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Chapitre 11 : A tous il apporte l'espoir.
Car on se battait sur le chemin du péril. Les guerrières Gérudo et les émissaires du village Goron affrontaient des hommes gigantesques à la peau noire et vêtus de peaux de bêtes. Le groupe de Link s'arrêta un instant, se demandant pour quel camp il devait intervenir. Mais il fut vite décidé qu'il fallait protéger les quelques Gorons, ainsi que les Gérudo qui semblaient dans le même camp. La petite troupe s'organisa, de façon à avoir des archers aux endroits stratégiques, puis l'infanterie chargea.
La lutte fit rage pendant vingt minutes. Link se fraya tant bien que mal un chemin vers le général des Gérudo. La jeune femme ne semblait pas trop en difficulté. Elle arrivait à repousser les assauts de ses quatre adversaires, mais elle ne pouvait que se défendre. Link arriva derrière ses ennemis et planta sa lame dans le dos de l'un d'eux. Nabooru le regarda d'un air étonné, mais se repris en deux secondes et trancha la tête d'un autre homme. Les deux jeunes gens se mirent dos à dos et éliminèrent sans difficulté toutes les brutes qui passaient à leur portée. Ces derniers ne mirent pas très longtemps à comprendre qu'ils n'avaient plus l'avantage et battirent en retraite.
Alors que certains Gorons poussaient des cris de victoire, Nabooru s'écria :- Aucun d'entre eux ne doit survivre !
Les hommes la regardèrent bizarrement.
- Vous ne comprenez pas, s'écria Link ! S'ils disent à Ganondorf qu'il y a de la résistance au mont du Péril, ils reviendront vingt fois plus nombreux.
Les combattants comprirent alors la gravité de la situation et se lancèrent à la poursuite des fugitifs. Link se retourna pour parler à la générale des Gérudo, mais celle-ci n'était plus là. Elle parlait plus loin à une de ses guerrières blessées. Les filles du désert étaient assez mal en point. Une dizaine d'entre elles gisaient sur le sol, et huit autres étaient blessées.
Soudain, l'une d'entre elle s'écria en désignant Link et Sheik : Eh, ce sont les deux mignons d'avant-hier !
Une autre ajouta : Elles ne sont plus là, vos épouses ?
Sheik grogna : Vous croyez vraiment que c'est le moment de parler de ça ?
Une des seules Gérudo indemnes s'approcha de Link.
- Je crois que nous avons le droit de nous poser des questions. Nous ne vous avons pas vu au mont du Péril, mais vous…
- Ils sont arrivés il y a un peu plus d'une heure, alors que vous quittiez le village, annonça Darunia. Mais ils sont arrivés par un autre chemin. Bien, Nabooru, si vous le voulez bien, nous pouvons soigner les blessés au village.
La jeune femme ne répondit et ne bougea pas. La fille qu'elle tenait dans les bras ne bougeait pas non-plus. Elle ne bougerait plus jamais. Les guerrières, beaucoup mieux placées pour parler à leur chef, s'occupèrent d'elle.
Le rapatriement se fit tant bien que mal. Nabooru ne parlait à personne. Elle s'était enfermée dans un profond mutisme. Son bras droit, la fille qui voulait interroger les deux garçons, s'occupait de tout à sa place. Après une ou deux heures, elle vint donner son rapport au Capitaine Sintra et son époux.
- Nous avons perdu huit filles et quatre sont gravement blessées. Nous avons huit autres blessées, mais légèrement. Quand aux Gorons, il y a eu six morts et cinq blessés. En tout, seules dix personnes sont sorties indemnes de l'embuscade.
- C'était donc une embuscade, en déduisit Sintra.
- Nos agresseurs étaient des mercenaires de Ganondorf. C'était la troupe de Fenrir, la cinquième division, de la première légion. Ils nous attendaient dans le défilé.
- Que s'est-il passé ? Que voulaient-ils ? Pourquoi se sont-ils attaqués à la troupe d'élite de la propre fille de leur patron ?
La jeune fille fit une grimace, étouffant sa rage.
- Ils voulaient s'approprier le tribut des Gorons. Nabooru a refusé, car ils ne lui montraient pas d'ordre écrit de la main de son père. Le capitaine Fernir a alors insulté la capitaine. Il a été très grossier, très offensant, et a insinué que…
Des larmes coulaient sur ses joues. Elle était ivre de colère.
- Nabooru, en un seul geste, a décapité un homme à côté de lui. La lutte a éclaté. Ils étaient 70 et nous 39.
- Comment va Nabooru ? Elle a refusé de me parler, à moi, sa tante.
- Vous vous imaginez bien. Elle a perdu de précieuses amies car elle a voulu rétablir son honneur.
- Je comprends… mais je ne pense pas que ces mercenaires vous auraient laissé partir indemnes. Ce n'est pas sa faute.
- Elle est au comble du désespoir. Elle n'a plus aucun moyen de nous protéger, vous voyez ? Les mercenaires n'ont aucun respect pour nous et notre roi ne nous protège plus. Nous ne seront bientôt plus que des filles de joie.
Link, également présent dans la pièce, quitta la salle. Il avait saisit la situation, et savait que s'il voulait convaincre la fille de Ganondorf de se retourner contre son père, maintenant était la meilleure des occasions. Il se dirigea immédiatement vers la chambre où se reposait la demoiselle. Il fut intercepté par deux Gérudo qui montaient la garde. Il eu beaucoup de mal à leur faire comprendre qu'il voulait parler avec leur chef en seul à seul, mais elles finirent par le laisser rentrer. Nabooru était assise sur son lit, les yeux perdus dans le vide. Link l'observa plus en détail. Elle était légèrement plus âgée que lui, avait une peau bronzée et de très longs cheveux roux attachés en queue de cheval. Elle était vêtue de vêtements de soie, renforcés par des pièces métalliques aux épaules, à la poitrine et au bassin. Elle avait une silhouette parfaite, aussi belle que Ruto. Elle ne bougea pas quand il s'approcha, ni quand il commença à parler.
- Nabooru, je sais que cette journée a été éprouvante, et je suis désolé pour tes amies.
* Pas de mouvements*
- Tu n'as rien à te reprocher, ils voulaient vous chercher des noises et vous auraient agressées quoi que tu fasses. Tu as choisi la voie de l'honneur et j'aurai fait la même chose à ta place.
* Toujours pas de mouvement*
- Mais maintenant, je crois que tu as compris la situation. Tu ne vas tout de même pas attendre que ton père…
La jeune fille bondit comme un tigre, une dague à la main.
- Tu vas la fermer, oui ? Un : je n'ai autorisé aucun homme dans ma chambre. Deux : je n'ai aucune raison d'écouter un paysan comme toi. Trois : si tu fais encore une fois allusion à ce lien de parenté, ta mort va être très douloureuse.
Link ne se laissa pas impressionner.
- Un, je n'ai aucune raison d'obéir à tes ordres. Deux, je ne suis pas un paysan, mais le dernier des comtes d'hylia, et trois, ton père à tué le mien, ainsi que tout mon comté.
La gérudo fit des yeux ronds. Link nota qu'ils étaient bleus, mais avec un reflet violet, et ils étaient magnifiques.
- Toi, le saltimbanque, tu es le fils…
- Je suis le fils de Philippe d'Hylia, et j'ai tout perdu il y a six ans. Tu n'es pas la plus à plaindre dans l'histoire, donc.
- Non, Ganondorf a tué le gamin sous mes yeux.
- C'était un malheureux innocent que mes protecteurs ont choisit pour faire diversion qui a été exécuté. Je n'ai jamais voulu que cela arrive, mais on ne m'a pas laissé le choix. La voix d'un enfant de 11 ans ne faisait pas beaucoup de poids.
Nabooru baissa les yeux et lâcha sa dague.
- Quand les captifs ont été trainés au camp et que j'ai vu ce garçon, j'ai eu pitié de lui. Ganondorf ne savait pas trop quoi faire des comtes d'Hylia. Il voulait pousser le comte Philippe à se rallier à lui, mais en même temps, il voulait faire un exemple pour terrifier le peuple d'Hyrule. Alors, il a menacé Philippe de tuer son fils. Ce dernier a refusé. J'ai supplié mon père de ne pas tuer Link et de me le laisser comme époux, mais il ne m'a pas écouté. Il est mort devant l'entrée de ce village, décapité.
- Mon parrain me l'a dit. Moi, on m'a emmené dans la forêt, et j'y ai vécu en exil pendant toutes ces années, sans savoir ce qui était arrivé à mon père et à ce garçon.
- Et que fais-tu ici, alors ?
- J'ai décidé de venger mon père et de tuer Ganondorf, alors je vais de tribut en tribut pour lever une armée.
- C'est moi qui le tuerai, pigé ?
- Tu prendrais beaucoup de risques, non ? Les mercenaires sont beaucoup plus nombreux que les Gérudo, à ce que j'ai cru comprendre. Ganon mort, ils seront incontrôlables.
- Et alors ?
- Je te propose une alliance. Levons une armée commune pour contrer les mercenaires. Le moment venu, celui qui aura l'occasion de tuer Ganondorf le fera.
La jeune fille se tut un moment.
- Evidement, il faudra penser à l'après Ganon. J'ai déjà voyagé et constaté que ton peuple s'était bien intégré dans certaines provinces.
- Tu parles d'Evora, non ?
- Oui, bon… le prince Mikau, Darunia et moi pensions que nous devrions tenir un conseil secret avec les représentants de toutes les tribus et peuplades présentes dans cette alliance, afin de mettre toutes les choses au point.
- A quelles tribus penses-tu ?
- Je dois continuer mon tour. Les Zora et les Gorons sont déjà d'accord. Je sais également où trouver le général Impa.
- La chef des sheikahs ? Tu tiens vraiment à t'allier aux Sheikahs ?
- A part les Gérudos, ils sont les seuls à avoir ce qui ressemble à une armée. Et la princesse Zelda est sous leur protection. Ils sont donc incontournables.
- Ils ne voudront jamais travailler avec nous, et encore moins nous laisser vivre en Hyrule.
- Impa sera bien forcée d'accepter. Elle ne peut pas repousser les mercenaires toute seule.
- Tu ne connais pas les Sheikahs, toi. C'est toujours le chaos quand ils sont impliqués. Pourquoi crois-tu que le comté d'Hylia a été aussi facilement envahi ?
- JE SUIS AU COURANT ! Je sais que nous n'avons pas reçu les renforts Hyliens souhaités. Mais c'est parce qu'il y avait trop de frontières en Hyrule à défendre.
- Ce n'est pas ça ! Impa a délibérément sacrifié ton comté. Elle a attendu que les troupes de Ganondorf se soient tous engouffrés dans la vallée pour tenter de les y coincer. Elle s'est servie de vous pour piéger les envahisseurs. Vous n'étiez que des appâts, pour elle.
- Quoi ?
- Mais malheureusement pour Hyrule, elle avait sous-estimé le nombre d'ennemi. Et alors qu'elle contenait 10000 hommes en Hylia, 8000 autres traversaient la frontière Gérudoya-Hyrule et les attaquèrent dans le dos.
Cette fois-ci, ce fut Link qui resta silencieux, sentant une vieille colère enfouie remonter à la surface, telle la lave d'un volcan. Il se rappela son père, résigné et prêt à combattre les ennemis avec ses seules troupes, disant qu'il comprenait la situation de ses alliés. Ainsi donc, la trahison avait été si loin.
Nabooru posa une main sur son épaule.
- Nous avons tous les deux été traités comme des imbéciles, nous sommes pareils… J'accepte de me joindre à toi et à ton alliance, mais pas à la vieille Sheikah.
