Chapitre 11
La pluie tombait à verse dehors. Les gouttes martelaient vivement les vitres de la bibliothèque. Et les nuages gris menaçaient de lancer des éclairs. La météo annonçait justement un orage dans le courant de l'après-midi.
Soudain, une feuille se colla sur la vitre surprenant Léna. Elle la regarda glisser le long de la surface vitrée suivant la course des gouttes d'eau dévalant déjà la fenêtre. La jeune fille continua à descendre son regard jusqu'à tomber sur la forêt interdite. Les branches des arbres s'agitaient violemment au gré du vent et les feuilles s'envolaient dans un tourbillon de couleurs. La nature se déchainait de plus belle à l'extérieur ce qui contrastait avec l'ambiance calme de la bibliothèque.
Ces derniers jours, le temps se dégradait. Il y avait régulièrement des tempêtes. Etant déjà en mi Décembre, tout le monde s'étonnait de ne pas voir tomber de la neige plutôt que la pluie glaciale qui faisait son œuvre en ce moment même. Pourtant, lorsque les élèves sortaient, ils ressentaient le froid comme s'il faisait 0 degré.
Brusquement, les buissons s'agitèrent. Léna plissa les yeux et aperçu quelqu'un sortir de la forêt. Il tenait sa baguette dans sa main prêt à s'en servir. Un morceau de papier dépassait de sa poche que l'élève s'empressa de le glisser plus dans le tissu afin qu'il ne prenne pas l'eau. Tout dans son attitude faisait penser que quelque chose s'était passé dans la forêt.
Quelques secondes plus tard, un petit groupe émergea de la végétation à la suite du premier élève. En son centre se tenait un garçon plus grand que les autres. Il avait les vêtements sales. Les autres autour de lui semblaient le prendre en joug, comme s'il devait rester sous surveillance.
Le premier entra dans le château. Léna se leva brusquement. Ses amis assis à côté d'elle la regardèrent bouche bée. Elle inventa une excuse et sortit précipitamment de la bibliothèque.
Lorsque la jeune fille arriva dans le hall, le professeur Dumbledore parlait déjà au jeune homme. Elle le reconnut immédiatement. Le Préfet-en-chef. Celui-ci jeta un sort afin d'essorer l'eau de pluie de son uniforme. A ce moment-là, le reste du groupe poussa la porte d'entrée et s'engouffra dans la pièce.
Léna connaissait l'élève au centre du groupe. Il s'appelait Edward Drake. Elle se cacha derrière un pilier pour entendre la conversation.
La jeune fille et le garçon avaient passé quelques retenues ensemble. Elle l'observa longuement et se demanda ce qu'il avait pu faire dans la forêt interdite. Ses vêtements étaient trempés et boueux. Il n'avait pas l'air d'avoir fait une simple balade et comme elle le connaissait, elle se dit que la punition allait être à la hauteur de la bêtise, c'est-à-dire, sévère.
๑๑๑
Plus tard, au déjeuner, Léna chercha du regard Edward. Lorsqu'elle réussi enfin à l'apercevoir, la jeune fille fut étonnée qu'il se dirige droit vers elle. Il lui fit signe de se lever et retourna immédiatement dans le hall. Elle prévint ses amies qu'elle revenait et le suivit. Curieuse, Léna se frayait un passage entre les élèves qui entraient dans la salle-à-manger en jouant des coudes.
Lorsqu'ils furent suffisamment éloignés du flux continu d'élèves affamés, Edward se tourna vers elle.
- « Ce que je vais te dire n'est pas sensé être révélé aux élèves avant les prochains jours. Mais je tiens à ce que tu le saches avant »
Il regarda autour de lui pour vérifier qu'aucun de leurs camarades ne les écoutaient. Léna, impatiente et légèrement inquiète, demanda :
- « Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Les professeurs ont décidés de nous punir, répondit Edward, gardant encore le mystère.
- Comment ? insista la jeune fille.
- Ils veulent créer des groupes d'élèves. Ils appellent ça des groupes d'« aide aux devoirs ».
- Je ne vois pas où est la punition. Et je ne vois pas non plus en quoi cela me concerne. Je n'ai pas de mauvaises notes, réponds Léna, dubitative.
- A vrai dire, ce ne sont pas vraiment des groupes d'aide aux devoirs. Il s'agit de groupes de quatre élèves. Deux élèves ont en quelque sorte un rôle de professeurs. Et les deux autres, c'est-à-dire, nous, sommes ceux qui suivront les « cours de soutien » expliqua le jeune homme.
Léna fronça les sourcils. Elle ne comprenait toujours pas en voulait en venir.
- « Ce sera surement des préfets qui vont jouer les professeurs »
Edward jeta un coup d'œil par-dessus son épaule.
- « Ils vont nous mettre sous surveillance, Léna »
La jeune fille ne répondit pas. Elle réfléchissait.
- « Ils vont choisir les plus récalcitrants au règlement de l'école. Et comme TU es concernée, je me suis dis que le mieux pour toi, c'était que je te le dise maintenant. Surtout que c'est de notre faute, enfin, en grande partie, poursuivit Edward.
- Comment … ?
- Ne me prends pas pour un idiot. Je suis au courant pour ta dernière retenue ou je devrais dire TES dernières retenues, coupa Edward, un sourire en coin.
- Ne me fais pas la morale, je sais très bien que tu t'es fais attraper dans la forêt interdite ce matin ! répliqua Léna de mauvaise foi.
- Un point partout » sourit le jeune homme.
Ce dernier jeta un coup d'œil aux élèves dans la salle.
- « On devrait y retourner. »
Ils se mirent alors en chemin jusqu'à la salle-à-manger et se dirigèrent alors vers leurs tables respectives.
Le petit d'ami de Léna lui lança un regard interrogateur de sa table mais elle l'ignora.
๑๑๑
Deux jours plus tard, l'annonce du projet des professeurs n'avait toujours pas eu lieu. Léna avait interrogé Edward à ce sujet. Cependant, il l'avait renvoyée promener. Il ne voulait pas qu'elle en parle devant tout le monde comme elle n'était pas sensée le savoir. Elle avait insisté et avait reçu comme réponse : « quand ils auront terminé de tout mettre en place ». Déçue, elle se dit qu'il allait falloir être patiente.
Dès lors que la jeune fille croisait un professeur, elle avait envie de lire dans leurs pensées. Mais comme elle ne pouvait pas, Léna les fixait d'un air pensif. Ce petit manège la rendait ridicule. Les professeurs la regardaient étonnés et s'en allaient l'air méfiant.
La jeune fille avait bien tenté d'amener le sujet avec son petit ami. Il était préfet alors elle s'était dit qu'il pouvait lui en dire plus sur le projet. Mais comme ils ne se parlaient plus beaucoup, il était difficile de lui sortir les vers du nez.
La nuit, elle faisait des rêves à propos de ce fameux projet. La jeune fille s'imaginait persécutée par ses camarades et même par les professeurs. Tout le monde se moquait d'elle. Son petit ami avait honte d'elle et s'éloignait de la jeune fille. Léna avait même fait le cauchemar qu'il se mariait avec Kiera juste après leur dernière année et qu'elle vivait dans la rue.
En somme, cette histoire de groupes d'aide aux devoirs, lui montait à la tête et lui faisait peur.
Elle avait hésité à en parler à ses amies mais elle s'était rappelée qu'Edward lui avait dit qu'elle n'était pas sensée le savoir. Pour le protéger, elle avait décidé de ne pas les mettre au courant.
๑๑๑
Léna était dans la bibliothèque lorsqu'un élève de première année complètement paniqué était entré dans la pièce. Il avait reprit son souffle durant quelques secondes avant de lancer la bombe. Une élève de Poufsouffle avait été retrouvée pétrifiée.
La nouvelle avait jeté un froid dans la pièce. Tous les élèves s'étaient regardés. Plus personne n'avaient osé parler. Puis la bibliothécaire avait reprit ses esprits et était sorti avec le jeune garçon qui avait annoncé la mauvaise nouvelle. Un brouhaha avait emplit la pièce. Léna avait rapidement rejoint ses amies à une table. Elles étaient inquiètes. Elles s'étaient demandées s'il ne valait pas mieux de quitter le château.
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La rumeur s'était propagée avant la fin de la journée. Tous les élèves étaient maintenant au courant qu'une nouvelle agression avait eu lieu. Personne ne savait ce qu'il se passait réellement. Mais chacun avait son avis là-dessus. Certains disaient qu'il s'agissait d'un fantôme qui volait l'âme des élèves et d'autres pensaient que c'était le résultat d'un mauvais sort et que cela avait jeté une sorte de malédiction.
Quoi qu'il en soit, tous les habitants du château étaient sur leurs gardes. Les professeurs avaient certifiés à leurs élèves qu'ils étaient en sécurité. Cependant, le professeur Dippet avait rappelé qu'il était formellement interdit de déambuler la nuit dans les couloirs et qu'il fallait impérativement respecter le couvre-feu. Il a ajouté aussi que les élèves devaient se déplacer toujours au minimum en duo. Les premières années étaient sous la responsabilité des préfets. Ces derniers avaient pour mission de les escorter jusqu'à leur dortoir le soir et de s'assurer que tous les élèves étaient bien dans leur lit au moment du couvre-feu. Après celui-ci, les professeurs prenaient le relais et devaient faire des rondes dans les couloirs de l'école jusqu'au petit matin.
Léna et ses amis s'étaient mis d'accord. Ils avaient trouvé un roulement pour qu'aucun d'eux ne se trouve seul à un moment de la journée. Cela les avaient quelque peu rassurés.
La jeune fille croisa le regard de son petit ami. Celui-ci aurait surement voulu la rejoindre à ce moment-là. Léna aussi d'ailleurs. Elle eut envie de se blottir ses bras. Le pardonner aussi. Mais lorsqu'elle vit Kiera, la jeune Serpentard, elle serra les dents. D'un coup, tout envie de pardonner le jeune homme s'envola.
๑๑๑
Une semaine s'écoula depuis les derniers événements. Aucune autre agression n'était à déplorer. De plus, l'annonce du projet des professeurs n'avait toujours pas été faite. Léna se doutait de la raison. Les agressions les inquiétaient.
