Auteur : epilogue08

Traductrice : Hermi-kô


Komaki la regarda comme s'il s'attendait à ce qu'elle dise quelque chose. Mais Iku ne savait pas quoi dire.

Après y avoir réfléchi cependant, elle leva les yeux sur lui. « Est-il… en colère ? »

Komaki n'hésita pas à lui répondre : « Evidemment. » Iku vacilla un peu. « Mais je ne suis pas sûr de savoir contre qui il est en colère : le MBC ou toi. »

Elle ne dit rien.

« Que comptes-tu faire maintenant ? Tu devrais y penser. » Komaki sourit, comme il le faisait habituellement. « Bon, et bien je vais y aller. Prends soin de toi. »

Dès que Komaki fut sorti de la chambre d'Iku, il se dirigea directement vers là où se tenaient Tezuka et Shibasaki. Cette dernière était en train de parler au téléphone mais elle raccrochait lorsque Komaki les rejoignit.

Shibasaki le fixa et soupira. « Quand je l'ai appelé il était d'une humeur exécrable. Et apparemment, il est occupé. Mais bon, je ne sais pas. » Elle sourit un peu. « Il est clairement en train de l'éviter. »

Komaki gloussa. « Avant, c'était Kasahara-san qui l'évitait. Et maintenant c'est dans l'autre sens. Mais la question est … que devons-nous faire ? »

Tezuka ne pouvait que regarder horrifié Shibasaki et Komaki commencer à comploter au beau milieu du couloir de l'hôpital.


Trois jours plus tard, Iku était finalement autorisée à sortir. Bien que la plupart des malades quittait les lieux réjouie, Iku ne pouvait pas s'empêcher de se sentir attristée. La personne qu'elle aurait vraiment voulu voir ne l'avait pas visité une seule fois en trois jours. Et maintenant qu'elle devait retourner au boulot, comment était-elle censée se comporter avec lui ?

Elle avait toujours des bandages autour de la tête et elle pouvait sentir poindre un mal de tête. La douleur lancinante dans son bras ne faisait qu'empirer les choses. Oublie ça : je m'inquiéterai du reste plus tard. Je veux juste rentrer me coucher tout de suite.

Cette nuit-là, Iku marcha dans la partie mixte du dortoir après un bain, avec l'intention de s'acheter une boisson avant de retourner dans sa chambre. Alors qu'elle tournait au coin elle bouscula quelqu'un. Typique. Pourquoi cela tombe toujours sur moi ?

Elle ouvrit la bouche pour formuler une excuse mais s'arrêta en plein élan. C'était Dojo. Puisque c'était totalement impromptu elle sursauta et hurla.

« Qu-quoi ? » Dojo semblait choqué par sa réaction.

« Je suis désolée, monsieur ! Vous m'avez juste surpris ! » Expliqua paniquée Iku. Elle ne pensait pas pouvoir le regarder dans les yeux aussi fixa-t-elle le sol en parlant.

Habituellement Dojo l'aurait grondé pour son impolitesse mais cette fois il ne dit rien. Il grommela une excuse et se tournait pour partir lorsqu'Iku s'accrocha soudainement à son bras.

« Instructeur Dojo, je suis vraiment désolée ! » Cria de nouveau Iku.

Il la regarda étrangement. « Je sais, tu t'es déjà excusée. Ce n'est pas si important que ça. »

« Euh… je ne parlais pas de vous bousculer. Je voulais parler de la mission… » Iku lui jeta furtivement un regard et fut choquée de voir la rage brûler dans ses yeux.

Dojo retira soudain sa main de son bras. « Pourquoi tu t'excuses pour ça ? »

« B-bien, parce que je ne suis pas revenue à temps vous avez dû partir à ma recherche. Et puis il y a eu cette bataille… mais nous avons été très chanceux que personne n'ait été sérieusement blessé… »

Il craqua soudainement : « Tu t'es fait tirer dessus ! Deux fois ! Tu n'appelles pas ça une blessure sérieuse ? »

Iku déglutit, se sentant extrêmement nerveuse. « Je ne suis pas restée si longtemps que ça à l'hôpital et mes blessures devraient rapidement guérir. Donc ce n'est pas très grave, » sourit Iku d'un air coupable, « d'accord ? »

Dojo abattit une main contre le mur à côté d'elle. « Es-tu stupide ? Tu aurais pu te faire tuer ! Si tu étais morte, je … »

Il s'interrompit avant de dire quelque chose qu'il pourrait regretter par la suite.

Essayant de garder un semblant de calme, il lui donna un dernier avertissement : « Ar-arrête de te baser sur tes instincts pour tout ! Au moins utilise un peu ta cervelle dans ce genre de situation ! » Ne voulant plus rien lui dire, il tourna les talons et s'éloigna.


« Pourquoi es-tu énervé ? » Demanda Komaki alors que Dojo se saisissait d'une cannette de bière. Ils étaient tous les deux dans la chambre de Dojo.

Après avoir englouti toute la canette en quelques gorgées, Dojo le fixa et gronda : « Qu'est-ce qui te fais dire que je suis énervé ? »

Komaki pouffa. « Bon, qu'est-ce qu'elle a fait cette fois ? »

Dojo détourna le regard. « Qui ça ? »

« Ne fais pas l'idiot. Pourquoi tu ne lui parles pas ? »

Dojo prit une autre canette de bière et en but la moitié avant de répondre : « Je ne l'ignore pas, voyons. Et je lui ai juste parlé il y a 15 minutes. »

« Ah, c'est donc pour ça que tu es énervé ! »

« Je viens juste de te dire que je n'étais pas énervé ! »

« Alors tu es en colère parce qu'elle a failli mourir. Parce qu'elle a mis sa propre vie en jeu pour nous sauver la mise, c'est ça ? »

Dojo ne lui répondit pas. Il regarda obstinément de l'autre côté et but sa bière.

Komaki s'obstina. « Si Kasahara-san n'avait pas commencé à se battre avec le gars du MBC, il nous aurait tous descendus. Tu le sais, et c'est pour ça que tu lui en veux ? »

Dojo le regarda avec contrariété. « Depuis quand est-ce que tu te préoccupes de ces choses-là ? J'ai toujours cru que tu n'étais pas du genre à me faire la leçon. »

« Je ne te fais pas la leçon. Je te dis juste ce que tu sais déjà inconsciemment. Ou peut-être l'as-tu même réalisé en fin de compte ? »

Comme il l'avait fait avec Iku, il se leva et partit avant que Dojo n'ait eu une chance de lui répondre.


« Redis-moi ça : Pourquoi dois-je t'accompagner encore ? » Demanda Shibasaki alors qu'elle et Iku se rendaient à l'hôpital quelques jours plus tard.

Iku fronça les sourcils, surprise que sa colocataire ne comprenne pas son rôle dans cette affaire. « Pour me supporter moralement, bien sûr ! C'est effrayant de faire un check-up toute seule ! Et si le docteur me dit que je n'ai plus beaucoup de temps à vivre ? »

Eclatant de rire, Shibasaki regarda Iku. « Vu la manière frivole dont tu parles, je ne pense pas que ça puisse arriver. Tu m'as l'air en pleine forme. »

Mais tout en disant cela, elle ne pouvait pas ignorer les cernes noirs sous les yeux d'Iku. Ces derniers jours Iku parlait dans son sommeil et faisait des cauchemars. Son intuition lui disait que cela avait à voir avec Dojo.

Sachant que c'était l'opportunité idéale, Shibasaki décida de tâter un peu le terrain. « Si tu voulais du support moral, pourquoi ne pas avoir demandé à l'Instructeur Dojo de t'accompagner ? »

Iku chancela un brin et faillit louper la marche en face de l'hôpital. « C'est mon s-supérieur, Shibasaki ! Comment puis-je nonchalamment lui demander de m'accompagner à un check-up ? »

« Je suis sûre qu'il n'y verrait pas d'inconvénients si tu le lui demandais gentiment. Ce n'est pas comme si tu lui demandais de venir à un rendez-vous galant ou un truc du genre. »

Iku ne savait pas quoi répondre aussi se concentra-t-elle sur sa montre. « N-nous devrions nous dépêcher ! Je vais être en retard ! » Et en laissant sa colocataire en arrière, elle s'engouffra dans l'hôpital en courant.

Shibasaki haussa les sourcils. Vu comment elle se porte, elle n'a pas vraiment besoin de check-up. Et les idiots guérissent vites, non ?

Dès qu'elles se firent connaitre à la réception, Iku fut amenée dans une petite pièce. A son grand désespoir Shibasaki ne pouvait pas venir avec elle, même pour la supporter mentalement, aussi attendit-elle à l'extérieur de la salle.

Iku ne se souvenait plus trop de ce qui s'était passé par la suite. Tout ce qu'elle savait, c'était que le docteur lui avait parlé incessamment de ses blessures et que ses bandages allaient être renouvelés après le check-up. Pendant toute la durée du rendez-vous, ses pensées n'avaient de cesse de dériver vers Dojo et le conseil de Komaki.

Elle repensa calmement à tout ce qui s'était passé jusque-là, ignorant les sentiments douloureux et le besoin de pleurer. Après tout, ce serait très gênant si elle fondait en larmes dans une salle d'hôpital.

Une fois que ses bandages eurent été changés, elle remit son pull alors qu'on ouvrait la porte.

« Kasahara, tu as terminé ? » Puisqu'elle se rhabillait, les rideaux étaient tirés et elle ne pouvait pas voir la porte. Mais elle reconnut la voix de Shibasaki.

« Oui, presque. » La réponse d'Iku semblait quelque peu déprimée, ce que Shibasaki remarqua.

« Est-ce que tout va bien ? »

Iku ne répondit pas tout de suite. « Shibasaki… si tu aimes quelqu'un, c'est pour ce que cette personne est, enfin, comme elle est, non ? » Même si c'était assez gênant, elle était capable de s'exprimer parce qu'elle savait que Shibasaki ne pouvait pas voir sa figure derrière le rideau.

« C'est comme tu dis. »

« J'ai eu beaucoup de mal à réaliser la vérité à propos de l'Instructeur Dojo. Comment je pourrais lui en parler ? » Iku commençait à paniquer. « Et il est en colère contre moi maintenant, en plus ! »

« L'esprit prime sur la matière, » déclara Shibasaki, aussi énigmatique qu'à l'accoutumée. « Tu as déjà entendu ce dicton ? »

« Euh, ouais. C'est ce truc comme quoi tu peux arriver à tout du moment que tu te le mets en tête. Mais quel est le rapport ? »

Shibasaki éclata de rire. « Tu ne réalises pas combien c'est pensé pour toi ? Tu es le genre d'idiote qui fonce dans les choses sans utiliser d'abord sa tête, mais tu peux toujours les accomplir parce que tu t'y atèles sérieusement. »

« Shibasaki, c'est un compliment ou une insulte ? »

« Interprète mes paroles comme tu l'entends. »

Iku avait toujours des choses sur le cœur. « Quant à l'Instructeur Dojo, je pense… »

Elle était tellement dans ses pensées qu'elle n'entendit pas la porte s'ouvrir doucement à nouveau.

« …Je pense que je suis amoureuse de lui. » Elle semblait sur le point de fondre en larmes. « Mais il est vraiment très en colère contre moi pour le moment à cause de ce qui s'est passé pendant la mission. Et il ne m'a pas parlé depuis un moment en plus. Avant je l'évitais parce que j'avais réalisé que c'était mon prince, mais maintenant c'est lui qui m'évite ! Je ne sais pas comment lui adresser la parole ! »

Iku, désespérée, ouvrit le rideau. « Que dois-je faire, Shibasa… »

A ce moment-là, Iku ressentit la soudaine impulsion de s'enfuir en hurlant de terreur. Car à la place de sa colocataire et meilleure amie… se trouvait l'Instructeur Dojo.

Et elle savait, sans aucun doute possible, qu'il avait entendu tout ce qu'elle avait dit.