Je suis de retour pour un deuxième bonus !

Je remercie tout d'abord Captain Jay pour sa review et pour son soutient. Et je remercie également ma connexion internet d'avoir bien voulu me laisser mettre en ligne ce chapitre.


Bonus n°2


-C'est ta faute, tu sais ? Entièrement ta faute.

Léon versa avec précaution le thé brûlant dans les deux mugs devant lui, souriant à l'arôme caractéristique du breuvage. La senteur particulière emplissait ses narines en une douceur qui lui faisait presque oublier son rhume. Presque, car il éternua de nouveau quelques instants plus tard.

-Ma faute ? s'enquit-il en soulevant les deux mugs afin de quitter la petite kitchenette et se diriger vers la chambre à coucher.

Ses pieds nus sur le carrelage lui renvoyèrent de désagréables frissons, et il fut ravi de retrouver la chaleur plus accueillante du parquet. Il sourit en pénétrant dans la pièce, et dut habilement éviter de glisser sur les quelques vêtements éparpillés sur le sol.

-Entièrement ta faute, fut le grognement à peine compréhensible de la forme dissimulée sous les couvertures.

Il déposa les deux mugs sur la table de chevet, et réajusta son bas de pyjama, lequel menaçait de glisser le long de ses jambes. Il grimaça sous l'assaut de l'air frai sur son torse nu, et décida presque aussitôt de regagner la chaleur accueillante de son lit. Mais avant, il avait quelque chose à faire.

Attrapant le téléphone de son amant, posé en équilibre sur la table de chevet, il chercha rapidement dans ses contacts, puis appuya sur la touche d'appel.

-Allô Wilkins ? On peut savoir ce que tu fais ? Il est déjà 9 heures ! Te serais-tu encore perdu ? Je t'avais pourtant bien dit de ne pas boire autant la veille d'une journée de travail.

Léon réprima du mieux qu'il put l'éclat de rire qui menaçait de passer ses lèvres, et tenta de regagner un sérieux de circonstances.

-Bonjour Morgana, c'est Léon. Gwaine est malade. Il ne pourra donc pas venir travailler aujourd'hui ou dans les jours qui suivent.

Il perçut sans mal la surprise de son interlocutrice, désormais habitué à la relation étrange entre les deux collègues.

-Oh vraiment? Et qu'a-t-il donc fait ? Est-ce encore à cause de l'alcool ?

Léon secoua la tête suite au grognement indigné qui fut exprimé d'en dessous des couvertures.

-Gwaine est choqué par ce point de vue, s'amusa-t-il. Mais cette fois, je crains que cela ne soit de ma faute. Je lui ai refilé un mauvais rhume. Je pense en avoir encore pour quelques jours avant d'être complètement rétabli. Je suppose qu'il en sera de même pour Gwaine.

-Transmets-lui mes meilleurs vœux de rétablissement, dans ce cas, fut la réponse de Morgana. Et précise-lui surtout qu'une montagne de travail l'attendra à son retour.

Le gémissement alors émis par le principal concerné confirma aussitôt cette déclaration.

Léon secoua la tête avec bonne humeur, avant qu'une toux soudaine ne le prenne.

-Je lui transmettrai, promit-il.

Il salua une dernière fois Morgana, puis reposa le téléphone.

Il s'assit sur le lit, et repoussa doucement les couvertures afin de passer une main dans la chevelure emmêlée de son amant.

-Je te hais, tu sais ? fut l'unique réponse de ce dernier.

Léon rit légèrement, fut s'allongea à son tour sous les couvertures. Il distingua finalement le visage de Gwaine, pourtant enfoncé dans un oreiller moelleux, et se pencha pour lui déposer un baiser sur le front.

-Je t'ai fait du thé, souffla-t-il tendrement. Ça devrait t'aider à aller mieux.

Le hochement de tête qui suivit le convainquit de tendre le bras afin d'attraper un des deux mugs. Il le porta doucement aux lèvres de l'homme, l'aidant à boire le liquide brûlant.

-Merci, fut la réponse rauque du brun.

Léon sourit simplement lorsque son compagnon se redressa, entraînant son oreiller jusqu'à regagner le haut du lit, et ainsi être à la hauteur du libraire.

Ce dernier bu également une longue gorgée de son propre mug, puis le reposa avec précaution.

-Je suis désolé, pour le rhume, souffla-t-il calmement. Je ne pensais pas que cela allait autant t'atteindre.

Sa main vint chercher celle de Gwaine, la serrant en une étreinte qu'il souhaitait réconfortante. Son autre paume s'installa quant à lui sur le torse du brun, juste à l'endroit où battait son cœur en une frénésie inhabituelle. La peau de l'homme était brûlante et moite, renvoyant Léon à son propre état de la veille.

-J'étais un participant volontaire, sourit le jeune Wilkins. Et je vais maintenant passer la journée au lit avec toi. Je suis un homme pleinement satisfait.

Mais son sourire provocateur se transforma bien vite en une toux prolongée, et Gwaine fourra de nouveau son nez dans son oreiller en un long grognement.

-Raconte-moi une histoire, demanda-t-il ensuite. Quelque chose pour me détendre.

Léon ne fut en aucun cas surpris par cette requête qui aurait pu sortir de l'ordinaire. Il était maintenant habitué à cela. Gwaine adorait les histoires, qu'elles fussent légendes ou faits réels. Il aimait se prélasser dans leur lit, à la nuit tombée, tandis que la voix grave de Léon les portaient tous les deux dans un monde où seule l'imagination avait sa place.

-Quel genre d'histoire ? s'enquit cependant le libraire.

-Ton histoire, fut la réponse presque immédiate de son amant. Je veux la suite de ce que tu m'as raconté hier.

-Je vais finir par croire que tu as fait exprès de tomber malade, le taquina gentiment Léon.

Mais il s'installait déjà dans une étreinte plus rapprochée, serrant son compagnon contre lui, appréciant la rencontre de leurs peaux nues. Les brumes du sommeil ne s'étaient pas encore complètement dissipées chez lui, et il profita de cet état de semi-éveil pour se laisser porter par ses souvenirs...

-Lorsque j'étais plus jeune, j'étais absolument fasciné par les phénomènes naturels, que ce fussent des orages, une simple pluie, ou encore la clarté des étoiles par une belle nuit d'été. Mes parents devaient régulièrement partir à ma recherche alors que je m'étais échappé au-dehors, pour admirer le bleu du ciel, ou pour apprécier la musique des vagues. Je me souviens de longues soirées passées sur la plage, bercé par le souffle du vent, attendant bien malgré moi le moment où mon père me prendrait dans ses bras et me ramènerait enfin à la maison. Je savais alors qu'il me réprimanderait doucement, signalerait à ma mère que j'allais bien, puis irait me mettre au lit. Ensuite, il me lirait une histoire. Et je ne vivais que pour ces légendes.


L'orage grondait violemment, s'agitant en une succession infinie de claquement et d'éclat de lumière. Un éclair déchira le ciel, brillant dans les teintes ébène de la nuit, semblant naître parmi la valse des vagues, et s'estomper dans les profondeurs du firmament. La brève lueur illumina la plage, dévoilant des traces de pas disparaissant face au remous de la mer, des rochers léchés par les flots, des barques abandonnées sur le rivage, mais également une fine silhouette. L'enfant tremblotait de tout son être, telle une insignifiante feuille prête à céder face à la puissance du vent. Ses pieds nus s'enfonçaient pourtant dans le sable, et il résistait tant bien que mal face à l'assaut des éléments. Il se tenait debout, droit, face à la mer. Son regard clair, pensif et ébahi ne lâchait pas le ciel d'un noir d'encre. Ses cheveux bouclés étaient retenus à l'aide d'un simple ruban. Mais la plupart s'étaient échappés de cette prison temporaire, et volaient sur son visage, devant ses yeux. Mais cela ne semblait pas troubler outre mesure le garçonnet. Un sourire enfantin étira ses lèvres alors que le tonnerre retentissait de nouveau. Son regard pétillait de toute une curiosité propre à son jeune âge. Et pourtant, la peur se lisait aisément dans son maintien maladroit.

Il n'était vêtu que de simple vêtement d'été : un pantalon ayant peut-être trop vécu était retroussé jusqu'aux genoux, et une simple tunique aux manches presque trop longues lui couvrait le haut du corps. De là provenaient sans doute les tremblements incontrôlés l'agitant constamment. L'enfant était gelé, mais ne semblait pas vouloir regagner son domicile. Il était dans l'attente, dans l'inaction.

-Léon ! Te voilà enfin ! Ta mère est morte d'inquiétude. Nous pensions que tu t'étais perdu !

Ledit Léon tourna aussitôt la tête, et se laissa entraîner dans les bras forts de son père.

-L'orage est vraiment très beau, Papa, répondit-il simplement.

Mais son père ne semblait pas être en mesure de s'extasier sur ce simple fait.

-Et tu aurais pu l'observer derrière les vitres de la maison. Léon, tu es trop jeune pour sortir par une heure pareille. Combien de fois t'avons-nous dit de ne plus t'échapper ainsi ?

-J'ai huit ans, papa, répondit l'enfant. Et je voulais voir les éclairs !

L'homme secoua la tête, puis serra le petit corps tremblotant contre lui.

-Tu es gelé, déclara-t-il. Allez, je te ramène à la maison...

Léon ne protesta pas, et enfouit sa tête dans le cou de son père afin de regagner un peu de chaleur. Il laissa l'homme le ramener jusqu'à une voiture garée en bord de plage. Il fut alors enroulé dans une chaude couverture, et le véhicule démarra. Serré dans l'étoffe, il reporta de nouveau son attention sur l'orage qui vibrait toujours au-dehors. Une pluie tenace commença à s'abattre sur les vitres, masquant presque la vision des éclairs. Et le garçonnet poussa un soupir de dépit. Il adorait l'orage, et il adorait lorsque son père venait le rechercher. Mais il ne pouvait alors plus contempler de la même manière ces lueurs éphémères déchirant le firmament.

-Papa, tu me racontes une histoire ?

Habillé d'un chaud pyjama, et blotti dans les couvertures de son lit, Léon observait son paternel avec espoir. La nuit commençait à tomber au loin, et l'orage s'était presque éteint. Il savait qu'il était pour lui l'heure d'aller de coucher. Mais il n'était pas prêt à dormir. Pas encore. Il masqua le bâillement incontrôlé qui le prit peu après.

-Tu vas être épuisé, demain, le prévint son père en s'asseyant sur le lit. Tu as promis à Arthur d'aller jouer au foot avec lui. Et Gwen est déjà couchée depuis très longtemps.

Léon se renfrogna à cela. Il n'aimait pas tellement le football, mais Arthur était son meilleur ami. Et il appréciait de passer du temps en compagnie du jeune garçon. Il jeta un bref regard vers la chambre de sa sœur, dont il distinguait la porte dans l'obscurité du couloir.

-Mais je voudrais tout de même une histoire, protesta-t-il. Juste une. Et Gwen est plus petite que moi.

Son père sembla hésiter à cela, et Léon profita de ces quelques secondes pour se lever et sortir en courant de sa chambre. Il ignora l'injonction immédiate de son père, et se dirigea jusqu'à une étagère emplie de maints ouvrages. Se mettant sur la pointe des pieds, il attrapa un petit livre à la couverture bleutée, avant de revenir en courant vers sa chambre.

Il tendit l'ouvrage à son père.

-Je veux que tu me racontes celui-là, annonça-t-il.

L'homme rit aussitôt à cette requête.

-Il n'y a aucune image, dans celui-là, remarqua-t-il. Et tu es peut-être un peu jeune pour mes livres.

Le garçonnet fit la moue. Il était toujours trop jeune. Trop jeune pour ceci. Trop jeune pour cela. Il avait hâte d'être assez grand pour avoir accès à toutes ces choses qu'on lui refusait si souvent.

-J'ai déjà lu beaucoup de livres sans image, fit-il d'un ton amer. Et la maitresse dit que je suis avancé pour mon âge. Raconte-moi une légende. Juste une.

Le libraire soupira à cette remarque, entraînant un regard noir de son fils.

Léon adorait son père. Il était son modèle, son idéal. L'œuvre littéraire de l'homme le fascinait plus que tout. Il aimait tant écouter sa voix douce lui narrer des contes inédits, étant sortis de son unique imagination. Depuis son acquisition de la lecture, le jeune garçon avait tenté de mettre la main sur l'un des ouvrages écrits par son père. Mais chaque fois, l'homme lui refusait cela, lui indiquant que ce n'était pas pour les enfants. Il lui présentait alors beaucoup de livres soi-disant plus adaptés à son âge. Et Léon devait alors s'introduire dans la réserve pour subtiliser quelques ouvrages qui lui paraissaient plus intéressants. Mais jamais il n'était parvenu à mettre la main sur un livre écrit par son père. Pourtant, il se sentait prêt et profondément désireux de se plonger enfin dans l'imaginaire de l'homme, et dans ces histoires qui rythmaient sa vie.

-S'il te plait Papa, ajouta-t-il doucement.

Cela sembla tirer l'homme de sa réflexion, car il sourit tendrement à son fils, et passa avec affection une main dans ses cheveux bouclés.

-Juste une, capitula-t-il. Je vais te raconter la légende de l'éclaireur.

De longues minutes plus tard, lorsque le libraire Ettons quitta la pièce, son jeune fils dormait à poings fermés. Ses rêves le portaient déjà vers des contrées inconnues, peuplées d'étoiles brillant plus que jamais dans des couleurs formidables. Le ciel était d'un bleu intense, et seuls les éclairs venaient troubler cette tranquillité caractéristique du monde parcouru par les rêveurs...


Fin du bonus n°2


Un bonus relativement court, donc. Le suivant est plus long.

A suivre pour le troisième et dernier bonus. En attendant, je vais apparemment devoir me bouger pour partir en randonnée. Je suis en effet actuellement en vacances dans les alpes et je vous jure que la température extérieure ne doit pas dépasser les 7 ou 8 degrés. C'est juste extra...