BON. J'AI DÉCIDÉ DE FAIRE LES ÉVOLUTIONS EN UNE SEULE PARTIE. C'EST PLUS DRÔLE POUR VOUS (Non mais sérieusement, voir Antoine souffrir a l'intérieur de lui-même c'est cool un moment mais c'est chiant.)
Mathieu - 10 Heure 52 - 14 Novembre 2016 -
Le châtain se réveilla avec une forte envie d'aller pisser. Il était resté immobile dans son lit, ayant trop peur de se lever pour affronter la journée. Tandis qu'il écoutait la respiration calme de son ami, il avait réalisé un truc. Ça faisait presque deux ans qu'il n'était pas sorti de sa ville. Oui parce que la respiration d'Antoine était assez profonde et bizarre (elle ressemblait approximativement à l'étouffement d'un canard asthmatique) pour que Mathieu arrive a penser à ce genre de choses.
Après tout, Mathieu avait tout dans sa ville : un hôpital, un KFC, une gare, une piscine (même s'il n'y était entré que trois fois dans sa vie : quand il n'y avait pas de parapluie et qu'il pleuvait averse. Et c'était même pas pour se baigner. ) sa maison, une office du tourisme qui faisait rêver avec ses grandes affiches et ses cartes postales, la maison de Nyo, un parking gratuit ce qui relevait du miracle de nos jours, une boulangerie avec une grand-mère adorable qui lui donnait des bonbons quand il achetait deux baguettes, un carrefour market ( les prix sont plus haut que chez Lidl mais putain la proximité ça vaut de l'or ), des salons de coiffures et des kebabs qui se multipliaient par centaines et qui se révélaient aussi éphémères que des papillons.
Il y avait même un marché tous les mardis sur la place de la mairie ! Ah. Et il avait aussi une papeterie au bout de sa rue. Il ne savait pas vraiment à quoi servait le bâtiment mais Mathieu était fier de connaitre son existence. Parfois il en faut peu pour être heureux.
En bref, il était dans la ville rêvée (même si parfois il avait l'impression que la libido des pigeons d'ici était plus élevée que la moyenne : ils étaient absolument partout) et il n'avait pas besoin de sortir de la ville pour satisfaire sa petite existence paisible.
Mais putain. Depuis combien de temps n'avait-il pas pris des vacances ?! Il était grand temps.
Mathieu ouvrit les yeux en prenant une grande inspiration. Quelle ne fut pas sa surprise quand il vit Antoine à quatre pattes au-dessus de lui, l'air absurdement ravi.
- Egza est réveillé ! Sourit-il.
Sincèrement, il était adorable. Son bandage a la tête s'était défait et ses cheveux partaient un peu dans tous les sens... Enfin, plus que d'habitude. Il avait la marque de l'oreiller sur la joue et son sourire était clairement celui d'un gamin qui venait de retrouver son doudou préféré. Mathieu sourit en retour et lui ébouriffa les cheveux.
- Salut Antoine.
Le brun se dégagea du lit pour laisser le plus petit se redresser. Le Présentateur de What the Cut ?! Réfugia alors son visage dans les jambes de son ami. Mathieu eu un mouvement de recul. La dernière fois qu'il avait fait ça, Antoine lui avait mordu la cuisse, ce bâtard. Mais il décida de ne pas repousser le malade. Il devait avoir besoin d'un peu de réconfort. Le châtain posa sa main sur les cheveux d'Antoine.
- Egza... commença le plus jeune en marmonnant. Pourquoi les crottes de pigeons sont-elles noires sur les voitures blanches et blanches sur les voitures noires ?
- Egza tu es tout bizarre, d'un coup. remarqua le brun en se redressant.
- Parfois j'ai vraiment envie de te frapper. murmura Mathieu en grinçant des dents.
Le brun inclina la tête sur le côté, ne comprenant pas. Le châtain soupira et se leva en étirant les muscles de son dos. Il attrapa la main de son meilleur ami et l'entraîna jusqu'à la cuisine. Le malade s'assit alors sur la table et battit des jambes dans le vide. Mathieu sortit à manger sur la table pour que son animal de compagnie et son chat puisse déjeuner.
Et il fit un aller-retour aux toilettes. Non mais. On pense pas assez aux toilettes dans la vie. Que ce soit dans les films, les séries où les livres, tout le monde néglige les toilettes ! Et si vous me répondez que c'est faux et que vous lisez des livres sur les toilettes et bennnn ...Vous avez des goûts littéraires très spéciaux. Mais continuez, hein.
Dès qu'il revint, il commença a retranscrire sur une serviette (on aime bien écrire sur les serviettes et nos mains, faut l'avouer. Surtout quand votre grand-mère ou votre prof vous sort "Bah t'as plu de papier ?". ) ce qu'il devait emmener. Il fallait qu'il prenne des vêtements pour deux ou trois jours, qu'il prenne des cookies, des mouchoirs, de quoi faire leur toilette, les médicaments d'Antoine et neuf à douze packs de bière. Tandis qu'il sortait un sac pour le remplir de différentes choses, il répétait sa liste à voix haute.
- Egza, pourquoi tu fais une liste ?
- On part en vacances, Antoine. déclara Mathieu d'un air concentré.
- Comme les télescopes ?
- A Grenoble, chez Bob Lennon. Mathieu se stoppa dans son mouvement. Attends, c'était quoi ta question ?
- Rétractile. Affirma Antoine.
- ... Okay... On va dire que tu m'as demandé où on allait.
Les deux amis continuèrent de remplir la voiture et se retrouvèrent enfin sur les sièges. Enfin, Antoine s'amusait plus à rajouter des trucs inutiles dans le coffre qu'à aider Mathieu. Il avait apporté la cage à hamster que le châtain gardait ; mit deux ou trois limaces qui traînait par terre dans la boîte à gants et il avait même calé l'encyclopédie des ours bruns sous son siège. Mais l'aide d'Antoine était utile, n'est-ce-pas ? Au cas où un ours sauvage se baladerait dans leur petite ville paumée...
Avant de partir, Mathieu s'était assuré que les plaies d'Antoine cicatrisaient bien. Les coupures sur ses jambes avaient formé des croûtes : elles n'étaient pas profondes. Mais quand il s'agissait de jeter un œil à la cicatrice sur la tête d'Antoine, Mathieu était toujours un peu écœuré. Quand il avait inspecté le reste du corps d'Antoine, avait d'ailleurs refusé à son esprit de compter les différents bleus présents dans le dos du brun. Il n'arrivait toujours pas à déculpabiliser. Et le comportement du plus jeune ne facilitait pas la tâche.
A présent, les deux hommes et leur montagne de bière étaient installés dans la petite voiture de Mathieu. Antoine fixait le plafond où les capsules de bières des cinq dernières années étaient incrustées. Ils s'apprêtaient à partir. Et Puis Mathieu réalisa qu'il avait oublié quelque chose.
Wifi. Il ne pouvait pas le laisser ici.
... Finalement, la cage à Hamster qu'Antoine avait prise allait s'avérer utile. Ils n'avaient plus qu'à espérer que le matou ne rechignerait pas à manger quelques limaces séchées.
Mathieu 15 Heure 09 - 14 Novembre 2016 -
Le trajet avait été désastreux. Wifi n'avait pas arrêté de miauler comme un attardé, Antoine avait des envies pressantes à chaque station de péage et même sa voiture avait décidé de faire des siennes : les essuie-glaces s'enclenchaient sans raison ; pour le plus grand bonheur d'Antoine que Mathieu soupçonnait d'avoir modifié le mécanisme.
Le chat s'arrêta enfin de miauler quand Antoine le pris sur ses genoux et le fit passer sous son T-shirt. Mathieu pesta intérieurement contre la boule de poil. Lui, il se démenait pour lui acheter la pâtée " la plus onctueuse avec un goût amélioré " (on se demandera toujours qui s'est amusé a goûter la pâtée pour chat afin de recueillir ce genre d'informations.) mais Wifi l'ignorait toujours tandis qu'Antoine ne faisait que le mettre sous son t-shirt pour que l'animal ne se mette a ronronner comme une tondeuse. C'était pas se foutre de sa gueule, peut-être ? Mais bon, au moins les deux ne l'embêtaient plus.
A un certain moment, Mathieu demanda à Antoine de lui donner la bouteille d'eau qui se trouvait de son côté. Le garçon aux cheveux excentriques avait la tête et les bras glissés dans son t-shirt, comme s'il voulait imiter le fantôme des mauvaises séries télévisées - celles qui sont dites "d'horreur" mais qui sont soit malaisantes soit hilarantes-. Antoine était en fait en train de caresser la tête de Wifi sous son propre T-shirt. Le malade prit soudainement une voix hautaine et présomptueuse :
- Je m'excuse, mais pour l'heure, je suis... Occupé. Il n'empêche que cela soit vraiment fascinant. On dirait que la membrane supérieure de son crâne fasse des siennes.
Mathieu se tourna brusquement vers son meilleur ami, surpris.
- Tu nous fais quoi, là ?
La tête du brun sortit alors de son t-shirt rose fuchsia Batman. C'était un chouette vêtement qu'il avait soit disant gagné à une fête foraine. Sauf qu'Antoine n'allait jamais aux fêtes foraines sans son meilleur ami. Et Mathieu n'aurait jamais laissé le brun gagner ce genre de lot. Le châtain avait donc décrété qu'Antoine avait des goûts vestimentaires très féminins. Mais pas trop, puisqu'il aimait la chauve-souris. Ah l'esprit humain. Tant de complexité.
Et dire que lorsqu'on était petit, en maternelle, personne ne nous demandait quelle couleur on voulait. C'était rose pour les filles et bleus pour les garçons. Et tant pis pour la petite rebelle qui détestait le rose et les princesses. Tu l'avais dans le cul. Et bien profond en plus.
Antoine toisa son meilleur ami comme s'il était une véritable gêne.
- J'étudie ton chat, Egza. Et il a beaucoup de points communs avec ton voisin : ses oreilles sont couvertes d'une jolie couche de poils.
- Je suis ravis d'apprendre que tu aimes espionner les orifices auditifs de mon voisin, Antoine. déclara le nain. C'est tout sauf rassurant mais on va dire que c'est cool.
A partir de ce moment-là, Mathieu décida qu'il était très dangereux de prendre la voiture avec cet énergumène. Il avait tous les atouts en main pour déstabiliser le conducteur. Voir pour l'inquiéter et les mettre tous les deux en danger. Mathieu ne serait pas étonné d'apprendre qu'il avait causé des accidents à sa mère. Il en fallait du courage pour élever un gosse pareil. Il en oublia même sa soif.
Quand ils entrèrent dans la banlieue de Grenoble, son meilleur ami ouvrit la fenêtre en grand et se mit à crier une multitude d'insultes et d'incantations. Oui, littéralement des incantations tout droit sorties des répliques d'Harry Potter. Parfois il pensait même qu'Antoine sortait les noms de la bande dessinée d'Astérix et Obélix. Ce qui était assez drôle, s'était de voir qu'il était très confiant à chacune de ses prises de parole. Même s'il n'avait aucune idée du sens de ce qu'il disait.
C'est un peu comme quand une personne tentait pour la première fois de parler en latin. Les latinistes commencerons leur série de "rosa,rosa,rosam,rosae,rosae,rosa"( existe aussi en "Vita", selon la méthode de votre très cher prof de latin) tandis que les non latinistes massacrerons cette langue ancestrale armés de leur terminaison entièrement constituées de -us
Comment dit-on amour en latin ? Amourus
et Kangourou ? Kangourus ( Kangourex pour les fans de Pokémon )
un lapin mignon ? Minus lapinus
Et là, mes chers compatriotes latinistes, vous vous maudissez d'avoir pris cette option. Mais par contre, qu'est-ce qu'on se pète des barres quand on lit les prénoms des romains : Porcia, Cicéron, Drusus, Pestentius, Glaucia, Risitus... Avec mention spéciale pour notre très cher Épidure.
Et après on s'étonne que des prénoms comme Clitorine, Merdive et Philomène soient encore autorisés. Si on voulait vraiment que ce genre d'appellation disparaisse, il faudrait supprimer définitivement la langue latine de tous les enseignements scolaires.
Quand Antoine cria un "SALOPE" bien plus fort que les autres, Mathieu sortit de sa rêverie et lui demanda d'arrêter. Mais le brun était sourd à sa demande. Il continuait d'insulter les gens. La plupart des pionniers se tournaient vers eux avec un air désagréablement surpris. En même temps, qui aimerait se faire un insulter dans la rue sans raison ? Antoine accusa du doigt une jeune fille rousse en gueulant "Pranatorus !". La piétonne fronça les sourcils avant d'exploser de rire. Au moins, tout le monde n'était pas grincheux, dans cette ville. Lassé de ses conneries, Antoine rentra la tête dans la voiture et ferma la vitre. Le jeune homme attrapa Wifi qui s'était réfugié sur la boite à gants -il n'avait pas encore accordé toute sa confiance à Antoine. Faut dire que le brun avait parfois des attitudes...étranges -. Il se tourna alors vers son meilleur ami avec un air impatient. Un sourire immense s'étalait sur ses lèvres et le Présentateur de Salut les Geeks le lui rendit avec une pointe d'amertume.
- Arrête ses sourires radieux, enfant de Satan. râla tout bas le vidéaste.
Antoine resta alors calme et silencieux, caressant le dos du chat en souriant. Il finit même par s'endormir
À présent, ils sortaient de quarante longues minutes de bouchons. le youtuber au chapeau était soulagé. La torture touchait enfin à sa fin. Mathieu était une personne stressée au volant. Il détestait conduire. Parfois, il se surprenait même a chercher un danger là où il n'y en avait pas. C'était presque maladif. Il avait toujours eu du mal avec les voitures. D'ailleurs, quelques-unes de nos pensées se dirigent vers le moustique et les pétunias morts au combat contre la conduite du châtain. RIP moustique. RIP Pétunia. On vous oubliera pas.
Ils étaient presque arrivés. Mathieu venait de s'engager dans la rue où habitait Bob Lennon et cherchait le numéro de sa maison. Antoine se réveilla soudainement en criant "FOUTRIQUET !". Le châtain releva la tête : il venait tout juste de se garer.
- ... Si tu le dis. marmonna-t-il. Enlève ta ceinture, on est arrivés.
Le malade se frotta les yeux en baillant.
- Yes, sir. dit-il en s'exécutant.
- Ton accent anglais est vraiment déplorable. Déclara le plus vieux en sortant du véhicule. Laisse le chat et les affaires dans la voiture, s'il te plait. On les sortira plus tard.
Antoine hocha la tête, ouvrit la portière et déposa wifi sur le siège avec précaution. L'animal étant encore endormit, il n'eut pas la possibilité de s'enfuir de la voiture. Par contre, il se réveilla en sursaut quand les deux amis fermèrent les portes en même temps. Il fait un bond de quelques centimètres et eut quelques pas maladroit qui le firent tomber sur du siège. Un miaulement désagréable sortit de sa gueule mais les deux humains l'ignorèrent complètement, avançant d'un même pas vers la maison de leur ami.
Mathieu toqua à la porte. Aucune réponse. Il réitéra son geste. Toujours rien.
- Il doit être en train de jouer avec le son à fond... marmonna le châtain. Il décida alors de violer le bouton de la sonnette.
Toujours rien.
- Bon, qu'est-ce qu'il bran-... AAAAAH ! Cria Mathieu en sentant une main sur son fessier. Il fit volte-face et découvrit une veste rouge pétante agrémentée d'une multitude de pins en tout genre.
- BOB ! hurla Mathieu en repoussant la main intruse.
- Merde, j'aurais parié qu'Antoine réagirait en premier. Il a l'air d'une jeune vierge effarouchée. déclara Lennon.
Antoine, lui, s'était mis a rire, la main du gamer toujours sur ses fesses. Il rigolait bizarrement, comme s'il venait de s'enfiler dix verres de vodka.
- Ça chatouille ! Rigola le brun, pas plus gêné que ça.
Bob se remit à rire avant de croiser les bras.
- Qu'est-ce que vous foutiez là ?
- On est en vacances.
- Antoine l'est tout le temps, non ?
- Ta gueule. Tu sais bien qu'il n'y a pas de télécommande pour la motivation. Surtout pour la sienne. déclara Mathieu, passant une main sur son visage. Allez, ouvre-nous.
Le pyro-barbare s'exécuta et les laissa entrer pour s'installer dans le salon. C'était une pièce spacieuse et conviviale. Elle était marquée par le quotidien : quelques vestes qui traînent par-là, une tâche de café sur la table basse, des papiers et des magazines entassés à côté du canapé...
- Bière ? proposa Bob en partant vers la cuisine.
- Pas pour Antoine.
L'homme aux cheveux noirs revint dans le salon, deux bières décapsulées à la main.
- Alors, tu comptes faire quoi pendant ses vacances ?
- On squatte chez toi. déclara Mathieu.
- Hein ? s'écria le pyro-barbare en recrachant la bière qu'il avait dans la bouche. (bweark )
- On part même a la mer.
- D'où tu décides ça tout seul ?!
- Je peux dormir dans le jardin, si tu veux.
- Mais j'ai même pas de jardin ! se plaignit-il
- Tes voisins en ont un. ça compte pour la même chose.
- Va te faire, Sommet. J'ai des trucs à faire, moi. Je suis pas en vacances !
- Je peux même faire une collab avec toi, si tu veux des vidéos d'avance. Allleeeez ... insista le plus jeune.
- Je suis désolé mais c'est non pour moi.
- ça sera payé cent milles balles ! déclara-t-il.
- Plagiat.
Mathieu soupira. Il attrappa sa bière et en pris une grande gorgée. Les deux amis s'échangèrent un regard. Antoine restait immobile à côté d'eux, il fixait un point invisible sur le sol. Mais ni Bob ni Mathieu ne firent attention à lui. C'est un peu comme s'ils l'avaient oublié.
- Je t'en supplie, Bob. Je supporte plus mon appartement. Fallait vraiment que je sorte de ce trou pour me dégourdir les pattes.
A ses mots, le gamer sembla réfléchir. Il venait surement d'avoir une idée.
- C'est d'accord. déclara-t-il.
Mathieu eut un léger mouvement du bras. Un "Yess" à peine discret s'échappa de ses lèvres.
- Mais ...
- Mais ? répéta Mathieu, alarmé.
- Mais tu devras t'occuper du chien de ma filleule.
- Hein ?
Bob sourit a pleine dents en se levant de son fauteuil.
- Ma filleule est partie durant un mois chez une correspondante en Amérique et elle m'a filé son clebs. Sauf que je n'ai jamais le temps de m'en occuper.
Il se dirigea vers la porte intérieure de son garage.
- Mais Bob ! protesta soudainement Mathieu.
- Il faudra lui donner une ration de croquette le Matin et remplir sa gamelle d'eau tous les jours... continua l'homme aux cheveux noirs.
- Bob... - averti le châtain.
- Ah ! et elle a insisté pour le promener tous les jours. Fit le pyro-barbare en faisant la sourde oreille. Allez ! Dit bonjour à Ravioli ! Sourit-il en ouvrant la porte.
Une boule de poil noire s'engouffra dans le salon en courant. C'était un chien de taille moyenne, a poil longs et sombres. L'animal parcouru la pièce du regard. Sa gueule grande ouverte laissait passer sa langue. Paniqué, Mathieu se jeta derrière le canapé, mettant le plus d'espace possible entre lui et la bête.
- PUTAIN BOB J'AI PEUR DES CHIENS !
- Sérieux ? marmonna Lennon, fronçant les sourcils.
Ravioli jeta un regard à Mathieu qui se dissimulait tant bien que mal derrière le mobilier. Celui-ci se trouvait dans le coin Sud de la pièce, glissé derrière le buffet du salon.
- Attend, je vais le rattraper alors ! déclara l'homme aux cheveux noirs en s'élançant vers le canidé.
Mais l'animal a poils noirs aperçut son hôte du coin de l'œil et déguerpit tout droit vers la cachette du soit disant schizophrène. Mais avant que la bête n'ai pu atteindre le châtain, quelqu'un s'était interposé. Antoine.
Il était accroupit devant la bête, à un peu plus d'un mètre d'elle, en fait. Posté entre Ravioli et Mathieu, il tendait le bras. L'animal jeta un regard à Antoine. A ses yeux, à sa main. Le chien eu un instant d'hésitation mais il finit par s'asseoir sagement, levant la patte. Comme un miroir.
Un sourire se dessina sur les lèvres du plus jeune. Il s'approcha pour prendre le chien dans ses bras et le soulever de terre. Ravioli ne se débattit et n'émit pas un seul geignement de frustration. Antoine se dirigea vers la porte du garage, la bête dans ses bras. Mathieu se décontracta peu à peu, voyant le chien s'éloigner.
L'homme aux cheveux nucléaires posa le canidé au sol, passa sa main sur sa tête et le remercia. L'animal resta immobile et laissa même le brun lui refermer la porte au nez. Bob fixait le Présentateur de What The Cut ?! En haussant les sourcils, scotché.
- Même avec toute la bonne volonté du monde j'aurais jamais réussi a faire ça.
Antoine pencha la tête sur le côté. Il était habitué aux bêtes.
- Egza, ça va ?
- Ouai, ouai Antoine. Souffla Mathieu en glissant le long du mur pour s'asseoir au sol.
Bob soupira a son tour et revint sur le canapé, bientôt suivit par les deux autres.
- D'ailleurs, qu'est-ce que tu as à la tête, Antoine ?
- Il m'est arrivé une bricole. dit-il, prenant une voix d'animateur pour enfants.
Mathieu se passa la main sur le visage, egzaspéré.
- Il a eu une commotion cérébrale...
- Sérieux ?! Il a l'air plutôt en forme... S'étonna Lennon
- Physiquement, il va bien. Il n'a pas de complications. Mais mentalement... il est un peu bizarre...
- Ah bon ? ça se voit pas.
- C'est parce que t'as encore rien vu. déclara Mathieu, l'air blasé.
Il attrapa sa bière et reprit un coup.
- Egza, est-ce que je peux demander à boire à Zerel ?
- Zerel, OK. Bob c'est Zerel.
- Bah non. Zerel c'est Zerel. Alors, Egza, je peux ?
- je vais rien dire mais vos discussions sont vraiment bizarres. S'incrusta Bob
- Pouah ! C'est qu'une histoire d'habitude ! Fit Antoine en prenant la pose et la voix d'une pétasse.
- c'est qui, Egza ? Et Zerel ? Tentant d'ignorer le brun.
- Egza c'est...-
- EGZA EST UN VAGIN ! Hurla Antoine en levant les bras comme dans un parc d'attraction. (ça nous avait manqué...)
- moi... Dit Mathieu en roulant des yeux
Bob se mit à rire tel le bon ami très gentil (et attentionné) qu'il était.
- et Zerel, c'est toi.
- Oh.
- D'ailleurs, t'as vraiment volé le plaid bon l'éponge à un SDF lors d'un marché de Noël ?
Bob fixa alors le mur derrière Mathieu. Il répondit avec une voix de robot :
- je ne répondrai pas à cette question qui fait partie de ma vie privée, Sommet.
- putain. Jura le plus jeune. T'as vraiment osé faire ça ?!
- je vais faire des poursuites judiciaires pour accusation sans preuves !
- je suis un témoin ! Intervint la brosse à chiotte. J'étais là lors de la soirée.
- mais aide-moi à la place ! Se plaignit Bob. Ami indigne !
- Antoine, tu peux aller chercher le chat si tu veux. proposa soudainement le petit homme -se souvenant du chat qui cuisait sur les sièges - en donnant les clefs de sa caisse à son meilleur ami.
- Tu as même ramené Wifi ?
- Je compte rester un moment ici... et je savais pas quoi en faire.
-Écoute, Mathieu, je suis ton pote et je t'adore mais sérieusement, j'ai du boulot...
- Je t'aiderais... le supplia presque le châtain.
- Mathieu... gronda Bob comme s'il avait affaire à un enfant.
- J'ai douze packs de bière dans mon coffre.
- Tu veux prendre quelle chambre ? demanda Bob, un étrange sourire aux lèvres.
Le cœur à ses raisons que la raison ne connait point.
Mathieu 9 Heure 35 - 17 Novembre 2016 -
Deux jours sont passés. Malgré tout ce que Mathieu avait prévu de faire durant ses vacances avec Bob, ils n'avaient rien branlé. Ils avaient essayé plusieurs jeux vidéo ensemble pour la chaîne de Fanta et Bob, avaient revus le seigneur des anneaux et le Hobbit au grand complet ( de quoi vous clouer a un canapé durant une journée entière. ) , avaient mangé de la merde commandé à la dernière minute et ils avaient même commencé à compter les mouettes qui migraient. (Passe-temps terriblement efficace quand on attend le bus.) Le reste du temps, ils l'avaient passé a se bourrer la gueule grâce a la cargaison de bière que Mathieu avait ramené. Pour ce qui était de s'occuper de Ravioli et Wifi, Antoine passait sa vie avec eux. Il roulait sur le dos et se jetait au sol toute les deux secondes, inquiétant presque son meilleur ami. Néanmoins, si Antoine passait sa vie avec les deux bêtes, c'est parce qu'il avait l'impression d'être de trop dans les échanges entre Egza et Zerel.
Deux jeunes hommes étaient installés dans un grand canapé, les jambes en étoiles et les cadavres de bouteille éparpillés autour d'eux. Ils n'étaient pas soûls. Mais ils n'avaient plus le courage de faire quoi que ce soit. Par terre, un troisième homme était roulé en boule contre le chat. A croire que le carrelage froid était plus confortable que le clic-clac à 50 centimètres d'eux.
- Tu devrais lui parler. Lâcha soudainement Bob.
- Quoi ? demanda Mathieu, allongé de tout son long, l'avant-bras posé sur ses yeux.
- À Antoine. Tu devrais lui parler. Répondit le gamer en jouant avec le tissu de son canapé.
Vous savez, ce genre de tissus qui, quand on passe sa main dessus dans un sens, ça donne un côté clair et de l'autre sens, un côté foncé. Un peu comme les tissus dans certaines voitures. On devrait installer ce genre de chose dans les trains, les avions, les chiottes et tous les lieux ou on s'emmerde. Parce que putain, ce genre de choses, c'est obsédant. Presque pire que le papier bulle.
- Bah je lui parle. Marmonna le youtubeur aux cheveux châtains, confus.
- Non. Tu ne lui parles pas, tu lui réponds.
Mathieu se redressa et fixa son ami.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Tu ne lui parles pas vraiment... tu te contentes du minimum de contact avec lui...
- Pas du tout ! Je m'occupe d'Antoine, je suis toujours en train de demander si ça va. Il est dépendant des autres dans cet état, alors...
- Math, ça fait deux jours que t'es là. Je te vois faire, bordel. Râla Bob en se redressant sur ses avant-bras. Tu l'évites.
- Tu mens, je-...
- Mathieu ! S'agaça son ami.
Le garçon aux cheveux châtain baissa la tête, fixant ses genoux.
- Mais c'est pas Antoine...
- Alors c'est censé être quoi putain ?! Un paillasson, un mur ?
- J-je sais pas... C'est genre un débile mental. fit-il en se triturant les doigts. Dans le corps de mon meilleur pote.
- C'est Antoine, mec. Mais ce que t'es en train de lui faire subir, ça va le détruire. Expliqua calmement le plus vieux. Tu ne lui adresse pas vraiment la parole. Tu ne réponds plus que par des "ok d'accord. " à chaque fois qu'il dit une connerie. Tu ne le regarde même pas dans les yeux. Continua le pyro-barbare. Et je suis même certain que tu n'as pas remarqué qu'il avait arrêté de parler depuis hier midi !
Il soupira et releva la tête du schizophrène. Celui-ci évitait son regard comme la peste.
- Math', même s'il est dans cet état, ça reste un être humain. Il va se souvenir de ça, tu comprends ? Et si tu continues dans ce sens, il va se souvenir que toi, son soi-disant meilleur ami, tu l'as ignoré pendant toute sa convalescence.
Après une longue minute de réflexion, Mathieu se leva et se dirigea vers Antoine.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda le gamer
- Je vais ... m'occuper de lui...
- ET lui parler ?
- et lui parler. Acquiesça-t-il à contre cœur
Mathieu posa alors la main sur l'épaule d'Antoine. Celui-ci se retourna avec un air endormit sur le visage. Il réveilla alors wifi qui dormait paisiblement contre lui. Ses cheveux bruns lui retombaient sur les yeux. Ça faisait plusieurs fois qu'il oubliait ses lunettes.
- Antoine, ça te dit d'aller te promener avec moi ?
- se promener ? Avec Zerel ? Bailla le plus jeune en se secouant l'échine comme un chien.
Mathieu jeta un regard au pyro-barbare étalé dans le canapé. Celui-ci lui lança un regard noir qui en disait long sur son envie de remuer ses fesses.
-Non, on y va a deux.
Antoine se réveilla soudainement, les étoiles dans les yeux.
- Rien qu'à deux ?
- O-ouai. Marmonna le châtain en fixant ses pieds.
Le Présentateur de What the cut ?! Se leva subitement et attrappa les mains de son meilleur ami.
- Maintenant ?
- oui...
C'est entraîné par le plus grand des deux que Mathieu atterri dehors. Lui, il avait sa veste en cuir habituelle et Antoine avait déjà enfilé un gros pull en laine. Il l'avait mis à l'envers mais ni Mathieu ni Bob n'avaient eu le courage de le lui dire. D'ailleurs, il ne mettait même plus de bandage à la tête, se contentant d'un pansement à moitié recouvert par ses cheveux. Même en sortant de la maison, il n'avait pas pris ses lunettes. C'est pourquoi, myope de son espèce, Mathieu lui donna les siennes. Ça ne lui allait vraiment pas. Mais on va dire qu'au moins, personne ne le reconnaîtra.
- Tu veux aller quelque part en particulier ? demanda le châtain.
- Oui. Envole-toi. dit Antoine en faisant signe de le suivre.
- Ok... marmonna le schizophrène, faisant fit du vocabulaire du plus jeune. Il avait compris ce qu'il voulait dire, c'était l'essentiel.
Antoine avait fait de réels efforts durant les deux jours. Il parlait même normalement, maintenant. Ça ne l'empêchait pas de dire des choses incompréhensibles quand il le désirait mais au moins, il arrivait à communiquer. Alors Mathieu ne lui en voulait pas trop quand il sortait des trucs inappropriés. C'était plus compliqué pour Bob, par contre.
Le malade attrapa la main de Mathieu et le tira directement derrière le garage des voisins. Voisins qui n'étaient pas en vacances, d'ailleurs. La rue formait un cul de sac. Et la maison des voisins était la dernière. Alors juste derrière, il y avait une espèce d'espace vert ou personne n'allait. Il y avait quelques arbres et une végétation dense qui s'étendait sur au moins 2 km. Personne n'y allait parce qu'avant d'atteindre la dite végétation, il fallait passer un grand monticule de pierre. Il appartenait a un vieux garage qui avait fermé ses portes il y a des années. Le bâtiment avait été détruit mais les débris étaient toujours entassés ici. Aucune maison n'avait été construite à la place du garage car l'autoroute passait à deux pas et le bruit était insupportable. Pourtant, Bob semblait bien vivre dans cet endroit pourrit.
Les deux amis contournèrent le monticule et entrèrent dans la grande plaine. Des déchets étaient disséminés dans l'herbe, allant à de simples canettes jusqu'à des pneus et des sacs de vêtements.
- Tu te souviens quand on faisait "Nettoyons la nature!" en sixième ?
- On avait trouvé une cuvette de toilettes. Ricana Antoine en shootant dans une bouteille en verre.
- Ouai. Et on était tellement fiers qu'on avait posé avec.
- Tu avais une chasuble trop grande qui t'arrivait aux genoux. Tu ressemblais tellement a une fille que des gars t'avaient accosté dans la rue en criant " Hey madame, tu veux pas nous nettoyer ? "
- Tu t'en souviens ? Rit Mathieu en tenant fermement la main du plus jeune. J'ai encore des photos sur mon pc. avoua-t-il.
- Je me souviens de beaucoup de chose. déclara Antoine.
Il tira le châtain un peu plus loin dans la végétation. Celui-ci remarqua alors le toit d'un grand bâtiment. Il fronça les sourcils. la bâtisse en question lui semblait vaguement familière. Elle lui disait quelque chose. D'ailleurs, Mathieu ne savait pas qu'il y avait encore un bâtiment dans cet espace vert. Normalement, tout avait été détruit. Le silence régnait entre les deux hommes. On entendait seulement le bruit des voitures qui passait non loin.
Ils arrivèrent devant le complexe. La moitié des murs étaient en béton, en tôle et en métal rouillé. Le bâtiment était envahi par le lierre et les mauvaises herbes. à l'extérieur de la salle, le macadam était déformé par les plantes. Mais quand on entrait, c'étaient un ancien complexe sportif. Mathieu était certain de l'avoir déjà vu. Peut-être dans les photos de Bob, peut-être dans un rêve. Il n'avait pas vraiment de souvenir.
Les deux meilleurs amis entrèrent dans la salle d'un même pas. Ce n'était pas une salle de sport perfectionnée. Il n'y avait pas de parquet luisant ou de recouvrement synthétique comme les nouvelles salles. C'était juste du béton peint en vert mais où la peinture s'était effacée à cause de l'usure. Les lignes des terrains étaient encore visibles. Soit refaites avec du scotch marron soit dessinée à la bombe. Des graffitis étaient étalés sur le mur droit. Mais le mur gauche avait été épargné pour une raison inconnue. Au fond de la salle, de grandes marches de pierre étaient installées. C'était les gradins.
Mathieu se sentis mal à l'aise. Ses marches lui renvoyaient des images et des souvenirs qui ne semblaient pas lui appartenir. Il avait mal au crâne. Il avait l'impression d'avoir oublié quelque chose d'important. Mais son corps et son instinct lui refusaient de se souvenir de ça. Lui-même n'avait pas envie. Il ne se sentait pas très bien dans cette salle. Les flashs qui lui revenaient en mémoire semblaient irréels. Perturbants. Ses doigts se mirent même à trembler. Mathieu voulait sortir de la salle.
- Un jour, on est venus ici. Lâcha subitement Antoine.
Mathieu écarquilla les yeux et se tourna vers le plus jeune. Non. On est pas venus là, c'est faux. Ses images sont fausses. Celui-ci fixait la structure métallique d'un œil mauvais.
- On était bourrés. Sa voix résonna dans tout le complexe.
- T-tu veux dire que...- ?!
Ce n'était pas qu'une hallucination. Ce n'était pas un cauchemar. C'était la réalité qu'il s'était forcé d'oublier.
Review pour la suite ?
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