloir.
La porte de la bibliothèque se ferma derrière lui et Draco inspira brièvement. Il fit face à Potter qui semblait exhorter le sol à s'ouvrir et à l'avaler entièrement.
« Potter… »
« Écoutes Dra..Malefoy. » le brun le prit de court « On devrait arrêter ça. »
Le serpentard cru un instant qu'il avait mal entendu. Il leva un regard incrédule vers le rouge et or.
« Je veux dire, c'est n'importe quoi je…ce lien, je ne peux pas continuer en pensant que je force mes désirs en toi. » le regard émeraude glissa sur le blond et se perdit sur le mur.
Draco regarda le sol un instant avec l'impression qu'il pourrait gifler Potter si jamais il relevait les yeux trop vite. Il se sentit amer et un goût désagréable remonta dans sa bouche. Il s'attendait presque à entendre quelque chose du genre « mais on peut rester amis » et une bouffé de colère l'envahit.
« Attends Potter. Tu es entrain de me congédier ? » Il expira fortement. « De me congédier moi ? Je veux dire, après toute la bouse dans laquelle tu nous mets, me mets, tu me…tu me renvoies ? »
Harry déglutit et vit le serpentard s'approcher de lui jusqu'à ce que son torse touche presque le sien.
« Tu..et continuer ? Mais continuer quoi ? On ne sait même pas ce que c'est ! » Le mot sembla lui exploser entre les lèvres et il empoigna le gryffondor par les épaules. « Salazar Potter ! Pourquoi tout est toujours compliqué avec toi ? C'est pour ça que je suis venu ! » Il prit une inspiration et son souffle ricocha sur la joue du brun.
« Je veux que tu arrêtes de m'éviter ! Que tu arrêtes de détourner le regard ! » Sa prise sur les épaules de Harry se fit plus ferme et le gryffondor retint un glapissement. « Je ne sais pas si ce que je ressens viens de toi, de moi, mais je m'en fiche ! Regardes moi Potter ! »
Il n'attendit qu'une seconde avant d'écraser ses lèvres sur celle du survivant avec violence, noyant toute l'attente et le besoin qui grondait au fond de lui.
Le baiser était rude et sec mais il continua se presser ses lèvres durement contre celles du brun, ses mains noyées dans sa chevelure. Après quelques instants qui lui parurent des heures, il sentit le corps d'Harry bouger légèrement contre le sien, ses bras se refermer dans son dos et ses lèvres glisser sur les siennes.
Draco était presque sûr d'avoir gémit. Il ouvrit la bouche et taquina les lèvres de Potter de la pointe de la langue, puis mordit la lèvre inférieure avant de la lécher à nouveau. La prise du rouge et or se resserra contre lui et ses lèvres s'ouvrirent délicatement. Draco y passa la langue et vint taquiner celle de Potter.
Il n'était pas franchement sûr de ce qu'il faisait, mais un mot pouvait résumer la situation et s'illuminait dans son esprit : brillant. Embrasser Harry Potter était brillant.
Il laissa vagabonder ses mains du côté de la ceinture du pantalon et les remonta le long du dos, les glissant sous la chemise, malaxant les côtes. Harry poussa un son étranglé et descendit ses mains au creux du dos de Draco, avant d'hésiter au niveau de ses hanches, décrivant des cercles.
Le serpentard eut un sourire contre la bouche du brun, qu'il n'avait pas quitté et qu'il sentait gonflée sous ses assauts. Il ramena ses mains vers l'avant du corps de Potter et les fit glisser sur le ventre, brillant là encore, arrachant un soupir au passage. Ses mains continuèrent leur course sur les pectoraux et il en savoura la fermeté avant de glisser sur les pointes rosées.
« Draco… » Harry parvint à articuler le premier son cohérent depuis dix minutes.
« Shh… » fut la réponse du serpentard tandis qu'il reprenait possession de sa bouche.
Il se pressa davantage contre le corps du brun et plaça ses mains directement sur les fesses de ce dernier.
Le son qui sortit de la gorge d'Harry était à mi-chemin entre le couinement scandalisé et le gémissement approbateur. Draco promena ses doigts sur la surface rebondie et gronda de contentement lorsqu'il sentit, enfin, les mains de Potter sur son propre postérieur. Il pouvait sentir le corps du gryffondor trembler légèrement sous ses assauts et chaque réaction alimentait encore le brasier au creux de sa poitrine.
Il s'attaqua au cou de Potter avec un grondement animal et mordilla la chair tendre avant de lécher l'endroit malmené. La bouche de Potter, libre de toute muselière, produisait une série de sons incohérents dont il se délectait.
Il étudiait la possibilité de défaire les boutons de la chemise blanche du brun lorsqu'un toussotement lui fit détourner la tête de son but premier.
Harry murmura un son interrogatif puis ouvrit les yeux et fit un bond d'un mètre en arrière.
A cinq mètres de là, Ron contemplait les deux ennemis avec les bras croisés et une expression qui allait de la consternation au reproche.
« Parler à Harry, hein ? » souffla-t-il en gratifiant Malefoy d'un sourire goguenard.
« Et bien. » Malefoy sembla regagner son aplomb en quelques secondes. Il ajusta sa cravate. « Le corps a différentes façons de dialoguer n'est-ce pas Weasley ? »
Il jeta au rouquin un regard narquois et détourna son regard vers le brun. Potter regardait visiblement le plafond avec énormément d'attention, les joues encore rougies et le souffle court. Draco se mordit la joue et fit un mouvement rapide. Il se saisit de la cravate du brun et se pencha sur lui.
« Écoutes moi bien Potter. » souffla-t-il contre son cou, à peine audible. « On ne renvoie pas un Malefoy. » Il résista à l'envie de laisser sa langue finir sa phrase contre la peau du brun. « Et la prochaine fois que je te voies Potter…je te manges. »
Le dernier mot bloqua la respiration dans la gorge d'Harry et il regarda Malefoy s'éloigner de lui avec un sourire carnassier et s'essuyer la bouche du dos de la main. Le geste lui paru incongrument sensuel. Le blond lui jeta un dernier regard incendiaire et s'éloigna en direction des cachots.
« Oh. Mon. Dieu. » pensa l'esprit d'Harry avec détresse.
« Oh Merlin. » soupira Ron en regardant s'éloigner le serpentard. « Laisses-moi deviner, vous n'avez pas parlé hein ? »
Le brun secoua négativement la tête et son ami eut un léger sourire.
« C'était peut-être mieux comme ça hein ? »
Harry ne trouva rien à répondre et essaya de remettre en place les morceaux restants de son cerveau.
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Draco se laissa tomber sur son lit et pressa les paumes de ses mains contre ses yeux.
Et Salazar.
Il avait encore totalement déraillé. Il était parti pour parler avec le foutu Potter, parler. Et encore une fois ce truc étrange était arrivé et il avait eut envie que le gryffondor lui porte attention, qu'il retrouve ce stupide regard posé sur lui. Ces stupides lèvres.
Il se retourna face contre les draps et grogna.
Peut-il devrait-il essayer d'écrire une lettre ? Il se trouva ridicule à l'instant même où il y pensa. Pas de foutue lettre.
Il se leva et prit l'Avale-Soucis sur ses genoux. Il caressa lentement la boîte vernie d'un doigt avant de la remettre à sa place. Non, cela ne l'aiderait pas non plus et il le savait.
Il jura et envoya son pied dans un pouf, qui s'écrasa contre le mur dans le bruit mou.
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« Écoutes Harry… »
Harry avait envie d'à peu près tout sauf d'écouter. Il concentrait toutes ses forces pour stopper le bouillonnement au creux de son estomac.
« Je sais que cette situation est…complexe. » souffla son ami.
« Euphémisme ! » pensa le brun avec détresse.
« Et Hermione dirait probablement que c'est un euphémisme mais…honnêtement, je crois que tu la compliques encore plus. »
Les sourcils d'Harry disparurent sous ses cheveux et il leva le regard vers Ron.
« Je sais, que vous ne pouvez pas départager vos sentiments, mais, tu n'essayes pas non plus d'améliorer ça. » il prit une courte inspiration « Aussi mal que ça me fasse d'admettre ça, Malefoy réagit mieux que toi. »
Harry était estomaqué et il regarda le visage du rouquin prendre une teinte verdâtre.
« Merlin j'ai dit que Malefoy agissait mieux que toi… » il secoua la tête avec un frisson « Tu es en train de fuir, Harry. » quelques secondes passèrent « Et ça ne te ressemble pas. Je sais que tu as peur, d'être blessé, de briser ce qu'il y entre vous etc. Mais honnêtement, qu'est-ce qu'il y a entre vous ? »
Le brun chercha une réponse mais n'eut pas le temps de la formuler.
« Il n'y a que de la tension. Que vous vous battiez ou…autre chose. » les oreilles de Ron prirent une teinte écarlate « Mais jamais vous n'avez été amis, ou même indifférents. Je ne pense pas que ce soit même possible. »
Le silence lui répondit.
« Alors…arrêtes de te cacher, tu veux ? Tu ne vas pas passer ta vie à éviter Malefoy et à devenir instable quand il est à moins de 10 mètres. C'est ridicule. »
Harry soupira et scruta le visage concerné de son vis-à-vis.
« Tout n'est pas toujours si compliqué, vieux. » acheva Ron en lui tapant sur l'épaule. « Allez, Hermione doit se poser des questions. »
Le brun prit ce changement de sujet un peu gauche avec joie, peu désireux de s'épancher sur Malefoy, et lui emboita le pas en direction de la bibliothèque.
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Un sixième livre vint compléter la pile conséquente sur la table et Hermione rabattit ses cheveux en arrière d'un geste machinal. Elle jugea les titres d'un œil critique et estima qu'un ou deux livres de plus seraient nécessaires. Abandonnant sa table, elle se dirigea vers les rangées du fond.
Elle trouva son bonheur quelque part entre les « V » ('Vraiment indispensables sortilèges oubliés') et les « Y » ('Yaourts dans les potions') et ses trouvailles dans les bras, regagna sa table.
La brunette leva un sourcil. Elle sût immédiatement que quelque chose avait changé. Il n'y avait plus six mais sept livres sur sa table. Elle scruta la pile à la recherche de l'intrus et le trouva glissé entre le troisième et le quatrième. Posant avec précaution les superflus de côté, elle s'assit et se saisit du livre inconnu.
« Bond – Liens et conséquences » lut-elle avant de chercher l'auteur, qu'elle ne trouva qu'à l'intérieur : Dr Tania Trishka. Hermione écarquilla les yeux. Elle connaissait de nom le Dr Trishka, c'était le médicomage rattaché à Durmstang. Elle avait été renvoyée de l'école pour étude et usage illégal de magie noire sur ses élèves.
Hermione ne savait pas exactement ce que le Dr T. avait bien pu tester sur ses élèves, mais elle ouvrit néanmoins le livre avec méfiance.
Les chapitres captivèrent très rapidement son attention, plusieurs sortilèges de liens y étaient étudiés, liens du mariage, dettes de sorcier, serment inviolable…le panorama dressé lui parut juste. Elle sursauta presque en découvrant un sous-chapitre simplement intitulé 'Sortilège de Renouveau : ramener à la vie et dérivés du 'début après la fin''. Elle parcourut les pages en retenant son souffle.
'Dire que le sortilège du début après la fin, permet de partager une âme en deux, est une hérésie. Il a été constaté dans de très rares cas des dommages collatéraux déplorables après sa pratique. Il serait prématuré de dire, à la vue du peu de cas dont nous disposons pour étude, que ces dommages varient en fonction des caractères et des marques magiques des pratiquants. Néanmoins une prédisposition est à noter. La volonté de celui qui pratique le sortilège influence la nature du lien. Il est important de porter à connaissance également que le début après la fin ne peut être pratiqué dans son intégralité que par des mages très puissants. Il n'est pas déplacé de dire qu'aujourd'hui, seul Albus Dumbledore et certainement Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom en sont capables.
Dans tous les autres cas, les effets collatéraux du sortilège seront limités dans le temps, et destinés à s'effacer sous une période proportionnelle à la force magique du donneur.'
Hermione se laissa tomber contre le dossier de sa chaise et contempla le livre avec émerveillement. Proportionnelle à la force magique du donneur ! Le lien était voué à se dissiper ! Harry pourrait enfin avoir les idées claires ! Elle tiqua, elle aurait aimé connaître ce délais avec davantage de précision…un astérisque à côté de la phrase la renvoya à l'appendice.
' La force magique du donneur et son influence sur la durée des sortilèges de lien temporels (par opposition aux serments inviolables et aux dettes) peut être obtenu par un calcul d'arithmancie appliquée aux forces proportionnelles.'
Elle sourit avec ravissement et se promit de demander au professeur Vector de réaliser ce calcul avec elle au plus vite. Elle reprit sa lecture au paragraphe qu'elle avait quitté et le termina sans trouver davantage d'éléments intéressants. Légèrement déçue elle referma le livre et chercha sa date d'entrée à la bibliothèque.
Elle ne trouva aucun numéro de classement, tampon, ou même fiche d'emprunt. Elle comprit soudain pourquoi elle n'avait pas vu ce livre avant, il n'appartenait pas à la bibliothèque.
Deux rayonnages plus loin, Pansy Parkinson louchait sur la gryffondor entre deux livres. Visiblement Granger était assez futée pour avoir lu le bouquin et trouvé ce qu'elle y cherchait, en dépit du fait que ce soit un ouvrage proche de la magie noire.
Une main sur son épaule la fit sursauter et elle retint un cri de surprise.
« Je sais que tu as demandé à un de tes elfes de prendre ce livre dans la bibliothèque personnelle de ton manoir, Pansy. »
La brune se renfrogna et délogea la prise sur son épaule avec un mouvement brusque.
« Ce que je me demande, c'est…pourquoi ? »
« Ma dette. » articula-t-elle âprement « Je paye ma dette pour ce que j'ai fait ça te va, Blaise ? » elle eut un grognement. « Ne me fais pas répéter ça, j'ai assez honte. »
Le brun sourit et posa un baiser sur la joue de la jeune fille avant d'esquiver un coup et de filer rapidement.
« C'est mignon, Pansy… » entendit-elle tandis qu'il s'éloignait. Elle fixa son dos jusqu'à ce qu'il sorte de la bibliothèque et se laissa tomber dos aux rayonnages. Ça n'avait rien de mignon, c'était œil pour œil dent pour dent…elle ferma les yeux.
Mignon…
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Et voilà pour ce chapitre-ci ! Une phrase que j'ai utilisée vous paraîtra peut-être étrange, c'est « Potter. Juste un mot. Dehors. » Je ne trouvais pas d'équivalent satisfaisant à l'anglais « A word. Outside. » De même, j'ai toujours envie d'utiliser le génial « For fuck's sake ! » mais je ne peux décemment pas dire « Pour le salut du foutre! ».
Ah, cruel dilemme…
Désolée par avance si la mise en page pose encore problème, je n'arrive pas à obtenir ce que je veux après upload.
