Hello, hello,

Je pense que j'ai jamais été aussi contente de mon "rythme" pour une fic. Peu importe laquelle. Autant pour la publi" des chapitres que pour l'avance, le brouillon, tout ça.

Merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre :D Teteneem fort fort

Pas de scène(s) en italique(s) aujourd'hui... mais la semaine prochaine il y a la suite de celui du 8, Oncle et neveu.

Bonne lecture !

PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme


Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.


Chapitre 11 - Te souviens-tu ?

On sonna. Une fois. Deux fois. Trois fois. Bon gré, mal gré – et surtout parce qu'il avait reconnu le « Derek » de son oncle – Derek s'était levé pour aller ouvrir. Il détestait qu'on vienne le déranger à l'improviste. Un appel ou un SMS avant, au moins, c'était quand même pas la mer à boire ! Pour Peter, si. Pour Stiles aussi. Heureusement, ils étaient aussi les deux intrus qui gênaient le moins Derek. Qui aurait parié là-dessus quelques années plus tôt ? Personne. Pas même un vieil ivrogne ou le plus fou de Eichen House.

« Faut qu'on parle. »

Derek espérait bien que ce soit pour parler que son oncle s'incrustait de la sorte. Ce soir n'était pas celui où il se sentait prêt à héberger Peter pour la nuit ; ou simplement le laisser comater sur son canapé devant un film quelconque « que Stiles n'aurait jamais accepté de regarder » pour finalement repartir au milieu de celui-ci car « en fait c'est nul et l'autre abruti aurait eu raison de pas vouloir le voir, je viens de perdre une heure de ma seconde vie, là ». L'air de rien, agissant comme si tout était normal, Peter décala Derek qui bloquait encore le passage. Le plus jeune ne se formalisa pas de cette intrusion. Son aîné avait frappé et attendu qu'on vienne lui ouvrir... c'était pas si mal, à bien y regarder.

« Ramène tes fesses, Derek. » Ordonna juste Peter, prenant d'ores et déjà ses aises sur le canapé.

Cette scène était devenue monnaie courante ces dernières années. Depuis que Stiles et lui avaient déménagé encore plus. Derek sourit. Son jeune lui avait toujours espéré que ça se passerait ainsi. Puis la vie avait fait qu'il avait cessé d'y croire.

« Dis, tu te souviens de quand on était gosses ? » Telle fut la première question que posa véritablement son oncle, les bras appuyés sur le dossier du canapé, le pied gauche posé sur la table basse. Provocateur. Il savait que son cadet détestait qu'il fasse ça.

« Oui. Bien sûr. »

« Tu te souviens des réunions de famille où toute la meute était invitée, y compris les autres morveux ? »

« Les autres morveux avaient notre âge, Peter. » Souffla Derek. « Ton âge plus que mon âge, d'ailleurs. »

« Ouais. Peu importe. » Il se redressa pour attraper la télécommande, posée sur le coussin à son opposé, afin de baisser le son du téléviseur.

Ne pas chercher à comprendre. Ne pas chercher à comprendre. Derek savait qu'il ne fallait surtout pas faire de réflexions à Peter quant à sa fâcheuse tendance à poser des questions et se ficher des réponses obtenues. On pouvait le faire, bien sûr, c'était juste fortement déconseillé si l'on souhaitait éviter un argumentaire en quarante-deux points cherchant à expliquer pourquoi écouter ce que disaient les autres était terriblement surfait. Après un tour de clé, machinal plus qu'autre chose, Derek rejoignit son aîné au salon. Il n'alla pas prendre place sur le canapé ou sur un fauteuil. Rester debout diminuerait son calvaire de six minutes.

« Je peux te... laisse-moi te poser une question. »

Derek n'était pas Stiles. Derek n'était pas non plus Peter. À la question « Puis-je te poser une question ? » il ne répondait pas que c'était déjà fait et se contentait d'un oui plus traditionnel. Peter étant Peter, et Peter vivant avec Stiles... il avait pris l'habitude de reformuler la demande afin de minimiser les risques.

« Pose-moi ta question puis fiche-moi l'camp. » Marmonna le benjamin. Oui, le 'oui' c'était pas à tous les coups. « Je suis en train de préparer le dîner et... »

« T'es surtout en train de faire cramer le dîner. »

Bien qu'un sourire amusé étirait les lèvres de Peter, il ne l'était pas. Derek n'avait pas manqué le rapide coup d'œil qui avait été jeté vers la sortie. Son oncle évaluait la distance entre les deux points et le temps nécessaire pour s'enfuir si besoin. Son aîné s'était crispé. L'odeur du plat tout préparé, qu'il était supposé simplement réchauffer et ne pas pouvoir rater, rappelant d'autres souvenirs à son bon vouloir.

Peter se reprit vite. Il ne risquait rien. Chez Derek, il ne risquait rien. Le loup-garou secoua la tête pour se remettre les idées en place et reporta son attention sur son neveu.

« Peter... accouche, tu veux ? »

L'autre s'humidifia les lèvres et grimaça.

« J'arrive pas à remettre le doigt sur le prénom de... quelqu'un. »

« Et tu penses que je vais m'en souvenir ? » Derek était dubitatif. « Tu as meilleure mémoire que moi, en général. »

Le sourire de Peter diminua.

« De qui tu ne te souviens pas ? » Soupira le cadet, incapable de résister à ce regard. Entre Isaac et son oncle, il était servi.

« L'humain. »

Appuyé contre un pilier porteur, Derek fronça les sourcils. Quel humain ? Il n'y avait, à sa connaissance, jamais eu d'humain au sein de la meute Hale. Il n'aurait jamais eu autant de difficultés à accepter Stiles et, surtout, si tel avait été le cas, Peter n'aurait pas pu oublier une information de cette importance. Derek en mettrait sa main à couper.

« Ma mémoire n'est donc pas plus défaillante que la tienne. » Se désola Peter, à voix basse.

« Je... y a... il n'y a jamais eu d'humains à nos côtés. Pas avant Stiles et Mason. »

« Oublie. » Précipité, il se passa une main sur le visage puis sur la nuque. « Oublie tout. Je. Faut que... faut que je rentre. Fais comme si j'étais pas passé. Je suis pas passé. »

« Pet' ? » Derek s'inquiétait. Où était Peter et son contrôle des émotions ? Pas là en tout cas. « Tu es venu pour avoir confirmation de son existence, n'est-ce pas ? »

Si c'était pour ça, c'était dommage pour lui.

« Ça dépend. Quel crédit accordes-tu aux paroles d'Alan ? »

« Il a confirmé la présence d'un humain ? Tu es sûr d'avoir... tu sais... compris correctement ? »

« Cet enfoiré a beau aimer parler par énigmes, je sais encore comprendre ce qu'il dit quand il le dit. Merci. »

Derek leva les mains en l'air en guise d'excuses silencieuses. Un pas en arrière. Prudence est mère de sûreté.

« Pourquoi personne ne se souviendrait de son existence ? » Avança soigneusement le neveu. « Laura ne devait pas le connaître non plus. » Derek se stoppa et fronça les sourcils. « Comment tu t'en souviens, toi ? »

« Pas important. »

« Ça m'a tout l'air d'être le plus important. »

Les fesses sur le bord du canapé marron et tout défoncé, les mains jointes devant sa bouche et son nez, Peter n'était pas au mieux. Sa jambe gauche s'agitait, tressautait sans cesse, et confirmait les craintes de Derek. La question n'avait rien d'anodine.

« Non. »

Oui, mais Peter n'en dirait pas davantage. Pire, il allait prendre la fuite d'une seconde à l'autre afin d'éviter la confrontation. Confrontation qu'il aurait pu gagner, pourtant. Il les gagnait toutes. Les mots était une arme que l'oncle maniait bien mieux que le neveu. La force était plus en faveur de Derek, qui retenait ses coups lorsqu'il était face à Peter.

« Scott n'en saura rien si c'est ça le problème. »

C'était toujours ça le problème. Scott. L'Alpha. Peter avait toujours eu un problème avec l'autorité et cherchait à dépasser les limites dès que possible. Que ce soit ses parents, sa sœur ou, comme aujourd'hui, le Véritable Alpha, son aîné cherchait toujours un moyen d'aller à l'encontre de son instinct naturel.

Il n'y avait pas de raison qu'une personne soit au courant des moindres faits et gestes, des doutes et remises en questions, de toute la vie en règle générale des autres, la régente, sous le seul prétexte qu'elle ait des yeux rouges. C'était pire avec Scott qu'avec Kieran, Hestia et Talia. Peter avait beau avoir officiellement accepté le jeune McCall comme Alpha, il refusait pourtant toujours obstinément de lui accorder toute sa confiance. Scott n'en était pas digne. Ne faisait rien pour la mériter. Remettait son intégrité en question à la première occasion. Force était de constater que Peter n'avait pas totalement tort là-dessus.

« Bonne soirée. »

Derek suivit Peter du regard tandis que son aîné se dirigeait, le pas pressant, vers la sortie. Le premier rentra la tête dans ses épaules lorsque la porte claqua ; il ne tenta rien pour retenir son oncle. À quoi bon ? S'il tenait à savoir ce qui n'allait pas chez Peter, Derek aurait plus vite fait de mener l'enquête et fouiner que chercher à faire parler l'homme avec qui il avait grandi.

o o o

Les lumières étaient éteintes. Toutes. Les. Lumières. La jeep était pourtant garée dans l'allée du garage ; difficile de la louper. Stiles était rentré. Forcément. Son compagnon n'aurait jamais, Ô grand jamais, accepté de laisser son bébé toute une nuit, toute seule. Ou peut-être que si... mais pas ce soir. Non. Définitivement pas ce soir. De manière sensible, Peter accéléra l'allure.

Il savait qu'il avait tort de tout de suite s'imaginer les pires scénarios qui soient. Que les risques pour qu'il soit arrivé quelque chose de grave étaient minces, avoisinaient le zéro. Mais son existence entière semblait se rire des probabilités ! On dit que la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit.. c'était n'importe quoi. Arrivait forcément un jour où la foudre avait frappé chaque recoin de la surface de la Terre et n'avait plus d'autre choix que de refrapper.

« C'est pas vrai, ça... » Pesta Peter lorsqu'il essaya de mettre la clé dans la serrure. À cran, il frappa plusieurs fois. Il fit ensuite de même contre le carreau du salon. Contourna finalement la maison pour arriver au niveau de la cuisine et s'apercevoir que tout n'était pas si sombre que ça.

Stiles s'y trouvait. Assis en tailleur sur sa chaise, une reconstitution – pas très fidèle mais ça ne saurait tarder – de la tour de Pise sur la table, l'humain s'était étalé autant que faire se pouvait. Il y avait des papiers partout. Des dossiers dans tous les coins, y compris sur le plan de travail et les plaques électriques. Des photos dans tous les sens ; scotchée sur la porte du micro-onde et le lave-vaisselle, aimantée sur le réfrigérateur. Le loup-garou cogna contre la vitre. Stiles sursauta. Quelques feuilles volèrent quand d'autres furent chiffonnées sous la surprise. Sa moue irritée se transforma en un visage ravi. Enfin il rentrait !

« Qu'est-ce que tu fous dehors ? » Sourit-il, s'approchant de l'évier afin d'entendre ce qu'on lui répondrait. « Pet' ? »

« Un crétin a encore laissé ses clés dans la serrure. »

« Ah. » Stiles grimaça. Peter allait être de mauvais poil toute la soirée et lui reprocherait cet oubli autant que possible. Ils iraient se coucher en mauvais terme – et sans passer par la case dispute donc ce n'était même pas drôle – or ça n'avait vraiment pas été dans ses projets de la soirée. « Le crétin aimerait que tu lui promettes de pas t'énerver... »

« Tu te fiches de moi ? »

« Hé ! C'est pas moi, hein. C'est le crétin. Je fais que servir d'intermédiaire, moi. »

« Va m'ouvrir. »

o o o

Caché derrière la porte d'entrée, penaud, Stiles regardait le lycan entrer et restait silencieux. Si la situation avait été autre, si les dernières semaines n'avaient pas existé, l'humain ne se serait pas privé de rire de la situation. Voir Peter aussi à cran avait le chic pour l'amuser plus que de raison. Aujourd'hui, il préférait faire profil bas. Il n'était pas non plus totalement privé d'instinct de survie, merci pour lui.

« J'te promets que j'ai pas fait exprès. » Risqua tout de même Stiles.

On ne lui répondit pas.

« Je dis pas que c'est pas mon genre de laisser les clés dans la serrure pour te coincer dehors exprès, hein... parce que j'avoue que, ça, je l'ai déjà un peu fait. Je plaide coupable. Mais... pas là. J'voulais pas te faire ce sale coup, même si c'est pas un si sale coup que ça parce que bon, mine de rien, t'es que coincé dehors, hein, mais... bon. » L'humain s'approcha un peu de Peter et hésita à initier un contact. Il ne le fit pas. « Surtout que je pensais que tu rentrerais encore plus tard, tu vois ? Comme t'étais pas encore là, bah, j'ai cru que t'étais encore au bureau et que tu commanderais chinois ou un truc du genre et... hmm, j'allais pas prendre le risque d'aller me coucher avec la clé dans la serrure. T'aurais été coincé dehors et je pense pas que t'aurais beaucoup aimé ça. Surtout que t'aurais pas pu passer par une fenêtre, et- »

« Stiles ? »

« Yup ? »

« Tais-toi. » Marmonna Peter, la main à quelques centimètres de l'avant-bras de l'hyperactif. « J'ai saisis. T'as pas fait exprès, je dois pas être en colère après toi. Et je le suis pas. »

« T'es sûr ? Parce que ça a pas l'air. T'as l'air de carrément m'en vouloir... ou alors t'as juste pas l'air tip-top... pas que tu ais l'air top d'habitude, ni tip, mais t'as encore moins l'air de l'être que d'habitude. » Stiles pencha la tête sur le côte et plissa les yeux. « Je croyais pas ça possible. C'est marrant. »

Peter le dévisageait, blasé. Sa veste dans une main, il attendait, sans rien dire, pour pouvoir l'accrocher au porte-manteau derrière Stiles. Sa mallette était, elle, déjà abandonnée contre le meuble de l'entrée.

« Ça va aller. T'occupes. »

« Ça va aller ? » Répéta Stiles. « Ça va aller, c'est typiquement le genre de réponse qu'on donne quand ça va pas, quand ça va pas aller et quand ça va pas aller avant un sacré bout de temps. »

« Stiles... »

« Y reste du poulet, si tu veux. » Sitôt son changement de sujet, subtil au possible, effectué, Stiles tourna les talons. Il préférait ne pas laisser l'occasion à Peter et parler pour lui sortit, une fois de plus, une excuse qui ne tiendrait pas la route ne serait-ce qu'une seconde. « Tu veux bien manger dans la salle à manger, pour une fois, ou je dois tout déménager ? »

Silence. Le tic-tac de l'horloge murale n'était pas de ces bruits continuels et stressants – quoiqu'en dise Peter. Ils pouvaient parfaitement ne pas l'entendre, ne plus les remarquer. Il arrivait même au loup-garou, à l'ouïe pourtant plus sensible, de ne plus y prêter attention. C'était rare. Ça arrivait. Ils n'entendaient que ça, pour l'heure. Tic. Puis tac. Re-tic et re-tac. Yeux dans les yeux, Stiles attendait une réponse qui ne venait pas.

Ça aussi ça devenait une habitude.

« Laisse tomber. Je débarrasse tout et- »

« Pas la peine. J'vais me coucher. »

Stiles cligna des yeux. Plusieurs fois. Rapidement. Il n'en croyait pas ses oreilles donc ses yeux faisaient des leurs. Logique. Ou peut-être pas logique. Qu'importait. Il s'en moquait. Il n'était pas réputé pour être un monstre de logique, de toute façon. Il était intelligent, savait sortir des trucs pas trop bêtes, il lui arrivait même de dire des choses cohérentes et rationnelles, tout ce qu'il le fallait. Il ne le faisait pas exprès. C'était un coup de bol. Juste des coups de bols. C'était forcément ça... ça ne pouvait pas vraiment être de la logique. Pas alors que tout son entourage s'évertuait à lui rappelait qu'il ne l'était aucunement.

Peter mis à part. Peter était toujours mis à part.

« Tu vas pas... mais... manger ? Tu manges pas ? »

« Non. Demain. »

« Et demain ? Demain ça serait aujourd'hui et pas demain, hein ? Parce que je te jure que si demain tu oses me dire m'avoir dis demain... je t'enferme dans un cercle de sorbier dont tu ne sortiras pas tant que tu n'auras pas déballé tout ce qui se passe dans ton crâne de piaf. Et mangé, accessoirement. »

Peter n'en croyait pas un traître mot. Le fils Stilinski en était conscient. Il savait aussi que le bougre était tout à fait capable d'agir ainsi le lendemain afin de l'obliger à mettre sa menace à exécution – histoire de rester un minimum crédible.

« Bonne nuit. »

À regret, sans une parole, pas même pour lui souhaiter la pareille, Stiles le laissa passer.

o o o

Il était tombé du lit. Pas de manière littérale, bien entendu, mais il était tombé du lit... lui aussi. Six heures n'avait pas encore sonné. Le réveil de Peter ne s'était pas encore rappelé à leur – son – bon vouloir. Tout était calme dans la chambre. Trop calme. Beaucoup trop calme.

Il avait alors tâtonné la place d'à côté. Froide. Quelqu'un avait su se montrer encore plus matinal que lui. Stiles soupira. Ça n'allait vraiment pas. Cette situation le rendait dingue. Il allait devenir fou à lier. Plus qu'il ne l'était déjà, s'entend.

Un simple coup d'œil dans le salon suffit à l'humain. Il savait qu'il était beaucoup trop tôt pour que Peter soit déjà parti – même s'il n'était apparemment jamais trop tôt pour lui fausser compagnie. Le loup n'était pas dans son bureau ni dans la salle de bain... que restait-il si ce n'était le salon ? En boule sur le canapé, Peter avait encore une fois préféré y finir la nuit.

« C'est moi qui le dérange ou quoi ? » Marmonna Stiles en se dirigeant tel un zombie vers la cuisine.

Il fit rapidement demi-tour pour mettre quelque chose à ses pieds. Le carrelage était plus froid le matin que le soir, étrange !

o o o

Si Stiles avait cru détester – et avait effectivement détesté, il fallait pas croire – les semaines qui avaient fait suite à la capture de Peter, ce n'était rien comparé à celle qui était en train de se passer. Peter avait du mal à récupérer et recouvrer une vie un tant soit peu normale. Aussi normale que puisse être sa vie d'avocat loup-garou Hale appartenant à la meute McCall et vivant avec un Stilinski. De base, déjà, ça s'annonçait mal. Depuis quelques jours, tout était pire.

Pas besoin d'être un enquêteur hors pair pour le comprendre. Pas besoin non plus de vivre avec, de travailler avec. Il suffisait de croiser le lycanthrope concerné pour comprendre que tout ne roulait pas comme sur des roulettes. Quelque chose se passait. Quelque chose n'allait pas. Et c'était là que les talents de petite fouine se révélaient utiles.

Stiles avait toujours aimé fouiller. Fouiner. Mettre son nez là où il ne fallait pas était sa règle d'or, adolescent. Ça n'avait pas changé aujourd'hui. La preuve : il en avait carrément fait son gagne pain ! Ou son presque gagne pain. Pas que pour son gagne pain, d'ailleurs.

Découvrir l'identité de la femme qui se rendait chez monsieur Collins chaque fois que son épouse partait puis celle de l'homme qui arrivait sitôt monsieur Collins dehors l'amusait. Il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre. Suivre Lydia pour voir qui était son mystérieux rancard était drôle... jusqu'à ce que la Banshee l'appelle pour lui ordonner de rentrer chez lui s'il tenait à la vie. Écouter la fréquence de la police pour s'en aller à la chasse aux cadavres lui avait permis de vivre de folles aventures à faire pâlir de jalousie n'importe quel héros de n'importe quel roman.

« La terre appelle la lune. » Ricana quelqu'un, se laissant lourdement tomber sur le canapé aux côtés de Stiles.

« La lune ne souhaite pas répondre à la terre. »

« Tu veux que je rentre chez moi ? » Proposa le premier, mal à l'aise. « On peut remettre ça à plus tard, hein. Je connais Star Wars par cœur, donc... »

« Non. On regarde ce soir. Et on peut refaire ça plus tard. On regarde jamais trop Star Wars. »

Stiles donna un coup de coude dans les cotes du loups à ses côtés. Les pieds sur la table basse – c'était là toute son utilité – Liam ricana.

« T'es sûr que tu veux pas proposer aux autres de v'nir ? Ça aiderait peut-être à... souder. »

« Ce serait sacrilège que d'utiliser Star Wars à ces fins. Ils ne sauraient pas profiter comme il faut et, du coup, bah ça soudera que dalle. »

« Mais. »

« Scott a jamais voulu voir Star Wars. Isaac serait chiant. Mason commenterait tout le film. Y a que moi qui peux. Malia s'endort toujours sur moi et me bave sur les genoux. Kira s'est excusée un demi-milliard de fois de pas aimer... et Derek... est Derek. »

« Il reste Lydia. »

« Ouais. Non. Si Lydia vient, elle arrivera je ne sais comment à transformer la soirée Star Wars en soirée N'oublie jamais. » Stiles souriait enfin. « Et tu ne veux pas qu'elle transforme une soirée Star Wars en une soirée N'oublie jamais. N'oublie jamais ça. »

Le plus jeune hocha la tête, amusé. C'était un sujet qui revenait souvent – tout le temps – lorsque Stiles voulait charrier Lydia, quand bien même le sujet de base n'avait rien à voir, de près ou de loin, avec le film de Cassavetes. Liam essaya d'attraper le saladier de pop-corn que Stiles avait, par mégarde, déposé sur la table un peu plus tôt. Qui a dit qu'il fallait attendre que le film commence pour entamer le festin ? Au cinéma, le pot était toujours à moitié vide avant la fin des bandes-annonces, il n'y avait pas de raisons pour qu'il n'en soit pas de même à la maison.

« Et Peter rentre pas, ce soir ? »

« Bien sûr que si. Il va pas dormir au bureau. » Grommela Stiles. Il se fit la réflexion que l'autre en serait capable et la garda pour lui. « Mais il montera direct. »

« D'acc. »

Stiles sourit. Liam n'était pas du genre à poser une quantité astronomique de questions. Il savait se contenter de ce qu'on voulait bien lui donner. Comprenait de lui-même quand son interlocuteur ne souhaitait pas s'épancher sur un problème. De la meute, il était le seul à agir ainsi. À le laisser en paix.

« C'est partiiiii ! » S'exclama l'humain, télécommande en main. « À partir de maintenant, interdiction de parler. »

« Tu parles... »

o o o

Au beau milieu de l'Empire contre-attaque, porte qui claque. Les lumières s'allumèrent. Quelques grognements et gémissements vinrent du canapé. Qu'ils soient humains ou surnaturels, leurs yeux n'étaient pas préparés pour ça. Après quelques contorsions, Stiles avait fini par soupirer, soulagé. Peter rentrait. Enfin. Seulement ? Il ne savait pas trop. Juste qu'il était rassuré de le savoir de retour. Encore un peu et l'hyperactif aurait enfin pu comprendre les craintes de son père lorsque, adolescent, il passait sa vie à courir dehors pour sauver le monde au lieu de ronfler sous sa couette.

« Salut Peter ! » Lança Liam, sans se détourner du téléviseur, se contentant de lever une main.

Le nouvel arrivé jeta un rapide coup d'œil vers le salon. Deux paires de pieds étaient posées sur la table, à quelques centimètres à peine des bouteilles de soda et d'un saladier de pop-corn vide, et remplacé par des chips. Il sourit. À peine. C'était déjà bien.

« Cath' t'a encore viré du bureau ? »

« Non. »

« Blaise ? »

« Personne ne m'a viré du bureau, Stiles. » Peter soupira. La prochaine fois, il rentrerait par le fenêtre de la chambre. Il éviterait un pseudo-interrogatoire un peu trop tardif à son goût. « Il était tard. Je suis rentré. Je vais me coucher. Point. »

Point. Point final. À la ligne. On insiste plus. On insiste pas. Liam s'enfonça un peu plus dans les coussins, entassés derrière son dos, et essayait de se faire oublier. Mal à l'aise, il voulait s'enfuir, disparaître. Il ne pouvait pas. Peter bloquait très clairement le passage et venait de barrer la porte, pour ensuite jeter les clés sur le buffet.

Les yeux de Stiles se fermèrent un court instant. Ses poings se serrèrent. Il en aurait grincer des dents si deux loups à l'ouïe improbable n'étaient pas à côté. Savoir qu'il valait mieux se taire, vouloir se taire et effectivement se taire étaient trois choses totalement différentes.

« T'as mangé ? »

Stiles n'avait jamais su se taire, de toute façon. Et certainement pas dans les situations où tenir sa langue était pourtant de rigueur.

« Ouais. »

Non.

« J'essaierai de pas te réveiller... »

Peter haussa les épaules et c'était la pire des réponses possibles. Stiles détestait les haussements d'épaules – oui, il détestait beaucoup de choses – surtout de en telles occasions. Ce n'était pas un « Si tu me réveilles, je ne t'en voudrai pas, promis ». Non. Ce n'était pas ça. Rien à voir. Ça tenait plutôt du « D'ici à ce que vous vous décidiez à stopper votre marathon, il y a de très fortes chances pour que je sois déjà réveillé, tu sais ». Oui. C'était mieux.


Fin du onzième chapitre.

Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de baleines bleues cannibales ?

Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !

A bientôt pour le douzième chapitre, Prisonnier ? (oui, avec Derek au programme)

J'en profite pour dire que, dorénavant, j'ai une page facebook (lien disponible sur mon profil - parce que, oui, les liens vers facebook marchent mais pas vers wordpress & co). Un calendrier prévisionnel des chapitres et one-shot s'y trouvera ; des extraits des prochains chapitres (ou des one-shot aussi) ; l'annonce de certaines fics et/ou OS avant. Des petits concours aussi, parfois. Fin bref ;)

Skayt