Bonjour à tous !
Ce chapitre avait disparu depuis une semaine environ à cause d'un petit problème technique. Je m'excuse pour ceux qui ont découvert cette fic récemment, je suppose que ça a du faire bizarre… Enfin voilà, le problème est résolu. Bonne lecture et à bientôt pour le chapitre 17 !
Chapitre 11
-Cesse donc de t'agiter ainsi, dit Rodrigue d'une voix lasse. Tu me donnes le vertige. Et pourtant, j'ai le cœur solide.
Une semaine était passée depuis le soir où Harry avait eu sa sinistre vision. Depuis, il était dans un état de nervosité extrême, dont était la victime toute personne qui s'approchait de lui ou le regardait d'une façon qu'il jugeait insultante. Le pauvre Peter en savait quelque chose ; alors qu'il était sur le point de lui parler, Harry l'avait fait valser dix mètres plus loin grâce à un remarquable sortilège d'expulsion; pourtant, le pauvre Gryffondor voulait juste lui demander l'heure… Seul Rodrigue échappait à ces crises d'agressivité. Aussi, le maître et le chat se retiraient souvent dans la salle sur demande, dans la réserve ou dans le parc afin de pouvoir se défouler en toute impunité, sans mettre en danger des personnes innocentes.
Ce soir, Harry avait choisi la salle sur demande, convertie pour l'occasion en « défouloir », rempli de punching ball, de cibles à l'effigie de Voldemort, de Peter ou de Rogue (dix points pour Peter, trente points pour Rogue, cent points pour Voldemort), de haches et de couteaux. Mais Harry, qui n'avait rien demandé de tout cela, s'en fichait royalement et utilisait la salle pour faire les cent pas en toute tranquillité, ce qui, au bout de quelques heures, finit par lasser Rodrigue.
-Je réfléchis, dit Harry entre ses dents.
-Et peut-on au moins savoir le contenu de cette intense méditation ? demanda Rodrigue d'un ton railleur.
-J'étais en train de me demander…
-Laisse-moi deviner. Si Voldemort allait s'en prendre à tes parents ?
-Non. Ça, j'en suis sur, répliqua Harry d'un air sombre. J'étais en train de me demander si je devais quitter Poudlard.
Rodrigue le regarda avec surprise.
-Quitter Poudlard ? Alors que tes parents sont en danger ?
Harry poussa un soupir.
-Je n'aime pas l'idée de rester là à attendre que Voldemort tente quelque chose. Si je quitte Poudlard, au moins je pourrais me lancer à sa poursuite. S'il se sent traqué, peut-être renoncera-t-il à ses complots pour se défendre.
Rodrigue réfléchit un instant.
-Non, dit-il lentement, je ne te le conseillerai pas.
-Et pourquoi ? demanda Harry en fronçant les sourcils. Ça ne te ressemble pas de refuser l'offensive.
-Oui, mais là, c'est différent. Voldemort a passé sa vie à se cacher. Tu ne le retrouveras pas, et en le cherchant tu ne l'empêcheras pas de s'en prendre à tes parents.
-Tu penses que je ne suis pas à la hauteur ? s'indigna Harry.
-Pour le traquer, non, répondit Rodrigue. Tu gaspillerais tes forces inutilement. Laisse-le venir à toi.
Harry fronça les sourcils, puis soupira.
-Au fait, dit-il, tu as raison. Attendons-le, mais attendons-le de pied ferme.
-Bien dit, approuva Rodrigue. Mange, dors, travaille et garde les deux yeux grands ouverts. Tiens toi prêt à n'importe quoi.
-Vigilance constante, dit Harry d'un air sombre en songeant au vieux Maugrey.
-C'est bien ça. Maintenant encore une chose.
-Laquelle ?
-Voldemort ne se présentera sûrement pas sous son véritable aspect. Comme toi, il va probablement se déguiser.
-Oh, sois tranquille, je le reconnaîtrai, moi. Quelle que soit l'apparence que nous prendrons, nous ne nous duperons ni l'un ni l'autre.
-Et de quelle façon le reconnaîtras-tu ?
-Mais, de la même façon que j'ai su qu'il débarquait dans cette époque. Il existe une sorte de lien entre nous, que les siècles ne sont pas parvenus à briser. J'ai même l'impression qu'il est encore plus fort qu'autrefois. Et maintenant, Voldemort ne pourra plus utiliser l'occlumancie contre moi, ça ne marchera plus.
-Voilà au moins une bonne chose. Ainsi, nous sommes sûrs que ton ennemi ne se glissera pas sournoisement dans l'école.
-C'est toujours ça…
-Eh oui. Bien, maintenant que nous avons établi un plan de bataille…
-Si on peut appeler ça ainsi… grommela Harry.
-…peut-on enfin aller dormir ? C'est pas que ça m'ennuie, de te regarder tourner en rond, mais je ne suis pas insomniaque, moi.
-Mais je le suis, moi, répliqua Harry. Enfin, puisque tu es si fragile, va donc piquer un somme. Je vais prendre l'air.
-Oserais-je te faire remarquer qu'il est près de minuit, et que, si tu sors du château, tu seras en infraction vis-à-vis du règlement ?
-Rodrigue, ne me parles surtout pas de règlement, tu ne ferais que te ridiculiser. Depuis quand tiens-tu compte de ces choses là ?
-J'en tiens compte quand elles m'arrangent, répondit Rodrigue sur un ton railleur. Mais vas donc te geler les os, puisque tu y tiens tellement.
-A plus tard, dit Harry en sortant de la salle.
Le maître et le chat partirent donc dans des directions opposées. Comme, malgré tout, il ne tenait pas à se faire prendre, Harry se changea en rossignol et s'élança dans les airs par une fenêtre. Pendant quelques minutes, il se laissa porter par le vent glacial de novembre, fendant la brume et l'obscurité. Puis, fatigué, il descendit vers le sol humide et se posa en douceur sur la berge du lac, où il reprit sa forme humaine.
Harry s'assit sur le sol humide, et laissa son regard errer sur les eaux noires, les sens en alerte. La lumière de la demi-lune, pâle et terne, laissait deviner dans les fourrés des ombres mouvantes. Le bruissement du vent dans les arbres, et les murmures des animaux nocturnes brisaient seuls le silence pesant de la nuit.
Ainsi, il était revenu. Harry avait encore du mal à y croire. Etait-elle donc finie, cette errance à travers les siècles et les continents ? Les fatigues volontaires, les jeux avec la mort, les masques, les déguisements, tout cela touchait-il à son terme ? Pendant des siècles, les vagabonds s'étaient croisés sans jamais se rencontrer. Maintenant qu'ils étaient enfin réunis, il faudrait en finir…
Mais non, l'heure n'était pas encore arrivée, elle ne pouvait pas être arrivée. « En ce lieu, en ce temps même vous reviendrez », avait dit la prophétie. Ils étaient bien à Poudlard, mais plus de vingt ans avant la date voulue. Harry haussa les épaules. « Vingt ans, la belle affaire ! Qu'est-ce que vingt ans, face aux milliards d'années de l'univers ? Vingt ans, ce n'est rien, ça ne compte pas. », songea-t-il. D'ailleurs, à supposer que cela compte, Dumbledore n'avait-il pas dit que les prophéties ne se réalisaient pas toujours ? « Tout dépendra de Voldemort », se dit Harry. « Quoiqu'il décide de faire, tout dépendra de lui ».
Harry frissonna. L'air était vraiment glacé. Il allait se décider à partir, quand quelque chose d'insolite sur le lac attira son attention. Tout d'abord, il ne comprit pas très bien ce qu'il voyait ; une tache de lumière bleuâtre illuminait la surface de l'eau, à environ cent mètres de la berge. Une deuxième, puis une troisième semblable apparurent ensuite. Harry n'aurait su dire de quel phénomène magique il s'agissait, mais en les regardant attentivement, il comprit que ces taches étaient en réalité des silhouettes humaines, étranges fantômes rayonnants comme les apparitions contées dans les histoires religieuses.
« Me voilà bien, je commence à avoir des visions ! », songea Harry, qui essayait de traiter par l'humour l'inquiétude qui le gagnait peu à peu, sans qu'il sache vraiment pourquoi, si ce n'est qu'il avait un étrange pressentiment. Sortant de sa torpeur, il décida d'utiliser sa magie pour aller voir de plus près. Il fit un signe de la main, et l'eau devant lui se changea en glace assez solide pour qu'un homme mûr puisse la fouler sans risque. Mais, chose étrange ! A peine avait-il posé son pied sur l'eau gelée, que les silhouettes s'évanouirent. En un instant, les eaux redevinrent aussi noires qu'elles l'avaient été quelques minutes auparavant.
« Bah », songea Harry en haussant les épaules après un moment de stupéfaction, « peu importe, après tout. Le monde magique est un puit de mystères… Quoique ce fût, cela ne me concerne sans doute en rien. ». Et, sans donc s'en formaliser davantage, il retourna sur la berge et de là, partit retrouver la chaleur rassurante de son dortoir.
HPHPHPHPHPHPHPHPHP
Harry faisait un rêve étrange ; il était livreur de pizzas à Shanghai et devait livrer une quatre saisons au seigneur Voldemort, le PDG du premier constructeur naval d'Asie du sud-est. Mais alors qu'il s'apprêtait à gravir les marches qui menaient à son gratte-ciel, deux vigiles aux costumes vert émeraude lui barrèrent la route. En les regardant de près, Harry vit qu'il s'agissait de Crabbe et Goyle. Harry tenta de leur expliquer qu'il venait juste lui apporter sa pizza, qu'il n'avait aucune intention de tuer leur maître, mais Crabbe et Goyle répliquèrent que la pizza était sans doute empoisonnée. Harry protesta, en vain ; les deux gorilles le saisirent par les bras et voulurent le jeter dans une rivière. Harry allait basculer dans le vide, quand soudain…
-DEEEEBOUUUUUUT WILLY ! IL EST HUIT HEUUUUURES !
-AAAAAARRRRGGGHHH !
Une masse non identifiée s'était jetée sauvagement sur le corps de Harry. Heureusement, Harry avait des réflexes stupéfiants ; avant même d'ouvrir les yeux, il envoya à la chose une décharge mentale qui la fit valser à travers le dortoir. Il y eut un grand fracas, puis un gémissement de douleur.
C'est alors que Harry se rendit compte que la « chose » qu'il avait envoyé valser n'était autre que Sirius.
-Oups, dit-il d'une petite voix.
James et Peter éclatèrent de rire tandis que Remus, avec un sourire désolé, aidait Sirius à se relever.
-Désolé, dit Harry d'un air coupable alors que Sirius se massait le crâne. Est-ce que ça va ?
Sirius s'assura qu'il n'avait rien de cassé, puis, quand il fut certain qu'il était encore entier, il fondit sur Harry et le saisit par le col de son pyjama.
-Mais ça va pas la tête ? gronda-t-il.
-Désolé, dit Harry avec colère. Mais c'est ta faute. Qu'est-ce qui t'a pris de me réveiller aussi brutalement ? C'est très dangereux !
-Fallait bien qu'on te réveille, il est huit heures et on a cours dans une heure, j'te rappelle !
-En plus, t'avais l'air de faire un mauvais rêve, dit Peter. Pas vrai ?
-Ah, oui, répondit Harry en se frottant les yeux, alors que son rêve lui revenait par brides. J'ai rêvé que je livrais une pizza à Voldemort.
Peter émit un glapissement de terreur, tandis que les trois autres le fixaient d'un air médusé.
-Et… Il t'a payé ? demanda James avec un demi sourire.
-Non, parce que Crabbe et Goyle disaient que la pizza était empoisonnée.
-Ça n'aurait pas été mal, dit Sirius d'un ton rêveur. Voldemort vaincu par une pizza empoisonnée…
-Décidemment, les rêves sont vraiment étranges, dit James. Crabbe et Goyle, avoir une pensée aussi intelligente ? Impossible.
-Absolument, approuva Sirius. Allez les gars, on va manger ! Tu nous rejoins, Willy ? A plus tard !
Dix minutes plus tard, Harry entra dans la salle commune, aussi frais et dispos que d'habitude, le fidèle Rodrigue sur les talons. La plupart des élèves étaient attablés, lisaient leur courrier ou discutaient joyeusement. Harry prit place à côté de Sirius, tandis que Rodrigue occupait le siège à droite de Peter. Celui-ci fit une grimace et s'empiffra précipitamment de brioches –c'était sa technique favorite pour combattre la peur. Rien d'inhabituel. Mais une surprise attendait Harry.
-Bonjour, William, dit Lily avec un sourire.
Harry lui répondit, salua gracieusement ses collègues de Gryffondor, qui lui faisaient toujours un accueil chaleureux, comme il convient pour un jeune homme qui parvient à conserver le premier rang en matière de ragots pendant plus de deux mois d'affilée, et se servit avec sa sobriété habituelle qui faisait l'étonnement de ses camarades. A la demande de Sirius, il raconta son rêve à la petite assemblée, mais les rires qu'il déclencha ne furent pas aussi fournis ni aussi francs que chez les maraudeurs ; tout Gryffondor qu'on était, le nom de Voldemort engageait généralement à la prudence…
-Tiens, dit Sally Larson, une petite brune à lunettes de sixième année qui étudiait souvent les runes et l'arithmancie avec Lily, il est bizarre, cet oiseau. Regardez sa lettre, elle est sans adresse.
En effet, un corbeau aux yeux verts s'était posé sur la table des Gryffondor, observant tout à tour chacun des élèves, comme s'il cherchait l'un d'entre eux. Il tenait dans son bec une enveloppe noire et sans adresse.
Mais quand il aperçut Harry, il déploya ses ailes et vola jusqu'à lui. Il déposa la lettre juste devant celui-ci, qui n'en revenait pas.
-Eh bien, qu'est-ce que tu attends ? Prend-la, dit Sirius en haussant les épaules.
Harry tendit la main pour prendre la lettre, mais avant qu'il ait fini son geste, Rodrigue poussa une espèce de crachement féroce. Ce n'était ni le miaulement d'un chat, ni le sifflement d'un serpent, mais le cri d'alarme d'un animal qui était un peu des deux. Or, Rodrigue s'alarmait rarement ; aussi, Harry arrêta son geste et se tourna vers lui.
Rodrigue ne pouvait pas parler devant tout le monde, mais son regard était si éloquent qu'Harry le comprit. Une lettre noire, portée par un corbeau aux yeux verts, à un jeune homme qui ne connaissait personne, ou plutôt que personne ne connaissait à l'extérieur, tout cela ne pouvait que venir de Voldemort. Et Harry aurait été bien peu avisé de toucher ne serait-ce que du bout des doigts quelque chose qui venait de son plus mortel ennemi. Qui sait si cette lettre n'était pas ensorcelée de façon à le faire tomber raide mort dés qu'il la saisirait ?
Cependant, il fallait faire quelque chose. Tous les regards étaient tournés vers lui. Harry sortit sa baguette ; fort heureusement, il était devenu très habile pour déceler la magie noire. Si quelque chose se manifestait quand il toucherait la lettre de sa baguette, ou quand il aurait essayé quelques formules, alors…
Mais rien de tout cela ne se produisit. Harry consulta alors Rodrigue du regard, et celui-ci ayant acquiescé d'un signe de tête, il prit l'enveloppe et l'ouvrit avec précaution. Fort heureusement, et à sa grande surprise, il s'avéra que la lettre n'était bien qu'une lettre. Voici ce qu'elle contenait :
Cher Harry,
-Ces mots suffirent à confirmer ce que Harry avait deviné sur l'origine de la lettre-
Cher Harry,
Tout d'abord, laisse moi te dire combien je suis heureux de te retrouver enfin. Oui, heureux, c'est bien le mot ; tu ne pourras jamais savoir à quel point je suis las de cette inutile errance qui ne fait que différer un combat qui aurait pu avoir lieu depuis longtemps. Les hommes m'ennuient à en crever. Les sorciers ordinaires me paraissent aujourd'hui aussi bêtes que des moldus. Le monde ne m'intéresse plus. Autrefois, j'étais un seigneur, un roi, cela pouvait aller encore ; aujourd'hui, je suis un dieu, et je me sens seul dans mon panthéon. Tu es, hélas, mon dernier espoir de distraction . Je l'espère, du moins ; as-tu su tirer parti du délai qui t'était accordé ? Nous serons bientôt fixés.
Naturellement, j'ai tout de suite senti ta présence, quand je suis arrivé dans cette époque, et je suis prêt à parier que c'est la même chose pour toi. Oui, nous sommes toujours aussi liés, autant et je dirais même davantage que par le passé. Pour nous, le temps ne compte pas. As-tu vu, toi aussi, le château dans la neige et les hommes dans la glace ? C'est notre monde ; il hiberne jusqu'au retour de ses élus, n'est-ce pas touchant ?
Il se peut que « l'heure du jugement », comme disent les moldus, ne soit pas encore arrivée ; il se peut que toutes les tentatives que je ferai pour te détruire avant le moment décidé soient vouées à l'échec. Mais tout cela ne m'empêchera pas d'essayer, je suis trop vieux pour accorder beaucoup de crédit aux paroles énigmatiques d'une voix qui vient de nulle part. Et puis, je l'avoue, je suis assez vaniteux pour me croire plus fort que le destin. Alors, comme je ne veux pas te vaincre trop facilement, je te préviens ; sois sur tes gardes et protège tes parents comme tu le peux, parce que je suis déterminé à te détruire, d'une façon ou d'une autre !
Tu vois que je suis un bon ennemi. Je te hais, mais je t'estime, et je suis impatient de t'affronter à nouveau. Nous avons toujours un duel à terminer…
Sois donc assuré d'avoir bientôt de mes nouvelles.
Affectueusement,
L.V.
« Eh bien, voici une lettre singulière, et peu de gens peuvent se vanter d'en avoir reçues de semblables », songea Harry avec un sourire qui ressemblait à une grimace. Harry leva les yeux et vit que ses voisins de table l'observaient toujours.
-Visiblement, dit Sirius d'un ton léger, ce n'était pas une lettre d'amour.
-C'était un de tes amis américains ? Demanda Lily avec curiosité.
-Hum, fit Harry avec une grimace, « ami », c'est peut-être pas le mot que j'emploierai. Disons que c'est une vieille connaissance.
Rodrigue émit un bruit étrange dans lequel Harry seul discerna un rire. Harry plia la lettre et la rangea dans sa poche, se promettant de la brûler dés qu'il serait seul.
-Laissons cela, dit Sirius avec un haussement d'épaules. Tu viens, ce soir ?
-Ce soir ? Répéta Harry sans comprendre.
-Tu n'as quand même pas oublié ? demanda Lily avec un froncement de sourcils.
-Heu… répondit Harry d'une voix penaude.
-La fête de Sluggie, espèce d'andouille ! dit Sirius sur un ton railleur.
-Aaaaah, dit Harry en soupirant. Tu as parfaitement raison, je suis le roi des andouilles. Ça m'était complètement sorti de la tête.
-C'est sans doute parce que tu ignores la liste des invités, dit James avec un air mystérieux.
-Mais, oui, tout à fait.
-Il y aura du beau monde, dit Sirius.
-Je parie que tu donnerais tout pour savoir qui, dit Peter en bombant le torse, bien que lui-même ne soit pas invité.
-Ma foi… non, dit Harry en riant. Je m'en fiche royalement.
-Irrécupérable, dit Sirius en secouant la tête.
-Tu ne sais sans doute pas, dit Peter en fronçant les sourcils, comme vexé par l'indifférence de son camarade, que Slughorn compte dans son club d'anciens élèves quelques uns des plus prestigieux personnages de notre temps ?
-On me l'a dit, répliqua Harry avec calme. Mais comme je ne m'intéresse ni aux ananas confits, ni aux rockeurs sorciers, ni aux fabricants de chaudrons, je ne vois pas très bien pourquoi j'irais.
-Alors, tu n'iras pas ? demanda Lily avec étonnement.
-Si, mais uniquement pour ne pas me mettre Slughorn à dos. J'ai déjà bien assez d'ennuis comme ça, dit-il en jetant un regard en biais à Sirius.
Il y eut un silence durant lequel chacun selon sa nature, essaya de mettre de côté les sentiments que provoquaient en eux cette nature désinvolte qui semblait n'avoir besoin de rien ni de personne –étonnement pour Lily et Remus, une certaine admiration pour James et Sirius, jalousie pour Peter, et un peu de tout cela chez les autres qui écoutaient la conversation.
-C'est vrai, dit Sally Larson, l'amie de Lily, d'une voix neutre, avec un talent comme le tien, on peut se passer de ce genre de relations.
Harry rougit un peu, mais haussa les épaules et répondit :
-Même si ce n'était pas le cas, je n'accepterais pas l'aide de Slughorn.
-Là, tu as raison, s'exclama James. Moi, c'est pareil, je refuse de me faire pistonner. C'est déjà bien assez de subir l'influence de mes parents.
-Moi, je n'ai pas ce problème, dit Sirius d'un ton léger. J'imagine mal mes parents me pistonner pour quoi que ce soit, à part éventuellement pour une carrière de mangemort.
Tout le monde éclata de rire.
-Au fait, reprit Harry, qui d'autre est invité, parmi les élèves ?
-Eh bien, dit Sirius, moi, bien sur…
-Bravo pour la modestie, dit Lily sur un ton railleur.
-…Lily, James, Sally, Richard Ford, un quatrième année,…
-Une bande de Poufsouffles et de Serdaigles, dont le seul intérêt est d'avoir des parents riches et célèbres, poursuivit James.
-Et, bien sûr, termina Sirius avec une grimace, Lucius Malfoy, Bella et Narcissia, et Rogue. Et Regulus, mon idiot de frère.
-Ah ! s'exclama Harry. Vous voyez bien que j'avais raison de ne pas vouloir y aller. Je ne veux rien avoir en commun avec ces gens-là, moi.
-Bah, dit Lily en haussant les épaules, tu feras comme nous. Tu te mettras à l'autre bout de la pièce et tu feras comme s'ils n'existaient pas.
-Soit, grommela Harry. Mais encore faudra-t-il qu'ils en fassent autant.
HPHPHPHPHPHPHPHPHP
La journée se déroula sans évènements notables : cours, déjeuner, mauvaises blagues, retenues, cours, altercations avec les serpentards, retenues, insultes au concierge, retenues, dîner, puis, enfin, les heureux élus revêtirent leurs resplendissantes tenues de soirée (Harry s'en inventa une raisonnable en dernière minute) et descendirent dans les cachots, sans prêter attention aux regards envieux de leurs camarades négligés.
Harry aborda les cachots avec le désir intense d'en sortir au plus vite. En effet, outre son manque d'enthousiasme initial, il avait du s'arracher à la lecture d'un fascinant traité de magie noire qu'il avait « emprunté » à la réserve de la bibliothèque. Il lui avait fallu mobiliser toute sa volonté, et l'insistance acharnée de Rodrigue, son mauvais génie, pour s'y résigner. Aussi, il était déterminé à dire un petit bonjour, à se fondre dans le décor, puis à s'esquiver habilement, et ce en un temps record.
Comme il fallait s'y attendre, les Gryffondors s'étaient regroupés dans un coin de la pièce diamétralement opposé à celui des serpentards –les chiens ne se mêlent pas aux chats. Harry les rejoignit en tentant autant que possible de dissimuler sa mauvaise humeur.
« Surtout, ne rien dire d'intéressant ou de stupide », se dit-il à lui-même. « Rien qui puisse me faire remarquer. Bonjour, monsieur, c'est un honneur monsieur, j'ai toujours rêvé de vous rencontrer et puis voilà. Ce soir, je vais être le lycéen moyen par excellence. Nullissime, inintéressant au possible, flagorneur… Tiens, comme Malfoy, par exemple. Oui, excellente idée, je vais régler ma conduite sur celle de Malfoy, puis, quand tout le monde m'aura oublié… Zou ! ». Assez satisfait de sa conclusion, il émit un petit rire de contentement.
-Tu es en retard, constata Sirius.
-Tu m'en vois profondément navré, répondit Harry sur un ton railleur.
Sirius poussa un soupir.
-Je présume qu'il est inutile de te demander où tu étais passé ?
-Bibliothèque, répondit Harry, confirmant ce que Sirius avait deviné. Et je te préviens, je compte bien y retourner dés que possible. Quand j'aurai vu Slughorn…
-Pour le moment, c'est impossible, dit Lily. Il est en grande conversation avec Oscar Plimpton.
-Qui ça ?demanda Harry en haussant les sourcils.
-Oscar Plimpton, le porte-parole du gouvernement, répondit Lily, un peu étonnée de l'ignorance de son ami. Tu ne le connaissais pas ?
Harry haussa les épaules.
-Je suis américain, la politique anglaise n'est pas vraiment mon rayon. Tant qu'on y est, c'est qui, les autres invités ? demanda-t-il en jetant un regard circulaire sur l'assistance. A vrai dire, je ne reconnais personne.
-Personne ? répéta James en riant. Pas même Laura Garner, la chanteuse la plus sexy de l'année ?
-Personne, et surtout pas Laura Garner, confirma Harry. Alors ?
-Eh bien, voici Laura Garner, répondit Sirius en désignant une jolie brune en robe fushia qui souriait d'un air mièvre. La femme en bleue, à sa droite, c'est sa rivale, Celestina Moldubeck…
-Ah, elle, je la connais ! s'exclama Harry, tout content de se trouver en terrain connu.
-Tu aimes ce genre de musique ? demanda Lily avec un sourire radieux, tandis que James et Sirius grimaçaient derrière son dos.
-Heuuu… Disons que je la trouve… Très expressive, répondit Harry, sans trop se compromettre par cette réponse.
-Le type aux moustaches jaunes, là-bas, c'est Armand Lajoy, le chef du meilleur restaurant sorcier londonien, poursuivit James. Il parle avec Wilson Garret, le président de la Fédération anglaise de quidditch, et Mirabelle Beauséant, la richissime créatrice de la marque de produits de beauté «Fatima».
-Sinon, dit Lily, l'homme en bleu marine, au bar, c'est Ulrich Nozebon, le célèbre inventeur de la potion anti-radiations. Tu as sûrement entendu parler de lui ?
-Sûrement, répondit Harry.
-Et là…
-Aïe aïe, l'interrompit Sirius d'un ton alarmé en regardant la porte. Vautours puants droit devant.
Les Gryffondors se retournèrent à leur tour. Deux hommes de quarante à cinquante ans venaient d'entrer. L'un était blond, grand et massif, l'autre petit, brun et sournois. A la vue de ces étrangers, les Serpentards s'animèrent et vinrent les saluer avec enthousiasme.
-Qui est-ce ? demanda Harry.
-Abraxas Malfoy et Tulius Black, répondit James.
-Mon oncle, dit Sirius en réponse au regard interrogateur que lui lança Harry. Le papa de Bella et Cissy.
Sirius accompagna cette information d'une grimace éloquente.
Harry étudia avec un œil parfaitement neutre les figures désagréables de ces deux rejetons de l'aristocratie dégénérée.
-C'est curieux, dit-il sur un ton indifférent, Lucius Malfoy ne ressemble pas tellement à son père.
-Oui, répondit Sirius sur le même ton, il tient plutôt de sa mère.
-En revanche, poursuivit Harry, Bellatrix ressemble un peu à son papa, mais en mieux.
-Moi, je ne vois pas une grande différence, répliqua Sirius en haussant les épaules. D'accord, elle est plus grande, et mieux tournée, mais…
-Holà ! dit James d'un ton grincheux, on dirait qu'ils viennent vers nous.
En effet, après avoir tenu une espèce de colloque, les deux adultes, suivis avec un peu de distance par la jeune génération de leur clan, marchaient dans la direction du groupe des Gryffondors, ce qui n'annonçait rien de bon.
-Hééé, dit Sirius, il ne faut surtout pas leur parler, les gens vont croire qu'on les connaît.
-On n'a pas trop le choix, répondit James d'un air sombre. Restons et voyons ce qu'ils nous veulent.
Mais à ce moment là, Slughorn, qui ne ratait jamais ce qu'il avait intérêt à voir, se retourna comme par magie et, pressentant sans doute le danger de la situation et ses suites possibles, s'empressa d'aller éventer la mèche.
-Abraxas ! Tulius ! Mes bons amis, quelle joie de vous revoir dans ce château !
Il leur serra affectueusement la main, sans paraître remarquer la grimace des Gryffondors. Force fut aux deux hommes de répondre à cet accueil.
-Horace, dit Tulius Black en affichant un sourire mielleux qui contrastait avec la froideur de son regard. C'est toujours un plaisir de vous rendre une petite visite. Votre buffet est toujours aussi bien tenu et vos invités toujours aussi intéressants.
-N'est-ce pas ? répondit Slughorn avec un sourire radieux.
-Et puis, ajouta Malfoy senior en affectant la nostalgie, ce château me rappelle ma jeunesse. Ah, dit-il avec un gros soupir, c'était le bon temps !
-Eh, eh, fit Slughorn, vous étiez une belle bande de sacripans !
-Pas trop, répliqua Black.
-Oh, que si ! Jeunes gens, dit-il en se tournant vers les jeunes serpentards, vos parents en ont fait de belles.
-Ah oui ? demanda Lucius avec une avide curiosité.
Harry échangea un regard douloureux avec ses amis ; ils étaient condamnés à subir le récit des frasques adolescentes des deux pères. Il n'y avait pas moyen d'y échapper, Slughorn les tenaient à l'œil et les regardait avec une insistance qui leur imposait clairement de rester.
Ainsi, ils écoutèrent leur professeur raconter comment Abraxas et Tulius avaient mis le feu aux serres en se battant en duel avec deux Gryffondors, comment la mère de Bellatrix avait réussi à faire tomber sous son charme la moitié des élèves masculins de son âge grâce à un filtre d'amour amélioré, comment l'équipe de Serpentards avait ébloui tout le monde grâce aux balais dernier cri généreusement financés par la famille Malfoy, et beaucoup d'autres choses dans le genre. Les Gryffondors, par respect pour leur professeur, se forçaient courageusement à rire un peu, mais écoutaient ces beaux récits avec un dégoût grandissant. Harry songeait avec une tristesse croissante à son Traité sur la transmigration des âmes qui l'attendait dans le dortoir et soupirait intérieurement.
-Mais, dit Slughorn après une dernière histoire désopilante que Harry n'avait pas écoutée, la nouvelle génération n'est pas triste non plus !
-Vraiment ? demanda Abraxas Malfoy en jetant un regard à son fils.
-Mais, oui, répondit Slughorn, nos jeunes Serpentards sont pleins de talents, et ils s'en servent !
-Tant mieux, dit Black.
-Ceci dit, poursuivit Slughorn en désignant les Gryffondors d'un signe de tête, la concurrence est forte. Les Gryffondors ne sont pas en reste, cette année !
-Ah, oui, dit Black senior d'un ton glacial, oui… Potter, Evans, comme d'habitude (il ne mentionnait jamais son neveu, préférant oublier qu'un tel individu portait son nom de famille).
-Oui, oui, répéta Slughorn avec enthousiasme. Potter, Evans, Black (Black senior grimaça douloureusement), comme d'habitude. Mais vous ne connaissez pas encore notre petit nouveau, William Griffith !
Black et Malfoy jetèrent à Harry un regard qui laissait clairement comprendre qu'ils le connaissaient de réputation. Harry répondit par un sourire charmant, quoiqu'il eût préféré de loin être oublié.
-Nous en avons vaguement entendu parler, répondit Malfoy d'un ton hautain.
-Le plus brillant de nos élèves, continua Slughorn en donnant à Harry d'un geste paternel une claque sur l'épaule qui le fit fléchir les genoux.
Les Serpentards envoyèrent à Harry des regards assassins. Mais celui-ci était bien trop préoccupé par son Traité sur la transmigration des âmes pour s'en soucier.
-Et monsieur à une spécialité, un domaine de prédilection ? demanda Malfoy senior avec froideur.
-Tout ! répondit Slughorn avant que Harry ait pu ouvrir la bouche. Il sait tout faire ; sortilèges, maléfices, métamorphoses… C'est un génie universel ! Excellent préparateur de potions, qui plus est.
-Et les parents de monsieur sont… demanda Malfoy senior.
-Ils sont morts, monsieur, répondit Harry d'un ton poli. Mais ma mère vendait des antiquités magiques en tout genre, et mon père était patron d'une entreprise qui fabriquait des perceuses électriques- il était moldu.
Harry accompagna cette dernière information d'un sourire provocateur. Malfoy et Black senior répondirent par une expression chargée de haine et de mépris, qu'ils se contraignirent cependant à dissimuler, par respect pour Slughorn.
-Venez, Griffith, dit Slughorn en le prenant par le bras, j'ai quelques personnes à vous présenter. A plus tard, chers amis !
Harry soupira intérieurement mais se résigna et suivit sans résistance son professeur. Il fut ainsi successivement présenté à un chercheur célèbre, au vice-premier ministre, à l'ambassadrice du Canada, à la chanteuse Celestina Moldubeck, au président de l'organisation magique du commerce et à celui de la ligue anglaise de quidditch. Il souffrit d'autant plus de ces rencontres, qu'il ne connaissait aucune des personnes concernées, en dehors de la chanteuse, celle qui de toutes lui était bien la plus antipathique. Aussi, il s'efforçait de dissimuler son ignorance par des phrases creuses, de splendides sourires flagorneurs qui lui brûlèrent la langue et lui donnèrent des crampes à la mâchoire.
Enfin, Slughorn se désintéressa de lui pour engager la conversation avec Heribert Applewhite, une personnalité du ministère. Harry profita de l'occasion pour s'esquiver habilement. Mais à peine avait-il franchi la porte, qu'il se sentit tiré en arrière par le dos de sa robe.
-Tu t'en vas déjà ? demanda Sirius d'un ton nonchalant.
-« Déjà », tu en as de bonnes, répondit Harry en grognant. Ça fait une heure que je souffre le martyre, vous auriez pu m'aider.
-Non, pas envie, répliqua Sirius avec un sourire sournois.
Harry fit un geste d'impatience.
-Bon, lâche-moi, au moins, dit-il agacé.
Sirius s'exécuta. Harry poursuivit son chemin.
-Qu'est-ce que tu compte faire ?demanda Sirius d'un ton moqueur. Travailler ?
-Exactement.
Sirius poussa un grand soupir.
-Y a rien à en tirer, dit-il. Va donc, intello à deux noises.
Harry ne se retourna même pas. Mais vingt pas plus loin, il croisa Malfoy junior, qui parut surpris de le voir dehors.
-Où u vas comme ça ? demanda-t-il avec une certaine agressivité.
-Dans ma salle commune, répondit Harry sur le même ton. Ça te dérange ?
Malfoy fronça les sourcils.
-Attend avant de partir, dit-il avec froideur. Mon père veut te parler.
-Une prochaine fois peut-être ! répondit Harry en éclatant de rire.
Et, sans prêter attention à l'air outragé du jeune blond, il continua sa route et finit par rejoindre, à son grand soulagement, la tour des Gryffondors et son précieux Traité.
La salle commune était presque vide. Seuls une dizaine d'élèves s'étaient attardés et discutaient en petits groupes. Remus était assis seul près du feu et révisait sa métamorphose. Harry récupéra son livre (dont il avait modifié la couverture pour qu'un élève trop curieux ne puisse y voir que la très innocente Encyclopédie des plantes magiques des pays baltes) et s'installa en face de lui.
-Tu n'es pas resté longtemps, s'étonna Remus. Il n'est que dix heures.
-Seulement ? Grogna Harry. Moi, j'aurais dit qu'il était minuit, au moins.
-C'était si nul que ça ? demanda Remus en souriant.
Harry répondit par une grimace éloquente qui fit éclater de rire Remus.
-Et les autres ? demanda-t-il une fois qu'il eut retrouvé son calme.
-Ils nous rejoindront plus tard. Au fait, où est Peter ?
-Aux cuisines, répondit Remus en riant de nouveau. A chaque fois qu'il y a une fête de Slughorn, il se venge de ne pas avoir été invité en organisant une orgie en solitaire.
-Je vois, répondit Harry en réprimant un sourire dédaigneux.
Puis il se plongea dans la lecture qui avait fait l'objet de ses tourments pendant toute la soirée. Deux ou trois fois, Remus sembla sur le point de lui adresser la parole, mais à chaque fois il se ravisa, comme s'il était effrayé par ce qu'il allait demander.
Trois heures passèrent ainsi. Puis, quand une heure sonna, Remus se leva et dit à son camarade :
-Je me demande ce qu'ils font. La fête doit être terminée, à présent. Je pense qu'ils ont du rejoindre Peter, c'est leur habitude. Je vais essayer de rapatrier les troupes.
Harry approuva d'un signe de tête, sans se détacher de sa lecture. Remus se demandait comment son ami faisait pour rester concentré aussi longtemps ; pas une seule fois, durant les trois heures qu'ils venaient de passer ensemble, William n'avait levé les yeux.
Remus parvint aux cuisines sans être inquiété. Comme il l'avait prévu, il trouva Peter et Sirius affalés sur leurs chaises près de feu, entourés des reliefs d'un festin qui avait du être gargantuesque. James et Lily, en revanche, n'étaient pas là.
-Salut, mon loup, fit Sirius. Tu viens manger un morceau avec nous ? J'ai parié dix galions à Peter que je mangerais cette dinde à moi tout seul.
-Dans ce cas, répliqua Remus, tu peux renoncer à ton argent, parce que je viens vous rapatrier.
-Quoi, déjà ? fit Sirius avec le regard d'un gamin auquel on refuse une deuxième glace.
-Je vais gagner dix galions ! jubila Peter dont les yeux brillèrent de cupidité.
-Peter, dit Remus en levant les yeux au ciel, tu es d'une naïveté affligeante. Comment veux-tu que Sirius te paye dix galions, lui qui n'a même pas dix noises en poche ?
Peter fit une moue déçue.
-Allez, venez, répéta Remus avec impatience.
-Tout de suite, monsieur le préfet, dit Sirius en se levant d'un bond.
-Au fait, demanda Remus en fronçant les sourcils, où sont passés Lily et l'autre andouille ?
-C'est comme ça que tu parles de tes meilleurs amis ? S'offusqua Sirius.
-Absolument, répliqua Remus impassible. Je t'ai posé une question.
Sirius poussa un profond soupir.
-En vadrouille, répondit-il d'un air vague.
-Bon, tant pis, ils nous rejoindront plus tard.
Mais, le hasard faisant bien les choses, les cinq amis furent réunis bien plus tôt que Remus ne l'avait espéré. Lily, qui n'était pas moins consciencieuse que son camarade loup-garou, avait écourté la promenade romantique. Aussi, les deux groupes se rencontrèrent dans le couloir du premier étage et retournèrent ensemble dans leur salle commune.
Harry n'avait pas bougé de son divan. Seulement, à la grande surprise de ses camarades, il semblait avoir été pris d'un sommeil foudroyant, et s'était affalé, la tête posée sur son livre, dormant profondément sans émettre le moindre son –on aurait presque dit qu'il était mort.
-Ça alors, fit Lily, une fois revenue de sa surprise. Il devait être vraiment épuisé.
-Excès de travail, dit Sirius d'un ton docte. Je l'avais prévenu !
-C'est bizarre, dit James, il avait pourtant l'air en forme.
-Je le trouve un peu nerveux, ces derniers temps, objecta Remus.
-Vous croyez qu'il faut le réveiller ?
-Vaudrait mieux, dit James. Sinon, il risque d'avoir des courbatures, demain. A toi l'honneur, Sirius.
-Ah, non, pas question, protesta Sirius. J'ai déjà donné. Trop dangereux.
-Trouillard, dit Remus avec un sourire moqueur.
Sirius haussa les épaules avec agacement, mais ne bougea pas. Finalement, James s'approcha de William, et, tirant la leçon des déboires de Sirius du matin, posa doucement sa main sur l'épaule du jeune homme endormi.
-Willy ! Hé, Willy ! dit-il.
Il n'obtint aucune réaction.
-Essaye de nouveau, dit Remus.
James s'exécuta, haussant un peu la voix et secouant Harry sans brutalité. En vain. Sirius, surmontant ses peurs, prit alors le relais avec son tact habituel.
-DEBOUT WILLY ! Cria-t-il à pleins poumons en donnant une grande claque sur l'épaule de Harry.
-Chhhhhuuuuut ! fit Remus, affolé. Tu vas rameuter tout le château, imbécile.
Harry n'avait toujours pas bougé.
-Dîtes, vous croyez que c'est normal ? demanda Peter un peu inquiet. Il est peut-être de nouveau malade ou je-ne-sais-quoi.
-Ah, oui, on ferait peut-être bien d'aller chercher madame Pomfresh, approuva Remus.
-Non, laisse tomber, dit Lily en haussant les épaules. C'est le genre de personnes qui dorment rarement, mais qui dorment bien, quand elles dorment. Mon père est comme ça, lui aussi.
-Oui, mais ça m'embête un peu de le laisser ainsi, dit James en se passant une main dans les cheveux.
-Héééé ! fit soudain Sirius, en observant de plus près le livre de Harry. C'est quoi, ce truc ?
Les quatre autres se rapprochèrent à leur tour pour regarder et se figèrent en voyant l'écriture.
-Ça alors, dit Peter, c'est quoi, cette langue bizarre ? Ça ressemble pas vraiment à des runes, non ?
-Non, répondit Lily, c'est du Grec. Je reconnais quelques lettres.
-Du grec ? Répéta Sirius, stupéfait. Tu ne crois quand même pas que Willy sait aussi lire le grec ?
Lily haussa les épaules en signe d'ignorance.
-A votre avis, de quoi ça parle ? demanda Peter.
-Sais pas, répondit James d'une voix lente, mais ça m'a pas l'air très net. Regardez les images.
La tête de Harry, posée sur le livre, cachait le bas de la page de droite, mais les cinq amis pouvaient quand même distinguer trois illustrations hélas assez réalistes. L'une d'entre elles représentait un sorcier sur le point d'égorger un malheureux faon (cette illustration choqua particulièrement James, pour des raisons que le lecteur peut aisément imaginer). Une autre montrait un sinistre personnage en train de se tordre de rire devant un homme qui convulsait en crachant du sang par le nez et les oreilles. Enfin, sur la troisième, une sorcière s'apprêtait joyeusement à jeter une main humaine dans un chaudron bouillonnant.
-Charmant, commenta Sirius. On dirait un des livres de cuisine de ma mère.
James retira avec précautions le livre de dessous la tête de Harry, qui ne broncha pas. Il jeta un coup d'œil à la couverture. Mais le titre ne semblait pas vraiment en adéquation avec le contenu.
-A mon avis, il a jeté un sortilège trompe-l'œil, dit Lily. Attends… Specialis revelio ! dit-elle en pointant sa baguette sur le livre.
L'effet fut immédiat ; le vert de la couverture laissa la place à un noir profond. Le véritable titre apparu en lettres dorées. Mais il n'apporta guère de lumières aux cinq amis, étant lui-même écrit en grec ancien.
-On est bien avancé, grommela Sirius.
-Au moins, on sait qu'il ne voulait pas qu'on le surprenne à lire de livre, dit Lily en haussant les épaules.
-C'est bizarre, dit James entre ses dents.
-Suspect, je dirais, ajouta Sirius qui regardait maintenant Harry avec une certaine dureté.
-Alors… dit Peter à voix basse, vous croyez que c'est un mage noir ?
James et Sirius répondirent par un regard lourd de signification. Mais Remus et Lily ne paraissaient pas aussi convaincus.
-Pas si vite, dit Lily. On ne peut pas en juger sur si peu de choses.
-Ce livre est quand même une preuve assez accablante, répliqua James.
-Je ne suis pas d'accord, dit Lily. Il voulait peut-être simplement étudier la théorie.
Sirius fit un reniflement de dédain.
-Quel genre d'élèves étudierait la magie noire pour la théorie ?
-Moi, par exemple, répliqua Lily. Et pour un sorcier aussi doué que William, il est normal d'éprouver une certaine curiosité pour les magies complexes.
James et Sirius paraissaient peu convaincus.
-Si tu le dis… répondit James, sceptique. Mais je te préviens, je vais garder un œil sur lui.
-Et moi aussi, approuva Sirius.
-Et moi aussi, répéta Peter, qui ne voulait pas avoir l'air en reste.
Remus haussa les épaules ; lui, de toute façon, surveillait Harry depuis le début de l'année, et n'avait par conséquent rien à changer à sa conduite.
-Bon, on fait quoi ? demanda finalement Peter.
-Bah, répondit James en haussant les épaules. Laissons-le, tant pis.
Puis, avec un dernier regard pour leur camarade, ils le laissèrent seul dans la salle où le feu était tranquillement en train de mourir, et montèrent se coucher.
Voilà, un nouveau chapitre de terminé (ouf) ! Donc, comme d'habitude, j'attends vos reviews avec impatience. Songez que de vos reviews dépend toujours le salut de Harry, la menace de la tour d'astronomie et de l'amour de James pour Bella (que j'adore, entre nous) n'est pas encore levée ! (rire sadique). Alors, à bientôt, aimables lecteurs !
RAR (pour tout le monde)
Comme je suis quelqu'un de très organisé et de très attentionné, j'ai décidé de classer mes RAR par ordre alphabétique. Applaudissez tous bien fort ce formidable élan de générosité, dont, je suis sûre, vous devez m'être extrêmement reconnaissants !
Anne-Laure0617 : Merci de continuer à me lire et à m'encourager, ça fait plaisir ! A la prochaine, j'éspère.
Diablo : merci d'avoir envoyé une review, j'adore les reviews, je pourrai en avaler des centaines. Merci aussi pour tes encouragements, et à bientôt !
Elie : Eh oui, deux Voldy sur les bras, c'est un peu dur… Merci pour ta review, à bientôt !
Eowyn : Coucou ! Merci beaucoup pour ta review. Eh, eh, tu n'est pas la seule à attendre l'affrontement, tout le monde me le réclame, mais va falloir patienter encore un peu,. Allez, à plus !
Ewilan Potter : Coucou ! Merci d'être fidèle au rendez-vous. Voici la suite !
Flo : Raaaaaaah ! Je suis désolée, mille fois désolée !!!! Si si, je t'assure, je ferai mieux la prochaine fois !! Encore une fois, mille pardons et merci de continuer à me lire. J'en viens aux questions. Alors, tout d'abord, Harry… je pense que pour l'instant, il a fait assez de ménage, il est temps qu'il passe à un boulot plus sérieux. Si Harry c'est réveillé plus tôt que prévu, c'est parce que, comme il le dit lui-même, les potions ne font plus beaucoup d'effet sur lui, en tout cas les potions mineures (c'est un peu comme les antibiotiques, si t'en bois trop souvent, le corps s'adapte et ça n'a plus aucun effet). Du véritasérum contre les élèves ? pourquoi pas, à l'occasion… Quant à ce cher Voldy, il a une sorte de lien télépathique avec Harry, ils peuvent sentir la présence de l'autre. Personne ne peut aimer la nourriture anglaise, j'en ai fait l'expérience et c'est très déplaisant, surtout les petits-déjeuners ! Bien entendu, Voldy est toujours raciste, la politesse c'est juste une façade ironique. De toute façon, il n'estime personne en dehors de lui-même. Voilà, merci encore et à très bientôt !
Gryffondor : Eh oui, Harry a deux psychopathes sur les bras, maintenant, sans compter les abrutis de futurs mangemorts. Merci pour ta review, et à bientôt !
Lana51 : Merci de tout cœur pour tes encouragements. Voici la suite. Bises !
Lapis Lazuli : Coucou, je suis de retour ! Merci d'être toujours fidèle au rendez-vous. Pour répondre à ta question, eh bien, Voldemort se doute qu'il peut s'avérer dangereux s'essayer de modifier le passé, mais c'est pas ça qui va l'arrêter. Il est devenu plus téméraire qu'autrefois, contrairement à Harry qui est devenu un peu plus prudent avec l'âge. Donc, il faut s'attendre à des interventions fréquentes de Supervoldy dans la vie quotidienne. A suivre… Allez, à plus, et encore merci !
Melody Evans : Merci pour ta review ! Eh oui, Voldy a bien changé…Voici la suite. A plus !
Meryem : Merci encore pour ton soutien. Tu m'as demandé si j'écrivais à un rythme particulier, eh bien, en fait, non… Comme tu vois, ça dépend de ma disponibilité et de mon inspiration… A bientôt !
Namyothis : Merci de tout cœur pour tes compliments, ça m'encourage à écrire. Bises!
Ouste : Merci beaucoup ! Je pense que ce chapitre répond à ta question ; si Voldy sait que Harry est dans cette époque, c'est qu'ils sont désormais en mesure de sentir la présence de l'autre, ce qui est à la fois un avantage et un inconvénient. Voilà, merci encore et à bientôt !
Petronille : Merci pour ta review ! Voici la suite.
Rini : Merci, je suis contente que ça te plaise. A la prochaine !
Roi rouge : Merci pour ta review, et voici un nouveau chapitre. A très bientôt !
Sirina Black : Merci beaucoup ! Le sens de la vision de Harry sera révélé peuà peu. Mystère… A bientôt !
Tchaye : heu, je crois me souvenir que je t'ai déjà répondu, mais bah, ça fait rien… Merci encore !
Valiane d'Avalon : Rebonjour ! Merci pour ta review, et pour tes idées. Je n'ai pas encore introduit d'aventures de Harry, mais je vais y penser. J'aime bien l'idée du volcan, je vais m'en inspirer. Pour tes questions… Oui, la vision de Harry est en partie une vision du futur, comme Voldemort l'explique dans ce chapitre. Et pour mon combat pour la décence, j'avais écrit une fic satirique contre les auteurs de fics pornos, mais on me l'a supprimée. Je me suis fait violement prendre à parti par une bande de harpies fanatiques, pendant un mois j'ai pas arrêté de recevoir des reviews d'insultes. Si tu veux te faire une idée, tu peux toujours aller faire un tour sur mon forum, 'décadence ». Allez, à plus !
666Naku : Coucou ! Merci beaucoup pour ta review, et tes compliments. Je suis malheureusement dans l'incapacité de t'expliquer pourquoi il y avait un caveau rempli de ronflaks à Poudlard. C'est un des mystère de Poudlard qu'il ne vaut mieux pas approfondir.
Comme l'explique Harry dans ce chapitre, lui et Voldemort se connaissent si bien qu'ils se reconnaîtront sous n'importe quel déguisement. Pour les modalités de l'attaque, qui vivra verra ! Et quand ils découvriront la réaction de Harry, les autres héros resteront bien évidemment foudroyés de stupeur et d'ébahissement. Il est également inévitable que Dumby nous sorte une de ses maximes pseudo-philosophiques. Et voilà, merci encore et à bientôt !
